‹ ItalieChapitre 3 sur 31 · QUINZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

QUINZIÈME SIÈCLE

loilKT, IlBCTCOA PALATIX , 11.0 XMP«ftSV&. —

Mort bb Jbav GâxiAs. — Sov toTMAtr. —

ntSCtIWIoV »% LA CATa^DBAbB OB MlLAV. — ÎNtAlUBT BB JbaV GaLBAS.

I^e signal de iK>uvelle$ révolutions

arrive de rAUeroagne. Le 20 aodt 1400 , quatre électeurs déposent Venceslas, et ils élisent, pour le remplacer, Robert, électeur palatin. La capitutetion imposée au nouvel élu le forçait" à intervenir dans les affaires d'Italie. On pensait à remplir le trésor impérial aux dépens de la Péninsule; on disait que les revenus de Florence , de Venise et de Gênes sur-

Sassaient ceux des ducs d'Autriche et e Bavière, et que les richesses de Jean Galéas étaient plus considérables que celles de tout l'Empire. Cela était vrai. On n'évaluait pas les trésors de Venise , parce qu'on n'était pas assez fort pour lui rien demander; de plus, on voulait anéantir l'investiture accordée à Jean Galéas. Florence et François de Carrare applaudissaient à ce vœu. Galéas, alors, s'attacha à gagner le médecin de Robert, et l'engagea à empoisonner le nouvel empereur. Le médecin allemand dénonça ces propositions à son maître. Robert descendit en Italie avec une armée nombreuse : mais Jacques del Verme, courageux et fidèle général d'un prince lâche et méchant, ayant obtenu des succès, l'empereur fut forcé à la retraite. Le pape appela en vain des secours de Naples contre Galéas; Venise, couverte par la capitale de Frani^is de Carrare , se bornait à des conseils ; la France ne risquait pas un soldat hors de Gènes; Florence et le seigneur de Padoue allaient succomber, lorsque de nouveaux événements semblèrent venir à leur aide. Une recrudescence de la contagion se manifesta en Lombardie. Galéas, à Texem- Kle de Bamabo, alla se réfugier à larignano, où ce dernier s'était garanti de la peste dans une semblable circonstance; mais la contagion l'y atteignit, et il mourut le 3 septembre 1402. Cette mort délivra Fltalie de toutes ses craintes, et rendit le courage à Florence et à François de Carrare , qui avaient résistié si noblement à la tyrannie du seigneur de Milan.

Jean Galéas fut un conquérant souvent heureux, parce que, quoiqu'il

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^"fe conGaooe pour loppiM^""-- -j' »^^ues nartieUmti des retrum, ûe ^ défeosfre, et même des batsulieg rwçées. Ce pripce joignit aux vicet am le reodipçat odieux , quelques guabtés qui porteat avec eties de la «raii- ^r : a ^i^it et prolégeait Je? Jet-

^éut if'^ 4^^P^^^ monument» • f (?;, '''* q«' ^ bâtir Ja cathédraû de Milan (*;, ;« citadeiie de pfv^e' Ja

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*|M parce qu'il avaità iSoSS Bologne, Awise et PérousTLa Vé^

nitiens pansèrent à sa déclarer |Riiir les MUanaîs afibibKs.

An mois de janvier 1403 , les Florentin nmnmèlnent dix nouveatix ma- «stxats de la guerre^ appelés les IHx Oe 4a guerre , qni furent chargés de pouffinvre tas imstiiités arec pius de viçueor; leurs efiforts, surtout, devaient se diriger contre Pise. En 1404, le seigneur de Paddue et les Florentins n'eorent pas les mêmes Intérêts.

Venise , qai ne craienait plus Jean Oaléas , voulut se défmre de François.

Les Florentins , occupés à soumettre Pise , n'entendirent que faiblement les supplications de Carrare, qui les appelait sur la Brenta : alors, se voyant dans un grand danger , il envoya à Florence ses deut plus jeunes ils ,' Uèertino et MarsSio , ainsi que ses enfants naturels, œax de ses frères*, ceux de son fils Jaeaues; il y fit pass^ aussi ses foyaux oe prix et une somme de 80,000 florins d'or. TYanqnille sur le sort de cette partie de sa famille , il attendit les événements de la guerre. Vérone, oue défendait son fils Jacques Carrare, fort investie , attaquée et prise par le célèbre Jacques uel Verme-, Padoue ftit assiégée par une armée combinée milanaise et vénitienne. Les paysans du Padouan^ avec leurs troupeaux, s'étaient rénigiés dans la ville, qui avait été bîentdt ravagée par une maladie contagieuse. Jacques del Verme somma François de se rendre. Il allait accepter des conditions honorables, lorsqu'un envoyé des Florentins lui annonça qu'ils espéraient acheter, de Gabriel-Marie, la ville de PiSe, et que sans doute , après cette acquisition , ils aeoonrraient au secours de Padoue, en alliés animés d*un ancien dévouement. Ce fut la eonfiance chevaleresque que François mît dans . cette promesse qui hâta sa perte. Déjà la Brenta ne coulait plus dans Padoue :

des ingénieurs milanais l'avaient détournée de son cours, et les moulins de la ville demeuraient à sec. Le 1 novembre , les Vénitiens donnèrent un assaut général. François renversa luimême , d'un coup de lance , leur commandant ; les assiégeants furent repous-

sés :aéaimoin8, la disetle et la peate fiNsaieBt'Aoorir ton les Jours de nombreux faabftai^. Fnnçms Ttrzo supplia son pèrs de se rendre; mais Carrare se soirrofuiit de son exil, des soi^anees de sa famille, des plaintes <de Taddée, de ramertume eu pain étranger. Il disait qu'il auiradt des secours de la France, du roi de Hongrie, de son frère Carrare, qui étaK au service de Ladislas, roi de Naples:

il nommait aussi, miys avec fm de confiance, ses chers , ses nobles, seë courageux Florentins. Au milieu de^ tous ces dangers, des traîtres ouvri- 1 rent une porte à Jean de Bettramino. ' Celui-ci conmienca par égorger ces traîtres, qui le gênaient sur son passage, puis il fit approcher les troupes vénitiennes, qui cependant n'osèrent s'av^icer dans la ville. Il restait un second rempart à défendre ; Franooisy appelleses gardes les plus fidèles. Le tocsin sonne de toutes parts; on s'assemble confusément sur la place Salone ( voy.

pi. 39) (*) ; mais la fortune ne veut plus

(*) L« pluicbe 39 représente la place de Padoue , sur laquelle est bAti l'ancien grand palais dit aujourd'hui il Salone, parée qn*0Q y voit une des plus vastes pièces qiie Ton

{misse trouver en Italie, et mégie dans toute 'Baropc. Le grand palais est an centre de la ▼ille, dans one longue place entourée de portiques, â peu près dans toutes ses parties. On commença cet immense édifice dès 1179; quand les fondations furent sorties de terre, on abandonna le travail jusqn^en YS09 , époque oà on le reprit. En 1919 il fut voûté; en idoOon le reeouvrit en plomb, après avoir mieux assuré la voûte. Ce fut un frère ermite de f ordre de ^int-Augnstin , hotome très -expert en architecture, qui exécuta cette merveilleuse entreprise. En même temps on ajouta deux bas-côtés. Un incendie consuma la voûte en 1420 ; le sénat de Venise la fit reconstruire. Alors on démoKt detn murailles qui partageaient le Salone en trois parties , ee qm lui donna plus de majesté. En 1756 un ouragan enleva toote ht couverture ; le sénat la fit rétablir , et ajouta ' une méridienne. La forme de Tédifice est rhombeidale(parallélQgramme dont les cdtèft sont eontigus , et les angles inégaux); sa longueur est ae 3oo pieds, sur xoo de largem^. La voûte n'est soutenue que sur de gros ap-

proposait de rdëguer les princes en Cafîdie. On proposait une détention perpétuelle dans Venise. Un troisième parti voulait la mort. Jacques del Verme, apparemment jaloux de la gloire de François, appuya cet avis de raisons semblables à ceUes qu'avait données le juge provençal qu» avait condamné Conrabdin en disant , avant de lire la sentence : « Mors Carradim, vUa CaroU. La mort de Conradin est iavie de Charles. » Del Verme, qui aurait mérité le sort de ce juge inique, représenta au'il ne fallait pas s'exposer à craindre 1 inconstance des Padouans , et à voir des princes redoutables par leur talent, leur génie, et de grands exemples héréditaires, reconauérir leurs états une seconde fois. Del verme finit ainsi : « Je ne vois de prison sûre « avec les Carrare , que la prison du « tombeau. »

It y avait là une férocité d'inquisiteur ; le tribunal des dix évoqua l'anaire: c^était prononcer une sentence de mort.

Dès ce moment , on ne trouve plus de traces de procédure. Le IGjanvier 1406, un moine fut introduit dans le cachot où était enfermé le seigneur de Padoue, et vint l'exhorter à recevoir la mort avec couraee. François se livra d'abord à des &ansports de fureur et d'indignation, puis il s'apaisa, se Jeta aux genoux du religieux , se confessa , reçut l'absolution et la communion.

Quand le prêtre se fut retiré, deui des dix et deux de la quarantie entrèrent, suivis de bourreaux et de leurs aides , au nombre de vin^t. Carrare, hors de lui , voulut se défendre ; il s'arma d'un escsd)eau de bois , et il en frappa ceux qui s'avancèrent les premiers.

Accable par le nombre , saisi par les mains, par les bras, par les vêtements, renversé, il fut étranglé avec la corde d'une arbalète. Le lendemain , on l'ensevelit honorablement dans 4'église de Saint-Étienne des Ermites. « Fran- « cois, suivant Gataro , son historien, « était de taille moyenne, bien pro- « portionné^ quoiqu un peu gros. Son « visage était orun et un peu sévère , « son langage élégant , son caractère « doux et miséricordieux, ses con-

« naissances étenduet et yarléas, ton « courage héroïque. »

Le jour suivant, le même confesseur alla prévenir les deux fils de Carrare de se disposer à la mort. Ils s'embrassèrent tendrement, reçurent la communion ensemble , et s'embrassèrent encore une fois. François Terzo, l'héritier légitime , fut exécuté le oremier, là où avait péri son père; Jacques y fut conduit ensuite. Il demanda la permission de recommander à Dieu l'ame de son père et celle de son frère, et d'écrire à sa fennne pour la consoler de son malheur : ensuite il avança la tête et la tendit au lacet. Le soir même on prit le soin fort inutile de répandre dans la ville que les trois princes venaient de mourir de mort subite.

Il restait à Florence deux fils I^itimes de François. Venise fit publier à son de trompe qii'elle donnerait quatre mille florins d'or à celui qui livrerait vivant l'un ou l'autre de ces princes , et trois mille florins à celui qui les tuerait. Quelles mœurs puUiques I et quelle puissance alors, excepté celle de la religion, pouvait arrêter de tels forfaits ! Il ne se trouva en Italie aucun assassin assez vil pour répondre à l'invitation atroce qui poursuivait si cruellement la noble famille. Florence ne cessa de protéger ceux que François avait remis à la foi de la république. Ubertino , l'ahié , mourut de maladie en Toscane, âgé de dix-huit ans ; Marsilio essaya de rentrer dans Padoue ; mais il rut trahi , arrêté , conduit à Venise, où le conseil des dix lui fit trancher la tête le 24 mars 1435.

Les Vénitiens , à la suite de cette guerre, occupèrent Bellune, Feltre, Vicence, Vérone, Padoue et Rovigo, c'est-à-dire tout le pays renfermé entre la Piave , les montagnes , le lac de Garde , le Pô et les lagunes. Void les Vénitiens dans la position qu'ils conserveront à peu près jusqu'à nos jours.

Les tuteurs de Jean-Marie et de Philippe-Marie Visconti les faisaient soigneusement élever, le premier à Mi- Ein , le second à Pavie. (Voy. pi. 40 ) (*}.

(*) On Toît la cathédrale d« PaYÎa sur la

ia comtesse Mathilde. ) Nous avons représmité un pape remettant ie stoeco^ ou répée de oommaBdeaient, à un doge agenouillé. ( Voy. même fd, ) Pour continuer à Élire connaître d'une manière plus précise quelques-uns des principaux personnages qui viennent de passer sous nos yeux, ou qui nous suivront jusqu'à la fin de cet ouvrage* et pour taire oomprendre nos explicatk)QS à la fois* par Tesprit et surtout par les yeux, grâce au secours du dessin , oompagoon fidèle de notre récit , BOUS donnerons ici , et toujouis d'après des autorités authentiques , le costume de deux hautes puissances ecclésiastiques* celui d'un cardinal et celui d*un archevêque ; enfin ceux d'un cbanoine, d'undommicain, etd'un chartreux au»iuel8 nous joindrons celui de Qmabué. ( Yoy. pi. 41) (*). Par la même

(*) Le eudiaal (A) repréienté ici porte les habita tds qv'oo lei observe sur les peintures du tcmpflL Ce fot Booiface YIU qui attribua aux cardinaux le manteau écai^ ùie. L*habit n'est pas tout-i-fait taillé de la nêoke luanière qu'aujourd'buL La forme du chapeau a été conservée. Ce costume est sans contredit le plus magnifique dout niomme puisse être levèlu : il a toute l'ampleur, toute la dignité des vêtements orientaux , et la couleur pourpre sera toujours edie qui Imposera le plus de respect.

L*archevêque (E) est ici revêtu de Vau6ê, robe Uandie de hn qui traîne i terre. Sa daimaii^ue a la forme d'une croix , et elle est ouverte mr les côtés. Le costume , en gêné* vaâ, a subi quelques variations pour le roobel, et pour V^ptUHum, ornement de laine blanrha , semé de croix noires , et envoyé par le napa è chaque archevêque.

Le GDaiMina (ff) a les véteaients que les chanoines partaient fn i36S. Le dessin a été pria du tombeau d'un chanoine napolitain , enterré cette même année , dans l'église de Sainte-Cécile à &oma, qui appartient aujourd'hui aux relig^uset béôédictines.

L'institution des chajùlres de chanoines, qui se propagea en Italie dans le neuvième siècle , n'ajouta pas peu d'éclat au culte extérieur de la rehdon. LHisage de la nsalmodie était déjà établi dans le deiigé séculier ; d y du temps des barbares , il n*y avait presque pas d (gtiia paroiisiaW dans hi YÎlte ^

raison , nous offrirons le dessin exact d'tme statue de Charles d'Anjou, roi de ?ïaples , que nous ayons vu nona* mer sénateur de Rome ( voy. pag. 96} : cette statue curieuse sous le rapport de l'art, est encore placée dans la grande jsalie du tribunal sénatorial , qui , malgré la solennité de ce titre et la place d honneur qu'il occupe aujour^ d*bui.au Capitole à Rome, n'a cependant qu'une juridiction civile fort restreinte. ( Voy. pi. 43. ) Sur la même

Èndie on remarquera une dame no»

roiDaine , et une dame noble siei> noise ^**). Rome et Sienne sont les deux villes où Ton dit que les fenunes

au dehors, où l'on ne chantât la messe ei quelque partie de roflice divin les jours de iete. Mais , depuis Tinsiitution des chanoines, les fonctions du culte commencèrent i se faire avec plus de régularité et de dignité , et les cathédrales retentirent du chant grégorien. 11 y eut même des églises dans les villes et dans les bourgs où l'on établit des chapitres de chanoines (ce qui leur fit attribuer le nom de collégiales), pour donner plus de majesté à la célébration du culte divin. Le concours des fidèles dans les églises devint encore bien plus considérable, après ou'on y eut introduit généralement Tusage des orgues, apporté, pour la première fois , de l'Orient en Italie, sous le pape saint Yilalien, en 67a (voyez page 0).

Le dominicain (B) est copié de la pien*e sépulcrale du septième maitrc du sacré palais, mort le 7 mars i3oo, Tannée du jubilé de Boniface YIU. Le portrait du moine est exécuté sur ce tombeau, en mosaïque, et nous permet de juger comment cet art était cultivé k cette époque. La timique et le scapulaire sont blancs. Le manteau ouvert depuis la ceinture est de couleur noire. Je ne sais pas pourquoi l'artiste a donné à ce moine cet air irrité qui est peu convenable.

Le chartreux (C) est habillé comme 00 Test aujourd'hui dans $on ordre.

Cimabué ^D). Le portrait de ce célèbre peintre a été peint par Simon Memmi, à Florence.

(**) La dame romaine est la femiae et Lue Savctti, morte en x3i5.

La noble siennoise, empruntée à une peintore de Sienne, parte une couronne d'or •or un bonnet jaunAlre.

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•uu au«v-««« poumÛTÎt Ladislas, qui rerint à Naples , plein du désir d'augmenter les dépendances du royaume dont il était forcé de se contenter.

L'État ecclésiastique, surtout, devint Fobjet de sa convoitise. Le roi s'avança vers Rome, et il en demanda la seigneurie à une partie du peuple révolMe contre le pape Innocent VII :

les autres Romains, craignant Tau* toritédes Napolitains, mirent en fuite Ladislas, qui, avant de se retirer, incendia quatre quartiers de la ville.

En 1408, il reparut près de Rome, et, par la trahison d'un Orsini, il pan int à s'en emparer. Cette usurpation excita une grande surprise dans la durétienté, et détermina toutes les puissances à provoquer la réunion d'un concile où devaient se terminer les différends qui tourmentaient TEçlise.

Vinst-deux cardinaux de l'obédience régulière et de l'obédience de l'intrus, quatre patriarches, douze archevêques, quatre-vingts évéques, les généraux de plusieurs ordres de moines, quarante et un prieurs, et quatre-vingtsept abbés de monastères s'étaient rassemblés à Pise. Les ambassadeurs des rois de France , d'Âneleterre, de Pologne, de Portugal, oe Chypre et de Bohême , ceux de Venceslas , qui prétendait au titre de roi des Romains, et ceux de Louis II d'Anjou , qui prétendait au titre de roi de Maples, étaient déjà arrivés. Robert, l'autre roi des Romains, et Ladislas, l'autre roi de I^aples , envoyèrent aussi leurs députés à Pise. Il y eut encore des ambassadeurs de Castille et d'Aragon. Ce fut alors qu'un pape universel fut proposé à l'Édise, dans la personne u'Alexandre V , comme nous l'avons dit ; mais les dissidences durèrent encore jusqu'en 141&, époque où le concile de Constance les termina en recevant une abdication solennelle de Grégoire XII.

Cétait Ladislas qui avait en^gé ce pontife à retarder son abdication. Ce prince paraissait vouloir jouer le rôle de Jean Galéas; et, comme lui, présentant que sa plus redoutable ennenûe serait la république de Florence , il

11* Lifrmson, (Italii.)

lui dédara la guerre. Élevé dans des discordes civiles , sans foi , mais doué de courage , il croyait qu'il ne oom« mettrait pas les fautes qu'on pouvait reprocher à Jean Galéas, et il allait jusqu'à aspirer à la couronne impériale , que la couronne de Hongrie , disait-il , posée pendant quel<jue temps sur sa tête , lui avait laisse voir de près. Il s'agissait de renverser deux faibles concurrents, Venceslas «t Robert; enfin, il prenait ces mots pour devise : « JtU CœsoTf aut nihiiy ou César , ou rien. » JNous verrons cette forfanterie imitée par César Borgia , et avec tout aussi peu de succès. Ladislas occupait Rome, où il voulait être sacré ; il fallait seulement que le bruit de ses conquêtes arrivât jusqu'aux électeurs d'Allemagne. Pour cela , il suffisait de se rapprocher d'eux : il marche sur Pérouse ; il outrage les Florentins, dont il sait oue les plaintes sont toujours portées au loin ; il leur or^ donne de se soumettre immédiatement :

« Quelles troupes avez-vous à m'op- « poser? dit Ladislas à leurs ambassa- « deurs. — Quelles troupes ? répondit « Barthélemi Valori , un de ces ambas- « sadeurs. Les tiennes ! » En effet , les Florentins, riches, et négociateurs adroits , étaient assurés d'attirer facilement dans leurs rangs, par l'ofi^e d'une solde considérable , les condoû- Ueriy qui formaient une grande partie de l'armée napolitaine.

Les dix de la guerre à Florence nommèrent généralissime Bracdo di Montone, brave noble de Pérouse, qui s'était déjà distingué dans divers combats. Il avait ordre de ne pas livrer de batailles , de tailler en pièces les maraudeurs, et d'empêcher La* dislas de se procurer d'abondantes provisions. Cette sorte de calcul habile affaiblit l'armée du roi , qui fut obligé de retourner à Rome. Alors les Florentins appelèrent en Italie Louis II d'Anjou , qui continuait de réclamer ses droits de roi de Naples. Ladislas , loin d'avoir à penser a la couronne impériale , eut a préparer les movens de se défendre dans sa propre capible.

Alexandre Y reconnaissait Louia U

L'UNtVCnS.

rollérituMtet il lui dtebak

Mtfdôn de l*É|dise ^ c'est^nHie te déetea gënéralissinie des trempes db saint*8léoe. Louis, assisté de Bhkh ^ di llontene ^ entra à Montéfias^.

cène el à Viterbe; Paul Orsini , qui commandait à Rome pour Ladislas , l'abaiidoniia, et livra aux Florentins k ctiâteau Saint-Ange et la cité Léonine. Le comte de Trola, plus fidèle mie Paul Oraini , continua de défcn-r «re le passage du Tibre. Louis II manqua de l'énerde nécessaire dans ces ciroonstanees de troubles y où tout appartient souvent à Thomme de gé* nie qui veot renverser les obstacles, et il se retira à Pise, pour aller de là en Provence, rassembler une autre arnpée. Malatesta, général florentin, et Braocio di RIontone , plus hardis, persistèrent à attaquer Rome, et s'en firent ouvrir les portes le S janvier 1410. La bannière au lis d*or de Florence flottait devant Tarmée. L'occu^ pation de la ville ne donna lieu à au* eone scène de d^ordre. Des ambassadeurs romains allèrent à Florence remercier la Seigneurie du courage et de la bonne conduite des troupes.

RKV«t.T« »M Qtiois c«irT&a asa FmAVÇAU. -•

LOOU II LAIMB Mi DaOIT» A Louil 111 , SOV VtU.

— Motr BK LAOi&x.Aft. — Ji&k-Ma.uBi ftoe t>t

» »m MiLAV» li-ovM SiATBix Tkko*. — Lb ***« JxàvXXlII.— L'BMrmBtBSiouiioaB. — Gabbibo ^onàoLO. — CoMCiLft DcCoBSTAiretf. — MabtxiiV.

— Lbs Colovva, I.M Oastkt.

Tant que Boncicault avait occupé Géneaau nom de la France, tesoomnunieations entre la Provence et la Toscane avaient été faciles , et le roi Louis pouvait avec sécurité traverser la mer de Lfgurie avec ses soldats.

Mais ka Génois commençaient à sentir ateCi douleur et avec indignation le joug auquel ils étaient soumis. En 1409, le peuple prit les armes, les Français furent attaqués , presque tous Biaasacrés avec cruauté , et le marquis die Montferrat fut nommé chef de la népoblknie , jusqu'à ce que lui-même devint 1 objet de la haine du peupk.

Sur-le-champ la république contracta One aUiaufit axée Ladislas, et promit

d^hitifoeplerleB seenuMqneteaFlovvAtins pouvaient recevoir de Marttill«« Le roi Louis II en était parti avœ douze galères. Il transportait sur cette flotte un grand nombre de chevaliers , avec leurs armes, leurs chevaux, et les sommes nécessaires pour pa jer la solde pendant un an. Son arrièregarde, rencontrée par les Génois , lut faite prisonnière, et conduite à Porto Venere. Louis , qui avait échappé , chercha à se rendre à Naples, mats il se vit repousser. Il alla alors à Boloene , où se trouvait le pontifb Jean X;?tlII. Les Florentins, mécontents de la mollesse avec laquelle leurs alliés avaient commencé et continué la guerre, se décidèrent à conchire la paix avec Ladislas, le 7 janvier 1411. Louis d'Anjou, malgré l'abandon des Florentins, se hasarda à foire encore la guerre. 11 battit Ladislas près du Garigliano : mais les vainqueurs ne surent pas profiter de hi victoire. Le premier Jour, tout le ro|faume, et même la personne de Ladislas, étaient oomme au pouvoir de Louis d' Anjou ; le second tour, la personne de Ladislas était délivrée; le troisième jour, les fhiîts de la victoire étaient perdus. Les Francis, jaloux de se procurer de Tarifent, vendaient à leurs prisonniers, pour quelaues mcmnaies misérables, leur rdierté et leurs armes. Ladislas envova des agents qui conclurent avee empressemont de tels marchés, et, en peu d'heures, il racheta ainsi |^que toute son année. Btenidt Louis se trouva à son tour bloqué. Ses troupes demandaient une paie (ni'elles ne méritaient plus. Il se vit oMi^ de se retirer, repassa en France , et mourut en 1417, sans avoir pu faire d'autre tentative sur le rojraume de INaples , après avoir déclaré qu'il laissait ses droits à Louis III, son fils aîné.

Jean XXIU était abandonné de tous ses amis. Les Florentins lui accordèrent leur aoput. Ita s'entrenùrent pour traiter de la paix. Ladislas reconnut le nouveau pontife , qui , de concert avec plusieurs princes de l'Europe, aocoroB à ce prince l'investiture du fojamie de Halles. L« pak ne (ut pas

tîÂLIB.

rfê iongtié ÈMfè i «Il I4ts, le n»i marcha sur Rome, «I il pemit le pillage des maisons de oommeree des négociants florentins.

An cOffimeneement de 1414, oe prince , ayant amassé des sommes considérables par des exactions Tîolentes , par la tente de titi^ de noblesse, de domaines et de fiefs confisqués sur les partisans de Louis , rassemnla une armée de quinze mille hommes ; arec lacnielle II entra dans. Rome. Mais la même année, il succomba à une malah die, suite de ses débauches. €e Ait la maison de Milan qui hérita d*une partie de rinfluence qu'il avait eue en

Jean-Marie, fils afné dé Jean Galéas, ne s^était réservé d'autre part au gou« vemement que celle d'ordonner les sup-

S lices. Nourri au miiikïn des forfaits epuis son enfance , |^l-neveu de Bavnaoo , diene fils de Jean Galéas, il avait montré de bonne heure les passions les plus féroces. // jàhcM la ckaue de»

criminels anx chiens courants. Son piqueur , Sqoarcia Giramo , avait fait apporter souvent des lambeaux de cnaîr humaine devant ses dogues, pour les accoutumer à poursuivre et à déchirer des hommes. Un Jour, le duc livra \ sa itieute le fils de Jean de Posterhi , ftgé seulement de douze ans.

Cet enfant s'étant jeté à genoux pour demander grâce, les ehii^ns s'arrélè^ rent, et quoique vivement excités-, ne voulurent pas le toucher. Squarcia Giramo , avec son coolean de chasse, éventra l'enfant , et les chiens refusèrent de lécher son sang et de dévorer ses entrailles. Ces faits sont attestés par miatre historiens, Joseph Ripamontt, Paul Jove, André Billi, et Louis Cavitellr.

La mère de Jean-Marie ayant été arrêtée et empoisonnée par des factieux , fl fora qa'H la vengerait : os* pendant il n*étatt pas , assure-t-on , étranger è ce crime. Enfin , dTautres conjurés attaquèrent Jean Bfarie et le massacrèrent. On croit qn'fis avaient aussi le dessein de fiiire périr Philippe^- Marie, comte de Pavie , son firèl^, et de ttndie l'bérilage des Visëooti à U»

tor, fils natttvel do fiamabo* Sa tfM, Hector, étant entré à Mllan^ y fA déclaré doc par ua parti nombreuuL Alors Philippe-Marie , ayant af^ris ia mort de son frère , et oàle de Facino Cane, tyran d' Alexandrie, son tuteur^ qui laissait une veuve ricbe et une armée puissante , épousa cette veuves Béatrix Tenda , quoiqu'elle fût âgée de 40 ans , et qu'il n'en eât que vingt, et il se vit ainsi à la iéte de rarmée et des trésors de Facino Cane. Hector fîjt obligé de fuir, et Pbllippe-Marie fit son entrée dans la capitale le 16 juin 1411^ soumit ensuite la Lombardie, et vengea la mort de son frère sur ses meur* tners.

L'empereur Sigismond reconnut Philippe-Marie oonune duc de Milans Le pape Jean XXIII admit à sa cour les ambassadeurs du nouveau duc. Ce fut à cette époque que le pontife et cet empereur eurent une entrevue où ils cherchèrent à s'entendre sur les mesures à prendre pour pacifier la chrétienté. Ils visitèrent ensemble Parme^ Pkiisanoe et Crémone. Dans cette dernière ville, qui avait toujours été euelfe, l'empereur ont utile, pour l'attirer dans ses intérêts , d'accorder des privilèges àGabrino Fondolo, quise fiiisait considérer comme le chef. Voici comment le représentant du saint^siége»

ancien protecteur de la ville, et ïemp^ reur, son nouveau Inenfaiteur, forent sur le point d'être récompensés : ils étaient montés tous deux au haut de fat tour de Crémone , d'où la Lombaidit tout entière et le cours nudestueux du Pô se découvrent aux regards ; Gabrino Fondolo f qui n'avait âtytenn que par des perfidies la souveraineté dont il jouissait , eut un moment la pensée dé précipiter le pape et l'era^reut du haut du campanile y pour occasioner dans la cfarétieiité une révdutîon ina^ tendue, dont il aurait pensé à profiter €e même tyran, avant été condâinné ^ avoir la tètotrancnéeà Milan, onze ans

eus tard, par ordre du dnc.Phflippet arie, déclara , avant de mourir, ont son seul remords était d'avoir Moltfment renoncé h dette pensée.

L'histoirs ëdtaiUéfi du cewia dt

da mal, oo fflunèonareiida des ser- ▼îoes, on est bien |)rts de chercher à s*assiirer le pouvoir, pour obtenir rimpunité, ou pour n^avoir pas à redouter l'ingratitude : eh bien ! aucun des membres de ces deux familles ne par^ avoir jamais voulu usurper Tautorité à Rome. Ils étaient , il faut en convenir, tour à tour sujets factieux et sujets fidèles , indisciplinés et obéissants, animés de colère contre quelques pontifes et agenouillés devant quelques autres; mais la dienité du saint-^iége et les possessions dfe Rome forent toujours respectées par ces princes. Nous nous réservons néanmoins de signaler une vue d'agrandissement pour le frère du pape Martin V : le moment d*en parler n*est pas encore venu.

Enfin, dans les troubles de la fin du siècle dernier et du conunencement de ce siècle, on n*a vu ni les Colonna, ni les Orsini , dans les rangs de ceux qui ont applaudi à la chute du pontificat. Il a fallu rendre cette justice éclatante à ces deux nobles familles. Nous les retrouverons d*ailleurs encore jouant des rôks élevés dans les autres guerres d*Italie. Nous n'oublierons certainement ni Fabrice Colonna , Tinterlocuteur de Machiavel dans son traité de tÂrt de la guerre , ni Barthélémy Qrsini d'Alviano, qui nous aida si a propos de son courage à la bataille de Marignan.

Jbj vva lit MBVA sa Lamixjh , &«»■ »» Na»»*. — FA«iVA.n «seovBAimw 9*s a^asaisiit b« Itaus.'— Covpcmsai. -* lACQon Anav^OftO Svau^— Su ■*«» VAiTS', fA MOir.

Il nous a toujours paru à propos de reposer le lecteur d'une attention trop feng- temps soutenue, en lui indiquant de temps en temps la situation des états de Tltalie, pour établir dans son esprit le plan méthodique que nous aimons à suivre nous-mêmes. Alors le lecteur peut embrasser d*un seul regard la position de ces villes soumises à tant de révolutions bizarres.

A Ladislas avait succédé Jeanne sa sœur, qui avait prislenomde Jeanne II.

Elle était veuve de GuiUeanie, fils de Léopold III, duc d'Autriche. Après la mort de son mari , revenue à Naples, elle s'abandonnait sans retenue^ quoique âgée de 45 ans, aux vices qui avaient avancé la mort de son frère.

Jeanne venait de créer sénéchal , comte et camerlingue, son premier favori Pandolfello Alopo, jeune seigneur de 25 ans. Elle avait cru en même temps devoir chercher Tappui de la France , et offrir sa main à Jacques de Bourbon , comte de la Marche , dans l'espérance que son alliance avec un prince français d'un aussi haut rang la mettrait à l'abri de nouvelles atuques du parti de son compétiteur Louis d'Anjou , comte de Provence. Elle avait eu soin toutefois de stipuler que son mari n'aurait que le titre de comte , avec celui de gou* verneur-général du royaume, et elle se réservait à elle seule la dignité de reine et le pouvoir royal.

Malgré ces précautions, les seigneurs napolitains saluèrent le comte de la Marche du nom de roi. Celui-ci , encouragé par eux , fit arrêter le favori, s'empara de toute la puissance, et tint sa femme prisonnière. Quant à l'influence du royaume, elle s'étendait sur quelques villes de la marche d'An* cône , de la Romagne , et sur le patrimoine de saint Pierre, quoique l'autorité du pontife fût l'autorité directe reconnue dans ces dernières provinces.

La maison d'Esté occupait Ferrare, Modène et Reaçio ; Faenza était soumise aux Mantredi, Imola aux Alidosi, Forli aux Ordelaffi , Rimini et Pesaro aux Malatesta, Camérino à ceux de Yarano.

La Lombardie se trouvait partagée entre Philippe Marie et les Vénitiens ; la famille de Gonzague gardait Mantoue ; les Florentins , mautres de presque toute la Toscane , tenaient garnison dans Pise. Lucques et Sienne vi« vaient sous leurs lois : Lucques , de concert avec les Guinigi, Sienne au milieu des factions des bourgeois et du peuple. Les Génois, tantôt indépendants, tantôt esclaves, perdaient

ITALIB.

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r«xpîds1oiiiitfCraii1tf»rit«Birieim«.(2Mlques nobles et des bourgeois, lorâ()aMl8 Tirent parattre , sur un char déooutert , la retne, trfste, décolorée, se fireot des signes d'intelligence. Pensant que Sfona , sMl étoit d«fvré, leur ofifnrait le secours de son bras , ils prirent les amies. Le roi, menacé .poursuivi , s*eiifuît au château de rOEuf , à rentrée du port de Naples , et fit un traité par lequel on lui permettait de rester, pourvu qu'il renvoyât les Français, et qu^H consentit à rendre à la reine rautorité dont il Favalt dépouillée.

Sforza , remis en liberté, ne tarda pas à faire reconnaître, dans des expéditions périlleuses , que la prison n'avait pas endormi ses talents militaires; il prouva encore ^'il réunissait à TâUdace, cette prévision qui prépare les retraites , cette sagesse qui sait pourvoir aux besoins des soldats, et ne leur laisser d'autre pensée que celle de la gloire et des combats. Ceoendanf, il fat souvent trahi par la fortune, malgré la prudence de ses opérations.

Il avait quitté le service de Jeanne pour passer à celui de Martin Y, qui l'eneagea à prendre la défense de Louis III d'Anjou; mais, dans cette nouvelle guerre, il fut battu par Braccio di Montone. Celui-ci se montra vai nouent généreux ; il épargna les débris de rarmée de Sforza, et persuada à Jeanne de le reprendre è son service. Cette princesse fut alors invitée, et l'on croît que ce fut par l'entremise d'un envoyé de Martin V , à nommer , pour son héritier , Antoine Colonna, neveu du pape. Cet acte de népotisme n'est pas absolument prouvé, mais il porte tous les caractères de probabilité : du reste, l'on assure que l'inimitié des Orsini parvint à faire rompre les négociations à cet éfçard. Alors , la princesse adopta publiquement , pour nérltier et successeur , Alphonse V d'Aragon , roi de Sicile : elle ne tarda pas a se repentir de ce choix. Des seî* gneurs voulaient que le prince montât sur le trdne avant la mort de la reine : die finit donc par reconnaître que ton SDGOCsseur, agréé par elle sans re^ tiqr, jsnit Loals III é'AHj^, pctil^

fils de eélul qulnrait adopté Jeanne 1^9 et qui échangea volontiers des droits contestés contre fassurance de lliéiîtage. Sforza appuyait de son courage les derniers projets de Jeanne II ; mats ayant eu ordre de conduire aueiqueauns de ses soldats près de rAquila, il se noya au passage d'une rivière, cd voulant sauver son page que le courant entraînait. £n vain ses hommes d'armes lui portèrent des secours ; on le vit quelque temps, embarrassé dans sofi armure, croiser ses bras sur sa poitrine : toutà coup il disparût, et îaniaiB on ne retrouva son coips. Ainsi mourut un des hommes les plus intrépides , les plus habiles, les plus généreux que l'Italie eût encore promitts* Il avait eu de Lucie de Tmciano* avec qui il n'était pas marié, nh fils naturel , François Sforza , dont nous aurons occasion de parler plus tard , et qui parvint à la dignité de duc de Milan.

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Venise, depuis à i>eu près 20 ans, reculait chaque année les bornes de ses possessions. Sans rivaux italiens sur les mers, parce que les Pisans, soumis aux Florentins , n'avaient qu'une faible marine marchande, et partie que les Génois ne pouvaient plus soutenir la concurrence, elle avait recouvré ou acquis de nombreuses colonies et retenait, par suite de ses usurpations violentes, plusieurs provinces du continent de l'Italie. Sous ce dernier rapport, il fallait accepter les embarras de cette nouvelle position, et prendre part aux différends des états de la terre ferme.. Venise occupait Corfou etZara. Elle put un moment y joindre Anoône, qui chercha à se donner à la république ; mais les Dix désirant se ménager l'amitié du pape, refusèrent d'accéder à la demande des Anoonifatns. Au lieu de devenir les mattresi tet Dix proposèrent tenoraUeaaeiil

IMs de la Toscane et des états de rÉgIfse, où, quof qu*on en dise, il reste beaucoup d'institutions sages et utiles.

Expliquons avec détail ce système d'élection. Les seules bourses des trois magistratures suprêmes, 1* la Seigneurie, composée d'un gonfalonier et de six prieurs , 2** le collège des douze BuofCftominiy 3"* le collège des seize gonfaloniers des compagnies, de* vaîent, pour 42 mois , contenir les noms de sept cent trente-cinq candidats. Toutes les élections ayant été soumises au même procédé, on vit

S lus tard 136 magistratures ou offices ifférents auxquels on pourvoirait par le sort. Il restait peu de choix. Tous les citoyens avaient la certitude d'obtenir a'ôtre imbarsaH , c'est-à-dire d'être élus à quelque place. Les électeurs admettaient même les hommes incapables, qui n'auraient pas été choisis , s'ils avaient dû entrer immédiatement en charge. La brigue fut réprimée : oui ; mais avec la Brigue , disparurent quelquefois l'émulation , les études propres à former l'esprit aux affaires, la crainte d'un peuple qui condamne le vice, et enfin le désir de captiver les suffrages par des talents, des services , de oons exemples et des vertus. Chacun, certain de sa part dans les emplois, s'endormait dans cette assurance. Néanmoins, il faut avouer que ces fonctionnaires nouveaux, qui n'arrivaient aux places, en quelque sorte que pour en sortir , surent porter souvent un esprit de sage approbation et de constance dans les projets de leurs devanciers, et prouvèrent que Florence seule acquit plus d'hommes d'instinct politique , que n'en pouvaient offrir les plus vastes royaumes.

Dans cet état de choses , Véri de Médicis était devenu chef de sa famille. On lui conseillait de chercher à prendre de vive force le gouvernement de la république, et d'abattre ce système d'élection qui produisait peutêtre plus de bien qu'il n'avait de réputation. Véri fit alors cette belle réponse à un de ses anciens ennemis, qyi désormais tout dévoué, lui don-

« Tes menaces

naît ces conseils « quand tu étais mon ennemi , né « m'ont pas fait [)eur. Maintenant « que tu es mon ami , tes conseils me « leront du mal. »

La vieille animosité qui avait excité les dépits de Jean Gaiéas contre les Florentins, tourmentait aussi Philippe-Marie. Comme son père, il déclara la guerre à Florence. Alors il avait pour général François Busone, dit Carmagnola, né à Carmagnola, ville du Piémont, de parents obscurs :

son premier métier était de garder les pourceaux. François avait été remaTC[ué par le duc , le jour où, avec l'armée oe BéatrixTenda, veuve de Facino Cane , il combattait contre Hector Visconti. Un jeune cavalier, dans une de ces veines de courage qui prouve le désir de s'élever rapidement, poursuivait Hector jusqu au milieu des rangs ennemis , et A allait infailliblement le tuer, ou le faire prisonnier, si son cheval ne se fût abattu sous lui. Après la bataille , Philippe donna un commandement à ce cavalier, qui dit s'appeler Carmagnola. Il continua de se rendre digne de tant de faveurs, et finit par devenir le général de toutes les armées du prince. Des succès brillants justifiaient cette confiance. François soumit au pouvoir du duc Philippe , Plaisance, le cours du Pô dans les environs, et il marcha sur Gênes.

Cette ville avait voulu imiter, pour l'élection d'un doge, les formalités en usage à Venise ( voy. pag. 106 ); mais ce mode ne rétablissait pas la tranquillité. Les Génois n'avaient pas un conseil des nobles uni dans un même désir. Des rivalités inexplicables armaient les familles, et l'on pensait à offrir encore la souveraineté à une autre puissance : à peine venait-on de secouer le joug des Français ! I^s Génois s'entendaient le jour ou il fallait devenir libres ; le lendemain de la victoire , ils se querellaient comme avant l'époque où ils avaient perdu la liberté. Cette fois , les Génois demandèrent à Florence des secours et de l'argent à tout prix , et promirent de les accepter. Alors les Florentins désiraient

ÏTAtlE.

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des f^ieofaits de 9a femme, lassé â^ Ésx douceur, irrité delà patience qu'elle opposait à ses dérèglements, Taccusa d avoir violé la foi conjugale avec Michel Orombelli, un des plus jeunes courtisans , auquel il arracha , par la torture, un aveu mensonger. La crainte d'^uD supplice semblable à celui qu'avait intenté Barnabe, et dont les archives du tyran conservaient la forraule^ l'espérance d'acheter sa grâce par une calomnie, déterminèrent ce seigneur à répéter cet aveu sur l'échafaud où il fut conduit avec la duchesse , en présence de la cour et du peuple. « Sommes-nous dans un lieu , reprît alors Béatrix avec Gerté, où les craintes humaines doivent l'emporter sur la crainte d*un Dieu vivant devant lequel nous allons comparaître?

J^ai souffert, comme vous, Michel Orombelli , les tourments par lesquels on vous a arraché cette confession honteuse; mais ces atroces douleurs n'ont i)a8 contraint ma langue à me calomnier : un juste orgueil aurait préservé ma chasteté, si ma vertu n'avait âû suffire; néanmoins, quelque distance que je visse entre nous, ie ne vous croyais pas descendu à ce aegré de bassesse, et capable de vous déshonorer , au moment unique où l'occasion se présentait pour vous d'acquérir de la gloire. Le monde m'abandonne.

Un homme qui connaît bien mon innocence dépose contre moi : c'est donc à toi, ô mon Dieu, que j'aurai recours ! Tu vois que je suis mnocente, et c^est à ta grâce que Je dois d'avoir été toHJours vertueuse. Tu as préservé mes pensées comme ma conduite de toute impureté : aujourd'hui, tu me punis peut-être d'avoir violé, par de secondes noces , le respect que je devais au souvenir de mon premier époux. J'accepte , avec soumission , l'épreuve oue ta main m'envoie. Je recommande à ta miséricorde celui dont tu voulus <me la grandeur fût mon ouvrage, et j'attends de ta bonté

3ue , comme tu conservas l'innocence e ma vie, tu conserves aussi, aux faxx des bomn^, ma mémoire puro et sans tache. »

' ttxr un reste ^e respect pout la iou-' veraine, les bourreaux h avaient pas interrompu son discours; mais à peine eut-elle achevé ses dernières paroles,' qu'ils se précipitèrent sur OrombelH , qui ftit décapité à l'instant. Us s'approchèrent ensuite moins violemment de la duchesse et lui lièrent leç mains: elle s'agenouilla , fit ses prières , et' ils lui tranchèrent la tête.

Cest apparemment dans de semblables traits de barbarie qu'Henri VIII, ce mari de six femmes, aura vu qu'un prince peut , lui-même , ordonner la mort de l'^ouse qu'il a appelée h partager son trône.

LvtFtOBVVTIIia SVOAOBVT LB« YsiItTISlIS A riIKB ATKC MVX tA GDIKIt A PaiLtPPk-MâBIB.— MoiV »V BOOB IloCkfIlSO. — * FBAVÇOtt FOMA&I it9 |kO»S.-.-CABItA«irOI^ rASSB AV •4ATICa 9^ Vc*

^ Il n^avait jamais existé de rivalité bien sérieuse entre les Vénitiens et les Florentins : ces deux peupleSjj)our: suivant chacun un système différent de politique intérieure, s'ét^nient hit la guerre à l'occasion de François de Carrare, mais jamais ils ne s'étaient livrés à uij sentmient de colère et de jalousie semblable à celui qui avait excité Venise contre Gênes, et Gênes contre Venise. Philippe-Marie était devenu si

Suissant , que les Florentins . le voyant éja à Gênes , le crurent prêt à entrer à Sarzane, à Lucques, à t'ise et à Florence ; ils proposèrent donc aux Vénitiens de s*allier à eux contre Philippe-Marie. Le ôoge Mocenigo se montra contraire à cette alliance. François Foscarl , l'un des savl et procurateur, parla avec chaleur en faveur des Florentins. Mocenigo lui répondit, et l'interpella souvent, en l'appelant jeune procurateur. Ce jeune procurateur avait près de cinquante ans; mais Mocenigo était âgé de quatrevingts ans. Ce trait seul donne une idée de l'influence et du respect dont jouissaient les personnes blanchies dans les conseils de la république. Les Florentins ayant éprouvé une défaite, renouvelèrent leurs sollicitations :

Mocenigo résista encore; mais il

in

ùtAier donanda : « Et si le peuple dfsaft non , que feriez- vous? » En conséquence, il fut arrêté qu'on se bornerait à dire : « lYous avons élu doge un tel..

lies services qu'Albin Badouer avait rendus dans cette circonstance furent récompensés par son élévation à la l^aoe de procurateur, que l'élection de foscari taisait va^er.

Cette nomination du doge ranima Tespoir des Florentins ; ils réitérèrent leors demandes , mais ce ne fut qu'en 1496 qu'ils obtinrent le traité qu'ils sollicitaient. Jusqu'alors, Venise était liée par une convention avec Pbilippe- Mane, convention que Foscari luimême se crut obligé de respecter.

D^ailleurs , le fléau de la peste , cette Êitale nécessité attachée aux relations avec l'Orient, survint tout-à-coup , et moissonna , dès les premiers jours , quinze mille personnes. A Fordmaire, le peuple et les citadins purent sortir de la ville ; les nobles seuls restèrent pour voir décimer leurs familles. On ne peut se lasser d'admirer cet acte d'héroïsme et d'attachement aux lois de l'état.

Les Florentins cherclièrent aussi à attirer à eux les peuples divers du royaume deNaples ; mais ceux-ci étaient divisés en deux partis qui tenaient pour Alphonse ou pour Louis III , déclaré définitivement par Jeanne II, duc de Calafare et héritier présomptilf. Alphonse avait été cherdier des secours en Catalogne. A son retour, aérant attaqué Marseille, qui appartenait à Louis , son rival , il venait de piller oette ville pendant trois jours. Au moment de son débarquement en Italie, Alphonse apprit que Philippe- Marie était devenu son ennemi , et qu'il avait contracté un traité d'alliance avec Jeanne et Louis III. Les Florentins allaient se trouver bloqués de toutes ^rts; ils comptaient lusqu'à six défaites successives. Mais le cou* rage de la république ne se démentait pas : Alphonse s'offrit pour appuyer k dessein qu'ils conçurent de sVmpaler de Gènes; Alphonse était redouté, et les Génois aimèrent mieux languir

sous la tyrannie de Vlseonti, que de se fier à un prince qui avait saccacé f une ville de Provence où ils po8w« ' daient de riches dépôts de marchandises. Les Vénitiens, sedâ>attantconti« la peste , ne pouvaient pas encore se décider à commencer la guerre; il fallut que les Florentins levassent seuls une septième armée. Infatigables dans leur résistance , convaincus , conune ils l'étaient, que Visconti voulait les nif^ ner et reprendre Pise, ils envoyèrent des ambassadeurs à Sigismond, au pape, ils acceptèrent quelques soldats catalans : enfin , un héros , un foudre de guerre , un vaillant général, qui avait obtenu , en récompense de ses services, la main d'une fille naturelle de Philippe-Marie , et qui venait d'être banni par son beau-père , parut à Venise et demanda un asile. L'illustre Carmagnola était réduit à la situation de Thémistocle. Les Florentins profitèrent de cette occasion pour renouveler leurs instances ; ils représentèrent qu'ils soutenaient seuls la guerre contre Tennemi de l'Italie; qu'ils avaient dépensé deux millions de florins d'or pour cette longue querelle qui intéressait toute la péninsule; qu'ils avaient rempli l'Italie des pierreries et des joyaux de leurs femmes et de leurs filles , et des perles de leurs villageoises (*)\ que Venise en vain portait au loin le bruit de sa puissance; que la couleuvre de Philippe-Marie se glisserait à Padoue, comme sous Jean Galéas; que l'or des comptoirs de Damas, les denrées de Candie, les contributions de Corfou arrfveraient trop tard pour payer les impôts qu'exigerait le vainqueur; qu'il fallait penser à sauver Saint- Marc d'une invasion probable; que puisque le général, jusqu'alors si heureux, qui avait servi Fhilippe-Marie, voyait ses talents méconnus, il convenait de l'employer à faire la guerre

(*) Encore aujourd'hui, les villageoisct

{irèi de Florence poitent de U^beaux coliers de perles fines; c'est un présent d« mariage indispensable. J'ai vu à de simples paysannes un collier d'une valeur au moioi de aoo piwtreti

ItJiLIË.

m mfûs tfiuraitntdA mtnHoWj dé telle aorte qu^ils se trouvasseat au même point où étaient ceux qui, pour payer les anciens impôts, avaient aliéné leurs possessions.

Ces plaintes étaient apaisées par Jean de Médicis. Il montrait qu'il n'était pas bien d'aller rechercher les (dioses passées. Si ies impôts auparavant avaient été injustement répartis, il fallait remercier Dieu de ce qu'à présent on avait trouvé le moyen de les répartir justement. Il fallait vou<loir que ie mode nouveau servit à réunir et non pas à diviser les citoyens, comme il arriverait si , allant examiner le montant des contributions aoouîttées, on voulait les élever au taux oes nouvelles : « Celui qui est satis- « fait d'une demi-victoire, disait Jean « de Médicis , fait toujours bien , parce « que quiconque veut survaincre.

« perd iouiours. Les lois destinées à « corriger les erreurs passées , ne s'é- « tendent pas sur les erreurs présentes « et futures. »

Ces mémorables paroles qui proscrivent k rétroactivité, devraient être inscrites aux portes de tous les lieux où Ton discute les lois.

Ce fut encore Jean de Médicis qui fit rejeter le projet de Rini^do degll Albixzi y partisan secret d'une arisSv cratie semblable à celle de Venise \

Sro)et tendant à réduire au nombre e sept ie$ àrU misieursj et à diminuer l'influence du peuple dans les délibérations. Jean rappela à Rinaldo la conduite de Maso degli Albizzi , son père , qui, au contraire , dans de semblables circonstances de guerre, avait abaissé le prix du sel, et &it déclarer quç celui qui était taié à un demi - florin d'impôt, le paierait ou ne le paierait pas , à sa volonté , et qui enfin avait établi que, le jonr où le peopie délibérait, chacun dût d'avoir a redouter aucune pom^ suite de ses créanciers*

Amédée VIII , duc de Savoie , ne fut pa$ on des derniers à entrer en

eampacna. D^aecord atec >ei Horeotibs , il assaillit celles des |)rovincQ8 de Philippe-Marie dont il était voisiik La maison de Savoie avait été fondée par Humbert attgo blanches mains ^ né en 990 : on croit qu'il était Saxon, et issu d'Othon de âixe , et qu'ainsi on peut rattacher sa généalogie à Vittikind. Cette origine commune fut admise dès ie quinzième siècle par les princes de la maison de Saxe, qui dès lors regardaient comme hoporar ble , la parenté avec la maison de Savoie ; et cette dernière, dès le même temps , plaça en chef de son écu les armoiries de Saxe. Humbert fut employé par Rodolphe III , dit le Fainéant, roi de Bourgogne, dans Tadr ministration de ses états, et il dut . à la reconnaissance de ce prince U

Eremière possession de sa famille dans I Savoie et dans la Maurienne. Le titre de comte y était joint, sans être attaclié à aucune province. A oes premiers bienfaits l'empereur Conraa-ler Salique ajouta de nouveaux fit(s dans le Faucigny^ le fias-Chablais , et la vallée d'Aoste. Humbert, devenu ainw un des princes de l'Italie, mourut en 1048. Amédée F*^, son deuxième fils et son successeur, mourut en 107% Oddon , quatrième fils d'Humbert « réunit tout Thâritage de la maisooi

Îi'il augmenta par un mariage avee déi^nde, fille et unique héritière d'Or déric Manfred, marquis de Suze^ et seigneur de plusieurs châteaux enPiémont-On voità présent que la maison de Savoie est déjà maîtresse d'un des i^us sûrs passages des Alpes. Amédée II, filsd'Oddoa et d'Adélaide, aocompl»

gna Henri à Canoese, quand il aHa se faire absoudre de l'excommunicar tion lancée par Grégoire VII ( voy . pag» 7S ). Humbert II, fils d'Amédée if^ lui succéda , et mourut en 1 103, lais» aant, entreautres enfants, Amédée III, et Ad^îde, mariée en il 16, à Louise le-Gros , roi de France , et ensuite à l Mathieu de Montmorency. Amédée II{ obtint de l'empereur Henri V que les fiefe, au lieu d'être appelés com* tés de Bourgogne et de Lombardie ^ seraient nonunés comtés de r£mpire<

tn

le soldat au rAle d*une machine, privé la valeur de ce qu'elle avait de plus noble, augmenté la puissance de imites les volontés despotiques, enlevé aux villes leur sâreté, et aux remparts la confiance qu'ils inspiraient, cette Invention et ses effets impérissables avaient tardé long-temps à se manifester. D'ailleurs, à proprement parler, les canons de Crécy ne furent , suivant Villani , que des bombardes y destinées à lancer des traits, et dont tout ravantage était d'effrayer les chevaux , par leur explosion , et par le feu qui la produisait. Elles vomissaient de petites balles de fer {paUottole)^ avec du feu. Aussi les changements

3ue l'artillerie apportait dans la science e la guerre , ne devaient se faire sentir que vers la fin du XV*" siècle. On n'en cherchait pas moins déjà à rassembler des canons. Ce qui le prouve, c'est que les Milanais en perdirent 178 pièces dans un seul de leurs camps , forcé par Carmagnola. Alors les canons étaient chargés avec des boulets de pierre, et on ne préparait, en général , avant de se oattre , que cmq de ces boulets pour chaque ciinon.

Ainsi, leur feu devait être bientôt éteint. Néanmoins , il fallut renoncer à remploi du carroocio (*), autour du-

(*) Le Carroccio était une inTetilion des Lombards, et les premiers à en faire usage ont été les habitants de Milan. (le char avait une oouTerture d*étoffe rouge , pour la plupart du temps, ou blanche, ou rouge et Lianclie, ennn de la couleur de renseigne de la ville i laquelle il appartenait ; et il était traîné par trois paires de bœufs couverts d'une draperie cle la même couleur. Au milieu s*élevait un mât auquel était suspendu un étendard armoirié. De ce mit tcMnbaient des cordes que tenaient des jeunes gens robustes. Il y avait en outre , au sommet, une cloche appelée Aoia. Ce Carroccio était entouré d'une garde composée de plus de mille cinq cents soldats d'élite, armés de pied en cap , et portant des hallebardes richement garnies. Les capitaines et les principaux officiers de Tarmée se tenaient à c6(é du Carroccio : il était suivi de huit trompettes et de plusieurs prêtres pour la céléontion àt ii mené et Tadminiainition des

13* LiwraUon. (Italu.)

? ad on se battait autrefois , et dont usage dans la guerre avait été introduit par les Milanais. Après plusieurs batailles . les avantages remportés sur le duc furent tels, qu'il proposa la paix. Mais il ne tarda pas à la rompre, et il reprit les armes en 1427. Ses troupes reçurent un échec, Carmagnola fut encore vainqueur , et fit un grand nombre de prisonniers.

I<lotis parlons sans ménagement de quelques scènes barbares du moyen flge, il faut en même temps faire mention des coutumes qui tournaient au profit de Thumanité. Ce système de soldats mercenaires avait un résultat que nous n'avons pas signalé. Après une bataille , il n'existait aucune animosité entre les soldats des camps ennemis. Les vainqueurs ne voyaient dans leurs prisonniers que des frères d'armes ;Ja plupart avaient servi ensemble dans des guerres précédentes , et contracté avec les hommes, devenus lébrs adversaires , des liens d'amitié et d'hospitalité guerrière : presque tous ceux que Carmagnola venait de prendre étaient ses anciensstipendiés. Il lesconnàissait , comme Mithridate connaissait toits ses soldats; il savait leur nom,

sacrements. On confiait la conduite et la garde de ce char, qui était comme \e palais pituite allant tn guerre , à un homme distingué par sa bravoure et par ses connaissances militaires. La justice s'administrait dans le lieu où le char s'arrêtait , et Ton y tenait les conseils de euerre. Celait là aussi qu'on transportait les blessés et que se réfugiaient les soldats fatigués du combat, ou obligés de céder à des forces supérieures.

On mettait sur ce char la caisse militaire, la pharmacie, cl une partie du butin. La perte du Carroccio dans une bataille était la

J>lus désastreuse pour les vaincus. La guerre inie, on transportait le Carroccio dans une des principales églises. Une grande partie des villes indépendantes de l'Italie avaient un Carroccio. L'artillerie rendant une pareille machine inutile et dangereuse, on ▼ a renoncé. Mais on s'en sert encore dans les cérémonies, et j'ai vu des espèces de Cemoe» eio à Florence |M>ur ta fête des hommages

2 ni eut lieu en présence de la reine réseniA 'Ktnirie, en 1S07.

y faîr6 Ia moindre attention , le même diemin qu'avait pris François Carrare. A Mestre, il ârouva les Seigneurs de nuit , qui étaient venus à sa ren^ contre pour lui foire honneur. Huit nobles le reçurent aux jpremières approdies de la ville, et lui firent cortège msquedans le palais ducal. Dès quMfy nit entré , on prévint ceux qui Tavaient suivi , qu'il allait rester long - temps avec le doge ; les portes du palais se fermèrent. La soirée était avancée. Le

{général, avant qu'on Tintroduisît chez e doge , causait dans une salle avec quelques patriciens , lorsqu'on vint lui dire que le prince François Foscari était mcommodé, qu'il 'ne pouvait le recevoir dès le soir même, et qu'il lui donnerait audience le lendemain matin. Carmagnola descendit pour se retirer diez lui. Comme il traversait la cour, «Seigneur, lui dit un des patriciens qui raccompagnaient , suivez de ce coté. » — « Mais ce n'est pas le chemin , » ré|)ondit le général. — « Allez , allez toujours , repartit le patricien. » Aussitôt des sbires s'avancèrent , le général fut entouré ; une porte s'ouvrît , et il fut poussé dans un couloir qui conduisait à un cachot. Là il passa trois jours sans vouloir prendre de nourriture ; le U avril 1482, amené devant les commissaires du conseil des Dix, dans la chambre des tortures, et appliqué à la question, il ne voulut rien avouer.

On essaya de lui faire subir le tourment de l'estrapade (*) ; mais comme il avait eu un bras cassé au service de

(*) L*cstrapiide, on la corda, s'inAi{;eait de detOL nanieres : a campaneUa ou a train, Dom let d€UiL manières, le pnlieni avait les fluins liées derrière le dos ; auK bras ainsi contenus , on attachait une corde , au moyen de laqudle on enlevait le paiieni à une asMX grande liauteiir. Quand la sentence portait a campatuUa^ on le laissait tomber a terre doucement; mais la douleur était grande , parce que les bras avaient à supporter tout le poids du corps. Quand la sentence portait a tratti^ ou laissait retomber bru54}Uement le patient à deux pieds de terre; ef alon il pouvait amver que, du

la république, il ne pouvait paft éM aoutenu par la corde , et les bourreaut hii mirent les pieds sur un brasier , Jusqu'à ce qu'il eût fait les déclara-' tions qu'on voulait lui arracher. Ce premier supplice achevé , il fut remis en prison. Le 5 mai soir, c'est-àdire vingt-cinq jours après, il fut conduit entre les deux colonnes, près de la place St.-Marc (**) , ayant un bâillon dans la bouche. Il leva les yeux el regarda le lion qui surmonte une des colonnes : ensuite sa tête tomba sous trois coups de hache.

M. Daru termine ce récit par les réflexions suivantes :

a Quand on se représente de graves personnages , vieillis dans les plus nauts emplois de la paix ou de la milice, enfermés avec des bourreaux et un homme garrotté, faisant torturer celui dont la sentence était pro* noncée depuis huit mois, sans qu'il eût été entendu , celui qui , la veille ^ était leur collègue, l'objet de leurs respects, de leur flatterie, et , disaientils, de leur reconnaissance; comptant les cris de la douleur pour des aveux, les aveux pour des preuves, leurs propres soupçons pour les cri mes d*autrui ; et puis , faisant tomber une tête illustre aux yeux d'un peuple étonné, sans daigner même énoncer l'accusation , on se demande comment des hommes éminents , respectables , ont pu accepter un pareil ministère, comment ils abandonnent à ce point le soin de leur réputation , comment ils se réduisent à ne pouvoir citer que des bourreaux pour témoins de leur impartialité. Quel est donc l'intérêt puDlic ou privé qui peut faire briguer des fonctions plus odieuses que celles de l'exécuteur? »

P(ous ne devons peut-être pas mainpremier tratto, les bras fussent démis par une si violente secousse.

Chez nous, oe sup|ilice s'appelait VëSirapade. Une rue el une place de Paris por>i* teut encore ce nom malencontreux.

(**) C'est entre ces deui colonnes que Toa frisait les exécutions publiques. ( Toyei «e qui ait dit de «• eotomwn» page 87.) >

lai

leur avarice, si l'on veut, mais une sorte d*avarice souvent généreuse, qui savait quelquefois dépenser tout ce qu'elle possédait pour le bien de Tétât, cette grandeur et cette générosité des premiers Médicis, qui ne laissaient arriver à aucun noble, à aucun plébéien, ni la misère, ni la dégradation , donnaient toujours le moyen de modifier et de détourner les révolutions. Florence, maltresse de Pise , supérieure à Sienne et à Liicques , s'élevait comme une modératrice du centre de Fltalie.

Sigismond était venu à Milan prendre m couronne de fer. Philippe-Marie , qui y avait cependant appelé Tempeleor, et qui devenait plus puissant que les trois neveux de rarchevéque visGonti , se tint caché dans un château tout le temps que l'empereur passa en Lombardie; de là, l'empereur s'était rendu à Rome pour recevoir la couronne impériale de^ mains d'Eugène IV. Les intérêts de l'Allemagne avaient fait abandonner à Sigismond ses projets d'influence en Italie.

La réformeprenait, chez lesHussites, on caractère téroce; ils se crevaient appelés à détruire l'empire du démon (c'était la doctrine des Pauliciens , voyez page lOâ); ils se croyaient destines à corriger , par le fer et par le feu , les iniquités de la terre. Toutes les faiblesses humaines, la galanterie, l'ivrognerie , la recherche , rélégance dans les habits, paraissaient des péchés dignes de mort aux Thaborites , les plus sévères entre ces sectaires ; et leur condamnation s'étendait jusqu'à ceux oui toléraient les péchés mortels dans tes autres. Les Hussites s'étaient persuadé à eux-mêmes , et bientôt ils persuadèrent aussi à toute armée qu'on leur opposait, qu'ils étaient les vengeurs du ciel et les fléaux de Dieu. Une terreur panique devançait leurs bataillons, et dissipait, a leur aspect, les résistances les plus formidables.

Les peuples, accabla par la bravoure des sectaires, demandaient la paix avec instance. Les Bohèmes, qui ne prétendaient pas h dominer chez les autres, et voulaient seulement être libres chez

eux, accordaient cette paix sant^iiliculté; mais dès que la nouvelle de ces traités involontaires arrivait à Rome, Eugène IV les cassait, et commandait de nouveau une guerre impossible; car le temps seul et de meilleures ci^ constances, qui affaiblissent la démence des peuples , pouvaient arrêter de tels désastres.

Sigismond , ne sachant plus comment protéger l'Église de si loin, le pape mt attaqué dans Rome par le peuple, qui proclama de nouveau la république de Rienzo. Eugène, déguisé , se sauva sur une petite barque, et vint demander un asile à Florence, tandis que les provinces pontificales étaient à la merci des condottieri François Sforza et Forte Braccio, qui les ravageaient à l'instigation de Philippe»

Marie. On regardait, plus que jamais en Italie, ce dernier comme le principe essentiellement mauvais des Hussiies , c'est-àndire le diable , la matière ou les ténèbres.

La république de Florence, de qui Eugène sollicitait un refuge, était tourmentée par des dissensions particulières ; à la vue du pape malheureux , un esprit guelfe y domina , et tous les citoyens s'accordèrent à faire au pontife une réception .bienveillante. Le lendemain, ils s'abandonnèrent de nouveau à leurs guerelles.

Cosmc de Médicis , fils afné de Jean, était un homme d'une grande prudence ; mais ses vertus semblaient lui attirer de plus violents ennemis. Parmi ceux oui, après Cosme, obtenaient le plus ainhuence, on distinguait, à côté de Rinaido degli Aibizzi, Mcolas da Uzzano, dont le crédit pouvait nuire à celui de Cosme, et qui était ami des Aibizzi. Un noble, nommé Barbadoro , qui voulait la perte de Cosme , alla trouver da Uzzano, et lui de* manda d'aopuyer une conjuration contre les Médicis. Machiavel nous a conservé la réponse spirituelle de I^icolas da Uzzano : « Comment ne se fait-il pas , pour ton bien , pour celui de ta

un d<»nçiliqa9 attac^ m service des

§onfatonîers , nommé Farganaccio , un caractère çai, et propre à consoler un prisonnier. Cosme eut la préisence cTesprit de penser que la fortune

père ck la pairie^ noms qui &ren^ gravés sur son tombeau . et qu'il cbiiservera à jamais dans rhîstoire.

Alplionse et René 3e disputaient lo ropume de Naples. René avait l'ap-

lui adressait un confident gui pourrait ^pul de Philippe-Marie, qui envoya une lui être utile. Après avoir ri de ses plair flotte génoise pour attaquer Alpnonse :

santeries, il le pria d'aller avçc un billet demander onze cents ducats d'or au directeur de Thopital des dominicains de Sainte-Marie-Nouvelle, et dit à Farganaccio d'en prendre cent pour lui, et de porter les mille autres à Bernardo Guadagni, le gonfalonier, avec prière de venir lui parler un instant. Le directeur s'empressa de donner l'argent. L'émissaire garda cent ducats , et remit le reste à Bernardo, qui se trouva être un de ces hommes que Nicolas da Uzzano avait si hien dépeints. Il en résulta que Cosme fiit condamné à PexH,. Le gonfalonier remmena à son palais particulier . le fit souper avec lui , et pendant ta nuit Tescorta jusqu'aux confins. Cosme prît la route de Venise, où il fut honorablement accueilli par le grand conseil , et traité non comme un banni . mais comme un prince d'un rang supérieur.

C«mw* aAr»«x.<, srr nomui rèks db i.* rATiii. —

ALVaOSBB, VAIT PftlSOirilIKM tA», PaiLIPVB-MàlXa,

•mr «it iKiiiBtri. — RItoits lOft*». — Pbai^<

ÇatS SvOltA, «IITOT^ FA« LIS FLOVCVTtlIS, «AOTS

%9» ârk-n »■ TAmaa tsaft* ftaa Vjama»*.

Kn f4S4, on vit sortir au sort le norn d*un gonfalonier et de six stgnori amis de Cosme. Rinaido eut peur d'être arrêté. Le pape Eugène IV, qui était encore à Florence , lui donna fe conseil de ne pas résrstef , parce qu'il courrait trop de dangers, et 11 ensa^a Nicx)las Barbadoro, qui dé|a s'était révolté , à déposer les armej^. Rinaido sortit de la ville, en disant qu'il valait mieux être un rebelle honorable cro'un citoyen esclave. Cosme fut rappelé. Frédéric Malavoltî ne fut pas le dernier à aller an-devant de lui. Quant au reste de la vHic, il est rarement arrivé cp'un général triomphait ait été accueilli avec plus d'enthousiasme. !! reçut, en entrant à Florence, leinonisde6ien/h«/iettr flfiipmj^ et d«

ce prince perdit la bataille , et fut fait prisonnier par les Génois, qui se couvrirent de gloire. Cette nouvelle abattit le courage de toutes tes puissances d'Italie, et l'on crut, cette fois, que Philippe, qui pouvait retenir Alphonse prisonnier, allait envahir te royaume de Naples ; mais il arriva le contraire de ce qui avait été prévu. Alphonse était un prince éloquent et habile; ff n'eut pas plus tôt été conduit devant Philippe , qu'il lui persuada de quitter l'alliance oe René , et de ne pas s'etposer à des relations avec la France.

« Si René, dit-il , commande à Naples, il fera tous ses efforts pour que les Français entrent à Milan. » Ces paroles frappèrent Philippe-Marie, et ilrendit la lioerté à Alphonse.

LesGénoîs, justement indfgnésde vofif s*anéantir le fruit de leur brillante vie*ioire , pensèrent à secouer le Joug de Philippe-Marie. François Spinola était un de ceux qui avaient appelé le duc à Gênes, et il n'avait pas tardé h loi devenir suspect. Spinola résolut de se fdife pardonner son crime par ses con^ citoyens. Témoin de l'Indr^ation universclle , îl conspira contre Philippe* Marie. Un nouveau çouvemear milanais, Érasme Trivulzio, venait prendre possession du commandement, et il entrait à Gênes accompagné de Pacino Alcîatî, l'ancien gouverneur. Spinola s'avança sur la grande place avec des hommes armés , et crîa : « Liberté! * Ce fut un spectacle mémorable que la précipitation avec laquelle le peuple et les citoyens accoururent auprès de Spinola , quoiqu'ils ne fussent pas prévenus. L'effet de ce cH Ait si prompt, Qu'aucun de ceux qui étaient favorables au duc, et qu'aucun des hommes qui dans une révolution n'attendent mi'une heure de succès pomr changer àt parti , n'eut l« temps iil d^ 8'ai^er , ni de e*1e(iâ«r kê cliafioei ^

où 1ID bateau le reçut et le conduisit à Peschîéra. Le lendemain, Piocinino CKSiladait Vérone. Sforza continua d'obtenir des succès. Philippe-Marie le fit prier par Nicolas d*Este, de ne pas le ruiner sans retour, puisou'un amdottiero avait autant besoin oe ses ennemis , que de ses amis. Il promit de nouveau la main de Blanche, et même il assura qu'elle allait arriver à Ferrare , pour être remise entre les mains de Sforza, immédiatement après la signature d'un traité. Sforza se trouva dans une perplexité douloureuse : on lui dit mie Venise le ferait arrêter, parce gull avait laissé fuir Piccinino: on lui dit que Blanche était destinée a Lionel, fils du marquis Nicolas d*£ste. François connaissait toutes les perfidies de visconti ; il pouvait s'attendre, s'il était soupçonné, à être poursuivi par Venise : il ne savait a quel pomt il convenait de se fier au marquis d'Esté. II craignait donc son ennemi , son ffouvemement, et le médiateur. Alors il dissimula, et recommença la campagne pour gagner Ju temps. Cette fois, la fortune lui fut défavorable; malgré son habileté, il se vit enveloppé par Piccinino, et il allait succomber, et devenir son prisonnier, lorsque Philippe-Marie, par dne bizarrerie de caractère qu'on ne put pas d'abord expliquer, mais qui alors n'en fut pas moins honorable , envoya en secret un des seigneurs de sa cour à Sforza , pour lui déclarer qu^il pardonnait tout , qu'il faisait un choix, qu'il se fiait à Srorza, à Sforza «eul , à Sforza malheureux, investi, et 4u*il le laissait le maître de régler les >x>nditions de la paLx. Il lui proposait de nouveau Blanche, sa fille, pour épouse, avec Crémone endot , et remettait comme nantissement les villes que Piccinino avait prises. Il invitait d'ailleurs Sforza à rester à la tête de l'armée qui lui appartenait, et qu'il avait engagée au service de Venise et de Florence ; puis tout à coup , Blanche arriva dans les quartiers ae François.

Les noces furent célébrées le 14 octobre 1441 , et les stipulations de la ^ii réglées par le gendre du duc. Sans

doute, pour que Philippe -Marie se décidât a un acte aussi étranger à set habitudes, il avait Êdlu qu'il edï éprouvé de violentes crainU» de la part de ses généraux : on sut en efifet que le voyant sans enfants, ils exigeaient de lui ou'ii partageât d'avance entre eux ses états de Lombardie.

Après plusieurs alternatives d'union et de mécontentement entre le duc de Milan et son gendre, pendant les-

3uelles on vit Sforza tour à tour fièle à son beau-père et déclaré contre lui, tantôt vainqueur, tantôt insulté dans Crémone, Alphonse et Philippe- Marie conclurent une alliance qui parut solide et durable; Ce dernier était entré dans une grande peur des Vénitiens : il les redoutait peut-être, en raison du mal qu'il leur avait fait, on qu'il voulait leur faire. C'est ainsi

?u'il les dépeignait dans une lettre à Aragonais : « Le sénat de Venise, plus constant qu'aucun monarque dans son ambition, poursuit seorètement, depuis plus d'un siècle , le projet de soumettre la Lombardie. Il feint de me craindre, et c'est mol qui dois le redouter. Si jamais il domine des Apennins aux Alpes , ce corps dont aucune passion personnelle n'égare les conseils, dont aucun luxe ne dissipe les trésors, qui a beaucoup d'enfants et n'a pas de famille , qui tient sa parole ou y manque selon ses intérêts, asservira ensuite aisément le reste de l'Italie. » Le prudent Cosme de Médicis donnait une attention sérieuse à ces griefs de Philippe-Marie ; ^ le duc allait concerter plus intimement, et apparemment avec plus de sincérité , une marche politique d'accord avec Alphonse V, et son allié nouveau*. Eugène IV, lorsque ce pontife tomlKi malade. U assurait alors lui-même qu'il ne mourrait pas, et il voulait que l'on différât les secours de l'Église, en disant qu'il se sentait encore des forces pour attendre; mais peu de jours après, il mourut. Dans cette circonstance , Alphonse V dit à ses courtisans : « Est- il étrange oue le pape ait voulu, dans le cours ae son règne , eombattre contre Sforza, oon<

entrer à dieval , aHa faire sa prière à la cathédrale (voyez pL S7), prit sur l'autel la couronne de duc, le sceptre et répée , reçut le serment de fidélité de toute la noblesse , et bientôt vit sa cour peuplée d'ambassadeurs. Tant qu'il s'était appelé François Sforza , on avait souvent ajouté a ce nom le sobriquet de bâtard; quand , par la force des armes et de son génie , il se fîit rendu maître de toute la Lombardie , on ne rappela plus que le duc de Milan.

Il commença l'exercice du pouvoir par un acte de prudence. Il ordonna que l'on n'inquiétât pas dans Asti le gouverneur Dudrenay , qui y représentait le duc d'Orléans.

En 1452, les Vénitiens, commandés par Gentile Léonissa, déclarèrent la guerre à François Sforza. Celui-ci voulut, par des manœuvres habiles , forcer l'ennemi à accepter le combat j mais il n'y put réussir. Alors il lui adressa un déO public. Deux trompettes de l'armée milanaise vinrent présenter à Léonissa un gant ensan^^Ianté avec une lettre où il proposait un combat général entre les aeux armées , dans la plaine de Monte-Chiaro , afin que la victoire prononçât sur le différend. Les Vénitiens répondirent :

« >oa8 avons reçu votre lettre et le ^nt. Lundi prochain , nous nous rendrons au lieu que vous avez choisi.

Pious vous envoyons deux lances et deux ^ants ensanglantés , pour que vous sachiez que nous sommes prêts à combattre les tyrans qui ravagent ^ notre belle Italie , les spoliateurs qui usurpent les trônes, et qui font servir à leur ambition les bienfaits accordés par notre république. »

Au jour marqué, Léonissa se rendit sur les hauteurs de Monte-Chiaro:

Sforza avait déployé ses troupes dans la plaine. Mais, soit circonspection, soit obéissance à des ordres du grand eonseil ou des inquisiteurs d'état , soit crainte d'un orage qui paraissait ne pas permettre de combQttre sans désavantage, les Vénitiens ne descendirent pas dans la plaine; Sforza y fit ériger une colonne à laquelle il sus-

pendit les lances et les gants envoyés par Léonissa. Ensuite les deux partis s'accusèrent réciproquement d avoir manqué à leur parole.

Un guerrier aoué de talents politiques se lasse de la guerre quand la paix peut être plus profitable. Le duc de Milan y le plus grand militaire de son temps , jugea qu'il lui serait utile de répandre qiielque temps les bienfaits de la paix. Il proposa à Cosme de Médicis , qui était alors à peu près le maître de Florence, de former entre toutes les puissances italiennes une confédération générale, avec le double objet de maintenir une paix constante, et de ne pas donner à l'étranger l'occasion de s'immiscer dans leurs affaires. Médicis promit de seconder ce projet. Venise , inquiétée sur le sort de ses possessions dans le Levant, accéda à des vues qui servaient son intérêt ; Alphonse les approuva; les ducs de Savoie et de Moaène , les marquis de Montferrat et de Mantoue, Sienne, Lucques, et toutes les autres petites autorités de l'Italie, s'empressèrent de donner leur consentement. Rome, enfin, bénit une si heureuse pensée, et, comme dit Varillas , le bâtard d'un paysan allait être proclamé l'auteur et le chef de la ligue italienne. Cependant on ne signait pas définitivement le traité dont les bases étaient convenues.

Un événement désastreux pour la chrétienté rendit le besoin de la paix plus impérieux , et vint exposer aux reproches de toute l'Europe ceux qui auraient voulu persister à continuer la guerre. Constantinople avait été prise par Mahomet II, le 23 mai 1453, précisément 1123 ans et dix-huit jours après la dédicace qu'en avait faite le grand («onstantin (voy. pag. 2). La ville avait été emportée d'assaut, malgré les prodiges de valeur de Jean Justiniani, Génois, qui y commandait deux mille étrangers enrégimentés. L'empereur (Constantin XIV, Paléologue , surnommé Dragase , avait été égorgé avec quarante mille chrétiens.^ Un grand nombre de marchands italiens , et surtout vénitiens , qui habitaient

digfM, aucune dignité ne donnant le droit de décliner leur juridiction. Ils pourront prononcer même contre le conseil des Dix avec la giunta^ enfin contre qui le méritera , toute peine quelconque, y compris la peine de mort y et ^ils pourront la faire infliger soit secrètement, soit publiquement.

• Ce tribunal disposera des pidts et des plombs (*); il pourra donner des ordres à tous les recteurs des provinces et des colonies, à tous les généraux, aux ambassadeurs de la république près les têtes couronnées. Les trois inquisiteurs qui vont être nommés , détermineront eux-mêmes leurs statuts ou capitulaires, qui serviront de règle à leurs successeurs. Ceux-ci y pourront faire des additions ou changements selon roccurrence,pourvu gue ces modiGcations soient délibérées à Tunanimité. »

Enfin le 33 juin , les trois patriciens qui furent les premiers nommés in-

Ç*) Les puits et ]es plombs de Venise sont cites Irès-souTent. Les puits étaient vrainient des cachots infects où on ne lardait pas à tomber malade , si on y séjournait quelque tcmpa. C'est probablemeni dans no des pmis que fut jeté Camnagnola. Les plombs, créés, dit M. Valéry, postérieurement aux «tfilf, ^i parurent trop rigoureux, éiaient la partie la plus élevée du palais ducal dont la couverture est de plomb , ei dans laquelle le» déleuus subissaient leur peine sans que jamais la santé d*un seul , même api-ès une réclusion de dix ans , ait été aliéree par le fait seul du séjour sous ces plombs. Il y avait im couraui d*air suffisant pour corriger l'effet de la chaleur. Howard , juge compétent , reconmil la salubrité de cette partie des prisons de Venise : enfin ces terribles plombs soni aujourd'hui des appartements agréables et recherchés; et un président du tribunal d'appel de Venise, (|ui les a occupés, a prétendu, dans un journal, qu'il souhaiterait à beaucoup de ses lecteurs de ft'èire jamais plus mal logés.

Tout cda est vrai de nos jours : mais si autrefois , sous les premiers inquisiteurs , on a confiné un condamné sans air sous ces plombs, il a pu y trouver la mort en aussi peu de temps que dans Ws puits.

quisîteurs d*état, rédigèrent des statuts en 48 articles.

Nous n*en rapporterons que les plus importants :

n Tous les règlements et ordres du tribunal seront écrits de la main d*un de nous. Le présent statut sera enfermé dans une cassette , dont chacun de nous gardera la clef à tour de rôle, pendant un mois, afin d*avoir la facilité de se mettre le capitulaîre dans lamémoire. La forme de procéder sera constamment secrète. Le tribunal aura le plus grand nombre possible dobser- , vatewrs^ choisis tant dans Tordre de la noblesse que parmi les citadins , les populaires et les religieux. On leur promettra , pour récompense de leurs rapports, lorsqu'ils seront de quelque importance , le droit de désigner quelques exilés qu*on relèvera de leur ban. Quatre de ces explorateurs seront constamment , et à l'insu les uns des autres , attacliéis à la maison des ambassadeurs étrangers résidant en cette capitale , pour rendre compte de tout ce qui s'y passe, et de ceux qui y viennent.

« Si, ce dont Dieu veuille nous

8 réserver , il arrivait jamais que Tun e nous-mêmes inquisiteurs d'état, ou de nos successeurs, ftt quelque chose de contraire à ses devoirs, et que ses deux collègues crussent nécessaire d'y remédier y l'unanimité de trois voix étant exigée dans les affaires importantes, ils se réuniront avec le do<;e, et procéderont contre le coupaole , selon l'occurrence. »

Ainsi , les hommes revêtus de cette épouvantable magistrature n'avaient pas voulu se mettre à l'abri de la terreur qu'ils inspiraient ; ils avaient déterminé , qu'avec un suppléant , le doge , deux des inquisiteurs pourraient, quand ils voudraient, juger le troisième collègue. Mous continuons , si le lecteur veut bien poursuivre :

« Quand le tribunal aura jugé né'^ cessaire la mort de quelqu'un , l'exécution ne sera jamais publique; le condamné sera noyé secrètement la nuit dans le canal Orfano. Les obser- Tateurs pris dans l'ordre de la no-

ftfi

plicité, ou ri, 86 contentant de sa réputation de sévérité, il n*a plus, excepté dans quelques circonstances graves, inutilement tourmenté, par des exécutions violentes, un peuple devenu soumis et facile, et qui avait iini par éteindre , dans Tabus des plaisirs , là pensée des conspirations et des révoltes.

H ICOB.41 V eeviivvem lbs voBDATtoat oi t,*iûi.m SAiat-PiBBks. — ÉTinrvs Pokcaki. — Lt »Apb

CauXTB UI. — |flAI.BBOBf hV DOOB FOMABI. ~ II. BST SBPOSK. — Sa HOAT.

Nicolas V, successeur d'Eugène IV, le pacificateur de Florence , avait hautement protégé les sciences et les arts ; il eut, le premier. Tidée d'élever, dans la capitale des cnrétiens, un temple dont la magnificence ne pât jamais être égalée. Déjà les vastes fondations en étaient jetées, et nous pouvons comnrïencer a parler de Péglise ae Saint- Pierre, mais la mort du pape suspendît cet ouvrage prodigieux ; il ne fut repris qu'un peu plus orun demi-siècle après i)ar Jules n et le Bramante.

Le jubilé de 1450 venait d'attirer à Rome une foule de personnes pieuses qui y apportaient des sommes immenses et des offrandes, avec lesquelles le pape pensa à fonder la bibliothèque du Vatican , où il rassembla près de cinq mille manuscrits précieux.

Des neines douloureuses devaient inquiéter la bonne adnunistration de ISicoIas V. Peu de mois avant la prise de Constantinople , dont les dangers mettaient en agitation toute la chrétienté, le peuple de Rome se souleva, et voulut^lacer à la tête du couvernement Etienne Porcari, noole romain : il avait lui-même ourdi la conspiration avec Baptiste Sciarra, son neveu : et tout-à-coup il osa , à la manière de Magnence ( voy. pag. 2), paraître en public, revêtu de la pourpre : il essaja de réchauffer l'enthousiasme qu'avait allumé Coià di Rienzo , mais il n'avait pris aucune précaution poUr s'assurer qu'il ne serait pas réprimé par le gouvernement pontifical.

D'après un ordre du pape, le sénatei;r de Rome fond sur les conjurés , saisit

Porcan, et le fait pendre avec neuif de Ses complices. Voici en quels termes

{>récis et sévères Machiavel résume ce ait : « Ce dessein eut une telle fin: vraiment quelqu'un a pu louer ( ce quelqu'un est Pétrarque), quelqu'un a pu louer l'intention de Porcari , mats aussi chacun a blâmé son jugement.

De semblables entreprises, si, à la pensée , elles ont quelque ombre de

gloire , emportent , presque toujours , ans l'exécution , un préjudice certain. »

L'empereur Frédéric III , qui avait reçu la couronne impériale {*) des mains de ^icolas V, lui envoya de^ secours , et la tranquillité se rétablit à Rome.

A I^icolas V, mort en 1455, succéda Alphonse Borgia, archevêaue de Valence, et oui prit le nom de Calixte III; d'aoora il se déclara en ùiveur du roi Alphonse, contre René d'Anjou, fils de Louis II, et successeur aux droits de Louis III , son frère atné mort en 1434 , un an avant la reine Jeanne II. Les partisans de René prirent des mesures pour s'emparer du royaume de Napies. Afin de prévenir de tels desseins, Alphonse négocia avec François Sforza. duc de Milan, un double mariage. Ferainand, fils naturel d'Alphonse, et à qui ce dernier voulait laisser son royaume, avait un fils, nommé Alphonse, que l'oti fiança avec Hippolyte-Marie Sforza, fille du duc, et une fille, nommée Isabelte-Ëléonore, qui fut promise à Marie Sforza, troisième fils du duc François. Cosme de Médicis n'engagea pas la république à reconnaître ces dis-

Sositions comme avantageuses au bien e l'état ; au contraire , quoique allié de François Sforza, il aurait voulu servir les intérêts du roi René.

Venise donna , à cette époque , l'exemple d'une persécution crueHe contre son premier magistrat, Fran-

(*} A ce «ujei , je remarque que la couromie qui fut placée sur la tele de Frédéric, avait la forme d*un trircgne, ainsi qu on le voit sur une peinture de Rome rapportée par M. Bonnard.

était le cttiij«ii le (rftis raBommé de Florence. Sa magnificence apjxiraît dans riiistoire, quand on veut compter les édifices qu'il a construits, les cou* vents et les églises de Saint-Marc et de Saint- Laurent Y le monastère de Santa Verdiana ; sur le mont de Fiésole , Saint-Jérôme et la Badia ; dans le MugeUo , une église pour les ifrères Mineurs: qu*on ajoute un nombre considérable de chapelles, le don d*or»

nenients éclatants; ses palais particuliers dans la ville, quatre au&es palais dans les environs. Gomme s'il ne se fût pas contenté d'acquérir cette réputation en Italie, il avait fait construire à Jérusalem un hospice pour les pauvres et les pèlerins malades.

Toutes ces œuvres pouvaient être appelées royales. Au milieu de tant de bienfaits , sa prudence était si tempérante, qu'il n'allait jamais au-delà de la modestie ordinaire dans les conversations , dans le choix des serviteurs , dans ses cavalcades , dans sa manière de vivre ; en tout cela il n'était que semblable au plus modéré des citoyens.

, Après les premières années de sa ^e, pendant lesquelles il n'avait eu Qu'une santé délicate, après la prison.

K^ danger de mort, l'exil, il fut si mureux, que, non-seulement ceux qui s'attachaient à lui dans les entreprises publiques, mais encore ceux qui administraient ses trésors dans toute l'Europe, participèrent à son bonheur.

Il enncbît une foule de familles florentines. Enfin, quoiqu'il dépensât ^t à bâtir des temples et à distribuer des aumônes, il se plaignait quelquefois à ses amis, dans ces ter- |||^ ' « Jamais je n'ai pu dépenser en 1 honneur de Dieu , les sommes dont, co lisant mon livre de compte, je me «lis trouvé son débiteur. • Ce livre de compte n'était pas celui de Jacques

Cosmc aimait les sciences. Il avait attiré auprès de lui Argiro-Poulo , î^ant célèbre, de nation grecque , et ywucteur d'Aristote. Il nourrissait ™^ «a maison, Marsile Ficin, se- ^^ père de la philosophie platoni-

ly livrais(m, ( Italib. )

que. L'iHostre Florentin mourut , en recommandant à Pierre , son fils , d'aimer les intérêts de la république.

En vertu d'un décret de la Seigneurie, que le peuple confirma, on grava sur le tombeau de Gosme, le titre de Père de la Patrie, qu'on lui avait donné à son retour de Venise.

Ovimas BVTkm Aivaoass stMai^tista, taïaiiacm »B RiMiai.— La airvBMQOB »■ ST.*M*aiv.

Il venait d'éclater en Romagne une guerre assez sanglante entre des généraux d'Alphonse et Sigismond Malatesta, seigneur de Rimini. Ce dernier n'avait pas le bon droit de son côté dans cette querelle. Il traiteit avec cruaute ses sujete et ceux du comte d'Urfoin, son voisin, protégé par Pie II, successeur de (^alixte III. Les troupes du pontife avaient éprouvé quelques échecs, lorsque l'on vit descendre d'une montagne une poignée d'hommes vaillants et déterminés, qui rallièrent les soldats pontificaux, et les aidèrent à repousser Malateste.

La petite troupe de défenseurs venus si à propos , avait été envoyée par la communcde Saint-Marin.

Cette république, dont la population n'est encore aujourd'hui que de sept mille âmes , et qui est fière d'une existence de treize siècles, se trouvait réunie presque teut entière, au haut d'une montagne, appelée par Strabon acer nums ou TUanuSy et enclavée dans le comte d'Urbin. La ville de Saint-Marin, qui comprend trois mille habitents, fut fondée par un maçon, qui, s'étent fait ermite, vers 620, s'était acquis une grande réputation de sainteté , et avait obtenu d'une dame , nommée Félicite , la propriété du lieu où il s'éteit retiré. Un assez grand nombre d'autres personnes étent venues successivement s'y retirer, il s'en éteit formé peu à peu un petit bourg, soumis aux Exarques.

L'an 1100, cette réunion d'habiiaute achète le château de Penna Motta, qui est à peu de distance, et en 117« celui de Casola. A l'époque où l'on publia le traite de Constance , en 1 183,

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d'an ttNrteniier iù Ydanee , mahomé»

tan, comme réUit presque tout It ^ peuple dans ce royaume ; roàis lessujeCs deTooéa ne TOiuaient pas croire ce ou* Alphonse regardait eomme ûiux, et u af ooait hautement ee fils.

Lt parlement de Naplea , qui consist tait en deux divisions séparas, Tune oonçosée des piemiars seigneurs, des barons et de queloues prélats , l'autre de d^tés des Tilles, avait reeonnu Ferdinand nour héritier, du vivant de ion père, dette réunion légale^es in-* téréts et des droits du royaume montra ensuite des aentimenU de fidélité à ses sermenû. Pie II reconnut aussi le nouveau roi, le fit sacrer par le cardinal Latine Orsini, et mit h profit eette droonstance, pour Êiire i]espec« ter les anciennes possessionsder^ise.

n fixa le tribut que les rois des Deux* Sidles devaient au saint*siége, tribut (pu, depuis long «tempe, n était pas psvé, et il Teilla à ce qu^on lui restituât Bénévent, Pontecorvo et Terracine. n maria ensuite son neveu Antoine Piocolomini à Marie, fille naturelle de Feidinand.

Cependant il se trama une liaue <iontrt ee prioce. Jean, fils de Re- B^i VU était à Gênes, fut invité a^ combattre Ferdinand , et il essaya d'attirer à son parti François Sforza.

Mais ee&oÎHâ , sage politique, connais- ^t les prétentions ue la maison d'Orléans sur Milan. Il voyait Asti au ^UToir.de cette maison, il voyait les Français maîtres à Gênes. Il ne voulot pas d'ennemi si près de sa capl- ^« : il répondit aussi, en père de «mille honorable, que sa fille Hippolyte ^it promise au fils de Ferdinand, ^ QuMl exécuterait sa promesse. Les vénois, ayant appris alors que leur wff Jean d* Anjou, était appelé à gyaa» proposèrent de donner des ^^omn es d'armer des galères. Jean , 2^1eoonsenteroent de René, son père, '" vos descente près de Gaète. Un ^^ parti se prononça en sa iveur.

^^ait commencé à découvrir dans f^inand quelques fourberies qui V^ irrité. Les Florentins , dont ^^^ «fers la politique oonstmte avait

été de se lier avec la France eu dehors, et Venise en Italie, se déclarèrent pour la maison d'AnJon.

François Sfbrsa persistait dans ses témoignages d'attachement à Ferdinand. Il tenta de faire revenir les Florentins de leurs préventions pour les Français. Il mon&a ces derniers embrassant les avenues de l'Italie par leurs garnisons d'Asti et de Gênes.

Il rappela leur pétulance, leur hauteur dans la prospérité, leur hardiesse t marcher en avant ^ qui faisait beaucoup de mal, quoiqu'on fHHt à peu près assuré de la précipitation de leurs retraites. Il dépeignit la complaisance deschefb, qui ne savaient pas châtier la dureté des subalternes : il demanda s!

Fonverraitencoreleméprisdesmœurs, ^ les lois étrangères, enfin si on aurait à ^émir du retour d'un Gaultier de Brienne à Florence. U représenta que, si les Espagnols, comme les Français , n'étaient que des barbares ( les Italiens appelaient encore ainsi injustement, a la manière des Romains, ceux qui ne parlaient pas leur Jangue } , Ferdinand avait reçu le jour en Italie, tandis que René et Jean , duc de Calabre , son fils , étaient nés hors de l'Italie. Les mêmes paroles furent portées à Venise. Alors Venise et Florence crurent devoir se montrer circonspectes, et elles annoncèrent qu'elles resteraient neutres.

Ferdinand, battu d'abord, fht mal

Eursuivi , et il rétablit ses affanres.

d)elle, sa femme, montrait un courage héroïque. Cette intrépide Napolitaine faisait porter ses enfants, au nombre de six, dont l'ahié n'avait pas

S lus de douze ans , dans les rues , ans les places , dans les temples de Ifaples, et là, avec une confiance qui ne manquait pas de dignité j elle confurait les passants de contribuer à aéfendre les petits-fils du MaçnarUme^ princes itafiens de naissance, et d^ venus leurs compatriotes.

Le.ducdeMilan avaitfaitrévolter Gê** nés, et tenait les Français assiégés dans la citadelle. René, accouru pour la ravitailler, fut repoussé. En même temps un héros apportait le secours de son

de œ qo^on disait de lui. U expliquait œll^ ae ses actions que le public accusait. Il servait les Français en France, il les tenait éloigjriés de l'Italie. On a vu à quel point il était fidèle à sa parole. En général, il rendit la Lomhardie heureuse. Elle oublia une partie des malheurs éprouvés sous les Visoontl. François Sforza fut un grand prince.

GaJéas Sforza avait quelques précautions à prendre pour retourner à Milan, s'il ne voulait pas emmener son armée. Louis , duc de Savoie , fils d'Amédée VIII , était mort à Lyon en 1465. Son fils , Amédée IX, qu'on a surnommé le bienheureux y étant malade et incapable de gouverner, ses conseillers voulurent faire arrêter Ga* léas, au mépris d'un sauf -conduit qu'ils avaient accordé- mais il échappa h leurs ruses, et fit son entrée à Milan le 20 mars 1466. Il envoya sur-lediamp, à Pierre de Médicis, des ambassadeurs chargés de demander son appui. Pierre répondit qu'il n'oublierait jamais l'amitié de Cosme pour François Sforza et son fils, mais que lui-même il défendait avec quelque peine son influence en Toscane contre celle de Luca Pitti. En effet, Cosme et Luca se partageaient presque Tautorité à Florence. Le parti de Luca était appelé U Paggio, la montage, parce que le palais Pitti était bâti sur une petite colline, et le parti de Cosme s'appelait U Piano y la piétine, ^urce que ce palais , depuis , le palais Riocardi , était bûti plus bas dans la ville.

Le 6 juillet 1468, G aléas Sforza, à

2ui nous ne donnerons plus que le nom e Galéas , qu'il affectionnait , ce nom rappelant la famille Visconti, à laquelle 1 n'appartenait cependant que par sa mèn^ ualéas épousa Bonne de Savoie, sonir d' Amédée IX et de Charlotte , mariée à Louis XI. Enorgueilli par cette alliance, il commença a maltraiter sa mère. Blanche Visoontf , et on l'aocuse de l'avoir empoisonnée , parce Qu'il apprit, de sanç-froid. que l'illustre épouse du grand Sforza venait de mourir au milieu des plus vives douleurs.

UfKfSlltBtfB VBEyBCTIOVala A SouAco ir A V«.

vssa.-^GA&iAt, Boe os Mma» , ta TUtTsa xa» Fu»Ba*ri*t. — Iii BST am^a whtk Laoabbt bt Jo&isv, nu db Pibaab 1*' »a Médicis.— La

tAVB StXTB IV. — COVf PtmATIOBS A FBmAAAB, A GIWBS Mt A MlLAB. — AMAUXBAT SB Galba*.

A cette époque, on perfectionna en Italie une découverte qui devait avoir tant de conséquences pour le bien de l'humanité, des sciences et des arts, la découverte de l'imprimerie. Les Italiens , que nous avons vus et que nous verrons tant de fois inventeurs, doivent en cette circonstance céder l'honneur de l'invention aux AIkanands : mais les Italiens ne tardèrent pas à se distinguer dans cet art, et il devint bientôt, surtout pour les Vénitiens, une nouvelle source de gloire et de ridiesses. Il s'était à peine écoulé huit années depuis que l'immortel Guttemberf^ avait publié en Allemagne le Psautier, date de 1457, lorsque le grand conseil attira à Venise 'Wendelin de Spire, d'après les instances de Paul II , qui lui-même venait de faire faire des essais d'imprimerie à Subiaco. Ces essais datent de 1465. Ils sont dus à Conrad Sweynheim et à Arnold Pannartz, Allemands; Touvrage qu'ils publièrent dans cette abbaye porte cette date. Cest le traité de Lactance, « De dwinis instilutionUms advenus génies. » Sur cette édition, la première de Lactance , on lit à la fin ces mots : In venerabiU monasterio sublacensi sub anno do»

miniMCCCCLXy. Aussi, dit M. d'A-

g'ncourt. ce lieu recommandable par nt de faits relatifs à la religion (voy. p. 77, note), à l'état politique de FI- .talie, dans le mo}ren âge, aux lettres f et aux arts, mériterait d'être connu i par une histoire particulière. A Venise, w endelin publia ses premières éditions / en 1469, l'année même où le grand ; Machiavel, ce génie si universel, re- -, cevait le jour à Florence. Jean de Co- i losne et Nicolas Janson vinrent en mime temps former dans Venise et. à Padoue des établissements qu'autorisa un privilège. On vit sortir desjpresses vénitiennes Gcéron, César, Quinte-

dit foHereAMt, des muratUes, des fetraDcheineata , pour opprimer la ▼ille aa besoin : ce projet pouvait être sage, mais il était contraire aux capitulations. Le courroux du peuple etaût légitime, Galéas dévora son dépit

U se moquait insolemment des conspirations génoises; une conspiration milanaise vi^t l'attaquer luimême dans sa capitale. Infidèle à Bonne de Savoie, princesse très-vertueuse, il se plaisait à braver les mœurs et les lois de la pudeur. Il savourait le désespoir des pères et des maris , dont il avait déshonoré lès filles et les épouses. Ensuite il exigeait que ses gardes prissent part à ses intames plaisirs. C'est ainsi qu'il avait insulté deux Jeunes Milanais, Ourles Visoonti , parent des derniers

5 rinces, et Jérôme CHgiati. Il avait épouillié d'un héritage Jean -André Lampognani. Tons trois suivaient précMlemment le cours d'un profes^ seur d'éloquence, Cola de Montani, célèbre à Milan. Gelui*ci avait donné a Galéas , presque toujours indocile dans son enfance, des leçons, accompagnées sans doute de trop de sévérité magistrale , puisqu'il l'avait fait un jour punir du fouet. Galéas, devenu soure»

rain, sous un vain prétexte , fit à son tour fouetter son maître sur la place publique. Montani n'attendait ps cet affront pour mépriser et détester Ga^ léas. Gonune Rienzo , nourri des traits les plus héroïques de l'anti^ité, il ne perdait pas l'occasion de faire remar" qnier à ses élèves que toutes les révolu* tions qu'ils admiraient dans la Grèce, avaient M développées par la haine de la tyrannie d'un seul; qu'un tyran était Fennemi des talents, des célebri-' tés, des hauts caractères. Cependant Galéas , ^i ne méritait plus absolu* ment d'autre nom, parce qu'il ne pa* rainait pas avoir conserve les gêné** reuses pensées du paysan de Cotignola, et qu'if n'était ^us que le digne héri* tier des Bamabo , de Jean Galéas, et de Philippe-Marie, venait d'ordonner d'enterrer vivantes quelques-unes des victimes de ses débauches, entre autres une fille de Jérôme Olgiati. Gèhii*

oi entretint de sa douleur Charles Visconti et Lampognani, et tous trois résolurent de tuer le tyran.

Le lendemain de Noël , 26 décembre 1476, ils étaient cachés dans la maison de l'archi-prâtre de la cAthédrale. Un bruit confus les avoiit de l'arrivée de Galéas qui venait entendre l'ofBce. Le duc s'avançait dans l'église entre l'ambassadeur de Ferrave et celui de Mantoue. Lampognani fendit la foule; et quand il ifiit près du prince, il porta la main gauche, comme par respect, à la toque que tenait Galéas , qui venait de se découvrir. Il mit un çenou en terre, dans l'attitude d'un suiet qui présente une requête , et en même temps, de la main droite, dans laquelle il imiait un court poignard caché, il frappa le prince an ventre de bas en haut. Olgiati le frappa à la gwae et à la poitrine; Charles Visconti a l'épaule et au milieu du dos. SIbrzà tomba entre les bras des deux ambassadeurs en criant : « Ah Dien! • et il expira.

Les gardes du duc s'animèrent à la vue de ce crime. Lampognani, et fuyant, s'embarrassa dans les véte« ments des femmes qui étaient âge»»

nouillées, fut atteint par un Maure, écuyer du. duc, et tue sur la place»

Visconti fut aussi poursuivi et tué par un des gardes. Olêiati, qui était parvenu à s'enfuir, tut arrêté, mis a la torture, et condamné à être tenaillé et coupé vivant en morceaux. Les bourreaux lui ayant arraché la peau de la poitrine, u jeta un cri , mais H se reprit aussitôt , et dit : « La mort est dure , la renommée perpétuelle ; il restera un souvenir étemel de ce fiiit. »

Jean Galéas Sforza, fils aîné de Galéas, qui n'était âgé que de huit ans, fût reconnu duc sans aucun obstacle , et Bonne de Savoie déclarée r^^tei Galéas laissait cinq frères, Srana^ duc de Bari, Louis, surnommé le Maure , à cause de son teint nohr , Octaviea, Ascagne et Philippe. Gênes, a Finstantméme, essaya de secouer le ioug; mais elle fut retenue dans l'o* néissance : ee que la régenœ de Milan appelait le devoir.

Voltem, et le prêtre Etienne, deux hommes qui , par état et i>ar nature , étalent bien peu propres à de telles entreprises. Si jamais dans une action on recherche un courase fort, assuré, et résolu à la vie, à la mort, il est nécessaire de Tavoir dans cette circonstance, où Ton a TU la détermination manquer à des hommes éprouvés par les armes et dégouttants de sans.

Cette délibération étant prise, il fut convenu que le signal de Texécution serait le moment où l'officiant communierait à la messe principale, et que dans cet instant, l'archevêque Salviati , suivi des siens , et messer Poggio s'empareraient du palais , afin guela Seigneurie, après la mort des jeunes Médicis , fût volontairement ou forcément favorable aux conjurés.

Cette dernière délibération terminée, ils se rendirent dans l'église où déjà le cardinal entrait avec Laurent. Elle était remplie de peuple, et l'ofQce divin avait commencé. Julien n'étant pas encore arrivé, François de' Pazzi et Bernard Bandini, chargés de le frapper , allèrent dans sa maison le trouver, et, par prières et par adresse, ils le conduisirent à l'église. C'est une chose assurément digne de mémoire que tant de haine et la pensée d'un si grand forfait pussent se joindre, dans François et Bernard, avec tant de cceuT et d'obstination d'esprit! £n le conduisant au temple, et pendant le chemin, et à Tarrivée dans l'éfflise, ils l'entretenaient de plaisanteries et de mots déjeunes gens. Sous prétexte de le caresser, François ne manqua pas de le serrer avec les mains et avec les bras, pour voir s'il le trouverait couvert d'une cuirasse ou de toute autre défense. Julien et Laurent connais-, saient l'animosité des Pazzi; ils sa- Taient que ceux-ci désiraient leur enlever l'autorité dans l'État, mais ils ne craignaient rien pour leur vie^ parce qn'ils pensaient q|ue si les Paszi avaient à faire quelque entreprise, ils la feraient civilement, peut-être en appelant le peuple a Pariamento, et non pas arec tant de violence et de fouiberie. Les Médids n*ajrant pas

d'inquiétude pour la vie, feignaient donc d'être les amis des Pazzi.

Déjà les meurtriers avaient la main sur leur poignard. Ceux qui devaient frapper Laurent pouvaient être voisins de lui : la multitude qui inondait le temple permettait qu'ils fussent immédiatement à ses cotés , facilement et sans exciter de soupçon. Les autres ne

Perdaient pas de vue Julien. Arriva heure marquée. Bernard Bandini, avec une arme courte, perça le cœur de Julien qui, après quelques pas, tomba i>ar terre. François de' Pazzi s'étant jeté sur lui, le couvrit de blessures, et le frappa avec tant de cruauté, qu'aveuglé par la fureur, il se blessa lui-même très-grièvement à la jambe. Messer Antoine de Volterre et Etienne , de l'autre côté , assaillirent Laurent, et après lui avoir porté plusieurs coups, ne parvinrent qu'a le blesser légèrement à la gorçe. Tous les autres efforts furent vains, soit qu'il y eût de leur part peu de courage , ou beaucoup die force de la part de Laurent qui, se voyant assailli, se défendit avec ses armes , soit que les compagnons de Laurent lui eussent porte du secours. Antoine et Etienne, effrayés , prirent la fuite et se cachèrent. Mais de|iuis , ayant été arrêtés, ils furent tués ignoblement , et traînés en morceaux par toute la ville. Laurent, accompagné de ses amis, s'était réfugié dans la sacristie. Bernard Bandini, après la mort de Julien , tua François Néri , partisan des Médicis ; ensuite , non content de ces deux homicides, il courut pour trouver Laurent , et suppléer par son courage et sa promptitude à ce que les autres n'avaient pu faire par faiblesse et par lenteur ; mais le sachant réfugié dans la sacristie, dont plusieurs nrêtres avaient précipitamment fermé les portes de bronze , il ne pouvait parvenir jusqu'à lui. Au milieu de ces efintr^ables et tumultueux événements, qui nirent si terribles qu'il semblait que l'église s'écroulât, le caidinal Rapnaël se ré* fogia vers l'autel, où des prêtres, avec grande peine, le sauvèrent : Il fallut attendre que la Seigneurie put

tomber tost-è-ooup daiui de si terri»

Ues malheurs, arec tant d'ioBultea et de douleurs! On lui reprochait des ▼ioes, entre autres la passion du jeu et la {propension à blasphémer, vices dont il était coupable plus qu'aucun autre homme perdu de mauvaise conduite. Cependant il rachetait ces ▼iœs par beaucoup d'aumônes , et il secourait magnifiquement les infortu* nés et te éublissements pieux. On peut enocffe dire ce bien de lui , que le samedi qui précédale dimanche, jour Ûié pour ce sacrilège homicide, afin de n eotradner personne dans sa mau« vaiae fortone, u avait acquitté toutes ses dettes, en commerçant fidèle, et envoyé, avec une merveilleuse sollicitude, à chaque propriétaire, toutes les marchandises qui leur appartenaient, et qui se buvaient à ta douane ou dans sa maison.

Jesui-Baptiste Monteseeoo, qui avait promis de venir en aide aux conjurés après le succès , eut la tête tranchée. napoléon Franzesi évita le supplice par la fuite. Les conjurés punisi on célébra les fUnéralIles de Junen. Il fut accompagné au tombeau par les larmes de beaucoup de citoyens. Il restait de lui un fils naturel qui naquit peu de temps après la mort de son père , fai appàé Jules, et devint dans la suite le pape Qéroent VII.

Ce que Ferdinand et Sixte IV n'a-* raient pu obtenir par le moyen de la conjuration, ils le tentèrent par la guerre et les armes religieuses. Florence fut attaquée, puis excommuniée et maudite. Ëtrange et détestable abus des armes spiritiMltes I ici U ne peut trouver aoeune explication ni aucune excuse. Sixte IV néanmoins disait qu'il ne manquait pas de réponses pour justifier sa cause. Il niait (Tabord mite participation à la conjuration.

Ensuite il alléguait qu'il appartenait à un pontife d'éteindre la tvruinie, d'opprimer les méchant?, d'élever les bons.

Il ajovitait que ce n'était pas Taffaire des princes séoaKers de détenir les cardinaux, dépendre les évéques, de déchirer et de vatner en morceaux les prêtres et teos les innocents et les

eeupaUes sans distinction* Avant de parler ainsi avec tant d'assurance. Il eût fallu d'abord prouver évidemmenl la non participation à la conjuration} ear pour le crime sacrilège commis dans une église au moment du saint sacrifice , il était certain que le pontife n'y avait pas consenti , puisqu'on avait airété ce projet le matin même du dimanche, sans avoir le temps d^é^ crire à Rome. Le sacrilège est un crime des Pazxi seuls. L'improbatioa de Montesecco ne laisse pas douter des sentiments du pape, dont 11 était ecndottiero et serviteur. Quant à là mort des innocents confondus avec M coupables , les paroles de Rome étaient dignes et paternelles.

mà*»nv as UiàtêtM M ftintt A H*nuw Asnili PO moi VmmanAtm, — Uo%9 »s Lavas*«-u^ MAOviyiQua.

La guerre devint terrible. Milan « aux mains d'une femme faible, ne pou« vait envoyer de secours à Florence.

Venise semblait faire entendre docto* ralement que, grâce à ses lois, elle n'avait pas h redouter de tels événements. et elle paraissait ne pas faire plus de cas du vainqueur que du vaincu. Laurent s'adressa à Louis XI, qui promit son appui pour rétablir la paix avec le saint-siège. Dans leurs lettres, les Florentins appelaient ce prince oairon perpétuel et père de leur vUk. Mais les ambassaneurs de France n'agissaient encore qu'avec circonspection. Alors Laurent, observant que Florence était incertaine, mécontente et agitée, se décida à aller en personne demander l'alliance de Ferdinand , roi de I>iaples, de celui-là même qui était un des plus ardents instigateurs de la conjuration des Pazxi. Haute et sublime détermination ! Il se livrait sans défense à un de ceux qui avaient voulu l'assassiner.

Après avoir recommandé la ville et r^t à son ami Thomas Sodérini . il partit au commencement de décemnre 1479, pour Pise, d'où fl éctivit à la Seigneurie ses projets de v<iyage k Ifaples.

Arrivé par mer dans cette vOle, Q

Maine, qui avait légué tous ses droita à Louis XI et à ses descendants.

A de telles prétentions, les Vénitiens, les Florentins, malgré leur préclîlection pour la Firanoe , et presque toute ritalie répondaient que le royaume de Naples était un Ûef féminin , et que tant qu'il restait un descendant en ligne directe du dernier souvtfain, même par les femmes, les collatéraux n*y pouvaient avoir aucun droit , et en conséquence ils persistaient à reconnaître René II, que René I''^ son grand-père maternel , avait, disaient -ils, injustement dépouillé. Pendant ce temps-là, le fils d'* Alphonse-le-Magnanime, Ferdinand, soutenait qu'une adoption intermédiaire, signée par Jeanne II, quoiqu'elle eût été révoquée , et d'ailleurs la possession actuelle et positive établissaient d'une manière puissante les droits de la maison d'Aragon. Alors les armes seules pouvaient décider la question.

Cwtrmm.

Mats il est à propos auparavant de ^re brièvement queUe était la position des Vénitiens relativement à un royaume situé dans le Levant, le royaume de Cbypre, dont cette république s'était emparée. Le conseil des Dix déclarait que le fils de Jacques de Lusignan, dernier roi, avait hérité de son père ; que, comme il était mort en bas fige, Catherine Comaro, Vénitienne, sa mère, avait hérité de son fib; que la république devait hériter de cette reine, parce qu'elle avait été déclarée///!0 de SahU-Marc, Il s'abaissait donc de l'empêcher de se marier.

Car , dans ce cas , tous les raisonnements amassés pour prouver les droits de la princesse , n'auraient servi qu'à fortifier les droits d'un second mari et de nouveaux enfants. George Cornaro, frère de la reine, fut chargé par les Dix d'aller chercher sa soeur.

Après beaucoup de résistance , et les représentations de son frère qui lui annonçait qu'on ne résistait pas aux

Dix , parce que les Dix , en se sant à Trois, savaient encore se rendre plus redoutables, elle partit , et les amiraux de la république prirent pos- « session du petit rovauroe. Le château d' Asolo, dans le Trevisan , lut donné à cette princesse , en souveraineté, avec un revenu de huit mille ducats. La petite cour de la reine de Chypre à Asolo , dit M. de Sismondi , a conservé queloue célébrité dans les lettres, par les dialogues de Bembo. La fiction élégante des AëoknU représentait ap»

paremment les manières de cette cour; et l'on doit croire que Catherine oublia , au milieu des propos d'amour et de galanterie, dans des entretiens alors à la mode, sur la métaphysique do sentiment, les peines, les souds, ^ les humiliations de sa servitude royale. Voici d'ailleurs ce que les Vénitiens possédaient alors au dehors avec le rovaume de Chypre : sur la côte orientale du golfe, Zara, Spalato, et toutes les tîes de la Dalmatie ; la côte d'Albanie ; dans la mer Ionienne , Zante et Corfou ; en Grèce , Lépante, Patras ; dans la Morée, Moron, Coron, Maples de Remanie et Argos; enfm la célèbre et fertile Ile de Candie.

Dovit , VILS D« MâBOvwp n.— h ■■ ai»» a Roai. •~P«iTB«noat B« CaAa&u VUl a« aoTADHa

BB N ANrIt.

Cependant Dgem, fils de Mahomet II, faisait son entrée à Rome, où il venait se mettre sous la protection d'Innocent VIII. Il avait fait valoir « pour succéder à son père , une prétention précédemment mise en avant par les princes grecs de Byzance. Il était poqihvrogénète , ou né dans les salles de pourpre , c'est-à-dire dans le palais de Constantinople , et pendant que son père était sur le trône, et par là il se croyait supérieur à son frère atné, qu'il disait être fils d'un simple guerrier , et peut-être né sous une tente. Cette vaine distinction avait été suffisante pour qu'on en eût appelé au sort des armes, dans un état despotique, où il n'v a de droit réel que cçlui qui est fondé sur la force. Dgem

d'qfB CDramm afiûflni. les minittrei firanpiis n'ayant rien à redouter des Toisins de la France, résoltirent d'entreprendre l'expédition de Naples et d'aller £ufe couronner Charies dans la capitale de ce royaume. Ce prince , qui n'avait alors que Tingt-quatre ans, partit de Vienne en Daupbiné le 28 août 1494, et mardia sur les villes de Suze et de Turin.

CsAmuM ym fkwt ▲ Xk tItb B*vva Amitls.— U S9*ma A TvM» , ▲ Fa^b.— *II«bt »v xbv va iaA« GAi.<«a. — |4i«u«&>-]l*«Ba sa siaMBS »«a »b H iiav. — La »ox CaAB&as VIU aaTaa a. Pub.

— ÎB aOWa LA UBBBtl A CBTTa TIBXiB. — PlBBBB

' H aa Hâmtcu tmàMÛ aa Fu»BavflB. — TbaitI »a CmA^êMê VUl «T^ XA T«i«Aaa.

^ Cette eq)édition , qui va parcourir presque toute l'Italie , nous apprendra inciaeaunentf et presque à chaque couchée , ouelle est la distribution po-> litique de la Péninsule.

Une armée aussi nombreuse que celle du roi aurait eu beaucoup de peine à traverser les Alpes , si elle avait dû y rencontrer un ennemi. Mais alors la Savoie, réunie au Piémont, et le Montferrat étaient réduits à cet état de fiiblesee qui accompagne une régence.

Chsrle»-Jean-Amédée, duc de Savoie, sous ïe nom de Cbaries II , né le 24

I'uin 1488, n'avait que neuf mois, orsqa^îl avait succédé au duc Charles r*, son père, dit le guerrier (ce dernier avait acquis le titre de roi de Chypre à la mort de Charlotte de Lusignan, fille de Jean III, roi de Chypre; elle lui avait cédé ses droits sur cette fie , usurpée depuis par les Vénitiens, au nom de Catherine Cornaro ; c'est de là que les ducs de Savoie ont pris t>lus tard la couronne fermée , et le litre d'altesse royale ). Blanche de Montferrat , mère de Charles II , était régente. Elle reçut Charles VIII à Turin avec la plus ^nde magniAoence. Marie, marquise de Montferrat, tutrice de Guillaume- Jean, né le 10 août 1486, suirit la même politique.

Ces deux régentes ayant paru aux yeux de Charles VIII , l'une à Turin , r«itie k Casai y ornées de beaucoup

de diamants, le jeune roi , qui manquait déjà d'argent, s'était fait prêter ces diamants pour les mettre en çige, et il avait reçu de plusieurs usuriers, sur ce nantissement, 34,000 ducats.

Tous les jours, Louis Sforza, nous dit Comines, Louis, qui n'était pas attaché à sa foi , s'il voyait son profit pour la rompre . fiiisait sentir à ce roi de France desytim^s et gloires «f/to- He , lui montrant ses droits au royaume de Naples, qu'il lui savait bien biasan" ner et knier. En même temps , le roi de Naples , Alphonse II , successeur de Ferdinand , qui venait de mourir , commençait ses préparatifs de défense.

Tout en attirant' Charies en Italie, Louis traitait avec l'empereur Maximilieu, lui demandait l'investiture du duché de Milan , et lui proposait sa nièce. La princesse qu'il voulait employer à séduire Maximilien était la sœur du duc de Milan, Jean Galéas , qu'il allait dépouiller de ses états.

Charles vit en passant à Pavie le jeune Jean Galéas; et comme il le traita avec égards , Louis le fit em-

Soisonner le lendemain , et se déclara uc de Milan. Dès ce moment, chaque fois qu'il se trouvait avec le nouveau duc, le roi prenait des précautions injurieuses à cet usurpateur.

Les Florentins, gouvernés alors par l'influence de Pierre II de Médicis , fils de Laurent, avaient envoyé a Charles des ambassadeurs , entre autres Pierre Sodérini et Pierre Capponi, pour connaître ses desseins. IJn de ces ambassadeurs, Capponi, mécontent de Pierre, excita contre lui la colère de Charles et celle de ses ministres. Charles , toujours animé par les avis secrets de Louis-le-Maure , s'avançait au-delà d'Asti , et il expédiait sur la Romagne le seigneur d' Auoigny , chargé de repousser une armée napolitaine , venant trop tard pour secourir Jean Galéas , qui n'était plus duc de Milan.

Je suivrai ici le récit de Comines , qui flit employé dans toutes ces négociations. Son travail est si recommandableque François Guicciardini, l'historien, Ta toujours pris pour guide,

dans ces Médrds, comme tenus en ré* serve. Par son ordre, on venait de les arrêter au mois d'août , et il avait mis un moment en délibération , si on ne les ferait pas mourir. Ses amis ob^ tinrent à peine qu'il se contentât de les exiler, et de leur assigner pour lieu de bannissement deux v\llas voisines.

Après Texpulsion de Pierre , les tableaux où se trouvaient les condamnations de 1478 pour la conjuration des Pazzi , ayant été effacés , les deux Médicis , fils de Pierre-François , furent rappelés à Florence au moment où leur cousin en sortait. Ce fut alors que , ne voulant avoir , disaient-ils , rien de commun avec une famille qui avait affecté la tyrannie et demandé des gardes, ils firent effacer les six boules de leurs armoiries, pour v substituer la croix d'argent des Gueffes , ^ champ de ^fueules, et en même temps ils changèrent leur nom de Médicis en celui de Popolani.

« Le roi Charles, continue Comines , entra le lendemain en la cité de Florence, et lui avoit ledit Pierre fait bailler sa maison, et jà estoit leseigneur de Balassat (Balzac) , pour faire ledit logis, lequel, quand il sceut la fuite dudit Pierre, se .prit à piller tout ce qu'il trouva en IsKiite maison, disant que leur banque à Lyon lui devoit grande somme d'argent. En une aultre maison de la ville , Pierre avoit retiré tout ce qu'il avoit vafllant; le peuple pilla tout : la Seigneurie eut partie aes plus riches bagues et vin^ mille ducats comptant qu'il avoit a son banc , en la viile, et plusieurs beaux pots d*agathe et tant de beaux camayeux bien taillés que merveille, et bien trois mille médailles d'or et d'argent , bien la pesanteur de quarante livres , et croy qu'il n'y avoit pa^ autant de belles médailles en Italie ; ce qu'il perdit ce jour en la cité, valoit cent mille écus , et plus. »

Charles VIII étant arrivé à Florence, on lui demanda pourquoi il avait accordé l'indépenaance aux Pisans; il répondit qu'il ne l'entendait pas ainsi ; €t comme il avait encore besoin d'ar-

14* Livrcdson. (Italie.)

gent , Il exigea qu'on lui donnât des subsides. A ce sinet, il proposa un traité solennel. Dans cette circonstance, Pierre Capponi montra le plus grand dévouement pour les intérêts e la république. Le roi , qui devait payer ses troupes avant de continuer sa marche , exigeait des sommes con- ^sidérables, et ensuite, par certaines conditions? il voulait presque la souveraineté de Florence, comme les Français avaient eu tant de fois celle de Gènes. Voici comment Guicciardini s'exprime sur ce fait :

« Ces difficultés, qui semblaient ne pouvoir plus être décidées que par les armes , furent surmontées par le courage de Pierre Capponi , un des cniatre citoyens, députés pour traiter, Capponi, Ëomme de génie, d'une ame forte , et très-estimé à Florence pour ses qualités, né d'une famille honorée et descendant de personnes qui avaient eu une grande influence dans la république. Un seorétaire royal commençait à lire des articles d'une exigence tout à fait immodérée, qu'on proposait pour la dernière fois, de la part du souverain; Capponi arracha l'écrit des mains du secrétaire avec un geste impétueux, le déchira sous les yeux du prince, en disant d'une voix animée : « Puisqu'on demande des Closes si déraisonnables , vous sonnerez vos trompettes , et nous sonnerons nos cloches. « Ensuite il entraîna ses collègues, et il quitta l'appartement (*). »

Les Français ne purent pas croire que tant de courage ne fut bientôt soutenu pr les armes , et l'on convint des conditions suivantes, qui furent

(*) C'est par allusion à ce fait mémorable, que Machiavel a mis ces trois vers charmants dans son Décennale primo :

Lo strepiio dell'armi e de' cavallt Non potè far , che non fosse sentita La voce d*un cappon frà cento galli.

« Le bruit des armes et des coubiers ne put empêcher qu'on n'entendit, entre cent coqs, la ToU d'un chapon. »

s et coupés selon la forme même propres à lancer de

des coips. Les chefs portaient , pour Ils n'avaient pour

M distinguer, de hauts plumets sur que le casque et li

leuncasquej. Les soldats étaient ar- ques-uns |)ortaient

mes de courtes èpéfs et de lances puur transj>ercer [ts

de bois de t'réne de dix pieds de long, b cavalerie pesante

Lsm maateatix étaient ornés d'aiguillettes et de plaques d'argent , où se voyaient dessinées les armoiries de chaque chef. Quatre cents archers , jKirniî lesquels cent Écossais, marchaient aui côtés du roi. Deux cents chevaliers français , choisis sur toute la fleur de la noblesse , Tentouraient à pied. Leurs épaules étaient chargées de masses d'armes de fer, semblables à de pesantes haches. Les mêmes, lorsqu ils montaient à cheval, prenaient les armes offensives et défensives des hommes d'armes ; mais on les distinguait à la beauté de leurs chevaux, à Tor et à la pourpre ^ui les couvraient. Les cardinaux Julien de la Rovère et Ascagne Sforza (frère de Louîs-le-Maure ) étaient à la droite et à la gauche du roi , et montés sur des mines; Fabrice et Prosper Golonna, généraux italiens, se voyaient parmi les grands seigneurs de France.

On traînait à la suite trente-six canons de bronze attelés : leur longueur était d'environ 8 pieds , leur poids de six milliers, et leur calibre à peu près comme la tête d*un Homme. Les coulevrineSfde. moitié plus longues, paraissaient ensuite , puis les fauconneaux, dont les plus petits lançaient des boulets de la grosseur d'une grenade. Les affâts étaient formés de deux pesantes {Âèces de bois unies par de^ traverses , et soutenus par deux roues; mais pour marcher, on en joignait deux autres avec un avant-train qui se séparait de la pièee, lorsqu'on la mettait en batterie.

Nous lisons encore dans Brantôme, à propos de cette armée :

« Paul Jove a décrit l'armée du petit roi Charles .y III entrant dans Rome, représentée en son histoire, la plus supme et la plus furieuse en ses armes', visages, dmarches, contenances et habits, que c'étoit une chose trèsépouvanâble à voir, tant François, Allemands et Suisses. »

Le roi fit un traité avec le successeur d*Innocent VIII, le pape Alexandre, nH)nté sur la chaire de saint Pierre en 1402, qui lui donna en otage le cardinal de Valence, que nous ver-

rons incessamment figurer dans cette histoire, sous le nom de César Borgia.

Le pape dut même payer une contribution en or; mais outre qu'elle ne fut pas très -forte, le roi la mit immédiatement à la disposition de François de Paule , canonisé sous Léon X, et qui acheta avec cette somme le terrain sur lequel est bâti aujourd'hui le couvent français de la Trinité-du- Mont, desservi long -temps par les minimes de notre nation.

Charles exigea aussi qu*on lui remtt Dgem, frère de Bajazeth. Ce jeune Turc, pour témoigner sa reconnaissance, quand on ramena devant le roi, lui baisa la main , puis Tépaule droite. On dit que ce prince avait été livré empoisonné. Il est certain qu*il mou*' rut peu de temps après. Le roi en montra une douleur profonde.

Les ministres de Charles voulaient que le voyage ne fût pas retardé. Le roi continua sa marclie , et il entra à tapies le 31 février 1495.

« Il y fut reçu, dit Guicciardini , avec tant d'applaudissements et de témoignages publics d'allégresse , que Ton tenterait en vain de les exprimer.

C'était avec une exaltation qu*on ne

rut croire , que Ton voyait concourir kl fois tout sexe, tout âge, toute condition, toute qualité, toute faction, comme ^il eât été le père et le fondateur de cette ville. Il n'obtint pas un accueil moins bienveillant de ceux qui par eux-mêmes ou par leurs ancêtres avaient reçu des bîeufaits de la maison d'Aragon. Ce prince , avec un cours merveilleux de oonheur inouî, avait, bien au delà de Texemple de César, vaincu avant d'avoir vu, et avec tant de facilité , que , dans cette expédition, il n'avait pas fallu déployer une tente, ni rompre une lance. Ainsi, par l'effet des discordes domestiques, '

3ui avaient dïloui la sagesse si fameuse e nos princes, à la nonte et à la dérision de la milice italienne, avec mi grand danger et une grande ignominie pour tous , une portion distinguée et puissante de l'Italie se détacha de l'empire italien , au profit des ultr»montains ; car le vieux Ferdinand ,

quoique né en Espagne, néanmoins avait été, dès sa jeunesse, ou fils de roi ou roi en Itafle , puisqu*il n'avait pas d'autre principauté, et que ses fils et petits-fils, nés en Italie, étaient à bon droit réputés Italiens. »

CBA&tu Vni •> mfsooT A asTovBvsa a« FaAvcv.

•—II. tAMM A ?!•■, BT VB BBBP 9Aê CBTTB TII.I.B AVX FlABBBTIVt.

Les fautes commencent souvent le lendemaind*un triomphe. CharlesVIII, après avoir été couronné et s'être fait revêtir même des ornements impériaux , ne gouverna pas le pays avec sagesse. Cette armée de nations diverses exigea des contributions, et opprima la nation. Il fut résolu, dans le conseil que le roi retournerait 1^ Amboise. A cette nouvelle , le peuple napolitain, assuré que Naples n aurait plus une cour, son luxe et ses dépenses, et deviendrait si tôt une provmce de France , ne put contenir ses mécontentements. Ils n'arrêtèrent pas les desseins du roi , qui laissa des garnisons dans les châteaux et partit pour Rome à la tête de neuf mille hommes.

Puis , il entra en Toscane sans |)asser par Florence. A Pise, ses ministres ne tinrent pas la parole qu'il avait donnée. La y'iWe prêtée ne fut pas rendue aux Florentins ; une garnison française occupa la citadelle, et les Pisans continuèrentà s'administrer en vertu de leurs anciennes lois qu'ils avaient rétablies. Des trois autres yïWesprétéeSy Livourne fut rendue; mais dxntragues, commandant de la citadelle de Pise , livra aux Génois Sarzane , et Librafotta aux Vénitiens. Les Florentins conçurent un vif chagrin de voir les Vénitiens si près des frontières de la Toscane. Ils aimaient l'alliance de Venise ; mais un voisinage si rapproché pouvait devenir désastreux : en cela les Florentins se trompèrent, et la conduite des Vénitiens ne fut jamais hostile sur ce point à Librafatta. .

Cependant il s'était formé une confédération pour empêcher Charles de rentrer en France : la maison d'Aragon, le pape Alexandre, suivant une

autre politique gue celle d'Innocent VIII, les vénitiens, qui jusqu'alors n'avaient pris parti pour personne, et même Louis-le-Maure , dont les intérêts avaient changé avec la possession du titre de duc, tentèrent de fermer au roi tous les passages. Il résolut néanmoins de ne né&liger aucun effort pour parvenir à donner la main au duc d'Orléans ( depuis Louis XII ), qui occupait Asti , et qui s'était avancé jusqu'à Novare.

L'armée qui allait s'opposer au passage du roi était presque toute composée de troupes de Venise. Celles du duc de Milan, Louis-le-Maure, faisaient face au duc d'Orléans. La ligue italienne, dont les Florentins et les régentes de Montferrat et de Savoie refusèrent de faire partie, avait pour généraux, François de Gonzague, marquis de Mantoue , et le comte de Cajazzo.

Les Français ne comptaient que sept mille hommes: le roi venait d'affaibur son armée en envoyant un parti considérable pour chasser de Gênes la garnison milanaise. La marche était retardée par la' difficulté de faire avancer l'artillerie. Autant ce nouvel appareil de guerre excitait de crainte chez les Italiens, autant il inspirait de confiance aux Français. Ils avaient fini cependant par se contenter de demander le passage ; on le leur refusa avec hauteur : ils furent oblisés de vaincre. Le témoignage que Comines rend de la conduite du roi n'a pas le caractère de la flatterie. Cet historien, alors ambassadeur à Venise, était venu rejoindre le roi , et il s'exprime ainsi :

« Je le trouvai armé de toutes pièces et monté sur le plus beau cheval que j'aie vu de mon temps, et sembloit que ce jeune homme fut tout aultre que sa nature ne portoit , en sa taille et sa complexion II étoit très-craintif à parler et l'est encore aujourd'hui.

Aussi avoit-il été nourri en grande crainte et avec petites personnes. Et le cheval le montroit grand , et avoit le visage bon et bonne couleur, et la parole audacieuse et sage. »

ai8

Le roi prouva dans cette occasion qu'il savait parler aux soldats. Jacques de Bereame rapporte les propres termes de la harangue dupriuce : « Chevaliers , soldats , considérez que vous estes François , desquels la nature et propriété est de faire et souffrir force choses comme les Gaulois, ayant toujours tenu estre chose plus glorieuse de mourir en bataille, qued'estre pris.

IVos ennemis se confient en leur multitude , et nous en notre force et vertu. Si nous vainquons, tous les Italiens sont à nous , et si nous sommes vaincus, ne vous chaille (qu*il ne vous importe guère ) , France nous rece* rra . qui défendra assez son pays.

Bret^ notre cas est seurement : si vous avez autre courage gu'à vaillamment combattre, et cfu'aimiez mieux honteusement p»ar fuite vous retirer, et voir votre roi et naturel seigneur dolent et captif ès-mains de ses ennemis, déclarez-le de bonne heure. »

Il s'agissait pour Charles de passer sur la rive gauche du Taro, non pas en face, mais sous les yeux de rennemi, qui , comme les Français, se trouvait aussi sur la rive droite. Le roi donna le meilleur exemple, et les Italiens, qui ne pouvaient inmiiéter que le Àanc droit de la ligne française, ne parvinrent pas à empêcher le passage. L*armée royale garda, la nuit, le champ de bataille où elle avait combattu , et elle coucha sur la rive gauche -du fleuve , sans tentes et sans vivres. Les Vénitiens, parce quMls avaient pillé le camp français, annoncèrent de leur côté qu'ils étaient vainqueurs; mais ils se trompèrent : car le signe caractér ristique d'une bataille gagnée, estd'a- Voîr atteint le but qu^n s*était proposé. Or. les Français rejoignirent à Asti le duc d'Orléans : amsi , la bataille de Famaue fut gagnée par les Français ; mais aussi rltaiie fut perdue.

Nous dirons ici , à la gloire des Vénitiens, qu*au commencement de la gierre , un seigneur du Frioul, Trisn, comte de Savorgnano, proposa au conseil des Dix de faire empoisonner Charles VIII , et que le tribunal

rejeta cette odieuse proposition. Quelque temps après , la mort de ce prince, qui fîit la suite d*un accident, délivra les Vénitiens de ce dangereux ennemi.

HoftT BB FaafiiVAVB II d'Aeaoov. — FAisliic Uf « koir nu ( s»t avccBDB. — L'sHVsaBoa Maxihi- Lim A PisB. — Savobabola. — Loois XU bbcbs ▲ MiLAB. — IiOrit-i.B>MAumB sa* cobsdit b» Pbabcb.

En 1496, Ferdinand II d'Aragon mourut et laissa le trône à son fils Frédéric. Ce|>endant l'empereur Maximilieu avait jugé h propos de descendre en Italie, pour tâcher de succéder à l'influence oui avait échappé aux Français. Il s'emoarqua à Géues pour se rendre à Pise. A son arrivée . l'écusson de marbre, chargé de lis a'or, qui avait été élevé sur le pont, en 1 honneur de Charles VIII , fut précipité dans la rivière , pour faire place aux armoiries de l'empereur. Ainsi, c'était pour des ingrats que la France avait dépouillé les Florentins. Ceux-ci étaient livrés à mille dissensions, et agités par les prédications du dominicain Savonarola , qui proposait de soutenir sa doctrine de réforme par un miracle. Alors un franciscain le défia d'entrer avec lui dans un bâcher ardent : « Je suis sâr d'y périr, disait le franciscain; mais la cnarite chrétienne m'engage à ne point estimer ma vie , si, a ce prix, je puis délivrer l'église d'un hérésiarque qui a déjà en&aîné, et qui entraîne encore tant d'ames dans la damnation éternelle. »

Les résultats de ce défi furent l'arrestation de Savonarola et sa condamnation , sans doute injuste et cruelle, qui portait qu'il serait brûlé avec deux de ses disciples. L'arrêt fut exécuté le 23 mai 1498. On remarqua que le feu fut mis au bûcher par un oe ses ennemis, qui prévint l'office du bourreau.

Louis XII, successeur de Charles VIII , promettait aux Florentins des secours pour les mettre en état de reprendre Pise. Il essayait de chasser de Milan Louis-le-Maure. Il y parvint en 1499 , et fit une entrée solennelle dans la ville, qu'il perdit l'année sui^ vante. En 1500 , Sforza voulut défen •

L'UNIVERS

dre sa capitale avec des Suisses. Les Français, qui avaient aussi des Suisses dans leurs rangs, attaquèrent vivement le duc de Milan. Les Suisses de Sforza refusèrent de se lettre contre ceux des Français, et s*obstinèrent à capituler : seulement ils proposèrent au duc de se mc^ler parmi eux, déguisé, |K)ur éclia|)per aux Français. Il était dinicile que Louis, vieux, basané, d'une taille ^réle, piU passer pour un de ces montagnards remarquables nar leur jeunesse, leur teint et leur force. Il sMiabilln en cordeiier et voulut se dire un de leurs chapelains; mais bientôt il fut trahi.

Keconnu, arrêté, on le conduisit en France, pour le renfermer à Loches où il finit ses jours, après dix ans d'une captivité, qui fut cependant adoucie par la permission de s'éloi^er quelquefois jusqu'à cinq ou six lieues.

L'histoire de la caf;e de fer où on assure qu'il futconiiné, est encore un ooote populaire.

Louis-le- Maure avait commis des crimes pour parvenir au trône; ils furent sêvèroinent punis. (> prince se montra h* pr"Vrt(Mir des lettres et des arts. Il M'mhljuî <iu»^ ce iVit une condition jitt.ii'liér an sort do tous l«'s souverains en Italie Pendant sa réi^ence, il avait tail hàtir a Milan nn théâtre sur le modèle d«' vou\ des ancirns , et, jumip lapiToiioiv lois, les muscs draniati(|ut's curent leur srrne lixe. Mous retrouverons {\ru\ (ils de Louis-le-Maure, qui régnèrent ensuite à Milan.

Ici nous iKMis arrêterons avec la (in du quinzième sièele. (lest maintenant qu'après avoir rapport»' encore quelques laits lii>tori«pies , nous aurtuis à exprimer aussi \i\ement que uous le pourrons, notre admirât. en ))oi]r la ^raiidecpo(pic, nonnncc improjwemeut farenaissaui'c. et <|ui l'ut, a hicn parier, le pert"ccti(»nnemei.t d«' la renais*«arîce. Les Italiens, eu rappcL-nl // milff cinqne CfJifn^ et par s\ ncope , // cin(/t/(' cenlo ,, o'cst-a-dire le cinquième siècle après les dix pnMuiers siècles, lui (>nt donné un nom plus simple, plus logique et plus vrai.

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