Qu’est-ce qu'une nation ? (Calmann Lévy
des générations. Chez les chrétiens d’Orient, à l’inverse des musulmans, la religion n’a point, d’habitude, oblitéré le sentiment national ; elle s’est, en quelque sorte, fondue avec lui, si bien que, chez eux aussi, tous deux semblent inséparables. Dans un pareil monde, là où chrétiens et musulmans identifient la nationalité avec la religion, ou font de la seconde le signe de la première, l’israélite ne peut, lui aussi, avoir d’autre nationalité que sa religion. Le juif est forcément Juif, de même que l’arménien est Arménien, de même que le grec est Grec.
Et ici, qu’on nous permette une remarque. Là où coexistent, depuis des siècles, à l’abri d’Églises ou de cultes distincts, des nationalités juxtaposées, en Syrie, en Asie Mineure, en Mésopotamie, le cas du juif n’est pas isolé. Ce n’est pas en tant que juif, c’est en tant qu’Oriental ou Asiatique, qu’il n’a d’autre nationalité que sa religion. La durée même d’Israël, retranché dans sa foi et dans ses rites, pour merveilleuse quelle semble, n’est pas, comme on l’imagine souvent, un prodige unique, sans pareils dans l’histoire; le monde contemporain est encore témoin de miracles analogues.
La terre d'Orient nous a conservé, à travers les âges, plusieurs de ces nations mortes et, pour ainsi dire, de ces momies de peuples enroulés et comme embaumés dans la vieille religion. Les Coptes d’Égypte, les Maronites et les Druses du Liban, les Parsis de l’Inde, voire les Arméniens et les Grecs d’Asie nous offrent, à des
degrés divers de conservation, d’autres exemples de peuples ou de tribus survivant à leur ruine politique. La grande différence entre tous ces Orientaux et les juifs, c’est que ces derniers sont plus dispersés, ou que l’aire de leur dispersion est plus vaste ; et cela parce qu’ils ont été, depuis plus longtemps, et plus complètement, déracinés de leur patrie ancienne. Par là même, il leur est singulièrement plus malaisé de jamais se réunir en corps de nation.
Quoi qu’il en soit, là où le juif continue à former un peuple à part, il ne fait que se soumettre à la tradition orientale. Et, en mainte contrée, partout où règne encore l’antique confusion de la nationalité et de la religion, il ne dépend point de lui de s’en émanciper. Ni le musulman, ni le chrétien d’Asie 11e lui permettraient de se dire Turc ou Arabe, Grec ou Arménien. Force lui est de demeurer un peuple fermé. Il ne peut avoir d’autre patrie quTsraël. Cela est si vrai que, ainsi que ses voisins « aryens » ou « touraniens, » un juif d’Asie qui change de religion croit, en même temps, changer de nationalité. J’ai eu, il y a quelque vingt ans, comme drogman, aux environs de Jérusalem, un juif de langue allemande. Je lui demandai de quelle nation il était : « Je suis Américain, » me répondit-il avec fierté. S’étant laissé baptiser par des missionnaires américains, il s’imaginait être devenu leur compatriote. En se faisant chrétien, il était sorti de sa « nation ». N’est-ce pas ainsi que s’appellent en-
core, officiellement, chez le Turc, les diverses communautés religieuses ?
Cette identification de la religion et de la nationalité n’a pas toujours été propre à l’Orient. L’intolérance ou la politique ont tenté de la faire prévaloir chez nous, en Occident, ici au profit de Rome, là au profit de la Réforme. En France, en Angleterre, en Hollande, en Autriche-Hongrie, en Pologne, dans les États allemands ou Scandinaves, ce fut le grand effort du xvie ou du xvne siècle. Si Louis XIV et Guillaume III y ont également échoué, c’est qu’en cela ils allaient contre l’esprit de l’Occident. Aux temps où il semblait qu’un Anglais ne pût être papiste, ou un Français être protestant, il était tout simple qu’un juif ne pût être ni Anglais, ni Français. Certains États de l’Europe en sont encore là, — un au moins, le plus vaste. La loi ou* l’opinion y persiste à enchaîner la nationalité à la religion. Par ce côté, la Russie est encore tout orientale ; elle tient plus à l’Asie qu’à l’Europe. Moscou n’a pas été impunément en contact avec le Byzantin et le Tatar.
A ses yeux, il n’y a de vraiment russe que l’orthodoxe. La triple immersion du baptême pravoslave est, pour le gouvernement du tsar, non moins que pour le moujik, le plus sûr garant de la nationalité russe. De là, le prosélytisme officiel du Très- Saint-Synode; de là les vexations et restrictions imposées aux ministres des cultes dissidents. Aussi bien, pour les feuilles de Moscou, non moins que pour les chancelleries pétersbour-
geoises, ce sont des cultes étrangers ; et, chrétiens ou non chrétiens, c’est sous ce nom de « confessions étrangères », que les désigne officiellement la loi. A cet égard, le protestant et le catholique ne sont pas toujours plus favorisés que l’israélite. Le seul privilège de ce dernier est d’exciter plus d’aversion. La poussée nationale qui, de Moscou, pèse sur toutes les populations non orthodoxes exerce sa plus lourde pression sur le juif, sur le « Sémite », doublement étranger, par la race et par la religion.
Il ne faut pas s’y méprendre en effet ; ce qui, en Russie, poursuit le juif, c’est moins l’intolérance religieuse qu’une sorte d’intolérance nationale, un patriotisme étroit et soupçonneux qui s’en prend, à la fois, aux luthériens des provinces balfiques, aux catholiques de Lithuanie ou de Russie-Blanche, aux infortunés uniates de Podlachie, aux juifs de l’Ouest. Et si le patriotisme russe garde une teinte confessionnelle, la Russie n’en est pas entièrement responsable. La faute en est, avant tout, à l’histoire1. Le grand empire slave n’a pas encore su se dégager de son passé oriental. La « sainte Russie » en est demeurée à la tradition byzantine ; au risque de s’aliéner trente ou quarante millions de sujets, elle cherche l’unité politique dans l’unité religieuse. C’est que, — M. E.-M. de Yogüé le disait un jour, —
1. Voyez l'Empire des Tsars et les Russes, t. 1JI, la Religion, liv. I, chap. ii et liv. IV, chap. i. (Hachette, 1889.)
elle est, elle aussi, un Islam, — et j’ajouterai, un Islam plus absorbant que l’autre. Comme autrefois, à Stamboul, pour devenir Turc, il fallait « prendre le turban, veut-on être tenu pour Russe, il faut passer par les cuves orthodoxes.
Pour nous, Occidentaux d’Europe ou d’Amérique,, ce point de vue oriental est manifestement suranné. Je crois qu’il en sera bientôt de même de l’opinion qui fait dépendre la nationalité, non plus de la religion, mais de la race. J’entends dire que, toute nation ayant pour base l’unité de race, les juifs, qui
sont une race à part, ne peuvent faire partie d’aucune nation. En sommes-nous bien sûrs? A parler franc, l’Allemand qui veut faire reposer la nationalité sur l’unité de race me paraît non moins arriéré que le Russe qui la fait dépendre de l’unité de religion. Pour avoir un aspect scientifique et un air moderne, cette confusion de la nationalité et de la race n’en appartient pas moins au passé, et à un passé lointain. C’est encore là une notion archaïque ; et c’est encore là une notion orientale. Elle n’est, du moins, applicable qu’à l’Orient, là où, depuis des siècles, vivent côte à côte, sans se mêler, des communautés séparées par de hautes bar-
rières religieuses ; où chaque tribu, chaque groupe national demeure à l’écart des autres, enclos dans son Église et cloîtré dans son rituel. On est ainsi ramené, par un détour, à l’identification de la nationalité et de »a religion, car, entre des peuples voisins, la religion seule peut interposer des cloisons étanches. Pour préserver la pureté d’une race, il ne faut rien moins que d 'épaisses murailles de rites ; et encore, en Orient meme, pour peu que l’on remonte un peu haut, on trouve que les groupes ethniques les mieux clos, à commencer par Israël, sont loin d’avoir toujours échappe à tout mélange. Si elle a fermé la porte des antiques communautés nationales du Levant, la religion avait gardé une clé pour les ouvrir : le prosélytisme. Les juifs eux-mêmes nous en fourniront tout à l’heure la preuve.
Quant aux peuples modernes de l’Europe ou de l’Amérique, quel est celui dont la nationalité est fondée sur l’unité de race ? Est-ce l’Angleterre avec son amalgame de Bretons, de Saxons, de Danois, dé Normands ? Est-ce la France avec ses Kymris, ses Gaulois, ses Ibères, ses Germains, ses Latins? Est-ce l’Allemagne, où le Teuton est si fortement croisé de Celtes à l’Ouest, de Slaves à l’Est, qu’en mainte contrée de l’Allemagne la majorité des Allemands a perdu les yeux bleus et les cheveux blonds des vieux Germains ? Est-ce la Russie, l’ancienne Moscovie, avec son conglomérat de Scythes et de Sarmates, de Slaves, de Tatars, de Finnois, au-
jourd’hui encore à peine russifiés? Seraient-ce les États- Unis d’Amérique, qui, depuis cent ans, ont reçu des colons de tous les pays de l’Europe ; ou les républiques hispano-américaines, qui ont inventé toute une gamme de tons et de demi-tons pour dénommer les diverses nuances de métis issus du croisement de l’Européen avec l’Indien et avec le nègre? Toutes les nations contemporaines sont une mixture de races et de peuples plus ou moins fondus ensemble : Français, Russes, Allemands, Anglais, Italiens, Espagnols, Hongrois, Grecs, Roumains, Bulgares, — nous sommes tous des lialf-bred, des sang-mêlés. Grands ou petits, Occidentaux ou Orientaux, qu’ils s’intitulent Germains, Anglo- Saxons, Latins, Slaves, je ne vois point, parmi les peuples modernes, de pur sang. Que resterait-il de la France, s’il nous fallait faire preuve de sang gaulois et prendre pour mot d’ordre, avec je ne sais quel Breton, la « France aux Celtes? »
Oui, dira-t-on ; mais Celtes, Latins, Germains, Slaves, les éléments ethniques dont sont composées la plupart des nations modernes sont des éléments homogènes : Français, Italiens, Allemands, Anglais, Russes, nous sommes tous parents ; nous sortons d’une souche commune, nous descendons des Aryas, nous appartenons à la grande famille indo-européenne, à la race noble et progressive entre toutes. Le juif, au contraire, est un « Sémite ». Les fils d’ Abraham, d’Isaac et de Jacob
appartiennent à une race hétérogène, douée d’instinct
opposés aux nôtres. Entre Israël et nous, pas d’affinité : le juif ne nous est pas assimilable, il ne peut s’incorporer à nos nations aryennes.
L’objection est connue ; j’avoue qu’elle me touche peu. L’argument aurait plus de force s’il n’était jamais entré dans la composition des nations modernes que des éléments aryens. Mais l’œil des anthropologistes y a découvert d’autres matériaux ethniques, d’origine plus humble. Au-dessous des couches de populations aryennes : celtes, latines, germaniques, on a reconnu, dans notre Europe, des stratifications plus anciennes, que les alluvions indo-européennes semblent avoir simplement recouvertes. Les races européennes fossiles, la race de Cro-Magnon ou celle de Neanderthal, n’ont pas entièrement disparu devant les Aryas d’Asie. L’homme quaternaire compte encore des descendants parmi nous. Rien ne permet de croire que nous soyons tous des Aryens : le Français ou l’Allemand, qui s’imagine être de pur sang indo-germanique, peut provenir de l’homme des cavernes. En réalité, il n’y a peut-être pas, aujourd’hui, plus de « race aryenne » qu’il n’y a de « race latine » .
Laissons là les temps préhistoriques et les problèmes insolubles. Ne connaissons-nous point, dans l’Europe de l’histoire, — que dis-je, n’avons-nous pas rencontré, chez plusieurs nations contemporaines, d’autres « allogènes » que le Sémite juif? Au milieu de nos peuples soi-disant aryens, je vois au moins deux éléments
ethniques étrangers aux Aryas, deux races dont, après le dénivellement de notre continent par le flot des immigrations aryennes, émergent encore, du sol européen, de nombreux témoins. Qu’est-ce, en effet, que les Ibères ou les Ligures d’Espagne, de Provence et d’Italie? Qu’est-ce que les Finnois de Hongrie, de Finlande, de Russie? Seraient-ce donc des Aryens? ou le Sémite nous serait-il plus étranger que les Ibères de la Péninsule, ou les Finnois de la Baltique? Je ne crois pas que ce soit l’avis des ethnographes. En tout cas, pour qui a pu comparer le juif à l’Esthe du golfe de Finlande ou au Tchérémisse du Volga, il est malaisé de ne pas reconnaître que, du Finnois et du Sémite, c’est ce dernier qui est le plus près de nous. Or, si les Ibères d’Espagne, si les Finnois de Hongrie ou de Finlande ont pu s’approprier notre civilisation « aryenne », on ne voit point pourquoi le Sémite juif en serait incapable.
Il nous répugne de nous arrêter sur ces questions d’ethnographie, si confuses, si obscures pour les spécialistes même. Nous y apportons, le plus souvent, une ignorance naïve. Nous parlons de « race sémitique », sans seulement être sûrs qu’il ait jamais existé un groupe ethnique qui doive être ainsi désigné. On en a fait la remarque plusieurs fois : ce nom de sémitique n’est, en réalité, qu’un terme de linguistique; il ne correspond peut-être à aucun groupement de race. Nous appelons les juifs Sémites, parce que les anciens
LES JUIFS ET l’ANTISÉMITIS
Hébreux parlaient une langue dite sémitique; et la langue, nous le savons de reste, ne prouve rien quant au sang. Un peuple peut changer de langue, sans, pour cela, changer de race. Les Irlandais, pour avoir appris l’anglais, n’en sont pas devenus Anglo-Saxons; et les noirs de nos Antilles, qui parlent français, ne sont point, pour cela, de race « aryenne » .
Le terme de sémite est peut-être plus propre à embrouiller la question qu’à l’éclairer. Il ne nous renseigne guère sur les origines et la parenté d’Israël; il risque de nous induire à de trompeuses affinités et à des analogies mal fondées. Peu importe, gardons-le, faute d’autre nom à lui substituer. Est-ce que le Sémite juif est noir ou jaune? Est-ce que, par sa structure physique ou mentale, il est si éloigné de nous qu’il forme comme une autre humanité, une autre espèce ou sous-espèce? Est-ce qu’en s’unissant à nos fils ou à nos filles, il donne des mulâtres ou des métis? Peut-on comparer ces Sémites en résidence parmi nous aux Chinois ou aux noirs qui habitent les deux Amériques? Le juif nous expose-t-il à des embarras semblables à ceux qu’ont à redouter, du nègre émancipé, certains États de la grande république transatlantique? Y a-t-il bien là, en présence, deux races irréductibles? Regardons-nous et regardons les Sémites : se distinguent-ils de nous par la couleur de la peau, ou par la forme du crâne? Ne nous faut-il pas quelque attention pour les reconnaître? — Quand ils se trahiraient tous par la courbe de
leur nez, peut-on dire que, entre eux et nous, il n’est rien de commun?"
S’en tient-on aux vagues notions de races et aux classifications plus ou moins incertaines des ethnologues, nul doute sur la parenté des Sémites avec nous. Qu’ils le veuillent ou non, l’Aryen et le Sémite sont frères; tous leurs traits en témoignent. Tous deux appartiennent 1 à cette grande race blanche, caucasique, méditerranéenne, comme on voudra l’appeler, qui prétend à l’empire du monde. Au point de vue ethnographique même, en admettant la réalité d’un groupe aryen et d’un groupe sémitique, le Sémite est plus près de l’Aryen que le Touranien; le juif nous est souvent plus proche parent que le fier Magyar ou le dédaigneux Moscovite, l’un et l’autre fortement mâtinés de Finno- Turc. Et si, laissant de côté les obscurs problèmes de filiation, nous considérons le génie, l’esprit, les aptitudes ou les habitudes intellectuelles, comment ne pas avouer que le Sémite juif est plus voisin de nous que le brahme de l’Inde, qui se vante de la pureté de son sang aryen?
Aryens, Sémites, Touraniens, autant de dénominations dont on a étrangement abusé. Il y a autre chose, dans l’histoire du monde, que des conflits de races.
A cet égard, la science du xixe siècle a peut-être, plus d’une fois, fait fausse route. Si les luttes de races et de tribus ont été un des éléments de l’histoire religieuse et intellectuelle de l’humanité, elles n’en ont pas été le seul facteur. Une des causes de la vogue de la théorie des races, c’est son apparente simplicité. C’était peutêtre plutôt une raison de s’en défier. On le sent aujourd’hui. Après la théorie des races, qui prétendait tout résoudre par la diversité des origines, est venue la théorie des milieux, qui s’efforce de tout expliquer par les influences de lieu, de temps, de climat. En faisant la part d’exagération de chacune, il faut, au moins, les redresser et les compléter l’une par l’autre. — Voici Iran et Touran, le type classique des antagonismes de races; ils semblaient personnifier deux individualités ethniques, tranchées entre toutes. On s’est aperçu qu’ils représentaient moins deux races que deux régions ; — leur contraste vient moins de deux génies hostiles que de deux terres opposées. Il en est de même, à bien des égards, de l’Aryen et du Sémite. Le Sémite, isolé des solitudes de l’Asie ou de l’Afrique, perd beaucoup de ce qui semblait faire son originalité. Une bonne part des traits longtemps prêtés aux fils de Sem n’appartiennent, en fait, qu a l’Arabe, — et encore, moins à l’Arabe qu’à l’Arabie, moins à l’homme qu’au désert.
Il est passé, le temps où l’on pouvait faire pivoter toute l’histoire de notre monde sur l’éternel antagonisme de l’Aryen et du Sémite. Quoi qu’en puissent
penser les pédants de collèges, le pillage des boutiques juives par les moujiks de la Petite-Russie, ou par les ouvriers des faubourgs de Vienne, n’est pas l’épilogue du long duel d’Annibal et de Scipion, d’Abd-er-Rhaman et de Charles Martel, de Saladin et de Cœur de Lion. Ni les Carthaginois ni les Sarrasins n’ont rien à démêler dans les querelles du pasteur Stœcker et des rabbins; et le prétendu antagonisme, d’instincts et de génie, des Aryas et des Sémites n’a que faire dans les luttes électorales du prince Aloys Lichtenstein et du docteur Kronawetter. — Rien mieux, cette hostilité légendaire de l’Aryen et du Sémite, on n’en trouve nulle trace dans les livres hébreux, ou dans l’histoire d’Israël. Ni la Bible, ni l’Évangile n’en ont connaissance. Le juif y est toujours demeuré étranger. Les imprécations des prophètes sont tombées de préférence sur des villes ou sur des tribus sémitiques. Les destructeurs d’Israël et de Juda, l’Assyrien et le Chaldéen, passent pour des Sémites; et le libérateur de la maison d’Israël, celui que le Dieu de Juda appelait « son berger et son oint », celui que Jéhovah a conduit par la main1, Cyrus, est regardé comme Aryen. Que si, plus tard, les juifs se sont révoltés contre les Grecs d’Antiochus ou contre les Romains de Titus, ils s’étaient courbés devant Alexandre et devant Pompée ; et jamais, que je sache, le sanhédrin de Jérusalem n’a