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PERSUASION

Voyons si un autre procédé permet d'obtenir les conditions réclamées par Binet et Féré, pour faire accomplir des actes

réels à des malades qui en sont incapables; ce procédé existe, :

c'est la persuasion.

Persuader pour Littré c'est « porter à croire, décider à faire ; c'est faire croire en parlant des choses qu'on persuade ».

Par l’étymologie mème du mot per suadere on comprend que la croyance est déterminée par des moyens, par des arguments, par des raisons.

« On se persuade mieux pour l'ordinaire, dit Pascal’, par les raisons qu’on a soi-même trouvées, que par celles qui sont venues dans l'esprit des autres. » |

I n’y a plus là comme dans la suggestion, l'introduction brutale d'une idée dans un cerveau, 1l y a pénétration de cette idée par le raisonnement, par la discussion et avec l'acceptation, le contrôle de l'individu.

Ce contrôle contenu dans l'idée de persuader, entraîne comme conséquence que les procédés de persuasion doivent ôtre multiples, car la puissance et les moyens de contrôle varient suivant les individus ; l’art de persuader devra donc s'adapter aux différences des cerveaux. « L’art de persuader, dit Pascal”, a un rapport nécessaire à la manière dont les

hommes consentent à ce qu’on leur propose et aux conditions

des choses qu’on veut faire croire. »

Il y a encore une notion de plus dans l’idée de persuader, il y a une différence entre être persuadé et croire; dans le premier cas existe un certain sentiment, un acte en germe. La persuasion renferme une idée d'aimer, de haïr ou d’accomplir ce dont on est persuadé.

C’est ce que d'Alembert” exprime en disant: « Les anciens ont défini l’éloquence, le talent de persuader et ils ont distingué persuader de convaincre, le premier de ces mots ajou-

1. Pascar, Pensées, VII, 10 (cité par LITTRÉ). 2. PascaL, Pensées, 1"° partie, article III.

3. D’ALEMBERT, Mél. litt., Œuvres, t. IIT, p. 237, cité par LiTTRÉ.

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