Geschichte der Juden , t. XI, p. 406 et suivantes
S’il y a quelque chose de constant dans sa tradition, c’est l’amour de la paix, la glorification de la paix. Ici encore le judaïsme est d’accord avec le christianisme, parce qu’ils ont tous deux même fondement.
Comment oublier qu’il a ses racines dans l’hébraïsme, le grand dogme de la fraternité humaine, apporté au monde par les apôtres de Galilée, ce dogme judéo-chrétien, auquel tant de modernes prétendent réduire toute religion et toute morale? Ces Juifs, taxés d’un incurable esprit de tribu, ont proclamé, les premiers, que les hommes étaient frères, descendant du môme Adam, de la même Ève. — Pourquoi, demande le Talmud, n’y a-t-il eu d’abord qu’un seul Adam ? C’est afin que les hommes eussent tous le môme père, et qu’une nation ne pût dire à l’autre : Nos ancêtres étaient plus riches ou plus grands que les tiens. — Tous les hommes sont frères, toutes les nations sont sœurs ; « toutes, dit le Seigneur à
Abraham, seront bénies en toi » Et cette fraternité humaine que ses livres plaçaient au berceau du genre humain, les voyants de Juda l’ont projetée sur l’avenir.
Au temps où l’Assyrien mitré écrasait les peuples sous la roue de ses chars de guerre, le Juif captif osait annoncer qu’un jour viendrait où la concorde et la paix régneraient à jamais parmi les nations. La fraternité primitive doit être rétablie à la fin des temps. On en connaît les emblèmes prophétiques ; ce sont ceux de l’Éden :