Lasèque, Études médicales. Asselin, 1884, p
indispensable pour la psychothérapie qui, suivant le P° Brissaud”, « exige de la part du malade une dose de confiance dont la durée fait tout le prix. Le médecin pour l'imposer, ajoute-t-il, n'a de meilleure ni d'autre ruse que son entière sincérité ». « La confiance n'est-elle pas une force réelle? Est-ce une folle entreprise que de l’employer comme une puissance effective *? »
Nous avons vu plus haut l'opinion du P' Bouchard sur la nécessité de la confiance en médecine, et nous avons passé rapidement en revue les qualités que doit avoir le médecin pour la mériter. Nous nous dispenserons d’y insister à nouveau.
La confiance est naturelle ou acquise: naturelle elle est immédiate, c'est alors un sentiment difficile à analyser qui porte un individu à se fier, sans preuves absolues, à la force, à la science, à la bonté d’un autre. C’est un mouvement d’abandon d’une partie de soi-même à un autre, sous la dépendance d’une première impression. Cette impression est elle-même complexe et contient un jugement sommaire de la valeur de l'individu à qui on donne sa confiance; jugement dont les différents termes nous échappent et qui repose souvent sur une expérience antérieure, sur une analogie, une ressemblance de cet individu avec un autre que l’on connaît et que l'on estime. Cette confiance immédiate, en apparence irraisonnée, est souvent solide, durable et se justifie par la suite.
La ie acquise est celle qui est le résultat d'une observation, d’une étude plus ou moins longue et raisonnée des qualités d’un homme, elle est susceptible de faire suite au sentiment inverse, la MERS Son moyen d’ acquisilion même est une garantie de sa durée.
Weir Mitchell® pense que l'homme inspire plus de confiance aux malades que la femme : « En ce cas, celui qui sait inspirer confiance, qui sait obtenir pour ses décrets l’obéis-” sance nécessaire, obtient très souvent le succès le plus brillant et le plus facile. C’est dans ce cas que les femmes, qui à tous autres égards, sont de bons médecins, échouent, car elles
1. Brissaun, Trailé de médecine de BrouarpeL et GILBERT, article Neurasthénie, édit. Baillière, t. X, p. 682.
2. De FEUCHTERSLEBEN, Hygiène de l’âme, édit. Baiïllière, 1853, p. vu.