Voir Hack-Tuke, loc. cil., p
2. Cité par DuBois, Revue de médecine, juillet 1900. 3. WoopwortTx, Le Mouvement, traduct. Samfiresco. Doin, 1903, p. 318.
acteurs rougissent et pâlissent à volonté, versent des larmes, sanglotent avec plus ou moins de conviction, exécutent en un mot tous les mouvements expressifs, sans ressentir une intensité proportionnelle d'émotion. »
Les effets inhibiteurs de la volonté ne sont pas moins remarquables que son rôle moteur. Elle peut suspendre un acte qu'elle a déterminé, elle peut arrêter un phénomène qui a tendance à naître et dont elle n’est pas la cause. Elle a une action inhibitrice sur beaucoup de phénomènes réflexes: nous pouvons arrêter notre sécrétion lacrymale volontairement, l'enfant ne peut tout d’abord pas retenir ses larmes sous l'influence de la douleur, il y arrive EDee à peu par des efforts volontaires successifs.
Il y a plus, nous pouvons par la volonté transformer des sensations primitivement désagréables en sensations agréables. Nous avons presque tous éprouvé à une époque de notre existence des répugnances presque invincibles pour certains aliments, nous sommes parvenus à les prendre à force de volonté et ils nous ont donné par la suite des sensations agréables. La sensation que procure la fumée du tabac est généralement très désagréable au début, beaucoup d'adolescents sont malades à leurs premiers essais de fumer, ils persistent cependant, et ils arrivent non seulement à triompher de leurs premières
sensations, mais à les supprimer ou à les remplacer par des
sensations tellement agréables, que la privation de tabac n’est plus supportable.
Les stoïciens ont donné de magnifiques exemples de ce que
peut la volonté contre les phénomènes douloureux et toutes:
les actions réflexes qui les accompagnent.
Les hommes religieux et principalement dans les périodes de persécution ont fourni des exemples qui n’ont pas été dépassés. Plusieurs d’entre eux arrivaient graduellement d’abord à supporter la souffrance physique et morale avec patience puis avec résignation, ils pouvaient en outre souffrir non seulement sans que la douleur s’accompagnàt d'aucun signe extérieur, mais encore ils parvenaient à remplacer les signes habituels de la souffrance par ceux de l’indifférence et mème de la Joie.
Et nous ne parlons pas ici de malades atteints d’anesthésie ou de perversion de la sensibilité et qui doivent exister chez
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les hommes religieux comme parmi les autres, nous parlons
d'hommes ayant une sensibilité normale, et la meilleure preuve qu'on puisse en donner, c’est qu'ils souffraient réellement, car plusieurs traduisaient leur souffrance par des
plaintes et par les caractères de la douleur, quand leur volonté
se trouvait en défaut.
Il y a là, au point de vue qui nous intéresse, un exemple remarquable d’inhibition volontaire de mouvements réflexes douloureux ; c’est la domination la plus complète du physique par le moral.
Si maintenant nous Jetons un coup d’œil d'ensemble sur ce chapitre, il nous viendra aussitôt des doutes sur la légitimité de notre division en action volontaire et action Mere de l'esprit sur le corps. Cette division cependant au premier abord semble très admissible, elle est basée sur la classification connue des muscles en muscles à fibres lisses, et muscles à fibres striées, les uns non soumis à la volonté, les autres dépendant d'elle. Il semblerait en se rapportant rigoureusement à ces distinctions qu'il y ait deux mondes dans l’organisme : celui des fonctions volontaires et celui des fonctions involontaires. Et cependant nous voyons la volonté faire des incursions fréquentes et importantes dans un domaine que ne lui attribue pas cette classification.
Nous voyons encore des phénomèns comme les mouvements des muscles respiratoires, qui dépendent le plus souvent uniquement d’actions réflexes et qui pourtant par moments paraissent entièrement soumis à la volonté comme le sont les muscles des membres.
Nous voyons encore cet empire de Ia volonté varier avec chaque individu, avec l'éducation qu'il à subi, avec l’entrainement qu'il s'est imposé.
C'est ainsi que la division actuelle en phénomènes volonlaires, et phénomènes involontaires, est assez arbitraire ; tout'ce qu'il est permis de dire, c’est qu’il existe des phénomènes qui paraissent nettement volontaires et d’autres nettement involontaires, mais entre ces extrêmes, il y a des transitions insensibles, des actions plus ou moins volontaires suivant les circonstances, suivant l'éducation, suivant les individus. Et la
conclusion pratique qui en découle est que nous sommes capables dans de grandes DISONS d'étendre le domaine de la volonté.