BouvERET, Loc. cit
6. Prousr et BaLLer, L'hygiène du neurasthénique. Paris, Masson, 1900.
eurent à se louer de l'isolement dans le traitement de leurs malades ; nous avons déjà insisté sur cet historique, citons seulement l'opinion si bien exprimée par Mathieu’, « le milieu familial est une serre chaude pour la neurasthénie comme pour l’hystérie ».
Mais, cette objection peut nous être faite: il ya bien des formes de la maladie, bien des neurasthénies, avec des causes variées, des pathogénies peut-être différentes, surtout sion en juge par toutes celles qui ont été données; l'isolement s'applique-t-il indifféremment à tous ces cas ? |
Nous répondrons d’abord avec le P' Brissaud :
« Les variétés cliniques de la neurasthénie ne sont pas si nombreuses qu’on est tenté de le croire. S'il y a une neurasthénie hyperacide, une neurasthénie arthritique, une neurasthénie cérébrale ou cérébrasthénie, une neurasthénie génitale il y a surtout une neurasthénie banale, sans autre qualifi-
catif, et qui est le fond commun et, en quelque sorte, le
canevas sur lequel chaque malade brode au gré de sa fantaisie personnelle”. »
Nous répéterons enfin, que l'isolement est une méthode élémentaire qui ne peut varier pour s'adapter aux différentes formes de la neurasthénie, et que cerôle est précisément celui de la psychothérapie que nous lui associons toujours.
Nous n'avons pas abordé le chapitre des contre-indications
de l'isolement, parce qu’on ne peut sur ce point établir à l'avance aucune règle fixe.
Les médecins qui ont formulé des contre-indications avec des exemples à l'appui, ont été contredits par d'autres auteurs qui ont aussi apporté des exemples, et la conclusion que nous en tirons, ainsi que de notre expérience personnelle, c’est qu'il est presque impossible de fixer des contre-indications.
Nous avons vu des malades chez lesquelles le traitement nous semblait devoir donner des résultats rapides, faire attendre leur guérison plus longtemps que d’autres chez lesquelles nous n'avions employé l'isolement qu'avec hésitation. Ce que nous pouvons affirmer c’est que l'opinion des malades
1. Marmeu, Neurasthénie. Paris, Rueff, 1894. Voir encore LEVILLAIN, La neuras-
ie édit. Maloine, 1891.
= BRISSAUD, Traité de thérapeutique de Rob. p. 236.
n'a aucune importance en la matière; il n’est pas rare de voir en effet, des sujets qui ont réclamé l'isolement, en bénéficier moins rapidement que d’autres qui ne s'y sont soumis que devant les menaces du médecin ou l'autorité de leurs parents.
En un mol, nous ne pouvons savoir exactement à priori les effets de l'isolement dans un cas déterminé, mais n’en avant Jamais observé de mauvais résultats nous croyons qu'il est du devoir du médecin de toujours l'essayer.
En nous résumant, nousdirons que l'isolement reste formellement indiqué (outre les maladies mentales\ dans l’hystérie, dans la neurasthénie, l’hystéro-neurasthénie, et dans les intoxications invétérées telles que la morphinomanie, cocaïnomanie, l’éthéromanie, voire même l'alcoolisme.
En 1838, Esquirol' formulait au sujet de l'isolement des aliénés des .conclusions qui, avec quelques légères modifications, s'appliquent encore aux cas que nous venons de citer.
Les aliénés, dit-il, doivent être isolés:
1° Pour leur sûreté, pour celle de leur famille et pour l’ordre public ; |
2 Pour soustraire ces malades à l’action des causes extérieures qui ont produit le délire et qui peuvent l’entretenir';
3° Pour vaincre leur résistance contre les moyens curatifs ;
4° Pour les soumettre à un régime approprié ;
5e Pour leur faire reprendre leurs habitudes intellectuelles et morales.
Supprimons les mots « ordre public » dans la première proposition et le mot « délire » dans la deuxième et ces conclusions sont les nôtres pour le traitement des malades dont nous avons parlé.