‹ ItalieChapitre 11 sur 31 · ST · texte numérisé non relu

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armée italienne conserva ^n caracbre de dignité, de résignation et de atté qui nDérite une sincère admiraion , quoique les hommes qui la compo- BÎent, arrachés naguère aux loisirs de amour et aux habitudes des plaisirs du héâtre , ne fussent pas ces vétérans de os brigades , familiarisés avec la doueur, la faim, les maladies et les dangers.

L'Italie attendait en silence que ia Ltte fût décidée. On prononçait loin 'elle sur ses destinées. Elle ne se reusait à aucun sacrifice; mats tout pour lie ne reposait que sur la vie et Tétoile "un seul homme. Cet homme avait té immense, comblé des faveurs de a fortune et de la gloire. Les ambitions inversées, les droits anciens méprisés, es espérances déçues , les sentiments 'eligieux offensés, et, il faut le dire, »t auxiliaire éternel et infaillible de oute révolution, c'est-à-dire cet amour mplacablede la nouveauté, qui conspre e lendemain même du succès a*un )arti , et qui ensuite ne dort jamais ; snfin- , les esprits agités j;)ar tant de dr- M>nstances diverses, étaient prêts à pro- Herdes revers. LaPéninsule ne recevait l'existence (^ue du roi (PltaUe; il sem- Mait avoir dit : « Avec moi , tout vivra, «tant que je le permettrai ; sans moi, K tout doit mourir. » En effet, il surv^int de nouveaux désastres; ils furent réparés par le génie qui veillait, encore plein de vigueur, à ia conservation de son ouvrage. Les désastres se renouvelèrent : des défections , faciles à prévoir , affaiblirent ses bataillons. Quand 3n a forcé une nationalité vrvante à passer sous le joug, il ne faut pas s'étonner, de voir cette nationalité, dans les occasions favorables , retourner à son origine , à ses préjugés , à sein intérêts. L'Allemagne tout entière est reconquise , et déjà une partie de la France est envahie. Le lieutenant de (Napoléon , qu'il avait appelé souverain du royaume de Naples, ae ce royaume quMl avait oublié, suivant ses premiers projets, de réunir à Fempire, devient rallié des ennemis. Tous les ports d'Italie sont bloqués. On prépare une descente près d'Anoône (voy.;)/.a3) (*).

C^ li» plaDcfae 93 veprétente FaBcicn tic

Cependant le prince vice-roi^ adopta par Tfapoléon , occupait encore le noi»» 'veau royaume au nom de son père.

Il commandait une armée aguerrie

Î[ui gardait sa foi et ses rangs; mats a tempête a mugi plus loin avec toute sa fureur : le colosse est tombeau milieu du fracas des armes de TEurope acharnée à sa poursuite.

Quel spectacle offrait alors PItalie!

Son roi était rélégué dans une petite

' île voisine du littoral de la Péninsule.

Ce monarmie avait assurément trans-

Slanté au-delà des Alpes quelques instiitions sages que le caractère docile da peuple avait adoptées, et que son esprit d'intelligence et de sagacité avait applaudies : mais le génie itcUien , ea beaucoup de circonstances, n'était -il -pas blessé et insulté? Les parties détachées des précédente» administrations gouvernementales , étaient comme restées debout dans l'attente du retour de l'onire ancien. Excepté à IVlilan, où la populace commit un assassinat ignoble sur la personne d'un des ministres » partout les choses se réordonnèrent , sans violence , presque telles qu'elles étaient auparavant. De toutes les cachettes de l'Europe sortirent les sou« verains dépossédés , ou leurs héritiers*

de Trajao, qu^on- admire sur le port d*Anr6iie; C($t ait;, en marbre blanc, exposé à la furie des vents, a résisté jusqu^iri par deux causes oue le savant abbé Antoine Léoni expliq[ae oans son histoire de cette viHe, oiiyrage dédié à Charles X en 1 83a. La première cause est la «olidité desmanes oompoiaiit le mommieilt» dicf-dVnavre d-^ApoUodore;- ailes sont unies ensemble par la juxtaposition , sans chanx. ni «aMe , et semblent ne former qu'on setil morœaïUaitlé comme unarc : la seconde cauae est le soin qu'avaient pris les anciens Anconitaiof de eonsiniire près de Tare nne lour qui l'abritait du côté oe la mer. Cette tour fut démiite par le colmiel Jean-Baptiste Borghèsef ■ea -f53a. Lorsqu'on Ta abattue , on ti trouvé dans les fondations mie jatnbe «du cheval de bronse sur knfntl b statue da TVajan ^tait placée 'au-dessus de l'arc On voit cei reste précieux dans la grande salle du palais de la Commune. M.Alberlini,-!»bitantde la ville,- possède un doigt de la BMÎa droite de la statue de TempeNurr

L'UNIVERS

Napoléon lui-même, comme subjugué par la nécessité, ou plutôt pour se venger de Joachim, qui occupait Rome^ venait de rendre Tétat de l'église à son légitime possesseur, Pie VII. De toutes parts, les événements marchaient à une restauration : Ferdinand IV n'avait au*un an à attendre pour rentrer à Naples ; le grand-duc de Toscane , réfugié à Wurtzbourg, quittait les rives du Mein, si souvent glacé, pour les rives presque toujours fleuries de TArno. Ce prince était demandé courageusement à Arezzo, qui s'était montré fidèle à son souverain , au point de s'exposer aux plus terribles violences de la euerre (voy. j>L 94) (•). L'Autricne s'avançait vers Milan, après avoir placé une garnison dans Venise, évacuée par les Français, et qui ne devait plus recouvrer son indépendance.

Le duc d'Aoste, devenu depuis longtemps roi de Sardaigne, par i abdication de son frère, était unanimement rappelé à Turin , et déjà même il ambitionnait Gènes , à qui l'Angleterre avait donné une parole, dont elle ne s'est pas souvenue, Gènes qui, pas plus que Venise, ne devait recouvrer son pouvoir aristocratique. Parme n'était pas rendue à l'Espagne : on se proposait de donner cette principauté a Tepouse de Napoléon, sauf la réversibilité a la branche d'Espagne, privée de son héritage, et qui, en attendant, posséderait Liicques, réversible à son tour à la Toscane, après la mortdeTimpératrice. Lucqjues était la troisième république sacrifiée à l'horreur gu'inspirait cette dénomination politique. Saint-Marin, toujours sage, réorganisait son établissement de VJrringoC),l\ n'y avait pas jusqu'à Monaco, dont un secrétaire anglais, arrivé

(*} On voit, planche 94, hi place d^Arezzo, paUie de Mécène, de Pétrarque, de Michel-Ange, né à Caprèse, dans les environs. Ce grand homme disait i Yasari : « George, si j'ai quelque chose de bon dans Fesfirit, oda est venu de ce que je sub né dans air si pur de votre pays d'Arezzo. »

(**)jre n'oubUeraî jamais que j*ai Thonneur d'écre inscrit, par ordre des capiudnes de la république, sur le livre d'or des patriciens de Saint-Marin.

en calèdie de poste, ne reprit possessif pour le rendre au duc de ValeDtinoh Mais que devient l'année franr j*^ au milieu de tant de recoosposîtlcv si . subites ? cette armée si couragrus si forte., si respectable, qai n*av:

pas été vaincue, qui, seule, poG^^ recommencer la guerre! Napol^ -; pour n*avoir pas voulu perdre qtques fragments d'autorité à Ghitii! - 5lapoléon qui avait osé risquer sur :

seul coup ae dé toutes les portioBS ^ l'Europe qu'il possédait , avait p^r:

bien plus que l'Italie, puiscpi'il rt éloigné de la France. Les princes , ty res de l'ancien souverain si abooun. blement condamné, reparaissaient. L nation , reconnaissant la voix de t Français , ne leur disputait pas lepr voir. Le commandant en dierde ran. d'Italie licencia les régiments italie "* et ordonna la retraite de nosguemn sur la France. Cette retraite ne un i certainement celle de Pavie, soos '. < ordres du traître d'Alençon ; \ -^ pag. 243 ). Ce ne fut pas non ptos i fuite, victorieuse si l'on veut, dédales VIII, disant : « Ne vous ck^sk France nous recevra v{\oy. pag. 22^ ce fut, en quelque sorte, le retour p? sible des Pépin , des Charlemagoe v* \ pag. 64, 65 et 66). Ce fiit très-<%Ttl.nement une marche non interrompor non contestée , comme celle des >.

dats de Catinat , sous Louis xr\\ s. ^ tant de l'Italie à leur aise^ pourétn dirigés sur un autre point , par léser dres du mattre. L'armée jette un ôet nier regard sur l'arc du Simplon trdécore une des entrées de Milan ( tipi. 95) (*); elle revoit Ivrée, où xfi avait rédigé les plans qui devaient^ qu> torze ans auparavant, assurer en ii seul jour la possession de Tltai:

L'armée traverse le mont Ceo!> adresse ses derniers adieux à cet hv«

(*) « La porte du Simplon, dit M. \aAer sera achevée dans dix ans, et aux frat^ a la ville. La statue de la Paix remplacera n i.^ de Tempereur Napoléon. Plusieurs des «iii dievaux de brome qui oraeroiit ce moi»nient sont terminés, et honorenmt sinzale daeau ilaUeiL • (Voy.^. 9»/

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pice où tant de soldats, allant rejoindre leurs drapeaux, ont trouvé un accueil si bienveillant; une autre partie de Tarmée s'engage dans les détours du Simplon ; elle franchit la montagne qui conduit au pont du Gondo (voy. pi. 96) (*); elle en-

(*) La planche 96 représente la partie de la route du Simplon, appelée le pont du Gondo. Cette nouvelle routfrtur Te Simplon est un des plus gigantesques monuments de la politique de Napoléon. Jetée avec tant d*ari et oe magnificence sur les gouffres des Alpes, elle joint en quelque sorte, par les liens les plus solides, Tltalie et la Suisse. Commencée en xSoi, et achevée en 1807, aux frais des gouvernements de France et d'Iialie , elle coûta 18 millions de francs: elle est large de a 5 pieds, et n'a généralement de penle , dans beaucoup de ses parties, que deux pouces et demi par brasse. Ou côté du nord , le travail a été exécuté par des ingénieurs français, et du côté du midi par des ingénieurs italiens. Ces derniers eurent à combattre les plus grandes difficultés, parce qu'il fallait presque toujours travailler dans les rochers les plus durs, tandis que le côté du nord est principalement composé d'une espèce de roche schisteuse; enCn cette voie avec ses ponts et ses nombreuses galeries creusées dans le granit (celle dont on voit ici rentrée aai5 pimls de long), est un des ouvrages les plus étonnants qui aient été jamais exécutés, et abstraction faite de la nature extraordinaire du magnifique pays qu'elle parcourt , elle est digne d'exciter au plus haut degré la curiosité du voyageur.

Il se passa au Simplon un fait si extraordinaire, qu'il mérite d'être cité. Pendant la marche de l'armée de réserve, commandée par Bonaparte, premier consul, à travers le grand Saiut - Bernard , mille hommes de troupes françaises et suisses furent envoyés par le Simplon, le 27 mai x8oo, sous les ordres du général Béthencourt, pour s'assurer le passaee d'I selle et de Oomo d'Ossola. Des chutes oe neiges et des masses de rochers avaient brisé un pont, et la route, dans un espace de 7a,pieds, était interrompue par un abime effroyable. Un soldat audacieux se proposa volontairement pour faire le périlleux essai que nous allons décrire. Plaçant %cs pieds sur chacun des trous pratiqués dans le roc perpendiculaire, pour recevoir la charpente du pont, et s'avan trou en trou, ne se soutenant r

tre dans la vaste plerie qui traverse des couches si épaisses de granit, forcées, parrindustriedes hommes, d*ouvrir un passage facile. Sur la route, les guerriers français saluent Tinscription suivante, œre ItcUo , qui prouve que la générosité italienne n a pas laisse Tétranger seul opérer de tels miracles.

Nous avons honoré cette marche gloriease; rentrons en Italie, où, quoi qu*on en dise , les fêtes se succédaient st^r tous les points. Il avait été sans doute indiscret de prétendre dicter à cette ingénieuse contrée, de nouveaux modes d'administration : existait -il un pays oii Ton se fût plus exercé à rechercher les meilleurs systèmes de gouvernement.' toutes les formes avaient été essajrées. Si on a lu attentivement ce travail qui est arrivé à son terme, on a vu les efforts que tant de talents divers, tant de peuseivs profonds avaient tentés pour connaî-

sur quelques parties saillantes, il gagna heureusement le côté opposé.Une corde qu'il avait prise avec lui fut alors appliquée à hauteur d'homme contre le rocher, et l'on donna à cette corde une tension aussi solide qu'on put l'ubteuir Le général Bélhencouri fut le premier qui , tenant cette corde , se hasarda à suivre l'exemple du soldat, et traversa la brèche. Il fut suivi de tous ses hommes, embarrassés, comme ils l'étaient, de leurs sacs, auxquels ils avaient attaché leurs fusils. Le souvenir de cette héroïque entreprise , et les noms du soldat audacieux , du général, des officiers et des soldats qui y prirent part , sont^ gravés sur le roc.

Il y avait cinq* chiens avec le bataillon. Quand le dernier homme eut traversé le passage , tous ces animaux restaient sur le bord , les oreilles dressées, la tête en avant. Les soldais s'engageaient dans les sinuosités de la montagne ; il n'en restait plus qu'un petit nombre. Un d'eux ayant étendu la main, comme en signe de douleur et d'adieu, les fidèles animaux prirent ce mouvement pour un appel , et plongèrent à la fois dans l'abîme. Trois d'entre eux furent immédiatement entraînés tout sanglants par l'impétuosité de la cataracte; mais les deux autres furent assez vigoureux pour lutter contre le torrent, et pour gravir le rocher de l'autre côté, où,

^letanis et épuisés, ils parvinrent à se ^r aux pieds de leurs maîtres.

LÎUWIVEÎIS.

\tre silepouToirdevaitapparteiiîrà une <siasse de la société, plus qu*à une autre; si plusieurs classes pouvaient être appelées à le partager ; si sous la main a*un seul , les renés de l*état n'étaient pas tenues avec plus de fermeté; s'il n'y avait pas de graves inconvénients a n'obéir qu'à des autorités temporaires recevant de loin et de par-delà les mers, une direction et une Tolonté; si, enfin (je vais classer id les opinions suivant la tendance qu'elles suivent toujours), si enfin il convenait de s'uttacher à un gouvernement démocratique , ou bourgeois, ou aristocratique, ou vice-royaly ou monarchique. Personne n'avait pensé à l'autorité du bas peuple seul, car cette classe d'hommes ne sait pas gouverner plus de quelques jours. Les Siennois ayant essayé de confier leurs destinées à des bourgeois, ces bourgeois ne tardèrent pas à devenir de^ aris* tocrates sans le prestige de la naissance. De là des divisions que l'autorité monarchique avait réduites au silence. Les Florentins , épuisant tous les modes de calculs, comme dans une partie d'échecs, s'étaient ingéniés pour demander des chefs au haxard, en ordonnaut que tous les citoyens seraient imborsati (voy. pa^;. Î69); ils avaient demandé des* maîtres au roi Robert (voy. pag. 116), à des princes français ) à des papes, à des ramilles puissantes : le gonfalonier Capponi, dans un sentiment exagéré d'enthousiasme guelfe, faisait proclamer Jésus- Christ roi perpétuel ( vov. pag. 251 ) ; mais même du temps de Vimborsatnenlo, il restait toujours dans un coin des f)ors€ un sédiment monarchique qui finit par consolider les Médicis.

On. ne peut nier que dans le bon^ état (voy. pag. 1 25) il n'y ait eu quelque intention d'une organisation fédérale pareille à celle qui régit aujourd'hui les ÉtatshUnis, Les répobliciùes elles-mêmes avaient cherché à s agrandir aux dépens des autres réfiobliqnea , pour parvenir à connaître si l'extension devenait une force nouvelle.

Pite , rivale de Gènes, et dominatrice 4ui8 le Levant, avait dû céder aux

armes et à Tor de Florenee, qnî , de sp« plaines sons Fîesole, pensait const»ment à cette conquête, pou r avoir, S ~ seul coup , une dangereuse rivadr *moins et une manne poissante e plus. On sait les tentatives que à^y^ faisait sur elle-même à toutpr.

Elle se donnait, se révoltait, wu*^nait au premier joug , appiebit j.

autre tyran, le changeait, le ir^ nait, abandonnait à une de ses fart^'C la moitié de la ville, acxteptait. :

intervalles , l'autorité du people , « » des corporations, s'humiliait àeML un doge, le chassait, applaudi^-:»', un valet d'auberge : n'a-t-on pas af;«^ Gènes une république de maur^ vie? Au tribunal de l'humanité, cdélicatesse, de l'honneur, il y a .

certainement de graves délits'; cl.à travers cette mauvaise vie y Gr-i'^ cherchait la liberté et le booij^..' bien malheureuse de n>n pas tnn^c le chemin. Le sage Piémont , drf .

qu'il appartenait^ la maison de Sa%''*.f ne déviait pas de la doctrine mooarcliique, la seule qui , là , fut tou/f«^ franche, chaste et hautement ai t^wr Mtlan et Naples, passés de ranvr/j ducale et royale à l'autorité d'un prr.rr espagnol , roi detropde provinces loirtames, mal instruit, mal représente mal servi , avaient cherché à défendre ) ^ intérêts des peuples ; car cequ*on3% j: tenté quelquefois à M ilan , ce que M ock* nielle voulait, un roi respwtant d privilèges bien définis, et à cette coi»^tion respecté lui*méme, n'était pas i-i.' conception si dépourvue de raiMC Quant à Venise, on a vu ses es vitses tourments, sa ténacité, ses />l.

ses TVow , ses Correcteurs . ses sir:

pliœs calculés, le parti queHe tir.' de la sottise de Quelques traîtres, ** de ces généraux qu^elle étranglait de s** propres mains , seulement pour l'exemple; on a vu son patriotisme inquiei.

ses fentes, ses revers, ses mille actes de grandeur romaine , et sa chute. Venise ne remaraua pas qu'en acceptant re«pèoe de liuerté qua lui ofnraieat ks rrancais, liberté d'ailleurs reste^êinte, qu'ils* ne lui donoèteiit d*^'^ ' am pour la reprendre, larép*'^ j*^

venait une sorte de conquête, et qu'elle sortait de la série des souverains, pour devenir portion d'un autre paya, et se trouver éventuellemeat , s*ilsurveiuiit des désastres pour ce pays^ une contrée conquise sans droits actuels, et à qui on pourrait dire avec raison de inarchejT en ligne avec les provinces héréditaires. Il y a des Vénitiens gui assurent que, SI Taristocratie se fut défendue même peu de temps à Venise, elle eût repris sa puissance après le cours de la tempête , et qu'elle l'aurait encore aujourd'hui. L'historien qui peut concevoir pourquoi Gènes a péri , ne conçoit pas si facilement la catastrophe de Venise. Ëniin, nous rappellerons les commencements de l'indépendance du saint-siége, ses bienfaits envers Venise, Naples, et on peut dire presoue toute l'Italie : je ne parlerai pas ae ce qu'on a appelé la fuite peu honorable à Avignon; car on a pu se convaincre que le séjour en Provence fut le résultat d'une combinaison im* prévue, et du fatal compromis convenu ?ntre les partisans du cardinal G aétani^ Guelfes, et les partisans de Napoléon [)rsiui , Gibelins. Si le bassin d'argent rempli de figues fleurs (voy.pag. 113) îflraya des jx>ntifes, et leur nt oublier es devoirs au papal ammanto , ce fut 11 j pape français , Clément V , qui , le >remier, commit la faute et manqua de rourage ( heureusement ce fut un aure pape français, Urbain V, qui la épara ). Les pontifes , établis à Rome, le troublèrent aucune des puissances le ritalie qui chercliaient à perfection^» ler leur gouvernement. Les légations t surtout Bologne ne surent qu'il fal*» jit paver des impotsconsidéraolesque orsqu^edes firent partie de la Cisalpine. A insi, aucune nation plus que la nation talienne n'avait étudié l'art du gouernement;étaitrce à cette nation qu'il Li I la it apprend rece qui lui convenait? Le cve d'une autorité une et absolue dut 'évanouir. Peut-être un tel événement le pourrai -il se consolider que pour iiieux assujétir la Péninsule à une auto* ité tout allemande ou toute française; :t n'en dMttlMjpescompatriotesque

n'entends pas offenser, un tel événement ne servirait <]ii'à établir une succession de vicè-rois, semblable à celle qu'entretenait l'Espagne à Milan et'à Naples. Dans cette hypothèse, lei»

arts languissent, les utiles concurrences dC' voisinage se brisent , la pn^ reté du langage s'altère, les mot»

nouveaux alDuent avec les lois nonvelles, et la nationalité tant désirée ne s'obtient pas, quoique l'on paraisse approcher du but. Je m'arrête à l'époque de 1615; chacun alors, excepté a Venise , à Luoques et à Gênes , cna^ cun a repris sa place et son droit. Les circonstances gui se sont succédé depuis, u'ont rien de défini; elles ne (>euvent pas s'adaptera un ordre où on es examme sous tous leurs rapports et dans leur ensemble. L'empereur François , qui régnait encore au comment cément de cette année, était né en Italie; il connaissait le génie, les ta* lents , les besoins des Italiens : partout les temps sont durs, voilà pourquor ils le sont aussi quelque part en Ita** ' lie. Espérons que le nouvel empereur, que nous connaissons humain, sensi*»

ble et généreux , comme il en a mani* festé le vœu, se fera chérir à Milan et à Venise. Ce qui est d'ailleurs certain , c'est que l'Italie a conservé avec joie et parla permission expresse des gouvennements rétablis, plusieurs règlements utiles fondés lors de roccu|)ation fran*" çaise; ilest certain que legéniedes sciences et des découvertes, qui caractérise la Péninsule, ne s'est pas ralenti. Son mouvement littéraire, comprimé^ il faut l'avouer, sous les Français, a repris quelque essor, et je le dis à la louangedes princes actuels. Malheureusement trop de bannis italiens courent l'Europe.

11 serait peut-être plus prudent de les rappeler. L'exempte de ce sentiment de charité politique apprttent par^ ticulièrement au saint-siége. Un U» esprit ne méritepas un châtiment aussi cruel que Teiil; et il v a de bonse»> prits que la passion, rinjusticc, i*im« patience, onl punis par l'exil. Un mauvais esprit s'irrite et devient plus dangereux loin de la patrie; Chez un

L'UNIVERS

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HISTOIRE ET DESCRIPTION

DE TOUS LES PEUPLES

DE LEURS RELIGIONS, MOEURS, COUTUMES, btc.

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