‹ Isolement et psychothérapieChapitre 36 sur 198 · WEIR MITCHELL, loc. ci · texte numérisé non relu

WEIR MITCHELL, loc. ci

aperçue en eflet d'elle-même qu'une des sœurs de la malade, ou une de ses filles si elle est mère, devenait plus nerveuse.

Dans les ménages pauvres c’est souvent l'épuisement de toutes les économies-qui décide de l'entrée de la malade à l'hôpital.

Si la présence de l’hystérique au sein de sa famille n'était

pas un danger pour les siens, il ne faudrait pas cependant hésiter à l’isoler pour elle-même. « Il faut l’arracher violemment aux sympathies exagérées et nuisibles de son entourage et lui ôter l’envie de jouer une comédie perpétuelle en supprimant les spectateurs dont la complaisance l’encourage à per- sévérer dans son rôle! » Toutes les manifestations sérieuses hystériques sont justiciables de l'isolement; mais de toutes ce sont les crises qui sont le plus rapidement influencées par lui. Nous n'avons jamais vu à la Salpêtrière les crises les plus 2nvéférées et les plus fréquemment répétées durer plus de 24 heures après l'isolement. Cette méthode supprime tout excitant extérieur, enlève les malades au milieu qui entretient les crises, et souvent supprime Ja cause immédiate qui les provoque. Rarement sous l'influence d’une émotion violente, d’une nouvelle du dehors parvenue à la malade malgré la surveillance, nous avons observé une nouvelle crise. Cette crise ne se répète pas, et, fait aussi très intéressant, elle ne se propage jamais aux malades voisines parmi lesquelles plusieurs sont hystériques, ont eu elles-mêmes des crises et ne sont séparées que par des rideaux fermés. — Il est bien connu cependant qu'autrefois, quand une crise d’hystérie survenait dans une salle de malades, cette crise en déterminait immédiatement toute une série chez les hystériques voisines.

Les autres accidents de la névrose, contractures, paralysies, coxalgies, tremblements, chorée, vomissements, anorexie, etc., sont influencés tout aussi favorablement par l'isolement, mais dans ces cas son action est plutôt indirecte, il agit en enlevant la malade à son milieu, et en permettant au médecin de pratiquer” alors avec facilité dans le calme et la solitude, la psychothérapie et la rééducation indispensable à la guérison.

1. Ba, Introduction de l’édit. franc. du livre de W. MiTcreLu, loc. cté., p. vi.

Si l'hystérique est en même temps une morphinomane, une

étheromane, une cocainomane, une alcoolique, associations qui

sont loin d’être exceptionnelles, l'indication de l'isolement ne

nous semble pas souffrir de discussion ; d’ailleurs la plupart des médecins sont d'accord aujourd’hui pour admettre qu'il est presque impossible de guérir de ces intoxications même des malades non hystériques, sans les isoler, sans les mettre dans lPimpossibilité matérielle de posséder le poison qu’elles parviennent à se procurer partout avec des ruses inouies.

Isolement dans la neurasthénie. — Fondamental dans le traitement de l'hystérie, l'isolement est encore une méthode précieuse contre la neurasthénie. Sans doute nous ne voudrions pas appliquer l'isolement à des manifestations minimes de neurasthénie, de même qu'il peut être inutile dans les accidents légers ou transitoires attribuables à l’hystérie.

Beaucoup d’entre nous, beaucoup de médecins, ont par moments une crise légère qu’ils dénomment à tort ou à raison enurasthénie. Ces petites crises surviennent à la suite de surmenage, de préoccupations, « de travail doublé d'inquiétude », à la suite d’insuccès, de projets longuement préparés qui échouent, etc., parfois sans cause apparente. Elles guérissent souvent d’elles-mèmes, par un repos passager, un séjour à la campagne, un changement dans la répartition du temps, une modification dans le genre d'existence, une orientation différente des occupations... Le travail régulier et auquel on s'intéresse suffit souvent à dissiper ces petits accès de neurasthénie, alors qu'au contraire c'est Le repos qui s'impose dans la neurasthénie grave.

Il serait ridicule de parler d'isolement dans les cas légers auquel nous faisons allusion, les maisons de santé n’y suffiraient pas, el cette mesure serait inulile.

Toute autre doit être notre conduite vis-à-vis d’une neurasthénie grave. Le plus souvent on épuise pour elle les différents modes de traitement avant de se résoudre à l'isolement. Ce dernier procédé est souvent difficile à proposer à cause du genre de vie, des occupations, des affaires du malade. Il estindispensable

À. DEJERINE. L'hérédilé dans les maladies du système nerveux. Thèse d'agrégation, 1886.

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