LATOMIES
C'était source nom gu'étaient désignées d'immenses cavités en forme de tranchées, creusées et taillées à pic dans la roche calcaire , jusou'à la profondeur de 100 à 150 pieos, au sein des collines oui s'élèvent près de la Syracuse moderne et à l'extrémité des principaux quartiers de la ville antique, li n'est pas douteux qu'elles n'aient été de vastes carrières qui concoururent à la construction des monuments, des murs et des habitations d'une ville
nmneiMe 2 m les croît jpoaténeims aux catacombes qui s'enfônœnt smi le sol de l'Achradine , et qui égalent en grandeur celles de i'Itane. Cesca»
taoombes durent être consacrées de bonne heure, suivant l'usage des Ëgn^ tiens, aux sé|Milture8 des atoyens ; ilo» venues sacrées par cette religieuse destination, elles servaient aussi à des initiations à des cérémonies mys»
térieuses. Le génie des anciens, en arrachant aux entrailles de la terre les matériaux que réclamaient le luxe, les arts et les besoins de la pc^ulation, imprimaient une décoration noble, simple et fi*appante, à ces vides souterrains. Les tranchées ouvertes à ciel ouvert n'excitaient pas de si solennelles pensées, et l'ingénieuse cruauté d'tm vainqueur irrité ou d'un tyran soupçonneux destina les latomies de S^acuse , d'abord à la prison des vaincus, bientôt à la punition des criminels, et trop souvent aux besoins de la vengeance et de la haine.
Philoxène, dont les poésies faisaient les délices des Siciliens , excita la jalousie de Denys comme poète et comme amant; il trouva mauvais les vers du tyran, plut à sa maîtresse, et fut envoyé aux . latomies. L'une d'elles a gardé son nom.
Cette destination des latomies se prolongea long-temps. Cicéron reproehe à Verres d'j avoir entasse de nombreuses victimes. Des aau^iucs amenaient l'eau nécessaire aux oesoins des prisonniers. Plusieurs y avaient passé leur vie entière. Élien rapporte que leurs enfants, ayant eu la permission d'en sortir, avaient été dans la stupeur de voir une ville , et s'étaient enfuis avec effroi en rencontrant des dievaux.
Comme les catacombes, ces immenses cavités ont bravé le cours des siècles ; mais elles n'inspirent plus la crainte, ni l'horreur. L^une déciles, dominée oar un couvent de capucins dont die »>rme le singulier jardin , a dû sa transformation au temps et à la longue patience des pieux et paisibles oénoDîtes qui , peudant le eoors des
SlCIifS.
d«s latomiea dut «^aufonenter sous le régne de Denys, en raison des immenses ouvrages de défense dont U ne cessa de fortifier Syracuse.
MURS ET FORTlFICATlOliS DB SYRACUSE.
Les débris de ces grands travaui , leurs bases indestructibles, couvrent encore les collines sur lesquelles $*étendaient les plus beaux quartiers de cette ville puissante. Prêt à rallumer une guerre dangereuse, Oenys , craintif par caractère, guerrier par politique et par nécessité, prévoyant tous les dangers , tous les revers auxquels il s'exposait, voulut que Syracuse lui offrît une retraite assurée, et présen* tdt une barrière insurmontable à des ennemis victorieux. Si son avarice lui avait fait dépouiller les temples et les édifices publics de leurs ornements les plus riches et les plus sacrés, il proaigua ses trésors pour créer , avec une étonnante rapidité , Fenceinte la plus formidable dont les villes de Tantiquité aient offert Pexemple. Soixante mille hommes et trois mille paires de boeufs furent constamment occupés à ces immenses travaux. Outre les murs flanqués de tours d*une force et d'une élévation prodigieuse , des forteresses intérieures, des portes redoutables par leurs défenses, faisaient de chaaue quartier une ville imprenable. C'était surtout aux Épipoles, le point le plus élevé, le moins peuplé t mais le plus iin(K)rtant comme poste militaire, qu*il avait multiplié toutes les ressources de Tarchitecture défensive ; et c'est \k aussi que sont accumulées des ruines dont m masse, l'étendue et la coin* binaison étonnent Timagination. (Voy.
pi, l^,) Des ingénieurs anglais en ont récemment relevé, avec soin, toutes les directions^ et ont reconnu des souterrains qui , passant sous les murs mêmes et se dirigjeant de Tintérieur à l'extérieur, aidaient à des sorties, au moyen de larges soupiraux protégés par les projectiles des murailles.
Des degrés mobiles conduisaient à ces ouvertures , et on les retirait aussitôt ;^près la rentrée des assiégis.
QVfMME COirrKB LES CARTBAaOffJS,
Pourvu des plus grands moyens d'attaaue et de défense, Denys me?
naça nardiment les possessions de^ Carthaf^inois', en leur enjoijpaant d*é« vacuer a l'instant les villes siciliennes, Motyes, leur place d'armes, située sur un llot^ à l'autre extrémité de 1^ Sicile, le vit tout-à-coup paraître de* vaut ses murs, et créer, comme par enchantement, une chaussée qui unit nie à la terre ferme; puis, laissant son frère Leptine continuer le siège par mer, il courut soumettre les au»
Ires villes carthaginoises, qu'il enleva successivement, a Texception de Pa« norme et de Ségeste, trop importantes pour être surprises par un coup de niain. Cependant, Motyes continuait à se défendre ; Denys y retourna avec toutes ses troupes, et parvint à s*en emparer après une attaque désespérée* Les malheureux habitants éprouvèrent les terribles effets de sa colère; il n'é*
Sargna que ceux qui trouvèrent asile ans les temples : tous les autres furent tués ou vendus comme esclaves.
Surpris par la rapidité des événe« ments, les Carthaginois n'étaient pas en mesure de résister à ces vives at* ta(]ues. Une tentative de diversion, faite par mer dans le port même de Syracuse, se réduisit a Tincendie de quelques navires. Enfin , une armée et une flotte nombreuses partirent de Carthage sous les ordres d Imilcon, Leptine l'attajqua en mer, et lui ù$ éprouver un lé^r échec; mais, enfin, les Carthaginois débarquèrent à Pa* norme, et reprirent sur -le -champ Eryx et Motyes. Denys , qui assiégeai Séçeste, allait être cerne, lorsqu'iileva précipitamment le siège et se rqilia sur Syracuse. Avant de l'y suivre, Imilcon ne voulut pas laisser derrière lui Messine, dont la puissance l'in*
Suiétait; il s'efi rendit maître, et la étruisit jusqu'aux fondements. Jamais ruine ne fut plus complète; et cette affreuse rigueur fut, non réfTei de la colère ou le résultat de Tex^ta-
L'UNIVERS
tioo de la victoire, mais un odieux calcul fondé sur le trop grand éloignement de IMessine des possessions carthaginoises.
Cependant Denys s'était avancé vers les gorges du mont Taurus pour oteerver la marche d'Imîlcon; sa flotte suivait le rivage et attendait celle des Carthaginois, qui quitta le port de Messine pour soutenir l'armée de terre, qu'Imucon conduisait droit à Syracuse. Denys avait recommandé à Leptine, son frère, qui commandait la flotte, de ne pas livrer de combat sans avoir réuni toutes ses forces, car il comptait sur le secours des Lacédémoniens. Leptine se crut assez fort pour vaincre sans aucun secours étranger; mais il fut complètement défait, et les Carthaginois cinglèrent aussitôt vers Syracuse. Denys, déconcerté dans ses plans de défense, essuya lui-même un échec, et ne songea plus qu'à regagner sa capitale. Imîlcon le suivait Pépée dans les reins, et la retraite devenait de plus en plus périlleuse, lorsqu'une éruption épouvantable de l'Etna roula ses flots brûlants jusqu'au rivage de la mer et sépara les deux armées.
Imilcon , arrête [tar un torrent de feu, se vit forcé de faire le tour du volcan, ce qui retarda sa marche de plusieurs jours, et donna le temps à Denys de se renfermer dans sa capitale. Déjà la flotte carthaginoise s'était emparée des trois ports ; et les Syracusains voyaient avec effroi les mâts des navires ennemis se confondre avec les toits de leurs maisons. Bientôt Imilcon vint accroître le péril qui les menaçait; il s'empara de t'Achradine , ravagea tous les environs de la ville, se fortifla dans un camp retranché, qu'il aplanit en faisant détruire tous les tombeaux qui se trouvaient sur son emplacement, et entre autres ce vaste monument , flanqué de tours , que la reconnaissance des Syracusains avait élevé à la mémoire de Gélon : luimême établit sa tente dans le temple de Jupiter, au faubourg de Polychna.
Ces profanations excitèrent l'Indignadon et le courage des assiégés; ils
eurent phisieurs succès dans dîvcncs rencontres. En même temps, tnste navires auxiliaires, ooaiinaiidés pr un Lacédémonien , parurent dcvast Syracuse et défirent la flotte cati^ gmoise.
Denys , qui dans sa retraite av. ' dû son salut aux ravages me cau^x l'Etna , eut encore à se fé»dter d'^* fléau non moins terrible. Une aSfre-^x épidémie, qu'on attribua à rouvertor des tombeaux , et surtout au séo-j de l'armée ennemie dans les W2xr* qui bordent le cours de FAnainiv vint attaquer les C^irthaginois : rn'en put arrêter les ravages; le c2:-r était jonché de cadavres ; le désespa/ la fureur s'emparaient des sokiv- Les Syracusains, persuadés que •' ciel combattait pour eux, sortirrr sous les ordres de Denys, et fin * un affreux carnase de leurs ennesu!' Imilcon acheta , la nuit suivante, l
Sermission de se retirer avec les tri<^ ébris de cette armée naguère si pi/ santé : il avait perdu cent ctnqu.i! *■ mille hommes ; tes cuxîlîaires Tabasdonnèrent et passèrent au servi t * Denys. I^ général carthaginois, •* retour en Afrique , ne put survivrr sa honte, ni soutenir le spectade .la consternation publique; il se kimourir de faim.
Denys, victorieux dans une ii.:-si terrible, chercha aussitôt à en r facer les traces. Il sentait d*aillrtir> comme tous les princes dont le y-^ voir est usurpé , la nécessité d'ocru|- • et de frapper l'esprit de ses sujets { de nouvelles entreprises , par des a<'> de force, d'éclat ou de hardiesse.
entreprît de rétablir Messine, nwî-:r* l'opposition des habitants de Rbec^ que la destruction de cette puisss! ' ville avait rendus seuls maîtres .!
détroit. Denys repoussa leurs attaqu<^ défit une nouvelle armée CArth?.
noise, commandée par Magoo, lî^ tenant d'Imilcon , et le contraiin>it signer un traité par lequel le Carth* ginois lui remit la colonie forci* dans les gorges du mont Taurtis , r:
Î[]i devint , vers ce temps y la TîBe o auroroénlum.
SICILK.
Après ce succès , il passa en Italie, et s>inpara de Rhégium. Cette guerre fut suivie de quelque temps de repos,
Sendant lequel Deuvs parut s'occuper e la culture des lettres; les villes saccagées sortirent de leurs ruines; les peuples respirèrent. Mais bientôt les Carthadnois reprirent les armes ; Denys les oéfit , et dicta les conditions de la paix. Dans une dernière ^erre, il fat moins heureux , et se vit force de rendre une partie de la Sicile à ces implacables ennemis. Au chapin qu'il en conçut , se joignit le dépit d'avoir échoué dans les jeux de la Grèce , en disputant les prix de la poésie et de la course des chars. Des accès de fureur ou d'humeur noire vinrent augmenter les bizarreries de son caractère. Cependant , ses vers avant été couronnés quelque temps après au théâtre d'Atnènes, sa joie ne connut plus de bornes ; i\ donna des fêtes et des re-
Sas splendides ù toute la population e Syracuse, et se livra lui-même à des excès qui avancèrent sa Gn. Il mourut en 868 avant J.-C.
Denys ne fîit point un homme ordinaire. Il faut de grandes qualités , peut-être aussi de grands vices , pour asservir sa patrie. Les traits divers rapportés sur son compte dénotent les uns et les autres. Il laissa trois •nfants de Dons de Locres , et quatre i' Aristomaque de Syracuse , sœur de Dion. Denys-le-jeune , fils de la première , lui succéda.
DENYSLE-JEUNE.
Malgré tant de guerres civiles et étrangères, son père avait laissé le -oyaume florissant, et défendu par les forces imposantes. L'armée se nontait à cent mille hommes et dix nille chevaux; la marine comptait piatre cents navires; les arsenaux (taient remplis d'armes et de machines.
..'armée et le peuple reconnurent avec oie Denys-le-jeune pour leur souerain. La nature l'avait doué d'un aractère facile et liant, et ces heueuses dispositions étaient encore embellies par le goût des arts et des ta-
lents ; mais les Wees d*iiiie édueatkni négligée, l'habitude du pouvoir, les flaSteries des courtisans, un pendiant ef!réné pour la débauche, avaient cor* rompu cet heureux naturel. L'histoire a rapporté des exemples si dégodtants de la servilité et de la bassesse des jeunes gens qui cherchaient à s'emparer de son esprit, que la plume sê refuse à les retracer.
Dion , son oncle, encouragé par les Svracusains les plus vertueux, cherchait en vain à lutter contre tant de corruption; chacun de ses conseils était empoisonné par cette troupe de Iflches adulateurs. Pour obtenir contre eux plus d'avantages , il voulut encore s'appuyer de Tautorité et de l'élo-
Î[uence de Platon. Quoiqu'il eût inuilement employé ce moyen contre les vices du père, il espéra que la jeunesse et le bon naturel du fils caleraient
Elus facilement à l'ascendant d'un omme si illustre. Platon revint en Sicile , à la prière de Dion ; il y trouva une nouvelle disgrâce, et se retira après avoir vu exiler Dion. On s'étonne qu'après deux épreuves pareilles un philosophe , un sage, ait pu revenir une troisième fois s exposer aux ca-
Srices de la tyrannie, aux lâches perdies d'une cour corrompue. L^istoire elle-même semble en rougir, en attribuant ce voyage au désir d'obtenir la grâce de Dion. L'imprudent philosophe fut reçu avec de grands honneurs , et bientôt après se vit exposé à toute la haine d un prince qui ne connaissait plus de frein. La Grèce entière tremola pour les jours de Platon, et intervint pour qu'il lui fût permis de retourner dans sa patrie.
DION 3SI MM «Tant J,'C.
Denys avait passé du respect et de rattachement pour Dion à la haine la plus implacable. Non content de l'avoir banni , il voulut le blesser dans ses plus chères affections , et força sa femme , Arété , à épouser un courtisan , nommé Timocrate. Ce dernier outrage mit un terme à la p«-
L'tJiriV£&S.
jeaoe de DjoDi 'Mké dans Athènes, 1 treava d«s appuis et des secours
lans la Grèce; ses amis préparèrent ifis esprits dans Syracuse et dans la Sicile; enfin Dion, avec une faible escorte de soldats , débarqua à Minoa.
nrès de Sélinunte , et marcha droit à Sjnracuse.Tous les mécontentsdes villes ^i se trouvaient sur sa route vinrent se joindre à lui , et il arriva devant Syracuse, tandis que Denys était parti pour une expédition contre quelques villes de i*Italie. Les Syracusains le reçurent comme un libérateur; il attaqua les forteresses des É|jipoles et ren rendit maître; mais il ne »ut pénétrer dans Tlle d'Ortygie, défendue par la citadelle et par la mer. Oenys y rentra t peu de jours après, au moyen de sa (lotte. Il tenta d'abord la voie des négociatirms , puis celle des embdches, des trahisons et des perûdies de toute espèce. Il parvint au moins k exciter la défiance des Syracusains contre leur généreux défenseur; et tandis que le tyran, réduit aux extrémités, fuyait en Italie avec tous ses trésors , Dion , menacé par ses concitoyens, était forcé de s'ouvrir un paasige les armes à la main , et de se retirer à Léontium.
Denvs avait laissé son fils dans la citadelle , avec ordre de s'y défendre jusqu'à In dernière extrémité. A la nouvelle des dissensions qui régnaient dans Syracuse, et du départ de Dion , les partisans de Den^s reprirent courage, firent une sortie, s emparèrent de la ville, et passèrent au fil de Tépée une partie des habitants. Les Syracusains, reconnaissant trop tard les suites Ainestes de leur ingratitude , implorèrent le pardon et les secours de Dion. Il accourut pour les sauver d'une ruine complète; la discorde les armait les uns contre les autres ; le fer et la flamme dévastaient Syracuse. Dion , au milieu de ce désordre, parvint, après un combat sanglant, à repousser les troupes de Denys dans la citadelle « où Mies capitulèrent.
Dion ne fut récompensé de tant de sertioes que par de nouvelles persécutions; son désintéreseennent, sa gé-
nérosité, son dévenanent poor k&w téréts de son pays, oepar&A désarmer des hommes ambitieux. H eJ sans cesse à lutter contre Héradié?.
qui lui devait son élévation et le commandement de la flotte. Les roeoer criminelles de cet bomme danserez furent poussées au point que Dicc.
après lui avoir nardonné plusieurs <- .
fut obligé de le faire tuer. Averti ^ nouveaux coniplots par sa soeur Antomaque et sa femme Arété, qu*fl ju retroufées dans la citadelle , il tota^ i dans une profonde tristesse, et re*.* d*exercerae nouvelles rigueurs. Eb^L.
un Athénien, nominé Callîpe, q avait amené de Grèce et quji cb< rasait comme son fils, le fit assa:»âi>' Sar des soldats étrangers. La crui > e ses ennemis le poursuivit ew\r après sa mort , en faisant périr de .
manière la plus barbare sa fetnmf « ^ sœur et son enfant. Callipe ne je.»
pas long- temps des fruits de »f.
crime; il crut que, pour conserver j puissance et fasciner Tesprit des f<w-
Eles indignés de sa trahison , il Ulit des actions d'éclat : il courut âoùc avec une imprudente précipita ti< s attaquer Catane et Messine. Repoti^^ dans ces deux entreprises , et pourHi:< par la haine générale, il se retira <*. Italie avec les débris de son armer, principalement composée d^élrangen.
Bientôt, deux de ses officiers le tuèrM* et le hasard voulut que œ fût avei> .
même poignard qui avait tranché r^ jours de Dion. Syracuse, dans cet tr tervalle, était livrée à ranarchîe. L^ Syracusains demandèrent des consn • et des lois à Platon, qui leur of.r:
une forme de gouvernement partir.* pant de la monarchie et de la répuK oue; mais ils n'en firent pas nit^if I essai. Hvparinus, frère de Dem^.
s^emparaae l'autorité; deux ans aprt>.
Nypsius la lui arracha. Denys, à ht toiir , voyant que l'autorité appartem t au plus nardi , conçut le projet de n^ couvrer son sceptre. Quelques soklt; lui sufQrent pour reprendre Syracu>f.
dix ans après en avoir été binni. Mj.» la Sicile, dévastée et d^ieupli^ de se» colons et de sa populaiion, couverte
SiGtLC.
Ifls rainés de t«nt de fflles saocAgto *u détruites ^ était devenue une proie iiciie; les soldats ramassés dans tous ss pays et qui campaient sur les déiris de ces cités , acceptaient et défenlatent tous tes maîtres qui se présen* aient et dont ils espéraient tirer un alaire.
L'exil et le malbeuf n'i^vaîent fait lu'aiarir le caractère de Denys. Un ;rana nombre de Syracosains, effrayés Tobéir à un tel maître, et découragés ans doute par tant de résolut ons uccessjves, s'enfoncèrent dans Tltaie, loin d'une patrie livrée à des conuisfons sans cesse renaissantes. Ils ondèrent la ville d*Ancone. Ceux qui estèrent à Syracuse portaient en gé- (lissant le jou^ odieux de Denys. Ils •ngagèrent Icétas, tyran de Léoniuni , à s'entendre avec eux pour appeler un Irbérateur. Icétas eut voulu [ue le dioix tombât sur lui, et convolait de;>u:s long-temps la succession le Denys ; il feignit cependant d'aocé- 1er aux vœux des Syracusains, et joinit des députes à ceux qu'ils envoyéent chez les Corinthiens pour obtenir e ces peuples , qui passaient pour les lus modérés et les plus justes de la vrèce, un général et des secours caabjes d*assurer la liberté de la Sicile. je choix tomba sur Timoléon.
TIMOLÉON , 345 ans atant Jésu- Christ.
CTétait mi Grec îHustre et respecté, eu ne, il avait combattu pour sa parie , et son dévouement pour elle avait té porté à l'un de ces exc^ dont nos lœurs modernes ne nous permettent e louer qu'en frémissant l'atlreux réultat. Un frère ambitieux voulut aservir Gorinthe; Timoléon l'avait fait lourîr. Après cette trrible extrélité, il ne put consentir à vivre luiléme qu'en cédant aux larmes et aux rieres de sa famille et de ses amis , t en se condamnant à la retraite la lus profonde. Il fallut l'en arracher our le p|iacer à la tête de l'expédition estinée à délivrer la Si lie. Cependant cétaSy qui ne s'était pas senti assez
fort f<nif ^enipàrer de i'autoirftéy avait appelé secrètement les Carthaginois à son aide; et Timoléon, en arrivant à Rhegium , se trouva enfern^ jnr la flotte carthaginoise , et apprit qu' Icétas , aux prises avec Denys , avait |>énétré dans Syracuse , y com^ mandait en maître , tenait Denys blo^ mié dans la citadelle, et s'oi)i)Osait k I arrivée et au débarquement des Corinthiens. Timoléon , avec sa faible expéditron, ne pouvait lutter contre tant d'ennemis. Cependant, par une ruse adroite , il se dégagea de la flotte carthaginoise, et détxirqua à Taurome^ nium , gouvernée alors par Andromaqiie, qui le re^t avec une entière bienveillance. La forte position de cette ville, située dans les défilés que les branches du mont Taurus forment au bord du détroit , lui permit d'observer b situation des affaires. Rien ne pouvait lui faire concevoir Tp^pérance da succès. Il n'avait qu'une poignée d'hommes à sa suite. Icétas, à la nouvelle de son débarquement, avait .ivre le port de Syracuse aux Carthaginois , et la ssant garnison dans la ville , avait marché vers Adranum , aujourd'hui Aderno, avec un corps de cmq mille hommes. Timoléon s'y porta au même instant avec sa petite armée, attaqua Icétas à rîmpruviste, et lui fit prendre honteusement la fuite.
Cette facile victoire décida la fortune en faveur de Timoléon. Denys, qui n^espérait plus tenir long-temps dans la citadelle , lui fit proposer de la lui remettre. Il n'était pas facile d'y introduire des troupes. Cependant, à force de prudence et d'adresse, il parvint à y faire entrer une eaniison suffisante. Icétas , qui croyait encore y tenir Denys assiégé, appnt avec déult qu'elle était au pouvoir des Corîniens. Denys, haï, méprisé, se retira Corinthe, y mena la vie d'un obscur
bouffon. L'histoire a conservé quelques traits de cynisme et quelques reparties piquantes de et prince dé* chu.
Cependant Icétas et les Carthaginois occupaient toujours Syracuse avec une armée bien supérieure à celle de Tl*
L'UNIVERS
rnolécm ; Us esDéraient jttrveair à reprendre là citadelle ; mais leur habile ennemi, qui s^était avancé à Catane, envoyait contiQuellement des secours de toute espèce à Ortygie.J^agon, général des Carthaginois , et loétas , après avoir tenu conseil, résolurent de marcher, avec toutes leurs forces, pour écraser Timoléon. A peine eurent-ils débloqué la citadelle et Quitté Syracuse, que les Corinthiens nrent une sortie vigoureuse et se rendirent maîtres de TAchradine , qui touchait à Ortygie et qui formait la principale partie de la ville. A cette nouvelle, Magon s'effraya de voir des ennemis devant et derrière lui, et, regagnant précipitamment ses vaisseaux , il retourna honteusement en Afrique.
Icétas , privé de son secours , ne put résister a Timoléon , qui s*avançait vers Syracuse. Il fut défait et son armée dispersée. Timoléon entra en vainqueur dans la capitale , détruisit les forts, rasa la citadelle et proclama la liberté de la Sicile. Le plais des Denys devint une place publique, à laquelle Syracuse reconnaissante donna le nom de son libérateur. Elle s*appela le Timôleontium.
Mais rimmense et redoutable enceinte de cette ville, jadis si florissante et si peuplée, ne renfermait plus que des ruines et des quartiers déserts , des monuments a moitié détruits. Timoléon appela de nombreux colons du Péloponese et travailla avec une ardeur infatigable à effacer les traces de tant de malheurs. Syracuse semblait sortir de ses ruines, et les autres villes siciliennes gémissaient encore sous des t}Tans odieux , ou se trouvaient livrées à tous les désordres de l'anarchie. Le libérateur de Syracuse songea bientôt à les délivrer et à les rattacher aux destinées de la capitale. Icétas. t}Tan de Léontium et l'ennemi irréconciliable de Timoléon, fut atta^é et chassé de la ville qu*îl opprimait. Leptine , qui dominait ApoUonie et Ênguyum, éprouva le même sort et se retira à Coointhe.
Cette ville greojue , à qui les Syra- Gusains devaient Timoléon et tant de
«ecottrs de toute espèee, nil k noble à ses bienfaits en mwptSi ok législateurs habiles qui, de cnvr.
avec lui , travaillèrent à reoMttn ?
vigueur les lois depuis si loo£-tcff; oubliées ou réduites an sikaor. .
retouchèrent les lois de Dioclh ^ ce qui concernait le EOUTcrneur:
Leurs dispositions à 1 é|^ d»
toyens furent conservées mUctr^. créèrent un magistrat supréwft > poraire qui prenait le nom d'Ain;<(i' et de ministre de Jupiter OKiri>' Les années étaient distinguées p.r noms de ces magistrats. Le pmqui fut créé s*appelait Callimèns.
Toutefois, la plus graotk part la Sicile était encore au pouvoi:
Cartliaginois, ou reconnaissait / patronage. Timoléon encourue»
plupart des villes à secouer kar • et à se ranger dans Fallianœ de >• cuse ; et^ pour tenir ses trouf'' haleine, il les envoya ranotwo^r cités qui persistaient à prérérer 1:
mination africaine.
Les Carthaginois pénétrèrmtj ment les projets de Timoléi»» . ' reprirent oe leur côté leur dr> ùvori d*expulser tous les Gna '^ Sicile. Un armement formidabif, ;de Carthage , vint débarquer à Ui'^ sous la conduite d'Amiicar et «f «^ drubal. A cette nouvelle, led^^^*'' gement glaça le courage des nou^^'habitants de la Sicile. Timoléon.*trouvait si facilement des colons. '
Eut réunir qu'une armée très-peu u reuse, dont une partie même I :-i donna après quelques jours de nu'' • et revint h Syracuse. Malgré (^ défection, il nen continuante sa marche, attaqua avec intref' ses innombrables ennemis au nn^i' où ils tentaient le passage du ^^ Crimise , près de Sélinunte , les rt!< « dans les marais qui le bordent et q^^ orage épouvantable changea tuu' coup en lacs fangeux, oùs*eaglout<^ les meilleures troupes carthagino'*^ Le butin fut immense , dt rieo i>'<lait la magnificence gk>neuse à^ tente de Timoléon , respleodissaotf < " plus riches dépouilles, parmi \tsfl^^'
SICILE
a» TOjiaiA det boocfiÉis d*iiii tnTiil exquis «I d'une JMavté rare^ car c'était L'élite dss armées carthagiiioiaca qui v€naitde périt dans ceoenbat^ et cas Dorps étaieoi priacipileMent Gcmaposés des jeunes gens tirés des, UKiileuxes familles de la capitale.
Thnoléon Mtporter à Corîntfae, qu'il regardait toujours camme sa patrie , et dédier dans le temple de Neptune, l'un des plus célèbres de la Grèce, des trophées magnifiques , cooi()osés des' plus belles armes; une inscriptioD placée lu- dessous exprimait la Candeur dn service .rendu par les Gormthieosaux labitants de la Skile , et ea rendait praces aux dieux.
De retour à Sgrtacuse , Timeléon rainqueur en iMUiiiit sur-le-cfaamp les âclies soldats qui L'avaient abandonné.
J se vit bientôt obligé de mareber »ntre Mamercus, tyran de Catane, et iontre Icétas,. maître de Léontium,
Eli venaient encore d'appeler les Caraginois a leur aide jpour renverser rimoléoa. Ils eurent <f abord quelques uccès; mais bientût loétas ûit défait, ris , juflé et condamné à mort Avec oute sa {mille , que Timoléon aban* oana à la tuceur des Syracusains , ans doute aussi en représailles de
I mort de la femme , de la soeur et u lils de Dion, qu'lcétas avait f:\l% érir. Mamercus tut détait peu de mips afirès son aiyé, et conduit à yracuse, où le même sort Tatten-
L.es Cartbaginoîs avaient enfin si« lé la poix, et s'étaient contentés des iciennes pbces qu'ils possédaient, imoléon, tranquittede ce coté, s'ocipa de la situation de toutes les villes
II se trouvaient comprises dans illiance ou sous la domination de ^racuse : aux unes, il assura une ge liberté ; aux autres, il donna des ïs et des règlements municipaux*. U truisit ces bandes canipaniemies «^mc I discordes civiles avaient attirées 1 Sicile , et qui perpétuaient le dé* rdre et les wigandages.
Dès que la tranquillité fut assurée ns cette ile féconde et sous an ciel beau, l'esprit de colonisation, tou-
4* Livraison, (Sicile.)
jours actif cbez les peuples de Tant^- ^nîté, dut bîentât lepaier les pertes «nte tant de troubles avaient causées; de nouveaux établissements repeuplèrent les cantons déserts. Ge» et la superbe Agrigente n'avaient plus d^babî&nts ; des cbefs ^recs, aides par Ti^* «oléon , y oonduisurent de nombreux eolons, et rassemblèrent tout ce oui restait des anciens. L'attachement (m Siciliens payait Timoléon de tant de soins et de bienfaits, dont sa modestie faisait hommage aux dieux. U avait même élevé dans sa maison un an^ tel à la fortune et à l'occasion, comme si ses succès étaient leur ouvrage. Les Siciliens reconnaissants s'occupèrent à leur tour de son bonheur et de son repos; ils lui tirent élever, près des portes de Syracuse et dans une posi* tion charmante, une maison decam»
pagne entourée de beaux jardins. Elle était située à Textrémité de Tescarpe»
ment qui, depuis le quartier d'Achradine, séparait cehii de Tvché des bois du Témenites. A cette époque , cette partie de Svracuse n'était qu'une espèce de faubourg couvert de tempteSf de bosquets sacrés . de jardins. Près de là s'élevait le théâtre, pratiqué dans l'escarpement dont nous venons de parler. La maison de Timoléon do* minait ce paysage varié, qui s'étendail jusqu'aux rives du grand port, dont le magnifique bassin terminait ce riche tableau. Ce fut là que Timoléon, après avoir rendu la liberté, la paix, les lois et le bonheur à sa patrie, vint jouir d'un repos doux et glorieux, que l'amour de ses concitoyens entourait de soins et d'hommages % et afin qu*aih cun regret ne troublât cette noble vie, nne députation des plus distingués des Syracusains se rendit à Corinthe pour en ramener sa femme et sa famille. Les délibérations sur les affaires publiques avaient lieu dans le- théâtre; sa proximité permettait à Timoléon d'y assister; et dès qu'il y paraissait , sa vue excitait des transports de joie, et ses conseils y étaient reçus comme des oracles. Sur la fin de sa vie il pei^ dit la vue; on se disputait encore l'honnettr de le porter a l'assemblée^
L'UNIVERS
eX de longs applaudissements lui témoignaient Tenthousiasme que sa présence inspirait (voy./>/. 13). On montre aujourd'hui aux voyageurs, mais 4Bans autre preuve qu'une tradition populaire, quelaues constructions, 45ur lesquelles s'élève une petite métairie nommée Trémila, et qu'on regarde comme les débris de la maison «e Timoléon. La beauté du site et ces nobles souvenirs ont engagé un étranger à y bâtir une maison oe plaisuince. Non loin de ce lieu, où l'imagination se plaît à rétablir l'asile honoré d'un grand homme, on trouve avec certitude et avec plus de plaisir encore les i^estes de ce théâtre où tant et de si justes hommages lui furent rendus. Les différents étages de ^dins qui en formaient le vaste hémicycle sont encore parfaitement visibles; dépouillés des marbres qui les recouvraient, ils ont reçu du temps et de la nature un autre aspect, d'autres ornements ; des plantes, des fleurs, des arbustes couvrent dans leur riche désordre ce monument de l'art, du luxe et de la ouissance. Il ne reste plus rien des oeaux portiques qui le couronnaient. La scène et l'avantficène qui subsistaient encore sous le rèçne de Charles-Quint, et dont ce princ« employa les pierres pour construire une citadelle à l'entrée de Syracuse, ont entièrement disparu. Ce fut sur ces gradins que Mamercus, tyran de Catane, épouvanté des malédictions dont les Syracusains l'accablaient , prévint le supplice dû à ses crimes, en se précipitant de degrés en degrés ( voy. pL 14 ). Ce théâtre, où retentirent tant de scènes bruyantes, où la discorde et Téloquence firent entendre de si vives clajneurs, ne ré* pète plus que le chant des oiseaux, le doux murmure d'un ruisseau qui, s'écliappant d'aqueducs ruinés, vient faire jouer un moulin et tombe en cascades argentées sur les antiques gradins où s'agitait la population de Syracuse.
Une route charretière suit les détours des rampes et des prxcinclionés qui séparaient les étiges de Tampbithéùtre. Sur une plinthe des degrés
supérieurs , on lit une inscnflion!K> que en Tlionneur d'une reine Pi. >tide, dont le nom s'est é^/ikammr serve sur quelques médailles. lU.^ les dissertations auxquelles PexisM* de cette princesse a donné Oeo. >"' impossible de fixer d'une manirtistaisante l'époque où elle a a"^ gner à Syracuse.
Les honneurs , les respects \r gnés à TimoléoD, ne se dément.'^ pas pendant sa longue vieillesse, r'suivirent au-delà de sa rie. La d .
leur des Syracusains se signala par ■< plus pompeuses cérémonies. Le f nés gens les plus distingués de ^' cuse portèrent son corps sur uor parade, jusau'au bûcher qui dr" consumer. Là, un héraut noounr'* métrius proclama le décret so^'E; « Le peuple syracusain veut qi>e T « moléon de Cortnthe, fils df Ti' « dème, soit enterré aux dfonb - « trésor public , et qu'on anplok> .
« frais de ses funérailles jusqu :
a somme de deux cents mines ( 10 * « francs); et pour comMer d^hoon- « sa mémoire, il ordonne qu*a > « nir, on célèbre tous les ans, \t « de sa mort, des Jeux de niu>* « des jeux gymniques et des courv" <i clievaux, en mémoire de ce 9^ 1 « donné aux Siciliens les lois l^ > «. sages, après avoir détruit l^^ ' « rans , défait les barbares àan^ ' < sieurs combats et repeuplé ks." « des cités au'il avait trouvées : - « données et désertes. » Ses cf^ furent placées dans un map' ^ tombeau , au milieu de la plarr > ' avait créée sur l'emplacement d^ ^ lais des tyrans , à l'entrée &Ort\:^ Peu de temps jiprès, elle fut fotcHjc de vastes portiques ; on y t^^ * gymnases, et ce lieu respecté fut i^' mé Timoléontium.
La Sicile jouit encore pendant f sieurs ann&s du bonheur et de < tranquillité que la sagesse de T^ léon lui avait préparés; maisdêjjd nourrissait dans son sein celui f devait le décliirer , et livrer àe flj veau sa patrie aux fureurs de !« bition et de la tyrannie.
SICILE
AGATHOCLB, 307 ufuti JéiiM-Christ.
Un Italien nommé Carcinus, fabriant de vases de terre, fut contraint le quitter la ville de Rhège sa patrie, t se réfugia à Thermes en Sicile, où l se maria. Sa femme étant devenue nceinte, le superstitieux potier s'inuiéta du sort futur de son enfant, Qterrogea Poracle d'Apollon, et apprit vec eirroi qu*il serait père d'un fils ui causerait de grands maux aux Car» haginois et à la Sicile. Pour détourler cette menace du ciel , Carcinus fit zposer Tenfant aussitôt après sa naisance. Sa force singulière ayant souenu sa vie pendant quelques jours , a mère vint le chercher à la faveur le la nuit, et le cacha chez un de ses rères ; elle lui donna le nom d'Agahocle. Il avait sept ans lorsque son lère le rencontra sans le connaître lans une solennité publique, et fût rappé de sa beauté. La mère d'Agahocle profita de cette* rencontre pour veiller le remords et les regrets dans e cœur de son époux. Les larmes de Carcinus Tenhardirent, et bientôt elle ni découvrit le mystère de Tenlèvenent et de Téducation de son fils; le ère l*embrassa avec transport et emmena chez lui, en craignant toute- Dis que les Carthasinois n eussent pas •our cet enfant reooutable desentrail- RS aussi paternelles. Pour le soustraire
ce danger, Carcinus quitta Thermes à 1 hâte, et transporta ses pénates et a fabrique à Syracuse. Carcmus mouut, et le jeune Agathocle, entre les lains d'une mère trop faible, annonça ientôt un caractère entreprenant, un sprit vif et prompt, des mclinations orrorapues et des penchants féroces.
Jn Syracusain, riche et débauché, le eruell lit dans sa maison, et se plut à évelopper son esprit et ses vices, kgathocle profita bien de ses leçons, éduisit sa femme qui, devenue veuve leu après, lui donna sa main et ses ichesses. Déjà son ambition et ses ntrigues agitaient Syracuse. Sosisrate, qui y exerçait une grande inluence, d«X)iiceria ses projets crimi-
nels en le faisant bannir de Sicile. Il se réfugia successivement à Crotone et à Tarente, y déploya des talents militaires , et en fut encore chassé. A la tête de quelques brigands, il harcela Sosistrate, qui soutenait alors une gnerre en Italie, et parvint à le repousser. Ce dernier ayant été à son iour exilé de Syracuse, Agathocle y fut rappelé, y fomenta de nouveaux troubles , et se vit exilé de nouveau.
Dès lors son audace ne connut plus de ménagements. Il rassembla quelques soldats mécontents , des mercenaires et des hommes perdus comme lui , et à leur tête il osa s'emparer de Léontium et assiéger Syracuse. L'entreprise était au-dessus de ses forces : il le sentit , et se hâta de faire intervenir les Carthaginois, à Taide desquels il obtint de rentrer dans la ville sous la foi des serments les plus solennels, par lesquels il s'engageait à respecter le i^ouvernement et les lois des Syracusams.
Un homme de cette trempe ne pouvait rester long-temps dans le repos et dans l'obscurité. Les affaires de l'état étaient alors confiées à un conseil composé de six cents principaux citoyens. Ce corps puissant présentait un 'grand obstacle aux projets d'Agathocle, qui jura sa perte. Il parvint , en raison de sa réputation militaire, à se faire confier le commandement d'un petit corps de troupes, dont il fascina bientôt l'esprit. Sur de l'aveugle dévouement ae ses soldats , il désigne aussitôt à leurs fureurs la tête des principaux citoyens, et livre la ville a leurs violences. Pendant deux jours Syracuse est inondée du sang de ses habitants. Le troisième jour, Agathocle feint tout à coup une extrême modération, fait succéder l'exil au massacre, et ne manque pas d'annoncer qu'il remet aux mains du peuple un pouvoir qu'il n'avait accepté que pour le sauver. Nul ne se présenta pour le lui disputer, et Agathiocle, dès ce moment, disposa des forces et des trésors de Syracuse. Fidèle à son système de popularité, il ordonna le partage des terres et l'abolition des dettes; du
rUlIVITEKS.
nste , aucnn fbsrte, aucane pnécaution ne fournit le prétexte^ de raoeuser (foi^eîl ou de crainte. Aussi habile 411e Denis, moins fourl>e, plus auda* deux et enoora plus cruels if sut pour* tant modérer sa fougueuse volonté, et
Barut dierdier à donner des bases so* des à sa puissance, en publiant des règlements salutaires* Maître absolu de Syracuse^ il'voulut soumettre également les villes qui en avaient méconnu la ^prématie. Mais les Car- Ibaginois le virent avec inquiétude étendre peu à peu sa domination sur celles qui se trouvaient comprises dans leur aJiîance, et pour arrêter ses progrès, ils envoyèrent Amilcar en Sicile avec une armée, qui se grossit des mécontents et de tous ceux qu*Agatfaocte avait bannis de Syracuse.
A milcar et Agethocle furent d'abord alternativement vainqueurs et vaincus; mais enfin les Syracusains ayant éprouvé un échec considérable mrent une retraite précipitée et s'enfermèrent dans la capitale. Amilcar commença par s'assurer de 0e ou de force des villes voisines. Il It alliance avec Camarine, Léontium, Catane, Tauroménium, Messine et Abacènes, et sâr de n'être pas inquiété sur ses derrières, il vint mettre le sié^ devant Svracuse. Agatbocle en avait déjà fait reparer les fortifications, et y avait formé d'immenses magasins; mais inguiet des suites d'iin siège long et dangereux dont il était menacé, il conçut le hardi projet de porter la euerre en Afrique. Cette expédition lut conduite avec tant de secret et d'habileté , qu'il parvint à traverser la flotte carthaginoise , et à la tromper par des manceuvres si bien conçues, que tous les bâtiments de transport sur lesquels il avait erobaniué ses meilleures troupes arrivèrent à la o6te d^ Afrique, etd^rquèrent l'armée sans rencontrer d'obstacle. Ce fut alors que par une témérité inouïe, qui depuis lut imitée par des généraux Htusires , il s'êta tout moyen de retraite en faisant mettre le feu à ses vaisseaux. Cet aete désespéré dans lequel il entre peutêtre plus ae fertanterie que de bon- cal-
cul, a été loué sflnsnstridion,etv soutiendrait pas probaUencot w»
men sévère et judicieux. STil tsA dans le premier momtot, fortasiasme et Tonivrenent étÏMWttP racusaine, il la plongea êèslels^ main dans la stupeur et dam li^ tude. Agathocfe le sentit, ^^ aussitôt vers une grande dtf qa^ emportée d'assaut. Tùon euthcfi' le même sort. Il détmisit m te villes, afin de répandre au loiol»
reur de ses armes. Carthane Mit m reffroi, rindifliation était ««o contre les généraux qui coama»
en Sicile, lorsqu'on apprit qu'ik|»* victorieux et que Syracuse d«?a de céder à leurs efloris. A oc»»
velle, l'espérance vint ranimer kf^ rage des Africains, les citoycat ct« rent aux armes, et 00 fbn» ■»' mée de 40,000 hommes 9^^''^ sous le commandement d'iia«i|j" de Bomilcar : mais une hiiij«"' divisait ces deux généraux; » ^ rent agir sans s'entendre, ^"^ complètement défaits. Agatnxvr fita de sa victoire, s'empara ^' sieurs villes, et fit soulever k f^ envoya en même temps un o^'" Syracuse pour y porter la nw'*!:
ses succès. Les Syracussinr^J|* aux dernières extrémités, «"J^ à se rendre. En apprenant les w^ de rarmée d'Afrique , i» œ ^ plus qu'à rivaliser avec «^ï^vjr'^ quèrent les assiégeaols à rio9[^ et les taillèrent en pièces. -^ iîit pris dans la mêlée et dhs'^ bientôt après. . ^^1
Le séjour des Carthagino» eo:^ et les revers des Syracusaa» «'^ porté le désoitire dans toutes 1^ r Uea de 111e. Les villes ^^^^^ 1a*oupe», et Agrigente, se ^^.^ tête de ce mouvement t ^'^^u cher à Syracuse la 8up»éi»»« j^ Sicile. Le danger était près»»:
flotte carthaginoise n*avai< P*^ les revers de l'armée de terre. ^ quait toujours les port» de où les vivres commenfsiei
2uer. Agathode laisse aos«t^ Is Aroà^ttlie le oonna^n^^'**
SICILE
m nvinée tMoancosB, passe en Sile , bat les tnmpes d'Agrigente, repend Héraelée, Thermes, Cépholo le, Centurtppe, saccage Apollonie, ; après avoir chargé Leptîne , un de ss ^néraux, d'acheyer la punition des ^fes, ir retourne sur-ie-eliamp en Trique. Ses affaires y étaient dans nesituationdéplorable. Aussitôt après m départ, ses lieutenants avaient tendu leurs conquêtes. Diodore, en nutnérant les villes et les contréi»
ont ils s^étaient emparés, parle d'une Bute montagne , séjour d'une midtiide de chats et d'une contrée où l'on lorait les singes.
Ces succès cependant affaiblissaient année sicilienne, qui ne pouvait se scruter. Carthage, au contraire, vait organisé une nouvelle armée.
;ile attaqua les Siciliens, les défit, t Archagathe, trop faible après cette éroute , se retira jusqu'à Tunis. Agalocle, à son arrivée, voulut encore mter le sort d'une bataille; à peine li restait*ii douze mille hommes ; il it vaincu. Voyant alors sa position ésespérée, et n'ayant plus de vaissaux pour sauver le reste de ses *onpe8, il médita le moyen de s'é- ^apper avec Héraclide, le plus jeune e ses fils. Archagathe, l'ainé, soupmna œ dessein, et poussa les solits à la révolte; ils mirent Afiathocle ans les fers. Mais bientôt le bruit étant répandu de l'approche des artbaginois , TefFroi fut général, et, Mis la confusion qu'il fit naître, gathocle profita de ce moment pour échapper, monta dans un esquif avec leiques soldats, et revint en Sicile,
rage dans le cœur. Après son déirt, ses deux fils furent massacrés;
reste de l'armée capitula.
I>e retour dans sa patrie, neresrant que le sang et la vengeance,
exhala d'abord sa fureur contre la Ile de Ségeste, qui lui refusait des ibsides; les principaux habitants ex»
lérent au milieu des plus affreuses rtures, et les femmes même furent rrées à des supplices inventés par la uauté la plus rafiQnée. Celles qu'on i tua pas , furent emmenées en es-
clavage, et vendues avec leuts-enfiMi eu Italie. Agatliocle voulut effaoor jutMiu'au nom de cette niollieuretiat cité y et la nomma Ùicœopole (ville de la vengeance ).JPendant qu'il ravageait Ségeste, Syracuse, ,par ses otdfes cruels , nageait aussi dans le sang , et ▼oyait égorger tous les parents des soldats qui composaient l'armée d'Afrique: affreuses représailles du meuptre de ses fils !
Tant d'horreurs excitèrent Tindignation publiuue. Un banni, nommé Dinocrate • nommeentreprenant , avait rassemble une petite armée, et s'était soustrait depuis long-temps à l'autorité d'vAgathocle, sur les troupes duquel il avait eu quelques avantages.
Un grand nombre de Siciliens vint se ranger sous ses ordres, et des corps entiers abandonnèrent le tyran, et grossirent l'armée de Dinocrate. Dans cette extrémité, Agathode acheta le secours des Carthaginois , en leur livrant quelques villes importantes. Sûr de leur appui, il reprit l'offensive,, battit Dinocrate, engagea ses troupes à se rendre, et les fit passer au fil de l'épée : cependant il épargna leur chef.
plusieurs expéditions qu'il fit suecessivement dans l'Ile de lipari , dans le pays des Brutiens, dans l'tle de Corcyre, furent également signalées par des exécutions sanglantes. Ce fut vers ce temps qu'il donna sa fille en mariage à Pyrrhus, roi d'Épire. Enfin, ses cnmes trouvèrent un châtiment Un certain Menon attendit son retour à Syracuse, et l'empoisonna an moyen d'un corrosif violent qu'il insinua dans un cure-dent. On ajoute qu'A gathocle, ne pouvant résister à «es horribles douleurs, se fit jeter dans un bûcher.
Jamais l'état de la Sicile n'avait été si déplorable. Des tyrans obnurs se disputaient les ruines de ses eités; Menon fut chassé de Symeuse ipar leetas; celui-ci , à son tour, fut trahi par Tamon et Sosistrate, qui s'eraf»^ rèrent chacun d*unepartiedeSyrMua& Tauroménium était opprimée par w tyran nommé Tindanon; AintÎMi
L'UNIVERS
était mattre des débris d'Agrigente ; les habitants de Messine ayant appelé dans leurs murs des troupes campa niennes , connues sous le nom de Mamertins, ces auxiliaires, séduits par la beauté du climat , massacrèrent les habitants, forcèrent les femmes et les jeunes tilles à les recevoir pour époux, et fondèrent ainsi une nouvelle colonie, qui reprit bientôt de la puissance et de Téciat. Eniin, Syracuse vit, non sans effroi, les Carthaginois menacer de nouveau, avec une flotte nombreuse , Tindépendance de la Sicile.