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RÉÉDUCATION PHYSIQUE

Nous étudierons d’abord la rééducation physique proprement dite. En réalité, ce terme est inexact, car cette rééducation ne peut être purement physique, puisque les actes psychiques interviennent d’une façon constante dans sa direction et que, d'autre part, le mouvement a sa répercussion sur les centres nerveux et contribue lui-même à leur propre rééducation.

Le mot de rééducation implique deux idées, ou bien qu'il y a simplement perte de l'éducation première, ou bien que

l'éducation première a été viciée et qu'il est nécessaire de la

recommencer.

Dans une paralysie psychique qui dure depuis plusieurs mois ou depuis quelques années, il y a perte de l'éducation première.

Dans la chorée, l'éducation première a été remplacée par des mouvements faux et inutiles.

Et très souvent la rééducation doit comprendre deux buts : 4° hâter la disparition de l'habitude mauvaise; 2° pratiquer une nouvelle éducation. La poursuite d’ailleurs de ces deux buts se fait, en général, d’une façon simultanée.

On ne peut faire disparaître d’une façon immédiate des mouvements suraJoutés involontaires, surtout s'ils sont quelque peu invétérés ; il faudra essayer de diminuer pro-

gressivement leur intensité et leur répétition. Ces mouve-

ments sont DR RAMARQRES mais si l’automatisme augmente avec la répétition, il n’en reste pas moins soumis dans une certaine mesure au contrôle des fonctions psychiques supérieures (de O suivant la désignation de Grasset). C’est ce contrôle qu'il faudra augmenter.

Quand il s’agit de mouvements automatiques qui ont été volontaires au début, le mécanisme suivi pour les faire disparaître sera donc exactement l'inverse de celui qui a présidé à leur installation. Le mouvement d’abord volontaire est devenu

par la répétition peu à peu automatique, il cessera peu

à peu de l'être, en rentrant dans le domaine de la volonté et finalement ne se produira plus que volontairement.

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« Les actes, dit Malebranche, produisent les habitudes, et les habitudes produisent les actes », mais il ajoute: « On peut toujours agir contre l'habitude dominante‘. »

Les mouvements peuvent être déterminés chez le malade en agissant directement sur le membre atteint (mouvements passifs, électricité, etc.), mais ils peuvent aussi être provoqués d’une façon psychique, et nous devons nous arrèter à ce propos sur le rôle moteur des images qui est considérable dans la rééducation.

Pouvoir moteur des images. — « La représentation mentale d’un objet, dit Al. Bain *, tend à faire renaître en nous les mouvements physiques qui ont été primitivement associés à la sensation de cet objet. Un enfant ne peut décrire une scène où 11 a pris part sans la mimer en quelque sorte. Un chien qui rêve remue les pattes et quelquefois aboie. »

Des expériences nombreuses et intéressantes ont été faites sur les mouvements inconscients provoqués par les représentations mentales *. C’est par ces mouvements que s'explique la possibilité de trouver un objet caché dans l'expérience dite de Cumberland. Ces mouvements sur lesquels Chevreul a insisté, ont été enregistrés par notre maître M. Gley* dès 1884.

Les recherches sur l'écriture inconsciente déterminée par

une représentation mentale puissante, prouvent également

cette influence motrice des images.

Dans son dernier ouvrage, M.Gley” termine ainsi le chapitre qui a trait au pouvoir moteur des images: « Comme conséquence ultime on pourrait dire que, pour toute une classe d'individus surtout (les moteurs), se représenter un acte, c’est en ébaucher l'exécution. Et ainsi on trouverait une raison psychologique profonde à la vieille maxime juridique, à savoir que l'intention doit être réputée pour le fait ».

Tout état de conscience, suivant Ribot, a toujours une tendance à s'exprimer, à se traduire par un mouvement, par un

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