FRÉDÉRIC
Ce jeune prince,, né dans la marche d'Am dne en 1 19 1 , y fut nourri et s'y trouvait encore quand la mort de son père Henri le mit en possession du royaume de Sicile. Sa mère se hâta de le faire revenir à Païenne, où elle le fît couronner. Pour obtenir Tinvestiture quelle demandait au pnpe , elle mit en quelque fa<,on le royaume et (e sceptre de Sicile dans la vassalité du saint-siége, et par une conséquence de ces concessions, se vovant peu après sur le point de succoniber à une maladie grave , elle nomma le pape luimême tuteur de son (ils, dont el!e conlia l'éducation aux archevêques de Païenne, de Montréal et de Ca^)Oue, et à Gauthier, évéque et chancelier de Sicile. Constance mourut deux mois après avoir tait ce testament. Le jeune roi se vit à la merci de ministres et de chefs ambitieux ; parmi ces derniers se trouvait un général de tnnjpes allemandes, nommé Marcualde,gue Constance avait fait sortir de la Sicile, et ^ui se mit à ravager les états d'Italie, a la tête de ses bandes aussi féroces que lui. Le pape le frappa d'excommunications répétées; il parut se soumettre, et n'en devint que plus actif et plus audiicieux. La Sicile eut aussi à souffrir de ses violences. Le sort du jeune Frédéric pendant ces troubles ne fut pas meilleur que celui de la Sicile; if fut près d'être sacrifié, et sa
détresse fut telle que des habit?'t« Palerme se partagèrent par àr .
et par jours le soin de Dourrj mameureux souverain , jusqu'. rr eût atteint sa septième année, l. .
de Marrualde ne lit que bisser If «' libre à l'ambition d autres cbdv polde, Capparon , le chancel tr thier s'arrachaient tour à tour .
rite, et se disputaient les arnv' main les débris du royaunv- Sarrasins, qui conservaiôatef."'' Sicile quelques gorçes etquWf filés des montagnes, en àrsct « pour faire des courses sur lo :
des chrétiens; enfin les Gfnuh ' Pisans se battaieiàt pour la pc^^ de Syracuse. Le pape faisait « efforts pour rétablir la trano' Sicile et pour raffermir le v^son pupille ; il |)arvint, en I3<ri.
rier avec une princesse dWr.u- .
alliance fournit a Frédèritr if>' de ramener ses ét'its a l\ rJff ' soumission. I$ientot ce{en<<r 1 prétentions à la couronne i:: ^ que son père avait portée, 1- ■ à deux doifîts de sa perle. C' ■ compétiteur, s'empara de \'\\ • annonçait hautement le pn^j'î ser en* Sicile, à la tête de w,: ' forces, que Frédéric était \h'> de repousser , lorsque Pli .; (■' gustc, roi de France, défît u ...
ment Otiion a la batail.ede W*.
Par les suites de cette ^iitiirr'. déric reprit toutes ses esper?:» fut bientôt couronné emi)erfi' ' rè^ne, l'un des plus brillant^ r' mieux remplis dans l'histoire ^ rope, appartient surtout à re.lr j | leinagne, de l'Italie et de fOru-: ' ' Sicile n'occupe qu^une faible \<' ' cette Taste scène. Klle était siu* encore un royaume importan:.
soumis à un prince qui réuniv^*' sieurs sceptres dans ses nuii^ santés, et qui, pendant le cours li gne glorieux et agité, dont h embrassa 53 ans, nVut à s'ocrr ' ' la Sicile que comme d*une pr dont le sort suivait celui de se^ possessions. Cependant à V^^ << ' l'élévation du roi de Sicile à Vcu.;
SICILE
pape s*inquiéta de voir tant de counnes placées sur la même tête, et il îgea que Frédéric fît couronner roi : Sicile son (ils Henri. Frédéric conntit sans peine à donner ce titre à i enfant avec lequel il n'avait pas éine à partager son autorité. Du ste, il ne fit que de courtes apparions en Sicile. En 1231, il assembla 1 parlennent à Messine, fit |)Iusieurs glements d'administration intérieur, et des lois de police contre les iix ; contre les juifs, auxquels il était îfendu de s'habiller comme les chréens ; et enfin contre les femmes de aiivaisevie, pour leur défendre de ; trouver aux bains avec les femmes jnnétes.
Il s'occupait en Italie d'une expédion pour la terre sainte, et le pape onorius III le pressait de bâter son ^part, lorsqu'en 1222, une révolte e;s Sarrasins le fit accourir de noueau en Sicile pour les châtier. L'anée suivante le même motif Ty ramena ncore et l'y retint jusqu'en 1225, sans u'îl pilt parvenir à obtenir de ces peules une soumission entière. Ses déirlés avec les papes, son expédition n Palestine , son retour en Italie , ses raités avec lesaint-siéf^e, son alliance vec saint Louis en 1232 , ses guerres ans le Milanez, sont des faits étraners à la Sicile; la mort même du roi lenri, fils de Frédéric, n'y amena auun ohanî^ement. Kn 1243, les Sarrains tenter t^nt encore une révolte dans e centre de l'île. Frédéric ordonna à es généraux de les poursuivre à ouran*.e. Cette petite guerre dur» jusu'en 1245. Les Sarrasins furent tous éportés de la Sicile, environ quatre iiècles après que leurs ancêtres s'en urent empares. L'excommunication le Frédéric et sa déposition prononcées )ar Innocent IV agitèrent étrangenent l'Al.emaf^ne et /Italie pendant es dernières années de ce règne, et >bl itèrent ce prince à prendre des mesures d'une rigueur excessive contre »es ennemis. Plus de cinq mille personnes furent arrêtées; beaucoup furent brdlées à INaples; leurs femmes et leurs enfants furent entassés dans
les prisons de Païenne, où on les laissa mourir de faim. Frédéric régnait depuis 53 ans, et en avait vécu 56, lors- ?ue la mort le frappa en Italie en 12.S0. 1 fut enterré à Palerme, comme il l'avait ordonné par son testament. Ce fut lui qui fit bâtir la ville d'Augusta, entre Syracuse et Catane; il y transporta là population de Centorbi, qu'il avait fait oétruire après une révolte de ses habitants.
CONRAD. xaSz.
Frédéric avait désigné, par son testament, Conrad , fils de sa seconde femme, pour son successeur, et lui avait donné pour lieutenant dans le royaume de Sicile , Mainfroy , un de ses bâtards. Le papie montra sur-lechamp une vive animosit^ contre le nouveau roi et chercha à lui enlever tous ses états d'Italie, en les faisant révolter. Conrad accourut d'Allemagne , et Mainfroy quitta aussi la Sicile pour venir observer les trames ourdies en Italie, et combattre les ennemis qu'on leur suscitait de toutes parts. Ils ne purent empêcher Naples et Ca|)Oue d'abandonner la cause de Conrad; Mainfroy, sans açpui, sans arjrent, parvint cependant à arrêter ces défections , et se vit même assez fort pour faire rentrer dans le devoir plusieurs des villes qui s'en était écartées. Conrad, qui avait été reconnu empereur d'Allemaîne , conçut une vive jalousie contre un frère qui le servait avec autant de zèle que de t«dent , et ne négligea aucime occasion de lui faire sentr les effets de sa haine. Mainfroy persista, malgré ses persécutfons, à lé servir avec fidélité. Il reprit Waples et (Papoue , qui furent traitées avec sévérité. Peu de temps après, une mort prématurée enleva Conrad , à l'dge oe 26 ans. Il mourut à Amalphi en 1254.
CONRADIN BT MAIIfFROY.
Le règne de Conradin re^rde à peine la Sicile, oii il ne vint jamais; son oncle Mainfroy, qui soutenait
L'UNIVERS
tout le poida des affaires en Italie y et qui luttait à la fois contre la haine héréditaire des papes pour la maison de Souabe et contre la jalousie et les intrigues dirigées contre lui , n'avait pas eu la Sicile dans sa dépendance, d'apès le testament de Conrad. Une révolte des Messinois qui détruisirent Taormine, et le voyage que fit Mainfroy à Palerme pour s'emparer du trésor royal, furent les seuls faits importants qui se passèrent en Sicile iusqu'en 1256, où le bruit de la mort de Conradia se répandit en Italie. Mainfroy , sans approfondir s'il était fondé, s'assura du suffrage des comtes et des prélats siciliens , et feignant de céder à leurs vœux, se fit sacrer dans l'église de Palerme. Le jeune prince, revenu d'une maladie grave, et sa mère , la reine Elisabeth , qui relevait en Alknuigne, firent sommer Mainfroy de quitter un titre usurpé ^ l'usurpateur refusa ouvertement, fit acte de royauté, créa des clievaliers et des comtes, et se forma une armée con^
S osée en partie de Sarrasins. Alexanre IV l'excommunia à ce sujet , et Urbain IV, son successeur, préclia même une croisade contre lui. L'Italie méridionale et la Sicile étaient , par suite de ces débats, dans une anarchie complète. Le pape , décidé à y mettre un terme , otfrit le sceptre de Kaples et de Sicile et promit son appui au prince qui se présenterait pour s'en emparer. Le roi de France et celui d'Angleterre refusèrent ; mais Cliar- Ifts, con)te de Provence et d'Anjou, et frère de saint Louis, l'accepta, et signa un traité par lequel il se reconnaissait vassal du saint-siége (*).
(*) Pirai les engagements qu*it prenait , se trouvait ceint de la présentation soleii- ■elle et annuelle au souverai.! ))Ontife, « d^une belle et bonne haquenée blanche, « en reconnaissance du souverain domaine •• de réglise de Rome sur le royaume de " Sicile et ses dépendances. ■ Ce tribut fut payé arec exactitvde pendant de longues vuiéea; et lorsque les rois de tapies , dana le dernier siècle, mirent fin à cette buiuiliante cérémonie , les papes continuèrent i
CHlRLfiS D'ARIOV. istt.
Le nouveau roi de Sidie se ÏHt^ passer en Italie, où sa présencre^ Secours devenaient d*iine tutc*pressante. Mainfroy faisait do , grès dans la Canipanie, et mf^ nome et le pape de sa ven;»: s'était emparé de l'embouchure i bre et du port d'Ostîe. Peu d'i> pouvaient le rendre maître et F> D'un autre coté, il avait eovt \ la Lombard ie une antre amirf forte pour s'opposer au pa>>..
Charles et des Fronçais; niai> 1:
aventureuse du comte d^Anjuu icerta toutes les combinaisons à* ^ froy. 11 s'embarqua avec m \U valiers , traversa la mer au mili^' i tempête qui débloquait le Tibrf'
Sarut dans Rome, non sans avoir > e grands dangers. Il v tomba n et Mainfroy conçut lesoéraoceisurprendre avant qu'il eut éif rt par les geutilsh.iinmes français ';■ amenaient une armée, et qu il î: :
état de combattre. Mais Charl^ > duisit ses affaires avec prudfr.' habileté. Il Gt harceler >laiiifri'«.
tacha peu à peu ses partisans , et sortit de Home et marcha co[lt^ Ses premiers succès obligèrent «^ val à se reployer ver» ^àples; l"*^ Mainfroy, serré de près par ie> i nœuvres habiles et déterminer* comte d* Anjou, fut forcé de « une bataille «générale près de fituf^elle fut sanglante. Mainfroy > ' y perdit la vie. Il n*avait que '-> Le vainqueur poursuivit les i)de l'armée de Mainfroy jusque i âénévent, ville des états du pai^e. -' n'en fut pas moins traitée coinrelle avait été prise d'assaut. Ui-' trouva le trésor de Mainfroy. t' ' envoya uhe partie au pontiiTf , :' du traitement qu'avaient éprouve h
faire anmiellenent , en grande •o'''' la sommation de présenirr la baqur-.** une protestation contre la non fu< de cette oblication féodale. Le ^éjour <domination cks Français eu Italie oat u^- -' i cet usage.
SICILE
tjets. Les suites de la Ttctotre de [iarlès d'Anjou furent la soumission ; toute ritalie méridionale et de la ci le. Mais les chevaliers provençaux
angevins n'imitèrent pas les Âorands leurs prédécesseurs.
Les exactions, la violence brutale, ividité et la hauteur des Français îvoltèrent tous les esprits ; les peuples ppriinés et les seigneurs italiens huliliés tournèrent les yeux vers le une Conradin, et le firent secrètement nj^ager à venir soutenir le droit qu'il vait au trône de Sicile. Conradin se ûta de se rendre aux vœux de ses nciens sujets. Déjà la Sicile était conuise en son nom, à rexcention dte lessine, de Palerme et de Syracuse.
>a Calabre et la Pouille se dériaraient our lui; un détarhementde son armée vait été reçu dans Rome. Uneexcomnunic^'ition retarda ses progrès, ftîais bientôt, il rassembla de nouveaux •artisans, et se voyant à la tête d'une irmée supérieure à celle de son rival, l lui livra bataille. Elle fut décisive; a valeur française suppléa au nombre; Charles remporta une victoire complète.
Le malheureux Conradin, Frédéric l'Autriche, son allié, et leurs partisans es plus illustres, tombèrent successir'ement au pouvoir du vainqueur. Conduits à Naples, ils furent jugés pour la forme, condamnés à mort, et exé- :utés en présence même de leur im-
fiitoyable ennemi. L'Italie et la Sicile remirent d'horreur de cette sanglante exécution, et tout rentra dans une morne et somlire obéissance. Charles profita de ce calme apparent pour se rendre en Afrique , ou l'armée franraise, ayant saint Louis à sa tête, se trouvait dans la détresse. Le saint roi était expirant, et son fils Philippe dangereusement malade; Charles prit le commandement de l'armée , remporta de grands avantages, et força le roi de Tunis à signer un traité favorable aux Français. Saint Louis avait fini sa glorieuse carrière, et sa mort avait mis la couronne sur la tête de Philippe in. Ce prince et le roi de Sjcile fireivt rembarquer l'armée ; mais une aiïreuse tempête submergea un« partie
de la flotte. Les raisseaux les plus légers parvinrent au port de Trapaui^ où les deux rois débarquèrent. Le cœuf et les entrailles de saint Louis furent portés à Montréal ; et un mois aprèSf Philippe repartit de Messine pour kl France. Thibaut, roi de Navarre, son beau-frère, était mort à Trai pani.
Charles, de retour à Naples, ne regarda plus la couronne de Sicile ^uo comme une annexe insufltsante d un royaume qu'il voulait étendre jusqua dans l'Orient. Il brâlait d'attaquer Michel Paléologue sur le troue de Constantinople; Michel détourna l'o* rage en traitant avec le pape, qu'il mit dans ses intérêts , en lui promettant de faire cesser le schisme grec. Charles fit néanmoins une entreprise contre nilvrie; elle n'eut pas de succès. Mais il obtint, par un traité, le titre de roi de Jérusalem et des droits bien mal assurés sur ce sceptre qui n'était plus au pouvoir des croisés. Enfin, il méditait de nouveaux projets contre l'empereur d'Orient , lorsqu'un événement terrible et sanglant, dont Thistotrea conservé le souvenir sous le nom de lèpres j/c//imAe<y renversa toutes ses espérances.
VÊPRES SICaiEIflfBa. sata.
Depuis le moment où la défaîte et la mort de Conradin et les exécutions sanglantes qui en furent la suite avaient assuré au comte d'Anjou le sceptre de Sicile , Naples était devenue la capitale d'un nouveau royaume, et Charles envoyait en Sicile des gouverneurs qui traitaient cet ancien et noble domaine de^ rois normands, comme un Cays con(|uis , dont les vainqueurs semlâient faire leur proie, et envers le- Îuel ils se croyaient tout permis.
.es exactions continuelles, l'exclusion des Chartres, le mépris des usages et des mœurs poussé jusau'à la licence la plus effrénée, les violences de toute espèce , rendaient la domination française en horreur aux Siciliens. Us avaient plus d'une fois porté leurs plain« tes aux pieds du tiAoe. Charles parut
L'UNIVERS
d*abord en être touché, s'en offensa bientôt, et finit par les punir comme des insultes : alors ie désesi)oir et la fureur s'emparèrent de tous les cœurs siciliens. Une seule pensée, celle de la vengeance , cette autre ame des peu-
g les méridionaux , fermenta chez ces ommes outragés. Un d*eux se cliargea du soin de délivrer sa patrie; il se nommait Jean de Procida. Sa famille, considérée à Salerne, avait à se plaindre des Français : on croit même que sa femme avait été victime de leur licence. Doué d'un caractère énergique et entreprenant , d'un coup d'œil rapide et prompt, il embrassa d'un regard d'aigle la situatiou des souverains qui pouvaient seconder ses projets. Les difficultés, les distances disparurent devant lui. SOr de l'assentiment des principaux Siciliens, il courut, déguisé, de l'occident à l'orient, pénétra près de l'empereur de Constantinople, Michel Paléologue , qu'il associa à ses projets , revint à Rome , obtint la sanction du pape Nicolas III, et passa aussitôt en Espagne pour offrir à Pierre, roi d'Aragon, la conquête de la Sicile. La mort du pxpe, et son remplacement par Martin IV, dévoué à Charles d'Anjou, contraria un moment les projets de Procida. Pierre hésitait ; Procida retint près de lui , l'enflamma de l'ardeur qui le dévorait, et régla de concert avec lui les moyens d'exécution et les prétextes dont ils seraient colQtés. Le roid'Aragon fei-
f;nit de préparer une expédition contre es Sarrasins d'Afrique ; elle n'excita aucune méfiance , et l'infatigable Procida repassa en Sicile pour y fomenter encore plus la haine et la vengeance. Son succès fut horriblement complet.
Il n'est pas probable cependant qu*il eiU médité toutes les scènes de cette affreuse tragédie, ni qu'il eût fixé l'Iieure de ce sanglant dénodment, comme quelques historiens l'ont raconté. Mais il suffisait sans doute de la disposition où se trouvaient les esprits , pour gu'une étincelle allumât d'une manière imprévue ce foyer terrible. Le mardi de Pâques , 30 mars 1282, une foule de peuple et d'habitants de
Palerme se rendait à iinedia|(11eeV gnée de la ville d'environ six cn^ pas, pour y entendre les vêpres, <4vant une dévotion habituelle. Qjtçf dant le gouverneur de Palerm, i^ de St.-Remi, inquiet des svmpt < sinistres qu'il avait reoiannjfs d^^ quelque temps, avait oraonoe soldats de prendre carde à cf que peuple ne cachât point d'armes. U cenee militaire profita de cet ordrr [• insulter les femmes en les fouiii Un militaire s'étant adressée une ^i fille de condition qui se rendait ^ i chapelle au milieu de sa familif . ^ cris ameutèrent les citoyens ; cr : i le signal d'un massacre affreu\; 'i stylets parurent dans toutes les m . l'embrasement devint général r: i
E rompt, qu'il ne put être fait 3»'i réparatii de défense. Tous le» ïçais furent égorgés ; on n*épan::les femmes, ni les enfants, la lr> ^i" lards : on chercha le sang hMt jusçpie dans le sein des Sicili^ "
3ui se trouvaient enceintes. 1^ ^ e Sicile suivirent aussitôt Ihorr:
exemple donné pur la capitale. \f gouverneurs furent ma<îsaciT>;[r*^ que tous s'étaient attiré la bain' Siciliens. Il n'y en eutquedeind':- '
Î;nés : leurs vertus et la noblfî^^ i eur conduite désarmèrent les a^^' sins. L'un se nommait Guillnuni^ Porcelets, gouverneur de Cal «te::
et l'autre Phib'ppe de Scamandrt .
se trouvait à Messine. Celte v ainsi que Taormine , fut d'abord n tenue par la présence d'une ca^■ assez forte. )lais les Palennitains?^ envoyé des gens armés pour si>Ui* le mouvement , ils prirent Taoni et massacrèrent la garnison, etbi^'^' Messine se souleva. 1^ pouvenK-ur' les Français se retranchèrent é<ii.' forteresse de Matcagriffon , n ai> i-^ furent forcés et passés au Gl <ie pée. Une seule ville, celle de S|>fr gue, dans le centre de la Sicile^ >• nore encore de n'avoir pris W'"' part a cette affreuse bouciierie, et t voir sauvé les Français qui se tn*vaient dans ses murs.
Cependant le roi, tout occupe <>
SICILE
s projets ambitieax , venait d'assem- ;r en Calabre une armée nombreuse, rsqu**]! apprit les horribles détails de
massacre. Dans sa fureur , il ne rdît pas un moment pour en tirer infiçeance. En peu de jours, il trarsa le détroit, s'empara de Milazzo lî n*osa pas réister , et vint mettre stése devant Messine. Le pape meiça les Siciliens des foudres de Féise , et ordonna à ses légats de tout ire pour les ramener à la soumison. L'ivresse de la colère et du sang ^ait fait place en Sicile à la crainte ; à la stupeur. Messine offrait de catuler à certaines conditions. Chars en proposa de terribles, et le ^sespoir ranima les assiégés; ils flrent 3S efforts inouïs. Cependant, ils :aient réduits aux dernières extrémiis , lorsque Procida , dont l'activité s s'était point endormie^ et qui avait >uru en Afrique apprendre au roi ierre d'Aragon la sanjs;lante révoition de Sicile, débarqua à Trapani vec ce prince qui n'avait conduit son rmée (levant Tunis que pour être rét à tout événement. Elle était forte e trente mille hommes. Il marcha roit à Messine, après avoir remis sa otte sous les ordres de Loria, habile mirai dévoué à sa cause. Celui-ci déruisit dans le détroit la plupart des aisseaux de Charles, qui se hâta de epasser en Italie sur ceux qui lui resaient. Des malheurs prives vinrent ncore ajouter à sa mauvaise fortune.
Iharles avait séduit la femme d'un he va lier français, Hugues de Clernont, qui s'était attaché à son sériée ; celui-ci, pour en tirer vengeance, pia un moment favorable, se rendit iiaitre d'une des filles du roi, brillante le jeunesse et de beauté , et la viola. A se réfugia ensuite, avec sa femme et ion Gis, auprès du roi d'Aragon qui 'accueillit. Ce fut lui qui devint , en >icile, la souche de l'illustre maison le Clermont
Cependant Charles attendait en Caabre les secours que le prince de Saerne, son fils, était allé chercher en France. La fleur de la noblesse française accourait sous les drapeaux du
roi de Naples. Pierre voyait avec inquiétude l'orage qui se formait contre lui. Il chercha les moyens de le détourner et de gagner du temps , en envoyant à son rival un défi solennel qui ne pouvait manquer de séduire 1 esprit chevaleresque de ce prince.
Chacun des deux rois devait se rencontrer en champ clos, à la tête de cent chevaliers, dans un pays neutre, et la Sicile était le prix de la victoire. Du reste, la ville de Bordeaux fut désignée pour le lieu du combat, et le jour indiqué, le premier juin ,1283.
En conséquence , une trêve fut signée.
C'était là le seul but du roi d^iragon , et la bouillante ardeur de son ennemi donna complètement dans le piège. liC pape fit passer en vain à Charles des avertissements réitérés, et s'opposa de toute son autorité politique et religieuse à ce bizarre projet. Le roi d'Angleterre, choisi par les deux rivaux pour juge du camp, refusa également le rôle qu'on lui proposait.
Rien n'empêcha Charles de se trouver, au jour marqué, au rendez-vous. On se doute bien qu'il y arriva le premier avec les cent chevaliers; Pierre, de son côté, partit pour la France, parut près de Bordeaux , feignit qu'on avait ourdi contre lui une noire trahison , et s'éloigna aussitôt. Les deux rivaux s'accablèrent de manifestes injurieux.
Cependant le pape employa tour à tour les excommunications et les promesses pour ramener les -Siciliens à l'obéissance envers le roi Charles. Ses efforts aboutirent à exciter en Sicile quelques mouvements qui furent promptement réprimés.
Cependant Charles et son riva! auraient voulu intéresser l'Europe entière à leur querelle. Une flotte fran- Saise entreprit de dégager Malte et 'attaquer la Sicile; mais l'infatigable Loria se mit* à sa poursuite et lui présenta le combat. La victoire fut vivement disputée. L'amiral fran^is, séparé d'une partie de ses vaisseaux, aborda celui que montait Loria , renversa tout devant lui, et d'un coup d'esponton cloua sur le pont le pied de l'amiral sicilien. Celui-ci arracna le
L'UNIVERS
fer et per^ son ennemi. Ce f\it le sienal de la victoire, la flotte française fut complètement défaite, et Malte se rendit aux Siciliens. Loria victorieux courut aussitôt se présenter devant Naples « où le prince de Salerne commandait en Tabsence de son père qui 5e trouvait en France. Celui-ci lui avait écrit de ne pas risquer de combat contre un marin si redoutable , et lui promettait un renfort de vaisseaux ; Loria intercepta la lettre , parvint par ses ruses et par une incertitude afrectée dans ses manœuvres, à exciter l'imprudente ardeur du jeune prince, et à l'attirer en pleine mer. Le prince de Salerne fut aéfait, et contraint de se rendre, au moment où sa galère, percée sous l'eau par un habile plongeur sicilien, coulait à fond. Loria conduisit son prisonnier en Sicile. Le peuple demanoa sa tête avec tant d'acharnement que, pour le sauver, la reine Constance d Aragon fut obligée de le faire transporter en Espagne, où on l'enferma dans la prison de Barcelone.
Tant de revers et de chagrins accablèrent enfin Charles d'Anjou. Il moarut peu de temps après, à l'âge de soixante-cinq ans, à Foggia dans la Capitanate.
PIERRE D'ARAGON, laSS.
Malgré la mort de son ennemi, Pierre ne put jouir en paix du sceptre
Îue la fortune venait de lui donner, .e redoutable Loria défendait les approches de la Sicile, et régnait sur les mers d'Italie et d'Espagne. Le roi de France voulut attaquer Pierre au centre de ses états, et marcha vers 1* Espagne. Mais, sur ces entrefaites, Pierre mourut et laissa la Sicile à son second fils Jacques.
JACQUES, iaS6.
Ce jeune prince se trouvait alors à Palerme près de sa mère, la reine Constance. Le pape excommunia aussitôt le nouveau roi; les Napolitains, soutenus par les Françiis , urent une
descente entre Cattiae et ymn Ce fut encore Loria qui swt3 t- * cile, et qui à son tour fit tronlr pies , après avoir battu une ikr/ doutabie que montât la plu^' noblesse de France et de >>;> jeune roi profita de ces lui*.
passa en Ititie et allait se rfiMlr* tre de Gaëte, lorscpie le rm déterre se rendit médiateur Ht parties belligérantes, et crr traité de paix en vertu di.
prince de Salerne, devenu n-:-.
Îiles, sous le nom de Charles H.
it des prisons d'Espa^. 1' Jacques retourna en Sidlf, à couronne lui fut assurée. Im:"' convention qui s'était conclue son intervention , le pape la r?'^ fulmina de nouvelles bullei <!-"• munication contre le roi de s les princes d'Aragon. La cik^ lait de nouveau embra&er • ' lorsque la mort du roi àr^ changea la face des affaires. J > prêt à succéder au trône d' ^n se montra disposée réunir dfn la Sicile au royaume de >?('• * épousa une des filles de Dur long^-temps son ennemi , et r^" ' me indemnité la C^rse , la V' ' et cent vingt-cinq mille man^ < gent. Cependant les Siciliens nJ' pas oublié l'horreur que leur n la domination français, li^ t*** rent Frédéric, le plus^une o<*l ces d'Aragon, de saisir le ^* qu'abandonnait son frère, et. ' les menaces du pape, Frfii'!
proclamé roi de Sicile, en 12%