Graetz, Geschichte der Juden , t. XI, p. 3G
pays et bien de leur temps. L’Allemagne n’a pas le droit de les renier.
Est-ce que les juifs ont eu, en Allemagne, le monopole du radicalisme intellectuel et des négations philosophiques ou politiques? Mais Stirner, par exemple, le prototype du nihiliste; mais Nietzsche, qui appelle la Croix le plus vénéneux des arbres, ne sont point, que je sache, de la maison de Jacob. Et parmi les contemporains de Heine, frappés avec lui par la diète germanique, est-ce que Gutzkow, le Berlinois baptisé, n’a pas étalé au soleil son antipathie pour le christianisme et pour l’esprit nazaréen? — De même, est-ce les juifs ou les juives qui ont appris aux Allemands à faire litière delà vieille morale? Si une fille de Moïse Mendelssohn a osé, une fois, mettre en pratique la théorie de l’union libre, elle ne faisait qu’appliquer les principes d’un chrétien, d’un mystique, d’un des inspirateurs du romantisme allemand, Frédéric Schlegel1. La femme juive, il est vrai, cette Orientale qu’on nous représentait comme asservie et avilie par le Talmud, la femme juive a plus d’une fois scandalisé la cleutsche Frau par ses façons émancipées et par sa culture d’esprit, indécente et inquiétante chez une femme.
Partout, et en Allemagne peut-être plus qu’ailleurs, la femme juive a eu une grande part au relèvement
1. Frédéric Schlegel dans son roman de Lucinde. Schlegel a du reste épousé la fille de Mendelssohn qui s’est faite chrétienne.
de Jacob. Ce serait une curieuse histoire que celle de la juive, depuis la fin du xvme siècle. Sa métamorphose a été plus rapide encore et plus complète que celle du juif. Ces filles de Juda, naguère reléguées par le scha més de la Synagogue, comme des nonnes, derrière les noirs treillages de galeries grillées, ont montré, presque partout, à un plus haut degré que leurs maris, la faculté maîtresse d’Israël, le don d’assimilation, l’appliquant à tout, à nos mœurs, à nos idées, à nos arts, à nos modes, à notre vie mondaine. Chez elles, la flexibilité juive se doublait de la souplesse féminine. Au rebours des autres races et des autres cultes, où la femme apparaît comme la jalouse gardienne des traditions et des croyances, la juive, en Allemagne surtout, a ouvert la porte aux nouveautés du dehors. On dirait que le judaïsme, religion mâle, avant tout soucieuse de l’homme, a moins de prise sur le cœur de la femme que sur le cerveau de l’homme. La juive n’était pas, d’habitude, admise à l’étude de la Loi ; partant ses mains n’étaient point garrottées dans les nœuds du Talmud ; elle en a profité pour aider son époux ou ses frères â se défaire de leurs liens.
Non contente d’aider à l’affranchissement de sa race, la juive d’Allemagne a osé travailler à L affranchissement de son sexe. Elle a eu le tort de montrer des goûts et des talents que ne se permettait pas la ménagère allemande. C’est d’elle aussi, c’est d’Henriette de Lemos, entre autres, d’Henriette Herz, l’amie du théologien Schleier-
mâcher, c’est de Rahel Varnhagen von Ense que Berlin apprit ce qu’était un salon, — importation française qui n’a pu s’acclimater aux bords de la Sprée. Je ne vois pas, pour cela, que l’exemple des juives ait corrompu l’honnête Allemagne. Elle a pu s’effaroucher des fantaisies romanesques de Fanny Lewald ; mais les hardiesses de la libre penseuse juive ont été dépassées par Marlitt, Yauthoress à la mode en Allemagne.
Revenons aux hommes, prenons les écrivains issus d’Israël qui se sont fait un nom. L’Allemagne a-t-elle oublié que le premier juif qui ait écrit en allemand, un juif encore imbu de l’esprit de la Synagogue, Moïse Mende! ssohn, osait, en plein xvme siècle, refaire le Phédon ? Combien de chrétiens auraient alors eu le même courage? Si l’esprit sceptique a prévalu chez nombre de ses congénères, c’est qu’ils se sont détachés de la tradition d’Israël ; c’est que, malgré les vieux rabbins, ils ont ouvert les livres profanes et goûté aux fruits de l’arbre de la science allemande. Tout comme les juifs de Russie, c’est à l’université, à Y Alma mater chrétienne, fondée par l’Église ou par l’État, que les juifs d’Allemagne ou d’Autriche ont pris leurs tendances radicales. Ainsi Auerbach, le fils du rabbin de Souabe; sans Tubingue et sans Strauss, il n’eût sans doute jamais traduit Spinoza. Cela ne l’a pas empêché de devenir le peintre le plus fidèle de la vie rustique de l’Allemagne. Que nos paysans de France n’ont-ils eu leur Auerbach! Je ne crois pas que l’Allemagne compte
beaucoup d’écrivains plus Allemands et plus sains. Je n’en dirais peut-être pas autant de Paul Heyse (un juif demi-sang); tout en admirant l’art de ses nouvelles et le brillant de sa poésie, on peut ne pas goûter les romans à thèses et le sensualisme païen de Heyse. Mais depuis Goethe, retour d’Italie, depuis Goethe qui a tout compris, sauf peut-être la foi chrétienne, le paganisme avait plus d’une fois été importé au nord des Alpes.
Quant à la littérature à tendances, si en Allemagne, en Autriche, en France même, tant de fils d’Israël ont eu une prédilection pour les nouveautés politiques et les thèses révolutionnaires, c’est que, de même que les juifs russes emportés dans le torrent nihiliste, ils sont poussés vers l’extrême démocratie et vers les doctrines de révolte par le souvenir de leur longue oppression, par l’intolérance des lois ou des mœurs, par le besoin, en un mot, de préparer ou de consolider leur émancipation, encore aujourd’hui si souvent remise en cause.
A l’est comme à l’ouest du Rhin, la plupart des juifs qui ont fait de leur plume une arme de guerre ont été enrôlés par les partis de leur pays et entraînés par l’esprit de leur temps1. 11 s’en faut du reste que tous les juifs d’Allemagne ou d’Autriche- Hongrie aient été des apôtres de la Révolution. Voici, en des genres divers, des hommes de talents iné-
1. Karl Beck et Moritz Hartmann, deux poètes juifs autrichiens, à tendances démocratiques, se rattachent ainsi au mouvement libéral allemand de 1840 à 1848.
gaux: le poète Beer, frère de Meyerbeer, les peintres du ghetto, Bernstein et Kompert, le savant Ebers, le romancier égyptologue, le conteur Franzos, je ne vois pas qu’ils aient beaucoup troublé la paisible pensée allemande. Si la littérature de nos voisins n’a plus la limpidité d’azur des eaux du Rhin au sortir du lac, la faute n’en est pas au Sémite. Et si la foi chrétienne et la culture chrétienne demeurent encore chères au cœur des Allemands, il nous faut bien leur rappeler qu’il y a eu, au xixe siècle, deux dissolvants autrement énergiques que l’esprit juif; — l’un a ôté l’exégèse allemande, l’autre la métaphysique allemande.
« Mon ami, me disait un des hommes qui se sont donné pour tâche le relèvement moral de la France, il y a une chose contre les juifs : ils abaissent notre idéal national. » A la bonne heure ! voilà un grief digne de nous. Je ne nierai pas qu’il ne semble parfois fondé. Il y a, dans le monde, une diminution de l’idéal ; ou, pour ne pas être trop sévère envers notre temps, il y a une altération, une déformation de l’idéal. En avonsnous encore un, nous le plaçons moins haut ; — nous le plaçons si bas parfois qu’on n’ose plus l’appeler de pareil nom. Bien des choses y contribuent, en dehors
du juif: la démocratie, éprise par-dessus tout du progrès matériel, l’affaiblissement de la fo religieuse et de toute foi, le génie utilitaire de notre civilisation industrielle, le goût du bien-être, le culte de l’argent, le respect du succès, l’indifférence aux moyens. Ici encore, au lieu de croire que nos sociétés se judaïsent, je répéterais plutôt qu’elles s’américanisent.
L’idéal est en baisse, tel est le fait; si le juif y contribue, c’est par son abaissement séculaire, et, cet abaissement, nous savons d’où il provient. Que de soins nous avions pris pour l’avilir, pour lui courber le front vers la boue, et vers l’argent! A parler franc, beaucoup d’entre nous l’aiment mieux ainsi ; plus il est bas, plus il nous semble à sa place ; lorsqu’il ose lever la tête et porter la main sur les choses nobles, nous sommes tentés de crier à l’insolent. Peut-on dire pour cela que, si l’idéal décline, la faute en est au juif? Prenons un exemple au dehors; — on voit plus clair chez les autres, parce que notre œil est toujours partial envers nous-même ; — prenons l’Allemagne qui se vantait d’être la terre de l’idéal. Le juif, crie le teutomane, est en train d’étouffer l’idéalisme natif de la vieille Allemagne; « le juif menace de corrompre le caractère allemand, la moralité allemande, la fidélité allemande, la pureté allemande, la probité allemande L »
1. Ainsi s’exprimait l’Assemblée des antisémites, à Berlin, le 15 juillet 1887; et tel est, en Allemagne, le langage habituel d’une certaine presse.
32G LES JUIFS et l’antisémitisme.
Cela nous paraît, à nous autres Welches, quelque peu ridicule : il faut que toutes ces vertus germaniques soient bien peu ancrées au cœur des Allemands pour qu’elles en puissent être arrachées par une poignée de Sémites. Et cependant n’est-il pas des Français qui en disent autant de la France et de l’âme française? ou ce qui nous fait sourire, chez nos voisins, nous semble-t-il plus sérieux chez nous? — A l’idéalisme suranné du Souabe ou du Saxon a succédé, dans l’Allemagne unifiée, le réalisme cynique du Prussien de la Marche. Tel est le fait. Qui vous en semble responsable?. Est-ce bien le juif, comme le veulent les teutomanes ? Est-ce la brutalité prussienne, la bureaucratie berlinoise, le militarisme des Hohenzollern ? Est-ce les leçons de violence et de fraude de ce Pomêranien de Bismarck et l’érection de la force endroit? — Germanique ou romaine, voilà une idée, en tout cas, qui ne vient pas de Jacob. Toute son histoire proteste contre elle.
Pour me prouver que le Sémite est incapable d’idéalisme, on me cite le Chaldéen, le Phénicien, le Carthaginois, l’Arabe. Qu’importe toute cette ethnographie, alors que, depuis deux mille ans, nos âmes vivent de l’idéal apporté par les fils deluda? De quelque main divine qu’elle ait plu sur ses tentes, nous avons été nourris de la manne transmise par les Beni-Israël. Les prophètes d’Éphraïm et les apôtres de Galilée ont été, dans le monde, les hérauts de l’idéalisme. La soif d’idéal qui travaille les nations chrétiennes, c’est d’eux
qu’elle nous vient. Ouvrez leur livre, leur Bible , elle a été, pour des peuples entiers, la source éternellement fraîche où ils ont puisé force et noblesse. Par elle, des nations aryennes se sont lentement imbues de l’esprit sémitique, et leur âme en a été relevée et leur cœur fortifié. Si le juif moderne nous semble dépourvu d’idéal, la faute n’en est ni à sa race, ni à sa tradition. La faute en est à ses souffrances. Il a été artificiellement déformé par les siècles. Du peuple qui avait prêché au monde le royaume de Dieu, l’intolérance a fait la race la plus positive, la plus terre à terre, si vous voulez. L’histoire a de ces tristes métamorphoses.
Il n’est pas vrai toujours que la souffrance épure et que la persécution ennoblisse. Le juif en est la preuve. 11 a tout sacrifié à sa foi et à sa nation. Il a été idéaliste à sa manière, car s’il n’eût cherché que le repos et la richesse, il y a beau jour qu’il eût cessé d’être juif. Comme Heine, il se fût dit que le judaïsme était moins une religion qu’un malheur. En ce sens, son existence prouve qu’il n’est pas vrai qu’il ait mis tout son cœur dans son or. Où trouver une race plus fidèle à sa tradition, à sa loi, à son Dieu, c’est-à-dire, en somme, à son idéal? Quelle histoire! Ses poètes l’ont appelée la passion d’un peuple1 ; passion combien longue et douloureuse, de Nabuchodonosor à Antiochus, d’Adrien à Torquemada !
1 . Ainsi David Levi, Il profeta o la passione di un popolo (Turin, 1884).
328 LES JUIFS ET l’antisémitisme.
Le juif a été le prosaïque héros d’un drame de deux mille ans, héros de tournure peu héroïque, sans souci de le paraître, se rapetissant, s’aplatissant, faisant au besoin le mort pour échapper à ses ennemis, sauf à braver le bûcher au pied de l’échafaud. Longtemps il a réduit son idéal et borné son honneur à demeurer juif, ayant renoncé au reste, comme à un luxe superflu. Toutes les générosités de son âme, tout son enthousiasme, il les a dépensés pour cela, si bien qu’il n’en avait plus pour autre chose. Et ainsi, à force de se replier sur lui-même, il s’est comme racorni. En dehors de sa loi, il n’a plus vu dans la vie qu’une affaire. — Mais celte façon de concevoir la vie n’est-elle pas celle des neuf dixièmes des chrétiens ? Pour moi, je n’y découvre rien de sémite. Cela est bien anglais et bien américain. Cela même est devenu français, devenu allemand ; et ce n’est pas du juif que nous l’avons appris. Allemands ou Français, si nous avions le cœur plus haut, si notre jeunesse était moins pressée de jouir et nos vieillards moins jaloux des biens de ce monde, si nos âmes avaient en elles un peu de l’esprit qui a soufflé sur nous des montagnes de Palestine, nous n’aurions guère à nous inquiéter des exemples du juif. Nous n’aurions qu’à le laisser à son comptoir, ou à le renvoyer à ses rabbins.
Mais où est notre idéal ? 11 est écrit : le cœur de l’homme est là où est son trésor? Où est notre trésor? N’est-ce pas dans les coffres du banquier juif? Et là est notre cœur, tout comme le cœur du Sémite. Le mal
est que nous n’avons plus ni foi, ni enthousiasme; nous ne savons trop que croire, ni de quel idéal nous éprendre. Pareil à un quinquagénaire revenu de tout, notre monde moderne ne croit plus qu’à la richesse. Et cette foi au dieu dollar, ni l’Europe, ni l’Amérique, n’ont eu besoin qu’elle leur fût prêchée par des apôtres de Judée.
Disons-nous vrai cependant, le juif ne conçoit-il la vie que comme une opération de Bourse ? Laissons le courtier, le banquier, l’homme d’argent; juif ou chrétien, ce n’est pas sa vocation detrc un professeur d’idéalisme. Prenons la plus haute expression de la vie, l’art, la poésie, la science. Est-ce que le juif, aux lèvres sardoniques, a partout craché son ironie sur la pâle fleur d’idéal qui va se flétrissant dans la lourde atmosphère du mercantilisme? Cette race charnelle, « cette race sensuelle, comme toutes les races orientales », a-t-elle vraiment abaissé l’art et avili les lettres?
Rachel, par exemple, a-t-elle ravalé le théâtre français, dégradé les Romaines de Corneille et les Grecques de Racine? Les inspirations de Beethoven ont-elles perdu de leur grandeur en passant par les doigts de Rubinstein, ou par l’archet de Joachim? S’il y a une musique malsaine, voluptueuse, énervante, est-ce celle de Meyerbeer ou celle de Mendelssohn? Et tiendrons nous le Prophète ou la Ré formation-Symphonie pour des compositions corruptrices, vides de tout idéal? Voici Antokolsky, le sculpteur russe, l’auteur du Spinoza ,
du Nestor, de la Martyre chrétienne ; c’est un idéaliste, un sculpteur d’idées, comme dit M. de Vogüé ; s’il pcche, c’est par là; il veut trop spiritualiser la chair et les muscles, il veut faire entrer trop d’âme dans ses corps de marbre. On a dit que le juif avait pris, du Talmud, une idée grossière de la femme et de l’amour. 11 me semble, quant à moi, que, à travers tous ses sarcasmes, peu de poètes ont autant poétisé l’amour et idéalisé la femme que ce grand railleur de Heine. Chez lui, comme chez les âmes ardentes, saisies en pleine éruption de la jeunesse par le froid de la réalité, je crois sentir une sorte d’idéalisme rentré.
Serait-ce dans la philosophie que le juif s’est montré incapable d’idéal ? Mais que faites- vous de Spinoza ? Si peu de goût qu’on ait pour les théorèmes de l’Éthique, comment classer ce contemplatif de l’absolu dans le vil troupeau des matérialistes au front penché vers la terre? Son œil regarde en haut. Son panthéisme, au lieu de partir de la matière, part de la pensée, pour aboutir à l’absorption de la nature et de toute chose en Dieu. N’est-ce pas Spinoza qui enseignait l’amour intellectuel de Dieu, amor Dei intelleclualis ? Et sa morale ne se résume-t-elle pas dans l’identification de la vertu et de la béatitude? Voilà une recette du bonheur que Sémites et Aryens feraient bien de retenir; s’ils en font peu de cas, ce n’est pas qu’elle leur semble trop épicurienne.
Laissons les œuvres des juifs pour voir de quelle
façon l’art et la poésie ont représenté le juif. Je me suis amusé à le suivre dans la fiction, aussi bien que dans l’iiistoire. Est-il vrai que, depuis Ahasvérus, de fabuleuse mémoire, poètes ou romanciers n’aient connu qu’un juif, le juif classique, le youtre rampant, fourbe, rapace, honni, dès avant Shylock, sur toutes les scènes populaires. « Au théâtre, le juif doit être odieux, » remarquait un écrivain dramatique d’origine israélite1. M. Alexandre Dumas avait déjà dit : « Il est reconnu qu’un juif, au théâtre, doit toujours être un grotesque2. » Il est devenu, en effet, une sorte de fantoche, analogue aux masques italiens, et, tout comme Arlequin ou Pulcinella, tenu toujours au même rôle. En revanche, si le juif doit être repoussant, la juive, sur la scène, a d’ordinaire toutes les grâces et les séductions. Les pauvres Aryens s’y laissent toujours prendre : de l’Esther d’Assuérus à l’Esterka polonaise de Casimir le Grand, ainsi le veut la tradition ou la légende. Heureux Israël ! De tout temps, le salut lui est venu par la femme. Prend-on le roman, la juive, ange de pureté ou courtisane, garde sa beauté fascinatrice; le juif cesse d’être un type de convention. Avec le Nucingen de Balzac, ou le Samuel Brohl de Cherbuliez, il redevient un être vivant ; chose inattendue, il se transforme souvent en personnage idéal.
1. M. Abraham Dreyfus, le Juif au théâtre , conférence pour la Société des études juives, 1888.