Sienne (Siena
Hôtels: -Grand Albergo di Siena, nouveau, rue Cavour, donnant par derrière sur la Lizza (p. 33 ; ch., 2 1. 50 à 51. 5 boug., 50 c. ; serv., 11.; dîn., 5 1.; omnib. à la gare); ;:A q u i 1 a N e r a (pl. b), via Cavour (ch., 2 à 3 1. ; serv., 50 c; dîn., 21. 50 à4l.); *Alb. Reale d'Inghilterra (pl. a) , également via Cavour (mêmes prix) ; — S c a 1 a (pl. c), via Diaceto , 10, non loin de la place S. Giovanni, plus modeste, mais recommandé pour ses chambres bien aérées et sa bonne cuisine ; Tre-Mori, via Garibaldi, dans le voisinage de la gare, simple (ch., 1 1. 50).
Restaurants: Minerva, près de la place Tolomei (via Cavour), pas mauvais ; S c a 1 a (v. ci-dessus). — Brasserie :G. Bischoff, via Diaceto, 6.
Vi:n chez le tapissier Talliani, via délie Belle- Arti, 31 (tables en plein air; belle vue). — Café : Caffè Greco, près du Casino de' Nobili (p. 25).
Fiacres:
Dans la ville: la course
„ 1 heure
,, chaque heure suivante .
Hors de la ville: jusqu'à 3 kil., 1 heure
„ ,, chaque heure suiv.
De la gare en ville
„ un posto "...
Une malle pesant plus de 10 kilogr., 30 c.
Loueur de voitures (vetturin) recommandable : Celso Vannini, via Cavour, 23. Une voiture coûte, pour une journée, 25 1.; pour une demi-journée, 8 à 10 1. On peut aussi avoir chez lui un cheval de selle, à raison de 5 1. pour une demi-journée et de 7 1. 50 pour une journée.
Poste : place Piccolomini , près du pal. del Governo, ouverte de 8 h. à 3 et de 6 à 7. — Télégraphe, place de la Cathédrale, au Pal. Royal.
Baiks , bassin de natation près de la fontaine Branda; organisation défectueuse, eau un peu froide.
Photographies (bonnes) chez Lombardi, alla Costarella, dans le voisinage du café Greco.
Sienne convient pour un séjour prolongé (pens. Chiusarelli , via del Paradiso, 22, tenue par Domenico , recommandable, environ 6 1. par jour). Mais le voyageur pressé n'aura guère trop de deux jours et demi pour avoir une idée suffisante de la ville et de ses trésors. — Le 2 juillet et le 15 août il y a sur la place del Campo des courses de chevaux nommées il Palio ; c'est une chose curieuse que l'étranger ne devra pas négliger de voir à l'occasion (place de balcon, 2 1. à 2 1. 50).
Sienne, ville de 23,000 hab., chef-lieu de la province du même nom, siège d'une université célèbre dès le xive s. et siège d'un évêché, est située à 40 kil. au S. de Florence en ligne directe, dans une contrée agréable et à une altitude de 405 m., sur trois collines reliées ensemble, composées d'argile dite terre de Sienne." Le commerce et l'industrie y sont assez florissants, et il y a des manufactures. Sienne compte plusieurs bibliothèques et plusieurs sociétés savantes ; c'est une des villes les plus agréables de la Toscane. Son climat est sain, pas trop chaud, par suite de sa situation élevée; les manières et la langue de ses habitants sont agréables et insinuantes. Ses rues sont pour la plupart étroites et tortueuses ; mais elle possède des palais imposants et de belles églises. Pour l'étude de l'art du xme au xvi6 s., Sienne est une des villes les plus importantes de l'Italie, après Rome, Florence et Venise.
22 Boute 5.
SIENNE
Histoire.
Sienne , la Sena Julia ou Colonia Julia Senensis des anciens , passe pour avoir été fondée par les Gaulois Sénonais, et colonisée par les Romains sous Auguste. C'est pourquoi elle a dans ses armoiries la louve et les jumeaux. Il n'y a plus de trace de l'antiquité étrusque, si ce n'est quelques tombeaux découverts en 1864 près de la porte Camollia. Au moyen âge, elle atteignit son plus haut degré de prospérité lorsqu'elle fut devenue république au xne s., et eut pris parti pour les Gibelins après l'expulsion des nobles. Farinata degli Uberti et les Gibelins de Florence furent reçus à Sienne, et les Guelfes éprouvèrent une grande défaite près de Monte -Aperto, à 2 h. de Sienne, le 4 sept. 1260. La noblesse revint à Sienne, mais le peuple veilla avec jalousie à la conservation de sa liberté, et la ville s'agrandit bientôt au point de compter près de 100,000 hab. et de rivaliser avec Florence, sous le rapport de l'amour des arts et de la richesse. Plus tard, des seigneurs s'emparèrent du pouvoir, comme, en 1500, Pandolfe Petrucci , sur nommé le Magnifique que Machiavel représente comme le modèle du tyran. Avec leur aide, les Médicis de Florence gagnèrent peu à peu de l'influence et s'emparèrent enfin de la domination. A cette époque, sous le grand-duc Cosme Ier, Sienne fut persécutée par le sauvage comte de Marignan , qui décima si cruellement la population des Maremmes, que la malaria acheva bientôt de dévaste entièrement la contrée.
Histoire des Arts. Les vicissitudes de la politique et la rivalité de Florence ont réduit Sienne à l'état de ville de province bien calme, ce dont se réjouit l'archéologue, car il retrouve ici intacts les monuments du moyen âge. Cependant l'esprit conservateur qui a dominé ici n'est pas la conséquence d'un arrêt dans le développement matériel comme, par exemple, à Bruges ^ mais il s'est déjà manifesté au temps de la prospérité. Contrairement à Florence, Sienne ne prit jamais l'initiative dans les arts, bien qu'il y régnât une vie artistique considérable. L'époque où elle se distingua le plus est le moyen âge, lorsque les communes se firent une gloire de favoriser les arts et que les principes n'étaient pas encore subordonnés à la recherche exclusive de la beauté. Nulle part on ne saurait mieux étudier l'architecture gothique italienne du xine et du xive s. qu'à Sienne, où la fière construction en pierre de taille rivalise avec la jolie construction en briques. Si la cathédrale avait été bâtie comme le voulait .la bourgeoisie, ce serait un des monuments gigantesques de la terre , et bien que restreinte dans ses dimensions , c'est encore une des plus belles de l'Italie. Dans les constructions particulières, dont le palais Buonsignori est sans doute le plus beau spécimen, l'ogive domine, les fenêtres ont des meneaux et le tout est couronné de créneaux. Lorsque les formes de la Renaissance furent introduites, au xve s., Sienne resta en arrière sur Florence. On ne sait au juste si ce furent Rosellino et Francesco di Giorgio qui construisirent les palais Piccolomini , Spannocchi et Nerucci. Parmi les églises de la Renaissance, la plus remarquable est la petite rotonde des Innocents , à l'hôpital de la Scala.
Sienne n'a pas eu d'école de sculpture indépendante, mais les sculpteurs étrangers y ont été particulièrement favorisés. Comme dans le reste de la Toscane, l'art prit ici son essor au début du xine s. Nie. Pisano , le premier artiste de cette époque, et son frère Giovanni ont travaillé à Sienne. De même, Jacopo délia Quercia (1374—1438), le plus ancien représentant du style de la Renaissance, y a exécuté ses meilleures œuvres dans les sculptures des fonts baptismaux de St-Jean et celles de la Fonte Gaja.
L'art favori des Siennois a toujours été la peinture. Ils pouvaient déjà se vanter au xme s. de posséder dans Duccio di Buoninsegna un artiste dont les œuvres surpassent de beaucoup pour la beauté et la grâce celles de Cimabue. Lorsqu'il eut terminé en 1310 la Majesté, la Vierge triomphante destinée au maître autel de la cathédrale, aujourd'hui dans les chapelles de chaque côté du chœur, le tableau fut porté processionnellement à l'église. Simone Martini (1283—1344) fut un artiste également important , que les sonnets de Pétrarque ont immortalisé et qui, comme son contemporain Giotto, a exercé son influence bien au
Histoire.
SIENNE
Route 5. 23
delà de sa patrie; il est même allé travailler à Naples, Orvieto, Assise et Avignon. Il est devenu si célèbre qu'on a été porté à lui attribuer les meilleures œuvres de son temps. Et en effet, si peu développée que soient ses compositions, il n'avait pas moins un grand talent pour rendre des sentiments élevés et délicats. Un talent tout à fait dans le même genre fut Lippo Memmi , qui exécuta de grandes fresques avec le même 6oin que les miniatures des livres de chant. — Plusieurs artistes du xive s. prirent pour modèle Simone sans se distinguer beaucoup ou sans arriver à l'individualité, entre autres Barna ou Berna, Luca Thome, Lippo Vanni, etc. Le grand genre historique et la riche allégorie sont représentés par les frères Pietro et Ambrogio Lorenzetti (morts probablement de la peste en 1348), qui rattachent l'école de Sienne à celle de Giotto. Bartolo di Fredi (1330—1409) n'est déjà plus au niveau de ses prédécesseurs et finalement Taddeo Bartoîi (1362 — 1422?) est beaucoup au-dessous de ses contemporains de Florence-, il prouve que Sienne est restée pour les arts à peu près complètement en dehors du mouvement général. Durant tout le xve s., elle demeura stationnaire ; Domenico di Bartolo, Lorenzo di Pietro, surnommé Vecchittta, Benvenuto et Matteo di Giovanni, etc., ne surent pas sortir de la vieille voie traditionnelle. Ce ne fut qu'à la fin du siècle qu'il s'opéra une transformation, par le contact des artistes des écoles voisines, qui furent souvent appelés à Sienne, et par l'étude des écoles de Florence, d'Ombrie et de Lombardie. Parmi les peintres siennois de ce temps (Fungai, Pacchia , Pacchiarotto, etc.), B al dass are Peruzzi et Gio v anantonio Bazzi, dit le S o do ma , occupent seuls un rang élevé. Peruzzi (1481 — 1537), qui travailla à Rome à côté de Raphaël, qui était doué d'un sentiment parfait des proportions et qui fut en même temps important comme architecte et comme décorateur, n'a pas laissé d'œuvrcs à Sienne. LeSodoma, au contraire, y est très-bien représenté. Originaire de Lombardie, il apporta à Sienne quelque chose du style de Léonard de Vinci; il ne s'en fit pas néamoins le simple imitateur ; mais il se Laissa inspirer par son propre génie , qui le place sous un rapport tout à côté de Raphaël. Quand il s'agit de peindre la beauté juvénile, il ne le cède à personne et l'on est étonné de la connaissance qu'il a des procédés de la peinture à fresque ainsi que de sa fertilité. Mais ses compositions ne sont pas assez étudiées, et bien qu'il ait un sens exquis de la beauté, il fatigue vite. Avec Domenico Beccafumi (1485—1551), qui changea souvent de style, commença la décadence définitive de la peinture à Sienne.
Pour la sculpture en bois, Sienne a toujours été à la tête des autres villes de l'Italie. La famille Barili s'est distinguée dans cet art au xve et au xvie s. , surtout Antonio (m. 1516) et Giovanni (m. 1529). Maintenant c'est M. Giusti, dont les élèves , M. Gosi, Guidi et Querci ont leur atelier via Belle Arti, 31, près de l'église St-Dominique ; il est digne d'une visite.
Au centre de la ville, là où se réunissent les trois collines sur lesquelles elle est bâtie, se trouve la pittoresque *piazza del Campo, nommée aujourd'hui officiellement place Victor- Emmanuel (pl. B C 4). Le Dante en fait déjà mention dans son Purgatoire (XI, 134). Elle est semi-circulaire et elle s'abaisse vers le milieu, de sorte qu'elle a quelque ressemblance avec un théâtre antique. C'est l'endroit où avaient lieu les assemblées du peuple et les fêtes de l'ancienne république, et où se font encore les courses de chevaux du Palio (p. 21). — Cette place est entourée de palais à créneaux. En face de l'hémicycle s'élève le *Palais Public (pl. 17; B4), énorme construction en briques avec des fenêtres goth. à meneaux, bâtie de 1289 à 1309. Il est à quatre étages au centre avec des ailes plus basses, dont le second étage fut ajouté plus tard (v. p. 27). Sur le côté s'élève
24 Route 5.
SIENNE
Piazza del Campo.
la tour élancée del Mangia , commencée en 1325 et achevée après 1345. Elle doit son nom à un homme en pierre qui y sonnait jadis les heures et qui était en même temps une figure populaire dans le genre de Pasquin à Rome. Dans le has, contre la tour, est la chapelle de la Place } en forme de loggia. Elle fut commencée à la cessation de la peste de 1348, qui enleva environ 30,000 hommes, et achevée en 1376. Il y a des fresques endommagées du Sodoma. — La louve à la colonne devant l'aile droite du palais, les armes de Sienne (p. 22), est de 1429.
"Intérieur (50 c. à 1 1. au 'gardien). Le palais renferme de nombreuses fresques de re'cole de Sienne. Au rez-de-chaussée: un Couronnement de la Vierge, par Sano di Pietro (1445); une Vierge avec les saints Ansano et Galgano, par le Sodoma; dans le cabinet du syndic, Jésus ressuscité, également du Sodoma, de 1535 (?), etc.
1er étage, salle du Grand-Conseil (de la Mappemonde ou des Arbalètes) , de grandes fresques : "-la Vierge et l'enfant Jésus sous un baldaquin porté par des saints , de Simone Martini (1315), composition pleine de figures, d'un dessin raide, mais belle dans ses détails; en face , le portrait équestre de Guidoriccio Fogliani dei Ricci , aussi par Simone Martini, ainsi que les saints Ansano, Victor et Bernard Tolomeo, par le Sodoma (1534), et un St Bernardin par Sano di Pietro. A côté de la salle du Conseil, dont elle n'est séparée que par des stalles richement sculptées de Dom. di Niccolo (1429), la chapelle, ornée de fresques de Taddeo Bartoli, la Mort et l'Assomption de la Vierge. Le tableau d'autel, la Ste-Familie, est du Sodoma. Beau bénitier par le Siennois Turini. Une magnifique grille de fer sépare la chapelle d'un petit vestibule, où sont aussi des fresques de Taddeo Bartoli (1414) : St Christophe, Judas Machabée et six figures de divinités romaines et d'hommes d'Etat, formant un singulier mélange. — Plus loin une petite salle renfermant les portraits des 8 papes et des 41 cardinaux originaires de Sienne, et une Vierge de Matteo da Siena (1484). — La sala di Balia ou des Prieurs, qui se trouve à côté, a des "fresques dont les sujets sont tirés de l'histoire de l'empereur Frédéric Barberousse et de celle du pape Alexandre III: Victoire navale des Vénitiens, l'Empereur et le doge conduisant le cheval de bataille du pape, etc., par Spinello Aretino. De l'autre côté, la salle du Consistoire, dont le plafond, peint par Beccafumi, présente des scènes de l'histoire ancienne, et dont la porte a de beaux revêtements de marbre par Jac. délia Quercia. — La salle des Neufs (Nove) ou de la Paix a des fresques par Ambr. Lorenzetti (1337—39), le Bon et le Mauvais gouvernement. Il faut voir les trois tableaux de Lorenzetti pour connaître l'esprit qui régnait dans la fière bourgeoisie de Sienne au moyen âge. On cherche volontiers le sens de leurs allégories et de leurs allusions plus ou moins obscures , qui ont au moins sur celles d'aujourd'hui l'avantage de la naïveté. Tandis que l'une des fresques représente l'idéal d'un Etat sous la protection delà sagesse, de la justice, etc., les deux autres nous montrent d'une façon réaliste les suites d'une bonne et d'une mauvaise administration. Ces peintures sont mal conservées, mais l'œil même le plus difficile considérera immédiatement avec plaisir les têtes de la Paix, de la Justice et de la Concorde.
Dans l'angle TE. du Campo , se trouve le palais du Gouvernement (v. p. 29). — En face du Palais Public, au milieu de l'hémicycle, est la *Fonte Gaja, fontaine en marbre avec des bas-reliefs dont les sujets sont tirés de la Bible, par Jac. délia Quercia, de 1419: ce ne sont toutefois plus que des copies, par Sarrochi, les originaux, fort endommagés, sont maintenant dans l'Œuvre de la cathédrale (p. 27). Un aqueduc souterrain, de six lieues de long, alimente la fontaine d'une eau excellente.
St-Jean.
SIENNE
Route 5. 25
En montant du Campo les degrés d'un des passages derrière la fontaine, on arrive au commencement de la via di Città, qui est très-animée, surtout vers le soir.
La belle *loggia du Casino de' Nobili qui se trouve dans cette rue (pl. 7), l'ancien tribunal de commerce, a été bâtie en 1417 sur le modèle de la loggia de' Lanci de Florence. Les sculptures sont de Siennois du xve s., les deux saints Ansano et Savino et le banc de pierre à dr. par Ant. Federighi; le banc de gauche, par Lor. Mariana, etc. — Pour le prolongement de la rue Cavour au N., du côté de la porte Camollia, v. p. 31.
En passant plus loin à g. devant le café Greco et en montant ensuite à dr. la via dei Pellegrini, on arrive sur la petite place St-Jean. Là se trouve, au coin de g., le *pal. del Magnifico (pl. 14), construit en 1508 pour le tyran Pandolfe Petrucci (p. 22). Il a des ornements en bonze et des anneaux à l'extérieur d'après Qiac. Cozzarelli.
En face, on a une belle vue sur le chœur de la cathédrale, sous lequel se trouve, formant une sorte de crypte, l'ancien baptistère, aujourd'hui l'église paroissiale
St-Jean (S.-Giovanni; plan 4a, B4j, du commencement du XVe s., avec une façade goth. malheureusement inachevée.
Ses *fonts baptismaux, en marbre, sont une excellente œuvre de sculpture du commencement de la Renaissance. Ils sont ornés de 6 "bas -reliefs de bronze, dont les sujets sont tirés de l'histoire de St Jean-Baptiste: par Jac. délia Quercia, Zacharie chassé du temple (1430)} par Laur. Ghiberti^ le Baptême de J.-C. et St Jean mené en prison (1427)^ par fionatello, la Tête de St Jean apportée à Hérode (1427); par Turino di fSano et par son fils Giov. di Turino. Ce dernier a fait aussi les figures de la Charité, de la Justice et de la Prudence; la Foi et l'Espérance sont de Donatello. Les fresques, de peu d'importance, ont été exécutées par des peintres siennois du xve s. — Au maître autel, un Baptême du Christ , par Andr. et Raph. Puccinelli de Brescia.
De la place St-Jean on peut suivre plus loin la rue à dr., qui passe devant le 'palais archiépiscopal, ou bien monter un escalier à g.; on va d'un côté comme de l'autre à la place de la Cathédrale.
Là **cathédrale {chiesa metropolitana; pl. B 4), à l'endroit le plus élevé de la ville, est bâtie, dit-on, sur l'emplacement d'un temple de Minerve; mais il y a eu d'abord une autre église. L'édifice actuel a été fondé au commencement du xme s., a eu sa coupole terminée en 1264 et son chœur prolongé en 1317 à l'E. au-dessus de l'église St-Jean (v. ci-dessus). Des fautes commises dans sa construction et auxquelles il faut peut-être attribuer une partie des irrégularités qui existent encore aujourd'hui dans l'édifice, firent concevoir en 1322 le projet d'un monument grandiose, et l'on résolut en 1339 de bâtir une nef colossale, à laquelle la cathédrale actuelle devait seulement servir de transept ; mais on n'a exécuté que des parties de cette construction d'un style magnifique, au S., et elles sont aujourd'hui à l'état de
26 Route 5.
SIENNE
Cathédrale,
ruines. Après la peste de 1348, en 1356, on abandonna ce plan, et l'on se résolut à achever seulement l'édifice primitif, dont la longueur est de 89 m. 29, la largeur de 24 m. 51 à la nef et de 51 m. 36 au transept. La *façade, construite de 1270 à 1380, sur les données de Oiov. Pisano, offre un mélange d'ogive et de plein cintre. Elle est en marbre rouge, noir et blanc, et décorée d'une profusion d'ornements, de prophètes et d'anges sculptés par différents artistes. Le clocher est à six étages, sans se rétrécir dans le haut. A dr. et à g. de l'entrée , deux colonnes avec les armes de Sienne, la louve.
•-Intérieur. L'édifice a trois nefs qui se prolongent jusqu'au chœur, un transept à deux nefs et une coupole hexagone irrégulière sur la croisée. Les assises de diverses couleurs , les rangées de bustes des papes en terre cuite au-dessus des arcades , les piliers à colonnes engagées , font d'abord sur l'habitant du Nord une impression étrange, mais elle est bientôt effacée par celle que produisent les brillants ornements de marbre.
Les vitraux peints X de la grande fenêtre ronde au mur de l'entrée sont d'après Perino del Vaga (1549). Au-dessus de la porte, une jolie tribune supportée par deux colonnes. Les bénitiers (1462 et 63) sont d'ini. Federighi, élève de Jac. délia Quercia. Le pied de celui de dr. est antique.
Le *'-pavé est couvert de graffiti de marbre uniques en leur genre, représentant des sujets de l'Ancien Testament: Moïse, Samson, Judas Macchabée, Salomon, Josué, par Duccîo; le Sacrifice d'Isaac, Adam et Eve, Moïse sur le mont Sinaï, etc., par Beccafumi ; les Symboles de Sienne et de ses alliés , Hermès Trismégiste , Socrate et Cratès , les Sibylles , etc., par des artistes moins connus. L'exécution n'est point partout la même. Les plus anciennes compositions sont de simples esquisses aux traits gravés dans le marbre blanc et remplis de stuc noir. Plus tard, on employa pour les nuances du marbre gris, puis des marbres de diverses couleurs, et l'on en vint ainsi à faire des mosaïques très-variées. La plupart sont couvertes de planches destinées à les protéger, mais qu'on peut faire lever. Les dalles primitives sont remplacées maintenant par des copies et les originaux portés à l'Œuvre de la cathédrale (p. 27).
Bascôtédeg.: *autel des Piccolomini avec les statues des Sts Pierre, Pie, Grégoire et Jacques (?) , par Michel-Ange ; celle de St François, commencée par Torrigiani et achevée par Michel-Ange. Plus loin, à côté de la porte de la bibliothèque, le monument de Bandino Bandini, avec le Christ ressuscité et des anges, attribué à Michel-Ange. — Au-dessus de la porte de la bibliothèque, le Couronnement de Pie III (Piccolomini), en 1503, par Bernaclin Pinturicchio, à qui sont dues aussi les fresques à l'intérieur de la bibliothèque (v. p. 27).
Bras g. du transept. Chapelle St-Jean: à l'entrée, deux colonnes reposant sur des bases antiques en albâtre; à l'intérieur, une "-"statue de St Jean-Baptiste, par Donatello (1457); une statue de Ste Catherine et d'autres, par Neroccio (1487); des fonts dus peut-être à Jac. délia Quercia; un bel ornement en stuc dans le style de la Renaissance; cinq petites fresques de Pinturicchio , trois dont les sujets sont tirés de la vie de St Jean et deux relatifs à celle du donateur, Alb. Arringhieri.
La "chaire en marbre blanc, de forme octogone et supportée par 10 colonnes dont une partie reposent sur des lions, a d'excellents bas-reliefs tirés du Nouveau Testament, par Nie. Pisano, son fils Giovanni et ses élèves AmolfoetLapo (12G8), et un bel escalier d'après Bart. Negroni, dit Riccio (1570).
Chœur: belles sculptures (stalles, lutrin, etc.) par Riccio, de 1569; marqueteries de Fra Giovanni da Verona (1503); -tabernacle en bronze, de Lorenzo di Pietro , dit Vecchietta (1472); fresques de Beccafumi (1544) complètement repeintes et modifiées au commencement de ce siècle. — Dans les chapelles de chaque côté, deux moitiés d'un -tableau de Duccio di Buoninsegna: à g., la Vierge triomphante, avec l'enfant Jésus, la Majesté portée en triomphe sur le maître autel en 1310 (v. p. 22), avec la
Cathédrale.
SIENNE
Boute 5. 27
jolie inscription: Mater sancta Dei, sis caussa Senis requiei, sis Ducio vita, te quia pinxit ita ; à dr., la Vie de J.-C, en 26 compartiments, primitivement le revers de la Majesté. Le tableau a coûté 2 ou 3,000 florins d'or. Devant la première partie, dans le pavé, un bas-relief de bronze par Donatello , sur le tombeau de l'évêque Jean Peccio (m. 1426). — Aux piliers de la coupole, deux pièces de bois provenant du char de triomphe (caroccio) que les Siennois prirent aux Florentins, à la bataille de Montaperto en 1260 (d'après de nouvelles recherches, elles proviendraient plutôt du char des Siennois eux-mêmes). Sur un autel voisin, le crucifix qui servit de signe de ralliement aux Siennois dans cette affaire.
Bras dr. du transept: chapelle des Chigi , fondée en 1661 par Alexandre VII (Fabio Chigi de Sienne, nonce du pape, en 1648, au traité de paix de Westphalie, pape de 1655 à 1667), richement décorée de lapislazuli , de marbre et d'or , avec la statue de St Jérôme et une Ste Madeleine qui a dû être primitivement une Andromède , par le Bernin.
Sacristie: *gradins d'autel de Duccio ; une "Nativité de la Vierge par Pietro Lorenzetti, qu'on peut déjà appeler un tableau de genre, et un tableau du xve s., peut-être de Sano di Pietro, où se voit le Palais Public dans sa forme primitive (p. 23).
Dans le bas côté de g. se trouve, comme il a été dit p. 26, l'entrée <le la célèbre '-""bibliothèque de la cathédrale (Ubreria; 50 c. au gardien) nommée jadis salle Piccolomini, parce qu'elle fut bâtie, en 1495, sur les ordres du cardinal Franc. Piccolomini , plus tard le pape Pie III, et ornée de 1505 à 1507 de dix' fresques par Bernardin Pinturicchio , représentant des scènes de la vie d'Enée-Sylvius Piccolomini de Pienza (p. 20), pape sous le nom de Pie II (1458—1464): 1, son départ pour le concile de Baie; 2, sa présentation au roi Jacques d'Ecosse, près duquel il avait été député par le concile; 3, son couronnement comme poète par l'empereur Frédéric III, à Francfort-sur-le-Mein, en 1445 • 4, hommages rendus par lui au pape Eugène IV au nom de l'empereur ; 5, fiançailles de Frédéric III et d'Eléonore de Portugal en sa présence; 6, son élévation à la dignité de cardinal par le pape Calixte III; 7, son élévation sur le trône pontifical sous le nom de Pie II; 8, sa présence à la diète de Mantoue ; 9, la canonisation de Ste Catherine de Sienne; 10, la mort du pape à Ancône. Ces fresques, fort bien conservées, sont reliées les unes aux autres par de charmantes figures d'enfants en partie ou entièrement nus. Vasari dit que Raphaël y a contribué. Il est assez bien établi que Raphaël a séjourné à Sienne en même temps que le Pinturicchio, et il ne serait pas invraisemblable qu'il eût fourni à ce dernier des dessins qu'il aura plus ou moins utilisés. Il y a des dessins de Raphaël dans le genre de ces fresques aux Offices de Florence (lre fresque) , à la Brera de Milan (3e), dans la galerie du duc de Devonshire de Chatsworth (4e) et dans celle de M. Baldeschi à Pérouse (5e; v. p. 48).
En face du côté S. de la cathédrale, là où l'escalier montant de la place St-Jean débouche sous les arcades de la nef inachevée (p. 25), se trouve l'*GEuvre de la cathédrale (Opéra délia Metropolitana), qui renferme quelques œuvres d'art remarquables. Sonnette du gardien dans le vestibule (50 c).
Rez-de-chaussée: les * Trois Grâces, groupe antique célèbre, trouvé à Rome sous Pie III et donné par lui à la bibliothèque de la cathédrale, mais qui en a été retiré en 1857 conformément au désir de Pie IX. Raphaël a fait sur ce groupe ses premières études d'après l'antique (dessins à Venise). On en remarquera aussi la magnifique base de la Renaissance. Puis les ''sculptures de la Fonte Gaja (p. 24), par Jac. délia Quercia: la Vierge, les Vertus, la Création de l'homme et son banissement du paradis, les meilleures œuvres de cet artiste, mais malheureusement fort endommagées. Les sculptures de la chapelle de la Place (p. 24) et d'autres qui se trouvaient à la façade delà cathédrale avant sa restauration. Des dessins et des imitations des -graffiti du pavé de^ la cathédrale, destinées à remplacer les originaux (v. p. 26). Une bannière d'église avec la Transfiguration de J.-C. par le Sodoma, etc. — Premier
28 Route 5.
SIENNE. Quartiers 8. et S.-O.
étage: plans intéressants et quelques vieux tableaux siennois , entre autres Quatre Saints de Lorenzetti , le Credo de Tad. Bartoli.
A côté de l'Œuvre de la cathédrale est le Palais Royal (pl. 18; B4), bâti au xvie s. par Bern. Buontalenti et dont une partie est occupée par les bureaux du télégraphe. — Plus loin , à l'autre coin de la via del Capitano qui débouche à cet endroit (v. ci-dessous), le palais Pecci, construction en briques du xme s., restaurée en 1854.
En face de la cathédrale, l'église et l'hôpital S.-Maria-della- Scala (pl. 10; AB4), du xme s. Au maître autel de l'église se trouve une statue en bronze, le Christ ressuscité par Vecchietta. Dans l'hôpital, on arrive par un beau vestibule à une grande salle nommée ,,il Peliegrinajo", avec des fresques relatives à l'hôpital, par Dom. Bartoli (1440-43) et quelques autres artistes- Jolie vue des fenêtres (50 c. de pourb.). — En prenant g. à l'extrémité N. de la place, on descend à V église des Innocents, charmante construction en forme de croix grecque.
La via del Capitano conduit aux parties de la ville situées sur les collines du S. et du S.-O. On traverse bientôt la petite place Postierla, où est à dr. le palais Chigi, aujourd'hui Piccolomini, qui a deux salles ornées de fresques par Bern. van Orley, peintre flamand. La colonne avec la louve sur la place est de 1487. — A peu de distance, dans la rue à g., la via di Città (p. 25), se voit le palais Piccolomini, aujourd'hui Nerucei, construit en 1463, par Bern. Rosellino, pour Catherine Piccolomini, sœur de Pie II. Puis le palais Saracini. — Dans la rue qui part à dr. de la place Postierla, la via di Stalloreggi, ci-devant del Corvo, est la maison Bambagini-Galleti, sur la façade de laquelle le Sodoma a peint une Pietà nommée la Vierge au corbeau.
Dans la via S.-Pietro, continuation de la via del Capitano, à g., le *pala,is Buonsignori (pl. 12; B5), bel édifice en briques du xive s., avec une riche façade, restauré en 1848. A l'église S.-Pietro-alle-Scale , qui a des tableaux de Salimbeni, de Rutilio Manetti (xvie s.) , la rue fait une courbe à dr. On suit la rue principale, la via délia Porta-ail' Arco, et l'on passe sous un arc pour arriver à la place St-Augustin, où s'élèvent le collège Tolomei, un ancien couvent, et
St-Augustin {S.-Agostino ; pl. B 5), église réédifiée en 1755 par Yanvitelli. Il y a quelques tableaux remarquables.
2e autel de dr., le Crucifîment , par le Pérugin. Chap. de dr. : le Massacre des Innocents, par Maiteo da Siena; une statue de Pie II, par Dupré; 1'* Adoration des mages, tableau d'autel par le Sodoma. Dans le fond du chœur, à g., la Légende de S. Agostino Novello , en trois compartiments, peut-être le meilleur tableau de Lippo Memmi. En outre des tableaux de Salimbeni, de Rutilio Maneti , etc.
En suivant à l'O. de St-Augustin la via délie Cerchia et en appuyant ensuite un peu à dr., par la via Baldassare Peruzzi, on rencontre à g. l'ancien couvent, transformé en caserne, et l'église
Quartiers S.-E.
SIENNE
Haute 5. 29
S.-Maria-del-Carmine (pl. A 5), bel édifice en "briques avec campanile et cloître par Baldassare Feruzzi. Dans la chap. du St-Sacrement, à dr., la Nativité de la Vierge, par le Sodoma. Au 5e autel à g., St Michel, par Beccafumi.
Ensuite, le palais Pollini, ancien palais Celsi, attribué à Bald. Peruzzi. — Tout droit, plus loin, par la via delle- Fosse- di-S. - Ansano, où est une institution de sourds muets intéressante (istituto dei sordomuti), on arrive à la place de la Cathédrale, ou bien, en appuyant à la fin un peu à g., à la porte de la fontaine Branda (v. p. 33).
En dehors de la porte S.-Marc (pl. A 6), on a une belle vue.
Comme il a été dit p. 24 , à l'E. de la place del Campo, dans l'angle, s'élève le *palais du Gouvernement (palazzo del Governo; pl. 13 ; D 4), bâti de 1469 à 1500 par Giaeomo Piceolomini, probablement sur les plans de Bern. Rosellino. C'est une des principales constructions particulières de Sienne. Sa façade, qui a de beaux ornements en fer forgé (têtes d'animaux, etc.), est tournée du côté de la via délie Logie et de la petite place Piceolomini. Le palais renferme depuis 1859 les *archive3 considérables de la ville, qui comptent parmi les plus importantes de l'Italie (direct, le cav. Banchi).
Il y a 52,000 chartes sur parchemin, la "plus ancienne de 736, d'inte'ressants spécimens d'autres chartes, des autographes d'hommes célèbres (Pie II, Léon X), des miniatures, etc., le tout placé sous verre. Ensuite une importante collection de couvertures de livres peintes , classées par ordre chronologique. Elles donnent une bonne idée d'ensemble du développement de Part à Sienne, et il y a du nombre des œuvres de Dietisalvi, de Duccio , des Lorenzetti.
Pour l'université, qui est dans le voisinage, v. p. 30.
La jolie Hoggia del Papa (pl. 9a; C4), sur la placePiccolomini, en face du palais précédent, avec l'inscription ,,Gentilibus suisa (pour sa famille) a été construite en 1460 sur les ordres de Pie II, par le Siennois Ant. Federighi.
A côté, l'église St-Martin (S.-Martino; pl. C 4).
Intérieur: 2e autel de dr., le Guide, la Circoncision; 3e autel, à dr. et à g., des ornements de marbre par Lorenzo di Mariano , dit le Marrina , à g., la Nativité de J.-C, par Beccafumi; dans le chœur, des statues de bois dorées, attribuées à Jac. délia Quercia.
La via Ricasoli (nommée à tort v. Garibaldi sur le plan), qui commence à côté de la loggia, suit la crête de la colline du S.-E. et conduit à deux portes de la ville, la porte Pispini et la porte Romaine. — Au commencement de cette rue, à dr., la fontaine de Pantaneto, de 1352, mais renouvelée depuis peu. Un peu plus loin à g., la via di Follonica, qui descend à une fontaine construite en 1239, la fonfe di Follonica, dans un jardin tout en bas. — Au bout de 5 min., au delà de régirsa S.-Giorgio, se détache à g. la via dei Pispini, à l'entrée de laquelle on a, à g.
SIENNE
Quartiers S.-E.
S. Spirito (pl. C D 4), vieille église à coupole de 1508, ayant appartenu à un couvent; le portail, de 1509, est d'après Bald. Peruzzi.
Intérieur. 1er autel à dr. (chap. des Espagnols): des "fresques du Sodoma, représentant *St Antoine l'Abbé, *St Sébastien, St Alphonse* Ste Lucie, Ste Cécile, St Nicolas de Tolentino , St Michel, au milieu la Vierge et dans le haut St Jacques à cheval -, une terre cuite ayant pour sujet la nativité de J.-C, par Ambr. délia Robbia. — Au-dessus de la porte de la sacristie, un Crucifix par Sano di Pietro. — Dans le bas côté de g., un Couronnement de la Vierge, par Pachia. — Dans le cloître (25 à 30 c. au sacristain), un Crucifîment, par un élève de Fra Bartolommeo , probablement d'après un dessin de son maître.
La fontaine Pispini est de 1534; la porte Pispini (pl. D5), qui en est voisine, a une fresque fort endommagée du Sodoma, la Nativité de J.-C.
Nous prenons en face de S. -Spirito le vicolo del Sasso, nous suivons à dr. la large via S.-Girolamo, passons devant une colonne avec la louve et arrivons à S.-Girolamo (pl. C 5), église dépendant d'un couvent de femmes. Au 3e autel à g., la Vierge avec des saints, par Matteo da Siena, avec un encadrement de marbre per Lorenzo di Mariano. — Plus loin à g. , l'église
Servi di Maria ou SS.-Concezione (pl. C 5, 6), bâtie en 1471. L'intérieur, qui est remarquable, a été achevé de 1511 à 1528, peut-être par Bald. Peruzzi.
1er autel à dr., une Vierge, par Coppo di Marcovaldo (1261). 4e autel à dr., le Massacre des Innocents, par Mat. da Siena (1491). Dans le bras dr. du transept, au-dessus de la porte de la sacristie, la lre, la Vierge du peuple, bon tableau de Lippo Memmi. — Derrière le maître autel, la> Vierge au manteau, par Mat. da Siena (1436). Le Couronnement de la Vierge est de Fungai (1500?); c'est un de ses premiers tableaux.
A la porte Romaine (pl. C D 6) une fresque, le Couronnement de la Vierge, commencée par Taddeo Bartoli et achevée par Sano di Pietro. — A 8 min. en dehors de la porte, l'église de la Madone des Anges, dont le chœur a une Vierge avec des saints par Raffaele da Firenze (1502).
Au N. en face du palais du Gouvernement (p. 29) se trouve la via S.-Vigilio, qui conduit à l'église du même nom et à l'Université (pl. 22; C 4). L'entrée de cette dernière est à dr. dans le coin. Dans le corridor, le tombeau du célèbre jurisconsulte Nie. Aringhieri (1374), avec un bas-relief qui le représente au milieu de ses élèves.
L'église voisine, S.-Maria-di-Provenzano , est de 1594. — En prenant à l'E. par des rues étroites, on arrive à la place S.-Francesco, où est l'église S.-Francesco (pl. C3), achevée en 1236, aujourd'hui un séminaire, avec des restes de fresques d'Ambr. Lorenzetti. Là aussi se voit, a dr.,
L'*oratoire de St-Bernardin (pl. 1 ; C 3), généralement fermé. La clef est chez le sellier (bastiere) Fineschi, sur la place, près de S.-Maria-di-Provenzano (1 1.). Il y a d'excellentes peintures, notamment du Sodoma.
Quartiers N.-O.
SIENNE
Route 5. 31
Dans l1 oratoire inférieur, l'Histoire de St Bernardin, de la fin du xvie s. — Dans l'*oratoire supérieur: la Visitation, l'Assomption et le Couronnement de la Vierge, St Antoine, St Louis et *St François, par le Sodoma (1513-32), chaque figure de saint d'une grande beauté; les Fiançailles et la Mort de la Vierge, par Beccafumi (1518); la Nativité de la Vierge, l'Annonciation et St Bernardin, par Girolarno del Pachia (1518). On remarquera aussi l'excellente décoration du plafond, de la frise, etc., par Giuliano Turapilli, exécutée après 1496. Le tableau d'autel est de Beccafumi (1537).
La via dei Rossi conduit tout droit à la via Cavour, qui a 18 min. de long et qui s'étend, en faisant quelques courbes, du Casino dei Nobili (p. 25) à la porte Camollia. En venant du Casino, on rencontre d'abord une petite place qui est encore ornée de la louve et qui doit son nom au palais Tolomei (pl. 20;B3,4), édifice du style goth. de 1205, à g. Plus loin, les palais Palmieri, de 1540; Bichi, de 1520, et Gorl, de 1677, ainsi que le *palais Spannocclii, bâti en 1470 par un maître florentin et complètement restaurée depuis peu.
Puis à g. la via délie Belle-Arti, dans laquelle sont l'*Institut des Beaux- Arts et la bibliothèque, et qui conduit tout droit à St-Dominique (p. 33).
L'*Institut des Beaux- Arts {Instituto délie Belle-Arti; pl. 9, B 3) , renferme une riche collection de tableaux , surtout de l'ancienne école de Sienne, formée, au commencement de ce siècle, d'œuvres d'art provenant de couvents supprimés et du palais public, et considérablement enrichie depuis. Elle est ouverte t. 1. j. de 9 à 3 h. excepté les dimanches et les jours de fête, où l'on peut cependant se la faire ouvrir en donnant un pourboire.
A l'entrée, des bas-reliefs peu remarquables. — Les tableaux sont autant que possible numérotés d'après l'ordre chronologique, en commençant par les œuvres de l'ancienne école de Sienne, dans le corridor de g. — 1er corridor: 1 à 5, les plus anciens, du style byzantin; 6, Gvido da Siena (?), la Vierge. Les tableaux suivants sont de maîtres inconnus. 18, Margariione d^Arezzo, St François ; 23, Duccio di Buoninsegna, la Vierge et 4 saints; 39, Simone di Martinô (?) , la Vierge et 4 saints; 40 à 48 et 52, Ambrogio Lorenzetti , entre autres, 45, l'Annonciation (1344); 50, 51, 53 à 59, Pietro Lorenzetti (vers 1330) ; 66, Niccolb di Segna (1345), crucifix ; *90, Lippo Afemmi, la Vierge. — IIe corridor: 109, Mino del Pelliciaio (1362), la Vierge. — III© corridor: 125 à 131, Taddeo di Bartolo (1409); 134 à 139, Giovanni di Paolo (1445); 140, Pietro di Giovanni St Bernardin; 141 à 147, 150 à 152, Sano di Pietro (1479), le Fra Angelico de Sienne 153 à 156 , Neroccio di Bart. Landi ; 153, la Vierge avec des saints (1476) ; 166 à 170, Matleo da Siena (1470).
Petites salles à g. du IIe corridor. Ire salle: 201, Sano di Pietro, la Vierge apparaissant à Calixte III; "205, le Sodoma, le Christ au pilier, peint à fresque, provenant du cloître de S.-Francesco ; 219 et 220, Luca Signorelli (?), deux fresques (Enée partant de Troie; Délivrance de prisonniers) , dans de beaux cadres. Il y a dans la même salle de magnifiques pilastres en bois, sculptés par Barili (1511). — IIe salle: 236 et 242, Spinello Aretino (1384), Mort et Couronnement de la Vierge. — Puis dans une salle à l'extrémité du Ier corridor: 294, Sano di Pietro, la Vierge et des saints, grand tableau d'autel; 296, Pachiarotto , la Visitation et des saints. — Ensuite une petite salle avec des peintures moins anciennes. Dans la dernière, quelques sculptures antiques. — Nous retournons à l'entrée pour passer dans la
32 Route 5.
SIENNE
Quartiers N.-O.
Grande salle. De chaque côté de la porte: *341, 342 le Sodoma, Je'sus au jardin des Oliviers et aux enfers; 345, Fungai, la Vierge et des saints; 356, le Sodoma, Judith-, 352, Beccafumi, la Vierge; 365, Francesco di Giorgio, la Nativité de J.-C. ; 368, Beccafumi, la Chute des anges; 369, Franc, di Giorgio, le Couronnement de la Vierge; ::377, le Sodoma , la Descente de croix. — Vient ensuite une salle renfermant une centaine de tableaux de différentes écoles, entre autres: 26, une vieille copie de la Madone à la perle de Raphaël (à Madrid); 36, le Caravage , Joueurs de mourre; 39, Morone, portrait; 45, le Pinturicchio, Ste-Famille; "53, M. Schongauer (?), portrait; *5i, école allem., portrait de Charles V; :-63, Beccafumi, Ste Catherine de Sienne avec les stigmates; 71, le Sodoma, la même; 73, école allemande, portrait ; *81, Palmà le Vieux, la Vierge et l'enfant Jésus, auquel un saint amène le donateur; 85, le Sodoma, la Nativité du Christ; 91, Fra Bartolommeo, Ste Catherine; 99, Ste Madeleine, du même; 103, Palma le Jeune, le Serpent d'airain ; 105,106, le Sodoma, Pietà et la Vierge. — Dans la salle suivante sont les sept cartons originaux de Beccafumi, représentant l'histoire de Moïse, exécutés dans le pavé de la cathédrale. — On peut en outre voir quelquefois exposés ici de magnifiques sculptures en bois de Gosi, Guidi et Querci (p. 23).
La bibliothèque communale (pl. 6) passe pour la plus ancienne de l'Europe; Sienne en possédait seize au xvne s., et même une pour les femmes depuis 1654. Elle se compose aujourd'hui de 40,000 vol. et de 5,000 manuscrits.
On remarquera, un -livre des Evangiles en grec du ixe s., provenant du palais impérial de Constantinople , magnifiquement relié et garni de fermoirs en argent; l'":;ouvrage de Francesco di Giorgio sur l'architecture, avec ses plans et ses dessins originaux; des "'cartons de Baldassare Peruzzi et de Giuliano di Sangallo.
Au delà de la bibliothèque, à g., la rue Costa S. -Antonio, dans laquelle nous descendons, pour prendre la première ruelle latérale de dr., qui nous conduit tout droit à l'entrée supérieure de la *maison de Ste Catherine (pl. 2; B 3) : ,,sponsse Christi Katherine domus." Il faut frapper à la porte de g. (50 c. ). Ste Catherine de Sienne était la fille d'un teinturier. Elle naquit en 1347, fit le vœu de chasteté à l'âge de 8 ans et devint célèbre par ses révélations. C'est elle qui décida le pape Grégoire XI à retransférer le siège pontifical d'Avignon à Rome (1377). Elle mourut en 1380 et fut canonisée en 1461. La plus connue de ses visions est celle de ses finançâmes avec l'enfant Jésus, qui a fourni le sujet de tant de tableaux. Sa fête est le 30 avril.
Les différentes pièces de la maison ont été transformées en orato ires, qui appartiennent à la confrérie de Ste-Catherine. Dans l'un des oratoires du haut, autrefois une cuisine, au-dessus de l'autel, un tableau représentant la sainte, par Fungai. Les autres sont de Salimbeni et de Fr. Vanni. On remarquera aussi le beau plafond, les pilastres et le carrelage. — La jolie petite cour passe pour avoir été décorée par Bald. Peruzzi. — L'oratoire du Crucifix renferme le crucifix dont, selon la légende, Ste-Catherine reçut les stigmates ; il est attribué à Giunta Pisano. — Dans le bas, aujourd'hui une chapelle, des fresques modernes et quelques bons tableaux anciens : Ste Catherine guérissant de la peste Matteo di Cenni, la Sainte délivrant des dominicains attaqués par des brigands et le Cadavre de Ste Agnès de Montepulciano lui donnant le pied à baiser, par Girol. del Pacckia-, la Sainte attaquée par des soldats florentins, de Salimbeni (1604); au-dessus de l'autel, des "Anges par le Sodoma.
En sortant de la chapelle, dont on remarquera encore la façade, on se trouve dans la via Benincasa, ci-devant dei
Quartiers N.-O.
SIENNE
Route 5. 33
Tintori, habitée encore aujourd'hui par un grand nombre de teinturiers et de foulons. A peu de distance, la célèbre et pittoresque ^fontaine Branda (pl. 8: B4), au pied delà colline de St-Doininique, nommée dès Tan 1081, réédiriée en 1198 et vantée déjà par le Dante (Enfer, xxx, 78: ,,Per Fontebranda non darei la vista"). — Une large rue monte à la place du Campo à g. et à la cathédrale à dr. — Derrière la fontaine, on monte à
St-Dominique {S.-Domenieo ; pl. A, 3), haute église goth. en briques bâtie de 1220 à 1465 , sur d'énormes soubassements, et contre la colline. Son campanile est de 1340.
Intérieur. Il n'y a qu'une nef avec un transept et sans plafond. En entrant à dr., la chap. délie Volte (fermée): la Vierge avec des saints, par Givol. di Benvenuto (1508), etc.; sur l'autel, Ste Catherine, par André Vanni. — Plus loin à dr., le monument du mathématicien Jos. Fianigiani (m. 1850) , par Becheroni. — Au 3e autel, St Pierre Martyr, par Salimbeni, 1579. — La "chap. Ste-Catherine, où la tête de la sainte est conservée dans un tabernacle de 1466 et dans un reliquaire d'argent, est décorée d'excellentes fresques du Sodoma: au mur de l'autel, Ste Cathérine tombant en extase dans les bras de deux sœurs et recevant la communion d'un ange; au mur de g., l'Ame d'un criminel qui vient de subir la peine de mort, montant au ciel par suite de l'intercession de la sainte ; au mur de dr., la Guérison d'un possédé, celle-ci par Fr. Vanni, 1593. C'est également de cet artiste, que sont les deux saints de chaque côté de l'entrée, tandis que le plafond est du Sodoma. Le pavé en marbre de la même chapelle est orné de graffiti. — Dernier autel à dr. : la Nativité de J.-C. de l'école de Fr. di Giorgio, exécutée sous l'influence de Luca Signorelli, à qui elle était attribuée auparavant : le haut est peut-être de Matteo da Sienat le gradin, de Fungai.
Chœur. Le beau "baldaquin de marbre du maître autel, que les Siennois attribuaient jusqu'à présent à Michel-Ange, semble être de Ben. da Maiano. On a de la fenêtre derrière le maître autel un ::coup d'œil magnifique sur la cathédrale, qui domine toute la ville. — 2e chap. à g. du maître autel: Guido da Siena, la Vierge, tableau intéressant au ï>oint de vue historique, bien que la date 1221 paraisse falsifiée (1281); à dr. , Matteo da JSiena , Ste Barbe, Ste Marie-Madeleine , Ste Catherine, 1479; dans la voussure au-dessus, une Pietà, de Girol. Benvenuto, à qui est due aussi la Vierge avec des saints (1508) qui est à g. , tandis que l'autre voussure, l'Adoration 'des mages est de Mat. da Siena. — La 2e chap. à dr. du maître autel contient nombre de vieilles pierres tombales avec des armoiries des xve et xvie s.
Nous retournons par la via del Paradiso à la via Cavour (ci-devant v. Pellicceria). Sur la petite place Giuseppe-Pianigiani, qu'on traverse, on aperçoit la façade charmante de la petite église S.-Maria-della-Neve, qui renferme un bon tableau de Mat. da Siena, la Vierge avec de nombreux saints, de 1477.
La via Cavour (p. 31) a encore plus loin quelques beaux palais: les palais Mocenni, Ciaia, etc.
Au bout de quelques min., on a à dr. de la via Cavour la place Ste-Pétronille, d'où part la via Garibaldi , qui mène à la porte S.-Lorenzo, ainsi qu'à la gare. — Les rues à g. de la via Cavour débouchent sur la Lizza (pl. B2), promenade établie en 1779 à la place d'une forteresse bâtie par Charles- Quint. On y a une jolie vue sur St-Dominique et la cathédrale.
Bsedeker. Italie, II. 5e édition. 3
34 Route 5.
SIENNE
Quartiers N.
Cette promenade s'étend jusqu'à l'entrée du fort Ste- Barbe, construit en 1560 par Cosme 1er; on peut y entrer et l'on y a aussi une jolie vue.
La dernière partie de la via Cavour, jusqu'à la porte, s'appelle via di Camollia (pl. B, 2, 1). On va de là à dr. à l'ancien couvent di Campansi, aujourd'hui Ricovero di Mendicità (pl. B,2; sonner), dont le cloître est orné d'une fresque représentant dans le bas des saints, par le Pérugin, dans le haut la Vierge entourée d'une gloire d'anges, par un artiste un peu postérieur. La chapelle est une belle construction du style rococo.
En allant quelques min. plus loin dans la via Çamollia, et en passant à g. sous une porte en face d'une place, pour descendre la via Fontegiusta, on arrive à la petite
*Eglise Fontegiusta (pl. 4: B,2; fermée, sonner à dr.), appartenant à une confrérie. Elle a été bâtie en 1479 par Franc, di Cristofano Fedeli et Qiac. di Giovanni.
Intérieur: magnifique "maître autel, par Lor. di Mariano (1517), une des plus belles œuvres de sculpture du temps de Raphaël ^ bénitier en bronze de Giov. délie Bombarde, de 1480, simple, mais d'un beau travail. Au 3e autel à dr. , le Couronnement de la Vierge, par Fungai; 2e autel à g., une fresque repeinte de B. Peruzzi, la Sibylle annonçant à Auguste la naissance de J.-C.
Plus loin dans la via Camollia , à dr., n° 48, la maison de Baldassare Peruzzi (p. 23), que désigne une inscription.
On peut faire une promenade intéressante hors de la ville à partir de la porte Camollia (pl. B, 1), à dr., le long des murs. On a de là une jolie vue sur les hauteurs de la Toscane. En face, sur la hauteur au delà de la gare, le couvent de l'Observance (v. ci-dessous). Non loin de la porte Ovile (pl. C,2, 3), dans le bas de la vallée, dans un site pittoresque, la fontaine Ovile. On atteint de là en i/2 h. à peine la porte Fispini (pl. D,5; p. 30).
Le campo santo ou cimetière renferme des sculptures de Dupré, Sarocchi, etc.
Excursions aux environs de Sienne. — La plupart se font surtout en voiture. — A une petite heure de marche de la ville, au N.-E. , au delà de la gare est situé l'ancien couvent de franciscains de l'Observance (V Osservanza), bâti en 1423. Son église renferme, dans le bas côté de g., un *Couronnement de la Vierge, bas-relief de l'école des délia Robbia ; derrière le maître autel, deux *statues , l'une de la Vierge, l'autre de l'archange Gabriel, de la même école. Pandolfe Petrucci (m. 1512 ; p. 22), est enterré dans cette église.
S.-Colomba, Celsa et Mamoraja se visitent le mieux achevai, en 5 h. 1/2 aller et retour, arrêt compris (5 1.), ou avec une voiture à 1 chev. (carozzino; 6 1.): une voiture à 2 chev. et à quatre places ne peut aller commodément que jusqu'à S.-Colomba. — On sort par la porte Camollia et l'on suit pendant 4 kil. la grande route jusqu'à un chemin qui descend à g. entre deux cyprès. On a encore 7 kil. à faire sur ce chemin jusqu'à la villa S.-Colomba, construite sur les plans de Bald. Peruzzi et appartenant aujourd'hui au collège Tolomei (p. '28). Elle a un escalier remarquable et on y a une belle vue du balcon. — On reprend ensuite le même chemin pour aller 6 kil. plus loin, à travers une magnifique forêt, à Celsa, autre villa en forme de château fort, également bâtie
Excursions.
SIENNE
Route 5. 35
sur les plans de B. Peruzzi. On y jouit d'une belle vue de l'étage supérieur. Rafraîchissements chez l'administrateur (fattore). — 3 ou 4 kil. plus loin est Marmoraja, où fut conclue en 1187 la paix entre la république de Sienne et l'évêque Hugues de Volterre. De la place devant l'église paroissiale, on jouit d'une belle vue.
Fagnano est à 9 ou 10 kil. de la porte Camollia; on suit la route environ pendant 2 kil., jusqu'à Fontebecci , où l'on prend un chemin de voitures à dr. Une longue allée de cyprès conduit ensuite à la villa Fagnano , propriété de la famille Bandini-Piccolomini. On se procure la permission de la visiter l'avant-midi, de 9 h. à 11, chez le cav. Bandini- Piccolomini, à l'Opéra délia Chiesa di Provenzano à Sienne (p. 30). — Au 1er étage est une belle collection d'armes et d'armures du moyen âge et de la Renaissance. Au rez-de-chaussée, une galerie de peinture, comprenant en particulier: une Vierge avec Ste Catherine, par le Sodoma ; une Vierge et deux anges, par Mat. da Siena ; un beau portrait du sculpteur Barili (p. 23), sur bois, par lui-même.
La chartreuse de Pontignano, à 8 kil. de la porte Ovile, a été fondée en 1343, fortifiée en 1383 et sécularisée en 1810. Son église a été modernisée au xvue s. -Vue de la cure (paroechia).
S.-Ansano-in-Dofana est à 14 kil. de la porte Pispini. Il y a un bon chemin de voitures. On quitte la route à environ 2 kil. après la taverne d^Arbia, et Ton suit un chemin à g., qui conduit enfin à S.-Ansano-in-Dofana. L'église paroissiale a une Vierge de Bald. Peruzzi. On demandera au presbytère la clef pour le Martirio - di- S. - Ansano, belle construction en briques par B. Peruzzi, éloignée de 8 min. Il y a une Vierge avec des saints par Pietro Lorenzetti, de 1329.5
A 2 kil. au S., hors de la porte S t -M arc, l'abbaye St- Eugène, nommée ordinairement il Monastero , un ancien couvent de bénédictins, fondé en 730 (?), fortifié en 1553 par Pietro Strozzi et sécularisé au xvmes. Les bâtiments ont tous été modernisés. L'église a plusieurs tableaux de l'école siennoise, en partie maltraités. Belle vue du jardin.
On peut suivre plus loin la route jusqu'à Vosteria délia Volte, à 8 kil. environ de la porte St-Marc, puis marcher encore 6 kil. sur le chemin de voitures qui prend à dr. ; on arrive alors à Cetinale, ancienne villa de Flavio Chigi , neveu du pape Alexandre VII, bâtie vers 1680 sur les plans de Ch. Fontana. Son parc, la ,,Thébaïde'■(,, renferme des sculptures du temps, etc. - Vue d'une eolline plus haut que la villa, le „Romitoriou.
2 kil. plus loin que l'osteria délia Volte se trouve la vieille église S.-Giovanni-di-Ponte-allo~Spino, de la première moitié du xie s. — A 5 kil. de là, Rosia, dont l'église a des fonts de 1332. Enfin à 3 kil. encore au delà, Torri ou S.-Mustiola-a-Torri , dans le Val-di-Merse , vieux couvent des moines de Vallombreuse, avec une chapelle consacrée en 1189 et un beau cloître roman, servant aujourd'hui de ferme.
A l'O., du côté de la porte Font e-Branda, à 1 h. 1/2 de distance en voiture , le château de *Belcaro , qui offre une vue magnifique sur Sienne et ses environs. Au rez-de-chaussée, un plafond peint, le Jugement de Pâris, par Bald. Peruzzi. Les fresques du même artiste, dans la chapelle, ont été gâtées dans une restauration faite il y a peu de temps.
*M onte-Oliveto est à 30 kil. au S. de Sienne. On y va en voiture (25 1. aller et retour et 5 1. de pourb.), en 3 h. 1/2, ou bien par le chemin de fer, en descendant à la stat. de S.-Ascanio (p. 17) ou à celle de S.-Giovanni-d'Asso (p. 17; chemin le plus court, 1 h. 1/2 * pied).
On sort de Sienne par la porte Romaine et on suit la route, qui, avant la construction des chemins de fer, était une des principales voies de communication avec Rome , et qui offre une quantité de belles vues. Au bout de 1 h., à g., le Borgo Malamerenda, nommé ainsi, dit-on, parce que dix-huit partisans des Tolomei y furent tués en 1331 par les Salimbeni, leurs ennemis , à un souper ou merenda. On passe ensuite près à^Isola (g.) et de Tressa (g.), traverse VArbia et V Ombrone et arrive à Buonconvento, petite ville de 3,400 hab., qui fut fortifiée en 1366 par les Siennois. Il y
36 Route 5.
SIENNE
Excursions,
a quelques tableaux siennois dans les e'glises. — Au delà de Buonconvento, on quitte la route et suit à g., un chemin qui monte en décrivant de nombreuses courbes. Les piétons peuvent abréger au moins de 1/2 n"> Par par des collines crayeuses.
Monte-Oliveto-Maggiore est un célèbre couvent de bénédictins maintenant sécularisé. Les quatre religieux qu'on y a laissés comme gardiens peuvent vous servir un dîner passable; si l'on reste quelque temps, on leur paie 4 1. par jour pour la pension. — Ce couvent, fondé en 1320 par Bern. Tolomei et devenu fort riche avec le temps par suite de donations, donne encore aujourd'hui une très-bonne idée d'une grande maison dé ce genre. On admire l'énergie qu'il a fallu aux religieux pour cre'er cette sorte d'oasis sur un terrain crayeux. Enée-Sylvius Piccolomini, qui fut pape sous le nom de Pie II (p. 27) , donne dans ses Annales une intéressante description du couvent.
Les murs du cloître sont ornés de -fresques célèbres, la Légende de St Benoît, par Luca Signorelli (1497) et Ant. Bazzi dit le Sodoma (1505). L'ordre des sujets n'est pas le même que celui dans lequel ils ont été peints ; la série commence par une fresque du Sodoma sur le mur en face de l'entrée, à côté de celle de la chapelle, St Benoît quittant la maison paternelle, tandis qu'au point de vue historique, les premières sont celles de L. Signorelli, au mur de l'entrée, au nombre de huit: Totila courbant le genou, Ecuyer déguisé pour tromper le saint, Tentation d'un moine un jour de jeûne, Punition de la gourmandise de deux moines, Résurrection d'un mort que le diable a précipité en bas d'un mur, Exorcisme, Idole renversée et Chute d'une maison. L'Envoi de missionnaires , [la lre frasque à dr. du coin, est de Ricùo. Les autres sont du Sodoma% toutes charmantes par la beauté des figures, bien qu'elles soient inférieures a celles de Signorelli pour la conception et l'exécution. Dans les premières compositions du Sodoma, on reconnaît l'influence des fresques du Pinturicchio dans la bibliothèque de la cathédrale de Sienne ; les autres rappellent un peu le genre de Léon, de Vinci. — La chapelle (entrée à g. dans le cloître; v. ci-dessus), modernisée au siècle dernier, n'a de remarquable que de belles stalles , un lutrin et des marqueteries de Fret Giovanni da Verona (1502—1505). — Dans la bibliothèque, une porte et une armoire, également avec de belles marqueteries du même artiste. — On jettera un coup d'œil dans les vastes écuries derrière le couvent; les différentes parties portent les noms et les armes des principales villes de l'Italie, ce qui permettait aux hôtes de savoir en arrivant là où il devaient mettre leurs chevaux.
A 2 kil. à l'E. de Monte-Oliveto se trouve Chiusure, localité aujourd'hui insignifiante, mais jadis prospère et bien peuplée, jusqu'à la peste de 1348, qui en enleva presque tous les habitants. — Il y a 4 kil. de là à S.-Griovanni-d'Asso (p. 17).
6. De Florence à Pérouse, par Arezzo et Terontola (Chiusi-Eome).
166 kil. Trajet en 4 h. 1/2 Par la grande vitesse, pour 18 1. 80 et 13 1. 20, en 6 h. 3/4 par les trains ordin., pour 17 1. 85, 12 1. 20 et 8 1. 45. — Jusqu'à Arezzo seulement, 2 h. 1/4 à 4 h., pour 101. 10 et 71. 05 ou 9 1. 60, 6 1. 55 et 4 1. 55. Delà à Cor to ne, 28 kil., en 52 min. (l'express n'y arrête pas), pour 3 1., 21. 05 et 1 1. 40 c. — Si l'on veut voir en un jour Arezzo et Cortone, et atteindre Pérouse avant la nuit, on fera bien de partir l'après-midi ou le soir pour Arezzo , et de passer la nuit dans cette ville.
L'express pour Rome quitte la ligne de Pérouse à Terontola, pour passer par Chiusi , Orvieto et Orte (R. 7). On change ordinairement de voiture pour Pérouse à Terontola.
Florence, v. la lre partie de ce Manuel. La voie contourne la ville et suit après la rive septentrionale de VArno. Cette