‹ Israël chez les nationsChapitre 20 sur 65 · M. Brunetière, Revue des Deux Mondes du 1er juin · texte numérisé non relu

M. Brunetière, Revue des Deux Mondes du 1er juin

chrétiens qu’il ne leur eût peut-être pas fallu dix générations pour obtenir un type aussi tranché.

Imaginez des animaux, des chevaux ou des chiens, enfermés, pendant quatre ou cinq cents ans, dans un parc clos, strictement isolés de tous leurs congénères, el astreints à une diète uniforme. C’est, à peu près, ainsi qu’on a procédé avec les juifs. On a formé une race humaine, comme des éleveurs créent une race animale. Après cela, il est permis de dire que le juif est le produit du groupement obligatoire, des conditions économiques et politiques, autant et plus que des conditions ethnographiques. Ce qui fait son originalité, c’est moins le sang oriental hérité de ses ancêtres lointains, les Beni-Israël, que le genre d’existence auquel ses pères ont été pliés par les nôtres. Cela est si vrai que, à mesure que tombent les clôtures des anciennes juiveries, les particularités du* type et du caractère juifs semblent aller s’effaçant ou s’atténuant.

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