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Il ne faut cependant pas rapporter uniquement à des phénomènes psychiques ce qui peut être ébranlement de tout l'organisme.
Si un individu entend une explosion à côté de lui, il pourra avoir une frayeur intense, mais tous ses organes recevront également une secousse violente, et les troubles qu’il éprouvera par la suite ne doivent peut-être pas être attribués uniquement à la peur.
« Une forte excitation de lumière, ou un bruit violent peuvent provoquer une aspiration profonde et rapide, un appel d'air, même chez un animal privé de son cerveau’. »
Il s’agit dans ces expériences de phénomènes réflexes qu'il nous semble impossible de rattacher à des actes psychiques.
Cette très légère réserve n’amoindrit en rien l'empire du moral sur le physique qui reste immense, même à en juger seulement par les quelques faits que nous avons rappelés.
Non seulement les influences psychiques peuvent déterminer l'apparition de phénomènes physiologiques ou morbides plus ou mojns isolés, mais encore constituer des états pathologiques, créer des maladies chez des individus prédisposés, telles que la folie, l'hystérie, la neurasthénie, etc.
Les émotions jouent également un grand rôle au cours des maladies qu'elles n’ont pas provoquées ; elles agissent sur la fièvre, elles agissent sur la nutrition, et c’est pourquoi de tout temps, on les a ménagées aux malades.
. Ce qu'une émotion a fait, c’est encore là un point bien intéressant, une autre, ou la même dans des conditions différentes peut le supprimer.
Les actions d'arrêt, les actions inhibitrices des émotions ne sauraient être disculées; les paralysies momentanées ou persistantes à la suite de la peur sont innombrables; des faits fréquents et bien observés d’impuissance génitale d'origine psychique ont été relatés par beaucoup de neuro-pathologistes.
Une même émotion peut déterminer une contraction ou une paralysie, un mouvement ou une impossibilité d'accomplir ce mouvement, une sécrétion ou un arrêt de cette sécrélion.
4. Mosso, La peur, p. 9, cité par HôrrDiNG, loc. cit., p. 294.
Ces faits sont bien connus du publie, qui par un raisonnement très simple avait cru le remède facile à employer. C'est de cette constatation qu'est venu l'usage d'essayer de guérir par une frayeur ce qui avait été déterminé par unefrayeur. Parfois la méthode a donnéle résultat désiré, mais souvent le remède a aggravé l’état des symptômes. Nous ne savons pas en effet comment la mème émotion peut déterminer chez le même individu des actions très différentes. Les conditions de cette différence nous échappent.
Tous les faits auxquels nous faisons allusion sont dus à des actions involontaires de l'esprit sur le corps ; dans le même groupe, il faut encore ranger tous les actes suggérés pendant l'hypnose, toutes les suggestions à l’état de veille, l’action psychique de Rent inactifs par eux-mêmes, les autosuggestions, dans lesquelles la volonté n’a pas de part.
Les faits d’extase avec suppression de la sensibilité, sont encore des exemples d'action involontaire de l'esprit sur le corps sous l'influence d’un sentiment puissant. La plupart des phénomènes de spiritisme, de tables tournantes, sont sous la dépendance d'actions involontaires, inconscientes, déterminées par différents états d'esprit.
Nous reviendrons plus loin dans des chapitres spéciaux, sur l’'hypnotisme et sur la suggestion, nous aurons également à nous occuper du pouvoir moteur des images, c'est pourquoi nous n'aborderons pas ici ces différents points.
Action de la volonté sur le corps. — Nous avons envisagé ce
que peuvent faire les phénomènes psychiques sur le corps
d’une façon involontaire. Voyons ce que peut faire volontairement l'esprit sur le corps, autrement dit étudions l'empire de la volonté.
De la volonté elle-même nous ne nous occuperons pas au point de vue théorique.
Paul Janet’ l'appelle l’activité réfléchie.
« Vouloir, dit Ribot*, c'est choisir pour agir: telle est pour nous la formule de la volonté normale. »
Un autre point sur lequel il faut insister, dit Sergl’, est
1. Paul JANET, Traité élément. de philosophie. Delagrave, 1887, p. 274. 2. RiBoT, Les maladies de la volonté. Paris, F. Alcan, 1883, p. 111. 4. SERGI, Psychologie physiologique, trad. Mouton. Paris, F. Alcan, 1888, p. 418.
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celui-ci que, si la volition est un phénomène, comme cela n’est pas douteux, elle ne peut en aucune facon exister antérieurement en puissance dans une faculté spéciale, comme l’admettent quelques philosophes, si elle existe ainsi en puissance, ce ne peut être que dans les conditions anatomo-physiologiques, des organes tant intérieurs qu'extérieurs. On parle communément de la volonté comme d’une puissance, ce mot volonté même n'exprime qu'une abstraction, non une force spécifique, une substance. »
« S'il faut l’envisager de la sorte, dit Hack-Tuke!’, il est clair que la volonté n’est point une faculté spéciale, indépendante”des autres facultés mentales, mais qu’elle est formée d’un élément émotif qui porte à agir, et d’un élément intellec-
tuel qui règle l’action. De l'équilibre de ces deux éléments
résulte l'acte de volonté. »
Hôffding” appelle la volonté « Le côté actif de la vie consciente ».
Nous ne croyons pas qu'il soit nécessaire pour notre travail qui vise à un but pratique immédiat, de faire un choix entre ces définitions, et nous dirons seulement avec Feuchtersleben”?, qui ne définit pas la volonté : « Tout homme, mème le plus
. faible d'esprit, constate en lui-même cette puissance de vou-
loir qui, développée dans l'homme fort, devient le caractère. »
Il est inutile d'insister sur l’action de a volonté sur les muscles à fibres striées. Ces muscles sont, à un haut degré, soumis à la volonté et sont de ce fait, désignés sous le nom
de muscles volontaires. Notre volonté s'exerce sur eux de
deux manières : nous pouvons leur commander de faire un mouvement ou nous pouvons arrêter un mouvement commencé. Les muscles des membres, du cou, de la face, une grande partie des muscles du tronc, sont des muscles à action volontaire. L'esprit possède sur eux un pouvoir moteur et un pouvoir d’'arrèt.
Les muscles respiratoires qui fonctionnent en dehors de notre volonté, lui sont pourtant soumis au moins momenta-