Isaïe, xlv
songé à disputer le monde à la phalange macédonienne ou à la légion romaine.
L’opposition fondamentale entre le Sémite et l’Aryen, force nous est d’y renoncer. Depuis qu’on connaît mieux l’Orient, et qu’on a étudié, de plus près, les peuples de langues sémitiques, on a vu surgir, entre eux, des différences de mœurs, de croyances, de gouvernement, qui ne permettent plus de leur attribuer le même génie. L’unité de l’esprit sémitique a été brisée; la simplicité qu’on se plaisait à lui attribuer s’est évanouie. On a vu s’effacer, un à un, les traits, intellectuels ou moraux, dont on avait composé la figure idéale du Sémite ; et, du même coup, a disparu le contraste entre le Sémite et l’Aryen. Le génie sémitique, les instincts sémitiques, la civilisation sémitique, sont devenus des abstractions. A côté des Hébreux et des Arabes, il a fallu faire rentrer dans ce groupe tous les peuples voisins de langues analogues, non seulement les Assyriens, les Chaldéens, mais le Phénicien, le Philistin, le Chananéen, les ennemis traditionnels des Hébreux, des peuples qu’Israël a toujours regardés comme lui étant étrangers par le sang, aussi bien que par les croyances, des tribus que la Bible range dans la postérité de Cham, et non dans celle de Sem1. Par suite, il ne reste plus, en religion du moins, d’esprit sémitique, de génie sémitique. Il s’est trouvé que, tout comme les