BINET, id., p
complète ; et le résultat de cette tentative est de le rendre plus suggestible, plus servile pour une autre occasion. »
Si nous nous reportons à l'ouvrage de Wundt', nous sommes en effet frappés de l'énergie avec laquelle il combat l’hypnotisme. Après avoir discuté l’hypnotisme comme moyen d'étude psychologique il écrit : « La législation actuelle ne tolère pas l'esclavage ; elle ne l’admet pas même et à juste titre dans les cas où quelqu'un se déclare prêt à se faire librement l’esclave d'autrui. Sans doute, la dépendance dans laquelle l'hypnotisé
se trouve à l'égard de l’hypnoliseur n’est qu'un esclavage à
temps; mais tant qu’elle existe, elle constitue un esclavage avec circonstances aggravantes, parce qu'elle enlève à l’esclave, non pas seulemént le droit d'agir, mais encore la possibilité d'agir sur sa propre volonté. De tous les rapports qui puissent relier l’homme à l’homme, celui-là est le plus immoral qui fait de l’un la machine de l’autre. Etil n’en est pas seulement ainsi quand l’homme devenu machine sert à des visées immorales ; mais ce rapport comme tel et indépendamment de la manière dont on l’utilise est immoral. Or les choses ne changent pas, que ce rapport soit libre ou forcé dans son origine. »
Il voit dans l’hypnotisme deux dangers : « une influence physique nuisible et une influence psychique dangereuse. »
« Le premier symptôme consiste en ce que la répétition des hypnotisations facilite et accentue les influences. »
« La question de savoir jusqu’à quel point la force de résistance du cerveau, diminuée dans ces proportions laisse des traces dans ses facultés actives, est demeurée sans réponse jusqu'ici. »
« Ces personnes, comme dit Bernheim « réalisent toutes les
idées qu’on leur suggère, toutes les images sensorielles
qu'on éveille en elles, une simple invite les transforme en hallucinées*. » |
« Chez nombre de sujets, ayant une tare névropathique dont la prédisposition aurait pu rester indéfiniment latente, l’hypnotisme, dit Oulmont”, a été l'agent provocateur qui a
révélé l’hystérie et souvent sous ses formes les plus graves. ».
1. WuNDT, Hypnotisme et suggestion, trad. Keller. Paris, F. Alcan, 1902, p. 156. 2. Wunor, loc. cil., p. 158, 159, 160.