Cité par PAUL JANET, loc. cit., p
2. Bain, Sens et entendement, part II, ch. 1, $ 2: Sentiments idéaux du mouvement (citation de PAUL JANET).
3. RicHeT, Société biol., 31 mai 1884. — De VARIGNY, Compl. rend. et mém. de la Société de biol., T juin 1884.
; GLEY, Comp. rend. et mém. de la Société de biol., 5 juillet 1884. D. GLey, Études de psychol. physiol. et pathol. Paris, F. Alcan, 1903, p. 230.
acte et il classe les idées en trois groupes suivant l'intensité de leur tendance à se transformer en acte:
1°" groupe. — Idées qui Aer comme un réflexe, exemple : la plupart des passions.
2° groupe. — C'est l’activité raisonnable après délibération courte ou longue. « Dans ce groupe, la tendance à l'acte n’est ni instantanée, ni violente. L'état affectif concomitant est modéré. Beaucoup des actions qui forment le train ordinaire de notre vie ont été à l’origine accompagnées d’un sentiment de plaisir, de curiosité, ete. Maintenant le sentiment primitif s’est affaibli, mais le lien entre l’idée et l’acte s’est établi; quand elle naît il suit. »
3° groupe. — Ce sont les idées abstraites dont la tendance motrice est à son minimum, et qui ont besoin d’être associées
avec des sentiments pour provoquer des actions”.
« Toute représentation mentale, dit le P° Dubois (de Berne), est un acte commencé, elle est aussi une sensation à l’état naissant. » Et parlant des expériences de Pawlow sur l'appétit psychique, il ajoute: « Il suffit donc chez le chien d’une représentation mentale pour provoquer la sécrétion. Cette intervention de l'idée ne doit-elle pas être plus puissante encore chez l’homme, dont la vie psychique est bien autrement riche et compliquée *? »
D'autre part, inversement en agissant sur les éléments moteurs qui accompagnent une image, en les empêchant de se produire, on trouble et on empêche la fixation cérébrale de l’image, suivant Féré*, Smith*, Breesse*.
Woodworth" cite les conclusions de ce dernier auteur, « en général, en empêchant les éléments moteurs de se produire, on tend à empècher aussi la conscience ». « L'idée du mouve-
ment c'est déjà le mouvement qui commence », et il ajoute pour bien montrer l'influence de l’idée sur le mouvement et
du mouvement sur l'idée : « En rendant l’idée plus intense, on intensifie le mouvement ; en empêchant le mouvement, il
. Ra8or, Les maladies de la volonté. Paris, F. Aican, p. 4 et 9.
DuBois, Revue de méd., juillet 1900, p. 577, loc. cit.
FÉRÉ, Sensation el mouvement, 2° édit., p. 106, cité par WooDWoRTH.
. Smiru, American Journal of Psychol., 1896, VII, 453. Cité par Woopwoonr. . BREESSE, Psychol. Review. Monogr., Suppl., n° 11, 1899.
. Woopwortx, Le Mouvement, trad. Samfiresco. Doin, 1903, p. 282.
GRR ND =
faut se débarrasser aussi de l’idée ; ou bien, empêchez le mou-
vement, et vous empèêcherez l’idée ; intensifiez le mouvement,
comme, par exemple, le mouvement expressif d’une émotion, et vous intensifierez l’état conscient correspondant. L'idée et son mouvement sont des parties et des parcelles du même phénomène. »
C'est de ce pouvoir des idées dont parle Bernheim quandil dit : « l’idée devient sensation », « l’idée devient mouvement», ou « l'idée neutralise un mouvement », « l’idée neutralise une sensation, etc... ou encore : « Toute cellule cérébrale actionnée par une idée, actionne les fibres nerveuses qui doivent réaliser cette idée” ». |
L'idée devient-elle réellement mouvement, sensation ?... Comment aclionne-t-elle une cellule cérébrale? Bernheim parle évidemment ici un langage très schématique et ces phénomènes doivent être d’une étrange complexité, si nous en croyons ce passage de Woodworth : « L'association entre la sensation d’un mouvement comme antécédent, et l'exécution
de ce mouvement comme conséquence, ne peut qu'être in-
dirécie.. >»
« Avant que la sensation ou l’idée d’un mouvement ait pu naître, ce mouvement a dû déjà être obtenu par certaines stimulations autres que la sensation ou l’idée du mouvement. Ce quelque chose d'autre sert probablement d’anneau, qui unit entre eux la représentation du mouvement et le mouvement lui-même”. »
Et plus loin *:
« Nous avons vu que beaucoup d'individus sont incapables de trouver des images kinesthétiques qui précèdent immédiatement le mouvement ; nous avons trouvé des raisons physio-
logiques pour admettre que les mouvements des yeux et de la
tête sont souvent directement provoqués par des sensations el par des idées visuelles et auditives, sans aucun intermédiaire kinesthétique, et nous avons conclu que les images kinesthétiques d’un mouvement ne peuvent pas être l’antécédent immédiat de ce mouvement. »
1. BERNHEIM, Hypnotisme, Suggestion, Psychothérapie. Loin, 1903, p. 32. 2. WoopworTa, Le Mouvement, trad. Samfiresco. Doin, 1903, p. 290. 3. Ibid., p. 311. :
Camus ET PAGNIEZ. 14