‹ Italie centrale et RomeChapitre 81 sur 105 · RR · texte numérisé non relu

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Corneille

Valentinien 11.

lusien.

Théodose.

Luce Ier.

Arcardius.

Sirice.

et Papes.

ROME

Chronologie. 135

Après 1 J.-Chr. 1

Empereurs

Papes

Après 1 J.-Chr. 1

Empereurs

Papes

Honorius *.

Adéodat.

Anastase Ier.

Donus 1er.

Innocent.

St Agathon.

St Léon II.

Zosime.

St Benoît II.

4tS

Boniface Ier.

Jean V.

Conon.

Célestin III.

St Sergius Ier.

Valentinien III.

Jean VI.

Sixte III.

Jean VII.

Léon Ier, le Gr

Sisinnius.

Avitus. — Léon

Constantin.

et Majorien. —

Libius-Sévère.

— Anthémius.

Hilaire.

St Grégoire II.

— Olybrius. —

Simplice.

St Grégoire III.

Glycerius. —

St Zacharie.

Juîius-Népos.

Romulus-Au-

Etienne II.

guste.

St Paul 1er

Chute de l'em-

Etienne III.

pire romain.

Adrien Ier.

Félix II.

Charlemagne.

St Léon III.

Grélase.

Louis le Dé-

Anastase II.

bonnaire.

Symmaque.

Etienne IV.

Hormisdas.

St Pascal Ier.

Jean I^r.

Eugène II.

Félix III.

Valentin.

Boniface II :: •

Grégoire IV.

Jean II.

Lothaire.

OoO

St Agapet ier.

Sergius IL

St Silvère.

St Léon IV.

Vigile.

Louis II.

Benoît III.

Pélage I«\

St Nicolas Ier.

Jean III.

Adrien II.

Benoît 1er.

Jean VIII.

Pélage II.

Charles le

St GrégroireIer,

Chauve.

le Grand.

Martin II.

Sabinien.

Charles le

Adrien III.

Boniface III.

Gros.

St Boniface IV.

Etienne V.

Dieudonné.

Arnoulfe.

Boniface V.

Formose.

Honorius Ier.

Boniface VI.

S é vérin.

Etienne VI.

Jean IV.

Romain Ier.

Théodore Ier.

Théodore IL

St Martin Ier.

Jean IX.

St Eugène ier

Louis l'Enfant.

St Vitalien.

Léon V.

* A partir de 395, date de la mort de Théodose, le partage de l'empire fut définitif; notre table ne mentionne que les empereurs d'Occident. "* Tous les prédécesseurs de Boniface II ont été canonisés.

136 Chronologie. ROME. Empereurs, rois de

VI û ,03 A

Empereurs,

Apr J.-C

Empereurs

Papes

Apr J.-C

et

i uio u.e J? i ciliée

Papes

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Christophe.

Eugène III.

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Sergius III.

Frédéric 1er

Anastase III.

Barberousse.

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Conrad Ier.

Anastase IV.

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Landonius.

Adrien IV.

Jean X.

Alexandre III.

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yiy

Henri 1™.

Luce III.

Léon VI.

Urbain III.

Etienne VII.

Grégoire VIII.

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Jean XI.

Clément III.

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Othon ier.

Léon VII.

Henri VI.

Etienne VIII.

Célestin III.

Martin III.

Othon IV.

Agapet II.

Innocent III.

Jean XII.

Frédéric II.

Léon VIII.

Benoît V.

Honorius III.

Grégoire IX.

Jean XIII.

Célestin IV.

Benoît VI.

Innocent IV.

Othon H.

Donus II.

Interrègne.

Benoît VII.

Alexandre IV.

yoo

Othon III.

Jean XIV.

Jean XV.

Urbain IV.

Clément IV.

Grégoire V.

Grégoire X.

OQQ

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Sylvestre II.

Henri II.

Rodolphe de

Jean XVII.

Habsbourg.

Jean XVIII.

Innocent V.

1UUJ

Sergius IV.

Adrien V.

Benoît VIII.

Jean XX ou XXI.

Conrad II.

Jean XIX.

Nicolas III.

Benoît IX.

Martin IV.

Henri ÏIL

[Philippe IV, r.

Honoré IV.

Grégoire VI.

d.France,1285-

Nicolas IV.

Clément II.

Damase II.

Albert Ier et

St Léon IX.

Adolphe de

Victor II.

Nassau.

St Célestin V.

Henri IV.

Boniface VIII.

Etienne IX.

Benoît XI.

Nicolas II.

Clément V.

lUbl

Alexandre II.

Henri VII de

IUiO

Grégoire VII.

Luxembourg.

Victor III.

Louis de Ba-

Urbain II.

vière et Frédé-

Pascal II.

ric d'Autriche.

Henri V.

Jean XXII.

Gélase II.

Benoît XII.

Calixte II.

Clément VI.

Honorius II.

Charles IV de

Lothaire de

Luxembourg.

Saxe.

[Charles V, r. d.

Innocent VI.

Innocent II.

Fr., 1364-80]

Urbain V.

Conrad III de

Grégoire XI.

Hohenstaufen.

Wenceslas.

Urbain VI.

Célestin II.

Boniface IX.

Luce II.

Rupert.

France et Papes.

ROME

Chronologie. 137

Empereurs,

et

rois de France

Papes

Empereurs, et

rois de France

Papes

[CharlesVI,r.d Fr., 1380-1422]

Sigismond.

[Charles VII d. Fr., 1422-61] Albert II.

Frédéric III.

[Louis XI, r. d Fr., 1461-83]

[Charles VIII, r.

d. Fr., 1483-98]

[Louis XII, r.d Fr., 1498-1515]

Maximilien Ier.

[François Iei\r.

d. Fr., 1515-47]

Charles-Quint.

[Henri II, r. d.

Fr., 1547-59]

Innocent VII.

Grégoire XII.

Alexandre V.

Jean XXIII.

Martin V.

Eugène IV.

Ferdinand Ier.

[Charles IX, r.

d. Fr., 1560-74]

Maximilien II.

[Henri III, r. d.

Fr., 1574-89]

Nicolas V.

Calixte III.

Pie II (Aeneas

Sylvius de

Sienne).

Paul IL

Sixte IV (François de Rovere, de Savone).

Innocent VIII (Jean-Bapt. Cibo , de Gênes).

Alexandre VI (Roderigo Borgia).

Pie III (François Piccolomini , de Sienne),

Jules II (délia Rovere).

Léon X (Jean de

*Médicis).

Adrien VI (d'Utrecht).

Clément VII (Jules de Médicis).

Paul III (Alexandre Farnèse).

Jules III (Jean Marie de Monte).

Marcel IL

Paul IV (Jean- Pierre Caraffa de Naples.

Pie IV (Jean- Ange Médicis , de Milan).

St Pie V (Ghislieri , de Piémont).

Grégoire XIII (Hugues Buon-

Rodolphe IL

[Henri IV, r. d Fr., 1589-1610]

[Louis XIII, r.

d.Fr., 1610-43]

Mathias.

Ferdinand IL

Ferdinand III.

[LouisXIV, r.d.

Fr., 1643-1715]

Léopold 1er.

compagni , de Bologne.

Sixte - Quint (Félix Peretti).

Urbain VII (Jean-Bapt.

Castagna, de Rome).

Grégoire XIV (Nie. Sfondrai, de Milan).

Innocent IX (Jean - Antoine Facchinetti, de Bologne).

Clément VIII (Hippolyte Aldobrandini, de Florence).

Léon XI (Alexandre Médicis).

Paul V (Camille Borghèse).

Joseph ier.

Grégoire XV

(Alexandre Lu-

dovisi).

Urbain VIII

(MafTeo Barbe-

rini.)

Innocent X

(Jean - Bapt.

Pamfili).

Alexandre VII

(Fabio Chigi, de

Sienne).

Clément IX (Jules Rospigliosi).

Clément X

(Emile Altieri).

Innocent XI

(Benoît Ode-

scalclii).

Alexandre VIII

(Pierre Otto-

buoni).

Innocent XII

(Ant. Pigna-

telli).

Clément XI

(Jean - François

Albani).

138 Chronologie. ROME.

Empereurs et

rois de France

Papes

Empereurs

Papes

Charles VI.

[Louis XV, r. d Fr., 1715-74]

Charles VII de Bavière.

François Ier.

Joseph II. [Louis XVI, r.

d. Fr., 1774-92]

Innocent XIII

(Michel-Ange de

Conti).

Benoît XIII

(Vinc. - Marie

Orsini).

Clément XII

(Laurent Cor-

sini).

Benoît XIV

(Prospère Lam

bertini).

Clément XIII (Charles Rezzonico, deVenise).

Clément XIV (Jean-Ant. Ganganelli, de Rimini).

Pie VI (Jean- Ange Braschi).

Léopold II.

François II.

Pie VII (Grégoire-Barnabe Chiaramonti,de Césène).

LéonXII(Annib.

délia Genga, de Spolète).

PieVIII (Franc. - Xav. Castiglioni, deCingoli).

Grégoire XVI (MauroCapellari, de Bellune).

Pie IX (Jean Marie Mastai- Feretti, de Sinigaglia ; né le 13 mai 1792, cardinal en 1839, pape le 16 juin 1846).

Borne est située par 41° 53' 54u de latitude N., et 10° 39: 20a de longitude E. de Paris, dans une plaine ondulée et volcanique, s'étendant sur une longueur de 135 kilom. depuis le cap Linaro, au S. de Civita-Vecchia, jusqu'au cap Circeo, et sur une largeur de 40 kilom. entre les Apennins et la mer. La ville occupe les deux rives du Tibre, cours d'eau le plus considérable de la péninsule italienne, à 25 kilom. de son embouchure dans la Méditerranée. Nulle ville n'est si riche en points de vue variés et ravissants. A l'E., le regard s'étend jusqu'à la chaîne des Apennins, éloignée de 15 à 30 kilom. A son extrémité N., on voit s'élever de cette chaîne la crête dentelée du Soracte (686 m.) , semblable à une île au milieu de la plaine, et séparé de la chaîne principale par le Tibre. Plus à l'E. , à une plus grande distance , le groupe de la Leonessa (2,212 m.), qui se rapproche de l'Apennin central. En deçà, la chaîne des montagnes de la Sabine. La cime qui forme le coin de ces montagnes dans la Campagne , est le mont Gennaro (1269 m.), le Lucretilis d'Horace; le village bâti au pied, Monticelli (396 m.). Plus loin, sur le versant de la montagne, Tivoli, reconnaissable aux bosquets de ses villas et à ses plantations d'oliviers. Plus au S., Palestrina, l'ancienne Préneste, s'appuyant au dernier échelon des montagnes de la

ROME. Topographie gêner. 139

Sabine (766 m.)- Une vallée, large de 5 à 6 kilom., sépare les Apennins des monts Albains, qui sont de formation volcanique. Au-dessus de cette vallée, on voit au loin les montagnes du pays des Volsques. Sur la saillie extrême, à l'E. du mont Albain, est situé Colonna (360 m.). Puis viennent les villages de Rocca-Priora (717 m.) et de Monte-Porzio (466 m.); ensuite, la ville de Frascati (676 m.) au-dessous de l'ancien Tusculum. La plus haute cime des monts Albains est le mont Cavo (954 m.), jadis couronné par le temple de Jupiter Albain, qui a été remplacé par un couvent de religieux de l'ordre de la Passion. Sur le flanc de cette montagne, à g., s'étend le pittoresque village de Rocca di-Papa (807 m.), et plus bas, vers la plaine, la ville de Marino (403 m.). Le village plus àl'O., sur la hauteur, avec son château, est Castel-Gandolfo; au delà, la montagne va se perdre dans la plaine. La mer, à 10., n'est visible que de quelques endroits très-élevés. Au N. , la chaîne de collines du Janicule (86 m.) vient s'étendre jusqu'au bord du fleuve, où elle borne l'horizon de ce côté. Les autres montagnes où la vue s'arrête dans cette direction, sont toutes d'origine volcanique: vers la mer, à g. , les montagnes de Tolfa (622 m.) , puis les hauteurs dont le lac de Bracciano baigne le pied, avec la cime de Rocca- Romana (615 m.), le mont Ciminien (aujourd'hui appelé montagne de Yiterbe ; 1056 m.), et, près du spectateur, à dr., le cratère de Baccano, avec le mont Musino (402 m.), tout couvert de bois. La plaine qu'entoure ce vaste amphithéâtre de montagnes, et que baignent le Tibre et l'Anio (qui vient de Tivoli et se jette dans le Tibre, à 4 kil. au-dessus de Rome), est parsemée de quelques fermes et villages, mais surtout d'une foule de ruines importantes, témoins de l'ancienne grandeur de cette contrée et de sa désolation actuelle.

Le mur qui entoure aujourd'hui la ville a une longueur de 22 à 23 kilom. Il est construit en briques, haut de près de 17 m. à l'extérieur, et date, en majeure partie , des années 271 à 276. Il a été commencé par Aurélien, achevé par Probus, et restauré par Honorius, Théodoric, Belisaire, Narsès et différents papes. La ville a 12 portes (plusieurs des anciennes sont murées). La plus importante est la porta ciel Topolo, où commence la grande route qui conduit dans les parties septentrionales et orientales de l'Italie, et qui traverse le Tibre sur le pont Molle, à 1j2 h. de la ville. Viennent ensuite les portes Salara, Fia, S.-Lorenzo (route de Tivoli), Maggiore (Palestrina), S - Giovanni (Frascati et Albano) , S.-Sebastiano (voie Appienne) , S.-Paolo (Ostie); puis, sur la rive dr. du Tibre, les portes Portese (Porto), S.-Tancrazio, Cavaleggieri et Angelica.

Le Tibre (Tevere) atteint Rome après un cours d'environ 350 kilom., et la traverse du nord au sud. Ses eaux sont troubles {fLavus Tiberis . dit Horace). En temps ordinaire,

140 Topographie gêner. ROME.

sa largeur est de 60 m. et sa profondeur de 6 à 7 m. Il est sujet à de fortes crues lorsqu'il pleut longtemps, et il monte alors de 10 m. et plus (dernière grande inondation en 1871) ; il est question de le canaliser. La navigation y est aujourd'hui insignifiante, tandis qu'elle servait autrefois, en amont et en aval, à mettre en communication la capitale de l'empire avec les provinces italiennes et les pays d'outre-mer. Le Tibre entre dans la ville à peu de distance du pied du mont Pincio, et décrit 3 courbes avant d'en ressortir: la première, vers le S.-O., autour du quartier du Vatican; la seconde, vers le S.-E., où il baigne le Champ-de-Mars et aboutit à l'île du Tibre et au Capitole, et la troisième vers le S.-O., en passant devant l'Aventin.

Sur la rive droite s'étend la partie la moins ancienne et la moins considérable de la ville. Elle se divise en deux quartiers inégaux: au N., le Borgo autour du Vatican et de St-Pierre, réuni à Rome en 852 par Léon IV et ceint d'un mur; au S., le Trastevere (,,au delà du Tibre"), au bord du fleuve, et sur les flancs du Janiculer le poste avancé de Rome contre l'Etrurie depuis les temps les plus anciens, et un des faubourgs les plus populeux sous le règne d'Auguste. Ces deux parties communiquent entre elles par la longue via délia Longara, établie par Sixte-Quint. Les deux rives du Tibre sont reliées par 5 ponts: le pont St-Ange près du château de ce nom; en aval de celui-ci, le pont Leonino, pont neuf suspendu; ensuite le pont Sisto; le pont qui traverse l'île du Tibre, appelé pont S.-Bartolommeo , entre le Trastevere et l'île; le pont de' Quattro- Capi , entre l'île et la rive gauche, et enfin le pont Rotto , en aval de l'île.

La ville proprement dite, ou la vieille ville, sur la rive gauche, s'étend en partie dans la plaine au bord du fleuve, l'ancien Champ-de-Mars, et en partie sur les collines qui l'entourent. La ville moderne occupe surtout la plaine, tandis que les collines, où s'élevait la Rome antique, ont été dans la suite en grande partie inhabitées. On distingue sept collines , toutes célèbres dans l'histoire, qui ont fait donner depuis longtemps à Rome le nom de "ville aux sept collines". D'abord la plus petite, mais la plus importante par son histoire, la colline du Capitole, haute de 50 m. au-dessus du niveau de la mer, située près du Tibre et de son île. Elle forme aujourd'hui à peu près la limite entre la ville antique et la ville moderne. C'est une croupe étroite s'étendant du S.-O. au N.-E. , avec deux sommets séparés par un léger renfoncement. Celui du S.-O. , du côté de l'eau , est couronné par le palais Caffarelli, celui du N.-E., vers le Quirinal, par l'église Ste-Marie-in- Ara-Cœli. Au N.-E. du Capitole est le Quirinal (42 m.), dont la forme est oblongue; il y a entre les deux une vallée considérablement approfondie par les constructions de Trajan. Au N., le Quirinal est séparé du Pincio (50 m.) par une vallée

ROME

Population. 141

au fond de laquelle se trouve la place Barberini. Le Pincio était occupé dans l'antiquité par des jardins , comme l'indique son nom latin "collis hortorum", et ne faisait point partie de la ville. A TE. du Quirinal s'élève le Viminal (54 m.), qui est bien moins étendu. Ces deux collines ne sont, à proprement parler, que des ramifications d'une troisième plus grande, VEsquilin (75 m.), qui forme la base commune des deux premières, et qui s'étend au N. du Pincio jusqu'au Célius. L'Esquilin est reconnaissabie de loin aux églises de Ste-Marie -Majeure , et de St -Pierre -aux- Liens , et aux ruines des thermes de Titus. Au S.-E. du Capitole, se trouve le Palatin (51 m.), colline isolée des autres et ayant la forme d'un quadrilatère irrégulier. On y voit les palais des empereurs. Le vallon entre ces deux collines est occupée par le Forum antique. Plus au S. , tout près du fleuve, séparé du Palatin par le vallon (21 m.) où s'étendait le Cirque Maxime , VAventin (46 m.) , avec les églises de Ste- Sabine, de Ste-Balbine, etc. Enfin, à l'E. de l'Aventin, le Célius (50 m.), croupe allongée supportant St- Grégoire et St-Etienne- 3e -Rond. Entre le Célius, le Palatin et l'Esquilin s'étend le Colisée; plus à l'E.. contre le mur de la ville, entre le Célius et l'Esquilin, le palais de Latran.

La majeure partie du terrain immense qu'entourent les murs, et qui renfermait sous l'empire une population de 1 million i/2 à 2 millions d'âmes, est actuellement inhabitée. Sur le Palatin, l'Aventin, le Célius, ainsi que tout le long des murs, on ne voit, au lieu de rues populeuses, que des murs de vignes, et c'est seulement de nos jours qu'on a recommencé à bâtir sur l'Esquilin. La ville du moyen âge et des temps modernes est séparée en deux par la rue principale, le Corso, qui court du N. au S., de la porte du Peuple à la place de Yenise. La partie orientale, au pied et sur les flancs du Pincio et du Quirinal, a une physionomie toute moderne et attire surtout les étrangers. La partie occidentale, le long du Tibre, se distingue par ses rues étroites et sales : elle est le centre du petit commerce.

La population de Rome s'élevait lors du recensement du 31 décembre 1871 à 244,484 personnes, 139,267 du sexe masculin et 105,217 du sexe féminin, dont 29,000 Italiens y résidant seulement d'une manière temporaire. 115,767 habitants, y compris les enfants , ne savaient ni lire ni écrire. Il y avait 1,428 prêtres séculiers, 2,175 religieux (179 seulement nés à Rome) et 1824 religieuses: 232,665 catholiques, 3,798 protestants, 4,619 Israélites et 3,402 personnes appartenant à d'autres confessions. Les couvents, aujourd'hui supprimés, occupaient 1/7 du terrain bâti dans la ville et possédaient l/8 du reste. La propriété foncière appartenait peur */s à des associations, V3 à la noblesse et 1/3 au reste des habitants.

La description suivante de Rome est divisée en cinq parties

142 1° Quart, des étrang. ROME.

principales, dont les limites sont indiquées par le petit plan qui se trouve à la fin de ce volume. Chacune de ces parties a sous bien des rapports, par ses monuments, un cachet particulier, quoique naturellement beaucoup d'édifices de toutes les périodes de l'histoire romaine soient répandus par toute la ville.

I. Le quartier des étrangers et le Corso sont la Rome des temps modernes, le centre de la ville actuelle.

II. Les collines du Quirinal, du Viminal et de V Esquilin, à TE., que couvraient des constructions dans l'antiquité, n'en présentèrent plus ensuite jusqu'à nos jours.

III. Les quartiers près du Tibre sur la rive gauche, la ville aux rues étroites du moyen âge, est le théâtre de la vie populaire.

IV. La Home antique forme les quartiers du S., aujourd'hui en grande partie inhabités et où se trouvent les principaux monuments de l'antiquité.

Y. Les quartiers de la rive droite du Tibre comprennent le Vatican et l'église St-Pierre, la Longara et le ïrastevere.

A cela s'ajoute la description des Catacombes, qui forme un chapitre à part.

1° Le quartier des étrangers et le Corso.

La porte du Peuple (pl. I, 18), non loin du Tibre, au N., était celle par laquelle entraient la plupart des visiteurs de la ville éternelle avant l'ouverture du chemin de fer. Cette porte a été construite en 1561 par Vignole; la façade intérieure en 1655, par le Bernin, pour l'entrée de la reine Christine de Suède. Son nom lui vient de l'église voisine, à l'E., Ste-Marie-du- Peuple (p. 143), en face de laquelle est une caserne des Carabiniers. — En dehors de la porte, la villa Borghèse (v. p. 161).

Du côté de la ville s'étend la belle *place du Peuple {piazza del Popolo ; pl. I, 18), dont le centre est décoré de quatre lionnes qui lancent des jets d'eau, et d'un obélisque qu'Auguste avait fait venir d'Héliopolis après la défaite d'Antoine, et qu'il avait consacré au Soleil, au Cirque Maxime, comme le dit une inscription. Sixte-Quint le fit transférer en 1589 à la place qu'il occupe aujourd'hui. Le monolithe a 24 m. de hauteur et tout le monument jusqu'au sommet de la croix, 36 m. 40.

A l'O. et à l'E., la place est bornée par des murs en hémicycle, avec Neptune et des Tritons d'un côté, Rome, le Tibre et l'Anio de l'autre. Des deux côtés du mur à l'E., il y a des rampes, par où l'on monte au Pincio (p. 144). A dr., l'hôtel des Iles-Britanniques.

Trois rues conduisent de la place vers l'intérieur de la ville dans la direction du S. : à dr., la via di Ripetta (p. 188), parallèle au fleuve; au milieu, le Corso (p. 148), et à g., la via del Babuino conduisant à la place d'Espagne (p. 146). — Entre les deux

Place-du- Peuple.

ROME. 1° Quart, des etrang. 143

dernières rues s'élève l'église S.-Maria-in-Monte-Santo, et, entre le Corso et la via di Ripetta, celle de S.-Maria-de'-Miracoli, l'une et l'autre de la seconde moitié du xvne s. , avec des coupoles et un portique, dessinées par Rinaldi, achevées par le Bernin et Fontana.

*Ste-Marie-du-Peuple {S.-Maria-del-Popolo ; pl. I, 18) fut, dit-on, construite en 1099 par Pascal II à la place des tombeaux des Domitiens, où reposaient les cendres de Néron, et dont les abords étaient infestés par des esprits malfaisants. Elle a été complètement restaurée en 1477, sous Sixte IY, par Baccio Pintelli, et l'intérieur fut décoré plus tard en style baroque par le Bernin. Elle a 3 nefs, un transept et une coupole octogone. De nombreuses œuvres d'art la décorent, surtout de beaux tombeaux du xve s. (le sacristain ouvre le chœur et les chapelles ; 50 c.)

Nef latérale de dr. lre chap., ancienne ch. dellaRovere, aujourd'hui ch. Venuti, peinte par Pinturicchio : sur l'autel, T'-'Adoration de l'enfant Jésus ; dans les tympans, l'Histoire de St Jérôme. A g., le tombeau du cardinal délia Rovere; à dr., celui du cardinal di Castro; à g., sur le pilier, le tombeau du peintre Fr. Castel, mort en 1857, avec son buste par Troschel. — 2e ch., tableau de C. Maratta, l'Assomption. — 3e ch., peinte par Pinturicchio. Au-dessus de l'autel, la Vierge et quatre saints; à g., l'Assomption ; dans les tympans, des scènes de l'histoire de la Vierge; sur les gradins des martyrs, en grisaille; à dr., le tombeau de Jean délia Rovere (m. 1483); à g., la statue couchée d'un évêque, en bronze. — 4e ch., audessus de l'autel, un rétable en marbre de la lin du xve siècle: Ste Catherine entre St Antoine de Padoue et St Vincent; à dr. , le tombeau de Marcantonio Albertoni (m. 1485), à g., celui du cardinal de Lisbonne (m. 1508).

Transept de droite: à dr., le tombeau du cardinal Podocatharus de Chypre. — A côté, une porte conduit à un passage à l'extrémité duquel se trouve la sacristie avec l'ancien -tabernacle du maître autel d'Alexandre VI (1492), avec une Vierge très-ancienne (école de Sienne), et en outre, deux beaux monuments funèbres: à g., celui de l'archevêque Rocca (m. 1482), à dr., celui de l'évêque Gomiei.

INeflatérale de gauche, lre ch.: à dr. et à g. du maître autel, deux ciboria du xve s.; à g., le tombeau du cardinal Ant. Pallavicino (érigé en 1507); sur le pilier à côté, monument baroque d'une princesse Chigi, par Posi (1771). — 2. *Chap. Chigi, construite pour Augustin Chigi (p. 319), sous la direction de Raphaël, en l'honneur de N.-D. de Lorette. . Sur la voûte de la coupole: '-'huit mosaïques à?Aloisio délia Pace (1516), d'après des cartons de Raphaël, la Création des corps célestes, le Soleil, la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne, conduits par des anges dans leur révolution autour de la terre; dans la lanterne, Dieu le Père entouré d'anges. Tableau de l'autel, la Nativité de la Vierge, de Sébastien del Piombo. Les autres tableaux sont de Salviati. Le bas-relief de bronze à l'autel , le Christ et la Samaritaine, est de Lorenzetto. Dans les niches, quatre statues de prophètes : à g. de l'autel, - Jonas, par Raphaël ; à dr., Habacuc; à g. de l'entrée, Daniel, tous deux par le Bernin; à dr., Elie, par Lorenzetto, d'après Raphaël.

Transept de gauche: à g., le tombeau du cardinal Bernardin Lonat (xve siècle).

Chœur: -fresques de la voûte du Pinturicchio, représentant la Vierge, les 4 évangelistes , et les 4 pères de l'Eglise, St Grégoire, St Ambroise, St Jérôme et St Augustin. — En bas, les deux ^tombeaux des cardinaux Girolamo Basso et Ascanio Sforza, par André Sansovino, exécutés par ordre de Jules II. Le même pape fit également peindre les deux beaux vitraux par Claude et Guillaume de Marseille.

Il y a un cardinal titulaire de cette église.

144 1° Quart, des étrang. ROME.

Mont Pincio.

En montant au Pincio par les rampes mentionnées p. 142 (les portes sont fermées 1 h. après l'Ave-Maria), on trouve au premier rond-point deux colonnes rostrales provenant du temple de Vénus et de Rome (p. 234), 3 statues de marbre dans les niches, et au-dessus, des Daces prisonniers, d'après l'antique. Derrière ces derniers, un grand "bas-relief. A mi-hauteur, un grand bassin antique avec un jet-d'eau.

Le *Pincio (pl. I, 18), appelé par les anciens collis hortorum, "colline des jardins", tire probablement son nom du palais qu'y possédait la famille des Pincii, une des plus considérables à la fin de l'empire. Jadis on y admirait les fameux jardins de Lucullus, où plus tard Messaline, femme de Claude, célébra ses orgies. Cette belle promenade de Rome (passegiata) a été créée pendant la domination de Napoléon Ier, sous la direction de Valadier, dans une vigne du couvent de Ste-Marie qui se trouve dans le bas. La société romaine s'y rend vers le soir; on s'y fait des visites dans les équipages , et cet endroit présente un tableau curieux surtout pour le nouveau venu. La musique militaire s'y fait entendre le dimanche et le jeudi (les jours varient), deux heures avant le coucher du soleil, et alors toutes les classes s'y rencontrent et s'y pressent. Au milieu se trouvent des bosquets qu'entourent de belles allées, le tout décoré de bustes d'Italiens célèbres, depuis 1849, sur l'initiative de Mazzini. — De la terrasse au sommet de la colline (46 m.), on jouit d'une magnifique *vue de la ville moderne.

Au-dessus de la place du Peuple, on découvre au delà du Tibre, la gigantesque coupole de St-Pierre, avec le Vatican à dr., et le mur de la ville. Le sommet planté de cyprès, à dr. de la chaîne de collines qui borne l'horizon, est le mont Mario, où se trouve la villa Mellini (bâtim. jaune). Plus à dr., le bâtiment blanc du nouveau Tivoli. A g-, de St-Pierre, tout au bord du Tibre, que l'on ne voit néanmoins pas d'ici, la masse ronde du château St-Ange, ainsi nommé de l'ange en bronze qui le surmonte. Le bois de pins:, sur la colline à g. 'du château, fait partie de l'Acqua-Paoia, décorée d'une croix. En deçà du Tibre, tout un chaos de maisons et d'églises. Les indications suivantes aidront l'étranger à s'orienter. Les deux églises les plus voisines sont, à dr., celle à deux tours, St-Giacomo, sur le Corso; à g., St-Charles, avec une coupole, également sur le Corso. Entre les deux , on découvre la coupole surbaissée du Panthéon, et au delà, une partie de la campagne de Rome. A g., sur la hauteur bornant l'horizon, le mur nu d'une église, derrière laquelle s'élève une tour ; c'est Ste-Marie-in-Ara-Cœli ; la tour appartient au palais Sénatorial ; l'un et l'autre se trouvent sur le Capitole. Sur le côté droit du mont Capitolin , le palais Caffarelli ; en avant , la colonne de Marc-Aurèle sur la place Colonna. Le casino blanc, avec des cyprès , à g. du Capitole, est la villa Mills, sur le Palatin. Plus à g., à l'ombre d'un bouquet d'arbres, une tour plate en briques , appelée la tour de Néron, sur le QuirinaL Tout à fait à g. et plus près, le grand palais du Quirinal.

Le côté N. du Pincio est soutenu par de hauts murs; en face sont les jardins de la villa Borghèse, tout remplis d'arbres. A l'E., on voit une partie des murs de la ville. A un petit rond -point, vers le milieu, près d'un cafe', s'élève un obe'lisque, qui fut érigé dans le principe en Egypte, par Adrien,

La Trinité-dû- M.

ROME. 1° Quart, des et rang. 145

en l'honneur d'Antinous et qui fat transporté plus tard à Rome; il occupe cette place depuis 1822. — A la sortie des promenades du Pincio , au S. , il y a une grille qu'on ferme aussi 1 h. après l'Ave-Maria. En dehors, à g., s'élève la villa Médicis, édifice blanc flanqué de deux tourelles. Il y a sur le devant une allée de chênes verts avec une fontaine, d'où l'on a une vue célèbre sur St-Pierre, surtout le soir au clair de lune.

La villa Médicis (pl. I, 18), construite en 1540 par An. Lippi pour le card. Ricci de Montepulciano, ensuite (vers 1600) propriété du card. Alex, de Médicis, puis des grand-ducs de Toscane, devint en 1801 le siège de V Académie française de peinture, fondée à Rome par Louis XIV. Directeur actuel: M. Lenepveu. On entre au jardin, toujours ouvert au public, par la grille à g.; dans la villa, par l'escalier à dr. (25 ou 30 c. au portier).

La belle façade du côté des jardins est ornée de bas-reliefs antiques. L'aile du bâtiment renferme une collection de plâtres, ouverte tous les jours, excepté le samedi, de 8 h. à midi, et pendant 3 heures de l'aprèsmidi, jusque vers le coucher du soleil. Elle est très-intéressante pour l'étude de l'histoire de l'art , vu qu'elle se compose en partie d'objets dont les originaux ne sont pas à Rome, tels que des sculptures du Parthénon d'Athènes, du Louvre, etc. Devant la terrasse adjacente sont aussi placés des plâtres.

On monte ensuite par la porte latérale, à côté du musée des plâtres ; si elle est fermée, on se la fait ouvrir par le portier. Puis on traverse tout droit le bosquet de chênes , on gravit 60 degrés, et Ton arrive au *belvédère, offrant un panorama magnifique.

Les jardins bien ombragés de la villa touchent au N. au. Pincio. A quelques exceptions près, les hermès qui s'y trouvent sont des œuvres modernes.

L'allée de chênes qui passe devant l'académie , aboutit à la place de la Trinité, où est, à g., l'église de la Trinité-du-Mont. L'obélisque, visible de loin, qui s'élève devant l'église, est une imitation antique de celui de la place du Peuple ; il se trouvait autrefois dans les jardins de Salluste.

La Trinité-du-Mont {$S.-Trinità-de'-Monti ; pl. I, 20), construite en 1495 par Charles VIII de France et dévastée à l'époque de la révolution française, a été restaurée en 1816 aux frais de Louis XVIII, sous la direction de Magri. Cette église n'est ouverte que le dimanche avant 9 h. du matin et le soir 1 h. avant l'Ave Maria, pendant les vêpres des religieuses, chantées avec accompagnement d'orgue. Si elle est fermée, monter l'escalier latéral à g., et sonner à la porte à auvent de zinc.

A g a u eh e •• lre chapelle, Achtermann, Descente de croix, copie en plâtre 2e chap., tableau d'autel: ^Daniel de Volterre, Descente de croix, à fresque, chef-d'œuvre de ce maître (considérablement endommagé et restauré), dont le mérite , comme dessin et comme composition est attribué en partie à l'assistance que lui prêta Michel -Ange. 3e chap., *Ph. Veit, la Vierge, tableau d'autel. 4e chap., Langlois, *St Joseph. 6e chap., le Christ, tableau d'autel -, à. g. les Vierges sages et les Vierges folles ; le Retour de l'enfant prodigue, par Seitz. A droite, 3e chap., Daniel de Volterre, Assomption. 5e chap., Présentation au temple , Adoration des bergers , Adoration des mages, de l'école de Raphaël. 6e chap., Résurrection, Ascension, Descente du St-

Beedeker. Italie, II. 5e édition. 10

146 1° Quart, des etrang. ROME.

Place d'Espagne.

Esprit, de l'école du Pérugin. — Transept, avec ogives, peintures de Perino del Vaga et de F. Zuccari.

Le couvent dépendant de l'église est habité depuis 1827 par les Dames du Sacré-Cœur (institution de jeunes filles).

On va de la place à g., par la large via Sistina, en 5 min., à la place Barberini (p. 164) , et de là en 20 min. à Ste-Marie- Majeure, sur l'Esquilin (p. 179). A dr., la petite via Gregoriana, qui débouche dans la via Capo-le-Case.

Immédiatement à dr. dans la via Sistina, n° 64, s'élève la casa Zuccari, autrefois propriété de la famille d'artistes de ce nom (le rez-de-chaussée est décoré de peintures de Federigo Zuccaro), et ensuite , au commencement de ce siècle, du consul de Prusse, Bartholdy (d'où son nom de Casa- Bartholdy) , qui en 1816 fit décorer une salle de *fresques tirées de l'histoire de Joseph, par les plus célèbres artistes allemands résidant alors à Rome. Les heures où on peut les voir varient parce que les appartements se louent; on s'informera auprès du concierge (11.).

Sur le long mur du côté des fenêtres: à g., Overbeck, Joseph vendu par ses frères, à dr., Ph. Veit, Joseph et la femme de Putiphar. Sur le petit mur du côté des fenêtres: Cornélius, Joseph reconnu par ses frères. Dans le médaillon au-dessus: *Overbeck, les Sept années de disette. Sur le second long mur: W. JSchadow; à g., le Songe expliqué par Joseph dans la prison; à dr., ses Frères apportant à Jacob la tunique sanglante. Sur le second petit mur: Cornélius, Joseph expliquant le songe de Pharaon-, au-dessus, dans le médaillon *Veit, les Sept années d'abondance.

On descend de la Trinité par le grand escalier d'Espagne (pl. I, 20), de 125 marches, construit de 1721 à 1725 par Specchi et de Sanctis. On y peut voir rassemblés, surtout vers le soir, les modèles des peintres, hommes, femmes et enfants, avec leurs costumes pittoresques.

La place d'Espagne {piazza di Spagna; pl. I, 17), le centre du quartier des étrangers, est entourée de magasins et d'hôtels élégants. Au bas de l'escalier, une fontaine de mauvais goût du Bernin , la Barcaccia (la barque). La via del Babuino, au N. , où il y a aussi beaucoup d'hôtels, conduit à la place du Peuple (p. 142). Dans le prolongement de la place d'Espagne au S., la colonne de V Immacolata (pl. I, 20, i) , érigée par Pie IX en mémoire de la proclamation du dogme de l'immaculée conception de la Vierge, en 1854. Le fût de la colonne est de cipollin, et surmonté d'une statue de la Vierge, en bronze. En bas : Moïse, David, Isaïe et Ezéchiel.

Derrière cette place s'élève la Propagande (Collegio di Propaganda Fide; pl. I, 19, 16), établissement pour la propagation de la foi catholique, dont les élèves, appartenant à toutes sortes de nationalités , y reçoivent une instruction propre à en former des missionnaires dans les pays païens. Ce collège a été fondé en 1622 par Grégoire XV et agrandi par son successeur Urbain VIII, d'où son nom de Collegium Urbanum. Son imprimerie était autrefois sans égale, à cause de sa richesse en caractères pour

Fontaine de Trevi.

ROME. F Quart, des étrang. 147

les différentes langues. — A dr. , le palais de l'ambassade d'Espagne, palazzo di Spagna, qui a donné son nom à la place. De l'autre côté s'étend la petite place Mignanelli.

En face de l'escalier d*Espagne, débouche laviade' Condotti, renfermant une foule de magasins d'orfèvrerie, de mosaïques, de camées , de photographies. Cette rue aboutit au Corso, vis-à-vis du grand palais Ruspoli (p. 149).

Au S.-E. partent de la place d'Espagne, à g. de la Propagande, la via de' Due - Macelli ; à dr. , la via di Propaganda. En suivant celle-ci, on arrive, au coin de la via di €apo-le-Case, première rue transversale, à l'église

St-André-delle-Fratte (pl. I, 19), construite sous Léon XI par la Querra, avec une coupole et un campanile de mauvais goût par Borromini. La façade a été ajoutée en 1826 par Valadier, en exécution d'un legs du cardinal Consalvi (p. 154).

Les peintures de l'intérieur sont des productions médiocres du xviie s. ^ les deux anges de chaque côté du chœur, par le Bemin, étaient originairement destinés à décorer le pont St-Ange. On remarque en outre quelques tombeaux \ dans la 2e chap. à dr. , le monument de lady Falconet par Miss Hossmer ; sur le dernier pilier à dr. , près du bas côté, le tombeau du sculpteur Rodolphe Schadow (m. 1822), par Emile Wolff. Dans la 3e chap. à g., sur le mur de dr. , le tombeau d'Angélique Kauffmann, la célèbre peintre (m. 1807) ; à côté, sur le pilier de dr., le monument du peintre Muller (m. 1825). Cette église renferme aussi les tombeau de l'archéologue danois Zoëga et d'un prince du Maroc converti au catholicisme.

Au bout de la via di S.-Andrea-delle-Fratte , nous tournons à g. dans la via del Nazzareno. A g., le Collegio Nazzareno (pl. I, 19; quelques statues antiques dans la cour), fondé en 1662 par le cardinal Tonti pour l'éducation d'enfants pauvres. Vis-à-vis, le palais del Bufalo (pl. I, 19, 6). La via de 11' Angelo-Custode (à l'entrée, à dr. , la petite église des SS- Angeli- Custodi) conduit ensuite, à g., à la via del Tritone, et celle-ci, tout droit à la place Barberini (p. 164).

Nous entrons à dr. dans la via délia Stamperia, ainsi nommée de la grande imprimerie qui s'y trouve (à dr.). A côté de l'imprimerie , Y atelier royal de gravure (Regia Calcografia, (p. 111) et son magasin de vente. Là aussi est actuellement le ministère du commerce.

On arrive ensuite à la *fontaine de Trevi (pl. I, 19), peut-être la plus magnifique de Rome. Cette fontaine, appuyée au palais Poli, fut achevée en 1762 d'après les plans de Niccolo Salvi. La niche du milieu renferme la statue de Neptune par Pietro Bracci, celle de g. la Santé, celle de dr. la Fécondité, et sur le devant est un grand bassin de pierre.

C'est l'aqueduc antique à'Agua- Virgo , aujourd'hui nommée Acqua- Vergine , qui débouche en eet endroit. Il fut construit par Agrippa, l'an 2? av. J.-C. pour ses thermes près du Panthéon (p. 198). Les conduits qui partent de la Campagne, ont une longueur de plus de 20M1.,

148 F Quart, des etrang. ROME.

Le Corso et les

et sont pour la plupart souterrains. Ils entrent en ville non loin de la porte du Peuple, près du Pincio. Le nom vient , selon la légende , d'une jeune fille (virgo) qui montra cette eau à un soldat altéré. L'Acqua- Vergine a été plusieurs fois restaurée, entre autres par les papes Adrien Ier et Nicolas V. Ce dernier en amena ici (1453) une ramification principale, dont les trois bouches firent changer le nom ancien en „Triviou et, par corruption, Trevi. Cet aqueduc fournit journellement 155,271 mètres cubes d'excellente eau. Il alimente en particulier les fontaines des places d'Espagne, Navone et Farnèse. Il y en a une arcade antique dans la cour du n° 12 de la via del Nazzareno, avec une inscription relative à sa restauration sous l'empereur Claude.

Vis-à-vis est l'église St-Vincent-et-St-Anastase (pl. I, 19, 3), construite, dans sa forme actuelle, par le fameux cardinal Mazarin, d'après les plans de Mart. Lunghi. La façade en est très -laide.

La via di S.-Vincenzo débouche dans la via délia Dataria (à g.), qui va au Quirinal (p. 170). — La via délie Muratte, rue très-animée, conduit, à l'O., de la fontaine de Trevi au Gorso.

Le Corso.

De la place du Peuple à la place de Venise, entre les rues di Ripetta et del Babuino, s'étend le * Corso, l'ancienne voie Flaminienne , qui partait du Capitole. C'est aujourd'hui la rue principale de Rome, bordée de magasins et animée, surtout vers le soir, par une foule de carrosses et de promeneurs. C'est ici que le carnaval célèbre ses plus joyeux ébats et qu'ont lieu sur le pavé recouvert à cet effet de terre de Pouzzoles, les courses des barberi, chevaux ainsi nommés parce qu'on se servait jadis pour cela d'étalons berbères. La rue mesure 850 pas jusqu'à la via Condotti, 600 de là à la place Colonna (p. 142), 700 de cette place à celle de Venise, en tout 2,150 pas ou 22 minutes de marche (1 kil. 1/2). Elle est coupée par une foule de rues et de ruelles, conduisant, à dr., aux quartiers étroits et anguleux des bords du Tibre; à g., aux collines.

Le commencement de la rue, jusqu'à la place S. -Carlo, est moins animé que les parties suivantes. Entre la lre et la 2e rue transversale, à dr. , n° 518, le palais Eondinini (pl. I, 18, 17); dont la cour renferme une Pietà inachevée de Michel-Ange.

Après avoir dépassé trois rues transversales , on arrive , à dr. , à une église avec une façade de Charles Maderna, S.-Giacomo - in - Augusta , ou degli- Incurabili, dépendant de l'hôpital voisin , qui s'étend jusqu'à la rue Ripetta. Cet hôpital (chirurgie), qui peut recevoir 340 malades , a été fondé en 1338 et agrandi en 1600. Vis-à-vis, à g., la petite église des Augustins de Gesù-e-Maria, dont la façade est de Rinaldi. — La 3e rue transversale à partir de là, à dr. , la via de' Pontefici , renferme le mausolée d'Auguste (p. 188).

Nous arrivons ensuite à la place St-Charles, où s'élève à dr., l'église St-Charles-au-Corso {S.-Carlo-al-Corso ; pl. 1,17), église nationale des Lombards, rendez-vous du monde élégant, avec une

rues latérales.

ROME. 1° Quart, des etrang. 149

façade de mauvais goût, commencée au xvne siècle par les deux Lunghi, et continuée par Pierre de Cortone.

Intérieur. Les voûtes ont été peintes par Giacinto Brandi. Le maître autel est surmonté d'un des chefs - d'oeuvre de Carlo Maralta: St Charles Borromée recommandé au Christ par la Vierge (le cœur de ce saint est conservé sous l'autel). Fête patronale le 4 novembre.

Bientôt après , la via de' Condotti, qui conduit à g. à la place d'Espagne (p. 146); à dr. , elle prend le nom de via délia Fontanella di Borghese, et mène au palais Borghèse (p. 180) et au pont St-Ange (v. p. 193).

Plus loin sur le Corso, à dr., n° 418 A, le grand palais Ruspoli (pl. I, 16), construit en 1586 par Amanati, où se trouve aujourd'hui la Banque nationale.

A g. , les rues Borgognona et Frattina, conduisant aussi à la place d'Espagne. — Sur la petite place qui s'étend en face de la seconde, à dr. du Corso, se trouve à g. St-Laurent-in-Lucina (pl. I, 16), église de fondation ancienne mais souvent modifiée, dont le campanile seul est resté du premier édifice, et encore avec une flèche moderne. Depuis 1606, elle appartient, avec le couvent adjacent, aux frères Mineurs, qui lui ont donné sa forme actuelle.

Le portique est supporté par quatre colonnes; on voit à côté de la porte deux lions du moyen âge, à moitié engagés dans le mur. — A l'intérieur, contre le 2e pilier de dr., le tombeau de Nicolas Poussin (m. le 19. nov. 1665), érigé par Chateaubriand. Au-dessus du maître autel, un Crucifîment du Guide.

Sur cette place est aussi un temple protestant, bâti depuis peu. — Omnibus d'ici à la place St-Pierre, v. p. 113.

Plus loin encore, à dr. , un peu à l'écart et en partie caché derrière d'autres maisons , le palais Fiano (pl. I, 16, 8), inachevé, devant lequel s'élevait jusqu'en 1662, sur le Corso, un arc de triomphe de Marc-Aurèle, dont une partie des bas-reliefs sont au palais des Conservateurs (p. 216).

A dr. , le palais Teodoli (n° 385) , vis-à-vis duquel la via délie Convertite conduit à la place St- Sylvestre. Sur cette place s'élève la vieille église St-Sylvestre-in-Capite (pl. I, 16), érigée par Paul Ier (757 — 767) dans sa propre maison, avec un couvent, mais considérablement modifiée. Elle est précédée d'un parvis ancien. Cette église doit son surnom ,,in Capite" à la tête de St Jean - Baptiste qu'on y conserve depuis le xine s. Fête le 31 décembre.

A dr. , le palais Verospi (n° 374), aujourd'hui palais Torlonia, construit par Honoré Lunghi et remanié par Alex. SpeccbJ. Dans une loge du premier étage, de jolies fresques mythologiques, par Fr. Albani, rappelant celles de la Farnésine (p. 319).

Plus loin, à droite, au coin de la place Colonna, le grand palais Chigi (pl. I, 16), commencé en 1526 par Jacques de là Porte, achevé par Charles Maderna.

On y voit, au premier, quelques antiques (Vénus de Ménophante, hermès avec une tête moderne, Apollon) et une petite galerie de tableaux

150 1° Quart, des étrang. ROME.

Le Corso et les

sans autre valeur, beaucoup de tableaux de peintres inconnus, quelques-uns du Garofalo , des Carrache , du Dominiquin , de YAlbane , de Dosso Bossi (St Barthélémy, l'apôtre St Jean et d'autres personnages dans un paysage), 2 tableaux attribués au Titien (le Denier et un portrait de Pierre l'Arétin, mauvaise copie de l'original de Florence). Dans une antichambre, un vase en marbre orné d'un bas-relief représentant l'Amour tourmentant Psyché. Le cabinet dii prince, souvent inaccessible, renferme un basrelief de Paiombino : Bataille d'Alexandre le Grand contre Darius, près d'Arbèles. — La biblioteca Chigiana possède des manuscrits précieux. Les permissions pour y travailler sont délivrées, sur une recommandation de l'ambassade ou du consulat, par le duc de Campagnano, palais Chigi, au rez-de-chaussée.

La belle *place Colonna (pl. I, 16) est bornée à droite par le palais Chigi, vis-à-vis de celui-ci, par le palais Terrajuoli avec la pâtisserie Ronzi et Singer; sur le Corso, par le palais Piombino; en face du Corso , par la Poste. Les colonnes ioniques antiques de cette dernière proviennent de Yéies (p. 377).

Au milieu de la place, qui lui doit son nom, s'élève la *colonne de Ma rc-Aurele , ornée, comme celle de Trajan, de bas-reliefs, qui représentent ici les guerres de Marc-Aurèle contre les Marcomans et d'autres peuplades germaniques des bords du Danube. Elle se compose de 28 morceaux, plus le chapiteau et la base, et elle mesure 100 pieds des anciens ou 29 m. 60 de hauteur: un escalier conduit au sommet. Sixte-Quint la fit restaurer en 1589 , fit surtout consolider et revêtir le piédestal, et l'attribua à cette occasion à Antonin le Pieux, opinion alors généralement répandue, et qui s'est encore maintenue de nos jours dans le nom qu'on lui donne ordinairement. Au sommet se trouve la statue de l'apôtre St Paul.

Les quatre grands candélabres sont modernes. Au lieu de jouer au Pincio, la musique militaire donne ici ses concerts au milieu de l'été (v. p. 121).

A la place Colonna touche la place duMont-Citorio (on passe à dr. ou à g. de la Poste). Le grand bâtiment à dr. est la Chambre des Députés [Caméra dë Deputati; pl. I, 16, 24), autrefois bureau de la police papale, édifice commencé d'après un plan du Bernin, et modifié plus tard par C. Fontana. La cour a été couverte d'une toiture en 1871 et disposée pour servir aux séances du Parlement, dont l'ouverture eut lieu le 27 nov. Les étrangers obtiennent à la questure des cartes pour assister aux séances. — ■ L'élévation de la place au N. provient uniquement des ruines immenses de l'amphithéâtre de Statilius Taurus, bâti l'an 31 avant J.-C. et le seul de Rome jusqu'à la construction du Colisée. On en a trouvé des gradins à 27 m. au-dessous du niveau actuel àu sol.

Sur la même place, au n° 128, le bureau du chemin de fer, et à g. , vers le S., n° 121 , le bureau du télégraphe.

L' obélisque . de même que celui de la place du Peuple

rues latérales.

ROME. 1° Quart, des etrang. 151

(p. 142), fut apporté à Rome par Auguste, et servait d'aiguille à un cadran solaire. Debout encore au ixe s., il fut ensuite brisé, puis rétabli et érigé à l'endioit actuel par Pie VI, en 1789. Sa hauteur est de 26 m., en y comprenant le piédestal et la boule. Il date du vne s. avant J.-C. et il avait été érigé par Psammetich Ier.

En descendant du mont Citorio à dr. (S.-O.) et traversant ensuite la petite place Capranica (théâtre, v. p. 111), on va au Panthéon (v. p. 196); à g., on se rend à la piazza di Pietra, où se trouve la *Dogana di Terra (douane: pl. I, 16, 18), dont la façade est décorée de 11 colonnes corinthiennes d'un temple antique qui en avait 15 sur les côtés et 8 sur les façades, de 12 m. 90 de hauteur. Le style n'est pas de la meilleure époque, tout au plus du IIe s.; on appelle ordinairement cet édifice le temple d' Antonin le Pieux, mais sans raisons suffisantes.

La via dë Pastini conduit de là au Panthéon (p. 196). On retourne au Corso en prenant à g. la via di Pietra.

En suivant plus loin le Corso, à partir de la place Colonna, on rencontre à g., en face de la via di Pietra dont il vient d'être question, la via délie Muratte, qui conduit à la fontaine de Trevi (p. 147).

Puis on voit également à g., n° 239, sur une place oblongue, la place Sciarra, le *palais Sciarra-Colonna (pl. I, 16), le plus beau de toute la rue , construit par Flaminio Ponzio , au commencement du xviie s. , avec un portail plus moderne.

On dit depuis des années que la galerie de peinture de ce palais, qui était assez riche, a été vendue en partie pour l'étranger, et on ajoute que le reste le sera bientôt aussi. Nous ne saurions dire si Ton sera admis à la visiter et ce que Ton en verra. Ses chefs-d'œuvre étaient : le Joueur de Violon de Raphaël (1518), différant des autres portraits du maître par la manière dont est traitée la fourrure (on ne sait quel est la personne qu'il représente); le portrait de femme du Titien, signé „Tambend'n et connu sous le nom de ,,la Belle du Titien"; la Vanité et la Modestie de Bern. Luini , dont les têtes rappellent par leurs types celles de Léonard de Vinci; les Joueurs du Caravage; un St-Sébastien du' Pérugin ; une Ste-Madeleine du Guide , qu'on ne saurait sans doute goûter à côté de la Belle du Titien , mais qui est une des principales têtes composées par le peintre et un modèle dans son genre.

La première rue latérale à dr., la via del Caravita , conduit à la place St-Ignace; dont le côté principal est bordé par l'église St-Ignace {S.-Ignazio ; pl. II, 16), commencée en 1626 , après la canonisation du saint , aux frais du cardinal Ludovisi, mais achevée seulement en 1675. Le plan est du père Grassi et la façade d'Algardi.

Intérieur. L'impression que produit l'édifice est gâtée par son ornementation surchargée du style baroque, mais c'est encore une des belles églises des jésuites. Les peintures de la voûte, de la coupole^ et de l'abside, et le tableau du maître autel sont du père Pozzi, un maître pour la perspective, à qui on doit aussi l'idée des décorations de la

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Le Corso et les

chapelle de St Louis de Gonzague, dans le bas côté de droite. (Les perspectives des peintures de la voûte sont prises de la pierre ronde au milieu de la nef centrale; plus loin une autre pierre pour la coupole).

A côté de l'église, au S., est le Collège Romain [Collegio Bomano, pl. II, 16.), autrefois célèbre et très-fréquenté ; il appartenait aux jésuites, qui y enseignaient la philosophie, la grammaire, la rhétorique , la théologie, etc., et l'on pouvait y obtenir le doctorat. Le vaste corps de bâtiment a été construit par B. Ammanati à la fin du xvie s., sous Grégoire XIII et Sixte- Quint. Sa grande façade donne sur une place qui porte son nom. Une partie des salles contiennent la nouvelle bibliothèque Victor - Emmanuel. L'ancienne bibliothèque des jésuites en forme le fond (63,000 volumes et 2,000 manuscrits) , et on y a réuni celles de nombreux couvents qui ont été supprimés , en tout environ 450,000 volumes et plusieurs milliers de manuscrits. On s'occupe maintenant de l'enrichir d'œuvres de la littérature moderne. Cette bibliothèque est ouverte tous les jours de 8 h. du mat. à 3 et de 8 h. du soir à 11; elle a une salle de lecture bien organisée et elle communique par une passerelle au-dessus de la rue avec la biblioth. Casanatensis (p. 199). — Les bâtiments comprennent en outre le lycée Ennio-Quirino- Visconti, et quelques collections, surtout le

*Musée Kircher ( Museo Kir cher iano) , fondé par le savant Athanase Kircher, né à Fulda en 1601, jésuite et professeur à Wurtzbourg en 1618, plus tard professeur de mathématiques au Collège Komain, mort en 1680 et célèbre par ses ouvrages d'histoire et de mathématiques et par ses découvertes en physique. Ce musée, aujourd'hui entre les mains du gouvernement, est ouvert tous les jours de 9 h. à 3, moyennant 1 1. dans la semaine et gratuitement le dimanche. L'entrée se trouve, en y allant par la via del Collegio-Romano, au n° 216. On remarqué au vestibule quelques inscriptions et 7 têtes d'animaux colossales. Là on passe par la porte en face , puis on monte unescalier à g. jusqu'au second, tourne à dr. et monte encore un petit escalier tournant.

Le vestibule contient des reproductions de colombaires avec des urnes cinéraires. — Ensuite vient une petite salle avec des fragments de peintures murales antiques. Dans des vitrines: de petits vases enterre cuite, sur lesquels sont des inscriptions gravées à la pointe; des coupes en argent trouvées dans la source sulfureuse de Vicarello (p. 379) et sur lesquelles sont inscrits les noms des étapes de la route de Gadès en Espagne juqu'à Rome; diverses inscriptions sur plaques de bronze et de plomb; des plombs de fronde d'origine romaine; des sceaux en bronze. A g. , à côté de l'entrée, une grande inscription sur bronze, trouvée près de Bénévent, et relative au décret alimentaire de l'empereur Trajan en faveur des enfants pauvres. — En montant quelques degrés à g., on arrive à une 2e salle, où sont des mosaïques: au milieu, par terre, une grande mosaïque représentant une chasse sur les bords du Nil, trouvée sur le mont Aventin ; aux murs , des compositions de genre et mythologiques, quatre Chevaux de cirque avec leurs conducteurs, portant un costume intéressant, etc. — Au commencement d'un corridor, dont le pavé moderne est imité de mosaïques antiques, à g. et à dr., aux murs, des

rues latérales.

ROME. 1° Quart, des étrang. 153

fragments de terres cuites. lre armoire de gauche : ex-voto en terre cuite, têtes, yeux, pieds et oreilles. Armoire en face : têtes et autres objets aussi en terre cuite. A g. et à dr. aux murs : bas-reliefs de marbre, statuettes, petites têtes. Au milieu, une '"'collection remarquable de vieilles monnaies romaines fondues , parmi lesquelles il y en a sans empreinte (œs rude). 2 e armoire de g.: statuettes en terre cuite, la plupart des ex-voto. Armoire en face: vases de terre. Aux murs, de chaque côte', bas-reliefs en terre cuite (du nombre une Pénélope en deuil) et des urnes cinéraires étrusques. 3e armoire, à g. et à dr. : lampes romaines en terre. Aux murs, de chaque côté, divers fragments de bas-reliefs de marbre. Au milieu , divers ustensiles en os, des pâtes de verre, des pierres taillées et des vases de verre. 4e armoire, à g. et à dr. : lampes et vases peints. A l'extrémité du corridor, quelques bustes, etc., de moindre valeur. — Salle de gauche: vieilles pierres et bas -reliefs funéraires chrétiens-, dans les armoires , des objets du moyen âge. A la fenêtre un fragment de mur antique, dans un cadre noir, avec une caricature à la pointe à l'adresse des chrétiens , trouvée sur le Palatin ; elle représente un homme à tête d'âne, en croix, à côté un autre homme qui tend les mains vers lui; audessous on lit l'inscription: AXetofjxsvoç as{3sTs Bsov (Alexamène adorant Dieu). — A dr. , le long corridor des bronzes. Près de l'entrée, à g. dans le haut du mur, une pièce de la charpente du vaisseau de Tibère sur le lac de Nemi (p. 361). 1 re armoire: idoles égyptiennes en bois et en bronze, d'autres en verre et des antiquités orientales. Dans le dernier compartiment de l'armoire, une grande idole phénicienne en bronze, provenant de Sardaigne, et diverses statuettes étrusques. En face, un candélabre de bronze et des vases. A g., une statuette, représentant un jeune homme. lre vitrine (au milieu): armes et armures diverses. Au-dessus, des casques. Puis une statuette de Bacchus. 2 e armoire: statuettes de différents genres ; dans le premier compartiment, des charrues étrusques. Ensuite un bras en bronze. 2e vitrine (au milieu): anses de vases en bronze, anneaux, parure de che/al et quelques fibules ou broches couvertes d'un bel émail. 3e armoire: statuettes, ex-voto, masques, animaux, pieds et poignées de cistes 5 on remarquera surtout une tête d'Apollon presque de grandeur naturelle. 3 e vitrine (au milieu) : clefs, chaînes, serrures, cuillers, styles, instruments de chirurgie, robinets de conduites d'eau. Au milieu du corridor, la principale pièce de la collection, la *Cista Ficoroni , ainsi nommée d'après son premier propriétaire; elle a été trouvée à Palestrina en 1744. C'est un vase cylindrique (nécessaire de toilette) du Ilie s. av. J.-C, recouvert de gravures au burin d'un travail achevé : Arrivée des Argonautes en Bithynie et Victoire de Polydeuce sur le roi Amycus. Les pieds et les figures du couvercle sont d'un travail plus grossier. Ces dernières sont accompagnées des inscriptions : „Novios Plautios medRomai (meRomee) fecid", et ,,Dindia Macolnia filea dédit". 4e armoire: balances et poids, lampes, racloirs , anneaux. 4 e vitrine (au milieu) : tuyaux d'aqueduc en plomb, avec des inscriptions. Au milieu du corridor, *un siège de bronze antique incrusté d'argent. 5e armoire: vases de bronze et d'argent, candélabres, vases, bracelets, agrafes, parure de cheval, enfin des miroirs étrusques , dont quelques-uns avec de fines gravures.

De cet endroit on arrive dans le musée prehistokique et ethnographique, en voie de formation. La provenance des objets y est indiquée par des étiquettes imprimées.

Les salles qui s'étendent tout le long de la via del Collegio Romano, sont consacrées à la collection de vieilles oeuvres d'art italiennes (musée italique) et aux inscriptions antiques (musée lapidaire). Le musée italique n'est pas encore organisé ; cependant les dernières salles renferment une '"collection excessivement précieuse de peintures murales étrusques trouvées en 1857 dans un tombeau de Vulci et cédées au musée par le prince Torlonia. On en voit des copies au musée Grégorien du Vatican (p. 313). Nous mentionnerons surtout deux peintures principales représentant des sacrifices humains en l'honneur des défunts. Dans l'une, c'est Achille qui offre un jeune Troyen aux mânes de Patrocle; on y voit en arrière la figure d'un gris bleuâtre de Charon qui attent l'âme

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de la victime pour la conduire aux enfers , et deux autres Troyens qui sont amenés les mains liées par deux héros grecs. La seconde peinture représente trois sacrifices humains et les préparatifs d'un quatrième; les sujets en sont très-probablement empruntés aux traditions étrusques. — Le musée lapidaire comprend des inscriptions antiques de toute espèce. Les plus importantes ont été trouvées près du temple de la Dea Dia; elles font mention des festins et des sacrifices des frères Arvals (v. p. 339). — Dans les pièces voisines, une collections d'empreintes sur des briques et des tuyaux de plomb avec des inscriptions.

Un étage plus haut , est le nouveau musée artistique et industriel du moyen âge, composé d'objets comme des terres cuites, des majoliques, des étoffes de luxe, et d'une collection de plâtres d'œuvres d'art italiennes de la même époque. Ce dernier musée est visible tous les jours de 9 h. à 3 h. moyennant 50 c.

L'observatoire du collège, sous la direction du savant père Secchi, jouit d'une célébrité européenne. On peut le visiter l'après-midi sur une recommandation. C'est de là que part le signal pour tirer le coup de canon du château St-Ange, à midi, quand le soleil passe au méridien.

En suivant toujours le Corso, au delà de la place Sciarra, on atteint à dr. le palais Simonetti (n° 308). Vis-à-vis, s'élève l'église St-Marcel (S. -Marcello ; pl. II, 16), déjà mentionnée en 499. Elle s'écroula en 1519 et fut reconstruite par Oiacomo Sansovino, sauf sa disgracieuse façade, qui est de Ch. Fontana.

La 4e chapelle, à dr., renferme des peintures de Perino del Vaga% achevées après sa mort par Daniel de Volterre et Pellegrino de Modène, ainsi que le tombeau du célèbre cardinal Consalvi (m. 1824), ministre de Pie VII, par Rinaldi. Peintures de l'abside, par Giov. Battista de Novare ; de la 2e chai), à g., par Fed. Zucchero.

A dr., la petite église de Ste-Marie-in-Via-Lata, déjà mentionnée au vnevsiècle; l'édifice actuel est du xvne siècle, la façade, de Pierre de Cortone. Un escalier conduit du vestibule à un oratoire où enseignèrent, dit-on, St Paul et St Luc. Le nom de l'église rappelle la rue principale qui correspondait à peu près dans l'antiquité au Corso actuel. Des restes considérables de murs antiques sous cette église et sous le palais Doria proviennent des Septa Julia, enceinte qui fut achevée par Agrippa, et servit de salle de vote, puis de marché à partir du règne de Tibère.

A côté de cette église s'élève le *palais Doria (pl. II, 16), cidevant Pamfili. composé d'une vaste agglomération d'édifices. Il compte parmi les plus somptueux de Rome. Il a 3 façades; celle du côté du Corso par Valvasori, celle du côté du Collège Romain par P. de Cortone, celle sur la place de Venise par P. Amati. En venant du Corso (n° 305), on entre d'abord dans une belle cour entourée d'un péristyle. A g., l'escalier conduisant au premier étage, qui contient la *galerie de tableaux (mardi et vendredi, de 10 h. à 2 h. 5 ouverte tous les jours pendant les quinze jours qui suivent Pâques. On trouve des catalogues dans toutes les pièces; 50 c).

Comme les autres galeries de Rome, celle du palais Doria n'est pas spéciale pour telle ou telle école, mais elles y sont toutes à peu près également représentées \ on y remarque au plus une certaine préférence dans le principe pour les œuvres du xviie s. Les premières salles sont mal

rues latérales.

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éclairées, mais la plupart des tableaux qui s'y trouvent ne s'élèvent guère au-dessus de la médiocrité. Cependant on remarquera un gradin d'autel de Peselli (11,23,29); c'est un beau spécimen de peinture de la vieille école (ïe Florence , et Ton verra avec plaisir la Vierge de Nie. Rondinello (II, 12,25), artiste peu connu, qui s'est si bien approprié le ton doux et doré de la vieille école de Venise et qui est l'un des plus heureux successeurs de Jean Bellini.

Les perles de la collection sont dans les trois galeries et dans le cabinet du coin. Des maîtres du xvie s. , Raphaël est représenté par le double portrait de deux savants vénitiens , André Navagero et Augustin Beazzano (cabinet du coin). Toutefois l'authenticité de ce tableau est contestée, et le procédé que révèle le coloris n'est pas en effet le procédé habituel de Raphaël; d'un autre côté, le ton vigoureux et l'ampleur de l'exécution pourraient être le résultat de la pratique de la peinture à fresque. Quant à la Jeanne d'Aragon (IIe gai., 53 ), ce n'est qu'une copie, et il en est de même des Ages de la vie du Titien. L'Hérodiade de Pordenone (IIe gai., 40), au contraire, et le portrait de Laur. Lotto par lui-même (id. ,34), sont d'excellentes toiles vénitiennes. Le portrait d'André Doria par Seb. del Piombo (cab. du coin) n'est plus vénitien de caractère, mais il est admirable par l'art avec lequel le peintre a su donner à la laideur un cachet imposant. On comparera à ce portrait celui d'Innocent X par Velasquez , qui se trouve dans la même salle. Le second se distingue par un coloris puissant, à côté duquel celui de Piombo, paraît lourd, malgré son caractère vigoureux: on remarquera avec quel talent Velasquez a su harmoniser les trois sortes de rouge. Il y a aussi un portrait à'Ang. Bronzino d'une éléganee noble mais froide.

Bien que ce ne soit pas un peintre de premier rang, le Garofalo a produit un chef-d'œuvre dans sa Nativité de J.-C. (IIe gai., 61). Les paysagistes du xvne sont aussi bien représentés dans la collection. Dans les paysages d'inw. Carrache (IIIe gal.),| on constate une hésitation entre le genre historique et le paysage proprement dit, et la première tendance l'emporte au détriment de l'effet d'ensemble. Les œuvres de Salvator Rosa que possède la galerie (VIe salle) ne sont pas des meilleures de ce peintre. Au contraire, celles de Claude Lorrain (IIIe gai., 5, 12, 23) jouissent d'une célébrité bien méritée. Le Moulin , aussi bien que le paysage avec un temple d'Apollon, peuvent être regardés comme des modèles du paysage idéal, dans lequel les contours et l'agencement -des plans déterminent l'effet d'ensemble: premier plan encadré d'arbres, deuxième plan légèrement ascendant et arrière-plan formé par des montagnes aux contours arrondis. — L'école des Pays-Bas des xv e et xvn e s. n'est représentée que par un petit nombre de tableaux; mais elle y figure bien grâce à la Descente de croix de Memling (cabinet du coin) et au Sacrifice d'Abraham de Lievens (IIe gai., 26).

Ire s aile. C'est la seule où il soit permis de copier les œuvres d'art; on y trouve par conséquent souvent des chefs-d'œuvre de la galerie. Parmi les antiques: quatre sarcophages avec la Chasse de Méléagre, l'Histoire de Marsyas , Diane et Endymion et un Cortège de Bacchus ; deux beaux autels ronds; un pendant de la prétendue Diane de Gabies au Louvre; une statue archaïsante de Bacchus barbu, et un grand nombre de statues plus petites. — Tableaux : 19, 23, 30, paysages du Poussin ou plutôt de ses imitateurs; au mur de l'entrée: *Mariotto Albertinelli, la Vierge.

IIe salle (à g.): bustes antiques, un Centaure en pierre dure et en rouge antique , fortement restauré ; 24, Fr. Francia , la Vierge. — 37, le Titien, Ste Madeleine, dont l'original est au palais Pitti à Florence^; 13, Holbein (?), portrait de femme; 12, 43, Rondinelli, la Vierge (comparer à celle de Bellini, IIe gai., 25); 21, Pisanello , le Spozalizio ; 23, Peselli, St Sylvestre devant Maximin II; *28, Fil. Lippi, l'Annonciation; 29, Peselli, Léon IV apaisant un dragon; 35, Pisanello, la Nativité de la Vierge; 49, le ^Titien, Enfant jouant avec des lions; 42, Holbein (?), son portrait à l'âge de 40 ans ; Murillo, Ste Madeleine; 5, Jean Bellini (?), la Circoncision. — 15, école de Mantegna, St Antoine.

IIIe salle (très-sombre), à dr. de l'entrée: 34, le Caravage, St Jean ; "18,32, P. Brill, paysages. Au-dessus de la porte : 1, Paris Bordone, Mars,

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Le Corso et les

Vénus et l'Amour. Au milieu : Divinité fluviale couchée, en pierre dure. Mur de g., dans deux cadres, des bronzes antiques et d'autres objets. A la fenêtre, un seau en bronze, avec des gravures singulières (décadence).

IVe salle: 16, 22, le Titien, Ste Agnès; Ste Famille avec Ste Catherine; 25, le Guerchin, St Joseph; 27, le Dominiquin, paysage; 31, Poussin, paysage. La Lutte de Jacob avec l'ange, marbre de l'école du Bernin.

Ve salle: au-dessus de la porte, 5, JSandro Boticelli (?), Ste-Famille; -30, école espagnole, portrait d'enfant; 13, Maratta, la Vierge. A côté de la sortie, à dr., 37, école de J. Bellini, les Fiançailles de Ste Catherine. — Dans le cabinet un peu plus haut qui sert de° passage , plusieurs petits œuvres de l'école des Pays-Bas et un buste de femme par Algardi.

VIe S. : 3, 8, Salv. Rosa, paysages ; 19, Mazzolino, Massacre des Innocents.

VIIe salle: *22, Louis Carrache, St Sébastien. En face, 17, du même, Ste-Familie. Dans le coin, une '-"tête de Sérapis en marbre.

VIIIe salle, quelques têtes antiques remarquables.

IXe salle, collection de natures mortes.

On entre d'ici dans les galeries. A gauche, la

Ire galerie: 2, le Garofalo, Ste Famille; 3, Annibal Carrache, Madeleine; 8, Quentin Messys, 2 têtes d'hommes; 9, Sassoferrato, Ste-Famille; 14, le Titien, portrait d'homme; 15, André del Sarto (?) , Ste-Famille; 20, le Titien, les Trois âges de la vie (copie d'après l'original à Londres) ; 25, * Claude Lorrain, paysage avec la Fuite en Egypte; *26, le Garofalo, la Visite de la Vierge à Elisabeth; 16, Brueghel, la Création des animaux; 32, Saraceni , Repos pendant la Fuite en Egypte; 38, Poussin, copie des Noces aldobrandines (peinture antique à la bibliothèque du Vatican, v. p. 317); 49, Paul Véronèse (?), Ange; 50, Raphaël, Ste-Famille, copie par Jules Romain. En face, devant la dernière fenêtre, 5, de V école de Mantegna, Jésus portant sa croix.

IIe galerie, surtout riche en excellents portraits: "25, Jean Bellini, la Vierge; '"'6, Fr. Francia, Madone; 13, Mazzolino, le Christ au temple; *17, le Titien, portrait; 18, Pordenone, idem; 19, Raphaël, idem; 21, Van Dyck (?) , id. ; 24, vieille copie d'après le Giorgion , 3 têtes du ,, concert" (au pal. Pitti à Florence) ; 26, Jean Lievens (et non Rembrandt), Sacrifice d'Abraham; *Angelo Bronzino, Gianettino Doria; 3, Rembrandt, Faune; '::'40, Pordenone , Hérodiade avec la tête de St Jean-Baptiste; 50, Rubens, portrait d'un moine; *Lucas de Leyde (? école hollandaise du xvie s.), portrait; *61, Garofalo, la Nativité de J.-C. ; 53, Raphaël, Jeanne d'Aragon, copie hollandaise; '-'69, le Corrige, allégorie de la vertu , peinture en détrempe, inachevée ; 32, 80, le Titien, portraits. — Dans la pièce contiguë (ordinairement fermée), des tableaux du xviie s.

IIIe galerie: 1, 6, 28, 34, Annibal Carrache, paysages avec des scènes historiques; 5, Claude Lorrain, Mercure dérobant les bœufs , paysage; 11, Bronzino, portrait de Machiavel ; -12, Claude Lorrain , le Moulin ; '::'23, le même, paysage avec un temple d'Apollon, tous deux des chefs-d'œuvre de premier rang. A côté du n° 18, deux petits tableaux de l'école flamande ; 26, Mazzolino, portrait; -"-27, le Giorgion (?), portrait ; 31, FraBartolommeo, Ste-Famille; 33, Claude Lorrain, paysage avec la chasse de Diane.

Le cabinet du coin, à côté, contient les perles de la collection, qui sont bien éclairées : ^Raphaël , Navagero et Beazzano , deux savants vénitiens , autrefois pris à tort pour Bartolus et Baldus , jurisconsultes du xive s. ; -2, Sébastien del Piombo, portrait d'André Doria; *Quintin Messis, Changeurs se querellant; *Memling , Mise au tombeau; '"5, Velasquez, Innocent X.

IVe gai.: statues de moindre valeur, la plupart fortement restaurées. A g. du Corso, en face du palais Doria, le 'palais Salviati.

La rue latérale à côté du palais Salviati, ainsi que la précédente et la suivante, conduisent à la place des Saints-

rues latérales.

ROME. 1° Quart, des étrang. 157

Apôtres (pl. II, 19), entourée de l'église du même nom, du palais Colonna (v. ci-dessous) et du palais Valentini (petit côté), renfermant quelques antiques; du palais Ruffo (n° 308) et du palais Odescalchi (n° 314), avec une façade du Bernin.

Les *SS. -Apôtres (SS.-Apostoli ; pl. II, 19). église originairement fondée par Pélage Ier en l'honneur de St Philippe et de St Jacques, et reconstruite en 1702 sous Clément XI, est en restauration, depuis qu'elle a été incendiée en 1871. Le portail, de Baccio Pintelli, est tout ce qui reste de l'édifice ancien avant la reconstruction en 1702. L'église renferme, à g.; le monument du graveur Jean Volpato, par Canova (1807); à dr., une aigle antique dans une couronne de chêne, provenant du forum de Trajan. Fête patronale le 1er mai.

Bas-côté de dr., 3e chapelle, Ltiti, St Antoine. Bas-côté de g., 2e chap. Franç. Manno, Descente de croix. A g., au-dessus de l'entrée de la sacristie, le -tombeau de Clément XIV, par Canova; sur le soubassement, la Douceur et la Modération. Dans l'abside, avec un tableau de Muratori (le plus grand de Rome?), les deux monuments élevés par Sixte IV à ses neveux, les cardinaux Riario ; à g., celui de Pierre Riario, mort en 1474, et derrière l'autel, en partie caché par un orgue, celui d'Alexandre Riario. A dr. , le tombeau de Giraud (m. 1505), mari de la nièce de Jules II. Au plafond de l'abside , la Chute des anges, fresque de Giovanni Odassi, peinture baroque mais d'un effet saisissant. L'église ancienne était peinte par Melozzo da Forli; un beau débris de ces fresques est conservé au Quirinal (p. 172) et d'autres dans la sacristie de l'église St-Pierre (p. 288).

Le couvent voisin sert maintenant aux bureaux du ministère de la guerre. Il renferme, dans le corridor attenant à l'église, un monument de Michel-Ange et le tombeau du cardinal Bessarion (m. 1472).

Le *palais Colonna (pl. II, 19), commencé par Martin V, plus tard agrandi et transformé à diverses reprises , a, au rez-dechaussée, une série de pièces décorées de fresques intéressantes par le Pérugin, qu'on ne peut néanmoins voir, parce que l'hôtel est en grande partie loué à l'ambasseur de France près le roi d'Italie. Au premier se trouve une ^galerie de tableaux remarquable, visible tous les jours de 11 h. à 3 h., excepté les dimanches et fêtes. On entre par la place des Sts- Apôtres, porte n° 53, et on tourne dans le coin de g. de la cour, pour monter un large escalier.

Au premier étage, on voit en face de l'entrée une copie en plâtre peint d'une tête de Méduse colossale. On passe d'abord dans une grande salle renfermant des portraits de famille, puis dans trois pièces ornées de Gobelins. Dans celle du milieu sont quatre hermès antiques, dans la troisième, une statue antique représentant une jeune fille, appartenant à un groupe de joueuses aux osselets. C'est là qu'on sonne pour être admis dans la galerie proprement dite (50c. en partant).

Galerie. Le plus intéressant, ce sont les 11 paysages en détrempe par Gaspar Poussin, dans la quatrième salle. Les sujets en sont trésvariés : Route sur le bord d'un ravin, Plaine déserte balayée par un ouragan, Lac tranquille entouré d'arbres majestueux, Rochers crevassés avec une cascade, ete. Les procédés de l'artiste sont simples et uniformes \ ce n'est que par la composition et le dessin qu'il produit de

158 1° Quart, des etrang. ROME. Place des Sts-Apôtres.

l'effet, et c'est assez. — L'attention est aussi attire'e par les portraits des ancêtres des Colonna. Celui d'Isabelle, par Novelli , peintre sicilien du xviie s. , ne mérite pas seulement d'être examiné à cause de la rareté des œuvres de cet artiste, mais aussi pour sa valeur intrinsèque. Nous mentionnerons en outre : une Vierge de Laur. di Credi ; une Vierge avec des saints de Bonifazio; des saints (bustes) entourés d'anges, par le Tintoret, et une Assomption par Rubens. Il y a encore deux vieux tableaux flamands représentant la Vierge et entourés d'autres tableaux plus petits (Ire salle) qui se font remarquer par la finesse de l'exécution. — Tous les tableaux portent les noms des artistes.

Ire salle, mur de l'entrée : Fit. Lippi (?), Madone ; Luca Longhi, Madone ; S. Bolticelli, Madone. Mur de g. : Luini, Madone (très-endommagée) ; Giov. Santi (père de Raphaël), portrait; Jacopo dPAvanzo, Crucifiement; UAlbane, deux paysages; * Jules Romain, Madone; Gentile da Fabriano (?), Madone. Mur de la sortie: le Parmesan, Ste-Famille; Innocent d'Imola, Ste-Famille ; '"' deux Madones entourées de petits tableaux ronds, faussement attribuées à Van Eyck , par un Hollandais plus moderne.

IIe salle: salle du trône, avec un beau tapis ancien.

IIIe s aile: plafond de Battoni et de Luti (apothéose de Martin V). Mur de l'entrée : Jean Bellim\ St Bernard ; le Titien, Onuphre Panvinio ; Bronzino, Ste-Famille; Girolamo Trevisani , Poggio Bracciolini. Mur de g. : VAlbane, Enlèvement d'Europe; Ho Spagna , St Jérôme; Domenico Puligo , Madone; Annibal Carrache, Mangeur de fèves ; Paris Bordone, la Vierge et des saints. Mur de la sortie: Holbein (?) , Lorenzo Colonna; Paul Véronèse , portrait d'homme; Bordone (et non Bonifazio) , Ste-Famille. Mur des fenêtres: F. Mola, Caïn et Abel ; Sassoferrato, Madone ; le Guide , Ste Agnès.

IVe salle: on remarquera surtout les onze -paysages en détrempe de Gaspard Poussin^ comptant au nombre de ses chefs-d'œuvre. Us sont en partie mal placés, au-dessus des fenêtres. En outre, au mur de l'entrée : le Canaletto, Architecture; Crescenzo cT Onofrio, paysage. Vis-à-vis, au mur de la fenêtre: Berghem, Chasseur; Claude Lorrain (?), paysage; Wouvermans (?), Chasse à courre et Combat de cavalerie; N. Poussin, Métamorphose de Daphné ; grande armoire renfermant des sculptures en ivoire (au milieu, le Jugement dernier, d'après Michel-Ange) par François et Dominique Steinhard.

Ve salle (galerie), plafond peint par Coli et Gherardi, la Bataille de Lépante, 8 oct. 1571, à laquelle la flotte pontificale prit part sous la conduite de Marc-Antoine Colonna. Les miroirs sont ornés de fleurs de Mario de' Fiori et de Génies de Carlo Maratta. Les statues antiques de cette salle sont en majeure partie d'une valeur secondaire, et fortement restaurées. Parmi les bas - reliefs au-dessous des fenêtres (à dr.) : tête de Pallas ; Guerrier blessé emporté par les siens ; Diane sur un char à deux chevaux (archaïsant). Mur de g. : *Rubens, Assomption ; * Sustermans, Federigo Colonna; Allori, le Christ aux enfers; Salviati Adam et Eve; * Van Dyck, Don Carlo Colonna, portrait équestre ; le Guerchin, Martyre de Ste Emérence; S. Gaëtano, portrait de la famille Colonna. Mur de dr. : le Tintoret, deux têtes d'hommes ; iV. Poussin , Bergers ; Niccolà Alunno , la Vierge délivrant un enfant du démon.

Un escalier, où l'on voit sur les degrés un boulet du bombardement de 1849, conduit à la VIe salle. De g. à dr. : Lorenzo Lolto, le Cardinal Pompée Colonna; Moroni, portrait d'homme; le Tintoret, Narcisse; *Palma le Vieux, la Vierge avec St Pierre et le donateur ; le Ghirlandajo (?) l'Enlèvement des Sabines et (en face) la Réconciliation; Bonifazio (et non le Titien), la Vierge entourée de saints; Van Dyck Lucrèce Colonna; Jérôme Bosch (et non Cranach), Tentation de St Antoine ; le Tintoret, Auréole d'anges avec 4 peintures demi-figure; Moretto de Brescia, portrait d'homme; Aug. Carrache , Pompée Colonna; le Giorgion (attribué à tort), Giacomo- Sciarra Colonna; Pourbus, Franc. Colonna. Au milieu, une colonne de la Renaissance, en marbre rouge ,* avec bas-reliefs représentant des scènes guerrières.

Le beau jardin de ce palais (entrée par derrière , ou de la via del Quirinale, 12), renferme des antiques, des fragments d'une

Place de Venise.

ROME. 1° Quart, des etrang. 159

architrave colossale, provenant, dit- on, du temple du Soleil construit par Aurélien, et des murs de briques considérables des thermes de Constantin, qui s'étendaient sur toute la place du Quirinal. De la terrasse, vue magnifique sur la ville.

Le Corso se termine au S. par la place de Venise (pl. II, 16; 15 m. d'altit). Au coin, à dr., le palais Bonaparte, ci-devant Rinuccini, construit par Rossi, avec le portail sur la place de Venise. C'est là que mourut, en 1836, Laetitia Bonaparte, mère de Napoléon 1er. '— La place doit son nom au *palais de Venise {pal. di Venezia; pl. II, 16, 19) qui s'y trouve-. Cet édifice, qui se compose en réalité de deux palais , un grand et un petit, moins ancien, date de 1455. Il est dans le style florentin, et surtout imposant par ses proportions. On l'attribuait auparavant à Giuliano da Majano; mais on a trouvé des documents qui prouvent qu'il fut construit, sur les ordres de Paul II, par un certain Francesco del Borgo di S.-Sepolcro. Il est difficile de préciser quelle part a prise aux travaux Bern. di Lorenzo. Ce palais fut donné en 1560, par Pie IV, à la république de Venise, et passa avec elle à l'Autriche, dont l'ambassadeur y a toujours sa résidence, même depuis la cession de la Vénétie. La grande cour à arcades n'est achevée qu'en partie, 'de même la 2e cour à g. Les matériaux pour la construction de ce palais ont été, dit-on, pris en partie au Colisée.

Vis-à-vis de la porte latérale s'élève le palais Torlonia, cidevant Bolognetti, construit en 1650 par C. Fontana, et occupant tout le carré jusqu'à la place des Saints-Apôtres. Il appartient au banquier prince Torlonia, duc de Bracciano. La décoration en est des plus somptueuses. Parmi les œuvres d'art, nous citerons l'Hercule furieux de Canova. Mais il est inaccessible au public. C'est au rez-de-chaussée, à g., qu'on se*- procure l'autorisation pour visiter la villa Albani.

De la place de Venise, nous traversons tout droit l'étroite Ripresa deiBarberi, ainsi nommée parce qu'on y arrête les chevaux des courses du carnaval (v. p. 148). On voit à g. (n° 174) le palais Nipoti, habité jusqu'à sa mort par la reine douairière de Naples. La première rue transversale à g. conduit au forum de Trajan (p. 240).

A dr., par la via S.-Marco et une arcade du passage qui relie le palais de Venise à Ste-Marie-in-Ara-Cœli, on arrive àlapiazza di San-Marco (pl. II, 16), transformée en square. Là se trouve, à dr., l'église

St-Marc {S. Marco; pl. II, 16), en grande partie encastrée dans le palais de Venise. Cette église, d'une fondation très-ancienne, peut-être du temps de Contantin, fut reconstruite en 833 par

160 1° Quart, des étrang. ROME.

Via di Marforio.

Grégoire IV, et décorée en 1455 par GiuUano da Majano de son beau portail, et probablement aussi du beau plafond à caissons qui couvre la nef centrale. L'intérieur a été modernisé au xvne s. et, en dernier lieu, par le cardinal Quirini , en 1744. Fête patronale le 25 avril.

Dans le vestibule sont des inscriptions romaines et chrétiennes. Audessus du beau portail intérieur, St Marc, en relief. — On descend plusieurs marches pour entrer dans l'église. L'intérieur est tout couvert d'ornements modernes, à l'exception de l'abside et de la belle voûte. L'abside avec son pavé remarquable (opus Alexandrinum) est située plus haut que le reste de l'église. Les mosaïques datent de 833, époque de la dernière décadence de cet art. Elles représentent : au milieu, le Christ ; à g., St Marc, St Agapet et Ste Agnès ; à dr., St Marc et St Félicien, amenant Grégoire IV. — Bas-côté de dr., lre chap. : tableau d'autel de Paîma le Jeune, Résurrection. 3e chap.: Maratta , Adoration des mages. A côté de l'abside: :;le Pape St Marc, excellent tableau ancien, de Carlo Crivelli(?). Bas-côté de g., 2e chap., bas-relief de l'autel: Grégoire Barbadigo distribuant des aumônes, par Ant. d'Esté. 4e chap : Mola, St Michel.

En sortant de l'église, à quelques pas à dr., on remarque la Madonna Lucrezia, c'est-à-dire le buste de marbre mutilé d'une statue de femme colossale (prêtresse d'Isis) , qui tenait avec l'abbé Luigi, à côté du palais Yidoni (p. 202), des dialogues analogues à ceux de Pasquin et de Marforio (v. p. 203).

La rue S^Marc déboucbe dans la via di Aracœli, qui conduit à g. à la place d'Aracœli (p. 212) et au Capitole, et à dr., à la place du Gesù (v. plus-bas).

La Ripresa de' Barberi (p. 159) et ses prolongements, la via Macel de' Corvi , où une plaque indique la maison paternelle de Jules Romain (à dr., n° 88), et la via di Marforio (pl. II, 19, 20), descendent de la place de Venise, par le versant N.-E. du mont Capitolin, au Forum et à l'arc de Septime-Sévère (p. 227). Le nom de cette rue est dérivé de forum Martis (ou forum d'Auguste). La célèbre statue de Marforio qui se trouvait autrefois dans cette rue, est aujourd'hui au musée du Capitole (p. 219).

Après la 2e rue transversale, l'ancienne via délia Pedacehia, aujourd'hui di Giulio Romano, conduisant de la place d'Aracœli au forum de Trajan. On voit à g. le tombeau de C. Publicius Bïbulus, auquel cette sépulture fut donnée par le sénat , pour lui et les siens , à cause de ses grandes qualités (honoris, virtutisque caussa, dit l'inscription). Ce monument, de la dernière époque de la république, s'est trouvé par conséquent en dehors des murs de Servius, qui passaient au pied du Capitole, puisque les sépultures étaient interdites en dedans de la ville.

La large via ciel Plebiscito, ci-devant del Gesù, conduit de la place de Venise, le long du palais de ce nom, à la place du Gesù. A dr. , les palais Bonaparte (p. 159) et Doria (p. 154) et le palais Grazioli. Ensuite, le palais Altieri, avec une longue façade, construit en 1670. Il forme le côté N. de la petite place du Gesù (pl. II, 16), ainsi nommée d'après l'église qui s'y trouve.

Place dit G es à.

ROME. 1° Quart, des etrang. 161

*Le Gesù (pl. Il, 16), église principale des jésuites, est une des plus riches et des plus magnifiques de Rome. Elle a été construite de 1568 à 1575 par Vignole et Giacomo délia Porta, aux frais du cardinal Alexandre Farnèse.

Dans la nef principale, une grande - voûte peinte par Baciccio, qui a aussi exécuté les peintures de la coupole et de l'abside, un des ouvrages les plus importants et les plus vivants de cette époque. Le prince Alex. Torlonia a fait revêtir les murs de marbres précieux, en 1860. Sur le maître-autel, avec 4 colonnes en jaune antique: la Présentation du Christ au temple, par Capalli; à g., le tombeau du cardinal Bellarmin, avec les ligures de la Religion et de la Foi, en bas-relief; à dr., le tombeau du père Pignatelli, avec la Charité et l'Espérance. — Transeptdeg., -autel de St-Ignace, avec un tableau de Pozzi , sous lequel se trouve, dit-on, un groupe argenté représentant St Ignace entouré d'anges. La statue d'argent du saint par le Gros, qui s'y trouvait autrefois, a disparu au siècle dernier après la suppression de l'ordre. Les colonnes sont en lapis-lazuli et en bronze doré. Sur l'architrave, 2 statues : Dieu le Père, par B. Ludovisi, et le Christ par L. Ottoni, et derrière eux le St-Esprit au milieu de rayons. Au centre, le globe terrestre, d'un seul morceau de lapis-lazuli (le plus gros qui existe). Au-dessous de l'autel, un cercueil de bronze doré renferme les ossements de St Ignace. Des deux côtés, des groupes de marbre: à dr., la Religion chrétienne terrifiant les hérétiques, par le Gros-, à g., la Foi avec le calice et l'hostie adorée par un roi païen, de Théodon. Vis-à-vis, dans le transept de dr., l'autel de St François Xavier.

L'église offre l'aspect le plus imposant le 31 décembre, le 31 juillet, jour de la fête de St Ignace, et pendant les Quarante - Heures (les deux derniers jours du carnaval), où elle est splendidement illuminée le soir. Pendant l'avent et le carême (et en d'autres occasions), on peut y entendre le dimanche, vers 11 heures, des prédicateurs distingués.

Immédiatement à côté de Téglise se trouve l'ancienne maison professe des jésuites , aujourd'hui occupée par la troupe. En face, le palais Bolognetti (pl. I, 16, 3). — En passant devant la maison professe et la via di Aracœli, on arrive en 5 min. à la place d' Aracœli, au pied du Capitole (v. p. 212).

De l'angle opposé de la place du Gesù, partent, à dr., la via del Gesù, qui conduit en 5 min. à la place de la Minerve (p. 198); à g., la via de' Cesarini (p. 201), rue animée qui mène cà St-André-de-la- Vallée (p. 202) et plus loin par la via del Governo-Vecchio (p. 203) au pont St-Ange; c'est le chemin le plus court et le plus ordinaire pour aller d'ici au Vatican, la ,,via Papale". Il faut 18 min. pour aller du Gesù au pont St-Ange. Un omnibus y mène de la place de Venise (v. p. 113).

Villa Borghèse.

A la sortie de la porte du Peuple, à dr., est située la *Villa Borghèse (pl. I, 18, 21), fondée par le cardinal Scipion Borghèse, neveu de Paul V. Plus tard, on y ajouta les jardins Giustiniani et la prétendue villa de Raphaël. Cette dernière a été détruite, avec une grande partie des bosquets, pendant le siège de 1849. Les beaux et grands jardins de la villa sont ouverts les mardi, jeudi, samedi et dimanche à partir de midi; le casino, avec la collection d'antiques, seulement le samedi, de 1 h. à 4 h. en hiver, et de 4 à 7 en été. La villa Borghèse est une des Bsedeker. Italie, II. 5e édition.' 11

162 1° Quart, des étrang. ROME.

Villa Borghèse.

promenades les plus fréquentées de Rome, et il y avait autrefois, en octobre, des fêtes populaires. Les jardins renferment quelques statues et inscriptions antiques.

A l'entrée, on prend le sentier qui longe le chemin de voitures à dr., jusqu'à une grande porte égyptienne (8 min.). Puis on va tout droit, en passant devant une grotte avec des fragments antiques (à g.). Au bout de 4 min., le chemin de voitures se bifurque. Pour celui qui va tout droit, v. ci-dessous. En suivant le chemin de g., qui passe par des ruines artificielles avec deux colonnes doriques, on a sur la gauche les jardins réservés du prince, et on atteint plus loin d'autres ruines artificielles, un temple, où l'on tourne à dr. — On peut aussi prendre à dr., au delà des colonnes doriques, une allée de chênes verts, qui n'est que pour les piétons; on va jusqu'à un petit temple, d'où l'on tourne à g. par une seconde allée du même genre. — On arrive des deux côtés en 10 min. à un rond-point où il y a une fontaine. De là, le chemin de voitures, qui tourne à g. au premier carrefour, conduit en 5 min. au casino, où l'on peut aussi se rendre de la fontaine en question, par de beaux sentiers ombragés.

Si l'on va tout droit à partir de la bifurcation mentionnée ci-dessus, on atteint, après 3 min. de marche, les restes de la villa de Raphaël (à g.), et après 3 nouvelles minutes un arc avec une statue d'Apollon, où le chemin tourne à g. et conduit directement au casino.

Le casino renfermait autrefois une des collections particulières les plus riches qui existassent; elle fut achetée par Napoléon Ier et transférée au Louvre. Néanmoins, le prince Borghèse a reconstitué, avec les produits des nouvelles fouilles qu'il a fait faire surtout près de Monte-Calvi en Sabine, un musée qui contient plusieurs objets de premier ordre. Les gardiens remettent des catalogues complets aux visiteurs (50 c).

Rez-de-chaussée. — I. Vestibule: deux candélabres ; sur les parois transversales, deux bas-reliefs provenant sans doute de l'arc de triomphe de Claude , qui se trouvait au Corso près du palais Sciarra ; plusieurs sarcophages, dont l'un, à g. de la sortie, présente un port, avec un phare, et plusieurs vaisseaux.

IIe salle (salon): plafond peint par Mario Rossi. Par terre, des mosaïques représentant des combats de gladiateurs et d'animaux, trouvées en 1835 près de la ferme de Torre-Nuova. Mur de g.: 3, tête colossale d'Isis; 4, Faune dansant; au-dessous, bas-reliefs bachiques; 5, tête colossale d'une Muse(?). Mur longitudinal: 7, Tibère; 8, Méléagre; 9, Auguste. En haut: un Cavalier qui tombe (M. Curtius ?), bas-relief; "10, une Prêtresse ; * 11, Bacchus et Ampelus. Mur de dr. : 14, Adrien ; 16, Antonin le Pieux ; bustes plus grands que nature. Sous le n0 15 , un bas-relief bachique. Mur de l'entrée, 18, Diane.

IIIe S. (la lre à droite). Au milieu: *Junon, trouvée près de Monte- Calvi. Mur de g.: 4, Cérès ; 5, Vénus Genitrix. Vis-à-vis de l'entrée: 8, Hésiode (?) invoquant Cupidon, bas-relief; ;:11, Enlèvement de Cassandre, bas-relief. Mur de dr. : 16, statue drapée. Mur de l'entrée: 30, bas-relief sépulcral grec.

Villa Borghèse.

ROME

11° Les collines. 163

IVe S. Au milieu: Amazone à cheval, combattant deux guerriers. Mur de l'entrée : 2 , hennés de Pan ; 4, et, en face, 17, sarcophage avec les Travaux d'Hercule; sur le couvercle, les Amazones reçues par Priam; 6. tète d'Hercule; 7, Pygmée. Mur de g.: 9, hermès d'Hercule. Mur de la sortie: 15, Hercule en habits de femme. Mur des fenêtres: 21, Vénus; 23. autel triangulaire, avec Mercure, Vénus et Bacchus.

Ve S. Au milieu : Apollon. Mur de g. : 3, Scipion l'Africain; 4, Daphné changée en laurier. Mur suivant: 8, Melpomène; 9, groupe de genre; 10, Clio. Mur de dr. : ::13, statue assise d'Anacréon , peut-être copiée d'après une célèbre statue de Crésilas d'Athènes ; 14, Lucille, femme de Lucius Vérus. Mur de l'entrée: 16, Terpsichore; 18, Polymnie.

VIe S., galerie renfermant des bustes modernes d'empereurs, en porphyre. Au milieu, une baignoire en porphyre, provenant, dit-on, du mausolée d'Adrien; 3, Diane restaurée comme étant une Muse; 8, Diane; 22, Bacchus; ::'29, hermès de satyre en basalte; 32, statue d'enfant, en bronze. (On passe par la 2e porte du mur de l'entrée, pour monter au 1er étage).

VIIe S., avec des colonnes en jaune antique et en porphyre; sur le sol, des mosaïques antiques. Mur de g. : *2, Enfant avec un oiseau : 3, Bacchus ; ::4, Jeune garçon enchaîné. Mur de la sortie: 7, Hermaphrodite couché ; 9, Sapho (?); 10*, Tibère. Mur de l'entrée: ::13, buste romain (Domitius Corbulon ?); ::14, tête d'adolescent (Méléagre?); 15, un Enfant avec une urne, provenant d'une fontaine; ::' 16 , buste de femme, très-ancien.

VIIIe S. Au milieu: -statue d'un poète grec, peut-être Alcée. Mur de g.: 2, Minerve; 4, Apollon, archaïsant. Mur suivant: 6, figure sépulcrale ; 7, candélabre. Mur de dr. : 8, Nymphe; 10, Léda. Au mur de l'entrée, 15, Esculape et Télesphore.

IXe S. Au milieu: "Satyre sur un dauphin , décoration de fontaine; 3, Isis ; 4, Paris ; 8 , statue de femme restaurée à tort comme étant une Céres; 10, Bohémienne (xviie s.) ; 13, Vénus; 14, figure de femme, archaïsante; ::16, Bacchante; 18, Satyre; 19, Adrien; 20, Satyre.

Xe S.: *1, Satyre dansant, mal restauré: il jouait de la double flûte ; 2, Cerès; 3, Mercure avec la lyre; 4, Satyre dansant; 8, Satyre, d'après Praxitèle; 9. Pluton et Cerbère; 14, Périandre; 19, Bacchus sur un trône. Cette salle a un beau plafond peint par Conca.

Premier étage , grand salon (50 c.) : trois œuvres exécutées par le Bernin dans sa jeunesse: Enée portant Anchise; Apollon et Daphné; David avec la fronde. Les peintures du plafond sont de Lanfranc. Dans une des chambres suivantes, la - statue couchée de Pauline Borghèse, sœur de Napoléon Ier, en Vénus , par Ganova. Les différentes salles renferment en outre quelques sculptures modernes et de nombreux tableaux, la plupart sans grande valeur (un portrait de Paul V par le Caravage, dans la 2e chambre). Du balcon, on découvre une belle vue sur les jardins.

II0 Les collines de Borne.

Le Quirinal. Le Viminal. L'Esquilin.

On trouvera décrite dans les lignes suivantes la partie orientale de Rome, qui s'étend sur les trois collines oblongues et parallèles du Quirinal, du Viminal et de l'Esquilin. Ce quartier, qui avoisine celui des étrangers et le Corso, est jusqu'à présent en majeure partie occupé par des vignes et des jardins, surtout du côté du mur d'enceinte ; mais on y élève beaucoup de nouvelles constructions depuis l'occupation de Rome par les Italiens, notamment sur FEsquilin.

Dans les temps primitifs, il y avait sur le Quirinal une ville sabine qui, réunie à celle du Palatin , forma la Rome historique. Le mur de Servius partait du Capitole, au N.-O. du Quirinal, et passait à l'E. derrière les thermes de Dioclétien et Ste - Marie-Majeure . comprenant ainsi

164 II0 Les collines.

ROME

Place Barberini.

dans son enceinte le Quirinal , le Viminal et une partie de TEsquilin. Après la nouvelle division de la ville sous Auguste, il y eut là deux régions : Alta Semita (Quirinal) et Exquiliœ (Esquilin). Leurs agrandissements postérieurs nous sont indiqués par le mur d'Aurélien. Au moyen âge, les deux ne formèrent plus qu'une seule région, le Rione Monti, la plus grande des quatorze, puisqu'elle s'étendait de la porte Pia jusqu'à la porte Metronia (murée), au-dessous du palais de Latran, et jusqu'au Forum Romain. Les habitants, les Montigiani, forment une classe à part dans Rome comme les Trastévérins. Sixte-Quint dota les collines d'un aqueduc et ouvrit la rue principale, du Pincio à Ste-Marie-Majeure ; Pie IV créa celle qui la croise en allant de la place du Quirinal à la porte Pia, la via del Quirinale et la via Venti-Settembre.

Cette partie de Rome est traversée dans la direction du S.-E., depuis la place de la Trinité, sur le Pincio (p. 145), par les hauteurs du Quirinal et du Viminal, jusqu'à l'église de Ste-Marie- Majeure sur l'Esquilin , par une rue longue de 20 min. et désignée sous les noms de via Sistina dans sa première moitié, et via délie Quattro- Fontane dans la seconde. Cette rue est fort animée au commencement, ainsi que celles qui y aboutissent, et elle est habitée par beaucoup d'étrangers ; mais elle est plus calme au delà du Quirinal, où l'on y bâtit seulement depuis ces derniers temps.

La via Sistina (pl. I, 20) descend d'abord en 5 min. du Pincio à la place Barberini. La première rue transversale s'appelle à dr. via di Capo-le-Case (p. 147) 5 à g., elle monte, sous le nom de via di Porta- Pinciana, à la porte de ce nom, murée en 1808. On y trouve , à g. , la villa Malta.

On laisse à g. S-Francesca, à dr. S.-Ildefonso, et l'on arrive à la large place Barberini (pl. I, 19, 22), au milieu de laquelle s'élève la * fontaine du Triton, par le Bernin , avec un Triton sonnant de la conque. Dans le haut (N.-E.), l'hôtel Bristol. A dr., on remarque une partie du palais Barberini (p. 169). En remontant la place et prenant à dr. de l'hôtel Bristol , on arrive par la via di S.-Nicola-di-TolentinOj qui contient plusieurs nouveaux hôtels, à l'église du même nom. La même rue tournant plus loin à dr., sous le nom de via di S.-Susanna, conduit â la fontaine et à la place des Thermes (p. 176). — La seconde rue à g. au N. de la place Barberini, la via di S-Basilio, mène à la villa Ludovisi (v. p. 165) et, par la porte Salara, à la villa Albani (20 min.; v. p. 166).

A côté de la place Barberini, à g., est la place des Capucins, avec l'église Ste-Marie-de-la-Conception ou des Capucins (pl. I, 23). Elle a été fondée en 1624 par le cardinal Barberini.

A l'intérieur, au-dessus de la porte, une copie de la Navicella de Giotto (vestibule de St-Pierre; v. p. 284), par Baretta. lre chapelle à dr., le célèbre ""' St Michel par le Guide. 3e chap., fresques endommagées du Dominiquin. Au-dessus du maître autel, une copie d'une Assomption de Lanfranc, qui a été détruite. Sous la pierre devant les marches du chœur (hic jacet pulvis, cinis et nihil) repose le cardinal Barberini, fondateur de l'église. A g., le tombeau d'Alexandre Sobiesky, fils de Jean III de Pologne, mort en 1714. Dans la dernière chapelle à g., un tableau d'autel de Sacchi; dans la première, un autre de Pierre de Cortone.

Villa Ludovisi.

ROME. JI° Les collines. 165

Au-dessous de l'église se trouvent quatre chapelles mortuaires (on s'y fait accompagner par un moine), affreusement orne'es des ossements d'environ 4,000 capucins; chacune d'elles renferme un tombeau avec de la terre de Jérusalem. Quand on veut y enterrer quelqu'un, on retire de celui de ces tombeaux qui est resté le plus longtemps intact, les ossements qui s'y trouvent, et on s'en sert pour l'ornement des murs.

Non loin de cette église, au N.-O., celle de St-Isidore (pl. ï, 20), fondée en 1622.

En suivant pendant 5 min., de la place Barberini, la via di S.-Basilio (p. 164), qui n'est bordée de maisons que dans le commencement, on arrive, là où elle tourne à droite, à l'entrée de la

s*VÎUa Ludovisi (pl. I, 23). — Cette villa célèbre fut fondée dans la première moitié du xvne s. par le cardinal Ludovisi, neveu de Grégoire XV. Elle est devenue, par voie de succession, la propriété des princes de Piombino et elle est habituellement visible, avec une permission (p. 118), le jeudi à partir de 1 h. Les jardins ont été dessinés par le Nôtre.

De la porte coclière (50 c. en sortant), on tourne à dr. vers le

Ier casino (prendre ses précautions avant d'y entrer, lorsqu'il fait chaud, car il y règne une température très -fraîche). Il renferme une *collection de sculptures antiques de premier ordre. Le gardien en a des catalogues complets (50 c).

Ire salle (vestibule) : 1, 3, 7, 42, 46, 48, six hermès ; au mur de l'entrée, à dr. : 20, tête de Héra, archaïque 5 18, candélabre en forme d'arbre tors; 15, statue d'un Romain, assise, par Zénon-^ à g. de l'entrée, 25, statue de femme drapée; 31, masque tragique, bouche de fontaine en marbre rouge antique. — IIe salle: *28, groupe d'un barbare qui a tué sa femme et qui se perce de son glaive (le bras g. est mal restauré), œuvre de l'école de Pergame, comme le Gaulois mourant du Capitole (v. l'introd., p. xxxiii). A dr. de l'entrée: "::"55, Guerrier au repos (Mars?), probablement destiné à être placé près d'une porte ; 51 , statue de Minerve par Antiochus ; 47, reproduction en plâtre de la statue d'Eschine à Naples ; 46, buste; au-dessus, ":'45, tête de Méduse d'un type très-noble; 43, Enlèvement de Proserpine, par le Bernin; au-dessus, 42, Jugement de Paris, basrelief dont le côté droit a été restauré d'après les indications de P^aphaël ; **41, la Junon Ludovisi, la plus célèbre et certainement une des plus belles de toutes les têtes de Junon; 30, Mercure, dans la même pose que le Germanicus du Louvre. A g. de l'entrée, M, Mars au repos, de l'école de Lysippe; *7, Thésée et iEthra (ou Télémaque et Pénélope, ordinairement appelés Oreste et Electre) par Ménélas, élève de Stephanos (v. aussi p. xxxvi) ; ::"9, Jeune satyre; 14, Bacchus et satyre; 15, tête de Junon; 21, tête en bronze de Marc-Aurèle.

Un chemin à g. de la porte cochère conduit, le long d'un mur avec une haie, et d'un pavillon, en 4 min., au

IIe casino, dit dell' Aurora (50 c). On y voit un *plafond peint à fresque par le Guerchin, et représentant l'Aurore. Au premier étage, la *Renommée, par le même. Un escalier, où se trouve, entre autres, un joli bas-relief antique (deux Amours traînant un carquois), donne accès aux balcons supérieurs, d'où l'on découvre une magnifique *vue de Rome et des montagnes.

166 U° Les collines. ROME.

Porte Salara.

Le jardin s'étend jusqu'au mur de la ville. Il a de belles allées de cyprès et d'autres arbres toujours verts. Il renferme diverses sculptures antiques, telles que, près du mur d'enceinte, un grand sarcophage où est représentée une bataille, peut-être celle d'Alexandre-Sévère contre Artaxerxes , en 232 après J.-C.

Le prolongement de la via di S.-Basilio mentionnée p. 165 est la via di Porta-Salara, par où l'on va en 8 min. de la villa Ludovisi à la porte Salara. C'est là que s'étendaient dans l'antiquité, dans les dépendances actuelle de la villa Massimi (fermée au public) , les magnifiques jardins de l'historien Salluste , qui appartinrent plus tard aux empereurs. Il s'y trouvait un cirque occupant l'emplacement entre le Pincio et le Quirinal , qui se réunissent plus haut, près de la porte. A l'endroit où la vue se dégage à dr. , on en voit des restes de murs considérables, au bord du Quirinal, qui s'élève vis-à-vis.

La porte Salara (pl. I, 27), fortement endommagée lors du siège de 1870 , est maintenant restaurée. En démolissant les deux tours on a rencontré un tombeau antique en pépérin bien conservé, qui a beaucoup de ressemblance avec celui de Bibulus (p. 160).

En suivant la via Salara, on rencontre à 8 min. de la porte, à dr., l'entrée de la

* Villa Albani. — Elle est ouverte le mardi, excepté lorsqu'il pleut et durant les mois de juin, de juillet et d'août, à partir de 10 h. en hiver et de 11 h. en été jusqu'à la chute du jour, aux personnes munies d'une permission (v. p. 117). Cette villa, fondée par le cardinal Alexandre Albani, ami de Winckelmann, vers 1760, a été décorée avec l'aide de ce savant d'excellentes œuvres d'art. Les bâtiments sont de C. Marchionne. Napoléon Ier en emporta à Paris 294 des meilleures œuvres , qui furent toutefois restituées en 1815, mais que le cardinal Joseph Albani vendit, à l'exception du bas-relief d'Antinous, pour éviter les frais de transport. Elles se trouvent aujourd'hui en majeure partie au musée royal de Munich. Les comtes de Castelbarco, propriétaires de la villa depuis 1834, ont fait changer les statues de place, et le prince Torlonia, qui l'a achetée en 1866, a transporté dans son palais au Borgo (pal. Giraud; p. 279), quelques-unes des meilleures antiques , en remplaçant une partie par des copies en plâtre.

Trois chemins bordés de haies partent de l'entrée; celui du milieu, le plus large, aboutit d'abord à un rond-point orné d'une colonne (un des chemins partant de là à g. , celui du milieu, conduit à un buste de Winckelmann). On arrive ensuite à une terrasse avec une fontaine, d'où l'on découvre un panorama de l'ensemble: à g., s'élève le casino , avec les galeries qui s'y rattachent des deux côtés ; le petit bâtiment vis-à-vis , ombragé

Villa Albani.

ROME

11° Les collines. 167

de cyprès , est le billard ; à dr. , le Coffee-house , construit en hémicycle. Le plus beau *point de vue de toute la terrasse se trouve plus à dr., près de l'escalier latéral; on y découvre: à dr. des cyprès et à environ 1500 m. Ste- Agnès et Ste-Constance; au-dessus, le mont Gennaro dominant Monticelli. Le meilleur moment pour jouir de ce point de vue est le soir.

1° Casino. — Rez-de-chaussée. Portique. Dans 3 niches: 54, Tibère (?); 59, Lucius Ve'rus ; 64, Trajan. Puis, aussi dans 3 niches de l'autre côté de rentrée de l'escalier dont il sera question plus bas: 72, MarcAurèle; 77, Antonin le Pieux; 82, Adrien. Au milieu, 61, Faustine, statue assise; 66, un autel circulaire avec Bacchus , Cérès , Proserpine et 3 Heures ; 74, un autre autel avec une femme portant un flambeau, et les quatre saisons: 79, une Femme assise (Agrippine?). Aux piliers de dr. et de g., des hermès ; entre autres, au 1er à dr., 52, Mercure; au 5e à g., 68, un hermès de femme; à dr., 67, un double hermès; au 7e à dr., Euripide. — Nous retournons au commencement du portique et nous passons à g. dans l'atrio délia Cariatide: 16, 24, deux canéphores trouvées entre Frascati et Monte-Porzio (les corbeilles sont modernes). Au milieu : 19, une cariatide trouvée en 1766 près du tombeau de Csecilia Metella, sculptée par les Athéniens Criton et Nicolaos (ces noms sont gravés derrière, sur le vase); sur un piédestal, 20, -Capaneus foudroyé. Dans la galerie voisine, des hermès ; le 3e à dr., 45, Scipion TAfricain ; le 3e à g., 29, Epicure.

En passant par une petite pièce à g. du vestibule, on arrive à l'escalier. Devant celui-ci, à g., 9, Rome assise sur des trophées, bas-relief; à côté, 11, un autre bas-relief représentant des étalages de boucher. Sur le premier palier de l'escalier, à dr., 885, la Mort des Niobides; à g., 889, Philoctète à Lemnos (?) ; sur le 3e palier, 898, 899, deux Bacchantes dansant.

Premier étage (si la porte est fermée, il faut sonner; 50 c).

Ire salle (sala ovale). Au milieu: 905, Apollon sur le trépied, les pieds sur l'omphalus. A g. de la porte, 906, la statue d'un adolescent, par àtephanos, élève de Pasitèle. Vis-à-vis, 915, '-'Amour bandant son arc (d'après Lysippe?). — A dr., la

IIe salle (galleria grande). Plafond, par Raphaël Mengs: Apollon, Mnémosyne et les Muses. Niches du mur de l'entrée : "1012, Minerve; 1010, Jupiter. Bas-relief au-dessus delà porte: 1004, Apollon, Diane et Latone devant le temple de Delphes, monument choragique arehaïsant; à dr. et à g. deux autres bas - reliefs : 1013, un Jeune homme avec un cheval, provenant d'un tombeau près de Tivoli* 1018, Antonin le Pieux avec la Paix et Rome. Les huit bandes de mosaïque à côté de cette porte et de celle du balcon, ainsi que dans les quatre coins, sont en majeure partie antiques. — Au mur de g. : à g., 1020, deux Femmes sacrifiant; à dr., 1007, une Bacchante dansant. Sur le mur des fenêtres , 1005, Hercule chez les Hespérides ; 1009 , Dédale et Icare. — Belle -vue du balcon sur les montagnes de la Sabine et les monts Albains.

Nous entrons ensuite dans les cabinets à droite de la grande galerie. — 1er cab. Au-dessus de la cheminée, ::1031, Mercure ramenant aux enfers Eurydice qu'Orphée en a délivrée, bas-relief attique exécuté peu de temps après l'époque de Phidias, composition admirable de simplicité •et de majesté. Puis des hermès: au mur de l'entrée, à dr., ::1034, Théophraste; au mur de la fenêtre, à g., 1036, Hippocrate; au mur de la sortie, à dr. , 1040, Socrate. — 2e cab. Mur de l'entrée: à dr., 35, le Pinturicchio (?), la Vierge avec S* Laurent et S* Sébastien à g., S1 Jacques et le donateur à dr. ; à g. de l'entrée, 45, médaillon de Cotignola, le Christ mort, pleuré par des anges. Mur de dr., 36, Nicolo Alunno , rétable, la Vierge avec des saints, de 1475. Mur de la sortie, *37, le Pérugin, tableau à 6 compartiments: Joseph et Marie adorant l'enfant Jésus ; le Crucifiement, l'Annonciation et des saints, de 1491. — 3e eab. Mur de l'entrée, à dr., 49, Van der Werf, Descente de croix. Mur de dr., 55, Van Dyck, le Christ ■en croix. Mur en face de l'entrée, 59, Salaino, Madone. — Retourner à la grande galerie.

168 IF Les collines. ROME.

Villa Albani.

Cabinets à gauche de la grande galerie. 1er cab. Au-dessus de la cheminée, *994 , le célèbre bas-relief d'Antinous, de la villa d'Adrien (v. p. 166). Mur de l'entrée, :;997, une Sylvaine jouant de la flûte. — 2e cab. A g. de l'entrée, 980, bas-relief sépulcral grec, archaïque. Mur de g.: ::985, bas-relief grec du meilleur style, représentant un troupe de combattants, trouvé en 1764 près de S.-Vito. Au-dessous, 988, une Procession de quatre divinités, Mercure, Minerve, Apollon et Diane, archaïsant. Près de la fenêtre à g., 970, une statue archaïsante de Minerve, trouvée près d'Orta; à dr. , 975, une Vénus archaïsante. Mur de la sortie, à g., 991, bas-relief sépulcral grec, en grande partie complété. — 3e cab., dans un angle. Mur de l'entrée, à g., 21, Holbein , portrait (1527); 20, Raphaël, la Fornarina (copie) ; 18, 17, -Jules Romain , esquisses peintes (sur papier) des fresques de l'histoire de Psyché, au palais Tè, à Mantoue. Les cartons du Dominiquin qui se trouvaient ici autrefois, sont maintenant, ainsi que quelques autres tableaux', dans une pièce du rez-de-chaussée provisoirement inaccessible au public. — 4e cab. Devant la fenêtre, ::965, Esope, peut-être d'après Lysippe , tête très-fine et pleine de caractère. Au mur de l'entrée, dans la niche, 952, Apollon tueur de lézards, d'après Praxitèle. Vis-à-vis, 933, petite copie en bronze de l'Hercule Farnèse. Mur de la fenêtre de dr., à dr., 942, une petite statuette de Diogène. Mur de la sortie, à g., "957, petit bas -relief représentant l'apothéose d'Hercule; sur les piliers, des deux côtés, ses travaux (dans le genre de la table Ilienne du Capitole ; v. p. 222). — 5e cab.: tableaux sans importance. — 6e cab. : des tapisseries.

Revenus à la salle ovale, nous redescendons au

Rez-de-chaussée , où nous continuons notre visite dans l'autre aile du vestibule. A l'extrémité à g.: 1°, l'atrio délia Giunone, qui correspond à l'atrio délia Cariatide: 91, 97, deux canéphores ; 93, une statue dite de Junon. — II0, une galerie, dont les niches renferment: ::103, une Bacchante et Nébris ; ?10B, un Satyre et Bacchus enfant. Aux murs, de beaux hermès, mais dont les noms sont en partie apocryphes. — Plus loin, III0, la stanza délia Colonna (généralement fermée; 25 c.)r colonnes antiques en albâtre de couleur, trouvées près de la Marmorata. A g., ;:13i, un sarcophage avec le Mariage de Pélée et de Thétis. En haut, quatre bas-reliefs de sarcophages; à g., 135, Hippolyte et Phèdre. Audessus delà sortie, 139, Enlèvement de Proserpine. A dr., 141, un Cortège bachique. Au-dessus de l'entrée, 140, la Mort d'Alceste. IV0, dans le passage suivant: Bacchus barbu archaïsant. — V°, la stanza délie terracotte. A partir du commencement du mur à g., 146, basrelief sépulcral grec; 147, bas-relief votif grec. Au delà de la porte, 157, Polyphème amoureux et Cupidon. 161, Diogène et Alexandre. Vis-à-vis de l'entrée; 164, Dédale et Icare, en marbre rouge antique. Au-dessous, 165, paysage antique. Mur de dr., 171, masque de divinité fluviale. A g., 169, Bacchus faisant grâce à des Indiens qu'il a fait prisonniers. A dr. du masque et au mur de l'entrée, plusieurs beaux bas-reliefs en terre cuite. — VIO, cab.: Léda et le cygne. VII0, cab. Au-dessus de la porte, Cortège bachique d'enfants (en pavonazetto, marbre tacheté), de la villa d'Adrien. A g., Divinité fluviale couchée. A dr., Thésée et le Minotaure, trouvé près de Genzano en 1740. — VIII0, cab. : lre fenêtre à g., Morphée, bas-relief. — La sortie de ce côté est généralement fermée.

Nous allons maintenant par une allée de chênes, où sont des colonnes funéraires (cippes), au

II0 BlLLARD. — Il contient aussi quelques antiques sans importance. Dans une niche du vestibule, un *bas-relief grec, représentant probablement Hercule avec Thésée et Pirithoiis aux enfers (remplacé maintenant par une mauvaise copie). — 25 c. de pourboire.

III0 CoFFEE-HOUSE. — Dans le portique en hémicycle (semi-circolo): à g., 1, hermès d'Alcibiade (plâtre); à g., G04, statue de Mars; 610, hermès de Chrysippe; 612, Apollon au repos; 628, statue caryatide. Plus loin, au delà de l'entrée de la salle dont il est question ci-dessous,

Palais Barber/' ni.

ROME

JI° Les collines, 169

à g., sur une colonne, 721, Homère. A côté, 725, une caryatide; à dr., au 3e pilier, 737, un masque de Neptune. Presque en face, à g., 744, tête grecque d'un style archaïque, donnée comme représentant Périclès, c'est peut-être Pisistrate; a g., 749, Sapho ou peut-être Cerès. — Nous retournons au milieu de l'hémicycle et nous entrons dans un vestihule. A dr., 711, Isis descendant sur la terre; 706, Thésée et JEthra, has-relief sépulcral. A g., 641, Marsyas attaché à l'arbre; 639, bas-relief, Vénus et l'Amour. Plusieurs statues d'acteurs comiques. — Dans la salle, dite galleria del Canopo (25 à 50 c), à g. de la porte, dans la niche, 662, Libéra avec un faon. Au-dessous, 663, une mosaïque représentant sept médecins. A dr. de la porte, 696, une autre mosaïque, figurant Hésione délivrée par Hercule. A dr. de la porte du balcon, 683, Ibis, en marbre rouge antique; 684, Atlas portant le zodiaque; à g., 678, un Enfant avec un grand masque comique; 676, une tête colossale de Sérapis , en basalte vert. Jolie vue du balcon.

Devant l'entrée du Coffee-house, un escalier descend à g. à une partie plus basse du jardin. On remarque plusieurs fragments de sculptures au soubassement de ce Coffee-house, et, dans un portique, des statues égyptiennes: au milieu, Ptolémée Philadelphe, en granit gris; à dr., la Déesse Pacht, à tête de lion; à g., une statue de roi en granit noir; plusieurs sphynx. Devant le portique, une fontaine, Amphitrite couchée; à dr. et à g., deux grands "hermès de Tritons.

On voit en outre un grand nombre de statues antiques disséminées dans le jardin; entre autres, sous la terrasse devant le casino , à dr. et à g., des bustes de proportions colossales représentant Trajan et Titus.

En montant de la place Barberini (p. 164) la via délie Quattro-Fontane, on arrive à g. au

*Palais Barberini (pl. I, 22), édifice imposant, commencé par Maderna, sous Urbain VIII, et achevé par le Bernin, Dans la cour transformée en jardin , une statue de Thorvaldsen , par E. Wolff; elle a été érigée au grand sculpteur danois, ici près de son ancien atelier, par des élèves et des amis. — L'escalier principal se trouve à g. , sous les arcades. On y voit un *basrelief sépulcral grec, et, sur le palier du premier étage, un *lion en haut-relief, trouvé à Tivoli. — Des sculptures antiques de second ordre sont disséminées dans les cours, les escaliers, etc. — A l'extrémité dr. des arcades , un escalier en spirale conduit d'abord (18 degrés , puis à dr.) à la galerie de tableaux, ouverte les lundi, mardi, mercredi, vendredi et samedi de midi à 5 h. ; le jeudi, de 2 h. à 5 h. (on ferme toutefois en hiver entre 4 h. et 4 h. 1/2), Il y a des catalogues.

C'est la galerie des désillusions. On s'attend en effet à voir dans la Fornarina de Raphaël une beauté rayonnante de jeunesse, et on y remarque des traits fatigués: les retouches augmentent encore cette impression. On se figure que la Béatrice Cenci du Guide a quelque chose de piquant, que c'est une figure rappelant Judith; et ce n'est qu'une jeune fille pâle et délicate. Enfin l'on a peine à croire à l'authenticité du Christ au milieu des docteurs par Durer; ee groupe de têtes manque absolument de perspective , les figures ressemblent en partie à des caricatures ; on ne reconnaît le 'grand peintre qu'à la manière dont sont traitées les mains, qui sont pleines de vérité. -1

170 II0 Les collines.

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