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conséquent diminue l'exercice du sens critique et de la volonté. La persuasion souvent répétée, tout au moins par le même individu, augmente aussi l'aptitude du sujet à être persuadé. Mais cette aptitude plus grande contient à sa base un contrôle, le sujet se laisse plus facilement persuader parce qu'il a remarqué qu'on ne le trompait pas; cette plus grande facilité à être persuadé c’est la confiance.
Il y a la mème différence entre la suggestibilité et la confiance comme effets, qu'entre la suggestion et la persuasion comme causes.
Tandis que l'individu suggestionné peut recevoir indéfiniment des suggestions fausses ou mauvaises, celui que l’on persuade réagira si on le trompe, 1l entrera en méfiance et cette réaction dépendra du développement de son sens critique.
Les effets de la persuasion sont plus importants et plus nom-” breux que ceux de la suggestion. Celle-ci en effet est très insuffisante et comme le dit Féré:
« Ce n’est pas en niant sa maladie que l’on peut guérir le ser upuleux ou l’aboulique, mais en lui démontrant qu’elle peut guérir et qu'il peut aider à la guérison. Et il faut ajouter que même dans l’hystérie le plus souvent, les effets de la suggestion ne sont que temporaires et n’ont pas pour résultat la guérison durable, si un traitement général ne vient pas modifier l’état somatique”. »
Quant à l'étendue respective de la suggestion et de la persuasion, cette dernière a un domaine incomparablement plus grand, et cela se conçoit par le mécanisme que nous avons exposé. La suggestion détermine des mouvements, des phénomènes limités, fait disparaître des symptômes morbides, elle est incapable de faire accomplir au sujet des actes dans” toute la force du terme, des actions dans lesquelles entrent en jeu son être physique et son être moral complet; elle ne peut réglementer une vie, former un caractère. C’est que la direction de la vie et le caractère dépendent du sens critique, de la volonté, que, par définition, la suggestion annihile.
La persuasion au contraire en s'adressant aux fonctions psychiques supérieures, possède une action à laquelle ne peut prétendre la suggestion. ] |
1. FÉRÉ, Pathologie des émotions. Paris, F. Alcan, 1892, p. 548.
Le médecin. — Nécessité de posséder des connaissances médicales étendues pour pratiquer la psychothérapie. — Qualités du médecin psychothérapeute. — Opinions de Bouchard, de Reveillé-Parise, de Lasègue.
La confiance. Confiance spontanée ou acquise. Confiance du malade dans le médecin et du médecin dans le malade.
L’attention. — Nécessité de fixer l'attention des hystériques et des neurasthéniques. — Nature de l'attention suivant Condillac, Laromiguière, Paul Janet, Ribot, Marillier, Bastian, Mosso, Gley. — L’isolement condition d’attention. — Mécanisme de l'attention suivant Marillier. — Moyens de fixeret de maintenir l’attention. Renforcer les représentations. — Utilité des associations d’idées. Réflexion. Méditation. — Utilité de l'écriture pour l'attention. — L’attention condition et criterium de guérison.
La distraction. Les distractions. — Impossibilité qu'ont les neurasthéniques de fixer leur attention et de se distraire.