‹ ItalieChapitre 23 sur 31 · ARRIVÉE DE PYRRHUS · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DE PYRRHUS

X78 BTaot J.<C.

Les Siciliens ne voyant plus de ressource contre les maux qui les acr câblaient, tournèrent les yeux vers un secours étranger; et conmie, en pareille circonstance, ils avaient appelé Timoléon de Corinthe , ils eurent recours cette fois à Pyrrhus, roi d'É- Eire, prince avide de gloire et de asards, et qui avait épousé Lanassa, fille d'Agathocle. Pyrrhus soutenait alors en Italie cette guerre qui d'abord mit Rome à deux doigts de sa perte ; mais comme elle commençait à de- « venir périlleuse pour le vainqueur , il saisit avec joie 1 occasion qui lui éta.it offerte de quitter F Italie. Le roi d'Épire débarqua à Tauroménium. Plusieurs des principales cités lui ouvrirent leurs portes « et les autres cédèrent à la force de ses armes. Catane, Léontium, Syracuse, Sélinonte, Alyce , Ségeste , se rangèrent sous sa domination. Les Mamertins furent chassés de tous les points dont ils s'étaient eniparés, et repoussés dans Messine; Éryx, Héraclée, Panorme, cédèrent aux armes de Pyrrhus. Mais il échoua devant Lilybée, et ce fut la seule ville que les Carthaginois purent conserver.

Cependant, pour leur ôter le pouvoir et Tespérance de dominer de nouveau en Sicile, l'aventureux roi d'Épire médita, comme Agatliocle, une expédition eu Afrique; il avait

assez de vaisseaux pourTenti^ dre, mais il manquait deoalrx hes villes siciliennes fureot oootr tes de lui en fournir , et celles qu ^ refusèrent furent châtiées avci irrité. Ces rigueurs eurent uaetV.

neste; l'amour qu'on lui yx:^ l'admiration qu'il avait excite * changèrent tout à coup en mé|r enhame. Pyrrhus voulut agirait" irrité; les Siciliens s'aigrirest; villes mécontentes s'allièrent b .

avec les Mamertins, lesutns:

les Carthaginois : ceux-d en^o*^ une flotte et une armée « y Pyrrhus, indigné, quitta crt/ ou son étoile commençait à M' la désigna comme un cfaaœ^*^ ^'' taille qu'il laissait aux RomaïKbf- - Carthaginois : prédiction quin^pas à s'accomplir. Pyrrbus par^ • Syracuse en s'onvrant un pas)a^ vers la flotte carthaginoise, qu> éprouver quelque perte; vn\' Italie, il y trouva les Mameitïlui livrèrent plusieurs escan»^' dans l'une desquelles il fut W«* tefois sa valeur indomptable leur f posa. Dn d>itt, d' mie taille ^ tesque , ayant osé le défier , P?' le rendit en deux d'un coup trr Les Mamertins effraya cesser 1 poursuivre ce lion irrité, etftnèrent à Messine. Telle fut b £ l'expédition de Pyrrhus en i**laissa cette malheureuse contm* un état pire encore que «»' ► lequel il l'avait trouvée; au ns ^ Sicile ne pouvait plus attfl^ ^ secours de la Grèce, trop -î» * par ses longues divisions, p^-' mêler des affaires de ses fû"^- Les relations de la SicUe s'w)'^ déjà depuis long-temps avec l'^ le commerce, la guerre même, *^*| conduit souvent les Siciliens w"^ ^ contrée. Les noms d'Athènes. *^ cédéroone, de CorinUie ne vofli?^

figurer dans leur *ï>s^"*ri^i remplira de sa grande renonw*' l'enveloppera bientôt dans tf puissance.

SICILE

HiéRON , •75 avant J^awCbriat.

Pyrrhus, dans les combats qu'il avait vres en Sicile, avait remarqué la aleur et les talents du jeune Hiéron , t l'avait avancé en grade; il était imé des soldats siciliens. Abandonnés

eux-mêmes, ils l'élurent pour leur lef. Bientôt les Syracusains, charlés de sa douceur et de sa sagesse, li donnèrent le titre de préteur. Une ictojre éclatante qu'il remporta, près e Myles, contre les Maniertins, mit I comble à l'enthousiasme qu'il exclut dans Syracuse, et le titre de roi li fut déoerné sans oppositioii. Mesne, affaiblie par la guerre qu'elle >utenait contre lui , inclinait à se ^uinettre à son autorité. Les Carthainois , sans se déclarer ses ennemis, emparèrent par ruse de la citadelle, .es habitants de Messine eurent alors ecours aui Romains , et ce premier icident alluma ce conflit si terrible t si long entre Rome et Carthage, ntre l'Europe et TAfrique.

Après une longue délibération , le éoat romain se décida à secourir les lamertins. Appius Claudius^ chargé e cette expédition, après plusieurs sntatives infructueuses, parvint à itroduire dans Messine des forces asez considérables pour effrayer le généil carthaginois Uannon, qui se laissa ttirer à une conférence , clans laquelle

fut arrêté. Pour obtenir sa liberté,

consentit à évacuer la citadelle.

\e retour à Carthage, accusé de

*ahison, il fut condamné et mis en

roix.

Les Carthaginois se préparèrent dès >rs à une guerre sérieuse; après voir choisi Agrigente, Sélinonte et «ylibée pour leurs places d'armes, s marchèrent vers Messine, près de iquelle Appius s'était retrancné. Ati^ué d'abord dans cette position par liéron, qui s'était déclaré l'allié des larthaginols , il l'avait battu et forcé e se retirer à Syracuse. Mais les larthaginois s'étaient emparés sur es entrefaites d'une hauteur trèsorte, dont Appius essaya vainement

de les débusquer. H parvint cependant, par une ruse de guerre, à les en faire sortir, et les défit complètement.

Ils se retirèrent dans l'ouest et au midi de 111e; Appius alla mettre le siège devant Ségeste, et en même temps fit menacer Syracuse. L'année suivante, les Romains débutèrent par s'emparer de Centurippe, d'Adranum, et bientôt de Catane, de Tauromé* nium , et d'un grand nombre d'autre?

villes. Hiéron sentit le danger qu'il courait; il se hâta de conclure avec Rome une paix, c^u'il garda depuis religieusement, et a la taveur de laquelle il préserva ses états pendant cinquante ans des malheurs et des dévastations que les deux premièresguerres puniques causèrent dans le reste de la Sicile. Les arts, lecommerce , l'agriculture , sous le sceptre protecteur d'Hiéron, prirent, dans toute la Êartie orientale de la Sicile, le plus rillant développement; Syracuse recouvra et surpassa encore son ancienne splendeur.

DBSCKIPTION DE SYKAC135E.

L'île d'Ortygie, le premier et le plus ancien quartier de S3rracuse , séparait le grand port du petit, qui s'appelait aussi le port de Marbre.

L'embouchure du grand port était défendue d'un côté par les fortifications de rtle; de l'autre, par le fort de Plemmyre. A la suite d'Ortygie, du côté du grand port , se trouvaient les INéocosi, darses immenses où l'on

Sauvait abriter trois cents galères, e ce point, ens'étendant autour de l'Ile et du petit port, jusqu'à celui de Trogile, régnait le quartier d'Achra-* dine, le plus beau, le plus vasto, le plus peuplé de Syracuse; il s'élevait en amphithéâtre vers la hauteur que couvrait un troisième quartier nommé Tyché : celui-ci était borné du côté du (^and port et à quelque distance du rivage, par un escarpement , au bas duquel s'étendait le lohg du port le quartier de Néapolis, qui dans l'origine ne renfermait que des temples et des bosquets sacrés, et s'appelaH

SICILE

&ré , an centre duquel étaft une tête de Gorgone. On YapercevM du milieu du poit, et les marins avaient coutamed*offirîr un sacrificeparticcHier à rinstant où, en s'éUngnant du rivage, ils cessaient de voir ce signe protecteur : de la poupe du vaisseau , ils jetaieitt alors dans la mer des vases de terre remplis de gâteaux, de miel et de fleure. Les portes du temple étaient ornées de scu^tures en or et en ivoire. Verres les enleva et ne laissa que le bois; il s'empara également de ta Gorgone. L'intérieur du temple renfermait un tableau célèbre , représentant un combat de cavalerie livré par Agathocle, et les portraits des rois et des tyrans de la Sicile.

Archimède avait tracé sm* le pavé son fameux méridien, en profitant de la disposition des portes et de l'axe du temple , que le soleil frappait juste à réquinoxe.

On croit qne sons le règne de Constantin , ce temple fîit consacré à la Vierge par le tfr évéque de Syracuse.

Cette pieuse destination a sauvé ce monument d'une entière destruction; mais, depuis ce temps, il a subi de nombreuses altérations à Textérieur (voy. pi. 15). Le rang de colonnes latérales qui subsiste encore est presque totalement engagé dans le nrar 3ui ferme aujourdliui le bas côté e résiise. Il n'en parait que quatre qui débordent encore cette Caisse maçonnerie; mais Tarchitrave et la frise antique régnent dans toute la longueur; au-dessus s'élève un double rang de créneaux arrondis, de construction sarrasine , qui produisent l'effet le plus choquant sur ces débris de Tarcbitecture grecqne. Cependant, dans l'intérieur de l'égiise, toutes les colonnes sont sailbmtes de la moitié de leur grosseur, et on peut juger facilement de la beauté de leur galbe et de leurs profils. Elles sont pins hautes et plus espacées que celles des temples de Faestum ( voy. pi. 16 ). Le portique qui les séparait du mur de la cella a été recouvert d'une vodte pour former le bas côté de l'église y et ce mur lui-même a été percé d'arcades répondant aux

eiitre-colonnementsde?enooiiifle a^ XÎcure. L'ignorance et l'incurie ne sont cependant pas les seules canses de la déformation de ce beau temple.

Les tremblements de terre ont snr^ toirt causé la destruction des parties qui lui manquent. An onzième siècle., la voïHe s'écroula le jour de Pâques.

Le célébrant qui disait la messe , cH ses acolytes, furent seuls sauvés,

f»arce que le baldaguin qui couvrait 'autel soutint le poids des débris. Un clocher tomba en 1500 , et renvarea plusieurs colonnes. Le portail moderne a fait détruire l'antique pronaos, oà Ton remarquait deux colonnes friui fortes et plus espacées que les autres. C'était sans doute pour laisser la place de ces belles portes dont nous avom parlé.

SIÈGE D'&GBIGENTE PAR LES HOUAniB, »6a «T. J.«C.

Tandis que la prudence et l'habîteté d*Hiéron parvenaient à préserver ses états, heureux et florissants, des mal»

heurs de la guerre , le reste de taSiclle était devenu le sanglant théâtre où les Romains et les CartbagînoiB, alternativement vaincus ou victorieux^ avaient concentré les principales opérations de la première guerre pmique. Ségeste, assiégé par le conani Valérius , lui ouvrit ses portes, après que ses habitants eurent nnssmé la garnison carthaginoise. Des tranpes siciliennes vinrent de toutes parts grossir l'armée romaine. Valénus, de retour à Bome, reçut les honneois du triomphe; on y Tit porafttre dem oovrages d'art* inconnus josqu»-lB chez les Komains : on cadran solaire horizoïttal , trouvé à Catane , et un tableau qui représentait la mione remportée par les Romamft, «rèa 'de Messme, sur Hiéron et les Carihaeinois. Les cousais qui suooédèfeot n Yalérhis résolurent d'assiéier Afà'

fente, qne défendait Amnbal l'Ancien, /armée carthaginoise était oampés sous les nnin de la ville, du oôlé ér la mer et du port, avec lesquels *eile entretenait les oommoniontiDni» Mjbb

SICILE

ses navires ëebouèrent ou furent détruits. Il devînt impossible d'empêcher les secours et les vivres d'arriver dans le port Les Romains découragés songèrent à lever le siège. Hiéron leur envoya des approvisionnements et des secours de toute espèce. Un second échec sur mer leur lit perdre le reste de leurs vaisseaux. Cependant ils s'emparèrent sur ces entcefaites du mont Éryx , de la ville du même nom et du temple de Vénus Erycinne. D'un autre côté Amilcar Barca , père du grand Annibai, se rendit maître du mont Ercta , au-dessus de Palerme , s'y retrancha, et de là fit des courses continuelles qui fatiguaient l'armée romaine; il parvint même à reprendre la ville d'Eryx, à mi-côte du mont ; mais il ne put s'emparer du temple et du sommet. La guerre durait aepuis vingt-trois ans ; Rome s'indignait d'une si longue résistance; le sénat se décida à faire les plus erands sacrifices pour créer une nouvelle flotte , et reprendre l'empire de la mer. Bientôt deux cents galères furent équipées ; le consul Luctatius en prit le commandement ; il attaqua sur-le-champ Drépanum et s'en empara. Puis s'avançant vers la flotte carthaginoise, commandée par Hannon , et rangée près des îles /Ëgades, il la délit complètement , et bloquant aussitôt le port de Lilybée , il ôta aux assiégés tout espoir d'être secourus. Amilcar, à cette nouvelle, lit proposer la paix et remit le mont Ercta et toute la Sicile aux Romains, 243 ans avant. J.-C. Telle fut la fin de la première guerre punique.

Maîtres de la Sicile, a l'exception du petit rovaume d'Hiéron, les Romains en firent uneprovince romaine et réglèrent la position particulière des villes. La province fut soumise à un préteur et à un questeur qu'on renouvelait d'abord tous les ans. Messine et Tauroménium furent déclarées villes alliées; leurs habitants étaient citovens romains. Alèse, Ségjeste, Palerme et quelques autres étaient libres et franches. La paix, le commerce et l'agriculture portèrent bientôt la Sicile au plus haut degré de pn^périté. Pa-

ïenne, Tvndaris, Myles, Tauroménium , Catane devinrent des cités riches et florissantes.

DEUXIÈME GUKRRE PUHIQUE.

voi

lOV.

Lorsque la deuxième guerre punique s'alluma , les Carthaginois ne purent en établir le théâtre en Sicile; nattus sur mer avant d'y pouvoir alwrder, ils furent bientôt entraînés par le génie d'Annibal vers de plus vastes desseins, dont la réussite leur eût soumtsr é£;alement la Sicile. Cette île n'entendit que de loin d'abord le bruit de cette lutte terrible , où Rome, ajprèff les batailles de Trasymène, de la Trébie et de Cannes, he dut son salut ^u'à la constance de ses citoyens et h une faute de son ennemi. Les préteurs romains en Sicile se contentèrent de mettre les côtes en état de défense. Hiéron mit toutes ses ressources à leur disposition, et envoya même en Italie des corps auxiliaires à l'armée romaine. Annioal s'en vengea en faisant faire une descente et ravager le pays près de Syracuse. Gélon,* nls d'Hiéron, conspirait en faveur des Carthaginois, lorsqu'il mourut presque subitement. Malheureusement, Hiéron, parvenu à l'âge de plus de quatrevingts ans, le suivit de près. Ce fut sous son règne que Théocrite écrivit ses Idylles.

HlÉnONYHE.

La vieillesse d'Hiéron avait été troublée par les vices et par les intri-

§ues de son fils Gélon, auquel il tardait 'être maître du pouvoir afin de rom- Sre l'alliance avec les Romains et de étruire l'œuvre de la sagesse et de la prudence de son père. Une mort prématurée arrêta les coupables projets du fils ; mais il laissa un héritier de ses penchants criminels : Hiéronyme, à peine sorti de l'enfance, annonçait déjà les plus mauvaises dispositions , et Hiéron, qui en prévoyait les tristes résultats pour le bonheur de ses sujets^ avait songé à rendre la liberté à ^ra* cuse en anliquant le pouvoir suprénst

L'UNIVERS

Ijbs larmes de sa famUlele détournèrent de ce projet, et Hîéronyme, conformément au testament de son grandpère, monta sans opposition sur le trône. Un des tuteurs qu*Hiéron lui avait nommés , homme rusé et ambitieux , lui persuada de secouer ie joujç des autres et de gouverner par luimême. L'imprudent Hiéronyme suivit ce conseil et entassa bientôt fautes sur Êtutes. Il ouvrit des négociations avec Aonibal, et se prépara à combattre les Romains, dont n avait insulté les ambassadeurs. Une conjuration ourdie contre lui manqua d'abord son effet, 0t coûta la vie à un des conjurés, dont Ja constance au milieu des tourments ne trahit pas ses complices , qui restèrent tranquilles dans Sjrracuse; ils reprirent bientôt leurs projets, et Hiéronyme tomba sous leurs coups. La liberté de Syracuse fut proclamée.

£ile fut aussitôt signalée par des crioies , des intrigues et des orages. Les favoris et la ramilie d'Uiéronyme furent égorgés. On décida de renouveler TalTiance avec les Romains, et d'un autre côté on remit le commandement des troupes à Hippocrate et à Épicyde^ deux ofiBciers qui avaient longtemps résidé à Carthage et qui travaulaient sourdement pour les Carthagiaois. Leurs menées furent d*abord inutiles ; ils furent même chassés de ■Syracuse; mais sans se décourager, ils parvinrent à prendre de Tascendant sur Tesprit des soldats.

Le consul Marceilus venait d'arriver en Sicile , è la tête d'une armée romaine; il débuta par attaquer Léontium, qu'il prit d'assaut et qu'il traita avec la |)lus grande modération. Les Syracusains s^vançaient pour le soutenir, lorsque Épicyde et Hippocrate Tinrent se jeter au-devant d'eux, leur persuadèrent que les Romains avaient aaccagé Léontmm, et ne les attiraient ^e pour les massacrer ; puis, courant a ^racuse, ils s'en Grent ouvrir les «ortes, prirent le commandement, et firent résoudre la ijuerre contre les Eomains, après avoir fait périr les fénénuix qui s'y opposaient.

siûKmE DB^smcm.

A cette nooTelle, Maioein tff; procha de la capitale, et wpsà iaâ inutilement la voie des négoéite il se prépara à donner à la viUeai attaque générale parterre rt^v La pierte de Syracuse semUiit m table, mais le génie d'un seul hoM rendit long-temps inatites U» Ib . efforts de la puissance romiae.^ cbimède, mathématicien, aârnov et mécanicien, «ntrqirltd'aiiéaiArp les ressources de son art toute h»

périorité que donnaient aux Boaài une flotte redoutable, une arméf^»

breuse, et les machines de »iéf>jw en usage. Les moyens qu'il <#?

paraîtraient fabuleux et sort w« inexplicables, lorsque rhistontrtB événements en constatent lesréiw* La flotte et l'armée romaines fin* sur le point d'être anéanties ■» ■ redoutaoles combinaisons. A 1»|^ d'Archimède, les murs de Syf** se couvrirent d'armes terriWei rtj connues, de projectiles ^^^^ effroyable, de harpons, de le«* assez puissants pour soulever «s <>• lères entières, de feux inévitables f détruisaient des bataillons eiit^ Les soldats effrayés n'osaient p»

approcher de ces murs ^jn^est»»^ Marceilus, craicnant de voir pénr s»

armée sans qu elle pût comhittm * borna à bloquer exactement la w^ se tenant hors de la portée des tr»^ Du reste, il chargea Appîus û«^ veiller le blocus et profita de ce i<f d'inaction pour feîre rentrer dai*:

devoir les villes de Sicile qui s'éteH^ déclarées contre les Romains, «t p" repousser Imilcon, récemment o^ que près d'Héraclée avec une «^ carthaginoise. Le eénéral •fr'^'^Jl tait emparé d'Asngente. Cette J^ velle excita un vif enthousiasme «^ Syracuse. Hippocrate sortit a«c «■ partie de la garnison pour fr"Jf jonction avec Imilcon; "naisMarjcjJ^ qui venait de reprendre Hflore «t»|^ besse et de saccager Mégarc, «^ à marclies forcées, surprit BjPr crate, tailla en pièces son détaear

4iCILB;

nent, et Iv força ée' se jetée avec?

pidqiu» ftiijrards dans le camp' df Lnilcon^Celumsi s'était aveané-aa bavd* 1b F Anapos ^ et de là hareelait sans jesa» les Romains. U y eni aussi pluf» Meurs défectiens paniii ies villes sioilieimcs, et quelques-unes forent traitées avec une extrême rieueur.

Cependant le siège traînait en longueur; le Moous d'une ville aussi étendue, communiquant avec la mer par ttois ports, dont on .neixiuvait s'emparer, et n'étant séparée du camp des Carthaginois que par une distance de s^t à huit lieues , ne suffisait pa» pour intercepter tous les arrivages ni tous les secours. Des vivres entraient à tout moment dans Syracuse.

Marcellus voyant déjouer sans cessé tous ses projets , chercha à se ménager des intelligences dans la ville. Il y parvint par le moyen d'un esclave adroit qui s'y glissa comme un déserteur, et qui noua bientôt des négociations avec (plusieurs SyracusainS influents. Le traité et les conditions furent iMissés entre eux et Marcellus; les portes allaient s'ouvrir devant lui, lorsqu'un des conjurés découvrit toute la trame ; ses complices furent arrêtés et mis à mort.

Quelque temps après, la fortune des Romains fit naître une autre occasion, que Marcellus saisit avec habileté et conduisit avec courage. Pendant quelques échanges de prisonniers qui avaient lieu sous les murs delà ville, près du port de Trogile, un soldat moccupé remarqua une tour dont it compta les pierres , et dont il reconnut, par ce calcul, que Tescalade n'était pas impossible ; il courut aussitôt faire part de cette remarque à Marcellus, qui lui recommanda le secret, et qui bt tous ses préparatifs pour tenter l'entreprise dans un moment favorable. Il choisit l'époque des fêtes de Diane , certain que les réjouissances Qu'elles entraînaient et le désordre nés festins feraient négliger les précautions accoutumées, et ralentiraient la vigilance des chefs et des soldats.

Les e( heiles préparées d'avance furent approchées sans bruit à la faveur de

lasuit^ et une partie de l'armée- s' para des murs, sans trouves dis. rasi»tanse.; en marne temps-, un antfo^ corpa ùxFOi les portes de l'Hexapyle.

Au point du jour , Morceikis était maï^ tre des Épipoles^ de Tyché et db IleaK poHs, et le son des trompettes port»

l'effîroi et le désespoir dans le cœur des Syracusains; leurs généraux essayérent encore de se renfermer et de se défendre dans l'Aehradine et éoum Uîled'Ortyeie; Bomiicar, amiral carthaginois, nt voile en toute hâte pour Carthage, afin d'en ramener des vaisseaux et des troupes; enfin Imilcon et Hippocrate accoururent pour reprenidre VÉpipole et ses forteresses;, maia ils furent repoussés.

Cependant Marcellus voyait s'accroître les difficultés, lorsqu'il croyait toucher au terme de ses travaux. Lea assiégés avaient repris courage ; dea maladies pestUentidles qui désolaiei^ le camp des Carthaginois avaient passé dans l'armée romame et en moissonnaient l'élite ; enfin Bomiicar couvrait la mer de ses vaisseaux. Il fallait tout risquer pour lui couper l'entrée du port. Le consul romain n'avait que peu de vaisseaux à lui opposer , mais le vent lui était favorable. Bomiicar, effrayé de se voir attaquer avec tant de résolution , évita le combat et retourna en Afrique. Son départ consterna Kpicyde, découra^ d'ailleurs par le désordre qui régnait dans Syracuse. Il se hâta d'en sortir et se réfugia dans Agrigente. Alors les prin* cipaux habitants de Syracuse, effrayés des malheurs qu'une plus longue résistance allait attirer sur eux, députèrent vers Marcellus pour entrer en arrangement avec lui; les conditions en étaient assez favorables aux Syracusains : ils conservaient la liberté de vivre sous leurs anciennes lois , mais les Romains exigèrent la mort des généraux des troupes auxiliaires ; ceuxci furent sacrifiés à l'instant, et tout semblait convenu et réglé, lorsque Is déserteurs romains , craignant un sort pareil à celui des généraux étrangers, soulevèrent leurs soldats , hrrités déia de la mort de leurs ehefa. Cette soV

L'UNIVERS

datesque furieuse se porta à tous ks' excès , et remplit la ville de terreur et de sang. Cependant Marcellus, qui voulait épargner cette cité naguère si « florissante , parvint à gagner un des chefis de ces bandes, et avec son aide s'empara d'Achradine, d*Ortygie et du port. Marcellus versa des larmes sur le sort de sa brillante conquête , dont farniée impatiente demandait le pillage. Il prit toutes les mesures possibles pour qu*il ne fût accompagné ni de violence, ni de meurtres, ni de la destruction des édifices. Malgré tant de précautions, il yeutquel(|ues victimes, et la tête la plus précieuse aux yeux de Marcellus, celle a*Archimède, ne fut pas épargnée. Vn soldat romain le tua sans le connaître. Syracuse fut dépouillée des chefs-d'œuvre qui la décoraient, et Rome les vit avec sur* prise ; car les arts n'étaient point encore appréciés par les mâles descendants de Romu lus.

Page 1