IT4LIE
donnons ensuite une vue intérieure du temple. Voy. pi. 50 (•)•
pareil monument entièrement couvert. La grande pyramide d'Egypte n*a seulement que 60 pieds de pliis en nàuteûr.
(^) ta plsDicbe $0 offre ooe Tue intérieure de Saint-Pierre.
Aux çifiq ouvertures d^ la ffÇfKle correapondent cinq grandes portes qui donnent entrée dans Véglise. La porle principale est toute en bronze. Kien ne saurait cire comparé à rétendue immense, à la beâuié des proportions, à la richesse, a l*clcgancé des ornements de l'église Saiht-Pierre. Il faut Toir plusieurs fois cet édi/jce, Texamtner dans tous ses détails , pour comprendre la grandeur de l'idée , la hardiesse de l'entrepriae , et Vexactiiude de rexécution.
Cette égiite a 575 pieds de long , de la porte principale jusqu'au fond de la tribune; la nef transversale en a 417 et demi. On a indiqué en palmes romains sur le pavé, la longueur des plus grandes églises du moudç : il résulte de ces mesures que le temple cle Saint-Pierre est le plus giand.
On compte aS autels.' te baldaquin du maitre-autci a 89 pieds de haut. Les quatre colonnes de bronze en spirale , qui le soutiennent, pèsent 186,393 livres. C'est une erreur'du vulgaire de dire que le baldaquin est aussi haut que le palais Farnèse , et que le broïKce a été enlevé de la couverture du Panthéon Poin> le bronze , les barbares n'avaient rien laissé que les Komains pussent enlever.
La grande coupole qni surmonte la Confession de saint Pierre, placée sous le maître autel papal , et dont le diamètre est de k3o pieds 8 ponces, est sans doute la partie la plus surprenaute de Téglise. C'est le Panthéon éUvé iU lùZ pieds au-dessus du soi^ et posant sur quatre grands piliers de a 20 pieds do tour, et sur quatre grands arcs de 73 pieds et demi de larg^, avec 237 et demi de haut. La première idée , mais encore un peu confuse et indécise, est due au Bramante. Michel-Ange l'adopta hautement, et la perfectionna. Sixte V la fit exécuter. Tous ces noms éoht voués à l'admiration et i une étemelle mémoire.
On voit dans cette église le cénotaphe de Christine AJexandrine, reine de Suède, dont les cendres sont déposées dans le souterrain au-dea^us. Le has-relier représente l'abjucatiov qoe oeUto femme célèbre fit à
Comme je dois nécessairement parler de fa sculpture, dé ta pefntairé'et dir l^archîtectuire', et qu'il raut, dans nû cadre aussi restreint , que je limite Fetpression de rha pensée, jç suii forcé de choisir iin ^type pour cfcadun de ces arts, (ils do dessip, pour chacun de ces arts utiles auxquels les hommes doivent plaisirs, émotions de toute espèce, surété, habitatiohs élégantes. Je n'adopte donc qu'un t}rpe pour chacun d'eux : le tombeau de Jules II ; r école d'Athènes et l'église de Saiiit-Piërré. Par quelle [succession de temps, d'idées, de révolutions, d'études, de progrès, après tant d1^ griorance , et, plus tard , après tant de barbarie, est on arrivé à ces hautes méditations ?
Les édifices bâtis dans Athènes par Péridès , les conipositions de Phidias
Inspriick, le a novembre i655. On y trouve encore beaucoup de tombeaux , cchii d'Innocent XII « dlnnocent XIII , de la cpmtesse Mathilde, érigé en i635 par ordre d'iTbain \lll; celui de Benoît XIV, de Clément XI II par Canova , la statue (de Pie TI jmr le même Canova, ïe tombeau de Pie VII par Thorwaldscn, etc. , etc. • La coupole, la façade de l'église et le
f)ortique sont illuminés le même jour où 'on tire le feu d'artifice du château Saint- Ange, appelé la Girandole. Le moment lo plus intéressant est celui où à une heure de nuit, à neuf heures du soir en été, r4^5 flambeaux sont allumés avec une rapidité extrême, c'est-à-dire 6S3 aux voâtes |)ar 25 hommes, et 7ga entre la coupole, la façade et le portique , sans comprendre 4,400 fanaux qu'on a allumés auparavant, et qui forment une élégante broderie eo lumière.
On fait croire aux étrangers qui arrivent le soir sur la place Sainl-fterre, que l'illumination, composée de ces 4,4^^0 fanaux, ekt le seul spectacle dont ils jouiront : Ils sont agi-éablcment surpris , lorscru'au premier battant de la cloche pour le premier dBs quatre quarts qui vont sonner,* Ta seconde illumînalion est opél*ée si tvpidement, qu'avant qu'une heure cfc nuit sonne , c'està-dire avant huit secondes , L'illuminalioa est achevée. La première est appfJéel'i^ luminatiùn d'argent, h seconde, Vii^tminatioa d'or.
«s, dit le proverbe ilalien, ne peu-
"^ pas être invités tons à la fois. »
tievons succinctement Texamen
waux des trois arts.
^es monuments d'architecture
w- grande beauté furent élevés dans
^.usieurs parties de l'Italie, sur des
Slans venus du Levant, ou imaginés ans la Péninsule : on peut citer les dômes de Florence, de Milan, de Sienne, de Pise, d'Orviéto, de Naples ( celui-ci bâti sur les ruines d'un temple d'Apollon) ; on peut citer Saint- Marc, Saint-Jean-de-Latrad , Sainte- Marie-Majeure, Saint-Laurent à Rome, &iint - Laurent à Florence, et tant d'autres; mais aucun de ces temples n'a égalé Saint-Pierre.
La sculpture qui , pendant le règne de Carc aigu, appelé gothique, fut une compagne fidèle de rarchitecture, dont elle décorait les façades avec une obéissance presque servile, ne
{produisit ^ue peu de monuments qui ui appartinssent en proure, excepté des travaux de bronze ; il y avait eu des monuments élégants, gracieux, sunples , mais on n'avait encore rien ▼u de colossal, de terrible, tel que cet homme inspiré , représenté assis , ^ tenant les rables de la loi pliées sous le bras gauche, comme s'il cessait un moment de les lire pour parler au ^ple, gu'il regarde fièrement. Aucun des anaens monuments n'est compacte à cette partie du tombeau de Jules IL
La peinture , après les persécutions des iconoclastes, réena partioj^îèrcment en Italie, et cest a son ^le et à ses exemples que se sont ^Jjnnés à peu près tous les autres peiny«s de FEurope, excepté ceux qui dans le Levant avaient conservé ou i^pris le pinceau , au risque de leur vie. . Sous les persécutions contre les iniages , les peintres orientaux affiuè- ^^t dans la grande Grèce. Il semblait que dans ce nom ils crussent retrouver un dédommagement, ou au moins un souvenir de la patrie. Ils y furent focueillis ijar les pasteurs de l'église Htine, qui, opposés à l'erreur des «chisDurtiqaes de l'Orient, et dociles
au concile de Nicée, multiplièrent alors les peintures religieuses de toutes les (espèces, et surtout les mosaïques. Il en résulte que le style grec se retrouve
Sresque toujours dans ce dernier genre e travail.
Les établissements des Génois, des Vénitiens, des Pisans, dans l'empire grec , envoyèrent des peintres qui furent charges d'orner les palais de l'Italie, comme étaient ornés les palais des Grecs.
Plusieurs pontifes romains appelèrent à Rome des peintres ^ecs, entre autres, les mornes basihens réfugiés. Ceux-ci remplirent de peintures les anciennes catacombes-, ensuite ils en entreprirent dans les églises. A la fin, il s éleva une école lombarde , une école vénitienne, une école génoise, que l'on n'apprécie pas assez, qui est admirable , et qui , pour ce qui regarde la vigueur, paraît avoir donné naissance à récole espagnole; il s'éleva une école florentine, une école siennoise , des écoles bolonaise et napolitaine, et en même temps l'école romaine, dont le chef est ce grand Raphaël, Tauteur de la fresque où revivent les philosophes grecs. Quoique pressé par respace, nous ne pouvons pas encore cesser de parler de cette œuvre divine.
Elle appartient bien assurément à nos siècles, et par l'image du prince qui régnait à Urbm , représenté sous l'emblème d'un jeune Grec, ravi du bonheur de s'éclairer, au milieu de tant de grands génies , et par cet acte de reconnaissance de l'élève qui ne veut pas aller à l'immortalité sans son maître , et par cette juxta-position de Bembo , d Averrhoês , de Gonzague , de Sadolet et de Bramante : quatre de ces cinq derniers personnages sont peut-être ici les représentants de Thucydide, d'Hippocrate et de deux Grecs d'un mérite analogue à celui de Gonzague et de Sadolet. Quant à ce qui concerne Bramante, Raphaël a avoué luimême ou'il a entendu que son ami figurât aans la fresque pour Archimède.
Dans le duc d'Urbin, nous voyons le souverain de l'état où était né RiH
de
IXÀLIB,
amièreséparses.
les prpfesse^rs capop« le
|'î;^^ope;'U droip
âaosuD^i
^ Wwtf^ tes pgtie?
civil, là'roftJpng, Ta irfiilosôpbfè ■paorif *to%qHe; la rhéft}rîqi|p, ]e9 iQatbj^atiaue^ eurept peç chaires ri: chemeot 4^^- ï-a PO^sie fut encpj»-:
ragëe par deslquaQ^es et des distîpclibns. ^ langue g)recaue, la langue latine atârèrèût'leç lif?éf alités du pop: tîfe : sous'sjBs auçmces, Thésée An|broslo enseigna les langues orientales , AgaisioQuiaacérîo la langue héhrâïquie.
Aucupe illustratjop nouvelle P*ér chappa aux récompenses du prince.
l-a gravure à teau rortp et la gravure au bufiD naqûiriçpt en même temp?.
Ijéoa le qimaU la musique: il encouragea rétpde de Tart musical. Quelle série de célébrité? que celle de FA.rioste, de Vida, de Sannazar, de Machiavel^ de iSuîccîqrdiriî , de Bembo, ile Saddlet 1 EnOn , tant d'éclat, tant ^avantages, t^nt de prospérités se manifestent à la voix du poWe bienfaiteur, qui avait' fait de la capitale du monde chrétien, le rendez -vous de tous les hommes éloquents , aimables et saVânfs. Une influence , prolongée jusque sur les états de Florence , sembla^ cpowc éteodre, copnne sous la même main, oette augMste souyer^i-
Je tennineraj par la traduction de oulnie vers de Pope qui résument une partie de œ triornpbe des arts et des
« Mais voyez : c^est l'âge d'or ia Krand Léon! Chaque muse sort de sa KUurgpe, €t rajuste sa ^irlande flétrie par te tenops : FanUque génip de Eoine, qui plane sur ses ruines, en secoue b poujsi^rc, et lève sa tête maietueiise. P triomphe des arts! ^ scâiiptare et ses sœurs sortent de leurs toiHPfgy"; le Diapbr)B respire 9 la pierre revêt des n>rm^ ; de plus augustes templesi^tentîssfBDt de plus suaves accords. Bapt)aëâ a sai^î ^pinceaux, et Vi^a STVrc- toiworiel Vida (?i , f mr t|i^n
boni ffev^9c^e^t ^ hwpat ^V<4^ et le lîèrre^du critique; p^émone s^enoraklllît de ton noni : secppdB ëp forc^ J* Mantope (*), elle le siefa de mèfpppn gloire! » (**)
Flobcvcs A^liaiu »a» if? P»fAf wow. — Ji•^^ DliiWi.— MoiiT »■ toûi» XII, »H»«OM«il rW4
Nous ne devons pas discontinuer davantage le récit des événements hisr toriques qui se sont développés sous C9 règne si célèbre.
Les français ayant perdu une partie de leurs possessions en Italie , Var* roée de la ligue avait attaqué Florence « et venait ày rétablir l'idiluence de U maison de Médicis. Pierre II , frère du pape, et iils aîné de Laurent, qui avait été chassé de Florence en 1404 (voy. pag. 208), s'était noyé en 1603, au passage du Garigiiano, en combattait contre les Espagnols avec lef Français. Julien, autre trère de liéon X, gouverna la ville presque en maître, mais toujours sous Tautorité appo^ rente des magistrats substitués au go^ifalonier per^uel Sodérini , qui ^tait
exilé à Ragtise. ^ „ . . •
C'est dans les lettres de Machiavel gu'il faut lire les détails de ces faiti importants.
Un des premiers actes des Médicis fut de faire rendre là liberté à Machiavel, qui avait été arrêté iojustement , ^ mis à la torture, pour des paroles imprudentes au'il n'avait cependant accompagnées d*aucune action dont le vainqueur eût pu se moo- Irer indigné.
a pri» beaucoup d'iiDag<9 et de pcoiéff, d*i|tt j&t Poétique, q«c Scaligcr ctlUnait tjftfê cebii dUarace, dTna iMMine wf le» ven à soiç, elc, cK. TUa était né â Crénioiiç.
(*) Il Eût alloMop à ranrienoe MmJooe; patrie de TîrgiW, et il veut dire que' Crémone , moins forte en temloirr , en popnh- Ijoii qiKî Maniouc, aura , après elle, l*bortneur (î^votr donne le jour à iin ^and homme. J
Milan , vinrent Tattaquer. Leur armée inardiaft au 6on des redoutables cornets d'Ury et d'Underwald, qu'on réserrait pour les jours de bataille.
Le combat dura deux jours. Alviane, qui venait de chercher son armée a Lodi . arriva au milieu de la seconde bataille , mais seulement à la tête de cinquante-six maîtres, qui faisaient entendre le cri vénitien Marco^ Marco, Les deux armées crurent que toutes les troupes vénitiennes étaient en ligne. Le courage des Français redoubla; celui des Suisses commença à céder, mais ils firent une savante retraite. Après la bataille , qui fut appelée parTrivulze le eombai des géaiiUs y François I" voulut être arme chevalier par Bayard (*}, et ensuite il arma lui-même beaucoup d*autres chevaliers. Fatigués de huit ans de guerre, François 1*' et Charles, qui n'était encore mie roi d'Espagne , conclurent la paix a lïoyon. Charles y comprit son erand-père sans le consulter.
Telle fut r issue de cette ligue de Cambray. a Les Vénitiens , contre qui die avait été formée, ne durent pas uniquement leur salut à leur constance et a leur sagesse, dit M. Daru : il n'est pas au pouvoir des hommes de faire que la fortune ne prenne pas une «grande part dans les événements, mais on ne peut se dispenser de reconnaître que le sénat véniiien délibéra toujours avec calme et n'irrita jamais ses enne- D^is. » Il sut favoriser l'élan du grand Alviane, de cet Orsini , Romain généreux, si impétueux, et qui était doué ^'un si puissant coupd'œil militaire. Le sénat ramena les ennemis qui n'étaient
(*) Bayard, qui recevait du roi cet insigne honnettr, avait couru, dans la nuit, on danger extrême : son dieval ayant perdu u bride , se jeta an milieu des Suisses, inivcraa leurs rangs , et il allait tomber dans ||n autre bataillon, lorsqu'il fut arrêté par ^es oept de vigne. « Le bonhomme feut bien
• effrayé, non sans cause; il ne perdit pas
* le sens , mais tout doucement se descenait ,
* )^ son annet et ses cuissots , et puis le " long des fossez , à quatre beauU pieds , " *c relira à son opinion , où il oyoit crier
• ff'UHce / m ( Fie de Bayard, )
pas irréconciliables ; il divisa les autres par son habileté; il eut le tact convenable potur attendre les occasions et les saisir , il déploya d'immenses ressources, et répara promptement les désastres dans l'administration. S'il y eut de la rigueur, ce fut de la rigueur équitable : les dix y les trcU n'inquiétèrent pas inutilement un peuple dont il fallait aider et soutenir les efforts , un peuple qui ne pouvait et ne voulait pas se révolter, mais qui demau* dait quelque liberté de plus en échange des taxes exorbitantes exigées de lui.
Le clergé et les nobles envoyèrent leur argent aux ateliers de monnaie; on ouvrit des emprunts qui permirent à la république de rembourser les frais de la guerre : ils montèrent à cinq millions de ducats d'or, représentant alors quatre-vingt-cinq millions de notre monnaie, et au moins le double, suivant la valeur d'aujourd'hui.
C'était avoir payé cher rhonneur d'exciter la jalousie dans l'esprit de tous les souverains I
Quant à sa puissance en Italie , Venise avait tout recouvré , excepté^fmone , la Romagne et Trieste. - ,^
BKTaBTDB Di Lioa X >T BB Fbakçois I*' À Bo-
X.OOVB. — MOBT BB L*BMrSB«U& MaXHULIBB.— . GâlMAiri BA»rBI.< MB X.BB VfviTIBBS.
Ce fut à cette époque que François 1*' et le pape eurent une entrevue à Bologne, où l'on arrêta les bases du concordat, appelé concordat de Léon X. Nous en parlerons plus en détail lorsque nous serons arrivés au moment ou il fut tout-à-fait reconnu en France. Le pontife s'était rendu à Bologne en traversant, avec une grande pompe, plusieurs des principales villes de ses états , Terni , où il visita des travaux qu'il avait lait lÎEure à la cascade (voy. fi. 63) (*},
(*} Nous avons déjà parlé de Terni, page 6i, et nous avons promis de faire mention de sa cascade, représentée fidèlement sur la planche 5a.
Formée par la chute du VeUno , qui se précipite avec fracas dans la iV«ra, elle
uHMiiks.
Si)di»e i m^d d idtite îi Ëofiàgné:
En isid, Maximilien mourut, ei laissa ses étîfe d'Allèrâdghc à Chal-IeS, rbî d'Èspagrlë , son petit-fils. La liiême année , Venise fut tehibin d'Un événe- ^*ent mémorable. Grimaiil, qui eti 1499, pour âroir laissé prendre Lé-
iorobe dé i;b6!{ pieds romains {tibui aTonî dit que Me pied romain est d'un peu pliiÀ de onze policés de France ) par lin canal qae Mdro-Anioine Curins Dentatns fit creii- Mf dans le roc, l'dn de Rome 480, poiir qonnei* un écoulement aiix eaux dû Me JfUcfts, qui souvent inondaient les entiroiis de KiéU.
On pçut dire que cette chute est une des
S' lus belles de TEurope; elle offre un coup *(£il étonnant et pitlores(|ue , surtout lors- Cfu*on la coiitcm])le d'eu Las, où l'dh a pratiqué des chemins faciles, kependaut, là Ctiipart des vojrageurs vont la voir de la auteur, parce que le chemin est plus commode : le fracas des eaux annonce, à une ^ande dislance, la cascade, qui est com- ]Josée de trois chutes différentes. La première a 3oo pieds romains de haut; et les eadx tombent avec tant de violence sdr les rochers, qu'une grande paMie se réduit éti vapeurs qui remontent au sommet de it cascade. Le reste forme une seconde chute, puis uue troisième; enfiji ces eaux se réunissent à ta libéra , et blanchissent d'écume toute cette profonde vallée. L'eau du fVlino, qui traverse le lac Lticus, avant d'arriver à la cascade, contient beaucoup de terre calcaire eii dissolution, et laisse un sédiment non-seulemeul itjs lès, rochers où elle louibe, mais encore dans le lit dé la Kéra. Cette cîi'constancc fait donner à lï chute le nom de cascade JelU Mûrmore. Lé roc a été percé â l'endroit od s*opère la chute: on peut fkire quelqhe^ pai a TabH de tout danger, lé long d'un petit cbrrido^ étroit; et Ton voit aidrs le torrent d'eau
Îui va se précipiter. tTest dta des spëêtacles » plus efarayanis que puisse offrir ik nature. Quand il gèle; une partie de l'eau reste soapeiidue en stalactites; ao lever da soleil , elles forment comme autant de masses de brilhints qui éblouissent les ^euz jpar jlclat mille fois répété de toutes les couleurs de rifis. tes peintres ont travaillé i rénvi sur ce beau phénomène de la hature ; mais le mouvement, le fracas, la vie, fes feooiis puissantes qui animent cette scihe , \&x h&Àrè I idH^ de fêiin pmceaox.
jrappele parce.qu il ^yai^reafla dès services pendant la guerre dé ta ligué '^t
MoKT SB LavaÉit d> .,.
^'Es^AdvK, i.\x SM^tâiioâi rksirb tm. nos «i
»j ara A ST.
Là WéHié aimée, rn^jhnit tdttreot II de «lédiciii diic d'UkiSj fifi U i^leri-€ It^ fUii âltiC de Ubfa Jt : 1 iiè lai^a qtf une fille ; qUi uit là rejbe (Catherine dé Médiçis : alors il ^ restait d'autres descehdahts de
ne
gtie Léoii Xj soH arriêré-liétit-fîls, Catherine, dcfnt noii^ vendns dé parer, ittles, fils iK)sthùlHe dé itiHëil ;ué par les P<11:zi, Al^andrè: fib bâtard de taurent, diiÉ a*yf&H,.ei Hipuolyte, fils bâtard de JfalieM; duc flè iNètriours, frère de Le6h X. Alexandre et Hippolj'te étaient edèofe en^ Ëints. Les descendante de Làuitnt de Médicis , frère de Ccfsme , ^gère dk la patrie^ les mémeè qui ataiéiit prîsj et ensuite quitté le iidhi de Popotanif étaient partagés éîi deux branches : dans la branche cddëtie, leah fie Médicis ^ fils de Catherine Sforza^ née du grand Sforza j comhiencait ji k'îllustrer par les armes. Oette année îhéme -y il naissait à Jead iih fils destltié à porter , dvec Ife nbm de Cosme; je titre de gratid-dut de To^ric. A la mort de Laurent, Léàti X réunit le duché d'Urbin. au saintHsiége; il céda Saint-Léo çt MoQteféltrô à la république florentine, en .paiement de 160,6oo ducats d'or dus à la république jpar l'état Romain.
Il était tfuèdtion d'élire uil sucéesseur à Maximilien^ èmperèar: L'Italie ttrait les yebt attentitement fixés sur lés électeurs d'Altediagfiè assemblés à Francfort. Les deu* concurïtnts étaient Charles . rdi d'Êspagn*; ; petrt-flB de «lâxihiîneh, et Ffôffiois l*'; rdi de Fhiite. ims lôds les cas, ritfliè Se-
furent données à Charles , après que l'électeur de S^e eut refusé la couronne qui lui était offecte à. lui-même. Charles obtint ensuite le vote de Bohême, puis Brandebourg et Trêves abandonnèrent Fradçois; et Charles , qui était alors en Espagne^ fut déclaré empef^ur le 28 Juin 1619. Il prit le nom de Charies^Qulnt.
Léon Xv sollicité par Charles, accéda à on traité qui rétablissait à Milan, comme duc, François Sforza, second fils de Louis-le-Maure ; il succédait à son frère Maximilien, qdi avait abandonné ses droits à François 1'% et qui s'était tetiréen France.
he V décembre 1521 , Léon X mourut à Rome, âgé de quarante-sept ans, après un r^ne de huit ans, huit mois et dix-neuf jours. Les trésors que lui avait laissés Jules II étaient épuisé^.
U faut se résoudre à le dire, quelle
Ï l'eût été la gloire de ce règne , les onoains désiraient un changement:
ils ne surent que plus tard apprécier le prince <mi avait jeté tant d'éclat sur le pontificat , et dont la fermeté avait éloigné 1^ maux de la réforme qui allaient dévorer l'Église sous les pontificats suivants.
Des auteurs ont reproché à Léon X les prodigalités d'un parvenu. Quel parvenu , que le fils d'un Laurent-le- Magnifique, le petit-fils de Pierre II , rarrière-petit-fits de Cosme, père de la pcUrie ! D'autres lui ont reproché rinconséfjuence d'un homme de plaisirs : mais on a constamment loué ses mœurs, qui se sont maintenues pures et irrâorocnables , malgré les accusations de Paul-Jove. On a reproché encore à I^n X quelque dureté dans le caractère, de la disposition â aimer la Tengeance : maïs a son avènement, il a envoyé des consolations à Sodérîni , ton ennemi personnel , exilé a Raguse.
iQuand il alla à Bologne, pour l'entrevue avec François 1". ce fut au cardinal SodérinLevéque de Volterre.
e( frère d^ gonfalonier ^ qu'il laiss:! le soin des alfaires à tlome. Enfin ,
))eaucoup d,'éçriYain3, xninj^ prqtestants , ont pris la défen^ 4e, ^ pontife contre quelques détracteurs , ses contemporains, et tous les bons esprits ont ly avec confiance VÏJistoife de la / ie et du Pontifical de Léon Xy par William Roscoë.
U est vrai que ce pape âccqeillit
Î[uelquefois dans son jpâàis , dqs bpufons, des hommes frivolçs, .dfe,,faux savants. Il fautavouer cçtte faiblesse : mais il n'en fut pçs nioins le protecteur des talents véritables. ]SÔus n'avons Hen à ajouter à ce qu'il ttiéfite d'admiration, pour les encojuraj^çniénts accordés aux arts et, ai|x sciences :
comme politique , il fut le seul prince
?[ùi observa avec une sage ciroonspeçlon les démarches , les vues,. les prétentions des deux monàrquiçs riyau^, Oiarles et François, et qui montra la plus généreuse* sollicituçlè pour jâ tranquillité de rËurope, et surtout de l'ItaHe.
Élbctiov d'Ad&ibit VI. — Klccttoit DC ivï.ES DB MÉoicis., qvi raKso ib hum ok Clchkht VII.->-
MOAT DB BaIABD.
Quarante cardinaux entrèrent nû conclave pour choisir le successeur de Léon X. Le 9 janvier 1522, ils nommèrent le entraînai Adrien Florent, évéque de Tortose, qui avait été
{(récepteur de Charles-Quint, et que 'empereur avait préposé depuis peu au gouvernement dQ la Ç^stiiie. Il était né à Ltrecht, le 7 mai H58, d'un père brasseur de bière. Jamais il n'avait ,vu ritalie; il ne ^parlait pas l'italien, et U ne connaissait aucun des cardinaux. Ce pape prit le nom d'Adrien vi. Les Uoniains lui reprochèrent de ne pas aimer les arts. Il possédait les vertus et le savpir d'un moine, et devait ,sà réputation aux procès qu'il avait faits d^ms l'étude de la théologie et de la pjiilo^ophie scholastique. On le trouvait de bonuç foi dans son zèle religieux, dans sa tempérance , dans son humilité, dans son avei*siun pour le faste et pour là simonie. Mais le successeur dç Léon X fegaitlait lé laocoôii comme une idole
L'UNIVERS
des païens ; il appelait les poètes modernes, des imitateurs profanes des gentils, qui souillaient le christianisme. Cependant, s'il eût réffné jilus d'années , peut - être aurait - if résisté ouelque temps aux attaques de la réforme. Son pontificat fut de peu de durée , et à sa mort, les voeux désignèrent unanimement un Italien :
mais qui devait être cet Italien favorisé par le conclave? Deux partis de forces égales disposaient des suffraces. Enfin, Jules de Médids, fils de Julien tué par les Pazzi, fut élu pape, et
S rit le nom de Clément Vit. Aimé es Florentins, il avait été le principal ministre du grand Léon JC. On ne l'accusait ni de prodigalité ,*ni d'amour pour les frivolités, ni de vaines pompes. Il rappelait l'éclat du dernier Médicis, qu'on avait eu letemps de reffretter. Le peuple romain donna donc de grands signes de joie au couronnement de Clément vil. Ce pontife se considérait, parce qu'il avait été légitimé, comme le seul rejeton direct de Cosme , son aïeul. Sur-le-champ , il envoya pour gouverner Florence, Hippolyie et Alexandre de Médicis ( voy.
page 238).
En 1524 , la guerre continuait entre François I'' et Charles-Quint. Les Français avaient perdu Bayard, blessé à mort, au moment où il protégeait une retraite de l'armée.
C'est alors qu'il fîit rencontré par Charles de Bourbon, auparavant connétable en France, et qui servait contre sa patrie dans les troupes impériales.
« Bayard , dit l'auteur de ses mémoires, s'estoit fait descendre de dieval , par un sien maistre d'hostel , et s'estoit fait coudier au pied d'un arbre , le visage devers l'ennemi, où le duc de Bourbon, qui estoit à la poursuite denostre armée, le vint trouver, et dit audict Bayard, qu'il avoit grand'pitié de lui, le voyant eu cet estât, pour avoir esté si vertueux chevalier. Le capitaine Bayard lui fit réponse : « Monsieur , il n'y a point de « pitié en nx)i, car je meurs en homme « de bien; mais j'ai pitié de vous , de
« vous voir servir contre votre prince , « et votre patrie et votre serment. »
Et peu après , le dict Bayard rendit l'esprit. 9
L« COVVBTABLB &B BOVAMV. — Sa ftiTOUK. —
Bâtm&u s> PATis.'^FaAsçon 1** wamt r&i- •ovvMa.
Une râ[»rimande aussi foudroyante faite par Vhonneur de la chevalerie franfoise y à un prince de la famille royale, nécessite des explications historiques. Charles III, comte de Mon^nsier et duc de Bourbon, était k plus riche et le plus considérable des princes du sang, et chef de la branche de Bourbon-Montpensier qui, dans son droit à la couronne, aurait précédé les Bourbons -Venddme, aïeux de Henri IV. Il joignait à une grande valeur et à beaucoup de qualités brillantes , un orgueil irascible, une ambition démesurée , et des habitudes de prodi-
§ alité qui le forçaient à contracter des ettes énormes. Devenu connétable de France, il avait vu avec irritation, que le roi donnait auduc d' Alencon, son beau-frère, le commandement d'une armée contre la Flandre ; Louise de Savoie, mère du roi, avait aussi intenté au connétable un procès, et dépouillait ce prince d'une partie de riiérilage de sa femme. Indigné de ces injures , il avait écouté les propositions des ennemis de l'État, et après avoir aocc^ité d'eux de l'argent, et la promesse du titre de roi de la Provence, il combattait contre son souverain légitime (*).
(*) Gomme des historiens étrangers ont soutenu qu*il n'existait pas de preuve écrite de la trahison de Charles , nous avons cru devoir publier ce mémoire inédit qu'Henri Tm fit remettre au duc :
« Puisque ainsi soit qu'entre l'empereur et le duc de Bourbon soit faite certaine promesse et convention de faire ligue offensive et défensive contre le roy Ftançoys et ses adhérents, ledit seigneur roy d'Angleterre est content que semblable ligue soit faite entre luy et ledit duc de Bourbon, avec obligation réciproque de l'ung i l'autre pour l'inriolable observation d'iodie. »
« Le dit due de Bourbon , ttec ses adhé-
Mais nous devons nous transporter au champ de bataille de Pavie. L'armée
renii, amis et alliés, assisteroil ledit seigneur roy d'ADglelerre de toul leur pouvoir àrecoQTrer tous tels droits, litres, terres, pouessioDs et seigneuries .qui sont détenues audit seigneur roy d'Angleterre , et occupées par ledit roy Françoys. »
« Ledit duc de Bourbon , incontiuent après la descente dudit roy d'Angleterre ou cfe son lieutenant , avec puissante armée en France, sera tenu non -seulement soy déduer ennemi dudit roy Françovs et ses alliés, et de assister et foire assister ledit seigneur roy d* Angleterre et sadite armée tti tout ce qui lui sera possible, mais de feconnottre et tenir iedit seigneur roy d'AngUterre pour son naturel et souverain seigneur^ en s'ohUgeant par son serment de ainsi lejaire.»
1 1^it seigneur roy d'Angleterre desccn- ^ en personne* ou fera descendre son lieutenant avec bonne et puissante armée, fumie d'artillerie et autres municions de guerre, en dedans le dernier jour de ce présent mois d'aoust, pour invader ledit ro^ Françoys par le quartier de Picardie, *oit pour assiéger villes ou lui donner la bataille.» ^
Par Partide 5 , le duc de Bourbon doit *'«ngager, en cas que le roi Françoys vouisit donner ia bataille, à mander en diligence contre lui pour donner la bataille et le poursuirre sans aucune dissimulation avec ses amis , et dix mille lansquenets fournis par Tempereur.
Par Tarticlc 6, le seigneur roy d'AngleteiTe fournit cent mille écus d'or pour la solde (les lansqnenets.
l'n article intercalé porte ce qui suit : <* Q«iant à l'article qui demande que le duc de Bourbon reconnoisse le seigneur roy (^'Angleterre pour son naturel et souverain ^^gnetir, ce point seul sera remis à ce que l'empereur en ordonnera. »
Voici le dernier article. « Et pour ce que pour le danger n'a esté possible du coslé du ^igneur roy , avoir geus de rolje longue, a esté seulement fait ce présent mémoire jusqu'à re que sur le tout sera conclud entre lesdits seigneurs roy , empereur et duc de Bourbon , et leur sera le tout rois en telle forme , qu'il sera advisé. Ce néanmoins sera le ^nteou des susdits articles pour chacune des parties pour entant que leur touche et en temoing et foy de ce que dessus , ledit
16* JÀvraUon. (Italie.)
impériale s'était rapprodiée de cette ville. Le 1" février, elle occupait Vistarino. Une petite rivière séparait les deux camps : dans Farmée impériale on distinguait le vice-roi Lannoy , le marquis de Pescayre, le duc de Bourbon. François était à la tête de ses Français. Il avait sous lui , son beaufrère le duc d'AIençon, Bonnivet, Bussy d'Amboise, Anne de Montmorency, la Palisse , La Trémouille , et Jean de Médicis, chef des bandes noires italiennes, ainsi appelées parce que, depuis la mort de LéonX , elles .marchaient sous des enseignes noires.
Le roi venait de cliarger avec sa gendarmerie ; mais en ce moment son artillerie ne put le seconder ; ses hommes d'armes entourés éprouvèrent le désavantage de combattre contre une infanterie formidable, et ne purent faire qu'une vaine résistance. Bonnivet qui avait conseillé de se battre , voyant le mauvais état des affaires , courut au plus épais des bataillons espagnols , la visière haute , et y fut tué de coups d*épée dans le visage. Le roi ayant perdu presque tous ses compagnons d armes , se défendit vaillamment avec une épée brisée. Son cheval tomba , le roi chevalier combattit encore : un Français qui avait suivi le duc de Bourbon, })roposa au roi de se rendre à ce duc ; mais le prince demanda le vice-roi, M. de Lannoy, et lui remit le tronçon de son épée. Le
seigneur roy d'Angleterre a signé ce pi-ésent mémoire le // jour d'aoust i523, signé Henry. »
Il n'y a pas encore de ]ireuve historique que Charles ait signé un tel traité, mais il est certain qu*il en avait signé un autre avec Cliarles-Quini, et cela suffît. Quant au mémoire que nous venons de rapporter, quel ton impérieux ! quel souvenir Je succès efTacés ! Ici , le seigneur roy entend passer avant l'empereur; ce qui , dans ce tempS'Ia, était plus que contesté. Rt quelles conditions imposées à un malheureux que l'orgueil et Tambiiion avaient égaré ! Sans doute (Ibarles- Quint n'a pas consenti à ce que le seigneur roy revendiquât ainsi ses prétendus droits aux terres de France détenues au roy Henry, et occupées par le roy Françoys.
IG
tTALIE.
nén^tt 086 k8 Francis, apvte «fO{r demandé f mpéilèiiSMiêiit passage au
dtisfrif. ToHà poiirqupî les AflemaïKls , en «ntraot «« Iialiê, y envoyaient, fbd- Idpent , dei pottes avènoée , pour de là t'étendve sur Im utreB Uci du tae Majeur. le 9tA priniiif était de nature «cbisteuse , calfwoqpéa ds filon» de irapp ( baialte , rarhe ctfniéenm ) ftt de qnirtz. lie fdief de la malien ^onromée, le comte YitaiUano, rhanné de la situation de Tile , résolut de IVinbellir : à fofre de faire couper et d'aplanir, il rendit uni \e sol, qu'il soutint p9r de» murs fl*>ppDif pui< il b^tif |ine aiaez simple habitatioi) sur la pointe iiord , ^t commença dès lors à planter d'une manière Kgtilière )e tcnaiif qui regardait le N.-E. Sc« successeur» firent apporter de» environs une immense quantité de bonne t^rrp pour e\hausa^ le terrain vers le S.-& » ^1 P*|; '^ manière dont ils firent disposer les assises de murs qui le retenaient , ijs s'j ménagèrent de vastes souterrain». "îpiJte cette partie fut élevée ensuite d'après des plans grandioaea lur quatre faoes ornées de huit terrasse» , qui , placées las une» sur le» auties, et suteesnteoMnt avec une moindre surface , comnie aa amphithéâtre . furent maintenue» par de» murs en refit, ainsi Mi'on le iroft dan» la planche 55, dont le dessia a été fait par nn lrè»-habile arti»te. O» mur» »ont tapifiié» d'espaliers, de citronnien, de grenadiers, de jasmins et d'oranger» cjut amlMument et récréent agréafalemeot la vue. Aux angle» de chaque lerraïae »*élèvent, »ar de» piéde»taux« des aiguille» et de» statues dans des proportions gracieuae». ftur chaque Cmc , on a pratiqué des escalier» pour eommuniquer d^me terrasse à Tantre ; aua eneoighure» de ta face méridionale j[c*e»t œlie que présente à peu nrc» notre planche) on voit deux tours hexagones eouronnées de balusire» ornés de statues en pied. Sur le plu» haut d'un mont factice placé en arrière, est une srande plate-fonne coirrarte de datte» granitiques , dicposée» avec une légère pente ver» le roilieu, oà e»t un réceptacle pour le» eaux pluviale» , qui »e réuni»»cnt da|u une va»le ailcme. Ca» eaux , mises an Baonvaman$ par dn» bélien hydraulique» , retao^bent d*une nwrim «t en abondance par une etatiie éqae»tre et par cnutra antre»
Itn^ la «allra vaut mire paraître ce séjour dan» tante aa pampa, La partie aet déaorée de» «lataa» de» quatre
duc de Saroie, étaient descendus à Turin (roy. p/. 56) H ; mais il n'était pas vrai qu'ils y fussent déjà arrivés, tandis <^ un corps d'armée ennemi s'avançait rapidement de Trente (voyez jj/. 67) (**). Avant de hasarder une atta-
Sue sur plusieurs points . elle attendait e l'artAlerie. Guicciardini , commandant des troupes du pape, et qui fut à la fois, à cette époque, comme chez les anciens Xénopnon , général et histo-
saisons : les fleur» le» plus'»oave» brillent dan» le» parterre» avec toute la fraîcheur de leur feuillage; le ja»min d'Arabie, le mendi de Ilnde, la nche capucine qui le malin, dit-on, entr'ouvre, avee une petite détonation, son calice légèrement resserré pendant la nuit , serpentent »nr le treillage; le» Jardin» inférieur» offirent de» quinconce» d'érables y d'autres bosquet» d'oranger», 4e grenadiers , de» berceaux de limoniers et de cédrats surchargés en tont tem])» de fleois et de fruit». Au-de»sous d'une terrasse est nn vaste souterrain remarquables par l'a»pèce de mosaïque 4e pierre qu'on voit sur le sol, sur les mur» et à la voûte. Toutas les nuances de couleurs qna peut offrir le cailloutaga roulé dans la profondeur des torrents, les pierres micacées, imitant l'or et Tarçr ni , les pierres siliceuse», les pieires granitiques ont toute» été mise» à oonlribution pour former de» coquille», de» ro»elte», des cercles, des losanges, de» méandre», et avec cela tous les produits d'une imaginntion fantastique. Ce nouveau lystème de mosaïque , peu connu en France , y a été importé dernièrement par M* CÎuU, Romain , qui a trouvé de^ trésor* en ce genre dans uo» rairiàra» de Arlonimartre , et qui a déjà entrepri» , pour radmioi»tration de la préfecture, des travauii^ de pavage de luxe très-agréables à l'oeil , et aussi solides qu'éléçants.
(*) Cette planche représente une vue des maisons de la place Victor -Emmanuel à Turin, et du pont jeté sur le Pô par les Fr«u^ an i8i3.
(**^La plandM S^ représente une vue de la irille de Trente, la première ville Qu'on trouva en Italie lorsqu'on arrive par PAlIc magne. CeUa ville est très-célèbre par le^ travaux du conctia, oui comment en zd45 , et nui finit «n /f63. Trente' e»t à «ingt-»ept liana» de Teniae et A vinp-aept lieue» dln^iirk.
L'UNIVERS
rien 9 accuse de lâcheté le duc d*Urbîn, François - Marie de la Rovère, qui, après avoir perdu ce duché que Léon X avait donné en 1516 à son neveu Laurent II, Tavait recouvré en 1520.
Guicciardini lui reproche de n'avoir pas montré assez ae couraee , quoi-
aull uût disposer de toutes les forces e la lieue. Les Allemands , ayant reçu 3uatre fauconneaux de Tarsenal du duc e Ferrare, passèrent le Pô, et vinrent couronner des montagnes voisines de Bologne (voy.jD/. 58) (*). De In ils envoyèrent une garnison à Ferrare (voy.
pi. 59) (*') , dont le duc s'était déclaré ennemi de la ligue. Renzo di Ceri (***) était chargé par le
(*) On voit sur la planche 58 les deux célèbres tours de Bologne : celle qui est à droite, la moins haute, la Gariseude, a i3o
Îieds romains; on rappelle ainsi du nom 'an noble Bolonais qiu la fit élever sur la piazjut minore di porta Ravegnana, Cette tour a une inclinaison extérieure de neuf pieds, tandis que Tinclinaison intérieure n'est que d'un seul pied ( voyez ce qui a été dit de la tour de Pise, pag. x35). La Garisende, qu'on nomme aujourd'hui iorrt mozza {tour tronquée), est bâtie à eélé de la tour des Asinelli ; cette dernière est 'celle que Ton voit à gauche, et qui a 376 pieds de hauteur. On j arrive par 440 niarcnes , après lesquelles on rencontre un escalier de bois qui s'élève en spirale. Au haut de l'escalier , on trouve une cloche qu'on ne met en branle que dans les plus grands dangers, ou à l'occasion de quelques cérémonies extraordinaires. Quand j'ai visité celle tour , le soin en était confié à un gardien négligent, qui avait laissé former comme une sorte de cloaque dans les encoignures.
{**) La planche Sg représente une vue prise dli palais des anciens ducs de Ferrare, et qui actuellement est occupé par le légat de Sa Sainteté.
(***) C'était encore un brave prince de la maison Orsipi; il s'kppeJait Renio. Ce nom est un diminutif de Lorenzo. Quelquefois ce diminutif, suivant les divers dialectes des pays , est Rienzo, comme on l'a vu pour le célèbre Cola di Rienzo. U est à remarawr que pour cduî-d, qui , dans le fait, a^appeUât Nicolas, fils de Laurent , c'est le Mm de baptême de Laurent, appartemuit à
pape dé défendre EcHiié; mais U fallait que , de leur côté, les Florentias pensassent à leur propre conservation.
Jamais Florence n'avait couru de plus grand péril. La famille Salvbti tenta une insurrection, pour venger la mémoire de l'archevêque de Pise (voy. page 202); elle se présenta en armes devant le palais Vieux, et repoussa une garde placée devant la loge des Lanzi (voy. pi, 60) (*);maisrinsurrec-
son père, qui lui est resté, contre l'ordinaire. Ses descendants, qui se soni, à ce qu'on assure , établis en Provence , et pvticulièrement près d'Avignon, ont consené d'abord ce nom; mais ensuite, comme les noms de famille de l'Italie peuvent se décliner, c'est sous la terminaison plurielle de Rienzi qu'ils ont été connus. Ils jouisseot depuis long-temps de la considération stMchee naturellement à la descendance i\\m\n d'un homme d'un grand talent et d'un se nateur de Ronte,
(•) Dans les villes qui se réçissent pr leurs pro|)res lois, il est nécessauv qu'il se trouve près de la résidence du gouTeroement un lieu propre à réunir le peuple, et où il puisse être instruit de ses aflaires. Athènes, près de l'aréopage, avait tes portiques; Rome a%ail ses rostres; Florence sa ringhiera, où ou proclamait les décrets, où on intronisait les gonfolonien rt les princes , où on remettait le bAton de commandement aux généraux : celte ringherû (ou balcon) était découverte et «"«f"*** aux intempéries de l'air; aussi queiq»Ç' fois étail-on obligé de diflérer U p»i>lication de certains actes publics, ou de priver le peuple de la satisfaction d'a»tstcr a la cérémonie. Pour éviter cet inoonvénient, le gouvernement de la république ?«»»■• en i355, qu'il était convenable d'étendre la place, et de faire construire une iromen» loggia, ou portique couvert, très-près^'? '^is. Les architectes ayant été inv»l«* * présenter des plans, on disling»» <*'»» d'André Orgagna, qui obiinl la préférence. Trois arcs spacieux posent majestoeusement sur quatre piUsU«s ornés avec magnificence: on dirait que ce monument est du temps d'Auguste. Les trois vertus théologt»t sculptées en demi-relief, sont de VOfpV>^* les quatre vertus cardinalei sont de ^9KSl^ di Piero, qui florissait en i364.
Cette même aanée, 1m Flonnlio* «J*^
,:^^ *^^w^ /^t*ei-^^n^v
tion fut contenue par le parti des Médicis. Alors BourTOn, qui coinman-
rempoiic une y^orieiue victoire sur les Pisans, il fut ordonné qu*il serait fait une entrée solennelle de rarmée TÎclorieuse, suivie des prisonniers : ceux-ci étaient entassés, ainsi que des marchandises, sur 44 diariots ; ou poussa la bassesse jusqu*à leur faire payer un droit de 18 sons par tête à la porte san Friano , comme s'ils étaient des animaux destinés à l'approvisionnement de la ville , ensuite on les jeta dans les prisons. Toilà certes un trait de lécketc et de pftssion bien inexplicable dans le noble fteuple florentin ; mais toute la population net sanctionna pas ce crime politique. Les f<!*mmcs de Florence, en grand nombre, se présentèrent en foule devant les prisons, pour porter aux captifs des vivres , des secours et des consolations ; cependant les malheure des Pisans prisouniere n'étaient pas à leur comble, ils furent contrainis de devenir maçons , et on les employa k bâtir la partie de la loggia qui n'était pas achetée, et que Ton continuait sur des dessins de rOi-gagna.
On nomma depuis cette hggia , loggia </e' Lami, parce que, sousdosme F', le grandduc , il y avait fait placer une garde de Suisses, qu'on appelait lanzi , ou lansquenets.
Au milieu de l'arc contigu à la fabrique de la zrcea (la monnaie), il y a un groupe de bronze représentant Judith qui a coupé la icte à Holophcme : c'est un ouvrage trescstimé de Donatello. Sous le premier arc de la façade, on remarque le Persée de Benvenuto Geliiui; il raconte lui-même, d'une manière trèfr-gracieuse , ce qui arriva le jour où la statue fut découverte. Le 27 avril i554, à peine faisaii-il jour, le peuple s'assembla rn foule; c'était un concert perpétuel de fclicitatiotts. Le duc de Florence, caché derrière une fenêtre liasse an - dessus de la porte du palais, entendait les iugemcnts de la muUiiude; il était témoin de sa joie. A son tour il envoya oomplimeuter Ccliini, qui se montrait ivre d'allégresse. Survinrent denxambassadeursdu vice-roi de Sicile auprès du duc; ils se firent montrer Cellini , et accoururent auprès de lui. Le bonnet à la main , ils lui adressèrent le discours le plus cérémonieux, Tinvitant à venir en Sicile , et lui promettant de l'enrichir. La multitude se pressait autour des ambassadeurs et de l'artiste, n leur répondit : « Je m'étoone de
dait les armées allemande et espa^ole réunies , croyant que les partisans d*HippoIyte et d'Alexandre feraient une vigoureuse résistance, marcha sur Rome, sans artillerie, sans charrois, sans munitions. Tapt d'audace demandait une meilleure cause et de plus nobles projets.
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Le 4 mai 1527 , Charles conduisit ' ses soldats à l'assaut. Nous ferons par* 1er ici un témoin oculaire Benvenuto Cellini , le célèbre sculpteur que notis avons cité plus haut dans une note ,
vous voir m'engager k quitter un si grand prince que le mien , généreux protecteur des talents; je suis dans ma patrie : c'est la vraie école de fous les mérites. Si j'avais l'appétit d'un gain considérable, je 'pouvais rester en France auprès du grand roi François, qui me donnait mille écus d'or de traitement, et avec qui je gagnais ensuite plus de quatre mille écus d'or par an. » La |M)stérité,a confirmé le jugement des Florentins d'alors. Le Persée a un mouvement franc et naturel ; le corps de Méduse , qu'il foule aux pieds, est encore animé des grâces dont abusait celle qui avait porlé i Minerve le défi de la beauté.
On admire plus loin le groupe de Jean de Bologne; un jeune homme audacieux enlève à un vieillard une jeune fille. On ne pouvait mieux exprimer la vaine résistance de la décrépitude, la force du ravisseur, la délicatesse de la femme. On engagea l'artisle à appeler ce groupe VEmlèvenifni d'une Sabine; il y consentit : mais on ne voit pas ce qu'un vieillard peut avoir à faire dans renlèvcment d'une Sabine, qui, fille ou épouse, devait être défendue par une mère encore jeune, ou par un guerrier.
Le grand Léopold a voulu aussi emWlIir la loggia: par son ordre, on y a porté les statues de SIX prétresses de Romulus, qui faisaient partie des ornements de la villa Mcdicis à Rome. Deux beaux lions placés i l'entrée du portique lui donnent encore mi aspect plus imposant.
leur industrie rassemblait dans la capitale du thonde chrétien 4 les personnes mêmes des infortunés hamtants furent également livrées aU capi'ice et à la brutalité de la soldatesque, tandis que les femmes de toutes les conditions étaient victimes d*une ineontinenœ qtii semblait n'étrè Jamais assouvie. Ceux à oui on soupçonnait des richesses cachées étaient mis à la torture : On les obligeait, pi\t des tourments, h signer des Dfltets et â épuiser la bourse des amis qui is pouvaient a voir dans les payti étrangers. Beaucoup de prélats succombèrent dans ces souffrances ; après s'être rachetés, beaucoup d'autres, pour s*étre crus délivrés de toute attaque , étaient contraints de se racheter encore, et moururent de ces violences, de leur afOiction, ou de leur effroi. On voyait les soldats allemands ^ dans la double ivresse du sang et du vin , promener sur des ânes, des évéques en habits pontificaux , traîner des cardinaux dans les rues, les charger d'outrages et de coups. L'avidité enfonçait les tabernacles, mutilait les chefs-d'œuvre des arts. La bibliothèque du Vatican fut saccagée. Les places, ou les églises de tlome , étaient un marché ou les soldats vendaient les jeunes femmes et les dievaux ; et ces excès épouvantables, qui se commettaient même dans les basiliques de Saint-Paul et de Saint-Pierre, asile vénéré sous Alaric (vpy. page 7), ce pillage, qui , sous Genséric, n'avait duré que quatorze jours (voy. poge 18), durèrent, sans se ralentir, pendant deux mois {*),
Befivenuto CeUini assure qu'il ne peut pas entreprendre de décrire le spectacle d'horreur que l'on voyait du haut du château Saint- Ange.
Au milieu de tdnt d'atrocités, il arriva que l'on De respecta pas même cette classe de talents qui , n ayant pas
(*) Tai m l'eiquiiM d'un grand Ubieait de M. Oruitt rvpréientint let supplices inflicii am religituji de la Triniié-dii-Mont I>tf des soldats impériaux , dans le saneluairo même; ja ne nia pas uourquoi.M. Oranet n'a m» Mrmmc oe tableau, qui est d'un icmUe cliet dranatiquc.
de grandes richesses, n'offre aucun attrait S la cupidité. Gonfianlâ dMM ce sentiment de dignité due vénériiélii souvent les plus bel*bàres nStidtifi, M artistes de toutes les pâttiéft de l'Italie , qui habitaient Aomëi après SVdir demandé la liberté et là tie^ firent entendre des paroles d'bodtieaf , deitm^ rage et de pitiés Que dîsieS-vous, Infortunés , à des monstres liourHs dans le ssng et dans les erimes, et qui, pendant cinq anS{ svaieftt dépouillé sans compassioti et Sticablé de douleuf s d'autres provinces de lA pétiinsdlèP Quelle était votre méprise I Vous ormez les temples avec élégance^ ?ottS les embellissiez d'ithages sacrées, tous placiez sur les tombeaux les sublime^ allégories de l'Éslise : à vous aussi 1 la guerre est déclarée. C'est ou nom de vos travaux que vous demandes à vivre? Qu'est-il besoin de vous, et de ces fictions ! il faut de^ temples nus; comme les autres Romains, vous pérlres, st vous ne fuyez. En un instant les balle* bardes ont dispersé la savante école dé Michel-Ange et de Raphaël.
Antoine Sangallo abandonne ses pilastres à demi élevés à Salnt-Pierrë , où on a brûlé ses échafauds ; il voit à peine du haut du château Saint- Ange, où il s'est réfugié, il distingue à peine les derniers étages du Vatican, qu'il a été chargé d'a^andir.
Polydore prit la fuite, et courut k Salerne; il se hasarda seulement à revenir vers I^aples. Jules Romain ne reprit ses pinceaux qu'à Mantoue; Peilegrino porta son coût, sa grâce et sa fraîcheur h Mooènei Oaudenzio Ferrari communiqua les leçons des Logaie et des Stanze à ses admirateurs à Milan. Périno del Vags établit une académie à Gènes. Le génie italien est tellement répandu âur la surfsee du sol où résonne k si, que ses nombreuses capitales offrent partout des asiles au milieu desouels les germes heureux ce dévelopnent et portent des fruits abondants. Un seul artiste. Rosso, qUi depuis a construit et orné de peintures la grande galerie de Fontainebleau, R088O, ne eoasent pas à se cacher dans RoiBe \ il est saisi, fié, battu, enobataé,
En cette circonstance, la véritable armée du duc d'Urbin était dans Rome I même. Il y restait encore cent mille babitantsetlagamisondu château. Arapparition d'un bataillon dans un fauix>ai^ , au triple cri de Francia, Paiie et Marco^to\}s ces habitants, qui avaient été si barbarenient outragés , les femmes, les enfants, les vieillards, seraient devehus, en une heure , une épouvantable, une implacable armée; ils auraient ramassé les pierres dans les ruines des palais, ils auraient désarmé facilement des misérables habituellement livrés à Tivrognerie, et indubitablement lâches, puisqu'ils avaient été cruels : la garnison du château Saint- Ange aurait fait une sortie , et d'Urbin, s'il voulait toujours rester Couard, comme ont dit les Italiens dans leurs vers où ils l'ont appelé Codardo, d'Urbin eût pu borner ses exploits a empêcher tant de scélérats de fuir hors des remparts.
Pendant ce temps-là , Charles-Quint prenait le deuil à cause de sa victoire; il faisait faire des prières publiques , l'hypocrite, pour la liberté du saintpère , pour le retour de la paix dans la chrétienté, pour la délivrance de Rome , si long-temps au pouvoir de soldats luthériens : celui qui commandait de prier ainsi on ne sait quel dieu, était le chef, le maître de cette armée à laquelle il ordonnait d'envoyer des renforts d'Allemagne.
A cette nouvelle, devant de tels périls, avec un ennemi aussi impie, le pape crut ne pas devoir penser à se rendre. Pour qu'il pût sortir du château Saint-Anee, on exigeait de lui quatre cent mille ducats d'or : on voulait qu'il remtt aux troupes du musulmauj qui le tenait assiei^é, Ostie, Civita-Vecchia, Parme, Plaisance et Modène, sans qu'il fût rien stipulé pour une restitution éventuelle. Le pape balançait à accepter ces conditions.
Cependant le cardinal Pompée Colonna, un autre ennemi de Clément VII, était entré dans Rome , à la tête d'une troupe de paysans de ses flefs. Il avait embrassé avec une ardeur sacrilège la cause de l'empereur. Le cardinal jouis-
sait d'abord de l'humiliation dij pontife et du dépit de Renzo di Cen, l'un de ces Orsini si odieux aux Colonna : | mais il faut ajouter rapidement que | ce prince de l'Église, ce Romain, ne ' put suppoiter long-temps la vue de la
{>rofanation des temples , et de la doueur de sa patrie. Les l)aysans de Colonna aussi voulurent piller ce qui avait pu échapper aux Espagnols et aux Allemands; c'en était trop : il se sentit pénétré d'une pitié profonde ; il versa des larmes de repentir; il renvoya promptement les brigands qu'il avait amenés, et ne garda qu une troujMs fidèle et soumise. Bientôt il ouvrit son palais à ceux qui voulurent s'y réfugier ; il racheta de ses deniers des carainaux captifs, sans distinction de faction amie et ennemie ; dans la franchise généreuse de sa pénitence, il eût tendu la main à un Orsini! il fit distribuer des vivres à une foule d'infortunés qui, ayant tout perdu, allaient, sans lui , mourir de faim. Les grands crimes ont souvent appelé les grandes vertus.
Quand l'armée hispano- allemande consentait à reconnaître un général , ' c'était Philibert de Châlons, prince d*Orange, oui la commandait; avec le temps , il finit par faire respecter son autorité, (élément VII suppliait de nouveau le duc d'Urbin de venir camper h Monte-Mario , position trèsforte , d'où il est facile a'inquiéter et d'attaquer Rome. Que pouvait craindre le vainqueur? Tout ce qu'il ne craignait pas ! Mais la Rovère, ennemi des Médicis jusqu'à la plus vile opiniâtreté, répétait sans cesse que son armée n'avait pas assez de munitions.
La même passion fait toujours dire la même ineptie. Les Vénitiens le pressaient d'agir ; les Français isolés , répandus en Italie, accouraient pour se joindre à lui : c'était un renfort inestimable. Des Italiens , remplis de sagacité, avaient remarqué que les Français, en corps de nation , remportaient souvent de (glorieuses victoires; que parfois aussi ils avaient essuyé des défaites désastreuses, mais que jamais un corps isolé de Français, faisant
armes : depuis le milieu du XIV* siècle, la preoilèfe dittfiffé de rétfit avait été donnée à'Uti plébéien gibéHn , et lei factions gUélfe et patricienne s'étaient soumises, sans rtitirmurer, à cette constante exclusion. * On cotnptait dans Gènes des Guelfes et des Gibelins « des nobles et des citadins, des grands et des petits bourgeois, des partisans des Adomi , des partisans des Frégosi.
Chaque citoyen avait choisi un dé ces drapeaux : on n'avait pas adopté un seul cri , comme le cri de Marco à Venise. Le sénat fut alors formé de quatre cents membres qui ne siégeaient qu'une année; ils étaient nommés sans distinction de naissance. La nouvelle réforme ouvrait assez facilement à André Dorîa , Tun des plus célèbres amiraux du temps, un accès & la couronne ducale.
La reconnaissance publique semblait l'y appeler; mais passionné pour la gloire, souvent v'aihqueur des Turcs, alliés de la France, rival de Barberousse II ( Khaîr-Eddin ) , roi d'Alger (*) , il aima mieux continuer de les battre sous les couleurs de Charles, qui faisait une guerre soutehue à ce roi-corsaire. André Doria préféra la gloire au trône; et avec les Génois il fit bien. Sur le refus d'André Doria , la durée des fonctions de doge fut réduite à deux ans , et les prérogatives furent restreintes. Il y avait huit seigneurs qui formaient son conseil , et surveillaient cette fiction de maître. De plus, cinq censeurs suprêmes ou syndics, sorte de dix adoucis, inspectaient toutes les magistratures, observaient leurs l^pports entre elles , leurs conflits , et âchaient de les ramener à la concorde par des paroles de paix , et jamais par des supplices. A Gènes, pays 81 changeant , on n'eût pas trouvé à former, pour un jour, uil tribunal des troU^ ainsi qu'a Venise»
Cette dernière ville , comme immobile , conservait ses doctrines aristo-
(*) Uo aateur arabe a composé la ^i« d'Aitnidj 9 Barberouise I", et de Kaîr-Kdd lu, •on frère. M. Veolure Paradb en a fait une traduction qui se trouve à la Bibliothèque du roi ( manuscrits orientaux , iraductiont. )
cratiques , et les règles de' gouvernement que nous avons déjà présentées, règles qui avaient très-certaifiemeot sauvé la république lors du traité de Cambra}^. Nous veirons ed 1.943 qu*il ne fallait pas trop nier la nécessité d'une surveillance si sévère.
Ce fut alors que Florence , qui venait d'être ravagée par la peste, im* plora la miséricorde de Dieu , et dé« créta que Jésus-Christ serait déclaré roi perpétuel i dans son enthousiasme guelfe , elle fit placer , sur la porta du Palais- Vieux i une inscription qui constatait cette élection.
Les livres de Machiavel sur CArt de hguerre, imprimés en U2I , ces traités dans lesquels il Introduit Fabrice Colonna, successeur de Gonsalve de Cordouedans la place de grand-connétable de Naples, et lui fait expliquer tous les secrets de cet art , avaient excité l'attet»tion des Toscans. Florence se livra bien* tdtà unesprit militaire. Dans cette ville, on ambitionnait toutes les palmes. On avait déjà obtenu celles des arts et du commerce, il fallait encore celles de la guerre. On s'occupa à former des hommes de courage. On pensa à faciliter le recrutement des célèbres bandes noires de Jean de Médicis. On établit une véritable conscription , on proscrivit les mercenaires . et pour que tous les citoyens fussent soldats , même malgré eUx, on résolut de fortifier Florence. Le souvenir des désastres de Rome appuyait de semblables projets. Le grand Michel-Ange donna les plans des tours, des murailles, des escarpes et des forteresses.
Ce ti'était pas sans raison que les Florentins pensaient éventuellement à se défendre. Là république de Flo* rence, pour avoir renvoyé ses deux jeunes Médicis , n'était pas oomprise dans une pacification qui paraissait universelle. Mais en livrant Florence à Clément VII , qui voulait y rétablit ses parents , Qiarles répugnait k étrt témoin du malheur de cette ville riche et industrieuse.
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petits princes d'Italie réunis contre une seule victime. La France avait permis à quelques-uns de ces braves , si communs dans cette nation, qui courent à tous les combats, de prendre du service dans les troupes florentines; mais ils étaient en petit nombre , et ce n'était plus le temps où quarante-deux chevaliers ( voyez page 78) seuls pouvaient délivrer une ville.
Un ambassadeur du roi , le vicomte de Turenne, soutenait le courage des assiégés : car déjà le prince d'Orange, Philibert, devenu vice-roi de Naples, après la mort de Hugues de Moncade, investissait Florence. Elle avait nommé
généralissime Hercule d*Este, fils du uc Alphonse de Ferrare, marié à Madame Renée, fille de Louis XII, et belle-sœur de Frant^is T'; mais il ne se rendit pas à son poste, et ce fut Malatesta Baglioni qui fit ses fonctions. L*armée qui avait pillé Rome, avait Tespoir de piller Florence, la plus riche ville de Tltalie , dej)uis que Rome était ruinée, et que Venise avait su se mettre hors de aan^^er.
Les sacrifices terribles qu'impose la nécessité ne coûtèrent plus aux Florentins. Ils résolurent de brûler tous les bourgs, toutes les maisons, à un mille de distance des murs. On fit plusieurs sorties successives; et après avoir renversé Tennemi , les soldats rentraient chargés de fagots coupés pour les fortifications , et qu'ils avaient composés des débris des oliviers , des figuiers , des orangers et des cédrats de leurs habitations de plaisance. Philibert ayant demandé des pièces d'artillerie aux Siennois, ils n'en donnèrent qu'à regret. Etienne Colonna servait dans la place : un autre Colonna, Sciarra, servait dehors. lisse détestaient, quoique parents. Etienne attaqua un quartier de Sciarra. Trois autres corps florentins sortirent en même temps. La déroute des Impériaux sur ces points divers fut complète : par malheur, on sonna trop tôt la retraite du côté des Florentins , et ils perdirent l'occasion de finir cette guerre par une victoire.
A Capponi, gonfalonier, avait suc* cédé Carducci ; qprès Carduccî , on nomma Raphaël Uirolami, ancien ambassadeur auprès de Charles-Quint, et célèbre par les instructions remplies de préceptes admirables que lui a adressées Machiavel {*).
Hercule d'Esté ne cherchait pas à se rendre à Florence. Il fut question de lui donner un successeur. On balançait entre Malatesta Baglioni et Etienne CploAna; celni-ci répondit:
« Je suis ici un soldat du roi Très- « Chrétien , et je ne veux pas d'autre R honneur. » Alors Girolami , monté sur une estrade, sous la loge des Lanzi, remit à Malatesta l'étendard de la république et le bâton de commandement.
François 1*' écrivait aux Dix de la
Îfuerrey magistrats chargés de diriger es opérations militaires , que lorsque l'échange des fils de France contre leur rançon serait accompli , il donnerait ouvertement des secours à leur ville.
Les Espagnols attaquaient tous les vendredis, parce qu'ils considéraient ce jour heureux pour eux. Un Florentin , Ferrucci, qui commandait à Empoli, et s'y défendait vaillamment, reçut des Dix , des pouvoirs de dictateur, droit de contributions, droit de vie et de mort; enfin, la puissance la plus absolue, et l'ordre de venir à tout prix au secours de Florence avec une armée qu'il formerait où et comme il l'entendrait. Sera-t-il aussi heureux que Zéno à Venise ?
Ferrucci rassemble de l'infanterie , de la cavalerie, prend de l'argent à Pise , mais ne fait périr aucun citoyen, et s'avance vers Pistoie. Le prince
(*) Ces instructions , trop peu connues , sont un code complet de diplomatie priitique. L'ambassadeur qui se péuèlrera de telles le^ns ne peut manquer d'être agréable et utile à sa cour; il n*i a pas uue seule parole qui offense la religion , Tbonneur et la vertu : il n'y a rien à renvoyer au sicde des Borgia, des vils espionnages, des dcl»* tions et des poisons. C'est Machiavel , âgé de 53 ans » apportant à un ami le tribut de sa longue expérience et de sa connaissance des hommes , des cours, et de Vinfortuoe.
biens, mais il no punit pM Alexandre de loutaa les aeélerateises qui le rendaient odieux, A Clément VU succéda Paul III Farnèse; il protégea les ennemis de Clément Vil.
Paul III se livra à la passion du népotisme. Il investit du duché de Castro Pierre Louis Farnèse, son neveu- Pierre Louis , comme un autre César Borgia, commit crimes sur crimes:
l'insulte qu*il fit à Cosme de*Gberi, évéque de Fano , mérite une infamie éternelle. Depuis ayant reçu du pape Parme et Plaisance, Pierre Louis y excita des haines furieuses. Le 10 septembre 1547, le comte Anguissola Tassassina de plusieurs coups de poignard. La conjuration était fomentée et soutenue par don Ferrante Qonzaga , gouverneur de Milan pour Charles-Qumt.
François Sforza II, ducde Milan, était mort en 1636. Son frère naturel, Jean- Paul, espérait obtenir le duché , mais il mourut à Florence de la mort du cardinal Hjppo'.yte. Tant de forfaits devaient avoir leur châtiment. En 1537 Alexandre fut assassiné par Lorenzino de Médicis« son cousin, Tatné de la branche cadette de cette maison, et qui descendait de Laurent, frère du grand Cosme. Son père, Laurent II dans cette branche, était un de ceux (]ui, lors de Texpulsion de Pierre II, avaient pris le nom de Popolano, Ce Lorenzino (*) , que plusieurs auteurs ont prétendu appeler le /ini/us toscan , vénal td*ëtre designé par un décret de Charles, comme devant succéder à Alexandre, s'il mourait sans enfants. Les détails de ce meurtre excitent le dégoût et rhorreur. L'assassin s'enfuit à Venise.
Cm«V BB HIdXCM «VCcàDV A Al.ll«IID»K. — t.tkt Bl SlBKirB.
Le sénat florentin, qui se composait
(*) Il aTait été.chaasé de Rome parce oa'U avait cafsé et eolevé des statues de i arc de Constantio (voy. pi. 4t les statues ornant la façade qui regarde le forum). Uue seniciicc du sénateur avait banni Loreiuino de Rome \ il n'y pouvait rentrer sous* (Mine de mort
alors de 48 magistrats, proposa de mconnattre pour duc , Jules, nls naturel d'Alexandre; mais François Guicçiardini et ses amis demandèrent que Ton choisit Cosme , fils de Jean de Médicis, rillustre commandant des bandes noir9«, et le petit-Ols d'un autre Jean qui avait uns, comme le père de Lorenzino, le nom de Popolano (voy.
pag. 209). Après beaucoup de débats, rélaction de Cosme fut résolue dans le sénat par une grande majorité.
L'empereur permit, le SS février, que Cosme restât duc de Florence, et il révoqua le décret par lequel il avait appelé au trône Lorenzino et ses descenaants. Celui-ci , de Venise , était passé en Turquie , de là en France ; mais revenu à Venise en lâ47, malgré la surveillance des Dix , il y fut assassiné par ordre de Cosme son cousin-
Dès que Cosme se vit le maître il adopta les anciennes vues de prévision et a accroissement de la république ; il fit fortifier Pise , et désira soumettre Lucques, mais il n'y put réussir. Il tourna ses vues vers la possession de Sienne.
Après avoir obéi lon^-temps à ses boiurgeois, oui y avaient établi une aristocratie redoutable , Sienne était réduite à languir sous le despotisme de Pandolfo Petrucci. Charles descendu en Italie, avait nommé chef de la république, Alphonse Piccolomini, arrière-petit-neveu de Pie II. Cosme alors crut découvrir un traité conclu entre les Salvi , conseillers de Piccolomini, et M. de Montluc, chargé des intérêts du roi de France. Le sou|)con seul parut une preuve à Cosme. Il ne savait rien de bien précis, mais il était vrai que les Français cherchaient vaguement à renouer des négociations avec l'Italie.
L'empereur, sur les rapports de Cosme , envova à Sienne une garnison espagnole, dont la conduite mécontenta bientôt toute la ville.
Aucun pays de l'Italie n'avait persisté autant que Sienne dans l'ancien parti gibelin ; mais l'avarice des Espagnols, qui alors représentaient ce parti, aliéna les Siennois, et ils pensèrent
ffrant désir d^aTOir quelques besongnes de Totre ourraige , j'ai donné charge à raibbé de Saint-Martin de Troyes C) ,
S résent porteur, que j*enToie par delà, en recouvrer, vous priant, si vous arez quelques choses excellentes faites à son arrivée , les lui vouloir bailler , en les vous bien payant, ainsi que je lui ai donné charge et davantaige vouloir estre contant pour Tamour de moi, Si'il molle (moule) le Christ de la înerre (**) et la Notre-Dame de la fèbre C ) afin que j'en puisse aomer Tune de mes chapelles, comme de choses que Ton m'a asseuré estre des jAus ex(]uises et excellentes en votre art, priant Dieu, S. Michel-Angelo, qa'U vous avt en sa garde.
« Escript a Saint-Germain-en-Laye,
le 6* jour de février mil cinq cent et
quarante-six (1547 ){****); signé Fran-
çoys , et , plus bas, si^é rAubespina. »
« Au Sr. Michel-Angelo. »
B«»m« II mot »« FBAvea. — U rktr mu «baitI Avaa SiSHB.— C<M«m f'BiirAaa sa Siiaaa.
A François 1*' , mort le 31 mars 1&47,
' (*) L'abbé de Siint-Mariin , de Troyes, ctt Francis Primatice , artiste très-célèbre à qui Ton doii beaucoup de peiuiurcs de la faawnae^lerie de Fontainebleau. Primatice Cit mort à Paris , octoséoaire , en x57o.
(**) Le Christ qui existe encore à droite du nialtre-autel de l'église de la Minerve, à Rone : e'est un des beaux ouvrages de Michel-Ange. Notre Seigneur y est représenté debout , tenant en main la croix et quelques instruments de la Passion , le roseau , l'éponge ei lescordes. Le caractère de la tète a peut-être quelque chose de trop irrité.
(***) U Notiv-Dame de la fèbre (de la fièvre) est le beau groupe qui existe en ce moment sur Tautel de la première chapelle à droite en entrant dans la basilique de Saint- Pierre. Michel-Ange a composé ce groupe à l'âge de vingt-quatre ans : il représente la Vierge tenant sur ses genoux son fils descendu de la croix. C*est un admirable morceau de sculpture; on l'appelle aujoufd'hui U Piété,
(*••*) Alors eti France, ce n'était qu'à dater du jour de Piques que l'on comptait t'innèe nouvelle. Chez les Florentins, l'année tommen^it toujours le a5 mars.
17* Livraison, (Itaui.)
après aroir perdu son fils atné, succéda son second fils , qui avait épousé Catherine de Médicis, et qui prit le nom de Henri II. Ce prince saisit promptement l'occasion de faire pénétrer ses armes dans la moyenne Italie , et de profiter du mécontentement universel, pour appeler les peuples à repousser le joug de lacour a' Espagne. Les Siennois s'étaient révoltés contre leur gouverneur Mendoza ; Henri leur envoya des gentilshommes français pour les diriger , quelques soldats pour les défendre, et bientdt un traité d^Bllîanoe fut conclu entre la république de Sienne et la France.
Cosme, de la branche cadette des Médicis , et qui n'avait d'autre illustration <iue celle de Jean aux bandes noires y son père, n'était pas aimé de la reine Catherine de Médicis, seul rejeton de la brandie atnée. D'ailleurs cette reine n'avait pas sur son époux, qui cependant la traitait avec respect, i influence qu'elle acquit depuis sur ses enfants.
Cosme eut donc plusieurs raisont pour n'être pas satisfait de Toir les Franj^is à ses portes ; cependant il n'était pas assez fortement établi pour leur déclarer la guerre.
Charles - Quint , qui signait, la S août, la paix de la Religion à Passau , résolut, puisqu'il en avait le temps , de punir les Siennois. Il envoya contre eux une armée commandée par don Pedro de Tolède, beau-père de Cosme,
aui promit de le seconder. Mais une otte des Turcs, alliés de la France»
ayant paru dans les eaux de Naples , l'armée espagnole se retira pour défendre cette ville, et Cosme seul continua le siège. Il sunrint alors un ennemi redoutable pour Cosme. Pierre Strozzi , Florentin, maréchal de France , fils de Philippe Strozzi , qui ayait péri dans les cadiots de Cosme, arri- Tait en se promettant de venger son père; il donna à Sienne le secours de sa valetir. Néanmoins la ville, étroitement assiégée, capitula, et fut remise à quelques soldats de l'empereur.
Cosme avait conquis, par ses propres moyens, la ville de Sienne; il
été ntessaire de parler avec douleiir de la rigueur du souTemement des l>ix , il est juste de dire ici qu'une sur- -Yeillaiioe si sévère n'erapécha pas un crime qu'on n'aurait pas cru. possible a Venise. On avait appris en 1542 , par des rapports de courtisanes , que 0>nstantin et Nicolas Cavazza , 1 un secrétaire des Dix, et l'autre secrétaire du Sénat, corrompus à force d'argent par l'évéque de Montpellier, .ambassadeur de France , trahissaient les secrets de l'état. Bien plus , Matbleo Léoni , qui avait été un des trois, s'était laissié gagner par les Turcs. IWioous Cavazza ayant été dénoncé, il s'était retiré chez l'ambassadeur, qui aTait été contraint de le livrer. Léoni, réfueié en France, y était mort de honte et de misère, aoandonné, suivant Vusage , par ceux en £aveur desquels il avait trahi sa patrie. Quelle fin pour un des trois de Venise, qui pouvait avoir fait périr plus d'un innocent, accusé de conspirer contre la républi^e!
HowBAvz rsooftis »m Lom^aiava.— Coscn»»B Taivtk. — Cot«b mouuà pab PtB V aaASB*»s« SB ToKABB. — Paotsstaviov bb Psiurra IL
Les progrès des novateurs inquiétaient les papes et les rois. Les luthériens invoauaient cet esprit de liberté qae le cardinal de Lorraine lui-mime encageait son frère à proclamer pour <rf)»nir des succès en Italie. Ce fut cet esprit remuant qui donna au concile de Trente un caractère différent de celui des conciles précédents. D'après les instantes sollicitations de Charles-Quint, qui s'était repenti trop tard de l'impunité accordée aux luthériens , dont l'exemple et la fureur purent engager même des Espagnols à saccager Rome, le concile avait été convoqué par Paul III, pour décider les questions de foi et de discipline que les troubles relideux faisaient naître en Allemagne. Ouvert à Trente le 16 déoonbre 1645 , il avait été transporté à Bolofi^ par le même pontife , qui voulait le rapprodier des états du saintp»
âége. En 1661 , Jules II consentit à fetoonar le concile à Itent».
Les succès militaires de Maurice de Saxe, et l'approche de l^armée protestante, dont les dispositions étaient assez connues, dispersèrent l'auguste assemblée en 1652. Le concile fut ouvert de nouveau dans la même ville de Trente , le jour de Pâques 1561 « par le pape Pie IV, et il dura jus-
Su'au 4 décembre 1563. U y eut alors e vives explications entre plusieurs des Pères et le cardinal de Lorraine : nous croyons inutile de nous arrêter sur ces explications, étrangères à la pureté du dogme, et qui ne doivent pas altérer le principe de l'unité. U faut en revenir sans doute à ce que l'immortel Bossuet dit à cet égard , et ne pas oublier combien il serait dangereux de franchir les limites qu'il a respectées lui-même.
En 1670 , Cosme , duc de Florence, avait obtenu du pape Pie V le titre de grand-duc de Toscane; mais Philippe It Élisait remettre une protestation énergique par son , ambassadeur , qui ex*> posait que rÉtrurie appartenait de droit à César (Maximiiien II) et au roi catholi^e ; que le duc de Florence ne possédait aussi Sienne que comme feudataire de Charles-Quint. L'ambassadeur protestait directement contre la remise du sceptre et des ornements royaux donnés à Cosme , et il demandait que la réclamation fût lue devant les cardinaux assemblés; mais depuis»
cette affaire fîit arrangîée à la satis* faction complète de Cosme.
l/itM 9» CBTMia Auifcia »AB lb« ToAea*— Lai BPCS BB Satoib bbtou AniBBB IX taêQm'A Emf
MABIIBJ. PBIUH&T. BAVJUU.B BB LitABTB.
Les Vénitiens demandaient de tontes parts des secours pour la défense de nie de Chypre contre les Turcs.
On remarqua qu'Enmianuel Philibert, duc de Savoie , envova aux Vénitiens trois galères, maigre les prétentions
au'il avait à la souveraineté de cette le. Charles I*', duc de Savoie , dit k goefrier, successeur de Philibert r% dit ie chasseur j comme hii fils d'Amédée IX, avait acquis, en 1487, le titre de roi de Q^pre, a la mort de Charlotte de Lusignan, fille légitime
Ml
le nom d« Bouillon ne marcbasseni plus dans b ligne restée fidèle au saint* siège.
Xlll. — La cABBiBAL Cbaalu DS LoakAlVB A BoaC'— 0»iaio« DiSAnT^StHOs soa i.ASAiaT* BAftTaitr8MT. ^ RaiODiMAacaa ao »8o*&b »b Boaa A l'occaiios bo mauacbi. — Paiavosa A raaaqaa «a a tk» aaMias aa Vasaki. — Lama BaGwMa, •aAaD'Bvc BaToacAaa.ACaAaAatlX.
— LiAiaoa B« viu aIbI »s Cosmb 1*' atbc BiABCA Ca»bua.
En 1573 f le pape Pie V étant mort« le oondave s*assembla. Après beaucoup d'explications , il régnait dans les es-
Erits une division qui alarmait les ommes raisonnables. Un cardinal sage et modéré prononça le nom du cardinal BuoDOompagni , âgé de 70 ans.
Sur-le-champ, le cardinal de Verœil Alt chargé ,d*aller lui demander s'il aurait le courage de se présenter à la chapelle sans préparation , sans convention tacite , pour être adoré, c'est-à-dire élu à Tunanimité par acclamation. Quelquefois ces démarches hardies réussissent ; les cardinaux opposants croient souvent Tafifoire plus avancée qu'elle ne l'est effectivement; personne ne veut rester en arrière, et il ne s'élève aucune contradiction :
quelquefois aussi un Aroid silence accueille les cris de ceux qui (parlent de Yadoration. Le vieiilara, interpellé brusquement, répondit : « Monseigneur, y a-t-il toutes les voix vraiment suffisantes pour cette élection ?
— Oui, repartirent le cardinal de Veroeil et d'autres cardinaux survenus à l'instant , nous sommes prêts. » Alors Buonoompagni s'approcbant de sa table, y pnt queloues papiers d'importance pour lui , Tes serra dans sa robe et s'éoria : « Hé bien, allons avec l'aide de Dieu tout-puissant! * En même temps , tenant la tête haute, marchant d!un air animé, il prit le chemin de la chapelle avec une j^ravité telle , qu'on aurait dit ou'il était accoutumé à tenter de semblables entreprises. Arrivé à la chapelle , cette assurance décida les ineertains; le cri unanime qu'on attendait s'éleva de toutes parts, et
Buonoompagni fut proclamé sans scni- , tin. Toute cette anaire n'avait duré qne six heures. On comptait à œ conclave les six cardinaux-evêques , quarante-deux des cardinaux-prêtres, et quatre des cardinaux-diacres. Le cardinal de Lorraine et les autres cardinaux français étaient absents.
Au commencement du r^ne de Gr^oire XIII, on vit ce qui arrive ordinairement dans les premiers mois d'une élection à Rome , surtout lorsque le pape a été élu par adoratUm, et que chaque électeur croit pouvoir assurer qu'il s'est montré un des plus inteUigents pour créer le pape.
Toutes les factions sollicitaient des récompenses. On se faisait donner les places de force; on envahissait l'autorité souveraine. Il fallait qu1l s'écoulât plus d'une année avant que les demandes ^«discrètes fussent réprimées, et que le pouvoir, rapportant tout a lui seul, put s'asseoir sur des bases solides.
Sur ces entrefaites , arriva le cardinal Charles de Lorraine, toujours occupé du désir de venger son frère François, le glorieux défenseur de Metz en 1552, le prudent général des armées du roi , qui avait relevé le nom français aux yeux de l'Italie en 1559, le sage lieutenant-général du royaume en 1563, et, à la mémo époque, assassiné d'un coup de pistolet, sans que sa veuve, Anne de Ferrare, eût pu obtenir la condamnation des complices de l'assassin Poltrot de Méré, qui appartenait au parti des protestants. Le cardinal était encore mécontent de la paix que le roi Charles IX avait accordée aux huguenota en 1570. Il demandait aussi hautement que Ton fit entrer toute l'Italie dans la ligue contre le Turc, que le dernier pape Pie V avait signée, ainsi que le roi d'Espagne et les Vénitiens.
Tout-à-coup on apprend l'épouvantable massacre de la Saint- Barthélémy. Cet effroyable événement , cette page sanglante'de l'histoire de France^ n'ont pas une place précise dans ce récit. Je me bornerai à rapporter des notes extraites d'un ouvrage ii '"
JtS
préÊeoict du pape; elles portafetit goe (f après des déclarations de la oonr, Faniiral et les huguenots ayant conspivécontre le monarque, ils avaient été tués , du vouloir et du consentement «xprès du roi ; alors îl fut arrêté, sur la demande exprimée en termes violents par le carainal de Lorraine, que le pape et le sacré collège assisteraient le lundi suivant à une fête solennelle. a se piésenta une foule d'artistes pour orner l'éjglise de Saint-Marc , où cette f^tedevaitétre célébrée. LeJovfdedofU" Imtr etdeffri était venu pour ceux mie ]L4ither avait appelés à la discorde. Le cardinal donna publiquement mille écus ail courrier porteur de la nouvelle tant <lésîrée de lui. Le 8 septembre, les Françits firent une grande procession ^ans réslise de Saint-Louis , enrichie -des fondations de Catherine de Médi- -cis. La plupart des nobles de Rome , et une grande quantité de peuple accoururent à cette cérémonie , où Ton maudissait publiquement les protestants. « L'ambassadeur de Tempereur, dît une narration du temps, portait la queue de la robe du pape, pour rhonneur qu'il fait à Tempereur pardessus tous les autres. » Le cardinal avait fiiit attacher au-dessus des trois portes de l'église une sorte de notifi- ^atUm adressée au pape, aux cardinaux , au sénat et au peuple romain , eu 'il vantait le massacre de Paris , et nippeiait les maux que Rome avait aou/rerts des luthériens ; où il parlait des conseils donnés en telle affaire ^ des aydes et secours envoyez ^ des prières faites par douze ans entiers j des requêtes y va*ux, larmes, soupirs de tous chrétiens. Le même cardinal disait aussi « qu'il se réjouissoit « grandement que ceux de sa maison « principalement avoient été les exé- « cuteurs d'un fait si grand et si « mémorable. •
' L'ensemble de cette pièce , qui est Ira mélange de forfanterie , de déhre, de férocité, était donc affiché à la porte de l'église. Il y avait dans une telle audace une offense à la souveraineté du pays ; car de quel droit un simple cardinal parlait^il ainsi, dans une ville
où il ne oommandaft nasr?Mals,ilfevt encore le dire , la noblesse deRome^le peuple, les artistes surtout, ne voyaient dans la mort des huguenots, massacrés pour (woêrvouhif disait-on, commeûre «n crime de tése-majesti y mi'un juste châtiment, et la vengeance ues forfaits commis en 1537. Quarante-cinq ans après le sac de Rome, il restait des témoins de tout sexe , et jusqu'à des victimes qui avaient pu souffrir de ces fureurs ; et ce furent ces témoins qui animèrent l'aveugle haine du reste de la population. Vasari , élève du Rosso qui avait été traité avec tant d'inhumanité , et à qui son maître avait plusieurs fois raconté ses malheurs , se proposa pour conserver dans une msque le souvenir de ces événementa'; en peu de temps , car il mourut deux ans après , il traça les dessms de deux compositions qui représentent ChaHes IX au sein du parlement, et les seènas du massacre de Paris (*).
A la même époque , le grand-duc Cosme de Médécis félicita (Parles IX sur les événements de la Saint-Rarthélemy; il lui dit, dans une lettre, qu'il a nettoyé et pwryé le royaume ; et il l'invite à occuper les Français, nation mobile et avide de nouveau^ tés , dans une guerre contre les Tuies. Cosme eut aussi à se reprocher d'avoir excité Vasari à inventer les compositions qu'il a laissées à Rome, et que ses élèves ont peintes à fresque en mémoire de ce oéplorable événement.
Ce prince eût pu se dispenser de cette intervention , car il avait abandonné presque tous les soins de l'état
(*) Il a para, en iStG, nn voya^ ea Italie, imprimé à Bnixellei. L*aiitcur dit, en décriTant une des freM|nes dont il s'a^t : « Quel est Cf*t autre roi qui tire *yr le pea^ oie? c'est ChaHes IX donnant le signal de la Saint-RaribMemy. » Cet auteur i^esit gnirement trompé. Dans le tableau où Tasarî • représenté Charles TX , ce ^irince assiste à une séance du parlement. Lescostnniead*aillenrs y sont mal observés. Ce tablnn , «t celui qui représente le massacre, sont deux mauvais tableaux. Du reste , il est bien pronvé «n)oard*hni , que le fait de Charles IX tirant sur la paiifl« n'est pas vnû.
Garsia, dans on moineDt de fureur, mais ce fait n*est pas prouvé, et If. Botta, rhistorien le plus récent de KItalie, ne croit pas à ce crime.
vmuuwr »■ Gmlooiav Xlll. — Joml£ bb bS^S. — Bmbca Cavbioo, •babbb-obcbbmb bb XHmicaiib, bt bIclabib riLLc obSaibt-Mabc. —
MOBT BsFaABÇOXS BT BB BlABCA. — RirOBMA> VB«« M CA&SBBBIBB.
. PÈas tard, Gré^ire XIII sut attirer à lui toute l'autonté qu'il devait obtenir dans sa capitale , et ce fut lui seul qui refila la politique du saint-siége , œ qu'il fit désormais avec sagesse et modération. Il prouva que lors des réjouissances de Rome , il avait été entraîné par le mouvement tumuN tueux d'une populace désordonnée: les diaoours et les bulles du pontife ne tardèrent pas à manifester ses vérita* blés sentiments.
Sous son règne, en 1575, on célé* bra à Rome le jubilé, qui y attira plus de deux cent mille pelerms. Les protestants étaient attentifs et vou* laient signaler des scandales; mais eux-mêmes alors, en Angleterre et en Allemagne, ils se montraient animés d'un ment fanatisme. On avait commencé à dire que le jugement à mort de Marie Stuart, qui ne périt cependant oue plusieurs années après, en 1587, était nécessaire au nouveau culte. Cetteprincesse , niècedu cardinal Charles de Lorraine , était prisonnière d'Elisabeth, qui voulait d'abord la livrer auxprotestants écossais. On n'avait pas non plus à louer les moeurs de ceux qui pariaient de l'incontinence des catholiques. Tout ce qui se sépare sous de tels prétextes de blâme , doit surveiller sévèrement sa conduite; à œ qui ne se sépare pas , il suIGt de se corriger. Gr^oire XIII ne négligeait aucune occasion de prodiguer le bon exemple de l'amour des sciences et des principes constants d'une religion récolière.
Le pontife cherchait surtout à vivre en bonne intelligence avec Venise, toujours attentive à saisir les moyens même les plus frivoles d'augmenter sa paissanoe.
On a vu que François, successeur de Gosme V dans le grand-duché de Toscane, avait donné son cœur et toutes ses affections à Bianca Capello.
Bonaventuri, son époux, était devenu arrogant envers les courtisans, autant qu'il se montrait lâche avec le souverain. François, ne trouvant pas que ce misérable eût encore assez de complaisances , le fit assassiner. Plus ensuite le grand-duc se retrouvait sombre et bourrelé de remords, plus il avait besoin d'être distrait par la vivacité et les grâces de la Vénitienne.
Jeanne d'Autriche étant morte en 1578, François résolut d'épouser Bianca, et il s'unit à elle par un mariaee qu'il ordonna de tenir secret. Le cardinal Ferdinand de Médicis, frère de François , soupçonna cette intrigue. Le grana-duc étant tout à coup tombé malade, le cardinal quitta nome et arriva subitement à Florence. Il trouva auprès de lut Bianca, qui le servait elle-même, et toute seule. Alors il remontra au grand-duc, avec respect,
Su'il lui convenait peu d'avoir auprès e lui une telle femme, dans l^tat où il se trouvait, et qu'il serait mieux de penser à sa conscience et à son honneur. François, abattu par la maladie , avoua son mariage , en s'excusant sur un violent amour, une promesse solennelle, la faiblesse humaine^ et il pria son frère de ne pas rafiQiger davantage.
François s'étant rétabli, résolutd'obtenir l'approbation du r6i d'Espagne.
Philippe II ne possédait pas la Toscane, mais le souverain du grand-duché n'aurait osé publier ce mariage sans la permission du roi. François représenta, avec humilité, qu'il avait eu de Bianca un enfant mâle. (Bianca, désespérant de devenir mère, s'était hasardée à supposer une grossesse, et elle avait paru délivrée aans la nuit du 29 août 1576, d'un enfant qu'une femme du peuple avait mis au monde la veille.) Philippe donna à l'envoyé florentin expédie à Madrid, la réponse que le crédule François désirait ardemmei^t^ Bientôt une ambassade pompeuse aile annoncer le nouveau r --* - * '^'•nise^
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•'do^ hems. Ferdinand succéda à son ftère François. Comme il n'était |>as prêtre, il rendit le diapeaa de «snrdinai , et pensa à se marier pour «ibtfliiir des héritiers de Sa puissance. CU»endant Gr^oîre XIII avait oontinue de mériter la vénération des peuples; il voulut alors, açrès l'avoir long-temps médité, rendre a la fois un inattendu à la religion et aux
Rien ne contrttnia plus à illustrer pontificat que la réformation du calendrier.
I/année est, suivant Tobservation des physiciens, le temps que la terre emploie à fiiire une révolution entière dans son orbite ; pendant ce temps , le soleil nous semme parcourir toute réclifrtique, ou les douze signes du zodiaque. Chez les anciens, on n'a pas déterminé d'abord, d'une manière précise, la mesure de ce temps ; les Egyptiens ne l'évaluaient qu'a 865 jours :
mais comme, tandis que la terre consonrune une révolution entière dans son orbite , elle fait, relativement au soleil, 365 tours et à peu près un euart, sur son axe, ce qui compose t année de 365 jours , et environ six heures , on reconnut dans la suite que Jes équinoxes reculaient tous les quatre ans d'un jour à peu près. Pour remédier à cet mconvenient, on arrêta qu'on employerait ces six heures excédantes, en fafsant tons les quatre ans une année complète , d'un jour de plus que les autres, de sortec^e cette quatrième année est de 366 jours , et appelée Bissextile (chez les Romains, le jour ajouté était placé le sixième jour avant 1^ calendes de mars , et , cette annéelà , il y avait deux fois le sixième jour avant les calendes de mars, Bissextus ^Ses). Cet arrangement se fit sous l'empire de Jules-César : par là, on approcha du but, mais on ne le toucna pas tout-à-fait; car, pour qu'il h> eût point eu de mécompte, il eût Êillu que le temps employé par la terre à parcourir son orbite, eût été exactement de 365 jours et six heures; nais il s'en faoX d'environ onze minutes , et cette quantité « quoique très-
petite, répétée pendant un grand nombre d'années, devint si considérable , qu'à la fin du XYI* siècle , les équinoxes étaient avancés de dix jours.
Le pape Grégoire XIII, après avoir consulté les astronomes les plus célèbres, ordonna, par une bulle du 24 février 1582 , que ces dix jours de trop seraient retranchés, et que le 5 octobre suivant serait compté pour le 15 du même mois. Cette réforme fu^ adoptée par la plupart des états da l'Europe. Mais il ne suffisait pas d'avoir remédié aux erreurs que le temps passé avait introduites, puisque la même cause subsistait toujours.
Les astronomes consultés par Grégoire XIII , supputèrent, sur les représentations de ce savant pontife , que les onze minutes ou environ employées de trop chaque année ( en regardant comme complètes les six heures que la terre met au-delà des 365 jours à parcourir son orbite), formaient un jour entier au bout de 133 ans; alors ils proposèrent au pape, qui voulait régler cette réformation, même pour les siècles à venir, d'omettre, dans le cours de 400 ans, trois bissextes.
Leur avis fut adopté. Dans leur sentiment, les anne^ 1700, 1800 et 1900 ne devaient pas être bissextiles, mais l'an 2000 devait l'être, et ainsi de suite (*).
Il résulta du travail ordonné par Grégoire XIII, que la fête de Pâques en 1583 se retrouva à la même époque qu'au concile de Nicée. Louis Lilio, médecin calabrais, Christophe Clavius, né à Bamberg, l'Euclide de son siècle, et Pierre (^hacon, né à Tolède, appelé leVarronde r£spagne.
(*) Nous arons obéi aux savants blés jiar Grégoire XHI. Lt'S ans 1700 et 1800 n'ont pas été bissextiles; dos petitsenfants veilleront a ce que l'an 1900 ne le soit pas davantage. La réforme du calendrier a été adoptée par toutes les puissances chrétiennes , excepté par la Russie. Depuis peu, on a répandu que remperciir Nicolas vent Tadopier. Tons les états d'Europe reconmitraient donc aujourd'hui la même manièiv de compter les jours, et les Runes m di- Mieat plut 1** (x9) omis.
L'UNIVERS
eurent la plus grande part à cette opération.
HoBT SB GaHOOtai XJU» -"- Sov pobtbait.— É&me* Ttom 0B SiXTv V. — Sa tirituri. — Ii. vaiv
iliBTBt I.'0B»I.1SQ0B DO VaTZCAV. — SOB AI.M»* COTIOB SUA l'aMAMIWAT BU CAABIBALSB GuUB. — MOAT BB ObBAI m.
Grégoire mourut en 1586. Il avait de la science , de la tnodération , avec quelque chose d'élevé dans le caractère. On lui reproche d'avoir laissé une Dolice peu soigneuse user de trop d'inaulgence envers les voleurs. Des brigands ravagèrent les environs de Rome pendant les derniers jours de son pontiGcat.
La cérémoniedes funérailles achevée, le conclave s'assembla pour choisir un successeur. L'état de la chrétienté , et les désordres qui commençaient déjà à épouvanter Rome, engagèrent le sacré collège à presser l'élection.
Après quelques contradictions , seize cardinaux se rendirent subitement à la chapelle et entourèrent le cardinal Montalto , en criant : Pape Montalto.
Les autres cardinaux eurent peur de r^ter compromis, et ils crièrent comme les premiers.
Les chanteurs du chapitre parurent à l'instant; ils entonnèrent le chant Ecce sacerdos magnus, voUà ie prêtre suprême. C'est ainsi'que Montalto fut élu le 24 avril 1585. Il déclara qu'il prenait le nom de Sixte-Quint. Sa famille , qui s'appelait Peretti , forcée de quitter la Dalmalie , où elle tenait un rang distingué, et de fuir la race des Turcs commandés par Amurath second, était venue s'établir dans le bourff de Montalto, dépendant de la marcne d'Ancône. Né en 1521 , et entré de bonne heure dans l'ordre des cordeliers, le jeune Peretti y était connu sous le nom de fîrère Félix. Il enseigna la philosophie à Florence vers 1555 (voyez page 101, note).
Pie V, son ancien ami , le nomma cardinal. A peine élu pape , Sixte donna audience aux ambassaaeurs , aux prinœs, aux particuliers, et même aux mendiants qui se préientèrent. Quiconque demandait a voir le pape était
admis: On le bénissait de toutes ,
Mais le matin du dimanche 38 avnToa trouva pendues sur une grande pface de Rome, quatre personnes tfoDe honnête condition , sur qui aTaient été saisies des arquebuses courtes , âmes prohibées depuis long-temps par toutes les lois , et la veille encore , par une loi plus sévère, publiée dans toute la ville : l'autorité prouva seulement aux ooopables qu'ils avaient oonnaissanœ de ta dernière loi. Néanmoins les audîea* ces ne furent pas suspendues. Cens
aui osaient encore se présenter, aboraient le pape avec un mélange de terreur et d'attoodrissement. En peu de temps, la licence fut r^rimée; les assassins disparurent ; le libertinage fut banni de Rome, l'adulttre proscrit; on put marcher dans la ville, eu toute sécurité. Les sciences et les belleslettres furent en même temps protégées par ce pontife; il consacra do sommes considérables à encourager les arts ; ce fut par son ordre que L'oii érigea à Rome quatre obélisques , ua sur la place Saint-Pierre , un sur la place Saint-Jean, un à la porte du Peuple , et le quatrième à Saintê-Biarie-Majeure.
Nous rapporterons quelques détails relatifs à l'érection de l'obélisque qu'oo voit aujourd'hui sur la place Saint- Pierre. Il avait été consacré, disaiton suivant une tradition assez dou-> teuse, au fils de Sésostris, et transporté à Rome sousCaligula. Néron l'avait placé au milieu de soto cirque. Cet obélisque , monolithe de granit rbuffe, tiré des montagnes voisines de Thebes, en Egypte, présente en Ion* gueur , si on y comprend le pyrami^ diotty cent onze palmes et demi (*) sur douze de largeur à sa base , et huit au sommet. Plus d'un pape avant
(*) Le palme romain (des architectci) donne un ôeu plur de S pouces 3 ligim ou de M 3 millimctret, fzactenient o.«i3468. Le iMilme dea architecici est dinereat da pîea romain, qui est de un peu plus de wam pouces de France , ou de un palme un tiera. iMpyrcmidion est la portion taillée en faram de pyramide qui sunnonle le fâtd'um ' "~ qttt. Voy.p^ 49i calui dont il s'^
Sate-Quint avait eu l'intention de le 6ire élever sur b place Saint-Pierre; mais ce projet n*avait pu recevoir con exécution , parce qu^on avait été ei&ayé des difficultés du transport.
l/obélisque , à moitié enfoui sous des décombres du ciroue de Néron, était presque debout, dixte Y résolut de surmonter tous les obstacles, et donna sa confiance à Tarcbilecte Dominique Fontana. Le pane se fit remettre par cet artiste un mémoire , où il avait dû détailler les moyens qu'il emploierait à Tc^et d'abattre , d'abord à la place où il se trouvait, et d'élever ensuite devant Saint-Pierre, sans aucun accident pour les ouvriers et pour l'obélisque , une masse aussi considérable.
Fontana avait montré le plan de ses inacliines. Des cordes habilement distribuées, après que l'obélisque aurait été coucbé, devaient insensiblement rébranler, le soulever, et le diriger Ters le point qu'il était destiné à occuper. Le jour de l'érection , l'architecte demandait un grand silence, afin que l'on pût entendre ses ordres.
Sixte-Quint fait répandre une proclaclamation, par laquelle il annonce que le premier spectateur, de quelqi^e rang , ae quelque condition qull soit, qui proférera tm cri, ou troublera 1 opération, sera sur-le-champ puiU fie mort Le 10 septembre 1586 était marqué pour le jour de la cérémonie.
Personne ne ftit admis sur la place, sans connaître la rigueur de l'ordonnance. Il était bien convenu, avec tous les assistants, qu'on n'entendrait que le son de la trompette pour régler les mou- Tements , et le son des cymbales pour marquer les repos, ainsi qu'il était arrêté pour les ouvriers, et ceux qui dirigeaient les chevaux attelés à une panie des cordes. La voix seule du directeur des travaux pouvait peutêtre interrompre le profond silence.
Une telle contrainte ne coûtait pas d'efforts à ce peuple aussi enthousiasmé des arts , et qui , en beaucoup de circonstances , sait avoir quelque chose de la grandeur et de la dignité de l'ancien peuple romain. Chacun s'apprêtait à jouer sonr^e dans cette inauguration
devenue h juste titre un jour de fête pour la ville étemelle. On avait élevé une tribune d'honneur pour le duc de Piney Luxembourg , ambassadeur de Henri III, et arrivé depuis peu de temps. Sixte-Quint s'avança oientôt lui-même suivi de sa cour, et s'assit sur une estrade. Les cordes mises en mouvement soulèvent l'obéliâque, qui avait été trainé h une petite distance du socle préparé, et portent cette masse comme ^ar enchantement près de la place disposée pour la recevoir. Le pa[)e encourageait les ouvriers par des signes de tête et par des regards étincelants de joie. On allait atteindre le but. Fontana parlait seul. II commandait une dernière manœuvre. Tout à coup un homme s'écrie , du milieurde la foule, et d'une voix retentissante , acqum tUle corde ^ de Veau aux cordes ; et aussitôt il va se livrer aux
gardes qui entouraient l'instrument u supplice dressé à un angle de la t^lace. Fontana regarde avec attention es cordes. Il voit qu'effectivement elles sont tellement tendues, qu'elles vont se rompre , et laisser tomber l'obélisque. Il ordonne qu'on les mouille rapidement , elles se resserrent toutà-coup, et l'opération s'achève au bruit des applaudissements universels.
Le pape tend les bras à Fontana ; celuici court à l'homme oui avait crié actjua aile corde, l'embrasse, le conduit au pape, à qui il demande sa frace. « Il ne s'agit pas de grâce , dit ixte-Quint, il s'agit de récompense. »
Le conseiller courageux obtint une pension considérable , et le lendemain le saint-j)ère lui conféra le privilège dont jouit encore sa famille, de fournir et de vendre les palmes qu'on distribue dans les éslises de Rome le jour des Rameaux. Une fresque des chambres de la bibliothèque du Vatican représente cette scène extraordinaire. Tous méritent ici la vénération de
Quiconque aime les arts, ce peuple claire et obéissant , cet interrupteur sagace et courageux , cet artiste d'un cénie sublime, ce souverain digne o'admiration.
Les circonstances où s'étaittrouvée la
aoHicMant de boos pour ce cardinal, la iéntion d'Aviron. Admettons qu'il ait agi , qu'il ait parlé contre le roi , ne devait pas moins s'abstenir du et du parricide. 11 savait, le que nous agissions séoérement e les hommes méchantsetcrimi' Il devait nous le laisser à punir. »
Ici le jpape ressentit une telle émo- >n, qu'il s'arrêta. Il continua ainsi : « Mais Dieu qui nous assiste dès notre enfonce , nous assistera et nous donnera conseil. Hier l'ambassadeur du roi nous est vmu trouva, et il n'a pas parlé de la douleur du roi.
Ta confession de la bouche est une partie nécessaire du repentir. Henri II fut infamé pour avoir fait mourir Thomas, l'aroievéque de Cantorbér^.
Il reconnut sa faute. Thomas n'était pas cardinal : il n'était qu'arcbevé* que. »
« Tbéodose se vit repoussé du seuil de l'église de Milan, par saint Ambroise (voy. pag. 5 ) , et il obéit humblement. Ce notait pas un homme vil que ce Théodose. Il était grand , Distingué , un empereur très-noble. Il avait remporté sur la tyrannie de hautes victoires par l'assistance de la divinité. Le poète Claudien, quoi<|ue païen, a dit de lui : « O trop aimé de Dieu, l'air combat en ta faveur , et les vents combinés aident tes flottes (*). » Tbéodose était empereur de tout l'univers, et non pas d*un rovaume ou d'un autre, comme le roi de France. li marchait à la tête de l'empire romain. Il gouvernait les Gaules ( au* jourd'hui Ta France) , l'Espagne , la Germanie, la Pannonie,la Dalmatie, la Grèce, l'Asie, la Syrie, l'Egypte et TAfrique. Ce monaroue non pas d'un pays , mais de tant de royaumes, cet empereur, néanmoins, -avoua sa £iute et reçut son pardon d'Ambroise qui n'était pas pape, mais archevêque. Enfin Théocose obéit, s'humilia et donna l'exemple aux autres rois. »
« U y a eu des cardinaux qui en
(*) O immum Miecte Deo,
Tièi miRtat mther!
Eté. CLkxanàM, Tort GoUk Panêgpii.
notre présence ont osé excuser c»
crime. Pious , nous sommes grondement étonné qu'ils aient ainsi oublié leur dignité. Alors nous ne voulons plus créer de cardinaux, puisqu'ils peuvent être privés de leurs prérogatives. Nous en nommerions donc pour les laisser exposés au mépris , à l'insulte, à l'avilissement, a la spoliation, à la mort! Si nous paraissions .
ne pas voir, ne pas counat^e ce massacre d'un cardinal , il en pourrait arriver autant à tous les cardinaux. »
« Pious, nous faisons justice parce que cela est açréable à Dieu elque cela est juste. Si l'on dit qu'il en résultera des maux, nous, nous disons qu'il n'y a rien à craindre , quand on fait justice et gue l'on prononce un jugement Dieu est juste, il chérit la lustice , il ne faut redouter rien que le péché. »
Il s'arrêta quelque temps, parut respirer avec peine , reprit un peu de calme et acheva son discours.
« La suffocation causée par cetteamertume, nous empêchera de rien dire de plus, quand il y aurait encore tant a dire ; mais nous instituons une députation de cardinaux avec lesquels nous traiterons cette affaire.
Prions Dieu qu'il daigne pourvoir aux besoins de son église , et prévenir ses. douleurs! »
Toute la physionomie du siècle se révèle dans ces paroles de Sixte- Quint. Des cardinaux attachés à des cours, tels que des cardinaux toscans et vénitiens, oui favorisaient ave4iglément les intérêts du roi de France, croyaient qu'on pouvait impunément tuer un cardinal sans jugement, ou, pour mieux dire, croyaient qu'on pouvait fermer les yeux sur ce crime.
D'un autre côte, la majorité du sacré collège revendiquait le droit de juger un de ses membres. Ce sentiment ne doit pas étonner à cette épo- Que, puisque, de nos iours, le même oroit a été réclamé lorsque le roi.
Louis -XVI fit arrêter le cardinal de Rohan.
Le caractère particulier du pape se manifeste aussi, nous le répétons »
ITÀLtE. '•
^ «Xapa|)e(GléiiiiBiVIII)«Tépondu «n latin qu'il reœvoit volontiers le cwM «ATOfé par le mi des Espagne, k CBmse du royaume de Naplesj qu'il smihaitott au roi et à la reine sa Kmine tOQle proêpéritéj et qu'il leur aeeo»doit sa bénédiction. •
Cette cérémonie ayait lieu au milieu 4le la grande nef de Saint-Pierre, le ^Êpé étant plaoé dans sa sedia gestaiaria, et environné de tout le saeté €oilé^ et des ambassadeun étran-
Cependant Naples devait être me»
naoéejpendant queloue temps : le comte M Lemos venait d'y arriver en qua* lité de vice^roi. Il croyait le royaume tranquille; mais les impôts exorbitants fraiifiés par son prédécesseur avaient causé des mécontentements isexnrimables.Un religieux de Tordre <les dominicains, Thomas Gampanella, crut le moment fieivorable pour fon^ àtir sur les ruines d'une partie de ]'aittorité espagnole, une sorte de république. D^ibord il se contentait de fa Caiabr« dont la capitale devait être Stilo, lieu de naissance du conspira* teur ; il désirait continuer le réie de Sa(vonarola , et se disait appelé à don-> ner la liberté à tous les peuples. Mais les novateurs qui ont voulu paraître satisfiiits d'un succès dans leur patrie, ne tardent pas à chercher les moyens d'étendre leur révolte , parce que ce «l'est que dans un incendre général qv'on ne reconnaît plus le premier qui a jeté la torche sur les propriétés publiques et privées. Le P. Thomas «'adjoignit le P. Denis Ponzio de Nicastro. Celui-ci répandit que Thomas était un envoyé de Dieu, que personne ne l'égalait en science, en éloquence, en connaissance de l'état du ciel et des étoiles; qu'il avait deviné que le seizième siècle devait finir par clés révolutions qui porteraient partout la liberté • en écrasant la tyrannie. Camnanella était le brtis €fe Dieup et prédestiné surtout pour abattre le despotisme des Castillans. Il mélaK à ces déclamations, des vériték faites pour exciter l'attention des |)eupies. Les rois d'Espagne avaient
18* Livraison. (Italie.)
usurpé un ptffs ^ ûppmimaH4l^
d^ùuires c les âmes et lei' Mens ûeê maMiem«ux Napolftatn» ne suffisaieift pas pomr assouvir la copidlté des hom-» mes de Madrid. Ils vendaient à. vîl^ prix le sang humain. Ces étin/ngH^ n'avaient aucun intérêt à désirer qve les avantages des indigèrtiea fbMeitt' plus assura. Tïaples recevait potr SMi or de pesantes chaînes de fer«
Des religieux augusfina, frandfl-* cains et dominicains, conttibuâieift k répandre ces bruits. Aucun auteur* nfâ vU les Guises dans ce pfojet de iév6lotion ; mais ce pays qut appartemUi à d'autres semble une mventionqui caractérise les vues et les regms ée cette famille. Peut-être étaienMIs les soutiens cachés de ces machinations?
Les évêques de Nicastro, de Oerace, de Mélito,d'Oppido, acceptèrent' ces doctrines ; des barons napolftaims les protégèrent ensuite. La première armée de la révolte fut composée de dix-huit cents bandits. Les ehel^, parce qu'ils savent que le sang abrutit lés masses et les associe aux causes les plus odieuses, ordonnaient detner, de tuer sans miséricorde les ministres du roi. Une idée nouvelle apparut au P. Thomas. Il commanda de brâler les livres , assurant que les anciens étaient mauvais, et qu'il fellait en faire de nouveaux ; mais il renonça à cette idée , parce gue les Espagnols de ce temps-là, OUI, sous Charles -Quint, avaient sollicité à Rome l'établissement de la congrégation de Mndeity ne faisaient pas de CTands mouvements pour sauver les bibliothèques de l'État napolitain , et croyaient qu'une telle persécution contre les livres servait les intérêts de l'inquisition.
Les révoltés cherchaient à gagner les Turcs et à obtenir d'eux des secours en vaisseaux. Une flotte otto« mane devait paraître en septembre, lorsque deux conjurés, Fabiodi Lauro^ et Jean-Baptiste Biblia de Catanzaro', dénoncèrent ces projets à don Loui»
Xaravd , fiscal de la Oïlabre ultérieure, miî en instruisit le vice-rof.
Il feisnit de n'avoir rien appris, mais il envoya sous main des agents
puisait de noateUes informations poinr ses Jnnales ecclésiastiques, fiaronius s*était rendu peu agréable aux Espagnols, en publiant un ouvrage qui attaquait leurs droits sur la Sicile.
Liéon XI ne vécut que peu de temps; le cardinal Borghèse fut élu pour lui succéder, et prit le nom de Paul V.
Scipion Saraceno de Vicence, chanoine, mais non prêtre, avait insulté une dame noble. La république de Venise le fit arrêter et traduire devant le conseil des Dix. Paul V voulait que le coupable fdt consigné entre les mains de Tévéque de Vicence, qui aurait instruit le procès et prononcé la sentence; Venise s*y opposa. Paul venait d*obtenir ouelques avantages sur les Lucquois et les Génois, dans des discussions d*autorité ecclésiastique :
il se crut assez puissant pour menacer Venise d^une excommunication. L'interdit fut lancé : les jésuites, les carucins et les tliéatins se retirèrent de eCat vénitien.
L*ambassadeur d^Espagne , à Venise, parlait de concorde; Fambassadeur d* Espagne, à Rome , avait contribué à irriter le Saint- Père; le grand Henri se porta pour médiateur, sans arriere-fiensée. il fut convenu que le pape retirerait son excommunication, ci <fne Venise, en rétractant sa protestation, livrerait au roi de France Saraceno et un autre ecclésiastique, arrêté dans le même temps. Ces affaires furent arrangées avec les convenances féciproques, par les soins du cardinal de Joyeuse, ministre quç Henri avait envoyé successivement à Venise et à Rome.
Le 7 février 1609, Ferdinand I*', grand-duc de Toscane, vint à mourir; ses peuples le pleurèrent. On Tavait estime comme souverain, de même qu^autrefols il s'était fait honorer ooainie cardinal. Un jour, Sixte V
•ûvanlCiL Lt lettre E représente un fiuittnin ■rmé d*inie hnce ; la leUre F une femme qui tient à b nain une grande plume de paon : celle fienow va jurer, sur le noble oiieau, de fwder im von rdigieus, o« même un wii
avait vouki le faire arrêter. Ferdinand, appelé à Taudienoe du pontife , y parut avec une cuirasse sous sa robe rouge, et, en s'agenouillant, il fit en sorte que sa cuirasse fût vue par Sixte.
« Qu*est-€e que cet habit? avait dit le pape. — Saint-Père, c'est nn habit de cardinal : et ceci , avait-il .ajouté , en battant sur sa cuirasse , c'est l'habit de prince italien.-— Cardmal. cardinal, avait repris SLxte, je vous ferai tomber de la tête le chapeau rouge. — Sî V. S., avait répondu Ferdinand, m'ôte de la tête un chapeau de feutre . j'en
8 rendrai un de fer. » Ferdinand njt un igné rejeton des Médicis. Son règne ne fiit pas moins brillant que celui de Cosme r' son père (voy. pi. 62 ) (*),
(*) Le premier portrait aur la planche 6% est oelui Je Coune I''; il porte la dccoralion de Tordre de SL-Etienne, dont il est fondateur. Voyez ce qui est dit de Cosme I*', pages aS5. aS;, a63, 364.
Le second portrait, qui est dans la mémo planche, représente Alexandre Faméae, troisième duc de Parme, né en f 539, petitfils de Pierre-Louis, et fils atni6 d*Octave Far* ncse et de Marguerite d'Autriche, fille de Charles-Quint, veu?e d*Alezandre de Médicis, duc de Toscane (voyez page »S4).
Alexandre Famcse accompagna sa mère cti Flandre, lonqu'elle fut nommée gouvernante des Pays-Bas. tl êpoum Marie, nieœ du roi de Portugal. Noiu avons dit qu'il se distingua à la hataille de Lèpante, en iS;! , sous le titre d'amiral de Savoie (vo>ez page a6o). Dès lors, il se consacra exdusixement à l'étude de la guerre; et comme il joignait un courage brillani et beaucoup de pièwnre d'esprit à la vigueur, à l'adresse, et à toutes les qualités qui peuvent plaire ans soldais , tt ne tarda pas à se laire un nom parmi les milices espagnoles : elles le demandèrent pour généralissime , après la mort dÊ don Jua» d'Auincbe. En Flandre, il obtint beaucoup d'avaniagct sur les Fkvnçais. Un jour, an m»> lieu de ses suecès, il apprit la moH d*Octave, son père, survenue i Parme, le iS leptegw» bre i586. Il demanda un congé au roi Philippe U, (^ui ne voulut pas le lui accorder; aussi ce nnnco ne revit jaoMÎs le pa}s dont il était devenu souverain. Faraesc entra en France en I S90, pour forocr Henri rv i lever le siège de i^îris, et il atteignit son but, tonl en refusant dt livrer batailU au ooaragaua
n wt répandit on avait échappé à une oonspiration. La ▼lUe était oans rindignation et dans la tenear. Le oomeu , impénétralile «t BUMi, sûr de aa force, ne daignait ma donner nne aeule emlicnion.
Od bissait rimagination des vénitiens cngérer le nombre des supplices, et CD cÉieRiier les oauses.
n T a lien de remarquer queramhmrtaîfn'* de France* m. Léon Bros* lart, avait été fiure un voyage dedé- ▼otion à Loretta , et ne se trouvait jpas à Venise iors de ces exécotioDS. Son frère, AL Brusiart de Brouasin, qui le sqppléait, rendit compte au mi- Bistre en France, M. de PuysienU, le 32 mai, et, après avoir rapporté lea fiits notoires et les bruits piiblics, il ajoutait : « Plusieurs estiment ceste smfaire une chose de néant. » Le 6 juin, rarobassadeur titulaire, de retour à Venise, écrivait lui-même :
« Depm'scequivousenbaestéescrîpt, ils ont folt jetter en mer, le capitame Jacques Pierre et un autre, nommé Langlade, qui servoient en Tarmée, et qui, toots deujc, s'estoient ensemble retires du service du ducd'Ossone pour se vennr desdicr à celui de ceste république. Les Vénitiens, pour couvrir cette noort baihsuTsque, ont publiéquetouts ces gents-là avoient une entreprise contre ceste ville; qu'ils vouloient brusler raroenal , s emparer de Saint- Usure et de leur thrésor, mettre le £eu en plusieurs endroicts de la ville, et, avec une mine, foire sauter toute la seigneurie, pendant la tenue du grand conseil; que plus de sept cents nommes s'estoient évadez incontinent apièa la priaon de ces misérables; que rambassadeur d'Espagne avoit touché qua^re^vingt mille cscuz depuis six nM>is , lesquels il avoit employez à tramer cedesseîng; que deux E^açaols avoient été pris à Cbiozza, avee vingtcinq mine pistoles qu'ils nortoieat en leurs vabses. Sur quoi le peuple Burmuroit en telle sorte contre les Eapagnola, que la maison dudict ambassadeur, sa personne et tous les siens estaient en péril très-évident* Or je vous puis mieuLL assurer que
perMoneau monde, de la fiusselé de tous ces bruids. »
Le 19, dans une dépêche en cbiffires, et où, par conaéqncMt, fl devat expliquer plus ouverlenBeot aa pensée, l'ambassadeur parlait ainsi : « Qnd- 91e chose qu'itt disent, H ne se voit aucun signe d'apparence, dehors ni dedans cette ville , qoeceste entreprise eust encore aucun landament. » Et le 3 iuillet, encore dans une lettre chifirée : « Plus nous oulvfons les yeulx du corps et de l'esprit, moins nous vmrons de jour et de lumièio dans ceste grande coi^uration; mais, an contraire, nous en trouvons plus daire et annrente la vanité, etaultro personne de jugement n'en ha, des le
dumondct» Le rate de la correspondance de cet ambassadeur atteste son incrédulité.
On remarquera à présent que lea principaux conjurés, ou ceux que Ton désignaitcomme tels, étaient dâ Français. Jacques Pierre, ancien corsaire, avait dévoilé à Venise ce qu'il appelait un projet du duc d'Ossone; àèfiùs û avait tout découvert au gouvernement vénitien. On comptait encore parmi lea conturéslesFranraisJaffier, Langlade, Baltbazar Juven, Moncassm, Regnault, Brainville, Bérard, Oripe, médecin, Laoombe , Desbouleaux. A ce sujet, M. Léon Brusiart écrit à M. de Puy-* sieulx :
« Le prince (le do^) nous fit son premier festin k 16 juin. Il prit occasion de me parier de ces malheureux qui ont été pendus, et m'a dict qu'ils n'estoient plus François, puisqu'ils avoient de si long-temps abandonné leur patrie , et estoient des vagabonds. Je le lui advouay. *
Le 19 juillet, M. Léon Brosfaort écrit à M. de Puysieubc :
« Quant à ceste répuUlcque , elle est, comme vous dictes trè»aagement, sans amityé et sans reqwct; et quand die en auroit davantage , elle est plus Inutile amye, et plus faible ennemye que Ton ne se peut imamner. Elleot montée à un tel de^ dinsdence , en quarante ana de pau et de prospérité»
^'Taat qoe ttoire nation est ^ pat une prudence mi^itère, ou par 4ine raison d'état eiquise ( soprq/ma\ est qu'en agissant autrement, nous joanquerions à nous-mêmes, et à la ffr> dlite que Dieu nous a accordée pour étendre et agrandir notre monardbie.
JL'habileté que nous mettons à causer' ver ce que nous avons acquis, ha»
bileté qui n'est ni réprébensible , ni lilâînabie , n'est pas à l'abri des attaques de leurs morsures. »
li finit par révéler que les Dix ayant fait arrêter un de ses domestiques , il écrivit à Naples et à Milan qu'il fanait arrêter un serviteur des résidents vénitiens : le serviteur de la Cueva fut sur-le-champ mis en liberté.
Bedmar déclare que s'u était entré dans une conspiration, il aurait déshonoré sa nation et son roi. « Seulement , dit-il, f ai veillé à ce que le sénat ne foulât pas aux pieds la maison d'Autriche ma reine {mia regina). »
La république de son oôté a publié plusieurs pièces, une entre autres où elle dît que Bedmar, admis à l'audience du conseil, parla avec émotion, se recooMnandant pour ne pas perdre la vie, et paraissant vouloir s'attacher aux mancnes des robes des sénateurs, en disant: « iVon est addenda affliciio ^MieUê. il ne faut pas ajouter à l'afinction des a£Qigés. » Il est certain qu'il a dit ces paroles, et qu'il a dit de plus : « Le pénl pour moi est trop voisin; Je ne oartirai pas d'ici ( du conseil ), ni de cfessous les ailes de vos seigneuries, si Je ne veoois cette satisfaction ( celle d*être protégé contre le peuple )• » Le conseil déclara que Jac- ^es Pierre, à ses yeux l'un des conjurés, avait mené Moncassin , autre conjuré, au haut du campanile de Saint-Marc ( voy. p/. 21, à droite ), et que de là il' lui avait montré les passes , et expliqué, en homme expélîroenté, comment il fallait s'y diri- ~:er. Il avait de plus indiqué du doigt hôtel des monnaies en «'écriant :
N'est-ce pas dommage que tout cela n'appartienne pas à un roi I les gens de guerre en seraient bien autrement vécDo^pensési •
: Il est possible qae'Jaoqôes ¥ikm ait dit ces mots a Moiioassin, mats le conseil des Dix avait appris ce fait au mois de juillet 1617, et depais long -temps, Jacques Pierre entre** tenait les Dix des projets du duc «tOssone. Quant à ces projets, on a {)en8é qu'ils ne devaient servir qu'à couvrir une conspiration positive dO \U»^ roi contre la cour de Madrid, c'està-dire le dessein de se faire couronner roi de Piaples. Mais il ne fout pas cesser ici d'examiner ce qui conperne particulièrement la conjuration de Venise. Les premières paroles d'attamies et de menaces, bonnes à être exécutées , s'il y avait lieu , mais ne devant servir qiiede feintes, si l'exécution n'était pas- praticable, ers premières paroles ont été assurément prononcées par le vice-roi. L'ambassadeur la Cueva les a entendues de la bouche de Jacques Pierre, ne les a pas repoussées, mais aussi ^i n'y a donné aucune suite. Voyons d'aille'urs d'autres faits importants qui n'ont pas été allégués par M. Daru. Jean-Baptiste Bembo était doge, le 16 mars 161S, comme il conste des pièces originales signées de sa main. Son successeur, Nicolas Donato, ne réj^a que quelques jours, et le 14 mai , il n'y avait plus de doi^e. Ce jour-là même, iea trois inquisiteurs, sans consulter les Dix, firent faire, dans une nuit, les arrestations et les premières exécutions. On se rappelle que l'ambassadeur de France eûit absent. Les TYoiê qui agissaient ainsi, de leur propre ati* torité, étaient Vincent Dandolo, Benetto di Malipier, et François Correr.
Le 6 juin, Antoine Priuli, nommé nouvellement doge par les quarante» un électeurs définitifs, arriva, de la terre* ferme, à Venise. Il fallait accepter la eonjuration, ou pendre les Trois. Priuli continua les mesures déjà commencées.
Bedmar, à propos de son audience du 35 mai, dit positivement qu'il n'y avait qu'un vicendoge pour le recevoir, et quand il partit le 13 juin, de sa propre volonté, Priuli venait d'entrer en exer» cice. C'est donc dans un interrègne que toutesces violences ont été oommises^
IIALII.
. M wléiitf cit IMlte dMM FJMMMe nr œt éféoanmL »
GalluzEi écrivait avec la permission éà ^wd-ëue éà Toscane^ alocs en paiiaveo Venise» et il ne voulut pas, #t il n'osa pos eo din davantage.
Mont avons mie le lecteur à même 4m m fetmtr ooe idée de la valeur de ootto aeoosation contre les Espagnols .
et dm raisons apportées par le cabinet ée HadrM, poar le défendre de pareilles jneofpations. Nous verrons bientôt les Véoineos eux-mêmes soulever ouelqae peu le voile qui cachait la venté.
Ce n*eit pas toujours en cherdiant dans Im drcoostances immédiates au!
Cttrit aocomnafflé un événement » les luoiières iniks pour le bien saisir, fue Ton rencontre le juste point de -vue sous lequel il faut le considérer. l.*aocusé se défend avec vivacité et le ton de k réerimination; Taûeusateur est hors de lui : il s*adresse ni peu* nie qui croit tout, aux bommm in* téwoiét à ne pas contredire; maie souvent , aprte la première chaleur des débats , une drconstance fortuite ap* porte le flambeau qui dissipe les ténèbres.
VIS» ZSB» krWO M MAUTAO M OAMSftA BO »AM
OaivotaaXV.
En 1623, lel6mars« sous Grégoire XV, SBCCtsseur de Paul V, il y eut, à Rome, une grande et mémorable quenelle entre Renier Zen « chevalier , ambassadeur de la république de Ve* nîse, cl le moeiiro m oemera (pre> mier gentilhomme de la chambre) de M sainlelé.
On célébrait une canonisation; r ambassadeur Zen, chargé de tenir une torche près du saint-père, voulut, sous un préiexte, s'approcher tr^-piès de m personne, et voyant que le tnae»' tro <U caméra était encore plus voisin de S. S. , il se formalisa de cette pré» Ination. Celuî-d répondit très-bas:
« Je suis ici non par précédence^
• mais par aalstance; du reste, je
• vais un penm'élolgper. • Zen, d'un caractère brusque et altier, répliqua :
• Vous avei biem â&tde vons fdiNr M devant un bomeoe denotre aorte. «»
« Modér»-vous, «vait dit 4e meusslne di emmfrOf vous êtes un emmdéiabre, »
Alors Zen s'était courroucé, et il aval| appelé le moêitro dicmmers de ranjure qui se présentait ia prenûère à nn Vénitien : «Vous êtes un Espagmol, « un ennemi de la y^épnblîque. »
Les prières achevées. Zen avait demandé une satisfaction édatante, et menacé le saint^égc de Tininiitié dé Saint-Marc. Un maître des cérémonîei entreprit d'apaiser Zen : il alla le trouver; il lui expliqua que c'était l'u* sajje, au milieu delà quantité de In* mieres qui brillaient dans TégUse^ d'allumer encore trois torches autour du pontife, qui allait prononcer In oroncfe sentence , etproclamer la haute déclaration de la sainteté dmserviteur» de Dieu; que cm trois torches devaient être tenues par les personnes les pk»
distinguées que le pope voyait autour de lui; que lesambassadeursd' Autriche, d'Espagne et de France sollicitaient cet honneur; que, quand il était accordé, on les désignait, en termm do cérémiNiial, sous le nom de.^nrei can^ delabri; qu'en l'absence des ambassadeurs , sa seigneurie avait étédésignée , les ambassadeurs de Venise tenant surtout à être assimilés aux ambassa* deurs des rois. Zen se contenta de oette explication ; cependant il inquiéta tou|ours la cour de Rome parnnorgued souvent déraisonnable.
Le ducd*Ossone avait i|uitté Naples, car, s'il n'avait pas machiué nne conju* ration contre Venise , il avait au moins irrité son propre souverain. En elfet^ à l'occasion des noces de don Juan, soq ils, qui épousait la fille duducd'Uzéda,
Eremier ministre et fevori de Phi* ppe , le vice-roi avait donné à Nante des fétm magnifiques, et distnotté au peuple du vin, du pain et de Tar»
gent II pensa aumi à recevoir dans un banquet les personnages les plus considérablm de la ville. Ils étaient rassemblés dans le palais royal qui
^ il manifesta Te désir de Toir le P. Paul Sarpi. Mais le religieux, prudent,
' De retour & Florence, il fit le célèbre portreit de M. Ltsa Gioconda, que François F' pep quatre mille éciu; le corton d^ne bataille de Nicolas Piocinino, le carton de sainte Anne; une sainte famille où Ton voit le chiffre de Léonard , un D entrelacé avec un £ et un V; nne Madone pour les Gonzagoes. Elle fui cachée avant le sac de Mantoue; on Ta retrooTée, et elle sppartient maintenant à la cour de Russie. Ou attribue à la même époque (la troisième) le portrait de la reine Jeanne , la Vanité et la Modtstit du palais Barberini, et le tableau desAlbani, renrcsentant une femme, belle, grande , attristée, qui demande au petit Jésus un lis qo*il tient à la main. LVutaot parait ^vouloir le refuser , mais on voit que la mère ^a faire signe â son fils de le donner. Mengs ne parle de ce tableau qu*avec le plus vif enthousiasme.
Léonard avait 63 ans. On croit qu'il allait abandonner Tart ;mais François I'' qui avait vu la Cent & Milan, et avait essayé de la faire scier, pow la transporter en France, n'ayant pas réussi, voulut posséder Pesprit et la main qui avaient conçu et exécuté ce sublime ouvrage; Léonard accepta les propositions du roi , et vint à Paris. A cette époque, qui est la quatrième, appartient le portrait de la belle Fëronière. Il allait s'occuper du plan d'un canal qui devait passer à Romoranlin, lorsqu'il mourut en x5ig.
La circonstance de la présence de François 1", au moment de la mort de Vinci, n'est plus rrgardée comme vcriuble. Un noéte a dit ^^at le grand homme avait expiré dans le sein du roi. De cette image on a fabriqué un fait. I^ vérité est que Léonard est mort à Fontainebleau , comblé des bienfaits du prince , dans un des plus beaux appartements du château; mais le roi était alors à Saint- Germain, où la reine venait d'accoucher.
Tout le monde connaît hi composition de la Cène de Léonard. Tout le monde recherche la magnifique gravure de Morghen. Je joindrai ici nue note des particularités que l'on lemarque sur les différentes épreuves de celle eslampe qui devient tous les jours plus
Les premièrei épreuves viennent imméfiatement après Peau-forte; la tète de saint André ( la première à côté du Christ à droite) est déjà terminée. Dans les seoowks» les su figures du côté de saint
droonspect, et craignant les questions indiscrètes , s'enfermait dans sa cellule et se dérobait toujours aux regards du prince; enfin celui-ci , dans son dépit, 8*écria : « Il est donc plus difficile de Yoir le P. Sarpi que le pape lui-même !» — « Non , répondit un Vé> iiitien chargé d*accoropaener S. A., mais le Père, comme consulteur d*état, ne peut pas recevoir im prince étran-
Jean sont finies, avec un peu de fond audessus des tètes. Dans les troisièmes , tout le reste des figures est achevé, avec partie du fond autour des tètes. Dans les quatrièmes, toute la table est terminée , un seul plat excepté ; le dessous de la table et le pavé sont également finis. Dans ces quatre difTérentes épreuves on lit : Maphaei Mot" giien scidpsii aijua forti.
Dans les cinquièmes , tout le fond est achevé au-dessus des tètes , ainsi que la to* talité de Testampe, y compris les armes de Toscane. Le Raplutel Morghen sculpsit aqua forti est effacé, et, dans le plat non terminé, on Ut R. M.
Dans les sixièmes , les deux lettres R. M. sont effacées , et le plat est fini. Les lettres de la dédicace sont tracées, ainsi que les noms du peintre , du dessinateur et du graveur. Toutes les épreuves décrites jusqu'ici sont excessivement rares, et coûtent des sommes même considérables. Dans les septièmes , toutes les lettres, y compris \Amen, dieo voies, etc., sont légèrement tracées; ce sont ces épreuves-U qu'on appelle avant la lettre. Dans les huitièmes, appelées awc la lettre, toute l'inscription est terminée. Il en existe plusieurs qui ont une virgule après le mot vohit; on en avait déjà lire quelques centaines avant cette virgule, quand on crut devoir l'y ajouter. La virgule fui ôlée après cent épreuves précisément ; ainsi les estampes qui se trouvent sans cette virgule n'out rien qui puisse caractériser si elles sont avant ou après la virgule. Dans les dernières épreuves on a découvert un petit point qui s'est formé au-dessous du nom de Morghen (celui qui est le plus près de la marge de la gravure) ; ce petit point peut indiquer les épreuves les plus récentes , et par conséquent les plus medioeres. Je tiens ces curieuses informations de M. Fabre de Montpellier , aussi distingué par ses talents et ses cpnnaisianoes dans les arts , que par son honorable caractère»
te Èàtt fféenter <n Tranee. Mais on ne 0*en eiljanitisflenî; 0n Im a vm loiig*teiiiM #nis la bibKèlliècfue ëes firincw «fe Coudé.
'Isr4«««. — fMi9éMà:nn ma cASsraAb »■
Cmmè H était nert le 79 fénwt 1671 , Jaissant 969 état9 à son fib aîné, FenfioaDd, âeé de dix ans; par son testament, il nemmait riantes la mnde-dodMsse Christine, veuve de Ferdinand I", et Marie-Madeleine, avdiidnehesae «f Anti^elie, sœar de la reine d'Esjpagne et de la duches9e de Savoie, et mère da nouveau grand* due. Les deux princesses avaient ir firin exerdee de Paulorité soirvera»- ■e. Qooii|oe tes régentes, assez d*ae* covd entre files , n'omîksent aueun des noins nécessaires pour la satisfection des eoursde FEarope et de r Italie, pour celle de leurs sujets, et le maintien de la trammillrié publique, leearactère de faiblesse et de pusillam* mité répandu sur leurs aetes rendait cette autorité moReet indécise. On attendait le moment où le duc prendrait les rênes du gouvernement. La eour 4e Toscane était remplie d^hommes influents et distingués. Galilée brillait à cette eour comme une vive lumière; ci tandis que Fcnvie lui préparait tant de penéeutions, le jeune Ferdinand se plaisait à recevoir les instructions du ^nd bomme. Les études du prince avaient élevé le génie remarquable ^'il avait reçu de la nature, et le préparaient à un juste dfiscemement de ses propres istérits et de ecux des souverains ses contemporains. Il avait sous les yeux trois des principales puissances gou-
«ion pour Tordre îoniqne. Il était assez porté À imiin' les anciens dans leurs censlmciions en briques. Ce fut lui qui perfectionna la ^îs d'Archimêde. Il est auteur d^m traite d*ar- ^ileclureqni obtint untelsnocès, que clans Tespare de soixante-douze ans, on en fit six éditions à Venise, et qu'on le tradnisit dans ks lanpies de IT.nrope. Il y a en trés»beaiix édifices niodemes coii' de PalladiOk
ver nées pardes rots fkîliles, et dirigées, pins ou moins henoraUement, mr des favoris. Les noms de Rnlippe tv^ de Louis XIII et de Cbarles r* étaientr moins connus que ceux du comCe^ducr d'OHvarès, du cardinal deRîcfaelieif et du duedeBuefainsbam, qui dis^aient à leur gré de rauforité souveraine. Lef intérêts de FltaKe, dit Gallazzi, deve»' iiaieiit plus compliqués à mesure que les différends s^aigrissaient entre hr France et FEspogne. Le duc de Savoie , peu content des Francis, se refetait dans les bras de l'Espagne, et cette union imprévue menaçait la Tos^ cane : elle reprit bientét eourage eii' apprenant que Ricbdteo s'occupait se»
neusemcnt à disputer aux Espagnols les dMîts qoTils voulaient s'arroger der disposer des états de iltalîe.
»m Kcvim Ziv. -^ Oir ««
Tenise sepréperait à la guerre ; mai»
un incident ({ui intéressait vivement la politique intérieure, appela toute l'attention du sénat sur une autre affaire.
Renier Zen, le même qui s'était prétendu insulté à Rome , avait été nommé membre du conseil des Dix. H se trouvait à son tour Fun des chefs , lorsqu'il jugea utile de proposer &ad' monester directeibent Renier Corner, doge de la république, dont undesflls^ avait été nommé cardinal. Noos puiserons les détails que nous allons rapporter, dans un manuscrit inédit rédigé, en 1638, par le sénateur Jean Antoine Yénier.
Renier Zen, obstiné dans son dessein dltumilier le doge, entre un jour dans le conseil, se met h genoux, et, sous une forme respectueuse, adresse OMiérénissime prince les plus grave»
reproches. Le prince dissimule, et répond d'une manière générale que les in»
téréts de b république lui seront tou^ jours diers. Le 30 décembre 1637, le chef des Dix rentrait à son palais, il était nuit. Des assassins se précipitent sm* hii , et le frappent de plusieurs eoupo de poignard; ri tombe embarrassé dani
MolSi», ROindié ru» des Correeteurs^ r • Preaac prde, ce ^ue voua dites la et ce^qae vous répétez^ oe sont des mots; si on les adopte , ces mots de- TÎeadroot des lois. » Un autre blâme ouvertement te droit de donner en récompense à on espion , la grâce d'un banni. « Le crime politiaue ancien est oublié pour le crime politique actuel.
Mais le crime politique actuel, qu'estil autre que le crime politique ancien qui a changé de date? » Ces aristocrates présomptueitt se flattaient entre eux et se disaient : « Foè dm estis et fila excelsi omnes. »
Antoine da Ponte, Zéitisfe, répond qu'il ne se commet pas autant de crimes et d'homicides dans toute l'Italie, en beaucoup d'années, que dans la république,-en une année seule; que csela provenait de l'indulgence des juges. «Vous parlez de corriger le. conseil des Dix : vous voulez appareminent corriger Vexcés de sa œmpcLS-skm. On a quelquefois perdu un père, un . ÛlSj et grâce à la facilité du retour des bannis, on se rencontre face à face , gondole à gondole, dans la place, dans les lagunes, dans \ebrogliOj dans leconseil avec Tassassin de ce père et de ce fils. » BertuccîoContarini,Coni^'5te, assure que le grand conseil est le vrai monarque de ta république; « tout lui est soumis, tout, et particulièrement ce qu'il a créélui-méme. Chacun a ledroit de parler; je demande que l'on écoute attentivement et long -temps mes contradicteurs. C'est pour que chacun dise son avis, que vous avez ici cette tribune, sans porte, sans clefs, dont Tacçès est permis à tous : une intei^
Srétation perverse n*est pas le défaut e celui qui prononce les paroles , mais de celui qui les écoutant, les reçoit en lui-même avec la mauvaise qualité de son esprit ; de même une liqueur ex-
Î|ui6e prend un goQt mauvais de l'inection du vase. Il est de Vkomme de se tromper , il est de tange de corriger. »
un fils de Renier Zen , allant plus loin que son père, qui au moins avertissait de sa colère, approuve la mort du maréchal d'Ancre, sans jugement,
et celle de Don Carlos, fils du rof d*Espagne. Contarini prend la parole et dit : « Les cerveaux subtils ne sont pas bons DQur les républiques. La républiqueflorentineatombé,Venisedoit craindre de graves désastres. » Cette opinion vague et indéterminée appar* tient aux votants que l'on appelait noir sincères j c'est-à-dire qui ne disaient ni un oui, ni un non, et qui avaient aussi une troisièipe urne ou ils déposaient leurs votes. Un autre sénateur demande moins de rigueur dans les juge-^ ments portés contre les fautes légères ' des nobles. « On ne tue pas les poulets avec des hallebardes. » Il dénonce ensuite les asecrétairesdesDixetdusénat,, 3ui n'étant pas changés, transmettent, es traditions de dureté , de cruauté ^ et qui ont la tête remplie d'anecdotes d'espionnages, de confiscations, de cordes, de tortures, de poisons, de gibets , de sacs , et de toutes les puis admirables variétés des supplices expéditifs. » Un autre prend la parole r « J'ai examiné vos corrections. Les Dix avaient anciennement quatre cas désignés, dans lesquels ils agissaient : ils en ont, en ce moment, vin^-deux ; je consens à y rester. Les Dix uswrpaieurs seront moins méchants que les Dix corrigés. Il ne faut pas corriger la rigueur juste. »
Un sénateur soutient l'avis de Sarpi, ^ui prétendait qu'il fallait augmenter e pouvoir des Dix, et ensuite ne l'accorder continuellement qu'à un petit nombre, afin que la dignité, moins communiquée et descendant moins bas, fût [>lus considérée, « attendu, disait Sarpi , que les rayons qui, dans le soleil sont <r or, deviennent d'argent » quand ils sont prêtés à la lune. »
Jean-Baçtiste^P^ani, correcteur ,, résume ainsi l'état de la délibération : « Vous avez été aux Dix, dans vos
Sréoédentes réunions, les saufs -conuits, te droit de grâce ( vous avez eu bien raison pour ce dernier droit , cai^ on commet facilement le mal , quand on se croit à temps de le réparer ) ;. vous avez ôté la création des magistrats , le droit d'amendes pécuniaires^ les impitoyables secrétaires perpétuels».
L'UNIVERS
Ynis leur tvts eiMàtt âl csi Dix, âê ws pai s'iMérer ami les afiaira im mmà eomm. C«rt aiaet. Vous ar «f ieaueoup M, Je fims défeadre oe qnrwte.»
L*iiiieiidati<m la plç» remarquaMe^ dB étoet de l«a« ft|t l'abolftioii de^ «evélairea perpétuele. lia nrétaient ^ nobles, et c'était sur lea noMee que tombaient toua les rsproches des dtoyens de la république. On a tonjotHTs remarqué que lorsque les hom* mes d'une caste inférieure sent as* i»ciés au pouvoir apfnrtemmt à une caste supérieure , ils en exagèrent les nmximes, les formes méprisantes, et souvent étrangers aux rertus de cette OBSte élevée, ne remplissent pas lou^ jours exactement les devoirs qu'elle consent à s'imposer. L'abolftion de ces iniques secrétaires, sur I4t& votants, obtint 1807 suffrages contre lOS. Les liabitants de Venise , plus doucement gouvernés, portèrent avec calme leurs régaids sur leurs intérêts dans la Péninsule.
Pmi
■ Mavtovm va« km lwvlaT<«x. «^ Sâ« »« LATi&itB. — Pbits a FLOmiacB.
En 1630, ritalie vit conmiencer des bostilitéft à la suite des prétentions de phnieurs princes sur les états du duc Vincent de Mantoue. Cbaries-Emmanuel repousse les Françiis dans la vallée de Vraita, détruit un de leurs corps montant à 3000 hommes, et 8-*acqQiert la réputation d'un valeurtuxcapitaine.Une armée autrichienne descendit en Italie, pour aider les Es* pognols et le duc de Savoie. Cette armée s'empara de Mantoue et la saccagea. Le palais ducal , les ol^ts les plus précieux de la galerie des Gonza« guas (*) tombèrent dans les mains des
(*) Ce fut alors qii*un loldal prit dans le mtuvc Uucal et porta en AUeroagne cette aagnifique sanlome snr laquelle est sniln* Ice une ancienne panégyric. Ce travail des aaeiileitrs temps d*Atlieties et qui a pu ap' panenir à P^iclès, est du fini le plus précieux. Le duc de Brunswick, possesseur de ce chef- d'œuvre , Ta apporté à Paris , et r« ftnt VOIT à plusieurs amateurs des beaux-
vaîHqifeii». On reMWirtnéfli ^
du caede Rome : mi moiMiit o« lOa nhn lem. De» maHieureiiz Mantouans tarent tués, rétis et dévorée par quel* faes foreenés. Des femmes ailemafiies, qui avaient suivi Ptfmée , coaaroinat aussi d^aflireux exeès^ La barbarie do vainqueur, ne resnecta pas même ks pierres; un pala£i élégant éleré wm Vignole (vov. p/. et) (•), fut livré aot flammes. L'empereur Ferdinand II donna bientôt des ordres sévèM poor arrêter ces fureors.
L'histoire de Milan, dans des temps semblables , est peu fertile en événements pelitiaufs. En Lombardie rien ne résistait a la vohmlé des Espagnols. Le sceptre de fer dea VîaeoDtî
n Jacques Baroxxio, natif de Vipiola, petite Tille do duché de Modèoe, et qui en prit le nom, élaif né en i5o7; aon goet le dirigeait vers rétode de l^irehiieHore , et 3 composa , encore jeune , un traité des cinq ordres qui est devenu daséqnc* Tlpioie vînt paner deux ans 4 Paris, aiais il ai^ • r construit. On «imirs encore aa|oardlMH Italie son beau chAtean da Ctprarda :
benreusement il est dégradé en qaelqiMs parties; mais j*ai vu à RagiMia , peès de ¥itcrb«» une fresque très-bien conservée, qui la représente dans son premier étaL Ce nnsnifique édiiîce est élevé sur le soaunrt d'ono colline environnée de précipices. Ce fut le cardinal Alexandre Farnéae qui fit cotre* prendre ce vaste monument. La forme générale est celle d*un pentagone qui, flanqué dans le bas de cinq bastions, semblerait donner k l'édifice t aspect d*nne forteresse. Oe ce mélange d'architectnre militaire et dvile, résulte un caractère parliraKer de force ef de grandeur. Une sorte d*élage en calus sitI comme do fondation an véritable sonbaseement, orné de refends et de fonétret. Ceat dans en soubassement que la porte se trouve oom« prise. Sur cet étage eo talus triomphe le vroi palais décoré de deim ordres* L'intérieur est un ionique Ibrmanl des portiques, «ukIcssus se prolonge un ordre de pilaslrmcorintlueBs avec un double rang de fenêtres, L*éiage supérieur se icnnine par une terrasse qui circule tout à leniour. La rénutatioa du cnéteou de r^prarola sîfnc près de Ronciglîone, fut prodigieuse, l^ne {*ditiou des oeuvres complètes de Vignole a élé commencée en iSi5, par MM. Lebas et Debret, in-folio, figures.
n*aTâît pas edgé plus de soumission. A Naples , nous voyons le prince de Bisignano adresser une réprimande à un ▼ice-roi, mais dans i*îiit^êtde rétranger, qui de si loin frouvemaît si mal ce pays. Cependant X< aptes ne sera pas toujours aussi obéissante. La Toscane n^était pas l>eauooup plus heureuse, parce que si d'un cdte rmfluence de la politiqueespa- ^noie y dominait souvent, de Tautre, le c*omroerce hollandais ou anglais corn* ■nençait à approvisionner quelques parties de ritalie. La nature, comme il arrive souvent , ajouta ses châtiments à des événements funestes. La peste , précédée de la famine, se manifesta sur les frontières de la Lombardie et de Bologne, après avoir ravagé Milan. On prit à Florence des précautions promptes; mais le trésor venait d'être épuisé par les demandes sans cesse renaissantes des Espagnols. On crut dans le grand-duché anaiblir les désastres de la contagion par la promesse de l'abondance, il vint des provisions du Levant; cependant la peste continuait de frapper les habitants de bourgs entiers oui périssaient sans secours. Ferdinano, courageux, généreux, bon souverain, ne voulut pas quitter Florence. Il fit établir un lazaret au milieu de la ville; ce remède devint désastreux, malgré le prince, par la violence exercm sur les malheureux qu'on v entassait. Le grand-duc parcourait les rues à pied et à clieval, donnant des consolations, distribuant des vivres, adressant des paroles tendres et encourageantes.
De la Toscane, le mal se répandit dans la partie méridionale de la Péninsule. La haute Italie offrait aussi aux autres contrées de l'Europe un spectacle d'horreur digne de pitié. La contagion avait été apportée d'Allemagne parles armées (*). Les Vénitiens pensèrent les premiers à appeler, du fond du nord, Gustave-Aaolphe, qui, par sa présence en Allemagne, força les Allemands d'y retourner.
(*) Cet! celle peste que Bfanzoni a si éloquemment décrite dans ses Promessi sposi,
isr Livraison, (Italtk.)
/ ùhOXi*, * Sov r»oeà<.
On était parvenu enfin à affaiblir les atteintes de la peste en Toscane, lorsque par l'ordre de plusieurs ministres espagnols et les instigations de quelques flatteurs du pape on commença contre Galilée septuagâaaire des persécutions qui devaient tourner a la confusion de ses ennemis. Les Espa-
rols d'alors s'étaient accoutumés répondre à toutes les dissidences, même littéraires , par les familiers de l'inquisition , et en cela , ils se montraient plus cruels que les gouvernements italiens. On persuada à Urbain VIII que Galilée l'avait désigné dans des dialogues, sous le nom de Simplicius, ce qui ne pouvait avoir aucun fondemeni, ni aucune probabilité. Cet ouvrage, publié à Rome avec les permissions convenables, fut une des principales armes dont on se servit contre le créateur de la philosophie expérimentale. Ferdinand fit tous ses efforts, en digne Médicis, pour protéger son maître Galilée; mais Cioli, ministre infidèle du prince, aida à le trahir. On a beaucoup parlé du procès de Galilée. En 1798, ou temps de ce qu'on a appelé la république romaine, on assurait qu'on allait publier ce procès ; mais soit qu'il eût été placé dans un lieu sûr, soit qu'on ne fît pas assez de recherches pour le découvrir, il ne fut pas mis au jour. A l'époque de la seconde occupation sous i'em-
Sire, le manuscrit original fut trouvé ans les archi/es du saint-office.
Il se composait de toutes les pièces jointes au procès, et formait un gros volume in-4«, de plus de neuf cents pages, contenant tout l'exposé de la cause, les mémoires des inquisiteurs de Florence , une ouantité prodigieuse de lettres autograpnes, parmi lesc^uelles il y en avait detrcs-éloquentesqui recommandaient Galilée, entre autres une lettre du neveu du grand Michel-Ange, de celui qui était membre de la Crusca, sous le nom de Vimpastaio. Le volume contenait, sur la fin , les divers interrogatoires subis par le prévenu , ses réponse*) les jugements de la con*
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cosruMis BtrsM. — cmtaui* m »o^o». — occasIoD de Twolv ces vêtements de
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dievaliers , à ToccasioD des fêtes célé-
Comme les costumes de Fltalie vont absolument changer de formes, nous allons achever de décrire ceux qu*on y a portés à peu près jusqu'à ré|X)que que nous venons d'atteindre. A la guerre, on ne paraissait plus armé comme les chevaliers; mais dans les tournois donnés pour les mariages et la publication des traités de paix, on paraissait encore revêtu particulièrejnent des armures ^e chevalier du ?Iœud, d'homme d'armes, d'écuyer; et Ton allait prendre ces costumes dans des anciennes miniatures ( voy.
pi. 64) (*). La. ville de Florence eut
prouirenl sa rondeur; Jupiter environné do quatre satellites qui l'accompagnent dans son cours; la voie lactée; les nébuleuses; tout le ciel enfin parsemé d'une mulittude infinie d'étoiles, trop petites pour être aperçues à la simple vue. Quelle surprise, quelle vo* lupté ne dut pas exciter en lui le premier aspect de tant de merveilles ! Quelques jours lui suffirent pour les passer en retue, et il \e% annonça au Monde dans un écrit intitulé: Nunùus Syderem , qu'il dédia au^ princes de Médicis. » Le portrait que nous offrons ici a été gravé d'après un tableau de l'école du peintre Crtstofano dcU' Altissimo. Noua avons rap|>orté de Florence ce labloaa , qui représente avec beaucoup d'expression et de vcriié les traits de Galilée tenant sa luucttc à la main.
(*) La planche 64 représente, A, un chevalier du Nœud, («t ordre fut institué par Louis, duc de Tarente, second époux de Jeanne T", reine de Naples (voyez pag. x 36). en mémoire de ce qu'il avait été couronne roi de Jérusalem et de Sicile. Le jour de leur réception, les chevaliers juraient de donner aide et secours au prince à la guerre, ^t en toute autre occasion. Ils devaient porter sur leurs liabits un nœud en forme de lacs d'amour, dont la couleur était à leur volonlé , et sur lequel étoit écrit : Se a Dieu pleaiu Ce nœud était le symbole de l'attachement sincère et durable qui devait les unir aa prince. Le vendredi, en mémoire de la mort de J.-C, ils prenaient un chaperon noir avec un nœud de soie blanche, sans or, argent, ni perles. Si dans quelque rencontre un chevalier avait été blessé, ou avait lui*
même blessé son ennemi , il devait porter, dès £e jouivlà, son nœud délié, jusqu'à oe qu'il eût visité le saint sépulcre. On reconnaissait ainsi au ncuid lié im elievalicr qui n'avait pas été i la guerre. Au retour du saint sépulcre , le chevalier portail 9on nom sur le nœud , désormais Hé, et autour duquel on lisait ces mots : // a pieu à Dieu, Tous les ans, le jour de la Pentecôte, les chevaliers se rendaient en procession dans le chi» teau de l'QEuf (voyez ce chAteau pL 53). Ib portaient, dans cette assemblée, des habits blancs, et ils devaient donner par écrit le récit de tous le| faits d'armes auxquels iU avaient assisté dans l'anuée, et le sceller de leur cachet. Un chancelier écrivait les foi la les plus remarquables dans un registre orné de peintures, et intitulé : Livre des AvéïU' ments aux chevaliers de la compagnie du Saint'Esperit au droict désir. Si quelque chevalier avait fait une action indigne, rap* portée par la voix publique, il devait se
Ï présenter , & pareil jour, au château de 'Œuf, avec une flamme sur le cœur, et cea mots écrits autour : J'ay espérance au Sain$r Esperit^ dénia grand' Iwnte amander.Ce lour^ là, il mangeait seul dans un coin de la salle où dînait lu prince avec les autres chevaliers. La «mort de Louis de Tarente, qui ne laissa pas d'enfants, l'inçralitude de la reine sa femme, et les révoIuUons de Naples, ont fait tomber cet ordre presqu'à sa naissance. Mais le livre des Avènements , qui contenait en tète les statuts de l'ordre, avait survécu. Il était tombé entre les mainf de la république de Venise, qui en avait fait présent à Henri III, lors de son passage en Italie, ca z573 Tvoyez pag. 264 et 284, note). Selon M. Leiaboureur, Henri III q fondé l'ordre du Saint-Esprit de France, en prenant pour bases les statuts de celui de Louis de Tarente, Il y a en effet beaucoup d'affinités entre les dispositions arrêtées pour les deux ordres, Henri III a supprimé lobligalion du voyage à la terre sainte, et il s'est gardé de supposer qu'un de ses chevaliers pût mériter de u'éirè pas cité dans U livre des Avènements au droict désir. Ensuite il y a celte différence ; l'ordre du Nœud était cssentiellemcul militaire; l'urdre du Saint-Esprit récompense les grouds services militaires et civils.
Voici des particularités sur ce précieux manuscrit na|)olitain. Henri III le ooniui ai| chancelier de Cbivcrny, qui l'a laissé à sou UIS|
autorité supérieure dans l'Europe.
Cependant un dc^ré de faiblesse et d'incertitude inévitable, même dans la situation la plus avantageuse , accompagnait toujours les premiers actes de cette régence, quoi(iue,dans ce momentlà , on nlt encore loin du temps où il eût fallu rendre compte desapolitique.
L.es mouvements mtérieurs qui agitaient le royaume, deniandaient tous les talents et la circonspection de Mazarin. Jusqu'à sa mort, Urbain VIII avait secondé ses vues; mais, après lui , un pape espagnol pouvait détruire ses pians, et mettre obstacle à de nouveaux projets d^agrandissement; les princes italiens étaient d'accord pNOur désirer de voir sur le trône pontifical un père commun , étranger aux maximes avides des Barbérini , et qui contribuerait sincèrement à là paix, sans aucun des abus du népotisme; rétat ecclésiastique, opprime, appauvri , mécontent ne l'orgueil si long des Barbérini, demandait presque une autorité gui les persécutât à leur tour. L'administration paisible des prédécesseurs d'Urbain, de ces vertueux souverains qui avaient exercé le pouvoir avec tant de probité et de profit pour les provinces, avait été anéantie par des mécliants qui ne craignaient pas d*y substituer la discorde et une volonté arbitraire. Les peuples aussi disaient bien ce qu'ils desiraient; c*^tait un pontife doux, conciliant, accessible, sans parents autour de lui, et qui diminuât les impôts. Il était à redouter que les éledtenrs, réglés seulement par leurs intérêts, ne consultassent pas ceux des Romains et de la chrétienté. Parmi ces électeurs, les uns, fatigués de cet éternel règne de 2 1 ans, voulaient absolument un pontife très-avancé en âge, et il n'y avait qu'un très-petit nombre de cardinaux aans cette position; les autres, voyant que la tvrannie des familles pontificales étaii pour long-temps détestée du peuple, ne se montraient pas disposés a sacriOer leurs prétentions et les chances d'un règne facilement heureux et béni , au projet d'élever un vieillard décrépit , qui appartiendrait
à rintrîgant le plus prompt à se placer en travers du lit de souffrance de l'impotent souverain. Le cardinal Charles de Médicis, frère de Cosme II , et les principaux du sacré collège proposèrent une réforme dans la constitution du gouvernement de Rome. Cette réforme tendait à restreindre l'autorité administrative temporelle du pape, et à la reporter sur le sacré collège. Le pape, disaient-ils, aurait eu des occupations suflisantes dans la simple re- {)résentation de son rang , et dans 'exercice absolu et non contesté de sa vaste administration spirituelle pour tout l'univers , tandis que le sacré coUése, exer^t la souveraineté temporelle, aurait distribué les revenus de l'état avec la prudence que toute sa^e république onserve dans son administration. Les doctrines républicaines , comprimées à Florence par la souveraineté presque absolue des Médicis, trouvaient un autre Médicis, éloigné du trône, qui ra|)portait ces maximes dans un état voisin. Ces vues auraient-elles bien véritablement empêché tous les maux qui naissent de l'ambition des familles et des fréquentes révolutions qu'occasionne le changement des pontifes? D'ailleurs cet esprit de bien public n'était pas celui qui animait d'autres membres du sacré collège, surtout les étrangers. Le désastreux système du cardinal de Médicis aijh rait amené plus tard Tasservissement complet de 1 autorité pontiûcale. Beaucoup de cardinaux, parmi les Italiens, étudiaient les moyens d'arriver à la papauté, de s'assurer leur propre forlune, en servant un des partis des couronnes. Ensuite, même après la mort d'Urbain , l'esprit ambitieux des neveux Barbérini et de leur faction se déployait encore. Rome était remplie d hommes armés à leur solde; ces troupes s'accroissaient par la réunion de celles qu'avaient auprès de leur personne , et pour leur sûreté , les ministres des princes de l'Europe; le cardinal de Médicis même , craignant une rencontre malheureuse, et se souvenant des précautions que le cardinal Ferdinand, depuis grana-duc, prenait
▼ait pas eompter pour lui. Conséquemnieiil, oa devait réunir les deux tiers des Toîx, non compris celle du candidat. Ces explications ont presque besoin d'être minutieuses pour être bien comprises.
Dr%*is la circonstance dont nous parlons, attendu que pour 60 cardinaux il eût fallu réunir 40 Yoix, pour 63 cardinaux il fallait réunir 4 1 suffrages , comme si le conclave se fût compose de 61 ou de 63 cardinaux. Puisque, pour réiection actuelle , et Vincluswe (ceux qui forment Vinciusive , disent :
« Le pape est parmi nous »), il fallait 41 voix , vingt-deux voix formaient ce qu'on appelait Fexir/tffioe (ceux qui forment Yexclitstvey disent : « Le pape ne se fera pas sans nous » ) , parce qu'il n'en serait plus resté que 40, qui n'étaient pas suiiisantes pour rtnausive. De plus, comme le candidat d'une faction ne se donnait jamais sa voix, U était nécessaire que le parti qui voulait triompher eût 42 cardinaux en sa faveur.
Il y avait, en général, trois modes d'élection : 1"* V adoration; c'était un accord général pour nommer sur-lechamp un sujet, sans aucune contra* diction et sans scrutin ; on en avait vu des exemples pour le pape Grégoire XIII (voy. pog. 261), et pour Sixte V (voy.pog. 268); 2<' le compromis; on en avait vu un exemple pour le pape Clément Y, Français (voy. pag. 1 f 3 ); 3* \e scrutin; (fest la forme uanituelle. Il y a deux scrutins par jour : d'abord , à proprement parler, le premier scrutin , suivi de Vaccesso^ qui en est le complément. Si l'on n'a pas fait l'élection le matin, le soir on procède au second scrutin , suivi d'un autre accesso.
Pour se former une idée exacte des formalités préparatoires du scrutin, d'aprèsles règlements de Grégoire XV, il convientde savoir quel'on préparedes cédules, ou billets imprimés, afin <]ue chacun donne son vote d'une manière unifonne. Le matin , les maîtres des cérémonies avertissent les cardinaux qu'il est tempsdeserendreà la chapelle, en dilantces mots : adcapeliamaomini. Les
cardinaux %^y rendent à l'instant. La
rrëmîer jour, le cardinal decano. doyen le plus ancien des cardinaux-évéques suburbicafres ) . célèbre une messe du Saint-Esprit^ à laquelle les cardinaux communient, en allant à l'autel deux à deux. Chaq4e cardinal est revêtu d'une longue robe de sergette violette, vêtement particulier des réunions collégiales. Les autres jours, la messe est célébrée par le sagrfsta, assisté de deux maîtres des cérémonies.
La messe finie on lit un extrait assez détaillé des bulles du cérémonial de Grégoire XV. On place ensuite devant l'autel une table, où figure, en gros caractère, le texte du serment que chaque cardinal doit prêter. Là, sont aussi placés deux calices et deux bassins, ou lar^s coupes.
On procède à la nomination de troi^ cardinaux scrutateurs , et des cardi<* naux infirmiers dont nous explique-* rons les fonctions. Chaque cardinal est averti de se préparer à recevoii^ une cédule , et à écrire son suffrage de sa propre main.
Quoique toutes les démarches et Id nombre de voix à donner de telle ou telle manière, aient été convenus d'avance, on profite de ce dernier moment pour rassurer et soutenir les cardinaux chancelants. Il faut toujours étro prêt à recevoir un échec, parce qu'on perd une voix sans connaître le coupable, ou à profiter d'un heureux changement, si on acquiert une voix imprévue. Les chefs des factions ont les yeux constamment fixés sur leurs partisans. Du reste , la plus grande politesse règne dans toutes les relations. On verra que les scrutateurs et les infirmiers tires au sort appartiennent à tous les partis, et ils doivent tenir une conduite très-réservée.
Les cédules ont environ huit pouces de longueur, sur quatre de largeur, et sont divi&ées par différentes lignes parallèles , formant des cases inégales, mais dont chacune a sa destination particulière.
Nous allons donner le modèle exaot, absolument conforme aux cédules qu'on imprime pour les conclaves*
et E, pourteeeroir les empreintes des «radiets.
Lorsque chaque cardinal , d'après aon rang, c'est-a-dire d*abord les cardinaux évéques, puis les cardinaux prêtres, puis les cardinaux diacres ( voy. pour le nombre et Tordre des cardinaux, pas. 70, note), lorsque diaque cardinal a écrit son bulletin , le deeano prend le sien avec deux doists seulement , Télève de manière qu'a peut être vu oe tous, se dirige vers Vautel, s'agenouille, fait une courte prière, et, après s'être levé, prononce le serment inscrit en gros caractères, comme on l'a dit, sur la table devant l'autel. Ce serment est ainsi conçu : « Testor Dominum qtd me jucUcàturus est me eli^ere ouem secundum Dewn judico eligi deoere, et qwni idem in accessu prsestabo.
« Je prends à témoin Dieu qui doit me juger , que j'élis celui que selon Dieu je juge devoir être élu, ce que je ferai également dans Vaccesso. »
Le serment prononcé , il pose la cédule sur la patène d'un des calices, la verse de la patène dans le calice, et retourne à sa place. Immédiatement après le decano, les cardinaux infirmiers , quoique leur rang ne les appelle peut-être pas, portent leur bulletin a l'autel , et font tout ce qu'a fait le decano: puis ils sortent pour aller plus tôt cliercher le bulletin des îniirmes. Après les infirmiers , chaque cardinal va à Tautel à son rang , prête le serment comme le decano et les infirmiers, et dépose son vote.Oa a prévu le cas où un cardinal présent, qui a bien pu se faire conduire , mais qui ne peut pas faciletnent se déplacer, n'est pas en état d'aller près de la table écrire le vote, le tenir en Tair, et le porter à l'autel. Dans ce cas, le scrutateur dernier proclamé va auprès de ce cardinal, lui présente les cédules préparées, reçoit le bulletin écrit, plié et cacheté, entend le serment, et va mettre la cédule en la levant en l'air, dans le calice où elle est réunie à celles des autres votants.
Les cardinaux infirmiers qui ont Toté après le decano ^ s'étant rendus
dans la cellule de leurs collègues infir» mes, leur remettent un^<^uleprénarée et une copie du serment. Les îniu'mes écrivent, plient, et scellent leur bulletin dans la forme prescrite, et observent à l'aide des infirmiers qui doivent être toujours présents, les mêmes formalités que les autres. S'il arrive qu'un infirme ne puisse pas écrire , il lui est permis d'emprunter Taide d'un tiers, à son choix. Celui-ci s'engage à garder religieusement lesecretdu vote.
La cassette reportée dans la chapelle est ouverte par les scrutateurs. Ils reconnaissent s'il y a autant de votes quo de cardinaux malades. Cette récogni" Uon faite, ils placent leurs cémiles une à une dans le calice.
Alors le premier cardinal scrutateur agite les votes dans le calice couvert de la patène, et les tire l'un après l'autre, en les comptant, pour les déposer dans Tautre calice. Si le nombre des cédules ne correspond pas au nombre des cardinaux votants, tous les bulletins sont brûles sur-le-champ, sans autre forme. Dans le cas contraire, il est procédé à l'ouverture du scrutin.
Le premier scrutateur extrait un bulletin du calice , l'ouvre au milieu en brisant les cachets C, pour découvrir l'espace D « où est écrit le nom de l'élu , lit ce nom tout bas , en prend note, passe le billet au second scrutateur qui fait de même; ce n'est que le troisième scrutateur qui prononce le nom à haute voix. Dans le même instant, chaque cardinal, pourvu d'avance d'une feuille imprimée contenant les noms de tous les cardinaux sans exception, composant le sacré collège, absents ou présents, marque au nom prononcé le vote qu'il vient d'obtenir. L'ouverture de chaque cédule extraite du second calice, est accompagnée et suivie des mêmes formalités pratiquées pour la première cédule.
S'il arrive qu'en ouvrant les scrutins , le premier scrutateur en trouve deux plies ensemble, et unis à l'intérieur, de telle façon qu'ils puissent être présumés appartenir à un seul
Mt
Ivre de Toix- prescrit, les deux tiers, : sans que la voix du candidat y soit comprise, ce qui a été fait est considéré comme non avenu, et Tœuvre '. de réiection est à recommencer. Mais si le dépouillement comparé du scru- I tin et de Yaccesso donne ce nombre de voix, les deux tiers, toujours moins la voix du cardinal qui se serait élu luî-méroe (circonstance qui fait croire à quelques personnes qu'il faut les deux tiers des voix, nlus une), alors Je pope est élu, et l'âection est canoniquement effectuée. Dans ce cas , trois cardinaux diacres désignés par la voie du sort , sont immédiatement investis des fonctions de récogniteur ou réviseur. Ils vériGent une dernière fois l'opération des scrutateurs. Toutes choses étant trouvées régulières, Télection subsiste, et les cédules sont toutes brûlées sans exception.
Aussitôt après, le dernier des cardinaux diacres agite une sonnette ; les maftres des cérémonies et le secrétaire du sacré collège entrent à ce signal. La chapelle se referme. Le cardinal decano et le camerlingue s'avancent vers le cardinal élu, qui, depuis long-temps, a toujours été un cardinal présent, et lui demandent dans les termes suivants , s'il consent à son élection : Àcceptasne electionem de te canonicèfaetam in summ um Pontificem f « Acceptez -vous Télection qu'on a faite de vous pour souverain pontife.' » Sur la réponse afQrmative, ils le prient de taire connaître le nom qu'il désire prendre comme pape. L'élu se donne ordinairement le nom de celui qui l'a créé cardinal. Cependant son choix est libre. Le choix une fois connu, le premier maître des cérémonies dresse un acte de l'élection, et de toutes ses circonstances.
Cet acte terminé, le pontife élu , accompagné des deux premiers cardinaux diacres, se dirige vers l'autel , au pied duquel il s'agenouille, et fait une courte prière. Ensuite, passant derrière le même autel , il y dépouille ses habits de cardinal , pour revêtir les habits pontificaux. On a préparé à cet cÉèt, depuis le commencement du
conclave, trois espèces d*habits de hl même couleur, pour trois tailles dif* férentes, pour une taille très-petite « pour une taille moyenne, et pour use raille très -élevée. Ils consistent en bas blancs et souliers de velours rouge, dont * l'empeigne est décorée d'une croix brodée en or, soutane de moire tabisée blanche, ceinture garnie de
flands d'or, rodiet, mosette, calotte lanche, étole et barrette.
De retour à l'autel, le nouveau pape y donne sa première bénédiction an sacré collège, et s'asseyant ensuite sur la secHa gesiatoria . il y reçoit le baiser de la main, et les embrassemen^ du sacré collège^ selon l'ordre d'ancienneté, et la dignité des cardinaux.
Le cardinal camerlinsne lui passe au doigt l'anneau du pécheur, et le pontife le remet sur-le-champ au mattre des cérémonies pour qu'il y fasse gra« ver le nom pontifical.
Lbb BiAviAiiri M)%Tiirf 1.1 CÂiMiTAi, SAcenm. — OrrosiTiov DM AMiA»iADauM BB Mao&id,
OB ViBJIMB BT SB FlOMBIICB. — l^LBCTIOB Dt J.'B. PAHfBtLI, QVI riBirS LBROJto'IarilOCBBTX.
Nous avons cru devoir foire mention de ces détails, auxquels nous avons joint quelques circonstances pea connues. Nous continuerons maintenant de décrire ce qui s'est passé dans le conclave à propos duquel nous avons inséré ces informations.
Les Barbérini n'avaient rien obtenu du cardinal de Médicis dans un premier entretien, et ils en sollicitèrent un second. Après quelques complimenta étudiés et fort courts , il leur déclara l'exclusion formelle qu'il s'obstinerait à donner, au nom du grand-duc, aucar^ dinal Sacchetti qu'ils proposaient. Le pompeux étalage qu'ils firent des vertus de leur candidat fut inutile. Les promesses et les serments n'émurent pas Médicis. Le moment était venu où il pouvait demander compte du système de flatterie, de soumission et d injustice qui avait dicté le proc^ de Gahlée. Les Barbérini, lom de se sentir découragés, pensèrent que leur parti devait avoir quelque chose dli plus populaire en Italie, que celui ds
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