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Dans les années précédentes , Jean Gaston avait tâché de s'entendre avec Philippe V, pour qu'un de ses fils vînt s'établir en Toscane, et recevoir, du grand-duc lui-même, une éducation politique qui le mit en état de succéder aux Médicis; mais cet autre projet fut renversé, comme ceux de Cosmc III. En vain des troupes espagnoles étaient venues déjà tenir garnison à Livourne et même à Florence ; en vain leur chef avait employé tous les moyens propres à rendre sa nation populaire , età préparer le succès des
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"vcrains,* d*autres intérêts vinrent ù la traverse. î>es puissances n'avaient pas encore dit leur pensée ; elles parlèrent enfin , et l'on convint provisoi-
* rement que PertVpereur Charles VI aurait le duché de Parme et de Plaisance, qu'il rentrerait dans le duché de Milan, malgré les conventions de 1^67 ( voy. pag. 96 ) , qu'on ne pensait plus alors à respecter^ Le duc de Savoie , devenu roi de ^Sicile, en 1713, et qui avait échangé ce royaume, en 1718, contre celui de Sardaigne , Tecevait de l'empereur Tortone et Pîovare. J^ maison d'Espagne, au lieu de Parme et de la Toscane, gandait le royaume de Knpies et celui de Sicile. Personne ne pensait à l'affrontdeGibraltar.II restait a disposer de la Toscane. La France en fit le prix de la renonciation du roi Stanislas Leczinski au trône de Pologne. On arrêta que l'on donnerait au roi polonais les dudiés de* Lorraine et de Bar, possédés alors par le gendre de l'empereuiOharles VI , François de Lorraine, et on assigna à celui-ci, en échange de la Lorraine, le grand-duché de Toscane. La part de la France dans ce traité fut la réyersibilité de la Lorraine, après la mort du roi Stanislas.
Nous aumir«rons ici la politique du cardinal de Fleury. Il se souvenait apparemment de 'ces sages paroles d Anne de Bretagne à Louis XII :
« Avec une. nation comme la vôtre, deux villes de plus sur la frontière de la France valent mieux qu'un royaume à 400 lieues. »
POSITIOTT Btf Snc SB Lo&tAIBK ET SB GtSTO^T. — Lk8 EsrAOBOLS KKOBETTKS BX TOSCABB.— TbAItI
SB 1736. — Mort bb Castox. — Son kibtbait.
Cet arrangement déplut à Gaston, qui ne fut pas consulté; d'un autre côté , le duc de Lorraine était aussi mécontent que le grand-duc.
Si l'on se représente la position d'un souverain dépouillé d'un état possédé pendant six siècles par ses ancêtres, qui s'y étaient fait adorer par des vertus paisibles et des systèmes d'administration paternelle et généreuse; si l'on se représente ce souverain , dé*
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surtout àNaples. Tout Espagnol un peu distingué possédait déjà son palais, ses musées, sa villa, au ipoins, dans la Toscane. Ensuite, clepuis qu'ils n'appartenaient plus à la même maison royale , ils exagéraient les maux qu'apporterait le bâton des Allemands i « Il est vrai, disaient les Espagnols, que les seigneurs allemands ont su se concilier restimeetTaffectionde beaucoup d'Italiens; mais ce sont les seigneurs seuls qui ont cette gloire. Vous allez dépendre d'une autre classe d'hommes de l'Allemagne, qui ne se familiarisera jamais avec vous. D'ailleurs vous verrez , peut-être , les seigneurs eux-mêmes, quand ils tiendront le pouvoir, en abuser jusqu'à vous frap|)er, ce qu'un Espagnol ne s'est jamais permis. Tant que nous avons été les sujets de la même maison, nous n^avons vécu jamais en bonne intelligence. » EnGn , pour expliquer tout en un mot , ou plutôt pour se dispenser d'expliquer davantage l'esprit de contra^ diction des hommes, je me bornerai à dire qu'on "avait hai les Espagnols qui ne partaient jamais ; on se rapprochait des Espagnols qui allaient partir, et qui n'exerçaient plus la même influence. L'historien ne peut pas déclarer toujours par quels motifs vrais les nations renoncent à leurs préjugés et se contredisent tant dans leur conduite; il se contente de dire ce qu'elles font i et les lecteurs de tous les pays savent se reconnaître.
D'un autre côté, la réunion de la Lorraine à la France répandait l'alarme parmi les princes de l'Empire.
La situation de cet état, trop favorable à la France, lui donnait le pouvoir dangereux de pénétrer dans les terres de l'Allemagne, qui avait autrefois la faculté de pénétrer dans celles de la France : les électorats deTrèves et de Mayence restaient à découvert. Up plus grand inconvénient se présentait encore, c'est que les princes de T Empire , subordonnés désormais à la puissance française, ne pouvaient plus concourir aux guerres d'un intérêt germanique , et n'étaient pas plus soumis a l'Allemague en temps de
paix. Toutes ces réflexions furent tardives : le duc de Lorraine se vit obligé de céder. Le 28 août KS6, la France et l'Empire signèrent une eonvention qui réglait immuablement la oeasioa actuelle du duché de Lorraine au roi Stanislas ; elle devait avoir Heu pré' Gisement au moment où les troupes espagnoles auraient évacué la Toscanoi et que l'empereur recevrait du roi d'Espagne ei du roi des Deax-Siciles les actes de cession et de renoociatioD au grand-duché. Le duc de Lorraine, en attendant la mort de Jean Gaston, obtenait de l'empereur, son beau-père, quatre millions quatre cent mille livres ^ par an, et le roi de France acquittait toutes les d^tes de la Lorraine.
Les Espagnols, qui s'étaient toujours montrés disciplinés et portés à respeo* ter la Toscane , depuis f 781 , s*einmir« quèrent à Livoume, au milieu dee regrets universels, et les Allemands les remplacèrent.
Tous ces mouvements étaient autant de blessures nouvelles pour Jean Cas* ton. Il ne put résister à tous ces maux, et il expira le 9 juillet 1737 , à Vàee de 66 ans. Après sa mort, le prince de Craon prit possession du grand-duché. Il ne sera pas inutile de dire en ee moment, que|le fiit l'étendue de la perte de la Toscane, à la mort du dernier Médicis. Jean Gaston ne chargeait pas le peuple d'impositions, quoique, an miheu de tant d'interrentions étran«> gères , il en eét eu le pouvoir. U arait, surtout dans le commencement de son règne , dépensé son propre argent, pour délivrer les Toscans de leurs gabcîles, et s'il négli^ait ensuite de remplir son trésor, oetait dans la crainte qu'il ne ^ût faire des mécontents et oppri* mer des citoyens qui se disaient si heureux sous un tel prince. Malgré les derniers abusaue nous avons signalés, le souverain lui-même avait pris et conservé l'habitude de sacrifier les commodités du service de sa personne, pour adoucir le sort de ses sujets. L'industrie, ranimée par la liberté des moeurs et des usages, par la douceur du maître et la modération du gouvernement , avait repris une vigueur
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En Piémont, Victor-Ainédée, après avoir servi I» France, et combattu contre elle , s*étaitvu paisiblement reconnu comme roi de Sardaigne. Il avait pensé à faire fleurir dans ses états du continent les études nécessairement négligées pendant la guerre précédente. 11 avait res^uré ou plutôt établi une université qui est devenue célèbre. On y enseignait la tliéologie, la philasophie, le droit civil et canonique, la physique, les mathématiques, la médecine et la chirurgie : de toutes les parties de Tltalie . on en- • voyait Ides élèves à Turin. **
Jje roi voulait aussi libéralement qu'on y instruisit cent élèves gratis.
Cent cinquante autres payaient unepension modique. Il est sorti de cet établissement une foule d'hommes illustres dans les sciences et dans la littérature.
Charles VI, en même temps, donnait des soins vigilants h Tadmmistration du duché de Milan. Dénina rapporte cjue, conseidépar le prmce Eugène, il entreprit d'attirer en Lombardie les jeunes Napolitains, pour renouveler en eux des principes d'obéissance à la maison d'Autriche, et empêcher que l'uni- -versité de Turin ne continuât à devenir une rivale dangereuse. Il accorda même quelque liberté à la presse. La noblesse milanaise, plus disposée aux études qu'à la profession des armes , secondait les vues du cabinet de Vienne.
A cette époque, un événement grave et insolite attira l'attention de tous les gouvernements de la )?éninsule.
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CakBLXI-EMHAIIII»!. IH. — VtCTOa VSUT mBrkB»> ORB LA COOiniiXE. — II SST AAt^TB. — Sa VOIT.
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Ijc s septembre 1730, Victor-Amédée, roi de Sardai^e. fit appeler dans le château de Rivoli , les chevaliers de l'ordre de l'Annonciade, les grands et les vetits grands de la cour, le cbanoefier, les ministres et
les pnremiers chefs des magistrats judiciaires, et il dit en leur présence au marquis del Borgo : « Ministre et « notaire de la couronne, lisez ce que « je vous ai ordonné de lire. » Alors le marquis lut une pièce qui portait que le roi , étant âgé de soixante-cinq ans, le sentant le corps malade et 1 esprit affaibli ,. et se voyaAt avec joie un fils, Charles-Emmanuel, d'un âge mûr et propre aux affaires, il avait résolu d'abaiquer, dès ce moment, en faveur de ce fils ; qu'en conséquence, il lui donq^it par anticipation Tautorité royale qu il avait préparée, ac-
3uise et étendife. Par suite de cette étermination , le roi Victor commandait à tous ses ministres, généraux,' chefs, officiers, soldats, vassaux el sujeis , d'avoir et tenir pour roi , seigneur et souverain, Cnarle$-£mmanuel III, son fils , et de lui jurer hommage, fidélité et obéissance. Ensuite, adressant la parole au prince^ ainsi devenu roi, Victor lui recommanda trois choses : l» de défendre et de protéger, même au risque du royaume et"* de la vie, la pureté de la foi catholiguf ; 2* de faire droite et incorruptible justice, surtout aux faibles et aux pauvres, tout prince devant être le père et le protecteur des opprimés, et Fennemi des prépotents ; 8° d'aimer les soldats, de prendre d'eux un soin tout particulier , parce qu'ils sont les gardiens de l'autorité du gouvernement, les conservateurs du repos public, les défenseurs de l'indépendance de Tétat.
Enfin il souhaita à son fils une Ion- ^e vie , une autorité assurée , un entier bonheur, une famille nombreuse, puis il lui donna la bénédiction paternelle.
Charles-Emmanuel fondit en larmes, en entendant ce discours. Les assistants ne purent contenir leur émotion : Victor- Amédée seul parut impassible.
L'acte d'abdication ayant été publié, Victor, qui s'était réservé le titre de roi , et une pension peu considérable, se retira à Chambéry, en déclarant qu'il avait épousé la comtesse de Saint- Sébastien, qu'il nommait marquise de
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En 1739, le grand-duc François fit son entrée solennelle à Florence. Les historiens s'accordent à dire ouMl sut régir arec des principes de aouceur les provinces de la Toscane, en lui laissant les instituions auxquelles elle se montrait le plus attachée.
Charles de Boui*bon, né en 1716, de Philippe V et d'Elisabeth Farnè- 8e , était destiné à succéder dans le
f;rand-duché h Tautorité de Jean Gason ; mais on a vu que la plupart des puissances de TEurope avaient manifesté une autre volonté. La paix de Vienne ayant ^ilacé définitivement sur la tête de Charles la couronne de Nap|ps , il rendit ce pays heureux ; il le couvrit d'édifices somptueux, excita au plus haut point Tenthousiasme des Napolitains , qui enfin voyaient un roi de près, et n'étaient plus forcés d'obéir à des autorités ou violentes ou incertaines , destinées à faire le malheur du pays. En 1759, Charles, appelé au trône d'Espagne par la mort de son frère aîné Ferdinand, laissa le royaume de Naples à Ferdinand , son troisième fils , celuilà même qui a régné jusau'à nos jours, d'abord sous le nom de Ferdinand III, roi des Deux-Siciles , et ensuite sous le nom de Ferdinand I", roi du royaume des Deux-Siciles.
Alb^kohx AiLÉacj A nATBvac. — État bi la
&»r»LK»VK »• fiAtlIT-MAKfV. — AL«B>OSt OC CVrB SA eiTABKUJI. — BbLLB COSIBVITB BX QOBb- «CBB BABITAITS. — C1.KHBIIT XU BBBO LA LIatBTt A LA kirUBLtQt'B. — SOB OBOARItAlhoir A«T«BLLS.
Le fameux cardinal Albéroni, alors exilé de l'Espagne qu'il avait administrée long-temps avec quelque gloire, se trouvait en qualité de légat a Ravenne, où Tavait envoyé Clément XII, et il entreprit de soumettre au saintsiége la république de Saint- Marin. Cette innocente et prudente république administrait en paix le petit nombre de ses sujets. L'autorité souveraine liMdiifc d'abord dans un conseil
générd af^elé ÂrrlÊifOy et te tnaatposait d'un représentant pm dans chaque &miUe. La multitude rendait cette assemblée tumultueuse, nulle pour son objet ; elle ne savait pas toujours prenare-une délibération fixe et mvariable : le peuple alors se rassembla tout entier, et réduisit la représentation à un conseil , calculé dans la plus exacte proportion possible avec le* Boml»% des citoyens. Les plus probes, les plus instruits, et les plus actifs d'entre eux furent désignés pour être les organes de la vokmte générale. On fit un choix non d'o^ma/t, comme ailleurs, mais û^oitimiy sans altéra pour cela , ni le principe , ni la forme du gouvernement démocratique, car le nouveau conseil était encore tellement nombreux par rapport à la po- «lation , qu'il n y eut peut^tre d'exis oue ceux qui devaient l'être naturellement par le, voeu de l'opinion publique. On demanda ensuite plusieurs fois à restreindre ce oonseil , et à cet égard on peut remarquer qu'une légère tendance à l^ligarôhie librement consentie, commença à s'insinuer dans les écrits.
Enfin, par l'enet d'une sorte de vénération pour Tantiquité de VArringo^ on voulut , malgré l'abolition qui en avait été décidée, en ^rder le souvenir et conserver , pour ainsi dire , le droit de son institution , en laissant au peuple la faculté de s'assembler deux fois par an , c'est-à-dire , les prend tfs jours de l'entrée en fonctions des capitaines ou chefs de l'état. Ces assemblées devaient être appelées* aussi VArringo* Mais cette réunion générale du peu- .
pie n'avait jamais lieu ; le droit existait seulement. Le besoin de la cbose publique ne l'exigeait pas, et l'exercice du droit de souveraineté s'y réduisait à la faculté qu'avaient tous les citoyens, de présenter publiquement des remontrances et des pétitions aux magistrats supérieurs.
Les clM>sfs étaient en cet état. Cependant on avait à se plaindre de voir s'établir de ces sectes qui ont pour but d'admirer, d'appeler, de préférer les étrangers. Les ducs d'Uroin s'étaut
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é\ (k|ue du pays règle toutes les affaires ecclésiastiques. Un livre d'or contient les noms atfl patriciens nationaux et des patriciens étrangers. L'inscription sur ce livre d'or donnait autrefois des privilèges pour entrer dans Tordre de Malte. La poptilation est d'à peu près six mifl« aines. Un des revenus est la vente des animali nerL espèce de petit cochon miir, qu'on élevé sur les versants de la montaf^ne. Le seul embarras que Saint-Marin éprouve quelquefois , est la privation du sel : les habitants s'en approvisionnent à Venise, où la république les a toujours traités avec bienveillance,
l.n crcxsa aKcoîfM>»cB su Italik. — MAaic*
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ckttb VILI.B. — L'sBrAjrT oBiTOTS. — Jbaw Cab* BunB. — Lb oocb Bbicxolb. — Leuuc db Bouv* T1.E&S. — Sa mobt. — Lb duc db Rxchblieo. ,
î,a guerre ravageait l'Italie en 1746.
Les Autrichiens s'étaient approchés de G énes , alors alliée des Français , et ils avaient demandé au doge et aux conseils la permission d'occuper la ville , promettant de respecter son indépenannce. Néanmoins le commandant impérial écrasait les habitants de contributions de guerre. L'armée de Marie-ïhérèse ne payait pas les vivres»
et les moindres ofliciers se montraient des vainqueurs farouches. Les Génois se soumoltaient, mais avec indignation, à la violence du gouvernement militaire.
Le 5 décembre, après le coucher du soleil, quelques soldats impériaux transportaient dans le quartier dePortr>ria , habité par une grande quantité do peuple, un mortier d'u» poids considcrnble. Le chemin s' étant effondré sous ia pesanteur de cette énorme mach.'iie de guerre, les Autrichiens voulurent forcer quelques hommes du l)i'ijplc à les aider pour dégager le m or tier.- Ceux-ci réi)ondirent : « IVous 'n'avons pas à vous aider; ce mortier est à nous, vous vous en emparez, aiJez-vous vous-nîêmes. » Les caporaux répliquèrent par de^ coups de bâton. Il s'éleva un frémissement vénérai et des cris de vengeance. .Mî«is
en s'éloignant un peu des soldats , on se contentait encore de regarder leur embarras. Les soldats, désespérant de réussir seuls à dégager le moitier, donnèrent de nouveaux coups de bâton , qui excitèrent un autre tumulte.
Un enfant; h peine âgé de huit ans , ne puf contenir sa colère, en voyant que Ton frappait une seconde fois son père . pauvre cordonnier, qui se bornait a considérer la dispute. L'enfant ramassa une pierre, et se tournant vers ' quelques-uns de ses camarades , cria :
« Oh I je la casse » {oh! la rompo ) ; mot énergique qui , dans le patois génois, équivaut à ceux-ci : « Que faisonsnous là , que ne rompons- no us la tête à ces gens-ci? » Il dit, et il lança sa pierre à la tête d'un des caporaux :
en un instant , les soldats sont assaillis, et obligés de fuir, en abandonnant leur mortier, sur lequel les enfants se n)ettent t sauter , en signe de triomphe. Un matelot s'avance : « Laisserez- Yous ces enfants seuls, montrez du courage ; aux armes ! viva Maria !
aux armes ! » Kn un instant, plus de six mille personnes furent réunies.
On marclia sur le palais. Les collèges étaient assemblés. Ils voulurent apaiser le peuple qui demandait qu'on exterminât les hommes à bâton. Le doge parvint à rétablir quelque tranquillité.
Le lendemain , le commandant annonça aux collèges qu'il allait envoyer un ofTicier prudent , pour chercher le mortier. En effet , cent grenadiers et des sapeurs parurent pour exécuter cet ordre. Le peuple retourna vers le palais, en criant : « Des armes ! Si vous, nos magistrats, vous ne voulez pas nous délivrer, nous nous* délivrerons, nous, et vous avec nous. » Les Autrichiens s'étaient fortifiés dams les trois rues de \\4qna-rerde ; mais rinsurrectioil ne pouvait plus être vaincue ; les femmes , les vieillards , les laïcs , les prêtres , les nobles , les porte-faix, les enfants, tous confon dus avec leurs divers costumes, tiraient des canons à la prélonge. Im autre mortier plus pesant que celui qui avait occasioné le tumulte , fut porte à force de bras , sur une colline, pour quede là,
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rade : GAnea ne reut ol>éir qu'à des Génois. »>
Le dernier jour d'arrîl, arrWa le duc de Bou£Rers. Le 4 mai, il fut présenté au doge Brignole, et il lui adressa un discours rempli d'enthousiasme. Le doge répondit : « La république a éprouvé d'horribles vicissitudes dans le cours des siècles , mais elle n'en a jamais ressenti de plus douloureuses qu'en ce moment. Duc de BoufHers , remerciez le roi en notre nom. Nous allons combattre, j'en prends à témoin le peuple qui m'écoute ^ nous combattions avec d^autant plus de constance, qu'au désir de rester libres nous a^utons celui de nous montrer rébonnaissants. »
Les Anglais assiégeaient la ville (Mr mer. L'habileté, l'expérience des lieux, l'intrépidité des Génois parviennent à tromper les Anglais. « Laissez- nous faire, disaient les marins, aux commandants du peuple , gui les envoyaient chercher des vivres ; "cette mer, et nous, nous nous connaissons, elle n*a pas de secrets pour ses enfants ; vous n'avez pas perdiAine seule de vos barques , depuis le commencement des hostilités, vos felouques reviennent toujours chargées de fruits. » On entretenait pour le duc de Boufflers une table splendide ; il était aimé, il multipliait sa présence. On publiait qu'il ne dormait jamais. Le premier, il arrivait aux points d'attaque les plus périlleux. Tant de fatigues échauffèrent son sang : en allant à l'hôpital visiter des malades, il fut attaqué de la petite vérole, et il mourut le 3 juillet, regrettant de ne pas expirer sur le rempart. Le sénat ôrdbnna qu'on lui rendît des honneurs funèbres avec toute la magniGcenceque comportait la situation de la ville. On inscrivit son nom et celui de toute sa famille sur le livre d'or.
Louis XV envoya bientôt le duc de Kichelieu pour remplacer M. de Boufflers, et le nouveau général, non moins brave que le précédent, après avoir conseillé de construire une troisième enceinte de fortiGcations , ne trompa jamais Pattente des Génds, qui com-
battîreiit avec eonstanee, ommm Havait dit le doge, jusqu'à eo que leur déli* vraoce tut eoBofièU*
Paix »*AnL*&A*G«Ars&iii. <^ ÏHêttriiÊtnmmamÈ
SB I.* FAiaCK.
Enfin, des plénijMtentiaiMff de toute l'Europe se réunirent à AisK-laOïapelle, et il fut eonvena , le 80 avril 1748, que, confocDiémcDt à la pragmatique sanction, qui réglait cet objet , Marie-Thérèse, fille de Charles VI, serait impératrice, et héritière des états autrichrens, du royaume de Bohême , du royaume de Hongrie, et du duché de Milan , et que l*rançois de Lorraine, grand-duc de Toscane, son mari, serait empereur d'Allemaffne. Don Philippe, fils de Philippe V ^ a'Elisabeth Farnèse, recevrait Parme, Plaisance et Guastalla, avec retour de ^ Guastalla au roi de Sardaigne Char- Mes -Emmanuel III, et à ses successeurs, dans le cas où don Philippe mourrai! sans enfants, et où Charles de Bourl^on irait régner en Espagne.
Ce dernier était maintenu dans la possession du royaume des Deux-Sicfles.
On garantissait au roi de Sardaigne le Haut-Novarais , Vigevanp, le pays d'Outre-Pd. Gênes, honorée d'une estime universelle, reprenait Final.
La France restituait toutes ses conquêtes. L'historien Buonanni dit en , propres termes : « Louis XV aima ' mieux que l'Europe fût en repos, qu'en sa possession » {più quieta cke