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y api>ortèreat le désir de plaire, et la vivacité gracieuse qui l'inspire. « La cour, dit Galluzzi , ne fiit plus le théâtre d'un luxe efiréué , qui irrite , qui humilie les malheureux, et n'est admiré mie par les fous. C'était une assemblée ae personnages aimables et instruits, dignes d'entourer le prince le plus éclairé de l'Italie. Le grand-duc et son fîrère François disputaient entre eux h qui développerait avec plus de clarté les grandes leçons de Galilée leur maître. Le cardinal Charles, oncle du grand - duc , le même qui avait joué un si beau rôle dans le oernier conclave , et le prince I\lathias, autre frère de Ferdinand, se livraient à l'étude des lettres et ù celle des beaux-arts.
L'esprit de patriotisme , un désir de perfection, la recherche de la vérité préparaient la gloire du second siècle des JMédicis, qui, dans l'histoire des connaissances humaines , devait être
i)eu inférieur à celui de Laurent-le* tfagnffîque. «
L'ne cour si élégamment composée, un assemblage si nouveau d'hommes distingués excitait l'admiration de l'Italie. On réimprimait avec luxe les diverses oeuvres de Pétrarque (voy. pL 65) (*)
(*) n noiu a paru convenable de donner ici la vue de la maison de Pétraraue , à Arqua. Celle maison qui est au bout du village est délabrée et habitée |iar des paysans. On re* marque la \ieiUe hôtesse actuelle qui fait sé- <:ber du linge là où Pétrarque reçut la visita de François I"* de Carrare. Sur les murs des cbambres quelques traits des amours de Pétrarque sont grossièrenieut peints. Il est couché sous un arbre, faisant un ruisseau de ses larmes. Ne serait -il pas digne de quelque habile artisie d^Italie de peindre là une fresque élégante? Dans une petite niche on voit empaillée la chatte blanche chantée par le poète. Si la peinture fait encore attendre son hommage , la poésie a déjà rendu le sien. Tassoni dit de cette chatic, dans la Sâcchia rafMta ,
Onde i MpolcrI dd* sop^rht r*gi VÏDce di gloria un' iuscpolta palU,
J*ai pris quelques-une^ de ces informations dans le livre de M. Valéry sur Tltalie. Cet estimable observateur, frappé dans l*organe de la vue, est en ec moment souf-
etde TArioste. Il y aurait peut-être, nous le disons à regret, quelques reproches à adresser aux Toscans de cette époque , relativement au Dante, mort loin d'eux , et qui n'avait pas encore son tombeau dans la patrie. C'est Ravenne qui lui en avait élevé un dans ses murs (voy. pi. 66) (*}. Il
frant, et ne peut continuer les snppléroents i son ouvrage. Qu'il sache donc , et que ceux qui ont dû l'apprécier dans lltalic, dont il a bien mérité, sadient avec lui que ses souffrances désolent ses amis. Ueunensement ils espèrent que tant d'iiabiles médecins qui habitent notre capitale , sauront abréger de pénibles douleurs, et rendre à k% travaux un homme sage, consciencieux, poli, eiact et réfléchi ; alors un aussi bon esprit , exempt des préjugés qui offusquent si communément la vue morale , pourra reprendre ses publications que nous attendons impatiemment pour les louer de nouveau, et les recommander aux voyageurs qui fréquentent la Péninsule.
(*) « Le tombeau du Dante, dit M. Valéry , est pour l'imagination le premier des monuments de Ravcunc, et l'un des plus illustres tombeaux du inonde. MaU la coupole mesquine dans laquelle il fut placé, vers la fin du dernier siècle , parait bien peu digne d'une telle sépulture. La dépouille du poète semble, comme lui, avoir eu ses catastrophes» Environ deux années après sa mort, eu i3a3, Cuido da Polenta, qui lui avait offert généreusement un asile , et décerné de pompeuses funérailles , ayant été chassé de Ravenne , le corps du Dante faillit être déterré de l'église des frères mineurs. » Cent soixante ans s'écoulèrent jusqu'au moment où le podestat de Ravenne , Bernard Remho , lui fit élever un mausolée au nom de la république de Venise. En 1691 le cardinal Corsi de Florence, légat du pape, repara ce mausolée qui tombait en ruine. Il a été rebâti dans l'état actuel en 1780, par le cardinal Valenti Gonzaga. A la voûte de la coupole sont placés les médaillons de Virgile , de Rrunetto Latini, et de ses protecteurs Can Grande, et Ouido da Polenta. J'ai vu à Rome ce tombeau du Dante , exécuté en argent , et d'une assez grande proportion.
Je crois qu'il a été acquis par un seigneur deNaples. Nous avons dit pag.a2 7 àqudla époque on a élevé un tombeau au Dante dans la ville de Fbrcncc. On peut s'éton« ner que celte ville ait tardé plus de cinq
avantage, excitait le mécontentement du peuple. Son irritation fut encore augmentée par raccroissance progressive de toutes les charges.
Aux termes de^ privilèges du royaume, que Charles- Quint n'avait pas épjurgnés, quand son gouvernement était nouveau, aucun impôt ne pouvait être établi sans le consentement du parlement qui représentait la noblesse et le peuple ; mais le parlement n'était pas assemblé souvent : il importunait les vice-rois. Chaque jour , ceux-ci , pressés par la cour et par la fatale habitude de se créer une fortune , inventaient quelque nouvelle gabelle f aGn d'envoyer de l'argent à Madrid , sans cesser d'en garder pour enrichir leur fomille. Les Espagnols faisaient porter imprudemment ces gabelles sur des objets nécessaires à la vie. Ils avaient taxé la vianfle, le vin, le poisson, la farine. On s'aperçut qu'on oubliait de taxer les fruits et les légumes : les fruits et les légumes pouvaient procurer quatre-vingt mille ducats ; rimpôt fiit établi. C'était une maxime de la cour de Madrid que JVoples tourmente ceux q^ ne ta tour* mententpas. Mais toute maxime absolue est vicieuse. L'impôt nouveau avait été approuvé par un fantôme de parlement, et l'on crut que Ton pouvait poursuivre en paix les rentrées qu'on s'était promises.
Les pauvres souffraient. Ils ne voulaient pas cependant travailler davantage, quoique ce qui formait l'élément habituel de leur nourriture fût renchéri. Jules Génovino, homme pervers, anciennement employé par le duc d'Ossone à des commissions iniques, résolut, de concert avec un frère lai, attaché à l'église des Carmes, de répandre dans le peuple , qu'il ne devait pas tolérer cet impôt. Des prêtres , des bourgeois , des nobles , des citoyens bons , des citoyens mauvais , promirent de seconder Génovino, et celui qui s'était associé à son projet.
Dans ces temps -là, vivait à Nantes, un jeune homme d'Amalfi, d'une Belle physionomie , d'une constitution robuste, et d'un caractère ardent. Sa
jeunesse , sa beauté, sa force, l'avaient fait aimer du peuple qu'il fréquentait souvent en sa qualité de vendeur de poissons. Il vantait sa marchandise avec des eipressions remplies d'esprit naturel et de galté; « c'était le manger des dieux à qui il en vendait en secret, et quand tous les princes de r£uro|>e en envoyaient chercher, il n'y en avait plus, parce que le ciel avait tout dévoré et surtout bienpaj^é. » Masaniello allait aussi dans des maisons |)articuliè> res , dont il était le fournisseur de confiance, et il avait acquis dans le commerce des personnes supérieures à son rani;, qui nedédaigmient pas de s'entre* tenir avec lui , des manières qui le distinguaient de la foule du peuple. Quand il se promenait , il était suivi , consulté, applaudi : il répondait par des saillies piquantes. Ces circonstances faisaient de lui comme une sorte de dieu du peuple : il s'appelait Tommaso Aniello, et par contraction, Masanieik).
Le frère lai des Carmes le rencontra , lui parla de l'impôt des fhiits, et lui de* manda si un Masaniello pouvait approu* ver cette iniquité. Celui-ci avait eu des querelles avec d'autres receveurs des gabelles pour ses poissons; et on avait arrêté pendant queloues jours , sa femme pour une contrebande de farine. Il voyait sur les places , de petits ameutements, des conmiencements de confusion , et il passait sans être salué, sans être excité à rire : il se mêla à ces groupes. En ce moment des placards manuscrits, d'un ton séditieux , parurent sur les murailles :
c'était I ouvrage de Génovino. Des citoyens plus prudents adressaient leurs réclamations au vice-roi, qui alors sortait du palais , et ils lui demandaient de retirer l'impôt. La nuit suivante, un bureau des receveurs fot incendié, quoique placé au milieu du marché.
Le frère lai des Carmes excitait les incendiaires. Enfin, le 7 juillet 1647, des habitants de Pouzzoles se présentèrent aux portes de la ville, apportant à l'ordinaire leurs fruits et leurs légumes. Dès ces temps-là, ils avaient l'habitude de les disposer avec un goût admirable, qu'aucun artiste ne
des manteaox; tous les soirs« les maisons devaient être illuminées; il fait barricader les passages les plus iré* quentés de la ville : et celui qui pro* nonçait ces ordres souverains, s'en retournait ensuite dans son humble maison, devant laquelle on avait seu« lement élevé une tribune, d'où il donnait ses audiences , encore revêtu de son habit de pêclieur, bordé cependant,
Ïiar commandement du peuple, d'une égère toile d'argent.
D'Arcos proposa un traité définitif, le 13 juillet. Masaniello, investi des pouvoirs du très-fidèle peui)Ie de Naples, signa le traité. Aucun impôt établi depuis les immunités de Charles- Quint n'était désormais valable. Dans les administrations munidpaies , le peuple avait autant de suffrages que les nobles. Tout ce qui était arrivé de part et d'autre serait mis en oubli.
Jusqu'au moment oii le roi ratifierait les concessions de d'Arcos, le peuple resterait armé , et le vice-roi pourrait rentrer dans Naples.
Masaniello lut publiquement l'accord dans l'église des Carmes ; il parla avec dignité, calme et sagesse, loua la complaisance du >ice-roi , la piété du carainal archevêque, et demanda la permission d'aller rendre grâces au vice-roi, dans son propre palais. Le peuple y consentit. On chanta d'abord le Te DeuMj au milieu du bruit des tambours, oes clairons, et des décliarges de l'artillerie des châteaux.
Ensuite Masaniello marcha vers la palais, où le vice-roi l'attendait, accompagné du cardinal Trivulzio, viceroi de Sicile. Le cardinal archevêque s'avançait le premier dans son carrosse. Masaniello suivait , monté sur un cheval blanc, et habillé d'une étoffe de toile d'argent, avec des plumes blanches à son chapeau, présent du duc d'Arcos. Les milices populaires, au nombre de cent seize mille hommes , formaient une haie de chaque côté du chemin, et saluaient par de vifs applaudissements leur capitaine général , auquel ils donnaient en passant, les noms les plus tendres, avec ces diminutifs si gracieux et ces oompa-
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raisons si spirituelles^ qui abondent dans la langue napolitaine. Il répondait d'un si^ne de tête, et de temps en temps proferait quelques paroles qui étaient répétées sur toute la ligne.
Arrivé sur la place du palais , un ca-
{>itaine des gardes, sans armes, vint e recevoir. Il répondit par un compliment grave et poli; puis se retournant vers le peuple , il s'écria : « Je vais mettre la dernière main à l'accord avec le duc. Voi^s, gardez vos armes, jusqu'à ce que nous ayons reçu la ratification du roi. Quant à moi, je veux de vous seulement un souvenir à ma mort. » Ces dernières paroles, suite d'une préoccupation fatale , excitèrent un frémissement universel.
Masaniello reprit : a Je suis résolu à redevenir un vendeur de poissons.
J'ai refusé, entendez- vous, deux cents ducats de rente par mois ; je savais que je ne les avais pas mériCés : c'est la ville qui a tout fait. Je n'ai rempli, moi, qu'un devoir, et je n'ai droit à aucune récompense. » Alors il se jeta rapidement à bas de son cheval , et il entra dans le palais. Le Castillan était descendu à sa rencontre .jusque dans la cour. A sa vue , Masaniello se mit à eenoux et le remercia des faveurs accoraées au peuple. Ils montèrent ensemble dans les appartements. Le vice-roi regardait avec surprise, et même avec attendrissement Masaniello , et s'étonnait de trouver dans un simple pêcheur, un esprit si rempli de vivacité et de sagesse. Ils parlaient ensemble des circonstances présentes. Mais le peuple impatient, ne voyant plus son capitaine général, le demandait à grands cris. D Arcos le conduisit sur le principal balcon. Là, il plaça une de ses mains sur les épaules de Masaniello , en signe d'a£fection, et de l'autre il essuyait la sueur qui coulait de son front , à la suite de la chaleur et de tant de fatigues. Cet acte touchant d'intimité fit passer brusquement le peuple, des mouvements de fa défiance, aux trépignements de la joie la plus bruyante.
Masaniello dit alors à haute voix :
c Me voilà vivant et libre, mon bon
dans la ville. Le même peuple qui Tavait tant aimé, ne lui donna aucun signe d'affection et de regret. Cest cependant un événement fatal et qui excite l'effroi , de voir frappé tout à coup de démence et devenir exigeant, avare, orgueilleux et cupide, un homme encore la veille humble dans la puissance , généreux dans la victoire, soumis dans le triomphe, et magnanime dans la pauvreté.
Les magistrats de la ville , croyant alors le peuple rentré dans le devoir, augmentèrent le prix du pain. Le peuple se révolta de nouveau, il courut au lieu infâme où on avait ieté Masaniello , et se rappelant qu'il avait demandé un souvenir après sa mort , il déterra le cadavre, y réunit la tête, et voulut honorer sa mémoire par des funérailles solennelles. Tout le clergé de Pïaples y dut assister. Le convoi traversa la ville entière. Les troupes espagnoles Tescortaient les armes baissées. Quand il parut devant le palais du vice-roi , huit pages avec des tor* ches allumées se joignirent au cortège.
On n*aurait pas rendu plus d'honneurs à Gonzalve de Cordoue.
Airvcst. — Il AFMi.t.s tlivai !>■ LontAtiii II,
»OC »■ Goitl. — Lm DDC MT «OHMf ainfiALii.
•IMS. — II. sfT VAIT raiMVBiia vt cobbvit •« EtrAcss, <— £xTi9CTio> oi 1.4 mabcis 9*ê Guisu,
Le vice-roi, que Ton a calomnié quelquefois dans tous les récits de la révolte de Naples, n*eut pas à se féliciter delà mort de Masanielio : aussi je ba* lance à accuser d' Arcos. Le peuple prit d*autres chefs, et il exigea la remise des forts. Les nouveaux chefs n'étaient pas aussi dévoués que l'avait été le capitaine eénéral , avant sa démence, et l'autorité du roi ne se rétablissait pas, comme aurait pu le désirer le cabinet de Madrid.
On peut compter trois sortes d'événements distincts dans cette révolution : d'abord , le moment où Masanielio fut chef , et protestait de sa lidélité au roi; ensuite, l'instant où le peuple, après la mort de Masanielio»
parla d'indépendance, de répubnque, et enfin cefui où on appela Corinne chef de la république, le duc de Guise* Dans la seconde période de temps , Gennqro Annèse obtint la conflance des insurgés. Il était arquebusier de profession , et ses connaissances en artillerie furent utiles pour repousser la flotte espagnole qui venait d arriver dans lu rade. Annèse nommé capitaine général , et voyant la révolte se pro* lonf^er, pensa qu'il ne conserverait pas aisément l'autorité « avec un peuple gui, dit Giannone, est toujours disposé à trop craindre et à trop espérer. »
Alors se trouvait à Rome, Henri de Lorraine II , quatrième fils de Charles de Lorraine, duc de Guise. Charles de Lorraine , arrêté à Blois , le jour de l'assassinat de son père Henri de Guise, le Baiajré, avait été enfermé à Tours , d'où il s'était sauvé en 1591. Réconcilié avec Henri IV, il en avait reçu des témoignages de confiance. Sous Louis XIII, disgracié pour avoir pris le parti de la reine* mère , il était venu implorer la protection du grand-duc de Toscane, et il était mort, dans la Siennois, sans voir la fin de sa disgrâce. Le quatrième des enfants de Charles , dont il va être question , résidait momentanément h Rome , pour y faire casser son mariage avec Honorée de Berghes , veuve du comte de Bossut , lorsque les Napolitains, sur la proposition d'Annèse , le nommèrent leur gé« néralissime. On sait toutes les prétentions que les Guises voulaient faire valoir sur le royaume de Naples (voy.
pag. 258). Il accepte; il traverse témérairement la flotte espagnole, commandée par don Juan. D a&Drd , Henri montra au courage et les grandes qualités qui avaient illustré ses ancêtres.
Les Napolitains crovaient avoir trouvé leur Nassau. On avait conseillé à Henri de respecter les femmes des autres , de bien parler de l'Église , de ne pas admettre des huguenots à sa cour , ni dans les années; de ménager le cardinal Filomnrino, de manifester du dévouement pour le pape, défaire espérer au peuple l'appui de la France. Henri
pays , et il fit percer le beau ehemin de la Grotte^ qui conduit de Lyon à Turin par les Echelles.
Les Vénitiens commencèrent, à cette époque , malgré eux , une lutte corps à corps avec l'état ottoman ; elle dura près de vingt-cinq ans. Ils n'en sortirent ou'avec des désastres ; mais l'honneur des armes leur restait. Yaînqgeur dans dix batailles navales , défenseur opiniâtre de Candie, qui avait coûté plus de cent mille hommes à l'ennemi , le Jion de Saint-Marc (*) pouvait se
glorifier d'avoir porté des coups terriles à ce colosse musulman qui avait menacé de fondre , de tout son poids, sur l'Italie.
lOsBÂTt ft'AuiAiriBv Vn ATte Lovri XIV. — RBi^riov BB i.*a«ia8sabbi;b bb Vbivub Basa*
SOBÂ. — TbAIT^ BB PiSa. — SATUrACTIO** roB- TiaS A PABU.
Les débats d'Alexandre Vil avec LiOuis Xrv ont retenti dans toute 1*1talie. Une relation de l'ambassadeur vénitien, Basadona, politique d'un très -grand talent, donne des détails inconnus. La auerelle, avant de descendre au peuple et aux soldats, avait commencé dans les salons mêmes du pape. Il haïssait les Français , parce que Mazarin lui avait fait donner l'exdusion. Cependant, la France avait ensuite consenti à son élection, et, sans ce consentement, il ne serait pas monté sur la chaire de Saint-Pierre. Le pape avait l'imprudence de parler mal des Français sous les prétextes les plus légers. Ilrépétait souvent les passages où César s'exprime endétrac^sur
(*) Nous avons voulu donner une vue de la colonne, au haut de laquelle est replacé actuellement le lion de Saint-Marc. On voit, planche 70, cette colonne. A droite, de Tautre côté, est celle qui est surmontée de la statue de saint Théodore, armé et monté sur un crocodile. Nous avons déjà parlé de ces deux colonnes pag. 3 7 et 17g. Dans le fond, est le célèbre cam|)anile (voyez pL ai). Au milieu de celte planche 70 est le |)alais ducal. A la gauche de la façade du palais,- et i droite sur la planche, est le bâtiment de la bibliothèque; plus loin, la Zecca^ ou hôtel des monnaies.
des Gaules, et il appliquait les mœurs anciennes aux mœurs nouvelles. Il cherchait à prouver que c'était l'impétuosité et l'occasion , et non le courage et l'habileté , qui avaient produit les actions merveilleuses par lesquelles la France a acquis tant de gloire. Il entrait en fureur lorsqu'on lui parlait de Mazarin, et il ne le ménageait pas mémeaprèssamortllsevantaitd'avoir maltraité directement, à Rome, M. de Lionne, qu'il appellait d'un nom malhonnête et odieux. D'autresfois, il le désignait comme le curateur du roi. Le duc de Créquy fut choisi exprès, dans de telles circonstances , pour aller développer, à Rome , le caractère d'ambassadeur. Ou le connaissait brave, un peu altier, ferme, mais capable de modération. Il eut ordre d'entrer dans Rome avec une suite nombreuse. Les premiers rapports furent, de la part du pape, sévères et peu conciliants. Il retarda, sous divers motifs, raudience de la duchesse, qui avait demandé à aller baiser les pieds du pape. Le pontife énumérait, d'un air de joie, les refus qu'il faisait à l'ambassadeur. S'il y avait des querelles entre les Français de la suite de l'ambassade et les sbires, ie pape se réjouissait quand les Français étaient vamcus; il disait qu'il ne fallait négliger aucune occasion de mortilier cette pétulante, nation. Un jour, il y eut une dispute sur la place du palais Farnèse, habité par l'ambassadeur; plusieurs Corses de la garde du pape , qui retournaient à leur Quartier, et qui prirent part à la querelle, furent blesses. Le lendemain au milieu du jour, ils revinrent en force, tambour battant , et firent une décharge sur les fenêtres du palais, malgré la présence de l'ambassadeur qui avait paru sur le balcon. En se retirant, ils rencontrèrent l'ambassadrice, et, sans aucun égard pour son sexe et pour la dignité de sa personne, ils firent feu sur la voiture, blessèrent des domestiques, et tuèrent un page qui se trouvait à la portière. La duchesse s'évanouit, le reste de ses serviteurs l'enleva et la porta dans le palais du cardinal d'Ëste,qui, ayant
SU
vraît à Ponte-Molle, sur le Tibre; que toute la nation corse serait déclarée incapable de servir ou à Rome, ou dans rÉtat ecclésiastique, et qu'on élèverait une i>yramide avec une inscription à ce sujet; que le barigel perdrait son emploi; et enfin , qu'après la première audience du lépt , le pape restituerait Avignon , qu'il avait fait occuper par ses troupes.»
Le cardinal légat plut h Paris par \a douceur et l'élégance de ses manières, pjar ses discours réservés; le duc de Créquy revint à Rome , et tout ce qui avait été arrêté reçut son exécution. « Ainsi se termina ce différend qui, depuis son orif^ine jusqu'à la conclusion du traité, tmt le pontificat dans l'oppression , le monde en suspens , et 1 Italie dans la stupeur , pendant l'espace de deux ans, et qui, après que la plaie fut guérie , laissa dans l'Église et dans leprincipat ecclésiastique une grande cicatrice qui les défigure; car, sans un miracle patent, ils reprendront difficilement leur premier éclat. •
Aous ajouterons que la rigueur des conditions exigées par Louis XIV fut compensée par tant d'actes de générosité envers le cardinal Chigi, et toute la famille pontificale, mie l'on dut reconnaître, dans toute 1 Europe, la ^randeur d'ame et la générosité de ce prince.
MoBT »■ PatLtrri IV. ~ RàaiiB o« CaAks.mt If. •— > HOBT »B FsaBi>A«B II , aa^VB-DVC DB Tôt* CAïS. -«Soil rOBTKAIT.
Philippe IV mourut en 1665, laissant, de son mariage avec la reine Marie- Anne d'Autriche, un fils, qui prit le nom de Charles II, et qui n'était âgé que de quatre ans.
JjB grand-duc Ferdinand II nwurut le 24 mai, âgé de 59 ans, après en avoir ré^ 49.
Ce prince ftit universellement regretté. L'estime qu'on faisait de sa personne était générale. De tous les souverains qui eurent alors la sagesse en partnge , il fut celui qui en montra le
S lus dans ses actions. Ses sujets lui onnèrent des larmes. Il se plaisait à vivre en homme privé. Bienfaisant et
généreux, Il aimait à dire que son trésor était ouvert aux savants , aax artistes et aux malheureux. Ferme et sincère dans les traités, exact otwenr»* teur de sa parole , il donnait Texeniplc d'une intégrité inaltérable, sans oste»" tation. Il apaisa le courroux des mi«nîstres du roi , dans le traité de Pise. Il paria aux agents du pape un langage de conciliation ; il disait à ees agents : « Vous ne pouvez pas faire de cette insulte si grave , une affaire religieuse. Le roi de France craint une affaire religieuse. L'état de son pays le lui ordonne. Le roi est assez embarrassé d'Avignon , qu'il a mêlé à ces débats.
Vos hauteurs récentes excusent le roi, et reportent la querelle sur le terrain des différends fiolitiques. Ne levez pas de troupes qui emporteraient votre aident , vos habits et votre gloire. Je sais que Lionne a dit dernièrement :
« Heureusement^ Us nous ont remis sur la voie des tambours y des trom^ pettes et des arquebuses, » Acceptei donc les conditions d'aujourd'hui, elles seront pires demain. »
Cl^mbut IX. » Clémirt X. — Ibbocbbt Xt> ^-^
COSHI m. SOCCEStBOB DB FsiDIBlBB II. — CoSIIB 111, Mktti A MA»ODBaiTI«LoOISB 1>*Ob> hiktiêt COfStXB DB LOOIB XIV. — POATKAIT BB CBTTB »BIVCBMl. — ICAB GaSTOV, flU DB MaB> «VBBITB BT Bl GOSMB IJI.
Clément IX, successeur d'Alexandre VII, étant mort en 1670, le conclave élut à sa place Clément X , auquel suc* céda Innocent XL
Cosme m occupait le trône de Toscane. Il avait épousé , après la paix des Pyrénées, l'ainée des princesses du second lit de la maison d'Orléans.
Louis XIV, regardant cette princesse comme sa propre sœur, avait voulu la doter de son trésor.
Marguerite -Louise d'Orléans joignait a une très-belle figure, une extrême vivacité. Son père, dans le dessein de la placer sur le trône de France , lui avait inspiré la plus grande aversion pour la (gravité espagnole et le cérémonial italien.
Accoutumée m\ plaisirs que le roi préférait lui-même, Marguerite montait à cheval, aimait la diasse, la
né sujet de la république, n'avait acquis tant de gloire que pour l'avantage
seaux venant de I^oueftt, une baleine et des herbes flottantes. Le lendemain on ne rencontra rien. Les compagnons du navigateur, découragés , le menacèrent de le jeter à la mer. Il opposa à leur désespoir, la douceur, la bonté , la fermeté, la conGance. Mais la ré- ■volte éclatait de toutes parts ; Colomb allait périr. Il était prêt à tomber aux genoux de ses matelots pour les supplier d^attendre encore avant de revenir sur leurs pas ; on rappelait fou, maniaque, étranger imbécile , prodigue du sang des nobles espagnols. Il parlait un soir, an coucber du soleil, avec Alonzo Pinçon, un de ses lieutenants, lorsqu'une voix cria terre, terre. On voyait une masse obscure, située à a5 lieues, mais le matin celte terre avait disparu. On venait de prendre des vapeurs aériennes pour une lle.Le i*^' octobre les vaisseaux se trouvaient à 700 lieues des îles Canaries. La révolte recommença. On aiguisait publiquement les poignards, li^amiral n'était plus sal ué ; on obéissait cependant, parce qu'on ne Tavait pas encore assassiné. Le 7 , les indices de la terre se multiplièrent. Le vaisseau la Nina qui était en avant lit une décharge de son artillerie, en signe de réjouissance : mais on n'avait encore atteint que des nuages. Le 8 , le nombre des oiseaux avait augmenté , le vent apportait une odeur végétale. Le 1 1 , un jonc encore vert passa près da vaisseau ; plus loin on aperçut un rameau d'épines chargé de fruits. Enfin à 10 heures du soir , étant assis sur la poupe du vaisseau, Colomb distingua des lumières. Une vesle de velours était promise au matelot qui apercevrait la terre le premier. A deux neures du matin , dans la nuit du x x au xa octobre xSga, un matelot cria qu'il avait obtenu la récompense. L*ile qu'on découvrait était l'ile nommée aujourd'hui San- Salvador. L'escadre continua sa route, et arriva à File de Cuba , puis à Saint-Domingue. Plus de détails appartiennent à un outre travail que le mien. Ce nouveau monde a pris son nom de celui d'Améric Yespucd, marchand florentin , qui le vbita après Christophe Colomb. Une des contrées de ce pays qui s'esidéciarée nouvellement indépendante, a reçu le nom de Colombie pour honorer le véritable auteur de la découverte. Colomb n'a cessé de cultiver les belles -lettres; il composait des vers latins. Jamais il n'a revu Gènes , et il est mort à Yalladolid d'une attaque de goutte, le ao mai x5o6, Agé de 65
d*uiie autre puissance. L'Espagne, riche de For de rAniérique, prenait Thabitude de soumettre Gènes à son capfioe, d'occuper ses forts, et de la déclarer, malgré elle , Tennemie des ennemis de Madrid.
Le roi de France se plaignait d'insultes faites à son pavillon; on essaya en vain de traiter. Gènes s'exagéra sa force et la protection que pouvaient lui accorder ses alliés. L'amiral Duquesne parut avec sa flotte. Ayant donné cinq heures aux Génois, ^ur accepter des conditions, ils ne firent aucune réponse , parce que ces conditions étaient, selon eux, trop injustes et exorbitantes.
Bientôt il plut des torrents de feu et de fer embrasé, et la ville fut à moitié incendiée. La flotte se retira; mais il fhllut que les Génois se soumissent aux volontés de Louis. Il fut convenu que le doge et quatre sénateurs iraient trouver le roi, lui témoigneraient, au nom de la république, le regret d'avoir offensé la France, et promettraient de congédier la garnison espagnole.
SATiiticTioiis totniu rAALSsGlirou. — thtwi'
aiVDI BB LOOM XIV ATBC LA CODA B> ROHB. -»
Lu VBAircBtsBi. — Las qoatab aaticlks. — UnooiiT XI* ÀABZAVBAa Vill , Ibbocbiit XII. — Soir vobtbait. — Mobt »m Cbabxbs II, mot ft'EfrAavB» — Ii> ArrBLLB a sa svccassiov »■
VBTXT • VXAS BB LOVIS XIV.
Le doge arriva à Versailles, et il offrit publiquement ses excuses. Le prince promit d'oublier l'injure. Encore, dans cette circonstance , comme dans celle où arriva le légat Chigi , le roi traita ses hôtes avec une singulière magnificence.
Les affaires de religion avec Rome,
ans. Ses restes ont été transportés dans la cathédrale de Santo-Domingo. Il y a à Gênes des manuscrits de Colomb qui n'ont pas encore été imprimés. Le marquis de Malas-
{lina de Lucques, qui a long-temps servi sur es flottes espagnoles, nous a lu à Florence, dans les réunions de la Société Cohmbaire, des informations ti'ès-curieuses sur l'arrivée, le séjour et les travaux de Colomb en Amè* rique.
BK-HVmfcMB StÈGLE.
PA<»ÂB4Ttn fti •VB&k* ■> IVAt». •» Faits %n*
1.A.TIVS AWK TIUSS DB ViCBVCB , »B LiTOOBIIB | 1>K SlXVKB XT SB BkIBOBS. — MlLAV BT If APLBB
xacoirirAiMBST PBiMrrB V. — L'iiirBBBnB Lfo-
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I^'Italie va être le tfîéâtre de dissî* denceSfde guerres suscitées par les Autrichiens, qui se |)rëparaient à faire casser, s'ils le pouvaient, dans des ba« tailles renouvelées, le testament du roi Charles II.
Victor- Amédée II . duc de Savoie, gouvernait sagement le Piémont ; Louis Mocénigo venait d'être élu doge à Venise par les 41 électeurs définitifs. Le nouveau prince lui donnait le conseil de ne pas prendre part à Tébranlement général. Il faisait en même temps fortifier Vérone , et il envoyait des Stradiotes à Vicence (voyez»/. 73) (*)• Cosme III de Médicis désirait étendre la puissance de la Toscane, et se disposait à appuyer de son înQuence le grand roi, auauel il était étroitement uni par les tiens du sang ; il ordonnait guelgues armements de galères à Livourne (voyez/?/. 74] (**};
(*) La plandie 73 représente une vue de Vicence. Cette ville est câèbre ner la naissance et une foute d'ouvrages de Palladio. Le palais public appelé la Basilique est une vaste et magnifique restauration qui a commencé et étendu la réputation de ce célèbre architecte. Sur Tune des deux colonnes qu^on voit ici en face , on remarque la statue de saint Marc. Sur Tautre il y avait le lion , compagnon fidèle de saint Marc. Les vicissitudes de la guerre Tont fait disparaiiir. Le théâtre olympique de Vicence, construit sur les dessins de Palladio après sa mort , est un ■lonument noble , élégant , curieux. Les montagnes du Vicentin, notamment celle du Diable , et autres , au sud-est , sont la plupart de nature volcanique. On y trouve quel- 3ues ctioédotnes, des grenats , des lopases, u verre fossile et de la pierre ponce.
(**) Voici la ville de Livourne. La tour qui est au oiilieu est le Marzocco,
Dans le plus l)el endroit du port est la statue de Ferdinand T', élevée par Cosme II, sou ûls. Une ville comu^crçante telle que Li«
il envoyait des approvîsionnemeiits à la ville et a la cttadelle de Sienne (vov. pL 75) (*). Clément XI , Alb&ni , ^ûî occupait la chaire de Saint-Pierre, ba* raissait aimer la France, mais ne lui offrait que des marques d'attachement très-réservées. Les gouvememeiA es* pagnols à Milan et à Gènes atteûdaient
vottme , exposée aux influences pcitileiitiei* les par les comroonicatioos qu'elle entretient avec les pays où cette fatale endémie règni souvent , avait besoin d'un lazaret. Le gon* veruemeiit, toujours occupé du bien de cett« ville, en a établi trois » propres aux diffé» rents genres d'infection quW suppose i ceux qui viennent des lieux susiiects. Le [)lus récent et le pins beau est celui qu*a fait construire Léopold.
Les collines et les montagnes qui bornent à Test la plaine sur les confins de laquelle est Livourne , sont, pour la plus grande par* tie,de matière calcaire, ou d\in granit fort grossier. Le chevalier Lustrini , secrétaire des affaires étrangères de Toscane, appelait Livourne la iposa dt Fiorênza.
On y fait un grand oommeroe en eotott brut et filé, en café , en sonfro, en laque, en drogues , en coraux , en perles « en Mè, Les Anglais y apportent des meubles, dea dra|is, de la quiocaillerie, des morues et autres poissons talés. Souvent il y a par an jusqu'à 7 ou 800 vaisseaux sous leurs couleurs.
Livourne a dA beaucoup à Lcopold , qui peut en être appelé le second fondateur.
(*)Sur la planche 75, on voit «ne des places de Sienne. Celte ville est sîltiée sur la cime d'une montagne environnée de collines qui semblent lui servir d*appiii. Ell« est exposée à lous les vents, qui cbasent k» mauvaises influences que lui apporteraient les marécages de Salurnia. Sou circuit «si d'ennron cinq milles. La tour de Mangîa « qu'on voit ici à droite, est élevée de 270 pieds. Elle fut construite en iSiS pour servir d'horloge; près de h tour, est le palais de justice, isolé, bâti en pierres au premier étage, et complété, pour le reste, par la brique.
Les Siennois se sont de tout temps adonnéi aux lettres et aux scifjiees.Cest chez eux qu'on parle l'italien le plus pur. I^es grands-ducs de Toscane n'ont jamais négligé de protéger Sienne. Léopold y a restauré plusieurs éla« blissemcnls qui allaient périr.
Le cardinal de Janson, ministre de Tranoe, et le duc d'Uzéda, ambassadeur du roi catholique Philippe V, demandèrent au pape qu'il donnât à ce prince rinyestiture des royaumes de Sicile.
On a TU lesconditions delà première investiture signées entre Clément IV et Charles d'Anjou. On se rappelle que le tribut qui taisait partie de ces conditions , et qui devait être offert dans deux cassettes portées par un palefroi bianc (origme de la haquenée), était , quoique réduit à une moindre somme par des conventions subsé-
Suentes , régulièrement payé la veille e la Saint-Pierre (voyez pag. 272).
Voilà donc que tout à coup les ambassadeurs d'un des concurrents veulent exercer, et presque violemment, le droit d'offrir et de faire accepter ce tribut. A la première nouvelle ae la démarche du cardinal , ministre français ,- et de l'ambassadeur d'Espagne , M. le comte de Lamberg, ambassadeur de Léopold, sollicite la même faveur. Il se présentait ainsi deux tributs et deux haquenées.
Le pape ne voulait pas accepter Thommage d'une des parties , de peur d'offenser l'autre, et il souffrait de ne pas accorder ce que désirait la France, parce qu'il penchait en secret à la favoriser. Il y a des historiens imprudents, qui , dans des pages injurieuses , se moquent des traités conclus avec les papes, et regardent ces stipulations comme illusoires, misérables, et de peu de durée. Pîous voyons cependant aujourd'hui, qu'en 1701 , un traité conclu en 1267, c'est-à-dire depuis 434 ans, est encore debout, plein de force, de vie et de puissance. Aux termes de ce traité. Clément XI répondait à M. de Lamberg : « La couronne des Deux-Siciles est incompatible avec l'Empire (voyez p. 96). Léopold l'empereur aura pour successeur Joseph, son fils aîné, qui a perdu son enfant mâle, et qui n'a que deux filles : la couronne impériale appartiendra au prince Charles pour qui vous demandez Naples. » Clément XI disait ensuite à M. d'Uzéda : « La couronne de Sicile est incompatible avec la possession de la Lombardie. Depuis
Charles-Quint, nous avons réclamé contre la réunion des deux états; aujourd'hui on appelle le saint -siège dans le différend qui s'élève; nous devons tenir aux conditions signées en 1267. » Les pourparlers contmuèrent. De la part de la France , ou plutôt de l'Espagne, on offrit au pape les deux provinces des Abruzzes , situées dans le voisinage de ses étate. Lamberg n'offrait aucun avantage. Cependant le jour de la fête de saint Pierre s'avançait. Le pape fut obligé de publier une réponse claire et positive.
Il déclara que plus que jamais il tenait à son droit d'investiture , qu'il aimait à voir quatre augustes princes rivaliser de zèle pour proclamer le même droit; que quant à la question de savoir à qui serait accordée la nouvelle investiture, il fallait attendre que les puissances de l'Europe fussent d'accord , pour ne reconnaître qu'un seul roi d'Espagne. Tout à coup il arriva de Madrid une dépêche royale qui enjoignait au duc d'Uzéda de présenter le tribut avec les formalités accoutumées, et, si le pape se refusait à le recevoir, de tâcher d accomplir l'ordre de la cour par surprime, D Uzéda ordonna au prince Colonna, connétable du royaume de Naples, de prendre ses mesures, pour que l'ordre royal reçût absolument son exécution. Le pape cherclia encore à modérer le zèle de d'Uzéda.
« Je ne veux accepter en ce moment, ni argent, ni haquenée, ni rien qui ressemble à un hommage lige : laissons les affaires mieux s'éclaircir. Je n'entends d'ailleurs préjudicier aux droits de personne. » L'Espagnol pensait alors a user de subterfuges. Il appelle à lui secrètement l'agent d'Espagne , Alphonse deTorralba, et lui dit : « A tout prix, il faut que l'on présente la haquenée. » Alphonse acheta un cheval de la couleur indiquée, le revêtit d'un caparaçon brodé en or, aux armes pontificales , y attacha une reconnaissance notariée du tribut , réduit alors à sept mille ducats, et cacha ensuite le cheval presque tout entier sous plusieurs de ces longues couvertures communes, dont se servent les oavsans
Oîbraltar et Minorque à TAn^eterre, le i\Iontferrat , une partie du ntilanez , et la Sicile au duc de Savoie, avec le titre de roi, enGn Milan, Mantoue et Isaples à la maison d'Autriche.
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L'Italie célébra par des fêtes le retour de la paix. On se livra dans rliaque ville, aux plaisirs du théâtre.
IVous n'avons pas encore parlé de l'art soéoique chez les Italiens. Ils avaient surtout des caractères nationaux, qu'ils «limaient à revoir souvent. On verra, pi. 78 et 79, les divers acteurs de comédie qui reparaissaient toujours avec le même masque et le même costume , pour jouer toutefois des scènes différentes , mais cependant assorties à leurs habitudes.
Voici quelques notices succinctes, tirées des auteurs du pays, sur les personnages mimiques que la scène comique italienne a admis jusqu'à nos jours, tant sur les théâtres que dans les spectacles de la foire.
Les plus anciens de ces personnages dont il soit fait mention aans le XVl* siècle , sont les Zaïtni, nom sous lequel furent connus en Italie les deux per* sonnages vulgairement appelés Arle* quin et Scapin, Nous ne nous arrêterons pas à rechercher ni si Tétymologie du moi Zanni, répond au nom de /«a» dans quelques pays, ni si l'un et l'autre étaient pour le costume, comme pour le caractère, les mêmes que ceux qui égayaient les scènes grecque et romaine, r^oûs nous bornerons à les décrire tels qu'on les a vus encore de notre temps.
Le costume du zanne Scapin , qu^on trouve/;/. 78 E, a beaucoup de variétés : primitivement il a été tel qu'on le voit ici ; il avait une sorte de bonnet de fem« me , et son caractère était la ruse. Il était aussi plus hardi que le zanne Arlequin , que nous allons décrire. Les vêtements de ce dernier ont subi deux variations : on voit l'ancien zanne Arlequin , jj. 79 A , et l'Arlequin moderne, même pi. D. Le costume de ces zannl, qui n'a jamais été celui d'aucune nation , se
composait de morceaux de drtp rou^, bIeus,oranges et violets,coupés en trianele et cousus les uns aux autres depuis le liaut jusqu'en bas, comme pourior-* mer unes^ule étoffe. Un petit chapeau couvrait à peine la tête , qui étaii r»* sée; la chaussure n'avait pas de ae^ melle. Uu masque noir et court aveo deux trous devant les veux cadiait hi figure. Arlequin devaii faire rire leg spectateurs par le son de sa vou,par ses gestes, par ses grimaces et ses contorsions. Son caractère était celui d'un idiot qui avait toujours faim. Il y a été fait dans la suite quelaues altérations, et l'on a fini par lui donner même un peu d'esprit et de courage.
Quelques-uns, dans les derniers temps, l'ont fait parler en honune d^expérience et en moraliste.
Outre l'Arlequin et le Scapin dont il vient d'être parié, on trouve cité dans le 50* bozza du théâtre de la Scala, un graziano Dottore;i^esX\t joli masque, si plaisant, qu'on voit pL 79 C, et dont le nez est en forme de bec d'oiseau ; un Capitano Spavento y pL 79 F ; xin pantalon vénitien , pL 78 A, un PedrclinOj Pierrot, p/. 79 E . Le docteur parlait bolonais, à cause de //ologna la DoUa. Le capitaine parlait un espagnol mêlé de milanais et de napolitain. II y avait du courage à mettre ainsi sur la scène le dominateur de l'Italie. Le Pantalon parlait vénitien \ les zanniy Arlequin et Scapin , parlaient bergamasque. On leur orêtait ce langage à cause de la prétenoue analo* gie de leur caractère avec celui de la population des vallées de BergamCi ^u on supposait composée de gens idiots ou rusés , ce qui a définitivement donné à Arlequin le caractère d'idiot, et à Scapin celui de rusé. Les auteurs qui ont ensuite fait d'Arlequin un nomme d'esurit et de bon conseil, étaient, peut-être, des Bergamasques, et ils avaient raison de détruire de faux préjugés.
Nous remarquerons que le capitaine Spavento disparut du théâtre un des premiers. Il y aura eu quelque intervention du vice-roi de Kaples et du gou« verneur de Milan.
découvert par Christot)he Colomb, une nouvelle route frayée pour aller aux Indes, les progrès de Tart des constructions navales, faisaient nerdre aux Vénitiens leur supériorité dans la marine et dans le commerce.
Victor- A médée désirait se faire couronner en Sicile. Le prince Bufi^ra, revêtu de la première . titulature du
3a un siècle plus tard , perdre son inépendance.
Louis XIV était mort, après avoir vu la fortune sourire de nouveau à ses vastes efforts, et consolider ses hauts projets politiques. Pendant b régence du duc d'Orléans , les Espagnols recommencèrent la guerre.
Cosme n'avaiU pas pu mettre un
pays , ayant été introduit devant le roi terme à ses querelles avec la princesse assis sur son trône, lui avait témoigné Marguerite : ellç était retirée à Tabla satisfaction des Siciliens. Déjà la Inye de Montmartre-, 'mais il l'assié-
maison de Savoie aniiiitionnait la possession de Gênes , pour pouvoir se rendre plus facilement en Sicile. Mais In ville où Ton admire le beau palais Tursi Doria (voy. pL 80) (*), ne devait
(*) Sur la planche 8o . on voit le palais Tursi Doria , run des plus beaux de Gônffs.
21 fut bAti TCTS ranncc-^5f I , sur les dessins et sous la direciion de Roceo Luzago » arcbilecie lombard. Cet édifice se fait remarquer por ses grandes et belles proportions, et par le caraclère de soUdité^uUl offt'e dans son ensemble. Le vaste soubassement qui lui jert de base, ses magnifiques terrasses, et surtout les deux loges qui raccompagnent , font tellement valoir les masses de ce palais, que dans toute Tltalie il serait impossible d'en trouver un mieux assis, et qui présentât à Tteil des lignes à la fois plus heureuses et jiUis imposantes.
Il nV&t nas de voyageur qui u*ait été frappe de la beauic et de la magnificence de la ville de Cènes; aussi est-ce à juste titre qu'elle a été appelée ia Stfperbe.
L*é(onnante variété qui distingue 1/» manière de bàlir de chaque contrée de lltalie, imprime, pour ainsi dire, à chaque capitale im caractère particulier. Rome, Florence, Naples, Yenise, Milan et Géoes, n'ont aucune ressemblance entre elles. Mais Gênes, à cause de sa situation en amphithcâtrc, offre plus qu'aucune autre ville une disposition merveilleuse dans les plans de ses monuments. C'est là qu'une hrillanie imagination, toujours guidée par la raison, a su produire ces effets eucbauieurs qui semblent, dit M. Gauthier, appartenir plus à des songes qu'à la réalité. Le marbre et la peinture y sont tellement prodigués, que même en sortant de Rome et de Florence, on ne peut que s'étonner de tant de richesses, ^'ous sommes à portée de connaître tous ces chefs-d'œuvre de la ville aux l>eanx édi-
2V Livrahoti, (Ita.lib.)
gcait d'espions, et Tinfortunée princesse était suivie à vue. On avait gagné SCS femmes , ses rx)nGdents les plus intimes. On pratiquait, à la vénitienne, des cachettes d'où Von épiait ses moindres actions. 11 y avait des sentinelles jusque sur les murs de clôture. Elle savait toutes ces bassesses, et s'en irritait chaque jour davantage. Louis XiV n'aurait pas dû permettre si long-temps ce système odieux de persécution. Poussée au dernier degré du désespoir, elle écrivit à son époux cette lettre, que Galluzzi a trouvée dans les archives de Florence : «Je ne sais pas supporter vos extravagances; je ne puis fréquenter les sacrements, et voUs me ferez damner, comme vous serez damné vous-même ^ parce qu'on ne peut pas sauver son ame , lorsque Ton est la cause de la perte d'une autre. Je ne veux plus songer à faire le bien , parce qu'il me réussit mal , et vous me réduisez , moi femme , à un tel désespoir , que je ne songe plus qu'à me venger. Si vous ne changez pas de façon d'agir avec moi , je vous jure , par" la chose du monde queje nais le plus , qui est vous y que je ferai le pacte avec le démon , pour vous faire enrager. Votre dévotion ne votA
iîces. M. GaïUbier, qui a été en x8i6 Pua des pensionnaires architectes les plus laborieux de récole des lieaux-arls à Rome, a entrepris la description des palais de Gènes, et, ce qui est mieux , il Ta achevée. Cet ouvrage , digne des plus grandes récompenses, et publié en entier , comprend en deux parties, avec un texte, les édifices de la ville cl ceux des environs , ces délicieuses 'viltas qui donnent une idée dos fictions du Tasse, et des anciens * " '^mis.
florentine; rAndeterre el b Hollande lui promirent (m appui : mais eette idée fut abandonnée. Alors il jeta les yeux sur la maison de Lorraine. C'était celle dont la branche cadAte avait obtenu tant- de célébrité sous le nom de maison des Guises. La branche a!« née , modeste, pacifique, amie du peu-* pie , déférente pour les grands , n'avait pas pris une part funeste aux affaires de TEurope. L'empereur devait à cette maison , qui avait toujours été agrénble n Tempire, une compîensation pour le Montferrat, dont elle avait été dépouillée. Il y avait dans cette famille un prince de trois ans , fu'on pouvait transporter en Toscane, et qui descendait, par les femmes , de Catherine de Médtcis. La reconnaissance que le duc François de Lorraine et son épouse avaient témoignée à la grandeduchesse Christine et à Ferainand II , après s'être réfugiés à Florence en 1634, était encore présente à la mémoire des Médicis , et quoiqu'une dispute de formalité tint divisés en apparence Cosme Itt et Léopold, duc de Lorraine, elle n'avait pas interrompu entre eux une correspondance secrète et comme fraternelle. Tout allait bien pour la maison de , Lorraine. La maison d^ste, de son côté, prétendait offrir des droits égaux.
JDona Virginia de Médicis, fille de Cosme II, les avait portés dans la fami lled'Este. On examina ceux des deux maff^hs, et Ton décida que la maisort tP Este pouvait être préférée. La ^tlMtfe devait contrarier tous ces projet Cosme III étant mort en 1723, son 01^, Jean Gaston, devint grandduc à l'âge de cinquante-trois ans , et plus que jamais on pensa à chercher un successeur aux Médicis, dont la branche masculine allait .s'éteindre.
Le plaisir de régner, qui exalte ordinairement l'ame des princes , ne fit sur Gaston aucune impression. Le public fut surpris des marques d'indifférence, et même de dégodt, avec lesr^uclles il se prêta aux cérémonies ordinaires du rang suprême. Un des premiers actes de sa puissance fut d'éloigner de la cour les faux dévots
et les complaisants qui environnaient Cosme m, d'abolir des pensions prodiguées h une foule deTurcset d'Hébreux, devenus chrétiens par cupidité, parmi lesou^ls fl se trouvait de faux Turcs et ae fiaux Hébreux, attirés par la crédulité du erand-duc. Ces sommes d'argent que le peuple appelait par dérision , pensions sur le Credo ^ ne servaient qu'à nourrir l'hypocrisie et la fainéantise. Elles étaient d'un poid« énorme pour le trésor fublic. Gaston, dit Gailuzzi, Gaston» bien persuadé que r amour des peuples e^t toujours proportionné au tx)nneurdont ils jouissant, donna des soins à la réduction des monts-de-piété , devenus trop usurju'res , et à celle des impôts dont les rloacans étaient cliargés. 11 ne porta pas de nouvelles lois pour détruire une inquisition tyrannique sur les mœurs, étMlte par son père ; il protégea mieux la liberté par le profond mépris dont il accabla les délateurs : en condamnant la cruauté des ministres qui, dans le premier moment, croyaient devoir faire comme ils avaient fait auparavant , il établit un système de gAuvernement dont la douceur et rhunoanité-lui attirèrent l'amour et le respect du public. A l'exemple de Ferdinand II , son aïeul , il dépouilla la trop grande majesté du trône, et, dégagé du faste et de l'orgueil de son père , il vécut avec la noblesse et la oourgeoisîe , ne dédaignant pas d'assister à leurs fêtes et de prendre part à leurs amusements.
La grande-duchesse, épouse de Gaston , résidait en Bohême : malade , et désormais reconnue stérile, elle ne pouvait pas lui donner d'enfants ; et il se livrait alors , trop sans doute , au dé« goût qu'elle lui avait inspiré depuis long-temi» (voy. pag. 322).
Tel était l'état de la cour, où l'on vit renaître l'enjouement avec la galanterie. La liberté, les fêtes, les plaisirs reprirent la place d'un cérémonial ennuyeux , de la tristesse, de l'orgueil et de l'adulation.
L'exemple de la cour gagna la ville.
On vit, dans l*espaced'one année, cliauger les mœurs et les usages.
UU-MVER«. *
Dès le oomniencement de ce siècle, la guerre ayant attiré de nouveaux étrangers en Italie, des étrangers qui n\ nient intérêt à s'y faire aimer, les coutumes éprouvèrent une iévolption inespérée. Kaples même et les Villes de la Lombardie recurent les manières et les maximes de leurs nouveaux botes. On vit paraître jusqu'à des habits de formes différentes. Il s'introduisit des idées de politesse recherdiée, et de commerce plus libre avec les femmes. Les soupçons, les précautions insultantes , les sé\'ètes princioes de retenue et de modestie outrée turent appelés uu nom de Jalousie importune, de rusticité des bois, de défaut d'éducation , et ce qui auparavant semblait tant mériter l'approbation, excitait le^ mépris et la raillerie. Le goût de la nouveauté , dit Galluzzi, l'mclinativa naturelle entre les deux sexes, l'avantage de voir les femmes dans des réunions plus multipliées, et de Jouir de leurs grâces , de leur esprit , "dévelop* pèrent les agrém^tsdela société chez une nation sensible, aimante , passionnée, portée naturellement au loisir et aux jouissances de la musique. Cetli adoption générale des moeurs, dites nftramotiUtines y conséquence vêtessaire des relations établies avec les seigneurs allemands et français, tour à tour vainqueurs , et toujours ennemis généreux, avait été regardée eh Toscane, dès les premiers moments-; par les con& dents de Gosme III , comme une cause prochaine de corruption; niais Jean Gaston permettait, au contraire, aux Florentins de se livrer avec confiance à ce développement si désirable de civilisation sociale.
L**tcHiDcc Cbiki.cs bktbkv KMrBarru sors lb
XOH »B CaABI.BS VI. '— Slé«K TIB GtlKAlTlB. —
IsmocKST XIU. — Bb901t XJil. — C&.kmi:>tXII.
So» fcLOCE.
I/archîduc, devenu empereur sous le nom de Charles VI , parce que Joseph , son frère et son prédécesseur , n'avait pas laissé d'enfants, ainsi que Tavait prédit Clément XI, demandait actucliement, en sa qualité d'empereur, la posâcssiin de la ville de >a-
pies (voyez pi, 81 ) (*) et de malgré tes anciennes -conventioos.
Les Espagnols , de leur oâlé, irntf> de voir un ennemi^iropriétaîre pdiable d'uiit partie importante de leur Jittoral, de ce Gibraltar défa rend, presque imprenable, assiégeaient s\tf plus de courage que d'espoir, cet:?
forteresse , fanal d'humiliation et û:
menace : mais cette profonde blessure, reçue comme sans le savoir , dans b débats du premier partage « dev:.; long-temps rester incurable.
Innocent XIII et Benoît XIII <V talent succédé sur la chaire de Sai> *• Pierre. Le dernier étant mort en 1 l'on résolut à Rome d'élire un pape <.
état d'accomplir la grande oeuvre .:
la paix universelle. Le sacré coUe^r.
inquiété par les fureurs de la sur • re, avait reconnu le danger alsi Vexposait l'incapacité d'un pape '.
dessous de sa mission dans ces te-: \ d'orage; on voulait donc en ci^ un dqnt l'esprit fOt capable de reucr les maux causés par Tindoience de : noit. Cependant Iq conclave dura i . sieurs mois. Les Français et les £.-: gnols, quel({ue temps divisés, on ne > pourquoi, reunirent à la fois leurs va* sur le cardinal Lorenzo Corsini. i^rentim II était âgé de 79 ans, etiigracié de la nature: mais il se m^ . mandait par un talent pour les afh*actif et encore prompt. On le juct en état de rendre de liants servnrti : gouvernement pontifical, et de lui rr curer une honorable et utile influer.
On vantait la droiture, la piété Je * cardinal. Dévoué aux Medioîs r Jean Gaston, il avait mérité I-a^ sion de l'empereur, qui portait Icv dinal Davia. Celui-ci se vovait t les jours sur le jpoint d'être élu p. ; il ne lui manquait jamais qu'une ^ et il ne pouvait pas se donner la sier. Peut-être ne niUait-il plus atttt que deux jours, une semaine, mois? Il fut plus empressé de faire .. belle action que de se livrer à
(*) La plandie 8 1 représeulc Xaple s Yékme xus d\ia autre point. Celte çn* a été faite d'après un deasiu de Oirodri.
calcul d'intérêt. Toiit-à-coup Davia donna un exemple de magnanimité mémorable. Il dit en plein conclave, en mettant dans le calice son billet non fermé : « Corsini me fait donnef* l'exclusion par la France , je péris au port; eh oien ! voici rha vengeance : je nomme Corsini. >> AVaccesso, Texemp!e de Davia fut suivi par tous ses partisans, qui ne doutèrent pas, et avec raison, que, par un tel procédé , le cardinal leur chef n'eût retiré Texclusion de Fempereur, et Corsini Tut élu. Il prit le nom de Clément XII.
C'est ce pontife qui a fait revivre h Rome l'esprit ecclésiastique, par de nobles exemples , et par Is soin qu'il a pris de nommer aux évéchés vacants, des sujets dignes du premier âge de TÉglise, comme il y en a toujours quand on sait les chercher. De ce nombre fut Prospcr I^ambertini, qui lui succéda sous le nom de Benoit XIV , et qui fut , sans contredit , un des plus saees , un des jilus grands souverains de l'état pontitical.
Corsini porta enfin partout des paroles de douceur et de bienveillance.
T^es AcathoUques même Técoutaient , et les hostilités cessèrent à la fin de 173Ô.
GtSTOS AFPELLX %V ToSCASB D« riU SB PlIILirpS - V. — Lk suc SK SaTOX> , BOI S« SiCILX , JTBVKVD
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