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Place du Quirinal.
Ire salle: 9, le Caravage, Pietà; 15, Pomarancio, Madeleine; 19, le Parmesan, Fiançailles de Ste Catherine. — IIe salle: 30, Raphaël, la Vierge, copie; 49, Innocent d'Imola, la Vierge; 35, le Titien (?), un Cardinal; 48, Francia (?), la Vierge et St Jérôme; 54, le Sodoma , id. ; 58, Jean Bellini (?), id. ; 64, Pontormo (d'après Morelli), Pygmalion; 66, Francia, la Vierge; 67, Masaccio (?), son propre portrait. — IIIe salle: 72, le Titien (?), portrait de femme, la Schiava; 76, Claude Lorrain, Castel-Gandolfo; 78, Bronzino , portrait d'homme; ::79, Durer, le Christ et les Docteurs, de 1506, peint à Venise en 5 jours (opus quinque dierum) ; "82, Raphaël, la Fornarina, portrait tant de fois reproduit, malheureusement gâté par des retouches; 83, Gaëiani , Lucrèce Cenci, belle-mère de Béatrice; 84, école espagnole, Anne Colonna; -'85, le Guide, Béatrice Cenci (p. 210); 86, N. Poussin, Mort de Germanicus ; 88, Claude Lorrain, Marine; 90, André del Sarto, Ste-Famille.
L'escalier tournant conduit ensuite au premier (encore 60 degrés, puis à dr.), à la salle principale du palais, décorée de fresques par Pierre de Cortone. La petite porte à dr. , dans cette salie , ouvre sur celle des sculptures , où se trouve , au milieu d'un certain nombre d'oeuvres antiques et modernes peu importantes , un chef-d'œuvre du ciseau grec, une *statue de femme habillée et s'appuyant d'un bras , placée contre le mur en face de l'entrée. On l'a d'abord prise pour une nymphe, pour Didon , pour Laodamie, mais c'est plutôt une suppliante, qui s'est affaissée sur un autel, avec un rameau (maintenant cassé) à la main droite.
Tout à fait dans le haut est la bibliothèque Barberine (jeudi, de 9 h. à 2 h.), qui renferme 7,000 manuscrits, dont un grand nombre d'auteurs grecs et latins, d'autres du Dante . etc., des miniatures de Giulio Clovio, élève de Raphaël, des cistes antiques en bronze, provenant de Palestrina. Le bibliothécaire est l'abbé Pieralisi.
La via délie Quattro-Fontane nous conduit plus loin sur la hauteur du Quirinal, où une rue de 18 minutes de long (à dr., via del Quirinale, v. ci-dessous; à g., via Venti-Settembre, p. 173) mène de la place du Quirinal à la porte Pia. — Aux quatre coins, au point d'intersection des deux rues principales, se trouvent quatre fontaines (pl. I, 22), érigées par Sixte-Quint, à qui Ton doit cette rue.
Nous prenons à dr. la via del Quirinale. Au coin à g., la petite église S.-Carlo, d'un style disgracieux, par Borromini. Plus loin, à g., S.- Andréa , par le Bernin, avec l'ancien Noviciat des Jésuites. A dr., des dépendances du palais royal. — Nous arrivons à la *place du Quirinal, ancienne place du Mont-Cavallo (pl. II, 19). Elle a été nivelée il y a peu de temps. Il y a un obélisque haut de 15 m., érigé en 1787, autrefois devant le mausolée d'Auguste; une fontaine avec un bassin de granit antique, et les deux **Dompteurs de chev au x , auxquels la place a dû son ancien nom. Ces magnifiques groupes antiques de proportions colossales, en marbre, décoraient jadis l'entrée des thermes de Constantin. Ils n'ont jamais quitté leur place
Palais Royal.
ROME
II0 Les collines. 171
et n'ont jamais été ensevelis sous des décombres, de sorte que nous les trouvons souvent mentionnés dans l'histoire. Les inscriptions des piédestaux, opus Phidiœ et opus Praxitelis , sont apocryphes ; ces groupes ne remontent qu'à l'empire et sont des reproductions d'originaux de l'école de Lysippe. Au moyen âge, Phidias et Praxitèle étaient aux yeux du peuple romain deux philosophes dont Tibère avait honoré la sagesse en leur élevant ces statues, parce qu'ils devinaient ses pensées.
Vis-à-vis du palais royal, sur la gauche, s'élève le palais de la Consulta, construit sous Clément XII par del Fuga, et où se trouvait auparavant le tribunal de cette congrégation , qui administrait les affaires intérieures des Etats de l'Eglise; c'est aujourd'hui le ministère des affaires étrangères. Du côté S.-O. de la place, derrière l'obélisque, le pal. délia Dataria, construit par Paul V. Plus loin, à g., le pal. Rospigliosi (p. 172).
La vue qu'on découvre de la place du Quirinal, est trèsbelle; à l'arrière-plan se dresse la coupole de St-Pierre. Les terrassements qu'on a faits ici dans ces derniers temps pour établir les escaliers et la rue carrossable, ont fait découvrir de grands pans de murs des thermes de Constantin, et, au-dessous, des murs en pierre de taille beaucoup plus anciens, qui paraissent avoir fait partie de l'enceinte de Servius Tullius. La rue neuve, la via délia Dataria, conduit tout o^roit au Corso; la première rue latérale, à dr., la via di S.-Yincenzo, à la fontaine de Trevi (p. 147).
Le Palais Royal (Palazzo Begio), l'ancien palais Apostolique du Quirinal (pl. I, 19), commencé en 1574 par Flaminio Ponzio, sous Grégoire XIII, et terminé par Fontana sous Sixte-Quint et Clément VIII, et par C. Maderna sous Paul V, a servi souvent de résidence d'été aux papes, à cause du bon air qu'on y respire. Les derniers conclaves des cardinaux y ont été tenus, et le pape nouvellement élu était proclamé du balcon de la façade du côté de la place. Pie VII y mourut en 1823. Depuis 1870, ce palais appartient au gouvernement italien; il est habité maintenant par le roi et le prince Humbert, et il n'y en a ordinairement qu'une partie qui soit ouverte au public.
On passe entre les deux sentinelles de l'entrée principale et on monte un grand escalier à g. Arrivé dans le haut , on s'inserit et l'on est conduit par un domestique (1 L), La sala régi a est décorée de fresques par Lanfranc et Saraceni. A coté se trouve la chapelle Pauline, construite par Carlo Maderna. Elle est ornée de moulures et de copies en grisaille des Apôtres par Raphaël, de St-Vincent-et-St-Anastase-aux-trois- Fontaines (p. 340) et de tapisseries du xvme s. A dr., des salles de réception et autres, nouvellement décorées et meublées, ayant la plupart des tableaux et des tapisseries modernes. Dans la 10e pièce, un pavé en mosaïque de la villa d'Adrien. 14e pièce, -plafond à'Overbeck (1859), en mémoire de la fuite de Pie IX en 1848 : le Christ échappant aux Juifs qui veulent le précipiter dans l'abîme (St-Luc, IV, 28, 29). 15e pièce, Vues du Vatican. Du côté du jardin sont des appartements des princes étrangers, où demeurèrent Napoléon Ier, François Ier d'Autriche et, en 1861, François II de Naples; ils sont aujourd'hui
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disposés pour le prince Humbert et ferme's au public. Dans la salle d'audience (19e pièce), une copie en plâtre du - Triomphe d'Alexandre, que Thorvaldsen exécuta sur l'ordre de Napoléon Ier, et qui est depuis 1815 dans l'ancienne villa Sommariva au lac de Côme. Dans la petite chapelle dell' Annunziata, une ''Annonciation du Guide. — Si l'on monte, dans la cour, l'escalier sous les arcades à dr., on voit sur le palier une belle -fresque de Melozzo da Forli (p. 82) , provenant de l'ancienne église des Sts-Apôtres.
Les jardins, généralement inaccessibles au public, ont été dessinés avec goût par C. Maderna. Ils renferment des plantes rares et quelques antiques, et l'on y a une belle vue.
Le *palais Rospigliosi (pl. II, 19) fut commencé en 1603 par le cardinal Scipion Borgbèse, neveu de Paul V, sur les ruines des thermes de Constantin, et devint plus tard propriété des princes Rospigliosi de Pistoie, parents de Clément IX. Il renferme des fresques provenant des thermes de Constantin; un beau Claude Lorrain, le Temple de Vénus, et d'autres objets d'art; mais il faut pour le visiter une permission spéciale du prince. Son casino y au contraire, qui est dans le jardin, estouvert au public le mercredi et le samedi, de 9 h. à 4 h. (50 c).
On entre par la porte cochère du n0 65 sur la place du Quirinal, tourne à g. sous les arcades , longe le palais à g. et monte des degrés aussi à g. Le jardin renferme quelques petites statues.
Sur le mur extérieur du casino, des bas-reliefs de sarcophages antiques (Méléagre et le sanglier, Chasse impériale, Enlèvement de Proserpine). La porte à dr. s'ouvre sur le salon, où l'on admire la magnifique *fresque du plafond, peinte par le Guide: l'Aurore semant des fleurs devant le char du Soleil , entouré des Heures. C'est le chef-d'œuvre de ce maître. On en remarquera surtout le coloris, La partie la plus éclairée est l'Apollon, dont la chevelure et les chairs paraissent dorées. A côté de ce ton principal, celui des nymphes qiii entourent le dieu, est d'un rouge jaune. Les couleurs sont ainsi dégradées jusqu'aux tons froids bleu et vert-clair pâles ; les chevaux couleur isabelle correspondent aux nuages de l'arrière-plan. Vis-à-vis de l'entrée se trouve placé un miroir dans lequel on peut voir cette peinture tout à son aise. Le long de la frise, des paysages de Paul Brill; sur les côtés, le triomphe de Fauna et de l'Amour (d'après Pétrarque), par Tempesia. Mur de dr. : statue de Minerve Tritogène, avec un Triton; <:Van Dyck , portrait d'homme. — On passe ensuite dans la pièce de dr. Au milieu, un cheval de bronze des thermes de Constantin. Vis-à-vis de l'entrée: le Dominiquin, le Péché originel. Mur de g., *Lor. Lotto, la Vanité. Mur de dr., Hcole hollandaise, portrait d'homme; le Dominiquin , Vénus et l'Amour. '"" Luca Signorelli, Ste-Famille. Mur de l'entrée, Louis Carrache, (?), Samson. — Pièce de g., mur de l'entrée, au-dessus de la porte •• Passignani , Pietà; mur de g.: Ban. de Volterre , Portement de croix. Buste en bronze de Septime- Sévère. Sur ces deux murs et le suivant, le Christ et les apôtres, 13 tableaux de Rubens (quelques parties, tout au plus, sont de sa main); le Dorniniquin, Triomphe de David.
En allant plus loin dans la via del Quirinale, nous arrivons à dr. à l'église St - Sylvestre - au - Quirinal (pl. II, 19), construite vers la fin du xvie s., et appartenant depuis 1770, avec le couvent voisin, à la confrérie de St-Yincent de Paul.
Quatre fresques ovales du Dorniniquin, dans la coupole: David dansant devant l'arche d'alliance, Salomon et la reine de Saba, Judith, Esther et Assuérus. Dans la 2e chapelle à g., deux paysages de Polidore Caravage et de son élève Maiurino: les Fiançailles de Ste Catherine ; le Christ apparaissant à Madeleine sous les traits* d'un jardinier, j
Via Magnanapoli. ROME.
Ll° Les collines. 173
Ensuite viennent le vicolo délia Cordonata , qui descend à dr., et la via Magnanapoli (v. ci-dessous). A. g. se montrent, audessus d'un haut mur, les palmiers et les pins de l'ancienne villa Aldobrandini, appartenant aujourd'hui au prince Borghèse,
A l'angle de la rue Magnanapoli, à dr.; la petite église de Ste-Catherine-de-Sienne (pl. II, 19, 7), du xvne s. Derrière cette église, dans le couvent attenant, se dresse la torre délie Milizie, tour construite vers 1200 par les fils de Pierre Alexius, et ordinairement appelée torre di Nerone, parce que Néron contempla, dit-on, de sa plateforme l'incendie de Rome. Une seconde tour analogue et de la même époque est la torre dei Conti, construite sous Innocent III (Conti) par Marchionne d'Arezzo , et en majeure partie démolie au commencement du xvne s. Elle s'élève sur le forum d'Auguste (p. 239), où l'on descend tout droit par la via del Grillo.
La via Magnanapoli, qui monte du forum de Trajan (p. 240) sur le Quirinal, passe, au carrefour qu'elle fait avec la via del Quirinale (v. ci-dessus), entre la villa Aldobrandini à g. et l'église St- Dominique- et- St- Sixte à dr. Cette église est de 1640.
Dans la première rue latérale de g., la via Mazzarina1 se trouve à dr. en entrant, vis-à-vis de la villa Aldobrandini, l'église Ste-Agathe-in-Suburra (pl. II, 22), fondée au ve s., mais qui a été réédifiée en 1633 et n'a gardé de l'édifice primitif que 12 colonnes de granit.
Dans le bas côté de g., le monument d1 01 'Connell , qui a légué son cœur à Téglise; on y voit des bas-reliefs de Benzoni (1856). A dr. de l'entrée, le tombeau de Jean Lascaris , auteur de la première grammaire grecque moderne (m. 1535). — Cette église appartient au séminaire irlandais qui est à côté.
La via Magnanapoli conserve son nom jusqu'à l'endroit où elle croise la via de' Serpenti. Son prolongement, la via di S.-Lorenzo-in-Paneperna, monte sur le Viminal, dont l'élévation entre le Quirinal et l'Esquilin ressort ici particulièrement. Au sommet se trouve, à g., l'église St-Laurent-in-Paneperna (pl. II, 22), à l'endroit où, dit-on, St Laurent souffrit le martyre. Elle est vieille, mais elle a été plusieurs fois restaurée. Ensuite on redescend, et l'on monte sur l'Esquilin par la via di S.- Maria- Maggiore (v. p. 179). — Le percement de la via Nazionale (p. 177) va amener des changements dans tout ce quartier.
Des Quatre-Fontaines (p. 170), l'ancienne via di Porta-Pia, aujourd'hui via Venti-Settembre , conduit en 14 min. à la porte Pia. A l'angle de dr. est le palais Albanie construit par Dominique Fontana, et où demeura le cardinal Albani ; il appartient aujourd'hui à la reine Christine d'Espagne. — Plus loin dans la via di Venti-Settembre, à dr., les deux églises insignifiantes de Ste- Thérèse et de St-Caius. <
174 11° Les collines. ROME. .Place St-Bernard.
Au bout de 5 min., on atteint la place St-Bernard (pl. I, 22), où se trouvent, à dr., un peu en arrière, St-Bernard; à g., Ste-Suzanne; en face, au coin, la fontaine de l'Acqua-Felice.
St-Bernard (pl. I, 22) est une rotonde qui formait primitivement un coin des thermes de Dioclétien (p. 176), et qui fut transformée en église par Catherine Sforza, comtesse de Santa- Fiora. La voûte est de l'édifice primitif, mais elle était autrefois ouverte, comme celle du Panthéon. — La via Torino , qu'on a percée à côté depuis peu, conduit tout droit à Ste-Marie-Majeure (v. p. 179).
La vieille église Ste- Suzanne doit sa forme actuelle à CL Maderna, qui l'a transformée en 1600 aux frais du cardinal Rusticucci. Les peintures des murs latéraux, représentant l'histoire de Ste Suzanne, sont de Baldassare Croce, celles de l'abside, de César Nebbia.
La fontaine de l'Acqua-Felice ou di Termini a été construite sous Sixte-Quint par Dominique Fontana. La mauvaise imitation du Moïse de Michel- Ange est de Prosper Bresciano , qui dit-on, mourut, de chagrin en reconnaissant les défauts de son œuvre. Sur les côtés, Aaron et Gédéon, par Jean-Bapt. délia Porta et Flaminio Vacca; en avant, quatre lions modernes. C'est Sixte-Quint (Félix Peretti) qui fit amener l'Acqua Felice à cet endroit, de Colonna, près des monts Albains , à 32 kilomètres.
A dr. s'étend la place des Thermes (v. p. 175). La via di S.-Susanna, à g., descend à la via di S.-Nicola-di-Tolentino, et celle-ci, à la place Barberini (p. 164).
Au coin N. de la place St-Bernard, à g., s'élève l'église Ste - Marie - de-la -Victoire {S. Maria délia Vittoria; pl. I, 23), ainsi nommée d'une image de la Vierge qui procura, dit-on, la victoire aux Impériaux à la bataille de Prague (1620) et fut ensuite transportée ici; elle brûla en 1833. Cette église est également de C. Madema, excepté la façade.
Dans la 2e chapelle à dr., un tableau, la Vierge offrant l'enfant Jésus à St François, et des fresques du Dominiquin. Dans le transept à g., le fameux groupe de Ste Thérèse, par le Bernin (25 c. au sacristain). Dans la 3e chap. à g., la Trinité, par le Guerchin, et un Crucifix du Guide (?).
A partir de là, la rue devient déserte. Le grand et beau bâtiment à dr. est destiné au ministère des finances. Quelques min. en deçà de la porte, on voit à g. un chemin conduisant à la porte Salara (p. 166), à dr. la via del Macao, qui débouche dans le voisinage de la gare. Plus loin, à g., la villa Bonaparte; à dr., la villa Torlonia.
La porte Pia (pl. I, 27, 30), devenue historique par les événements de 1870, fut commencée en 1564 par Pie IV, d'après un dessin de Michel-Ange, tomba plus tard en décadence et a été restaurée de 1861 à 1869. Le 20 septembre 1870, les Italiens dirigèrent leur bombardement spécialement contre cette porte, firent une brèche à côté et entrèrent par là dans la ville.
Ste-Agnh-hors-les-M. ROME.
11° Les collines. 175
Depuis lors, la porte a été complètement rétablie. La place de la brèche est indiquée à g., à l'extérieur, par une plaque sur laquelle sont inscrits les noms des 33 soldats italiens tués à la prise de la ville. A dr. est la porte Nomentane, murée depuis 1564; elle conduisait à Nomentum (p. 348).
Hors de la porte (v. la carte, p. 336), la vue s'étend librement, à g., sur la villa Albani et les montagnes de la Sabine. A dr. se trouve l'entrée de la villa Patrizi, avec de beaux jardins et une vue remarquable 5 on y remarque des restes de constructions antiques et une catacombe, celle de Nicomède, qui se distingue par son entrée à découvert et bien conservée (v. p. xliv). On se procure des billets d'admission pour la villa en déposant sa carte au pal. Patrizi, place St-Louis-des-Français (v. p. 195). — A 5 min. de là, à dr., la belle villa Torlonia, généralement fermée au public.
En suivant cette route, l'ancienne voie N ornent une , qui offre de temps en temps de belles échappées de vue, on arrive, à 25 min. de la porte, à g., à
*Ste -Agnès - hors - les - Murs ( S.-Agnese-fuori-le- Mura). Cette église fut fondée par Constantin sur le tombeau de Ste Agnès, elle fut rebâtie par Honorius Ier (625 à 638) , modifiée par Innocent VIII (1490) et enfin restaurée de nouveau par Pie IX (1856). Elle a néanmoins conservé en grande partie le caractère d'une ancienne basilique chrétienne. Sa fête patronale est le 21 janvier, jour où l'on bénit les agneaux dont la laine sert à faire les palliums que le pape offre aux archevêques.
On entre par la porte cochère, où est à dr. l'escalier qui conduit aux logements des chanoines (dans le corridor du premier étage sont des restes de vieilles fresques, de 1454, entre autres une Annonciation). On passe ensuite dans une cour où Ton voit, à travers une grande fenêtre à dr., une fresque en mémoire de ce que Pie IX, se trouvant après la grandmesse, le 15 avril 1855, dans un salon à eôté de l'église, au moment où le plancher s'effondra, tomba dans une cave sans se faire aucun mal. Au delà de la cour, à dr., se trouve l'entrée de l'église, où l'on descend par un escalier de 45 degrés en marbre. Aux murs de cet escalier, des inscriptions chrétiennes tirées des catacombes.
L'intérieur de l'église est divisé en trois nefs par 16 colonnes antiques de brèche, de marbre rouge et de violet. Au-dessus des arcades et au mur d'entrée régnent des galeries avec des colonnes plus petites. Le baldaquin, de 1614, a 4 belles colonnes de porphyre; en-dessous, sur le maître-autel, une statue de Ste Agnès, en albâtre; c'est une œuvre antique restaurée. Dans l'abside, des * mosaïques (Ste Agnès entre les papes Honorius Ier et Symmaque, du commencement du viie s.) et un ancien trône épiscopal. A dr. , dans la lre chap., une tête de Christ en marbre, ouvrage médiocre du xvie s.; dans la 2e chap., un bel autel en mosaïque, et au-dessus un "bas-relief de 1490, St Etienne et St Laurent. Sur l'autel de la chapelle du bas-côté de g., une belle fresque ancienne, la Vierge allaitant l'enfant Jésus. — Pour les Catacombes, qui ont une entrée dans le bas côté de g., v. p. 335. S'adresser au sacristain (1 1.).
En quittant l'escalier qui descend à Ste-Agnès, on va tout droit, puis on descend à dr. à Ste-Constance. Si elle est fermée, on se fait ouvrir par le sacristain de Ste-Agnès.
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Place des Thermes.
Ste- Constance était originairement le mausolée de Constance, fille de Constantin, construit par son père. On l'a transformé en église en 1256. 24 colonnes de granit accouplées supportent la coupole, qui a 22 m. de diamètre. L'ancien édifice était précédé et probablement même entouré d'un portique, dont il n'existe toutefois plus que des restes. Les voûtes en berceau du pourtour sont décorées de *mosaïques du ive siècle, représentant des Génies occupés à vendanger, d'un style antique mais dégénéré. Des représentations du même genre ornent le sarcophage de porphyre de la sainte, qui était autrefois placé dans l'une des niches (aujourd'hui au musée du Vatican; v. p. 310). Dans les mosaïques des niches, on voit le Christ souverain du monde, avec St Pierre et St Paul (,,le Christ triomphant'4 et ,,le Don de Dieu").
Pour le Cœmeterhtm Ostrianum, qui se trouve à 5 min. d'ici, v. p. 335; la Campagne de Rome, p. 348.
Si l'on prend au S.-E. de la place St-Bernard et de la fontaine de l'Acqua-Felice (p. 174), on passe à g. devant l'institution des sourds-muets, et on arrive à la place des Thermes (pl. I, 25), la piazza délie Terme, autrefois dl Termini, qui doit son nom aux thermes de Dioclétien qui s'y trouvent.
Les thermes de Dioclétien (pl. I, 25) étaient les plus grands de Rome. Ils furent construits au commencement du ive s. par Maximien et Dioclétien. Le bâtiment principal était entouré d'un mur d'enceinte, dont il reste une partie en hémicycle aujourd'hui traversée par la via Nazionale, au S.-O. de la place. Aux angles de ce côté se trouvaient deux rotondes , dont l'une est l'église actuelle de St-Bernard (p. 174) et dont l'autre fait partie d'une prison. L'enceinte des thermes mesurait, dit-on, 2,000 m. ou près de la moitié de plus que celle des thermes de Caracalla (p. 259) , et il y aurait eu de la place pour 3,000 baigneurs. La façade était tournée à l'E., et l'hémicycle dont il est question ci-dessus formait les derrières de l'enceinte. D'après la tradition, les bâtiments auraient été construits par des chrétiens condamnés à mort, et c'est pour cela qu'on érigea ici dès le Ve s. une église qui a maintenant disparu.
Au xive s., on forma le projet d'y fonder un couvent de chartreux , sans cependant le réaliser. Au xvie s. , Pie IV reprit ce plan et en confia l'exécution à Michel-Ange, qui établit dans une grande salle voûtée des thermes l'église *Ste- Marie-des-Anges {S.-Maria-degU-Angeli) , consacrée le 5 août 1561. Le transept d'aujourd'hui était alors la grande nef; le grand portail se trouvait dans le petit mur à dr. , le maîtreautel, contre celui de g. L. Vanvitelli gâta l'église en 1749 par une transformation maladroite; il changea la partie principale en transept, boucha le portail, etc.
Place de la Gare.
ROME. Il0 Les collines. 177
On entre d'abord dans une petite rotonde. Le premier tombeau à dr. est celui du peintre Carlo Maratta (m. 1713). Dans la chapelleries anges de la Paix et de la Justice, par Pettrich. Le premier tombeau à g. est celui de Salvator Rosa (m. 1673). Dans la chapelle, le Christ apparaissant à Madeleine, tableau d'Arrigo Fiamingo.
Nous arrivons ensuite au grand transept. Dans le passage, à dr. dans une niche, St Bruno , statue colossale par Houdon ; dans la chapelle à g., -Jésus donnant les clefs à St Pierre, tableau de Muziano. Le transept, jadis nef principale, est long de 90 m. 60, haut de 28 et large de 27. Huit des seize colonnes, hautes de 13 m. 80, sont antiques et de granit oriental, mais badigeonne'es par Vanvitelli; les huit autres, en briques, ont été ajoutées lors de la restauration. — Les grandes peintures du transept et de l'abside proviennent en majeure partie de St-Pierre, où elles ont été remplacées par des mosaïques. Transept de dr. (on remarque sur le pavé le méridien de Rome, tracé en 1703), à dr., le Crucifiement de St Pierre, par Ricciolini ; la Chute de Simon le Magicien, d'après F. Vanni (l'original est à St-Pierre); à g., *Muziano, St Jérôme au milieu des ermites (le paysage est de Brill) ; Baglioniy Miracle de St Pierre. Au petit mur, chapelle du bienheureux Niccolô Albergati. Transept de g., à g., Subleyras, Messe de St Basile, avec l'empereur Valens ; Pomp. Battoni, Chute de Simon le Magicien; à dr., P. Bianchi, l'Immaculée conception; P. Costanzi, Résurrection de Tabita. Au petit mur, la chapelle de St-Bruno.
Dans l'abside (l'un des moines vous ouvre la porte; 50c): àdr., Romanelli, la Présentation; *-iê Dominiquin , Martyre de St Sebastien (fresque); à g., Pomarancio , Mort d'Ananie et de Saphire; Maratta, Baptême du Christ. Dans le chœur, deux tombeaux, à g., Pie IV; à dr., Antoine Serbelloni, d'après des dessins de Michel-Ange.
La chartreuse (certosa) voisine est maintenant en partie occupée par la troupe. La seconde cour, dans laquelle on entre vis-à-vis de la gare et du grand jet d'eau, par le n° 15, là où il y a une sentinelle , est entourée de 100 colonnes. Elle a été construite d'après les plans de Michel- Ang e , qui planta aussi, dit-on, les cyprès du milieu. Elle sert maintenant de dépôt militaire et les murs en ont été badigeonnés , ce qui fait qu'elle a perdu beaucoup de son intérêt.
Pour visiter les autres parties des thermes qui n'offrent du reste rien de bien curieux, il faut se procurer une permission du commandant de la place, via del Burrô , 147, au second. Les parties les plus intéressantes, d'où l'on peut monter aussi jusque sur le faîte de l'église (belle vu de l'ensemble), appartiennent au couvent, au prieur duquel il faut s'adresser.
En face de l'église Ste-Marie-des-Anges, au milieu du mur rond de l'enceinte des thermes, a été percée la via Nazionale, qui traverse la via délie Quattro -Fontane et doit se prolonger tout droit jusqu'au coin de la via del Quirinale et de la via Magnanapoli (v. p. 173). A l'entrée de la via Nazionale, non loin de la place des Thermes, à dr., le ministère de la guerre; à g., le grand hôtel du Quirinal. Au n° 354 de la même rue est la galerie Tenerani7 collection complète des modèles du sculpteur P. Tenerani, mort en 1869. On peut la voir le mercr. de 1 n. à 4, et sans cela aussi moyennant un pourboire.
Au l'E. de la place des Thermes se trouve la gare (pl. I, 25), nouvel édifice construit par Mirière et Bianchi. Dans le square qui la précède, un jet d'eau imposant, alimenté par VAqua- Marcia, rétablie dans ces derniers temps.
Bsedeker. Italie, II. 5e édition. 12
178 11° Les collines.
Ste-Pudentienne.
Dans l'enceinte même de la gare a été mise à nu lors de la construction du chemin de fer, une partie du rempart de Servius, qui défendait jadis la ville, ouverte de ce côté. Le mur, adossé contre un fort rempart, muni de nombreuses tours et précédé d'un large fossé, se reconnaît encore jusqu'à l'arc de Gallien (p. 182).
A dr. (S.-O.)j la via del Viminale, rue neuve qui traverse plus loin la via délie Quattro-Fontane.
La rue qui longe le côté S.-O. de la gare conduit à la porte St-Laurent, à 15 min. de distance (v. p. 182).
La nouvelle rue qui commence entre les thermes et la gare, passe au N.-E. dans un nouveau quartier, et atteint en 10 min. le Campo-di-Maccao ou Campo- Militaire, ancien camp des prétoriens sous les empereurs. Il fut d'abord établi par Tibère, et détruit par Constantin, à l'exception de ce qui était partie intégrante du mur d'enceinte de la ville, sur lequel il faisait saillie. A g. du carré que formait ce camp, on remarque encore des traces des portes; tout le mur était bordé d'un passage sous lequel se trouvaient de petites chambres. Cette place sert actuellement de nouveau à la .troupe; on y passe des revues, et la construction d'une grande caserne a rendu une vie inaccoutumée à ces remparts déserts.
Du carrefour des Quatre-Fontaines (p. 170) à Ste-Marie-Majeure, il y a 10 min. de chemin. On descend d'abord le Quirinal, en traversant la nouvelle via Nazionale (p. 177) qui conduit à la place des Thermes. Puis on franchit le Viminal, dont l'élévation est peu sensible sur ce point. A g. aboutit la nouvelle via del Viminale (p. 177), qui vient de la gare. Dans la vallée entre le Yiminal et l'Esquilin, dans la rue latérale, est située, à dr.
Ste-Pudentienne {S.-Pudenziana; pl. II, 25). Elle est ouverte le matin jusqu'à 9 h. ; le gardien demeure via Quattro-Fontane, 81. La légende fait passer cette église pour la plus ancienne de Rome ; elle aurait été construite sur l'emplacement de la maison que St Pudent habitait avec ses filles Praxède et Pudentienne, et où il donna l'hospitalité à St Pierre. Elle se trouve mentionnée pour la première fois en 499 ; elle fut souvent restaurée , surtout en 1598, et il y a peu de temps encore, mais sans aucun goût. Le portail à colonnes de la façade est orné depuis peu de mosaïques représentant St Pierre , St Pudent et Ste Pudentienne, avec Pie Ier à g. et Grégoire VII à dr. Joli campanile du IXe s. Fête patronale le 19 mai.
L'intérieur est divisé en trois nefs, de longueurs inégales, par des piliers dans lesquels on voit encore les colonnes de marbre antiques qui soutenaient primitivement le mur. Les *mosaïques de l'abside, le Christ avec Ste Praxède, Ste Pudentienne et les apôtres, et au-dessus, les symboles des évangélistes à côté de la croix, sont du ive s.; elles comptent parmi les plus belles de Rome, mais elles ont été^ fortement restaurées dans la partie de dr. La coupole au-dessus du maître autel a été peinte par Pomarancio. Les deux bas-côtés renferment les restes d'un ancien pavé en mosaïque. Dans le bas-côté de g. , la chapelle Gaëtani , dont
Ste-M a rie- Ma je lire. KO ME .
11° Les collines.
l'autel est orné d'un bas-relief de marbre à'Olivieri, l'Adoration des mages. A l'extrémité de cette nef se trouve un autel renfermant les restes d'une table sur laquelle on rapporte que St Pierre dit le premier la messe. Au-dessus, de G.-B. délia Porta, le Christ et St Pierre, groupe en marbre.
Sous l'église s'étendent d'anciennes voûtes d'un bon style, où l'on peut descendre, en le demandant au gardien.
Nous gravissons plus loin la croupe de l'Esquilin, où nous voyons le chœur de Ste-Marie-Majeure. Il se bâtit à cet endroit tout un nouveau quartier. A dr. débouche la via S.-M.-Maggiore7 le prolongement de la via Magnanapoli, qui vient du forum de Trajan (v. p. 173).
Devant le chœur de l'église, où l'on monte par un beau perron (deux entrées à côté de l'abside) , se trouve l'un des deux obélisques qui s'élevaient jadis auprès du mausolée d'Auguste: l'autre est au Quirinal (p. 170). Il a 14 m. 80 de haut, et il a été érigé ici par Sixte -Quint, en 1587. — La façade de l'église est tournée du côté de la place Ste-Marie-Majeure, qui est décorée d'une belle colonne de la basilique de Constantin, que Paul V y fit élever en y plaçant une statue en bronze de la Vierge.
** Ste-Marie-Majeure (S- Maria- Maggiore ; pl. II, 25), la basilique Libe'rienne, dite aussi N.-D.- des- Neiges et S.-M.-ad-Prœsepe, parce qu'elle renferme la crèche de J.-C, est la plus grande (de là son nom) et en même temps la plus ancienne des 80 églises de Rome sous le vocable de la Vierge, peut-être même la plus ancienne de toute la chrétienté. C'est une des cinq églises patriarcales (p. 130) et elle aune porte jubilaire. Ses fêtes principales sont à Noël, le 5 août et le 15 août, jour de l'Assomption. D'après une légende qui ne remonte toutefois qu' au xme s. , la Vierge apparut la même nuit au pieux patricien Jean et au pape Libère (352 — 366) en leur ordonnant de lui élever une église là où ils trouveraient de la neige le lendemain matin, 5 août. L'édifice qu'ils construisirent, la basilique Libérienne, fut remplacé par un autre sous Sixte III (432—440), qui l'appela Ste- Marie-Mère-de-Dieu , en souvenir de la proclamation du dogme de la maternité divine peu de temps auparavant, au concile d'Ephèse, en 430. La nef majeure, avec ses colonnes de marbre antiques et ses mosaïques, date de cette époque. Au xne s. , commence une transformation de l'église dans le style du moyen âge: Eugène III y construit un nouveau vestibule, Nicolas IV, une nouvelle abside ornée de mosaïques, et Grégoire XI donne au clocher sa forme actuelle, avec la flèche. Enfin vient à la fin du xve s. une troisième période, pendant laquelle on corrige les irrégularités des constructions du moyen âge et on établit des lignes droites en ajoutant de nouvelles parties ou en élevant des murs pour en masquer d'autres. Les deux grandes chapelles latérales à coupole ont été bâties en 1586, par Sixte-Quint, et en 1611, par Paul V. Clément X donna
180 11° Les. collines. ROME. Ste- Marie- Majeure.
sa forme actuelle à l'extérieur de l'abside et Benoît XIV confia à Fuga la restauration de tout le monument.
La façade, dont le plan est de Fuga (1743), se compose d'un vestibule surmonté d'une loge, ayant chacun 5 arcades du côté de la place. Aux cinq arcades du vestibule correspondent quatre portes donnant entrée dans l'église (la dernière à g., la porte sainte, est murée) et une fausse porte à dr. Du même côté, une statue de Philippe IV d'Espagne. La loge (escalier dans le vestibule , à g. ; on se fait ouvrir en haut par un employé de l'église), d'où le pape donnait la bénédiction le 15 août, contient les mosaïques de l'ancienne façade, du xme s. , restaurées en 1825.
Dans le haut, au milieu, le Christ entoure' d'une gloire; à g., la Vierge, St Paul , St Jean et St Jacques ; à dr., St Pierre, St André, St Philippe et St Jean-Baptiste. En bas, à g., le Songe du pape Libère et du patricien Jean; à dr., leur Rencontre et la Fondation de l'église sur la neige fraîchement tombée.
L'intérieur a conservé jusqu'à nos jours l'aspect de la vieillie basilique du temps de Sixte III, bien qu'élargi par des constructions postérieures. Il est à trois nefs et mesure 85 m. de longueur sur 18 de largeur. L'ensemble présente un coup d'œil brillant et majestueux. Le pavé de la nef principale date du xne s.; le magnifique plafond a été exécuté sur les données de Giuliano da Sangallo. 42 colonnes ioniques en marbre et en granit (4) supportent l'architrave. Au-dessus de l'architrave et sur l'arc de triomphe, il y a une série de Mosaïques du Ve s., représentant des scènes de l'histoire sainte; elles sont encore dans le genre antique et elles sont intéressantes par leurs sujets. Celles de l'arc paraissent avoir rapport à la maternité divine de Marie, l'Annonciation, l'Enfance de Jésus, le Massacre des Innocents. Sur les parois latérales , on voit à g. l'histoire d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, à dr. celle de Moïse et de Josué; il n'y a que peu de ces moisaïques qui soient restaurées (1825). Le meilleur moment pour les voir est le matin , de bonne heure. Le maître autel devant l'arc triomphal est de porphyre antique et passe pour le tombeau du patricien Jean. Il renferme le corps de l'apôtre St Mathieu, et d'autres reliques. Le baldaquin est supporté par quatre colonnes de porphyre. La Confession, en avant, a été établie par Pie IX pour lui servir de sépulture. L'abside a des ^mosaïques de Jacobus Torriti (1292) : le Couronnement de la Vierge et des saints, le pape Nicolas IV et le cardinal Jacques Colonna.
A l'entrée de la nef principale, à g., le tombeau de Nicolas IV (m. 1292), à dr., celui de Clément IX (m. 1669), érigés par Sixte-Quint et Clément X. Bas-côté de dr., lre chapelle, baptistère, avec un beau bassin de porphyre antique, servant de fonts. Dans la chapelle du Crucifix, qui a 10 colonnes de porphyre, on conserve cinq planches de la crèche de l'enfant Jésus, de là son autre nom de cappella del Presepe. — Dans le transept de dr., la magnifique *chapelle Sixtine, construite sous Sixte-Quint par Fontana et aujourd'hui brillamment restaurée. Dans une niche à g., un tableau d'autel, St Jérôme, de Ribera. A dr., occupant tout le mur, le tombeau de Sixte- Quint, la statue du pontife par Valsoldo. A g., celui de Pie V, par Lionardo da Sarazena. Sur l'autel, un tabernacle en bronze doré, figurant la basilique portée par des anges. Dans la Confession , sous l'escalier, une statue de St Gaétan, par le Bernin. Bas-relief de l'autel, la Ste-Famille, par Cecchino da Pietrasanta (1480). — Au bout du bas-côté de dr., le tombeau gothique du cardinal Consalvi (Gunsalvus, m. 1299), par Jean Cosmas.
Dans le bas-côté de g., lre chap. (Cesi): Girol. da Serinoneta, tableau d'autel, le Martyre de Ste Catherine; à dr. et à g., deux statues en bronze de cardinaux de la famille Cesi. 2e chap., de Pallavicini-Sforza, construite, diton, d'après un plan de Michel-Ange. Tableau de Girol. da Sermoneta, l'As-
Ste - Praxède.
ROME. 11° Les' collines. 181
somption. — Transept deg., vis-à-vis delà chapelle Sixtine, la chapelle Borghèse construite en 1611 par Flaminio Ponzio) également avec une coupole. Sur le maître autel, richement décoré de lapis-lazuli et d'agate, on remarque une image miraculeuse de la Vierge, très-ancienne, attribuée par la légende à St Luc. Cette image, presque noire, fut portée en procession à travers la ville dès 590, par Grégoire Ier, et de même pendant le choléra de 1837 et pendant la guerre de 1860, où tout le clergé l'accompagna. Les fresques des grandes arcades sont du Guide, de Lanfranc, de Cigoli\ etc. Les tombeaux des papes Paul V (Camille Borghèse, m. 1621) à g., et Clément VIII (Aldobrandini, m. 1605) à dr., ont été sculptés par des élèves du Bernin. La crypte renferme les sépultures de la famille Borghèse. .
Au S.-E. de la place Ste-Marie-Majeure, à g., l'église St-Antoinel'Abbe', avec un portail du xme s. , peu remarquable à l'intérieur. St Antoine est le patron des animaux, et c'est devant la porte de cette église que les prêtres bénissaient auparavant toutes sortes d'animaux domestiques du 17 au 23 janvier.
Dans le coin de la place, à dr., via S.-Prassede, se trouve une entrée latérale de
*Ste-Praxède {S. Prassede, pl. II, 25), construite en 822 par Pascal 1er en l'honneur de Ste Praxède , fille de St Pudent , qui donna l'hospitalité à St Pierre , et sœur de Ste Pudentienne (v. p. 178). Elle a été restaurée en 1450 par Nicolas V, en 1832 et enfin en 1869. On y entre ordinairement par la porte latérale.
L'intérieur a trois nefs avec 16 colonnes de granit; 6 autres ont été remplacées par des piliers qui supportent des arcades. On y remarque surtout des mosaïques du ixe s. Sur l'arc de triomphe, la Jérusalem nouvelle gardée par des anges; au milieu, le Christ entouré de bienheureux; sur l'arcade de l'abside, l'Agneau, à ses côtes le chandelier à 7 branches et les symboles des évangélistes ; plus bas, les 24 Anciens, mosaïque curieuse par la manière dont on s'y est pris pour remplir l'espace laissé par la courbe de l'arc: les bras des Anciens vont simplement en s'allongeant. Dans l'abside, le Christ entouré de saints: à g., St Paul, Ste Praxède et le pape Pascal; à dr., St Pierre, Ste Pudentienne et St Zénon. Des deux côtés de l'abside s'étendent des galeries. — La 3e chap. du bascôté de dr. est la chapelle de la Colonne (les femmes n'y peuvent entrer que les dimanches de carême; on la fait ouvrir par le sacristian). A l'entrée, 2 colonnes de granit noir avec entablement antique. Tout l'intérieur est revêtu de mosaïques sur fond d'or (peut-être du xe s.), ce qui a fait nommer la chapelle orto del paradiso. Dans la voûte, un médaillon avec la tête du Christ, tenu par 4 anges. Audessus de l'autel , la Vierge entre Ste Praxède et Ste Pudentienne. A dr. , dans une niche, la colonne à laquelle le Christ fut attaché pour être flagellé. Dans la 4e chap., le tombeau du cardinal Cetti (m. 1474). Au bout du bas-côté de dr. , dans la chapelle du Crucifix, le tombeau d'un cardinal français (m. 1286). — Dans le bas-côté de g., on remarque sur le mur d'entrée une pierre sur laquelle coucha, dit-on, Ste Praxède. 2e chap., de St-Charles-JBorromée , une chaise et une table de ce saint. 3e chap., à^Agiati, des peintures du cavalier d'Arpin. Un puits en marbre, au milieu de la nef principale, désigne la place où Ste Praxède recueillit le sang des martyrs.
La Confession (le sacristain en a la clef) renferme de vieux sarcophages où sont conservés, à dr., les ossements de Ste Praxède et de Ste Pudentienne; à g., les corps de plusieurs martyrs. L'autel est orné de belles mosaïques du xme siècle. Au-dessus, une vieille fresque, la Vierge entre Ste Praxède et Ste Pudentienne. — On voit encore dans la sacristie une Flagellation par Jules Romain.
De la place de Ste-Marie-Majeure partent, au S. et au S.-E., deux rues principales actuellement en construction, la via
182 11° Les collines. ROME. Porte St-Laurent.
S.-Eusebio (v. ci-dessous) et la via Merulana (p. 186). L'exécution des plans de la nouvelle édilité amène ici des changements considérables. On a enlevé au loin la terre jusqu'à 4 et 5 m. de profondeur, ce qui a fait découvrir de nombreux restes de murs antiques, des débris de sculptures en marbre et en bronze , des sarcophages , des colonnes, etc., qui ont été réunis dans la nouvelle galerie au palais des Conservateurs (p. 216). Les fouilles sont comblées.
Nous suivons la via S.-Eusebio, où l'on voit à g. l'église St- Antoine l'Abbé (p. 181) et dans laquelle débouche à dr. la via di S.-Vito, qui passe sous Y arc de Oallien. Cet arc, à côté de l'église St-Yit, fut érigé en 262 à l'empereur de ce nom par un certain M. Aurelius Victor, en l'honneur de la valeur de ce prince, vertu qui n'était surpassée que par sa piété, dit l'inscription. L'architecture en est simple, mais le style trahit déjà la décadence.
Plus loin dans la via S.-Eusebio, l'église St-Eusèbe (pl. II, 28), reconstruite au siècle dernier, à l'exception du campanile, qui est ancien. Le tableau du maître autel est de Baldassare Croce. — En face de l'église , à dr. , se voient les restes considérables d'un ancien réservoir de VAqua Julia ou Claudia (pl. II, 28), dont les niches renfermaient les trophées dits de Marius , qui sont actuellement placés sur la balustrade du Capitole (p. 214). On appelle aussi ces ruines Trofei-di- Mario. — Pour le prolongement de la rue dans la direction de la porte Majeure, v. p. 184.
En tournant maintenant à g. dans la rue neuve entre St-Eusèbe et les trophées de Marius , nous atteignons en 10 min. la
Porte St-Laurent {porta S.-Lorenzo; pl. II, 31), construite par Honorius contre un arc sur lequel passaient, au dire de l'inscription, les trois aqueducs Marcia, Tepula et Julia. L'arc s'élève sur l'ancien sol, tandis que la porte est sur le sol beaucoup plus haut nivelé par Honorius. La porte tire son nom de la basilique qui se trouve près de là, et elle occupe la place de l'ancienne porte Tiburtine, sur la route de Tibur (Tivoli). La route (voie Tiburtine) est bordée de murs , et ne permet de voir les montagnes de la Sabine qu'à 15 min. de la porte , près de l'église.
*St-Laurent-hors-les-Murs {S.-Lorenzo-fuori-le-Mura; v. la carte, p. 336) s'élève à la place d'une église construite par Constantin sur les tombeaux du martyr St Laurent et de Ste Cyriaca, et que Pélage II rebâtit en 578. Cette église primitive, qui avait son entrée à l'E., fut entièrement changée lorsque Honorius III (1216-27) ajouta la nef actuelle à l'abside et plaça le portail à l'ouest. On distingue à l'extérieur, à la différence des murs, la partie nouvelle de la partie ancienne. Sous Nicolas V et Innocent X, et, en dernier lieu, sous Pie IX, de 1864 à 1870, elle fut soumise à une restauration complète,
St-Laurent-hors-les-M. ROME. 11° Les collines. 183
qui flt disparaître de sa partie la plus ancienne les altérations qu'elle avait subies. St-Laurent est une église patriarcale et l'une des ,,sept églises de Rome" que visitent les pèlerins (p. 130). Fête patronale le 10 août.
La place devant l'église est ornée d'une colonne surmontée de la statue de St Laurent. La façade a été récemment ornée de peintures en mosaïque représentant les fondateurs et les conservateurs de l'église : Pélage II, l'empereur Constantin, Honorius III. Pie IX, Sixte III, Adrien Ier. Le portique, qui a 6 colonnes antiques, sur lesquelles repose une architrave à mosaïque (St Laurent et Honorius III), renferme d'anciennes fresques repeintes, du xme s., deux tombeaux en forme de temples, deux sarcophages chrétiens et des lions supportant les piliers de la porte.
L'intérieur est divisé en deux parties. La première, la plus moderne, remontant principalement à Honorius III, est partagée en trois nefs et supportée par 22 colonnes antiques inégales , en granit et en cipollin. On croit, mais à tort, que ces colonnes proviennent du portique d'Octavie, où deux artistes grecs, Batrachos (grenouille) et Sauros (lézard), auraient, pour rappeler leurs noms à la postérité, sculpté une grenouille et un lézard sur les colonnes, animaux qui se retrouvent sur le chapiteau de la 8e colonne à dr. L'entablement est droit et surmonté d'un mur qui a récemment été orné, par Fracassiîii, de fresques représentant des scènes de l'histoire de St Laurent et de l'histoire de St Etienne. La charpente est à découvert et également décorée de peintures nouvelles. Le pavé (appareil alexandrin) remonte au xne s. A dr. de l'entrée, un baldaquin du moyen âge sous lequel est placé un "sarcophage antique dont les bas-reliefs représentent un mariage, et qui renferme le corps du card. Fieschi, neveu d'Innocent IV. A g., de vieilles fresques, l'Histoire de St Laurent. Dans la nef du milieu , deux anciens ambons , *celui de g. pour l'évangile (à côté, un candélabre en spirale pour le cierge pascal), celui de dr. pour l'épître (xne s.). Sur l'arc triomphal, des peintures modernes en forme de mosaïque, la Vierge et des saints. Au bout du bas-côté de g., un escalier descend à g. à une chapelle et aux catacombes.
A cette construction d'Honorius se rattache à l'E. l'ancienne de Pélage, dont le pavé est environ 3 m. plus bas. L'espace du milieu qui est plus élevé , et auquel on monte de chaque côté de la Confession par sept degrés, date du temps d'Honorius, qui fit établir un pavé dans la nef principale à mi-hauteur des colonnes, en créant ainsi une crypte sous le chœur, et qui fit combler les bas côtés jusqu'à la même hauteur. De nos jours, on a remis ces bas côtés à leur ancien niveau, de sorte qu'on descend 14 degrés pour passer des bas côtés de la première église dans la seconde. L'église de Pélage est une basilique à trois nefs dans le style de Ste-Agnès-hors-les-Murs (ce sont les seules de Rome qui aient des galeries). Elle avait d'abord son entrée du côté opposé, à l'E. Douze superbes colonnes cannelées, avec des chapiteaux corinthiens (les chapiteaux des deux premières se composent de trophées ; en avant, des lions du moyen âge), supportent une architrave composée de - fragments antiques , sur laquelle s'élèvent des galeries avec d'élégantes colonnes plus petites. L'arc triomphal, dont nous voyons ici la façade primitive, est décoré de mosaïques du temps de Pélage II (vers l'an 600); ce sont les premières du style byzantin à Rome, mais elles ont été restaurées dans les temps modernes: au milieu, le Christ; à dr. , St Pierre, St Laurent, St Pélage; à g. , StPaul, St Etienne, St Hippolyte. Le baldaquin, avec une coupole moderne, est de 1148. Sur le revers, un beau trône épiscopal.
Le beau et vieux cloître (ordinairement fermé; s'adresser à un des moines dans l'église, pas de pourb.) renferme un grand nombre de fragments de sculptures et d'inscriptions; dans l'angle à dr. de l'entrée principale, un couvercle de sarcophage avec un Triomphe de Cybèle.
184 II0 Les collines. ROME.
Miner va Medica.
A côté de l'église, s'étend un vaste cimetière (Campo Verano), établi en 1337 et considérablement agrandi en 1854. Il renferme, dans la partie élevée, un monument érigé en souvenir de la bataille de Mentana. On y jouit d'un beau panorama des montagnes et de la Campagne. Contre la paroi de tuf de la colline se voient des niches de tombeaux des catacombes de Ste-Cyriaca, qui ont été mises à découvert lors de l'agrandissement du cimetière de ce côté.
A une centaine de pas au delà des trophées de Marius , se détache à dr. de la rue qui mène à la porte St-Laurent (v. p. 182), une autre rue qui va à Ste-Bibiane et à la porte Majeure. Comme nous l'avons déjà vu , tout le terrain est ici bouleversé, et Ton y découvre continuellement des restes de murs antiques.
En 5 min. , on arrive à Ste-Bibiane (pl. I, 31) , église consacrée en 470 et reconstruite en 1625 par le Bernin.
L'intérieur a 8 colonnes antiques surmonte'es de fresques repeintes (vie de la Ste), à dr., par Ciampelli ; à g., par Pierre de Cortone. Sur le maître autel, la statue de Ste Bibiane, par le Bernin. A l'entrée, à g., un tronçon de colonne auquel Ste Bibiane fut, dit-on , attachée pour y être flagellée à mort. — Fête patronale le 2 décembre.
Quelques minutes plus loin dans la même direction est le temple de Minerve Medica (pl. II, 32), les ruines d'un nymphœum antique. De forme décagone (50 m. de tour) , avec des niches profondes revêtues de marbre dans le bas et de stuc dans le haut, cet édifice devait faire partie de thermes magnifiques , comme le prouvent les nombreuses statues qu'on a trouvées dans les environs, telles que la Minerve Giustiniani , au Yatican (p. 304), laquelle a donné au monument son nom, que rien autre chose ne justifie. Au moyen âge cet édifice s'appelait "le Terme di Galluccio" , nom dont on a voulu faire thermes de Caius et de Lucius César", également sans autres preuves. Il est intéressant comme construction et date à peu près du me s. de notre ère.
Le petit édifice, en face de ces ruines pittoresques, contient le musée de la Società fondiaria italiana, ouvert tous les jours (entrée, 1 t.). On y a placé les antiquités trouvées non loin d'ici dans des colombaires, en 1875.
Ire salle: inscriptions, cippes funéraires, urnes cinéraires. — - IIe salle: '-peintures murales représentant des scènes de l'histoire primitive de Rome. Elles sont fort endommagées; voici les sujets de celles qui se distinguent le mieux: 1, longues bandes de g. : Rhéa Sylvia surprise par Mars; Amulius la jugeant. 2, petites bandes au-dessous des précédentes: Romulus et Rémus abandonnés; les mêmes devenus bergers.
3, seconde série de longues bandes : scène où se voient des femmes, mais dont on n'a pu préciser la signification; construction d'une ville (Albe la Longue) ; bataille sur les bords du Numicius, entre les Latins et les Rutules ; Enée, vainqueur de Turnus, qui a été tué, est couronné par la Victoire.
4, fragment placé au-dessous : bataille ; construction d'une ville (Lavinium). Puis des fragments de statues et de constructions. Au milieu, sous verre, toute sorte d'objets antiques. — IIIe salle: sarcophages en terre cuite; empreintes sur des briques. — IVe salle: inscriptions provenant
Porta Maggiore. ROME. 11° Les collines. 185
pour la plupart du colomhaire des Statiliens. Dans des vitrines: des lampes, des vases de terre cuite. — Ve salle: copies des peintures murales mentionnées ci- dessus; elles sont peu fidèles. — VIe salle (on passe par la Ire) : amphores, lampes, vases de toute sorte.
Les trois colombaires , entre le nymphœum et la porte Majeure, méritent à peine une visite, maintenant qu'ils sont vides.
La via di Porta-Maggiore conduit en 20 min. de l'église à la *porta Maggiore ou porte Majeure (pl. IL 35) , formée d'un monument de VAqua Claudia, au-dessus de laquelle VAnio nova coulait dans un second aqueduc. Les inscriptions font mention du premier, long de 45 milles (70 kil.), qui commence dans le voisinage de Subiaco , et de l'Anio nova, longue de 62 milles (92 kil.), qui commençait à la source même de cette rivière, tous deux construits par l'empereur Claude, l'an 52 après J.-C, et restaurés par Vespasien l'an 71 et par Titus l'an 80. Aurélien comprit le monument comme porte dans son mur d'enceinte, et les Colonna en firent le noyau d'une forteresse au moyen âge. Le nom actuel de cette porte lui vient, soit de sa grandeur, soit de l'église Ste-Marie-Majeure. C'est Grégoire XVI qui Ta débarrassée des constructions postérieures et qui a muré l'arc du nord. Deux routes y passaient: la voie Labicane à g., par l'arc aujourd'hui muré, et la, voie Prenestineà, dr.
On a trouvé entre les deux en 1838, lors de la démolition des fortifications d'Honorius , rétablies à dr. contre le mur, le ^tombeau du boulanger Eurysacès, en forme de four, de la dernière époque de la République.
L'inscription principale plusieurs fois répétée de ce tombeau, érigé par le défunt de son vivant, signifie : „ceci est le monument de Marcus- Vergilius Eurysacès, boulanger , fournisseur de l'Etat." Les bas-reliefs sont relatifs au métier du défunt et à sa qualité de fournisseur.
Pour la Campagne, v. p. 347.
Un chemin conduit de la porte Majeure en 5 min. à Ste-Croix, en passant sous l'aqueduc de Claude et en longeant le mur. — La via di S.-Croce y mène de Ste-Marie-Majeure en 20 min.
Ste-Croix-de- Jérusalem {S.-Croce-in-Gerusalemme ; pl. II, 36), une des ,,sept églises de Rome" (p. 130), s'appelait anciennement basilica Sessoriana, parce que le Sessorium, peut-être un ancien tribunal, s'élevait en cet endroit. Elle passe pour avoir été construite par Ste Hélène en l'honneur de la croix du Sauveur qu'elle avait retrouvée. Elle servit dès 433 aux séances d'un concile, fut entièrement reconstruite en 1144 par Luce II, et complètement modernisée 1743 sous Benoît XIV, par Oregorini, de qui est la bideuse façade.
L'intérieur est à trois nefs. Celle du milieu avait primitivement 12 colonnes antiques , dont il ne reste plus que 8. Une auge de basalte antique, sous le maître autel, renferme les reliques de St Anastase et de St Césaire. L'abside est ornée de -fresques repeintes du Pinturicchio (?, plutôt d'un élève de Signorelli) , l'Invention de la Ste-Croix. Cette église possède un grand nombre de reliques; entre autres, l'inscription de la Croix.
Un escalier à g. de l'abside descend à 1 ' é gli s e i n féri eu re : à g., un autel avec un bas-relief de marbre (Pietà) ; des deux côtés, des statuettes
186 11° Les collines. ROME. St-Martin-ai-Monti.
de St Pierre et de St Paul, du xne siècle. A dr., la chapelle Ste-Hélène, où les femmes n'ont le droit d'entrer que le 20 mars. La voûte est ornée de*mosaiques d'après Bald. Perruzzi, les 4 évangélistes. Au milieu, le Christ Sur l'arcade au-dessus de l'entrée: à g., Ste Hélène; à dr., St Sylvestre; audessus de l'autel, à g., St Pierre; à dr., St Paul. La statue de Ste Hélène, sur l'autel, est la reproduction de la Junon Barberini de la salle ronde du Vatican (p. 310), avec la différence qu'on lui a mis dans la main droite une croix au lieu du sceptre, et dans la main gauche les clous de la croix au lieu de la coupe.
L'ancien couvent, de l'ordre de Cîteaux, est maintenant en grande partie occupé par la troupe.
A côté de Ste-Croix , dans la direction du palais de Latran, l' Amphitheatrum Castrense (pl. II , 36) , dont il ne reste plus qu'un pan de mur à 16 arcades , engagé dans les vieilles fortifications. Cette construction , qui remonte à une époque incertaine, est tout entière en briques, même les chapiteaux corinthiens et les autres ornements. Son grand axe mesure 52 m., le petit, 40 et l'arène, 38 sur 25. On en voit l'extérieur en faisant une promenade de la porte Majeure à la porte St-Jean (20 min. de l'une à l'autre). A l'intérieur se trouve un jardin potager.
De l'autre côté de Ste-Croix se voit une abside avec des fenêtres en plein cintre et le commencement de murailles qui partaient de là. On a considéré ces débris, mais sans aucune certitude, comme ceux d'un temple deVénus et de Cupidon, d'un nymphœum d'Alexandre-Sévère, ou du Sessorium (v. p. 185).
Ste-Croix n'est qu'à 5 min. de St-Jean-de-Latran (p. 270).
Par la via Merulana (pl. II, 26, 29, 30), on arrive en 15 min. de Ste-Marie-Majeure à St-Jean-de-Latran. La lre rue transversale est la via di S.-Prassede (pour l'église du même nom, v. p. 181). Cette rue et celles qui y font suite, mènent jusqu'au Forum, en traversant un quartier assez populeux. A g., la via di S.-Vito, qui conduit à St-Eusèbe, par l'arc de Gallien (p. 182). — Plus loin, à g., dans la villa Caserta (pl. II, 25, 29), achetée en 1855 par les rédemptoristes , est située sur le bord de la rue l'église St-Alphonse-de-Lignori, d'un style néo- gothique, construite par l'anglais Wigley.
La via di S. -Pietro-in-Vincoli, qui se détache à l'O. de la via Merulana, passe d'abord devant
St-Martin-ai-Monti (pl. II. 26), près des thermes de Trajan, vieille église construite l'an 500 par Symmaque , restaurée en 847 par Sergius II, puis par Léon IY, et modernisée d'une manière brillante en 1650. Le couvent des carmélites qui se trouve à côté est maintenant occupé par la troupe. Fête patronale de l'église le 11 novembre.
C'est une basilique à trois nefs, avec entablement droit et 24 colonnes antiques. Dans le bas-côté de dr. : "- six paysages à fresque de G. Poussin, avec des scènes de l'histoire d'Elie, père de l'ordre (fort défigurés dans une restauration). Dans le bas-côté de g.: '"'six paysages plus petits, du même, et deux tableaux représentant l'intérieur de l'ancienne église de Latran et de l'ancienne basilique de St-Pierre. Le s an c-
St-Pierre-aicx-Liens.
ROME
11° Les collines. 187
tuaire est situé 11 marches plus haut; au-dessous se trouve la crypte, que l'on traverse pour entrer dans de grands caveaux antiques, probablement d'anciens thermes, dont on a fait de très-bonne heure une e'glise. Les voûtes portent encore des traces de peintures très-anciennes. C'est ici qu'on place l'église St-Sylvestre du temps de Constantin.
Non loin de St-Martin se détache à l'E. la via délie Sette- Sale, qui longe les vignes de l'Esquilin et va déboucher à S^Clement (p. 264). Près de cette rue, immédiatement à dr., dans la vigne n° 10, l'entrée des Sette-Sale (pl. II, 26), sept ou plutôt neuf salles , ou longues pièces voûtées parallèles, qui paraissent avoir servi de réservoirs pour les thermes de Titus. Les autres ruines dans la vigne en sont aussi. C'est près de là qu'on a trouvé le groupe de Laocoon (p. 307).
De St-Martin, on arrive en 5 min. à *St-Pierre-aux-Liens (S.-Pietro-in-Vincoli ; pl. II, 23; 46 m.),
église construite en 422 par Eudoxie , épouse de Yalentinien III pour y conserver les chaînes de St Pierre qu'elle avait données à Léon Ier, ce qui Ta fait appeler aussi basilique Eudoxienne. Elle a été restaurée par Pélage Ier et Adrien Ier, augmentée plus tard d'un vestibule par Baccio Pintelli , et elle est aujourd'hui entièrement modernisée. L'église est ouverte le matin jusqu'à 11 h., le soir, après 3 h. ; si elle est fermée, sonner à la porte de g., n°4 (50 a).
L'intérieur est à trois nefs avec 20 colonnes doriques antiques. A g. de l'entrée principale se trouve le tombeau de Pierre et Antoine Pollajuolo (m. 1498), artistes florentins ; la fresque dont il est surmonte', la Peste de 680, est attribuée au second des deux frères. Dans le coin de g. du bas-côté, celui du savant cardinal Nicolas de Cusa (de Cues sur la Moselle, m. 1465); au-dessus, un bas-relief : St Pierre avec les chaînes et les clefs; à g., le donateur Nie. de Cusa; à dr., un ange. Sur le 2e autel à g., une mosaïque du vne s., St Sébastien (avec de la barbe). — Au bout du bas-côté de dr., le tombeau de Jules II, par Michel-Ange, avec le célèbre Moïse , une de ses œuvres les plus remarquables. C'est par suite d'une fausse traduction des versets 34 et 35 de l'Exode, que l'art chrétien a représenté le législateur des Juifs avec des cornes. Ce tombeau était primitivement destiné à l'église St-Pierre et devait devenir un ouvrage de dimensions imposantes, avec plus de 30 statues. Toutes sortes de contre-temps ne permirent d'exécuter que ce qu'on en voit ici et deux statues qui sont au Louvre. Michel-Ange n'a fait que le Moïse et les statues de Rachel et de Léa (comme symboles de la vie contemj)lative, à g., et de la vie active, à dr.), et encore ces deux dernières ne sont-elles pas entièrement de sa main. Il a également ordonné l'arrangement de l'ensemble. La figure disgracieuse du pape, qui d'ailleurs n'est pas enterré ici, est de Maso del Bosco-, le Prophète et la Sibylle, à côté, de Raphaël da Montelupo. — A côté du chœur, à dr., un tableau d'autel par le Guerchin, Ste Marguerite. — Dans le chœur même, comme trône pontifical, un siège de bain antique, en marbre.
Près du Moïse se trouve l'entrée de la sa cristie. Une armoire, avec des portes de bronze des Pollajaoli (1477), renferme les chaînes de St Pierre, qu'on montre au peuple le 1er août.
Le couvent voisin (chanoines réguliers) est maintenant le siège de la faculté des sciences physiques et mathématiques et de l'école d'application. La belle cour, plantée d'orangers, a été construite par Giuliano da Sangallo et décorée d'une fontaine
188 111° Près du Tibre, r. g. ROME.
Via di Ripetta.
d'Ant. da Sangallo. L'entrée est à dr. de l'église, n° 5. — Dans un jardin en face de l'église se voit un beau palmier.
Si l'on prend à g. en sortant de l'église, et encore une fois à g. à une bifurcation, on arrive en 5 min. aux thermes de Titus (p. 237). Tout droit, on descend à la basilique de Constantin (p. 232), et c'est de là qu'on visite ordinairement ces ruines. — A dr. de St-Pierre-aux-Liens s'élève l'église S.-Francesco-di- Paola, avec un couvent, aujourd'hui un Istituto tecnico.
III0 Près du Tibre, rive gauche.
La partie de Rome qui s'étend à l'O. du Corso jusqu'au Tibre, inhabitée dans les anciens temps (Campus Martius), se couvrit plus tard de constructions magnifiques , surtout sous Auguste. C'est aujourd'hui le quartier le plus populeux de la ville , et son caractère rappelle essentiellement le moyen âge: une foule de rues et de ruelles étroites et malpropres, mais des plus animées, et de distance en distance quelque artère plus large. Il est parfois difficile de s'orienter au milieu de ce dédale, d'une physionomie rien moins qu'engageante. Toutefois, on y trouve une foule d'églises et de palais intéressants , et, pour l'étude du peuple ainsi que des restes du moyen âge et des siècles suivants, on ne saurait trop recommander des promenades répétées dans ce quartier. Il est question maintenant d'y percer de nouvelles rues pour lui donner plus d'air et de lumière; mais il n'y a encore rien de fait dans ce sens. Nous commençons notre description au nord.
Partis de la place du Peuple (p. 142), nous suivons la via di Ripetta (pl. I, 15, 14), qui conduit, par sa continuation, la via délia Scrofa, en 15 à 30 min. à la place St-Louis-des- Français, près da la place Navone. A 4 min. de la place du Peuple, on voit à dr. un édifice percé d'un grand nombre de fenêtres, construit par Grégoire XVI pour procurer des logements au peuple; il contient les bureaux de la direction centrale de la loterie et les ateliers de V Académie des Beaux- Arts {de St-Luc; v. p. 238). En passant par la porte cochère au milieu de l'hémicycle , on arrive à un quai désert et planté d'arbres, où abordent les barques qui remontent le fleuve. Jolie vue sur la rive opposée.
Plus loin, dans une rue latérale de gauche, la via de' Pontefici, on trouve à dr., n° 57, l'entrée du
Mausolée d'Auguste (pl. I, 17), que cet empereur fit construire pour lui et sa famille, et où la plupart de ses successeurs furent enterrés jusqu'à Nerva. Sur un soubassement imposant, qui renfermait les caveaux funéraires, s'élevait en terrasse un tertre ombragé de cyprès et décoré au sommet de la statue de l'empereur. Le tout était entouré d'un parc. Au moyen âge, ce mausolée servit de forteresse aux Colonna; aujourd'hui, il y a un petit théâtre de jour, qui sert aussi de cirque (Anfiteatro Corea). Quelques-uns des caveaux funéraires sont encore conservés (50 c. de pourb.).
Pins loin, dans la via di Ripetta, on arrive, à g., à l'église St-Roch-et-St- Martin (pl. I, 14). La façade , qui a 4 colonnes
Palais Borghèse.
ROME. IIP Près du Tibre, r. g. 189
corinthiennes, est de 1834; l'édifice même, de 1657, fut bâti par de Rossi. Puis on atteint, à dr., le port de la Ripetta, établi en 1707 par Clément XI. Sur deux colonnes du mur à arcades se trouve marqué le niveau de plusieurs débordements du fleuve. Le passage du Tibre en bac coûte 1 soldo. En été, il y a un établissement de bains sur l'autre bord. A g., la petite église S-Qirolamo-degli-Schiavoni (pl. I, 14).
Plus loin, la rue prend le nom de via délia Scrofa, qu'elle garde jusqu'à la place St-Louis-des-Français (y. le plan, 1, 3 ; II, 3).
La via délia Scrofa est coupée, à 9 min. de la place du Peuple, par une grande rue latérale qui part du Corso , vis-à-vis de la via Condotti , et qui conduit sous différents noms au pont St-Ange. C'est le cbemin le plus court du quartier des étrangers (place d'Espagne) au Vatican. L'église de la-Trinité-du-Mont, (p. 145), à l'E. , est visible presque tout le long du chemin. Depuis le Corso jusqu'à la place Borghèse (pl. I, 16; 4 min.), la rue s'appelle via délia Fontanella di Borghèse (p. 149), elle porte ensuite le nom de via del Clementino jusqu'à la via délia Scrofa. On y remarque , à g., les dépendances du palais de Florence, ancienne résidence de l'ambassadeur de Toscane et maintenant Ministère de la justice. — A la place Borghèse s'élève le fameux
*Palais Borghèse (pl. I, 16). Il fut commencé en 1590 pour le cardinal Deza , par l'architecte Martin Longhi l'Aîné; le pape Paul Y, qui le fit achever par Flaminio Ponzio. le céda à la famille Borghèse. La façade principale, correspondant à la disposition de la cour, est du côté de la rue et porte l'inscription : Bonitatem et disciplinant et scientiam docem(us). Une façade latérale, également remarquable, donne sur la place Borghèse. La *cour est entourée , au rez-de-chaussée et au premier étage, d'arcades supportées par des colonnes de granit accouplées. Sous ces arcades, on remarque trois statues antiques colossales: une Muse, un Apollon Musagète, une statue-portrait, et, à l'extrémité de la galerie de dr., un fragment d'une statue d'Amazone. Au milieu de celle de g. est l'entrée de la **galerie de tableaux, visible les lundi, mercredi et vendredi, de 9 à 3 h. (50 c), mais fermée en juillet et en août. Il y a des catalogues. On remarquera la belle décoration des salles.
La galerie Borghèse est une des premières de Rome avec celle du Vatican. Elle comprend un plus grand espace de temps et compte plus de chefs-d'œuvre que les autres galeries particulières de cette ville. Le xve siècle y est naturellement moins bien représente', parce que sa valeur artistique n'était pas encore généralement reconnue à l'époque où fut formée la galerie. Cependant il y a du moins des œuvres excellentes de la fin de ce siècle , telles que la Vierge de Lorenzo di Credi (1 , 2) et une Ste-Famille (I, 54) dont l'auteur n'est pas encore connu d'une manière certaine. — L'é cole milanaise de Léonard de Vinci est
190 111° Près du Tibre, r. g. ROME.
Palais Borghèse.
représentée par de nombreux tableaux (D'e salle) , mais la plupart sont d'une authenticité contestable. Les meilleurs sont le petit Christ bénissant de Marc oV Oggiono (I, 33), et le Christ portant sa croix , de Solario (III, 1). — Parmi les artistes de la vieille école du nord de l'Italie, le plus remarqué est Francia, grâce à son St Etienne vêtu d'une dalmatique rouge.
Des œuvres de Raphaël, il n'y a que la Mise au tombeau (II, 38), qui soit authentique. Ce tableau n'est pas bien conservé , et peut-être même n'est-il pas tout entier de la main de Raphaël. L'impression qu'il produit n'est pas celle à laquelle on s'attend, la composition paraît étudiée et le coloris froid. Les gradins qui l'accompagnaient, sont à la galerie du Vatican (p. 302). La Fornarina, la Madone de la Casa d'Alba, le Pape Jules II, la Madonna col divino amore (II, 65, 39, 18, 24) sont des copies ; le Cardinal (II, 21) est d'un artiste florentin plus moderne, qui préparait autrement que Raphaël son rouge pour les draperies. Le portrait dit de César Borgia (II, 26) n'est pas davantage du grand maître; César Borgia mourut en 1507 et le costume annonce le milieu du xvie s. On l'attribue non sans fondement à Angelo Bronzino. Dans la ixe salle se trouvent plusieurs fresques provenant de la villa de Raphaël et attribuées à luimême; mais ni la composition ni l'exécution ne rappellent son genre.
L'école de Ferrare du xvie siècle est bien représentée; on peut juger du splendide coloris de Mazzolino par son Adoration des mages (II, 59) ; Dosso Dossi nous introduit dans un monde fantastique avec sa Circé (III, 11), comme l'Arioste avee son Roland; enfin le Garofalo, le Raphaël de Ferrare , se présente aussi à nous dans plusieurs œuvres excellentes (Descente de croix, II, 9).
Les coloristes du xvie sièele exercent une grande attraction. La galerie possède du Sodoma une Pietà (1,7) et une Ste-Famile (II, 44) dans lesquelles la Vierge se distingue par sa beauté. Elle a encore acquis de nos jours (1824) une œuvre capitale du Corrige, la Danaé avec les Amours aiguisant leurs flèches. Danaé elle-même est d'une beauté plutôt maniérée que parfaite, mais les Amours sont charmants et les clairs-obscurs du tableau sont de main du maître.
Une salle entière est consacrée aux Vénitiens. L'Amour sacré et l'Amour profane du Titien sont de ces créations qu'on n'oublie jamais quand on les a vues une fois. Ce tableau apparaît comme un songe poétique, et quand l'œil s'y est rassasié des charmes du coloris, l'imagination en est encore tout occupée. L'Equipement de l'Amour (X, 2) est aussi du nombre des principales compositions mythologiques de ce peintre. Bonifazio est encore un exemple du magnifique coloris de l'école vénitienne (XI, 16, etc.). Le Giorgion , au contraire, ne saurait être jugé par le tableau que la galerie possède de lui (X, 13).
Comme dans toutes les autres galeries romaines , les peintres de la seconde renaissance, les partisans des Carrache et les Réalistes jouent ici un grand rôle. La Diane du Dominiquin (V, 15) est un tableau qui présente beaucoup de têtes de nymphes remarquables par leur fraîcheur, et qui a pour fond un bon paysage. Les Saisons du VAlbane sont de magnifiques peintures décoratives. Les figures en buste du Guerchiii dépassent comme valeur la moyenne de ses productions. La Vierge du Caravage (V, 26) est d'un réalisme repoussant.
Quant aux œuvres des écoles flamande, hollandaise et allemande de la xne salle, elles sont sans importance.
Ire salle. ^Décoration en grisaille et or, par Carlo Villani. — *1, Sandro Botticelli, la Vierge; *2, Lorenzo di Credi, la Vierge; 7, le Sodoma, Pietà, malheureusement noircie; 8, Luini, la Vanité, copie; *17, Solario (?), Ecce homo ; 26, même école, la Vierge; 27, 28, Laure et Pétrarque, portraits; 30, le Pérugin (?), Ecce homo ; 32, Luini, Ste Agathe, copie; *33, Marc ef Oggiono, le Christ adolescent; 34, le Pérugin, la Vierge, copie; *35, Ridolfo Ghirlandajo ou Tim. délia Vite, portrait d'enfant donné à tort comme celui de Raphaël; 43, François Francia (?), la Vierge; 45, diaprés Raphaël, Ste Catherine; 48, le Pérugin, St Sébastien; 49, 57, le Pinturicchio, Histoire de Joseph, panneaux d'armoire tels qu'on aimait à en peindre à
Palais Borghèse.
ROME. 111° Près du Tibre, r.g. 191
Florence pour les bahuts de noces, etc.; -54, Lorenzo di Credi (?), Ste- Famille, une œuvre capitale; ::56, Léonard de Vinci, Léda et le cygne, excellente copie de ce célèbre tableau; 61, Fr. Francia, St Antoine; *65, école de L. de Vinci, la Vierge; 67, Ortolano , Adoration de l'enfant Jésus; "69, Pollajuolo, Ste-Famille.
IIe salle: 4, le Pérugin , portrait de femme, copie; 6, le Garofalo, la Vierge avec St Joseph et St Michel; 7, Fr. Francia , la Vierge et deux saints; *9, le Garofalo , le Christ mort pleuré par les siens; "18, Raphaël, portrait de Jules II, excellente copie; •21, Raphaël (?), portrait d'un cardinal; "24, Raphaël, la Vierge avec St Jean-Baptiste enfant, St Joseph et Ste Elisabeth, appelée la "Madonna col divino amore", copie, l'original est àNaples; •"'26, Raphaël (?) , portrait de César Borgia (?) ; 30, ineonnu, portrait de femme; 35, André del Sarto (?), la Vierge; *38, Raphaël, Mise au tombeau, de 1507, le dernier tableau qu'il peignit avant d'aller à Rome, commandé par Atalante Baglioni pour sa chapelle de S. - Francesco - de'- Conventuali à Pérouse (p. 52) et acheté par Paul V ; 39, Raphaël la Vierge de la Casa d'Alba, vieille copie; 40, Fra Bartolommeo , Ste-Famille; 43, Fr. Francia, la Vierge; *44, le Sodoma , la Vierge; •51, Fr. Francia, St Etienne; 59, Mazzolino, Adoration^des mages; *65, Raphaël, portrait de la Fornarina, bonne copie, peut-être par Sassoferrato , d'après l'original du palais Barberini {.p. 169, 170); 69, Raphaël, St Jean adolescent au désert , copie.
IIIe salle: 1, André Solario , le Christ portant sa croix; *2, le Parmesan, portrait; 5, Alexandre Allori , le Christ ressuscité; Dosso Dossi , la Magicienne Circé ; 13, Solario (?) , Mater dolorosa ; 14, Sofonisbe Anguisciola , portrait de femme; 15, Scarsellino , la Vierge; 19, Angelo Bronzino, Cléopatre; 22, école de Raphaël, Ste-Famille; 24, André del Sarto , la Vierge avec des anges ; "28 , du même , la Vierge avec l'enfant Jésus et St Jean ; 35, André del Sarto (?) , Vénus et deux Amours; 37, inconnu, portrait de femme; "40, le Corrège , Danaé , un des meilleurs tableaux de ce maître ; 42 , Bronzino (?) , portrait de Cosme de Médicis ;46, le Corrège, Ste Madeleine, copie, l'original est à Dresde; 47, Pomaraacio , Ste-Famille; *48, Sébastien del Piombo , Flagellation du Christ (la même composition, peinte à fresque, se trouve à St-Pierre-in-Montorio, p. 322) ; 49 André del Sarto, Ste-Madeleine.
IVe salle. 1, Annibal Carrache, Mise au tombeau; *2, le Dominiquin, la Sibylle de Cumes; 4, L. Carrache, tête d'étude; 10, le cav. d^Arpin, Enlèvement d'Europe; 14, école des Carrache, Mise au tombeau; *15, Guido Cagnacci, Sibylle; 18, Cigoli, St François; 20, le Guide, St Joseph; 29, Ann. Carrache, St Dominique; 33, Luca Giordano , Martyre de St Ignace; 36, Carlo Dolce, la Vierge; 37, du même, Mater dolorosa; 38, 41, Furino, Annonciation; 39, Ribera , Neptune; 40, du même, St Jérôme; 42, Carlo Dolce, tête du Christ; 43, Sassoferrato , la Vierge.
Ve salle: *11, 12, 13, 14, VAlbane , les quatre Saisons, paysages avec des scènes mythologiques; *15, le Dominiquin , -la Chasse de Diane; 21, Francesco Mola , Délivrance de St Pierre; 22, inconnu, Psyché portée par des Amours, copie d'un tableau de la Farnésine; 25, Fed. Zuccari, le Christ mort, pleuré par des anges ; 26, le Caravage , la Vierge avec des anges et l'enfant Jésus; 27, Varotari, le Padouan, Vénus; 28, le cavalier d'Arpin, Bataille; 29, école du Poussin, paysage.
VIe salle: 1, le Guerchin, Mater dolorosa; 2, du même, une Femme, buste; "::'3, André Sacchi , portrait d'Horace Giustiniani; 5, le Guerchin, Retour de l'enfant prodigue; 7, Pierre de Cortone , portrait de Joseph Ghislieri; 10, Ribera, St-Stanislas avec le Christ dans ses bras; 12, Valentia, Joseph en prison expliquant les songes; "13, le Titien, les Trois âges, copie par Sassoferrato, l'original est à Londres ; 16, 17, Francesco Grimaldi, paysages; 18. Sassoferrato, la Vierge; 22, Baroccio , Enée s'enfuyant de Troie; 24, 25, paysages dans le genre de Poussin.
VIIe salle. La partie inférieure des murs est en grande partie couverte de miroirs sur lesquels sont peints à l'huile des Amours , par Ciroferri, et des guirlandes de fleurs, par Mario de"1 Fiori. De petites niches dans le haut renferment 16 bustes antiques, en partie fortement
192 IIP Près du Tibre, r. g. ROME. Du Palais Borghèse
restaurés. Au milieu, une table couverte d'une mosaïque, composée de pierres très-rares.
VIIIe salle: une foule de petits objets d'art et de curiosités. Mur de l'entrée: 96, Brill (?), Orphée et les animaux, dans un paysage; *90, école de L. de Vinci, tête d'étude, dessin à la mine d'argent; 86, Marcello Provenzali , Mater dolorosa. Murs de la fenêtre et de la sortie , 12 petits bronzes antiques ; 38, Franç. Viola , paysage. Mur en face de la fenêtre, 91, Vanni, les Trois Grâces; 4, Giulio Clodi, tête de Vierge; *:;'88, Vue de la villa Borghèse au xviie siècle. En face de la porte de sortie, on a, au-dessus d'un jet d'eau, une vue qui s'étend jusqu'au bord du Tibre. A g. se trouve un couloir décoré de paysages et conduisant à la
IXe salle. On y trouve plusieurs fresques apportées ici des différents édifices qu'elles décoraient dans l'origine. Les plus importantes sont ""trois peintures sous verre, de l'ancienne villa dite de Raphaël, qui s'élevait sur les propriétés de la villa Borghèse actuelle, et fut démolie en 1849 (p. 162). 1, Mariage d'Alexandre et de Roxane, d'après un dessin encore existant, qui se trouve à l'Albertina de Vienne et qui porte le nom de Raphaël, mais qui présente la plus grande analogie avec la composition du Sodoma à la Farnésine. 2, Mariage de Vertumne et de Pomone; 3, les Dieux tirant à la cible, le Bersaglio de' Dei, d'après un dessin conservé à la Brera de Milan et signé du nom de Michel- Ange, composition énigmatique, peut-être empruntée à Lucien (Nigrinus, 36). Ces trois peintures ont probablement été exécutées par des élèves de Raphaël. — Un certain nombre des autres peintures proviennent de la villa Lante. — On monte de cette salle à un balcon d'où l'on a une belle vue sur le Tibre et ses rives jusqu'au mont Mario. On revient de là jusqu'à la salle des miroirs, d'où l'on entre, par la porte à g. du mur d'en face , dans la
Xe salle. En face de l'entrée: *1, Moroni, portrait; *2 , le Titien, Equipement de l'Amour (faussement appelé ules Grâces"); 4, école du Titien ou du Giorgion , Judith sous les traits de la femme du Titien (?) ; 6, école de Ferrare, l'Amour et Psyché; *9, Pordenone on plutôt Lor. Lotto, portrait d'homme; ::13, le Giorgion (peut-être plutôt de l'école de Ferrare), David avec la tête de Goliath; 14, Paul Véronèse, Prédication de St Jean-Baptiste; *Ï6, le Titien, St Dominique; 19, le Bassan, portrait d'homme; **2i, le Titien, l'Amour sacré et l'Amour profane, une des œuvres capitales de ce maître; 22, Leonello Spada , Concert; 34. école de Ferrare, St Cosme et St Damien; 35, école de Venise, Scène de famille, probablement la naissance de la Vierge; "36, Jean Bellini , la Vierge, un de ses premiers tableaux.
XIe salle: *1, Lor. Lotto, la Vierge avec St Onuphre et St Augustin, de 1508, le St Onuphre d'après Durer, comme on peut s'en convaincre en le comparant au tableau du palais Barberini (p. 170); 2, Paul Véronèse (?), St-Antoine voulant prêcher aux poissons; 3, le Titien, (?) , la Vierge; 9, Moroni , portrait; 11, Luc. Cambiaso, Vénus et l'Amour sur des dauphins, inachevé; 14, André Schiavone , la Cène; 15, Bonifazio , le Christ au milieu de ses disciples, avec les fils de Zébédée et leur mère; *16, du même, Retour de l'enfant prodigue; 17, le Titien, Samson; 18, Bonifazio, le Christ et la femme adultère ; 19, Palma le Vieux (?) , la Vierge avec des saints et les donateurs; 20, Paul Véronèse, Vénus et l'Amour; 24, Schidone, la Vierge; 25, le Titien, portrait du peintre, copie; '"'27, Jean Bellini ou Antonello da Messina (?) , portrait d'homme; 28, inconnu, Tête de St Jean-Baptiste; 31, Jean Bellini, la Vierge et St Pierre; *32, Palma le Vieux, Ste-Famille; 33, Bernardino Licinio, portrait de famille; 39, 46, Jean Bellini, deux portraits de femmes, le second très-endommagé.
XIIe salle: Flamands et Allemands. 1, Van Dyck (?) , le Christ en croix; *7, du même, Mise au tombeau]; :;8, D. Teniers, tableau de genre; 9, A. Brower, tableau de genre; 15, école brabançonne, la Visitation; 19, Durer (?), portrait, dit de Louis VI de Bavière; 20, Holbein, portrait; 21, Wouvermans (?), paysage avec des figures; 22, Potter (?), Animaux; 23, Backhuyzen , Marine; 26, Berghem (?), Marche sur la glace, camaïeu;
au Pont St-Ange.
ROME. IIP Près du Tibre, r. g. 193
24. Holbein (?) , portrait de femme; 27. Van Dyck (?), portrait de femme; *35 le Perugin et non Holbein, portrait de l'artiste; 37, Durer, portrait de Pirkheimer (?); 41 Gherardo délie Notti, Loth et ses filles; 44, Lucas Cranach, Venus et l'Amour. — Dans un petit cabinet, que le gardien ouvre seulement sur la demande des visiteurs, un certain nombre de toiles, peu remarquables, de peintres italiens des xive et xve siècles.
Nous retournons de la place Borghèse à la via délia Scrofa, nous traversons celle-ci et nous suivons plus loin la partie 0. de la rue latérale mentionnée p. 189, qui se dirige vers le pont St-Ange (10 min.). Cette rue n'est séparée du fleuve que par une seule rangée de maisons; elle change plusieurs fois de nom. On passe d'abord par laplaceNicosia, au coin de laquelle, à g., s'élève le nouveau palais Galizin (pl. I, 13, 73), en partie construit d'après le modèle du palais Giraud, près de St-Pierre (p. 279). Plus loin, dans la via délia Tinta, la petite église de S.-Lucia (pl. 11), déjà mentionnée au ixe s. La via di Monte-Brianzo ne renferme pas d'édifices dignes d'attention. Mais dans les ruelles qui s'en détachent se trouvent différents palais de la Renaissance intéressants: Valbergo delV Orso, dans la rue du même nom; le palais Sacripante (pl. I, 13, 5), construit par B. Ammanati, et en face (pl. 6)1 le palais Aitemps (p. 194); la maison n° 7 de la via Maschera d'Oro a une frise peinte par Polidore Caravage et dont le sujet est tiré de l'histoire de Niobé; elle est fort endommagée. — A quelques pas de là s'élève le palais Lancelotti (pl. I, 13, 7), construit sous Sixte-Quint par François de Volterre, et plus tard par C. Maderna; la porte en a été dessinée par le Dominiquin; la cour renferme des bas-reliefs et des statues antiques (pour le Discobole v. p. 202).
La via di Tordinone ou Tor-di-Nona est ainsi nommée d'une prison qui s'y trouvait autrefois. Le vicolo de' Marchegiani, qui se détache à g., mène à l'église S.-Salvatore-in-Lauro, à côté de laquelle est un cloître de l'ancien couvent. Erigée en 1450 par Ursini , cette église a été entièrement reconstruite en 1862 par Pie IX. Au bout de la via di Tordinone, à dr. , le théâtre d'Apollon (p. 111), restauré en 1830 par Valadier.
La rue débouche sur la place duPont-St-Ange, où aboutissent encore trois autres rues ; la première, la via in Panico, qui conduit, avec ses prolongements, à la place Navone (p. 199); au milieu, la via del Banco-di-S.-Spirito , menant à la place Farnèse (p. 205) ; plus loin , la via Paola, aboutissant au pont Leonino et à la via Giulia, qui longe le Tibre (p. 208). C'est sur la place du Pont-St-Ange qu'avaient lieu autrefois les exécutions capitales. Pont-St-Ange, St-Pierre et le Vatican, v. p. 277 et suiv.
En suivant, au delà du carrefour mentionné ci-dessus, la via délia Scrofa (p. 189), on arrive, par la 4e rue latérale à dr., à la place St-Augustin. — Au coin à g., via délia Scrofa, 70, s'élève le palais du
Baedeker. Italie, II. 5e édition. 13
194 III0 Près du Tibre, r.g. ROME.
St-Augustin.
vicaire général, où l'on obtient, de 11 h. du matin à midi, les permissions pour la visite des catacombes.
*St-Augustin {S.-Agostino, pl. I, 13), église construite en 1483 par Baccio Pintelli , aux frais du cardinal d'Estouteville , protecteur de l'ordre de St-Augustin, sur l'emplacement d'un ancien oratoire, fut la première église à coupole bâtie à Rome. Sa façade, avec son grand perron, a, dit-on, été construite avec des pierres du Colisée. L'intérieur, en forme de croix latine, est divisé en 3 nefs; il a été restauré en 1750 et en 1860, et orné de fresques par Gagliardi.
Au mur del' entrée, on remarque une -Vierge avec l'enfant Jésus, statue en marbre entourée d'un grand nombre d'ex-voto ; elle est de Jacopo Tatti, surnommé Jac. Sansovino, d'après son maître André Sansovino. Bans la première chapelle à dr. , une Ste Catherine de Venusti; dans la deuxième, une imitation de Nucci, d'après la Vierge à la rose de Raphaël, qui a disparu; dans la quatrième, un " groupe de Cotignola, le Christ remettant les clefs à St Pierre. A côté de la cinquième chapelle, le tombeau (2e à g.) du savant Onofrio Panvinio (m. 1568), avec son buste. — A côté de la porte de la sacristie, le tombeau du savant cardinal Noris. — Dans le transept de dr., la chapelle St Augustin avec un tableau du Guerchin-. St Augustin entre St Jean-Baptiste et St Paul l'Ermite.
Maître autel décoré par le Bernin. L'image de la Vierge passe pour être une œuvre de l'apôtre St Luc , apportée de l'église Ste-Sophie de Constantinople. Dans la lre chap. à g. de l'autel se trouvent les reliques de St Augustin. Le tableau d'autel est de Gottardi.
Dans le bas- côté de g., 2e chap., un -groupe en marbre, Ste Anne, la Vierge et le Christ, par André Sansovino, 1512. 4e chap. Muziano, Ste Apolline. Dans la nef principale, sur le 3e pilier à g., * Raphaël, le Prophète Isaïe tenant un rouleau avec les mots uIs. XXVI, 2", peint en 1512, malheureusement repeint plus tard par Daniel de Volterre et actuellement en très-mauvais état. On a voulu y découvrir l'influence des peintures de Michel-Ange à la chap. Sixtine.
Le couvent voisin est maintenant occupé par le ministère de la marine. Il renferme en outre la bibliotheca Angeîica, fondée en 1605 (entrée, à dr. de l'église), qui se compose de 150,000 volumes et de 2,945 manuscrits, et a deux catalogues complets. On y est amis tous les jours dans la semaine, de 8 h. à 2 b., excepté le jeudi (fermée en oct.).
De la place St-Augustin, on passe tout droit sous une arcade, et l'on arrive à la place St- Apollinaire , plus loin à la place Tor-Sanguigna, puis, par l'étroite via de' Coronari, dans la via in Panico et au pont St-Ange (8 min.). C'est là le plus court chemin de la place Colonna (p. 150) au Vatican.
Sur la place St-Apollinaire (pl. I, 13) s'élèvent le séminaire romain, établissement analogue aux lycées de France, et St-Apollinaire, vieille église reconstruite en 1552 et 1750, et qui doit sa forme actuelle à Fuga. Le vestibule intérieur renferme, au-dessus d'un autel à g., une Madone duPérugin (?). — Visà-vis de l'église, le palais Altemps, du xvie s., achevé par Lunghi l'aîné et ayant une belle double cour à arcades, dont les colonnades latérales sont murées. On y voit quelques statues et hermès antiques.
St-Louis-des- Français. ROME. III0 Près du Tibre, r. g. 195
De la place St- Apollinaire on se rend, au S., à la place Navone (p. 199) par la via Agonale; de la place Tor-Sanguigna, à g., à Ste-Marie-dell'-Anima (p. 200) et Ste-Marie-de-la-Paix (p. 201).
En allant an Vatican, on arrive en 3 min., à dr., au palais Lancelotti (p. 193), près duquel se trouve une entrée latérale de S.-Salvatore-in-Lauro (p. 193).
La via délia Scrofa débouche sur la place S t -Louisdes-Français, qui est petite, mais très-animée. On y remarque à dr. *St-Louis-des-Français (S.-Luigi-de'-Francesi ; pl. II, 13), l'église nationale des Français, qui fut bâtie sur l'emplacement de plusieurs autres et consacrée en 1589. La façade est de Giacomo délia Porta. C'est une des meilleurs églises de cette époque, d'un style harmonieux et non surchargé, à l'intérieur comme à l'extérieur. Les tableaux sont pour la plupart mal éclairés.
Bas- côté de dr., lre chap., J.-B. Naldini, tableau d'autel, St Jean l'Evangéliste. Au pilier en face , le monument des Français tués au siège de Rome en 1849. 2e chap., -le Dominiquin, fresques tirées de l'histoire de Ste Cécile, un des chefs-d'œuvre de ce maître, représentant la sainte: à dr., distribuant des vêtements aux pauvres; au-dessus, avec son fiancé et couronnée par des anges; à g., souffrant le martyre et recevant la bénédiction du pape; au-dessus, refusant de sacrifier aux faux dieux; au plafond, arrivant au ciel; — à l'autel, la S*e Cécile de Raphaël (l'original est à Bologne), copie par le Guide. 4e chap., de St-Remi, Giacomo del Conte, tableau d'autel, Serment de Clovis; fresques à dr., les troupes de Clovis en marche, de Girolamo JSicciolante (da Sermoneta) ; celles de g., le Baptême de Clovis , de Pellegrino da Bologna. 5e chap., del Crocefisso , tombeau du peintre Guérin (m. 1833) ; à dr., celui de l'archéologue Agincourt (m. 1814).
Tableau du maître autel, 1'"' Assomption , par Franc. Bassano. Bascôté de g., lre chap., au-dessus de l'autel, Massei, St Sébastien; à dr. et à g., des fresques modernes; 1er pilier à dr., monument de Claude Lorrain, érigé en 1836. 3e chap., de St Louis, tableau d'autel de Plautilla Bricci, qui passe aussi pour avoir ordonné l'architecture de cette chapelle; le tableau à g. est de Gimignani. 5e chap., de St-Mathieu, tableau d'autel et tableaux latéraux par le Caravage: à g., la Vocation; à dr., la Mort de St Mathieu.
Vis-à-vis de l'église s'élève le palais Patrizi (pl. II, 13), où l'on peut se procurer des permissions pour la villa Patrizi (p. 175). A côté de l'église, à l'extrémité de la place, le palais Madame, dont la façade principale donne sur la place Madame (p. 199).
En face, le palais Giustiniani (pl. II, 13), construit par Jean Fontana. Il renfermait autrefois d'importantes galeries; mais il ne possède plus que quelques statues et des bas-reliefs dans la cour et dans les couloirs du rez-de-chaussée.
Plus loin, la place St-Eustache, où l'on voit, en face, le palais Maccarini, dessiné par Jules Romain, et à droite la façade postérieure de
La Sapience ou Università délia Sapienza (pl. II, 13, 25), fondée en 1303 par Boniface VIII, bien vite déchue, mais reconstituée par Eugène IV (entrée, via délia Sapienza, 71). Elle "brilla de son plus vif éclat sous Léon X et par les soins de ce pontife. Telle qu'elle avait été organisée par Léon XII et
196 III0 Près du Tibre, r. g. ROME.
Panthéon.
Grégoire XVI, la Sapience comprenait cinq facultés: théologie, "philosophie, droit, médecine et philologie. Aujourd'hui, elle n'en a plus que quatre: droit, médecine et chirurgie, physique et mathématiques, et philologie. Elle possède plusieurs collections scientifiques et une bibliothèque (biblinteca Alessandrina) de 90,000 volumes, qui est accessible tous les jours. Le plan de l'édifice actuel a été dessiné par Giacomo délia Porta. L'église (St-Ivon), construite par Borromini en forme d'abeille, en l'honneur d'Urbain VIII, qui avait cet insecte dans ses armoiries, a une tour en spirale du style baroque.
Les rues sur la gauche conduisent à la place de la Rotonde (pl. II, 16). La grande fontaine, construite par Lunghi sous Grégoire XIII, a été couronnée, par ordre de Clément XI, de la partie supérieure d'un obélisque brisé. Cette place est ordinairement très -animée, surtout les dimanches et jours de fête, et on y a l'occasion d'étudier le caractère particulier de la population des campagnes.
Au S. de cette place aussi se trouve l'église S.-Mavia-Rotonda, la Rotonde ou
Le **Panthéon, le seul édifice antique de Rome qui soit entièrement conservé, c'est-à-dire le seul dont les murs et les voûtes existent intactes, tandis que les statues et les ornements d'architecture en ont été depuis longtemps enlevés ou défigurés par des changements modernes. Malgré cela, cette imposante rotonde, avec sa puissante colonnade, offre un aspect des plus merveilleux. Ses murs, supérieurement construits en briques (6 m. 70 d'épaisseur), étaient primitivement revêtus de marbre et de stuc. Le sol a été tellement exhaussé alentour, que le pavé de ce temple, où l'on montait autrefois par cinq degrés, est aujourd'hui situé plus bas que la place. Des fouilles entreprises ici il y a peu de temps ont dû être interrompues, parce qu'elles gênaient trop la circulation; on y a toutefois découvert les deux beaux bas-reliefs de marbre qui se trouvent dans le vestibule. La façade, de 33 m. 50 de large, sur 13 de profondeur, se compose d'un portique de 16 colonnes corinthiennes de granit, de 12 m. 50 d'élévation et dont le fût a 4 m. 50 de circonférence. Le fronton était orné jadis de bas-reliefs , et le toit de statues. Il y a huit colonnes de front et les autres forment trois nefs originairement voûtées, dont les deux des extrémités se terminent par des niches, qui contenaient autrefois les statues colossales d'Auguste et de M. Agrippa, son gendre, par lequel l'édifice fut construit l'an 27 av. J.-C, comme le dit l'inscription (M. Agrippa L. F. Cos. tertium fecit). — Au milieu se trouve l'entrée, aujourd'hui encore fermée par des portes antiques garnies de bronze , et terminées en haut par des grilles, pour en alléger le poids.
L'intérieur, uniquement éclairé par l'ouverture au centre de la coupole, produit un si bel effet, qu'on croyait dès l'an-
Panthéon.
HOME. III0 Près du Tibre, r. g. 197
tiquité que le temple tirait son nom de „Pantheumu, qu'on lui donnait déjà en l'an 59 de notre ère, de sa ressemblance avec la voûte céleste. La hauteur et le diamètre de la coupole mesurent l'un et l'autre 43 m. 40. L'œil au centre de la voûte* a 9 m. de diamètre. Sept niches sont ménagées dans le mur de la rotonde; elles étaient occupées par des statues de dieux, parmi lesquels on connaît Mars, Yénus et César. Des colonnes cannelées en jaune antique ou en pavonazzetto , accouplées deux à deux et dont le fût a 8 m. 90 de hauteur, supportent l'architrave. Dans le principe, il y avait au-dessus de cette dernière, correspondant aux niches, des arcades reposant sur des caryatides, qui ont toutefois disparu, il semble, lors d'une première restauration. La voûte, en blocage, est divisée en caissons qui étaient ornés de plaques d'or. Le toit était couvert en tuiles de bronze doré, que l'empereur Constance II emporta à Constantinople en 655 ; il est couvert en plomb depuis Grégoire III. L'édifice a subi de fréquentes réparations : Domitien, Trajan, Septime-Sévère et Caracalla l'ont restauré. L'inscription du portique en fait foi pour les deux derniers.
En 609, le pape Boniface IV consacra le Panthéon au culte chrétien sous le nom de Sainte- Marie- aux- Martyr s (v. p. 331), et fonda en mémoire de cette consécration la fête de la Toussaint, qui fut d'abord célébrée le 13 mai et plus tard le 1er novembre. Un palais, un Chapitre, un titre de cardinal furent plus tard ajoutés à l'église de S.- Maria-Rotonda. aujourd'hui appelée simplement la Rotonda. Sous Urbain VIII (Barberini), le cavalier Bernin construisit les deux clochers , qu'on appelle les ,, oreilles d'âne du Bernin.'* Le même pape retira les tuyaux de bronze qui supportaient la toiture du portique , et en fit faire les colonnes du grand baldaquin de St-Pierre et des canons pour le château St-Ange, de sorte que Pasquin se plaignit en disant: "quod non fecerunt barbari, fecerunt Barberini"! Pie IX a fait bien restaurer cet édifice.
Dans la chap. à g. du maître autel se trouve un monument fort simple du cardinal Consalvi (v. p. 154), par Thorvaldsen.
A côté du 3e autel de g., est le tombeau de Raphaël (né le 6 avril 1438, mort le 6 avril 1520). L'inscription sur le mur, avec son élégante épigramme, est du cardinal Bembo :
Ille hic est Raphaël, timuit quo sospiie vinci Rerum magna parens, et moriente mori.
(Questi è quel Rafaël, cui vivo vinta — Esser temea Natura, e morto estinta.) Une très-longue inscription à gauche nous apprend que les restes du grand peintre furent placés en 1833 dans un nouveau cercueil. La statue de la Vierge sur l'autel , par Lorenzetto , a été faite en vertu d'une disposition testamentaire de Raphaël.
Outre Raphaël, beaucoup d'autres artistes célèbres sont encore enterrés au Panthéon : Annibal Carrache , Thadée Zucchero , Balthazar Peruzzi, Périn del Vaga, Jean d'Udine.
Nous recommandons vivement aux touristes la visite de cet édifice pendant une nuit de pleine lune; on s'adressera de bonne heure au sa-
198 111° Pris du Tibre, r. g. ROME. Ste- Marie- de-la- Minerve.
cristain, et Ton sera introduit le soir par la sacristie, via délia Palombella, 10. Pour monter à la coupole, il faut une autorisation spéciale.
Derrière le Panthéon étaient situés les thermes d' Agrippa, dont il reste encore des ruines. Cette circonstance a donné lieu à la supposition singulière, aujourd'hui rejetée, que le m ot nument dépendait d'abord de ces thermes et qu'il avait été converti plus tard en temple.
La via de' Pastini, à TE., conduit du Panthéon à la place di Pietra (p. 151). On peut aussi tourner tout de suite à g. (au N.)j et aller au mont Citorio (p. 150) par la piazza Capranica, où est le petit théâtre de ce nom. ou bien aller enfin, également à l'E., par la via del Seminario, à St-Ignace (p. 151).
Nous nous dirigeons au S.-E. du Panthéon, par la via délia Minerva, vers la place de la Minerve (pl. II, 16), où se trouvent, k g. l'église, en face l'hôtel de la Minerve. Au milieu de la place est un éléphant de marbre , sur le dos duquel le Bernin plaça en 1667 un des deux petits obélisques qui s'élevaient ici, dit-on, devant un temple d'Isis. L'autre est sur la place de la Rotonde (p. 196).
*Ste-Marie-de-la-Minerve {S- Maria-sopra- Minerva ; pl. II, 15), construite sur les ruines du temple de Minerve érigé par Domitien, est la seule église gothique de Rome, commencée probablement vers 1285 par l'architecte de S. -Maria -Novella de Florence, et restaurée et repeinte de 1848 à 1855. Elle est divisée en trois nefs et renferme des œuvres d'art de premier ordre.
Au mur del' entrée, à dr., le tombeau du chevalier Diotisalvi de Florence (m. 1482). — A g., dans le b a s - c ô t é de g., le tombeau de Franc. Tornabuoni, par Mino da Fiesole ; au-dessus, celui du cardinal G-iacomo Tebaldi (m. 1466). Dans la 3echap., près de l'autel, à dr., ":;St Sébastien, par Mino da Fiesole (?); sur l'autel, un Christ, par le Pérugin. Dans la 5e chap., le monument de la princesse Lante (à dr.), par Tenerani. — Dans le bas-côté de dr., près du pilier entre la 3e et la 4e chap., une sortie généralement fermée, où il y a un sarcophage grec antique (Hercule domptant le lion). Dans la 4e chap., un ^tableau sur fond d'or faussement attribué à Fiesole, l'Annonciation: au premier plan, le cardinal Giovanni a Torrecremata, recommandant trois filles pauvres à la Vierge, en mémoire de la confrérie de PAnnunziata, fondée en 1460 pour la dotation de jeunes filles pauvres. A g. , le tombeau d'Urbain VII (m. 1590), par Ambrogio Buonvicino. Dans la 5e chap. (Aldobrandini), des peintures à'Alberti; audessus de l'autel, une Cène de Baroccio; les tombeaux des parents de Clément VIII, par Giacomo délia Porta. — Dans le transept de dr., d'abord une petite chapelle avec un crucifix en bois attribué à Giotto ; ensuite la '-'chapelle Caraffa, nouvellement restaurée, qui a été peinte par Filippino Lippi et qui a une belle balustrade; à dr., St-Thomas d'Aquin entouré de figures allégoriques (le saint défend les dogmes catholiques contre les hérétiques); sur le revers, l'Assomption; fresque de l'autel: Annonciation, avec le cardinal Caraffa comme donateur; dans la voûte, des Sibylles par Rafaellino del Garbo. A g., le tombeau de Paul IV (m. 1559), d'après le plan de Pirro Ligorio, par Giacomo et Tommaso Casignola. Sur le mur à côté, à g., le "tombeau de l'évêque Guilielmus Durantus (m. 1296), avec une Madone en mosaïque par Jean Cosmas, une'meilleures œuvres de l'école des ,,Cosmasu (p. xlvii). lre chapelle à côté du chœur, tableau par C. Maratta. La 2e est la chapelle du rosaire, dont l'autel est surmonté d'une Madone faussement attribuée à Fiesole. A dr., le tombeau du cardinal
Place Navone.
ROME. IIP Près du Tibre, r.g. 199
Capranica (vers 1470). — Dans le chœur, les deux grands monuments des deux Médicis Léon X (à g.) et Clément VII (à dr.), d'après les dessins d'Antonio da Sangallo , Léon X par Raphaël da Monte-Lupo , Clément VII par Giov. di Baccio-Bigio. Sur le sol, on remarque la pierre sépulcrale du fameux savant Pierre Bembo (m. 1547). Devant le maître autel, à g., le ** Christ avec la croix, de Michel-Ange (1527), défiguré par une draperie de bronze. L'artiste avait fait le Christ nu parce qu'il voulait le représenter après sa résurrection. Le pied a été garni d'une chaussureen bronze pour qu'il ne fût pas usé par les baisers des fidèles. A g. du chœur, un passage conduit à la rue St-Ignace; sur le mur, la pierre tumulaire de Fra Giovanni Beato Angelico da Fiesole (la lre à g.), le peintre célèbre que nous appelons Fiesole, mort dans ce couvent en 1455, avec son portrait et l'inscription: Hicjacet Venerabilis pictor Frater Joannes de Florentia, ordinis prœdicatorum, 14 i 7. — Dans le transept de g., la chapelle St-Dominique, avec 8 colonnes noires et le tombeau de Benoît XIII (m. 1730), par P. Bracci. A côté se trouve l'entrée de la sacristie.
Le couvent voisin, de l'ordre de St-Dominique, contient maintenant les bureaux du ministère des finances. La biblioteca Casanatensis qui s'y trouve (entrée à g. de l'église, la lre porte à dr., au fond de la cour; v. p. 109) est la plus considérable de Rome après celle du Vatican. Elle se compose de 200,000 vol. et de 1,000 manuscrits. Une passerelle conduit en haut à la bibl. Victor-Emmanuel (v. p. 152).
En longeant l'église au S., de la place de la Minerve par la via del Piè-di-Marmo, on arrive à la place du Collège- Romain (p. 152). La via del Gesù , à dr. de celle de Piè-di- Marmo, conduit en 3 min. à la place du Gesù (p. 161).
La petite rue qui part de la place St-Louis-des-Français (p. 195), à dr. en sortant de l'église, mène à la place Madame, où l'on voit, à g., la façade du palais Madame (pl. II, 13), ainsi nommé de Marguerite de Parme, fille de Charles-Quint, qui l'habita. Avant et après elle, il fut la propriété des Médicis , et plus tard des grands-ducs de Toscane, qui lui firent donner sa forme actuelle par Marocelli, en 1642. Actuellement, il sert aux séances du sénat italien. Il y a deux entrées , l'une sur la place St-Louis, l'autre sur la place Madame. — Une petite rue transversale conduit plus loin à la
* Place Navone {piazza Navona ; pl. II, 13), la plus grande place de Rome après celle de St-Pierre, où se trouvait autrefois, comme l'indique sa forme, le cirque ou stade de Domitien. Son nom lui vient des luttes (agones, corrompu en navone, navona) qui s'y donnaient. Le nom officiel est maintenant Circo agonale, mais il n'a pas encore réussi à passer dans l'usage.
On y remarque trois fontaines. Celle du N. est simple; mais elle doit être remplacée par une plus grande. Puis vient, au milieu d'un grand bassin antique en marbre pentélique, servant d'abreuvoir, le grand jet d'eau établi par le Bernin, sous Innocent X: le haut rocher, partagé en quatre, représente les quatre parties du monde; aux coins, les dieux
200 III0 Près du Tibre, r. g. ROME. Ste-Marie-dell'- Anima.
des quatre plus grands fleuves, le Danube, le Gange, le Nil et le Rio-de-la-Plata, exécutés par des élèves du Bernin ; en haut, l'obélisque qui se trouvait autrefois au cirque de Maxence, originairement érigé en l'honneur de Domitien. La troisième fontaine, à l'extrémité S. de la place, est ornée de masques, de tritons et d'une statue de nègre, aussi par le Bernin.
A partir de 1447, cette place avait servi de marché aux fruits, aux légumes, etc., ce qui y attirait toujours une foule de campagnards et d'industriels, de marchands et de brocanteurs, offrant un tableau tout particulier de la vie romaine; mais depuis l'occupation italienne elle a été repavée et le marché transporté au Campo-di-Fiori (p. 205). Il n'y a pas longtemps encore, on arrêtait au mois d'août l'écoulement des fontaines, et l'on inondait ainsi toute la place pour l'amusement du peuple, qui s'y promenait en bateau, y pataugeait et s'y livrait à toutes sortes de jeux.
A l'O. de la place Navone, l'église Ste-Agnès {S.-Agnese), dont l'intérieur, en forme de croix grecque, et les clochers sont par C. liinaldi, tandis que la façade est de Borromini. C'est pour ne pas voir cette dernière, disaient les Romains, que le Nil de la grande fontaine se cache la figure.
Au-dessus de la porte principale, le monument d'Innocent X, par Màini; dans la chapelle du transept de g., la statue de St Sébastien, faite par Maini d'une statue antique; sous la coupole, huit colonnes de Cognatello. L'ancienne église se trouvait dans les voûtes latérales du cirque, où S^e Agnès souffrit le martyre; il en existe encore deux chapelles souterraines avec une voûte antique, que l'on peut visiter.
A g. de l'église se trouve le palais Pamftli, également construit par Rinaldi et aujourd'hui propriété du prince Doria. Vis-à-vis, l'église nationale des Espagnols, S.-Giacomo-dei-Spagnoli, de 1450. Elle est aujourd'hui négligée; l'entrée est via délia Sapienza.
La via di S.-Agnese, à dr. de l'église, conduit à la via deW Anima, où s'élève, à g., Ste - Marie - dell' - Anima (pl. II, 13) ouverte jusqu'à 8 h. 1/2 du matin, les jours de fête jusqu'à midi. Si elle est fermée, on fait le tour de l'église et l'on sonne à la porte de l'hospice en face de Ste-Marie-de-la-Paix. — Le nom de l'église est expliqué par un petit groupe de marbre sur le fronton du portail: la Vierge invoquée par deux âmes du purgatoire. C'est l'église nationale des Allemands, achevée en 1514, avec une façade manquée de Giuliano da Sangallo : selon quelques-uns, Bramante a contribué à l'ordonnance de l'intérieur.
L'intérieur, aujourd'hui en restauration, est divisé en trois nefs. La fenêtre du milieu avait autrefois des vitraux de Guillaume de Marseille , qui ont été remplacés. La voûte est ornée de portraits de saints, à fresque, par L. Seitz. Bas -côté de dr., lre chap., '"tableau de Carlo Saraceni, St Benno recevant d'un pêcheur la clef de la cathédrale de Meissen, retrouvée dans le corps d'un poisson. 2e chap., tableau de Gimignani, Ste-Famille; tombeau du cardinal Slusius, avec son buste. 4e chap., copie modifiée de la Pietà de Michel-Ange à St-Pierre, par Nanni di Baccio-Bigio. Bas -côté de g., lre chap. , tableau de C. Saraceni%.
Ste-Marie-de-la-Paix. ROME. III0 Près du Tibre, r. g. 201
Martyre de St Lambert. 3e chap., Michel Coxcie, fresques tirées 'de l'histoire de Ste-Barbe; 4e chap., tableau d'autel (Mise au tombeau) et fresques de JSalviati.
Dans le chœur, sur le maître autel : * Jules Romain, Ste-Famille avec des saints, endommagée par des inondations. A dr., - tombeau d'Adrien VI, d'Utrecht (gouverneur de Charles-Quint, m. 1523), exécuté d'après un dessin de Balthazar Peruzzi par Michelangiolo Sanese et Niccolà Tribolo ; les statues allégoriques représentent la Justice et la Prudence, la Force et la Tempérance. En face, le tombeau du duc Charles-Frédéric de Clèves (m. 1575), par Gilles de Rivière et Nicolas dTArras. Un bas-relief de l'antichambre de la sacristie, au bout du bas-côté de g., représente ce prince investi du glaive et du chapeau par Grégoire XIII. A l'entrée de la sacristie, le tombeau du savant Lucas Holstein (m. 1661), qui fut conservateur delà bibliothèque du Vatican.
*Ste-Marie-de-la-Paix [S.-M.-della-Pace; pl. I et II, 13, 3) fut construite par Sixte IV (1484) et Innocent VIII, rétablie par Alexandre VII, et décorée de sa façade et de son porche en hémicycle par Pierre de Cortone. Elle n'a qu'une seule nef et se termine par une construction octogone surmontée d'une coupole.
Au-dessus delà lre chapelle de dr., les """'Sibylles de Raphaël : à g., celle de Cumes-, puis, sur l'arc, celle de Perse; ensuite, celles de Phrygie et de Tibur , recevant des anges des révélations sur le Messie. Elles furent peintes en 1514 par ordre du banquier Augustin Chigi, fondateur de la chapelle, et habilement délivrées en 1816, par Palmaroli , des couches de couleur dont elles avaient été plus tard surchargées. Elles sont le mieux éclairées de 10 h. à 11 h. du matin. L'ordonnance si heureuse de cette composition, dont les personnages sont disposés avec intention sans symétrie, les formes et les caractères en font une des productions capitales de Raphaël, et c'est peut-être celle de ses fresques qui est le plus vite appréciée. Audessus de la corniche , des Prophètes : à dr. Jonas et Josué. à g. Daniel et David, par Timoteo délia Vite, contemporain et compatriote de Raphaël. — Des deux côtés de la lre chap. à g., les "tombeaux de la famille Ponzetti, de 1505 à 1509 (comparer l'ornementation élégante de cette chapelle aux lourds ornements de la 2e chap. de dr., plus récents d'environ 50 ans). La fresque au-dessus de l'autel est de Balth. Peruzzi: la Vierge entre Ste Brigitte et Ste Catherine, et devant elle le cardinal Ponzetti, donateur de cette peinture (1516). Dans le haut, trois rangées de sujets tirés de l'Ancien et du Nouveau Testament, également par Peruzzi. — Sous la coupole, à g., se trouve l'entrée de la sacristie et celle du cloître (v. ci-dessous). 1er autel à g., l'Adoration des bergers, par Sermoneta-, au-dessus, la Mort de la Vierge, par Morandi. 2e autel, belles sculptures en marbre, du xvie s. , en partie dorées. Sur le maître autel, une image de la Vierge très - célèbre. A la voûte, de jolis enfants par YAlbane. Sur l'autel à dr. , le Baptême du Christ, de Sermoneta. Au-dessus de la niche, la Présentation (retouchée), de Balth. Peruzzi.
C'est dans cette église que les nouveaux mariés vont entendre leur première messe.
On remarquera le beau cloître à double rang d'arcades, construit en 1504 par Bramante, aux frais du cardinal, et au mur de dr., le monument de l'évêque Bocciacio (m. 1437); l'entrée est par l'église ou par la rue Areo-della-Pace, 5.
En se dirigeant tout droit au sortir du portail de l'église, on ^arrive, par la via délia Pace et la via in Parione, à la via del Governo-Vecchio (v. p. 203).
De la place du Gesù (p. 161), en suivant tout droit à PO. la via de' Cesarini (pl. II, 16), on passe devant la place des Stigmates (délie Stimate, à dr.) et l'église du même nom , devant
202 IIP Près du Tibre, r. g. ROME. St- André-de-la- Vallée.
le palais Strozzi (dr.) et sa petite place (les rues à dr. mènent à la place de la Minerve et au Panthéon, v. p. 198 et 196), puis devant le teatro Argentina (g.), et l'on va plus loin par la via del Sudario (pl. II, 13), prolongement de la via de' Cesarini, à l'église St- André-de-la- Vallée , qu'on aperçoit déjà du commencement de la rue.
La maison du coin (n° 13) avant cette église est le palais Vidoni, ci-devant palais Caffarelli et Stoppani, primitivement construit d'après un plan de Raphaël. Sur l'escalier, on remarque quelques statues antiques (L. Vérus, Minerve, Diane). Une des pièces renferme le fameux Calendarium Prœnestinum de Yerrius Flaccus , c'est-à-dire cinq mois d'un ancien calendrier romain, trouvés à Palestrina par le cardinal Stoppani. Charles-Quint habita ce palais. Il est difficile d'être admis à le visiter. — Du côté de l'église, s'élève la statue antique mutilée appelée Vabbate Luigi (p. 160).
*St-André-de-la-Vallée {S. -Andréa -délia- Va lie; pl. II, 13), commencé en 1591 par P. OUvieri à la place de plusieurs anciennes églises, a été achevé par C. Maderna, la façade est d'après les dessins de Bainaldi. L'intérieur, malheureusement en partie couvert de badigeon, a de belles proportions.
*2e chap. à dr. (Strozzi), copies en bronze de la Pietà (à St-Pierre) et de Rachel et Léa (à St-Pierre-aux-Liens) de Michel-Ange. — Le plan de cette chapelle est peut-être aussi de Michel-Ange. — lre chapelle à g. (Barberini) : plusieurs statues en marbre de l'école du Bernin, par Mocchi (Ste Marthe), Pierre Bernin (St Jean-Baptiste), Stati da Bracciano (S*e Marie Madeleine), Ambr. Buonvicino (St Jean l'Evangéliste). — A l'extrémité delanefprincipale, deux tombeaux transportés ici de l'ancienne église St-Pierre, ceux des deux papes de la famille des Piccolomini : à g., celui de Pie II (m. 1464 • v. p. 27) par Niccolà délia Gvardia et Pietro Paolo da Todii à dr., son pendant de date plus récente, celui de Pie III (m. 1503). Dans la coupole, la Gloire du paradis, par Lanfranc. Dans les pendentifs au-dessous, les *Evangélistes par le Dominiquin, un de ses principaux ouvrages. Les -peintures de la voûte de l'abside sont également de lui: en avant, sur l'arc, St Jean-Baptiste adressant St André et St Jean à Jésus ; dans la voûte, à g., la Flagellation de St André, la Vocation de St Pierre et de St André-, à dr., St André voyant et adorant la croix de son supplice; au-dessous, il y a 6 figures allégoriques de femmes (Vertus). Les grandes fresques du bas, le Martyre du saint, sont du Calabrèse-, elles ont peu de valeur.
Au N.-O. de cette église, via de' Massimi, n° 17, se trouve le
Palais Massimi - aile - Colonne (pl. II, 13, 12), bel édifice de Balthazar Peruzzi, qui toutefois ne le vit pas achever (m. 1536). Le plan delà façade, du côté de la rue, est semi-circulaire; la vue sur la double cour est d'un effet des plus pittoresques.
Ce palais renfermait jusqu'à présent une copie du ^-Discobole de Myron trouvée en 1761 sur l'Esquilin, une des statues antiques les plus intéressantes de Rome, presque intacte et bien supérieure à son pendant mal restauré du Vatican (p. 310). Comme elle a échu par héritage au prince Lancelotti, elle doit être maintenant au palais Lancelotti (p. 193). — Il y a en outre dans les corridors et dans les eours plusieurs autres statues et des inscriptions antiques.
Chiesa IS'uova.
ROME. IIP Près du Tibre, r. g. 203
Au 2e étage est une chapelle dédiée à St Philippe de Neri, qui y ressuscita un enfant de la maison ^ elle est visible le 16 mars.
C'est dans -les dépendances de ce palais que les Allemands Arnold Pannartz et Conrad Schiceinheim , quittant le couvent de Subiaco où ils avaient trouvé asile deux ans auparavant (v. p. 368), établirent en 1467 la première imprimerie de Rome, d'où sortirent d'abord les Lettres de Cieéron, puis d'autres incunables qui portent à la fin les noms des imprimeurs avec ces mots : in œdibus Pétri de Maximis. — La famille Hassimi fait remonter son origine aux anciens Fabii Maximi, et elle a dans ses armoiries la devise: cunctando restituit.
En suivant plus loin la via dei Massinii (à g., la via de' Baullari, qui conduit au palais Farnèse, visible d'ici, p. 205) et en traversant la petite place St-Pantaleon . où s'élève à dr. la petite église de ce nom, on a tout droit devant soi le
Palais Braschi (pl. II, 13, 27) , construit par Morelli à la fin du siècle dernier et aujourd'hui occupé par le ministère de l'intérieur. Il renferme un bel *escalier de marbre et quelques statues antiques. La façade supérieure donne sur la place Navone (p. 199).
En longeant ce palais, ou arrive à la place Pasquin, qui tire son nom des débris d'un groupe antique en marbre, d'une bonne époque, placé à l'angle du palais Braschi, groupe aujourd'hui malheureusement fort mutilé. Il porte le nom de Pasquin (Pasquino) depuis la fin du xve s. et il fut appelé ainsi, dit-on, d'après un tailleur Pasquin qui demeurait dans le voisinage et avait une très-mauvaise langue. On collait sur cette statue une foule de railleries mordantes et de satires facétieuses (de là le mot de pasquinade) , et on avait coutume d'en afficher les répliques sur celle du Marforio (p. 219). Les pasquinades sont toujours à la mode à Rome; elles rappellent jusqu'à un certain point la satire des anciens. La statue représente Ménélas avec le corps de Patrocle, cherchant du secours au milieu de la bataille; on en trouve des reproductions à la loge de' Lanzi et au palais Pitti à Florence , et le Vatican en possède des débris (p. 308).
Nous prenons plus loin la via del Go ver no- Vecchio', qui forme, avec ses prolongements au N.-O. et au S.-E., la principale voie de communication entre la place de Venise et le pont St-Ange (v. p. 278). On arrive dans cette rue à dr. au pal. del Governo- Vecchio. qui a servi pendant quelque temps aux tribunaux civils et de police. Vis-à-vis, au n° 124, une belle petite maison dans le style de Bramante, datant de 1500. — Nous tournons ensuite à g. et nous arrivons, à côté de la place du même nom, à
La Chiesa-Kuova (pl. II, 10), ou S.- Maria-in-Vallicella, église construite par St Philippe de Neri pour l'ordre des oratoriens, dont il est le fondateur, et achevée en 1605. Le plan en a été donné par Giov. Matteo da Città-di-Castello, l'intérieur est de Martino Lunghi, la façade, de Rughesi.
j. L'intérieur , sombre et peu favorable aux tableaux, est richement
204 111° Près du Tibre, r. g. ROME.
La Chancellerie.
décoré. Il y a d'excellents ouvrages en stuc de Cos. Faniello et à^Ercole Ferrata. La voûte de la nef principale, la coupole et l'abside ont été peints par Pierre de Corlone. — A droite: lre chap., Scip. di Gaëtatio^ Crucifiement ; 3e chap. (de l'Ascension), tableau de Muziano. — A gauche: 2e chap., Cés. Nebbia, Adoration des mages; 3e chap. Durante Alberti, Nativité de J. - C. ; 4e chap. , Baroccîo , Visite de Ste Elisabeth. — Dans le transept de g., Baroccio, Présentation de Marie au temple; Valsoldo, St Pierre et St Paul, statues de marbre. Ici se trouve aussi, à côté de l'abside, la riche chapelle de St Philippe de Neri, avec ses ossements sous l'autel. Au-dessus, le portrait du saint en mosaïque, par le Guide (l'original est au couvent voisin). Sur le maître autel, orné de 4 colonnes de marbre Porta-Santa : *Rubens , Madone; à dr. , St Grégoire, St Maur et StePapie; à g., St Nérée et St Achillée, également de Rubens, qui a peint ces tableaux en 1606, pendant son second séjour à Rome, pour l'église qui était alors en vogue. — Dans le transept de dr.: le cav. d'Arpin, Couronnement de la Vierge; Flaminio Vacca, les deux St Jean, statues de marbre.
Dans la sacristie (entrée par le transept de g.), œuvre de Marrucelliy à la voûte: Pierre de Cortone^ des anges avec les instruments du martyre. La statue colossale du saint est à'Algardi.
A la fête de St Philippe, le 26 mai, et chaque dimanche du 1er nov. au dimanche des Rameaux, on exécute de morceaux de musique religieuse dans Voratoire voisin, où les hommes sont seuls admis. C'est de la que vient le nom d'oratorios donné à cette sorte de musique qui s'exécute dans les concerts spirituels, que le saint inventa pour attirer plus de fidèles au service divin.
Le couvent attenant a été bâti par Borromini; il est peu classique dans la forme, mais célèbre pour la solidité de sa construction. On y a établi depuis peu divers tribunaux : la Cour d'appel, le tribunal civil et la police correctionnelle, le tribunal de commerce. Une des chambres fut jadis habitée par saint Philippe; elle renferme quelques-unes de ses reliques. — La bibliothèque fondée par lui-même et enrichie peu à peu de manuscrits précieux, est importante; elle est maintenant ouverte au public les mercredi, jeudi et samedi de 8 h. 1/2 à midi.
De la place de la Chiesa-Nuova, nous retournons à la via del Governo-Yecchio pour la suivre jusqu'au pont S t- Ange (p. 278), ou bien nous allons à g. en face de l'église à la via del Pellegrino , à l'extrémité de laquelle se trouve, à g., la Chancellerie (v. ci-dessous).
Laviade'Baullari mentionnée p. 203, conduit à plusieurs beaux palais dans le style le plus pur de la Renaissance. On y remarquera en particulier , immédiatement à dr. , dans le coin, un joli édifice, le *palazzetto Farncse, dont l'architecte fut Balthazar Peruzzi.
Les petites rues qui se détachent à dr. conduisent toutes à la place et au *palais de la Chancellerie (pl. II, 13). Ce palais, dont le plan conforme aux règles antiques est de Bramante , est un des plus beaux édifices de Rome, d'une noble simplicité dans son ensemble. Il renferme dans ses murs l'église S.-Lorenzo, autrefois construite près du théâtre de Pompée. L'élégante façade, avec un portail ajouté plus tard par Dom. Fontana,
Palais Farnèse.
ROME. 111° Près du Tibre, r. g. 205
se compose de blocs de travertin pris au Colisée. La *cour est entourée de deux étages d'arcades dont les colonnes sont antiques ; leurs gracieux chapiteaux sont ornés de roses, armoiries du cardinal Riario, qui fit construire le # palais. C'est ici que Pie IX assembla, en 1848, le parlement qui devait délibérer sur les réformes à introduire dans les Etats de l'Eglise. Le ministre Rossi fut assassiné le 15 novembre 1848 sur les premières marches de l'escalier. C'est le seul palais dans l'intérieur de la ville que le gouvernement italien ait laissé au pape pour y recevoir les autorités ecclésiastiques.
A dr. du palais (entrée dans la cour à dr.) s'élève l'église de St - Laurent - in-Damaso , qui a la façade commune avec le palais. Le plan en est également de Bramante (elle fut primitivement construite par Damase 1er) , et elle est ornée d'arcades de trois côtés. En dehors de l'architecture, il n'y a rien de particulièment remarquable. Ses peintures furent détruites dans le cours de la révolution à la fin du siècle dernier, et son architecture est tout ce qu'elle offre encore de curieux. Au bout du bas-côté de dr., on remarque le tombeau du comte Rossi (v. ci-dessus), avec son buste par Tenerani.
A côté de la place de la Chancellerie s'étend celle du Campo-di-Fiori (pl. II, 13), un des centres les plus animés du commerce de Rome, surtout depuis qu'on y a transporté le marché aux légumes , autrefois sur la place Navone. Les gens de la campagne qui y viennent le matin, offrent matière à des études intéressantes. — Pour le théâtre de Pompée et la via dei Giubbonari, v. p. 208.
Puis vient la place Farnèse avec ses deux fontaines. Elle est bornée au S.-O. par le
*Palais Farnèse (pl. II, 14), un des plus beaux de Rome, commencé par le cardinal Alexandre Farnèse (plus tard pape sous le nom de Paul III, de 1534 à 1545), d'après les indications d'An£. da Sangallo, continué sous la direction de Michel-Ange, à qui sont dues en particulier la belle corniche et la cour, et achevé en 1580 par Giacomo délia Porta, qui construisit la loge sur la façade postérieure, du côté du Tibre. Les matériaux furent pris au Colisée et au théâtre de Marcellus. Ce palais avait passé, par voie de succession, entre les mains des rois de Naples, et il a été habité par François II de 1862 à 1870. Le gouvernement français l'a acheté, en 1874, pour y installer son ambassade près le roi d'Italie, et il a organisé au second étage l'école archéologique qu'il a fondée en 1875, sous le nom d'Ecole de Rome. Le *portique à trois nefs de l'entrée est de Sangallo; les deux portiques inférieurs de la cour sont de Michel-Ange, qui les imita du théâtre de Marcellus. La cour contient deux sarcophages anciens, dont celui de dr. était primitivement dans le tombeau de Caecilia Metella (p. 343). Les célèbres antiques que renfermait ce palais,
206 IIP Près du Tibre, r. g. ROME.
Palais Famé se.
le Taureau Farnèse, l'Hercule, la Flore, sont actuellement au musée de Naples.
Dans une salle du Ier étage, ordinairement fermée au publie, des *fresques d'Annibal Carrache, chef-d'œuvre de ce maître, représentant des sujets mythologiques au milieu de peintures architectoniques des plus riches, exécutées en huit ans par lui et ses meilleurs élèves.
Au plafond , dans le milieu : Triomphe de Bacchus et d'Ariane.
1, Pan, sacrifiant à Diane de la laine de chèvre; à dr., Mercure, avec une trompette, apportant la pomme à Paris. De la porte d'entrée à dr.: 1 (au-dessus de la porte), Galatée, entourée de nymphes et de tritons;
2, la Lune embrassant Endymion endormi; 3, Polyphème jouant des pipeaux pour gagner le cœur de Galatée; au-dessus, Apollon enlevant Hyacinthe-, 4, Hercule et Omphale , cette dernière avec la massue et la dépouille de lion; 5, Aurore sur son char embrassant Céphale qu'elle vient d'enlever (cette fresque et celle du N° 1 ont été exécutées par Louis Carrache, d'après les dessins de son frère AnnïbaV); 6, Anchise déchaussant Vénus de son cothurne; 7, Polyphème jetant un quartier de roche à Acis, qui s'enfuit avec Galatée; au-dessus, Ganymède enlevé par l'aigle de Jupiter; 8, Junon allant à Jupiter parée de la ceinture de Vénus. — Sur les murs latéraux de la salle, Persée pétrifiant Phinée et ses compagnons en leur montrant la tête de Méduse; Persée monté sur Pégase venant délivrer Andromède (il passe pour avoir été peint en majeure partie par le Dominiquiri). — Au-dessus des niches et des fenêtres, huit compositions plus petites (mur de la fenêtre, de g. à dr.) : Arion sur le dauphin, Prométhée formant des hommes , Hercule terrassant le dragon qui gardait les pommes des Hespérides , Hercule délivrant Prométhée attaché au Caucase, Icare précipité à la mer, Callisto au bain et métamorphosée en ourse, Apollon recevant de Mercure la lyre. Au-dessus de la porte, une jeune fille caressant une licorne, le symbole des Farnèse, peinte par le Dominiquiri, d'après l'esquisse d'Ann. Carrache. D'autres pièces renferment des peintures à?Ann. Carrache, de Daniel de Volterre, de Salviati, de Vasari et des deux Zuccari. — On remarquera surtout la vieille salle des fêtes, avec un *plafond en bois sculpté, d'après des dessins de Michel- Ange.
LaviadiMonserrato et son prolongement, la via de' Banchi-Vecchi, mènent, au N.-O. , de la place Farnèse au pont St-Ange (p. 278). A g., S.-Maria-di-Monserrato (pl. II, 10, 3), église nationale des Espagnols , avec un hospice , construite en 1495 par Sangallo , restaurée plus tard, et possédant (lre chap. à dr.) un tableau d'Ann. Carrache.
Le vicolo de' Yenti , au S.-E. de la place Farnèse, conduit à la place Capo-di-Ferro, où se trouve, à g., le
* Palais Spada-alla-Regola (pl. II, 14), construit vers 1540, sous Paul III, par le cardinal Capodiferro , diaprés le modèle d'une maison que Raphaël avait bâtie pour son propre usage ; il est la propriété de la famille Spada depuis le pontificat d'Urbain VIII (1640). Ce palais renferme une intéressante collection d'*antiques et de tableaux; il est ouvert ordinairement les lundi, mercredi et samedi de 10 h. à 3 h.
Une salle du rez-de-chaussée contient les antiques les plus importantes (entrée sous la porte cochère, à g. 5 50 c). En face du mur de l'entrée, une -statue assise d'Aristote, prise autrefois à tort pour celle d'Aristide; c'est une copie d'un excellent original grec: le bras droit et la jambe gauche sont modernes. Puis, huit *bas-reliefs très-beaux, trouvés en 1620 à St-Agnès-hors-les-Murs, où ils étaient enchâssés dans le pavé, le revers en dessus. Derrière Aristote, à g., 65, Dédale et Pasiphaé; à dr., 72, Paris gardant les troupeaux. Mur de la fenêtre: 66, Adonis blessé; 67, Ulysse
Palais Spada.
ROME. 111° Près du Tibre, r. g. 207
et Diomède enlevant le Palladium.^ Au mur de l'entrée: Endymion; Persée et Andromède, copies en plâtre des originaux qui se trouvent au musée du Capitole. Mur de g.: 68, Paris prenant congé d'Œnone;
69, Hypsipyle trouvant Ophelte, confié à sa garde, tué par un serpent;
70 , Amphion et Zéthus ; 71 , Bellérophon abreuvant Pégase. En outre, des bustes, de petites statues, etc.
Premier étage. L'escalier est à dr. dans la cour. Dans le vestibule, une statue colossale de Pompée, trouvée sous Jules III (1550) au vicolo de' Leutari, en creusant les fondations d'une maison. Elle était couchée de manière que le tronc en était dans une autre propriété que les jambes, de sorte que les deux propriétaires firent valoir des prétentions également bien fondées, et que le juge décida que la statue serait partagée en deux. Le pape prévint cette mutilation en l'achetant pour 500 écus, et la donna ensuite au cardinal Capodiferro. La tête, quoique recollée, est celle de l'original: le tout est une œuvre médiocre.
On passe par une pièce décorée de fresques de peu de valeur, pour arriver à la galerie de tableaux (on y trouve des catalogues). Ire salle, en commençant en face de l'entrée: 3, école de Bologne, Madone; 7, 12, école française, portraits; 10, Camuccini, le cardinal Patrizi; 22, le Caravage, portrait de femme; 40, Se. Gaëtano, Jules III; 56, école de Francia, Madone. — IIe salle: 1, Séb. del Piombo, Astronome; 6, Baudin, Nature morte; 9, Breughel, paysage; 10, le Guide, Judith; 12, G. Poussin, paysage; 16, André del Sarto, Visitation, très-endommagée ; 43, Léonard de Vinci, le Christ et les docteurs , copie d'un original qui est en Angleterre. — IIIe salle: 2, le Caravage, Ste Anne et la Vierge; 4, Raphaël, St Jean- Baptiste, copie d'après l'original de la Tribuna de Florence ; 15, Brueghel, paysage; 24, le Guerchin, Mort de Didon ; 26, Baciccio, esquisse du plafond de l'église du Gesù; 29, Salvator Rosa, paysage; 31, le Titien, portrait d'homme; "'40, Moroni, portrait d'homme; 48, *49, Palmezzano , Dieu le Père, Portement de croix; 51, le Titien (?), le Cardinal Paul Spada; 60 , 70, Salvator Rosa, paysages; 63, le Guide, Enlèvement d'Hélène; 67, Borgognone, Combat de cavalerie. — IVe salle: 4, le Guide, le Cardinal Bernard Spada ; 9, le Titien, Paul III (copie); 10, école allemande, portrait d'homme, 1511; 51, le Caravage, têtes d'anges riant; 18, école allemande, portrait d'homme; 26, Gérard Honthorst, le Christ au jardin des oliviers; 30, le Caravage, Ste Cécile; 31, Maratta, le Cardinal Fabricius Spada; 44, André del Sarto (?), Madone; 54, école française, portrait de femme.
En suivant la même direction, au delà de la place Capo-di-Ferro, on arrive à la petite place de' Pellegrini (pl. II, 14). A g. s'étend la façade postérieure du M ont- de- Pieté, ancien palais Santacroce. L'établissement du Mont-de-Piété, fondé en 1539, se trouve ici depuis 1604; il y a ordinairement en gage bon nombre de tableaux , dont une partie sont des œuvres de valeur. A dr., l'église S.- Trinit à- dé '-Pellegrini , construite en 1614, dont le maître autel est décoré d'une Trinité du Guide. L'hôpital voisin est destiné aux convalescents et aux pèlerins. Il compte 488 lits et il peut servir à manger à 944 personnes en même temps. A Pâques, les pèlerins italiens y sont hébergés 3 jours et les étrangers 4 jours. — Dans le voisinage est située Ste-Mariein-Monticelli, église consacrée en 1101 par Pascal II, mais qui, par suite de nombreuses restaurations, n'a plus de l'ancien édifice que son campanile et un reste de mosaïque dans l'abside.
La via de' Pettinari (pl. II, 14) conduit de la place de' Pellegrini au pont Sisto. A dr., la petite église de S.-Salvatorein-Onda, restaurée en 1684; à g., le fontanone di Ponte- Sisto, construit sous Paul V par J. Fontana. — Pont Sisto, v. p. 322.
208 IIP Près du Tibre, r. g. ROME. St-Jean-des-Florentins.
En face de la fontaine, au N.-O., la via del Fontanone, qui longe le fleuve. La continuation de celle-ci est la via Giulia, qui conduit au pont St-Ange, en 12 min. (v. p. 193). On y remarque à g., vis-à-vis du jardin du palais Farnèse, îa petite église S. -Maria- délia- Morte ou deU'-Orazione (pl. II, 11), reconstruite par Fuga vers le milieu du xvme s. et propriété d'une confrérie d'enterrement. Puis vient, à g., le 'palais Faïeonieri , élevé par Borromini, où se trouvait la collection de tableaux du cardinal Fesch. Ensuite, du même côté, les carceri nuovi, prison édifiée par Innocent X. Pins loin, au n° 66, le palais Sacchetti (pl. II, 10), bâti par Ant. da Sangallo pour son propre usage.
Au bout de la rue, à g., St- Jean - des - Florentins {S.-Giov anni- de'- Fiorent ini ; pl. II, 10), l'imposante église nationale des Florentins. C'est Léon X qui l'a fait commencer, sur des plans donnés par Sansovino (Raphaël, Sangallo et Peruzzi concoururent avec lui); mais les travaux difficiles de soubassement du côté du fleuve furent achevés par Sangallo. Michel -Ange et après lui Giacomo délia Porta prirent ensuite part à la construction de l'édifice, et enfin la façade y fut ajoutée en 1725 par Alex. Galilei. Cette église ne renferme rien de curieux qu'un tableau de Salvator Rosa, dans une chapelle du transept de droite, St Cosme et St Damien sur le bûcher.
Un pont suspendu (1 soldo de péage) à côté de l'église, datant de 1863, conduit à la Longara (p. 318). — La via Paola mène de l'église au pont St-Ange (p. 278).
C'est sur la place Campo-di-Fiori (p. 205), dans la direction de St-André-de-la- Vallée, qu'était situé le théâtre de Pompée (pl. II, 13, 14). Aussi, y a-t-on trouvé, en 1864, dans la cour du palais Righetti (place del Biscione, 95), la statue d'Hercule qui est au Yatican (p. 310), et les soubassements de ce théâtre. De nombreux restes des murs sont compris dans diverses constructions. A la direction semi-circulaire de la rue, près de S.-Maria-di- Grottapinta (pl. II, 13, 5), on reconnaît aisément la configuration du théâtre.
La rue animée appelée via de' Giubbonari, au S.-E., va de la place Campo-di-Fiori au Capitole et aux quartiers S. de la ville. Après 2 minv elle s'élargit pour former la place S.-Carloa-Catinari. A g. s'élève l'église S.-Carlo-a-Catinari (pl. II, 14), construite en 1612 par Rosati. en l'honneur de St Charles Borromée. Elle a la forme d'une croix grecque à coupole. ;
lre chap., à dr. , Lanfranc^ Annonciation. Dans les pendentifs, les quatre Vertus cardinales, peintes par le Dominiquin. Transept de dr., André SaccM , Mort de Ste Anne. Au-dessus du maître autel , Pierre de Cortone^ St Charles Borromée à la procession peur les pestiférés Milan. Abside peinte par Lanfranc. Les autres peintures sont sans intérêt.
Palais Mat tei.
ROME. IIP Près du Tibre, r. g. 200
Vis-à-vis s'élève le palais Santacroce (pl. II, 14, 4), dont la façade principale donne sur la place Branca.
Plus loin , la rue se bifurque : à dr. , la via del Pianto (v. p. 210); à g., la via de' Falegnami conduisant à la petite place Tartaruga (pl. II, 17), ainsi nommée de l'élégante ^fontaine des Tortues (tartarughe), érigée en 1585 par Giacomo délia Porta, avec 4 statues d'adolescents en bronze, œuvres du Florentin Taddeo Landini. C'est la plus charmante fontaine de Rome; Raphaël passe pour en avoir donné le plan. — Sur cette place à dr. , au n° 10 (l'autre entrée se trouve place Costaguti, 16), s'élève le
Palais Costaguti (pl. II, 17, 20), construit vers 1590 par Carlo Lombardi. Le 1er étage, malheureusement fermé au public, a des plafonds peints par YAlbane, le Dominiquin , le Guerchin (Armide et Renaud sur leur char attelé de dragons, d'un coloris superbe), le cav. d'Arpin, etc. Une aile du palais (ci-devant Boccapaduli) servit pendant longtemps de demeure à N. Poussin, et renferme encore quelques-uns de ses tableaux; mais elle est louée et fermée aussi au public.
A g. , le palais Mattei (pl. II, 17, 27), primitivement tout une série d'édifices qui occupaient le carré entre les rues S.-Caterina-de'-Funari et Paganica. Le plus beau de ces édifices est le palais actuel, dont l'entrée pricipale est dans la rue S.-Caterina-de-Funari, 32, et qui a une entrée latérale au n° 31. Il a été construit en 1616 par Charles Maderna, dont c'est une des meilleures œuvres.
Un grand nombre de bas-reliefs antiques sont encbâsse's dans les murs des corridors et de la cour: dans celle ci, à dr., Mars et Rhéa Silvia ; Apollon et les Muses; à g., la Chasse de Calydon et l'Enlèvement de Prcserpine; dans le vestibule, le Sacrifice de Mithras, Apollon et les Muses, un Cortège bachique. Tous ces bas-reliefs proviennent de sarcophages. Les statues, en partie fortement restaurées, qui décorent la cour et les niches des escaliers, sont d'une valeur secondaire. Mais on remarquera les ornements en stuc des plafonds des escaliers.
En allant tout droit, on rencontre plus loin dans la via de' Falegnami, à g., l'église Ste-Catherine-de' Funari (pi. II, 17), construite en 1564 par Ciacomo délia Porta à l'intérieur de l'ancien cirque Flaminien, avec une tour singulière. Elle renferme des peintures peu importantes d'A. Carrache (lre chap. à dr.), de Nanni, Venusti, Muziano et Agresti. Le couvent voisin, occupé par des religieuses de l'ordre de St- Augustin, renferme un pensionnat de filles.
La rue débouche dans la via Delfini, qui conduit, à g., à la via Aracœli (p. 161), et à dr., à la place Campitelli. Là se trouve, à dr. , Ste -Marie -in- Campitelli (pl. II, 17), construite par Rinaldi sous Alexandre VII, pour y placer une image miraculeuse de la Vierge, à laquelle on attribuait la cessation de la peste de 1656. Il y avait auparavant à cet endroit une petite église du même nom, mentionnée au xnie siècle.
Bsedeker. Italie, II. 5e édition. 14
210 IIP Près du Tibre, r. g. ROME.
Le Ghetto.
L'architecture de Tin té ri eu r est d'un bon elïet. dû aux belles colonnes en saillie. Le baldaquin au-dessus du maître autel renferme la Vierge en question. Dans la 2e chap. à dr. . la Descente du St-Esprit, par Luca Giordano ; dans la lre chap. à g., deux tombeaux reposant sur des lions en marbre rouge antique. Dans le transept de droite le tombeau» du cardinal Pacca, par Pettrich.
Vis-à-vis s'élève le palais Pacca. — Pour l'omnibus allant à St-Paul-hors-les-Murs, v. p. 113.
La via Tor-de' Specchi conduit de l'extrémité S.-E. de la place di Campitelli, à g., en passant au pied du Capitole, à la place Aracœli (p. 212), tandis que la via Montanara mène à dr. au théâtre de Marcellus (v. p. 211).
La via del Pianto (p. 209) conduit, à dr. de la place S.-Carloa-Catinari, à la place Giudea ou Ste- Marie- del- Pianto, ainsi nommée d'une petite église du même nom (une inscription en langue hébraïque, au portail, déplorait l'obstination des juifs). A dr. de cette place s'étend la place Cenci/ avec la synagogue , située à g., dans l'angle. A dr. s'élève le palais Cenci- Bolognetti (pl. II, 17), qu'habitait l'infortunée Béatrice Cenci, la parricide, objet de tant de pitié, dont le prétendu portrait se voit en beaucoup d'endroits à Rome (original au palais Barberini).
La via del Portico-di-Ottavia , autrefois la Pescherîa ou le marché au poisson, très-animée le matin, surtout le vendredi, et qui sent alors son fruit, réunit la place Giudea au portique d'Octavie. Entre la Pescheria et le Tibre s'étend le Ghetto (pl. II, 17). C'est le quartier réservé aux Juifs par Paul IV, avant lequel, dans l'antiquité comme au moyen âge, ils demeuraient au Trastevere. Ce quartier, autrefois fermé par des portes, se compose de plusieurs rues parallèles au fleuve et communiquant entre elles par des ruelles latérales. Le même pape imposa aussi aux Juifs l'obligation de porter des toques jaunes, et de payer des contributions très-fortes; par exemple, de supporter les frais des courses de chevaux du carnaval. On traversera ces étroites rues pour voir combien le type oriental s'y est conservé, et avec quelle assiduité leurs habitants cherchent à recouvrer en détail les grosses sommes que leur ont enlevées les impôts. La rue la plus proche du fleuve, la via délia Fiumara, aboutit au pont de' Quattro-Capi (p. 235).
La via del Portico - di - Ottavia conduit aux restes intéressants du portique d'Octavie (pl. II, 17, 18), érigé par Auguste à la place d'un édifice du même genre construit par Metellus (en 149 av. J.-C.) et consacré à la mémoire de sa sœur. Il fut détruit sous Titus par un incendie qui ravagea tout ce quartier, et rétabli en 203 apr. J.-C. par Septime-Sévère et Caracalla, comme le dit l'inscription. Ce portique entourait un espace oblong où étaient les temples de Jupiter Stator et de Junon. Il y a de ses colonnes prises dans plusieurs constructions. L'édi-
Théâtre de Marceïlus. ROME. IV0 Rome antique. 211
fice était orné d'une quantité d'oeuvres d'art remarquables provenant du butin rapporté de Macédoine. C'est ici qu'a été trouvée la Vénus de Médicis. Etienne III bâtit dans les ruines, en 770, l'église S.-Angelo-in-Pescheria, qui a été remaniée plusieurs fois et n'a rien conservé de ce temps. En vertu d'une bulle de 1584, les juifs devaient y entendre, le jour du sabbat, un sermon dans lequel on leur expliquait le Nouveau Testament conformément à l'interprétation de l'Eglise.
On arrive de ce portique, par la via del Teatro-di-Marcello, au théâtre de Marceïlus (pl. II, 17, 5), commencé par César, achevé par Auguste l'an 13 apr. J.-C, et portant le nom de son neveu, fils d'Octavie. Il existe encore 12 arcades du mur extérieur de l'espace réservé aux spectateurs; divers artisans, surtout des forgerons , y ont établi leurs ateliers. L'étage inférieur, en partie enseveli sous les décombres, est du style dorique, le second du style ionique; il était probablement surmonté, comme au Colisée, d'un étage du style corinthien. On prétend que ce théâtre pouvait contenir 20,000 spectateurs. La scène s'étendait du côté du Tibre. Il a été question dans les derniers temps de dégager ces ruines et d'établir une place alentour. Au xie siècle, Pierleone s'en servit comme d'une forteresse ; ses descendants le transmirent aux Savelli, dont le palais (tout droit en venant du pont de' Quattro- Capi) est situé sur le haut amas de décombres qui s'élève au milieu du théâtre. Ce palais fut acheté en 1712 par les Orsini.
Le mur d'enceinte touche à la petite place Montanara, très-animée, rendez-vous favori des Campagnoles. En prenant à g., on arrive à la place Aracœli (p. 212) ; à dr., la via Boccadella-Verità , également pleine de mouvement, menant à la place du même nom (p. 250). Dans cette dernière rue se trouve, à dr., l'église récemment restaurée de
St-Nicolas-in-Carcere. Il y a, en dehors et à l'intérieur, des colonnes provenant de 3 temples, entre autres, à ce qu'il paraît, de ceux de V Espérance et de Junon Sospita. On peut descendre dans les soubassements de ces temples, qui sont déblayés (50 c. au sacristain qui vous accompagne avec de la lumière).
IV0 Borne antiqiie.
Ce chapitre comprend la partie méridionale de Rome à partir du Capitole jusqu'à St-Jean-de-Latran à l'E., c'est-à-dire les collines du Capitole, du Palatin, de l'Aventin, du Célius, et le versant méridional de l'Esquilin. Les ruines que des fouilles continuelles rendent de jour en jour plus imposantes, et les souvenirs des temps classiques donnent une physionomie toute particulière à cette partie principale, mais aujourd'hui presque entièrement déserte, de la capitale de la République et de l'Em-
212 I\ ° Borne antique. ROME.
Le Capitole.
pire. On y trouve aussi un grand nombre de vieilles églises, du plus grand intérêt pour l'étude de l'architecture chrétienne, et les imposantes collections d'oeuvres d'art du Capitole et du palais de Latran, qui méritent un examen approfondi et répété.
Le Capitole.
La plus petite des collines de Rome, mais la plus importante au point de vue historique, le Capitole n'était d'abord que la ramification méridionale du Quirinal, dont il était séparé par l'Intermont, dépression de terrain qui fut considérablement agrandie par suite des travaux exécutés sous Trajan. Cette colline se compose de trois parties bien distinctes: le mamelon du N., avec l'église et le couvent d'Ara-Cœli (50m.); la partie basse, au milieu, où est la place du Capitole (30 m.), et le mamelon du S.-O., avec le palais Caffarelli (47 m. 50). C'est à l'endroit de la place (area Capitolinà) que, selon la tradition, Romulus ouvrit un asile. Plus tard, il s'y tint des assemblées du peuple et le sang des citoyens y coula la première fois lors de la répression de l'émeute de Tiberius Gracclius, l'an 133 av. J.-C. L'un des mamelons, était occupé par la citadelle (arx) et le temple de Junon-Moneta, l'autre, par le -grand temple de Jupiter. Les topographes, après avoir été longtemps en désaccord sur la destination de chacun de ces mamelons, admettent aujourd'hui l'opinion que la citadelle était du côté de l'église d'Ara-Cœli et le temple de Jupiter du côté du palais Caffarelli. Ce temple fut construit par le dernier roi et inauguré en 509, la première année de la République. Il avait 800 pieds de circuit, une triple colonnade et trois cella , celle du milieu pour Jupiter et les autres pour Junon et Minerve. Il fut brûlé l'an 83 av. J.-C. dans la première guerre civile (Sylla), rebâti et brûlé de nouveau dans la lutte de Vitellius contre Vespasien. Reconstruit avec magnificence ïvar Domitien, ce sanctuaire le plus vénérable du vieux monde romain subsista jusqu'en 455, où il fut pillé par les Vandales, qui en enlevèrent les tuiles de bronze doré. A partir de cette époque, il n'en est plus question. Les nombreux sanctuaires qui l'entouraient jadis ont également disparu sous les décombres, et toute la colline présente maintenant un aspect moderne.
Après Cassiodore (ve s.), nous ne trouvons plus aucune mention du Capitole pendant près de cinq cents ans. La colline appartint au couvent d'Ara-Cœli, et l'oubli dans lequel fut enseveli son passé, nous est attesté par le nom de mont des Chèvres (monte Caprino) donné au mamelon du S.-E. Toutefois la grande tradition qui se rattachait à cet endroit Lui rendit de l'importance aussitôt que les idées de libertés municipales se réveillèrent à Rome. Dès le xie s., il figure déjà comme le centre de l'administration de la ville; le préfet s'y établit, la noblesse et le peuple s'y réunissent au milieu des ruines. Le 8 avril 1341 , Pétrarque y est couronné dans la grande salle du sénat. Depuis les temps les plus reculés , la colline n'était accessible que du Forum et tombait à pic au N.-O.-, on établit en 1348, du côté de la nouvelle ville, l'escalier d'Ara- Cœli, la seule construction publique de Rome qui date du temps où les papes étaient à Avignon. Boniface IX bâtit en 1389 le palais Sénatorial, dont il fit une sorte de château fort. Le Capitole reçut sa forme actuelle au xvie s. Lorsqu'on y eut créé en 1536 deux nouvelles montées pour arriver de la ville, il forma en quelque sorte l'extrémité de celle-ci du côté des ruines de la Rome antique.
Trois chemins conduisent delà place d'Ara-Cœli (pl. II, 17) au sommet du mont Capitolin: au milieu, la montée principale pour les piétons, dont il sera parlé plus bas, p. 214; — à g., un haut escalier de 124 marches construit en 1348, l'entrée principale, mais ordinairement fermée, de l'église Ste-Marie-in-Ara-Cœli, qui a donné son nom à la place; — à
Le Capitale.
ROME. IV0 Rome antique. 213
dr. , la via délie Tre-Pile, transformée depuis peu en une belle rampe. On a découvert en y travaillant des restes du vieux mur de Servius , qui entourait la colline du côté du Champ-de- Mars; ils sont à g. en montant, derrière une grille. Cette rue passe devant le palais Caffarelli, construit au xvie s. par Ascanio Caffarelli, et occupé aujourd'hui par l'ambassade d'Allemagne. Elle débouche sur la place du Capitole (v. p. 214).
*Ste -Marie- in -Ara- Cœli (pl. II, 20) remonte à une époque très-ancienne. Il en est fait mention au IXe s. sous le nom de S- Maria-de- Capitolio, et elle a pris sa dénomination actuelle au xive s. , de la légende mentionnée ci-après. Cette église était sous le patronat du sénat romain, et Léon X en rit un titre de cardinal. Sa façade est inachevée.
On entre ordinairement par une porte latérale, où Ton arrive , de la plaee du Capitole, en montant l'escalier derrière le musée du Capitole, à g. , et en tournant à g. au premier repos. Au-dessus de cette porte, on remarque une ancienne mosaïque: la Vierge entre deux anges.
L'intérieur est divisé en trois nefs, mais gâté par des constructions postérieures. La nef centrale a 22 colonnes antiques, pour la plupart en granit et variant de style, de grosseur et de grandeur; sur la 3e à g., on lit l'inscription: A cubiculo augustorum. Le riche plafond de la nef a été fait en souvenir de la victoire de Lépante (1571).
Au mur de l'entrée principale, à g., le tombeau de l'astronome Ludovico Grato, de 1531; la figure du Christ est par André Sansovino; à dr., le -tombeau du cardinal Lebretto, de 1465, couvert de couleurs en partie conservées. — Bas-côté de dr., lre chapelle, *le Pinturicchio , fresques représentant l'histoire de St Bernardin de Sienne, restaurées par Camuccini. Le plafond est attribué à Franç. da Città-di-Castello et à L. Signorelli. — 5e chap., de St-Mathieu , bons tableaux de Muziano. — Bas- côté de g. On établit à Noël dans la 2e chap. une crèche (presepe), c'est-à dire une représentation de grandeur naturelle et éclairée de verres de couleur, de l'enfant Jésus dans la crèche, couvert de riches vêtements (il santo barnbino) , le trésor le plus précieux de l'église, protégeant contre tout danger de mort imminent, généralement invoqué et vénéré. Le Bambino est conduit en carrosse chez les personnes gravement malades, et le peuple s'agenouille sur son passage. A partir du 26 décembre, pendant environ huit jours, des enfants de 5 à 10 ans , se plaçant en face de la chapelle, lui font régulièrement des discours, de 3 à 4 h. du soir. — Dans le transept, à dr. et à g., contre les piliers de la nef centrale, se trouvent 'deux ambons provenant de l'ancien chœur, exécutés par Laurentius et Jacobus Cosm,as. La chapelle à dr. appartient aux Savelli-, elle renferme des tombeaux de cette famille, du xme siècle (les parents et un frère d'Honorius IV) : le monument de g. a été fait avec un ancien sarcophage. Dans le bras g. du transept, un baldaquin rectangulaire, supporté par huit colonnes d'albâtre, la Chapelle Sainte ou Ch. Ste-Hélène. Les restes de la sainte reposent , dit-on, dans une cuve de porphyre sous l'autel, restaurée en 1835. Cet autel en renferme un autre plus ancien qui aurait été érigé par Auguste avec l'inscription Ara primogeniti Dei. C'est ici en effet que, selon la légende du xne s., l'empereur, dont le sénat voulait faire l'apothéose, reçut de la sibylle de Tibur la révélation de la naissance du Christ et eut une vision de la Vierge et de l'enfant Jésus. De là vient le nom d',,Ara Cœliu ou autel du Ciel que porte maintenant cette église. A l'extrémité du même bras du transept, le tombeau de Mathieu d'Acquasparta, général des franciscains mort en 1302, mentionné par le Dante. — Dans le chœur, à g., le "tombeau de Jean-Bapt. Savelli (m. 1498). Sur le maître autel se trouvait de 1512 à 15651a Madone deFoligno par Raphaël, expressément commandée pour cette église; elle est actuelle-
214 IV0 Borne antique. ROME.
Le Capitole.
ment à la galerie du Vatican. Son donateur, Sigismond Conti de Foligno, est enterré dans le chœur. Aujourd'hui, l'autel est décoré d'une ancienne image de la Vierge, attribuée à St Luc.
Le couvent voisin, où l'on monte par la continuation de l'escalier latéral de la place du Capitole, appartenait depuis 1251 aux frères mineurs observants de St-François, et il était la résidence de leur général. Actuellement il est en partie occupé par la troupe. Belles vues des corridors. — Dans les jardins du couvent ont été découverts récemment, parallèles à la via dell' Arco-di- Settimio-Severo, des restes de murs antiques en tuf, dans le genre des murs de Servius. Ils entouraient probablement la citadelle.
L'escalier du milieu (,,la cordonnata") est en asphalte et monte tout droit à la place du Capitole. Au pied de cet escalier sont placés deux beaux lions égyptiens ; en haut , les DioscureSj Dompteurs de chevaux, qui, dit-on, se trouvaient autrefois devant le théâtre de Pompée. Aux dernières marches, à g., il y a une louve dans une cage, en souvenir 'de la tradition fabuleuse sur l'origine de Rome.)
Le plan de la *place du Capitole {piazza del Campidoglio ; pl. II, 20), telle que nous la voyons aujourd'hui, est de Michel- Ange, qui le dessina sur les ordres de Paul III. On en commença l'exécution en 1536. Les palais des Conservateurs et Sénatorial, qui existaient déjà , reçurent de nouvelles façades. — Sur les balustrades, en avant , les trophe'es de Marins, provenant de l'Aqua Julia (p. 182). Les statues de Constantin et de son fils Constant proviennent des thermes de Constantin au Quirinal. A dr., la première pierre milliaire antique de la voie Appienne; son pendant, à g., est moderne.
Le milieu de la place est décoré de la superbe * statue équestre en bronze, autrefois dorée, de l'empereur Marc-Aurèle (161 — 181), qui s'élevait primitivement sur le Forum près de l'arc de Septime-Sévère, qui fut de 1187 à 1538 sur la place du palais de Latran, et qui se trouve depuis à cet endroit, comme le rapporte l'inscription. On est redevable de son état parfait de conservation à la croyance populaire qui en faisait une statue de Constantin, le premier empereur chrétien (v. aussi p. 127).
Derrière cette statue s'élève le palais Sénatorial (pl. II, 20, 2), rétabli en 1389 par Boniface IX sur l'antique ïabularium, et décoré de son beau perron par Michel-Ange. La façade fut construite, vraisemblablement sous la direction de ce dernier, par Qiacomo délia Porta; les deux fleuves sont le Tibre (à dr.) et le Nil (à g.) 5 la statue assise au-dessus de la fontaine est Rome. Le palais renferme une grande salle pour les séances du conseil municipal, et, en outre, les bureaux de l'administration municipale, des habitations, un observatoire. Le campanile a été construit en 1572 par Grégoire XIII, à la place d'un autre clocher qui faisait probablement partie du palais construit par Boniface, de
Pal. des Conservateurs. ROME. IV° Rome antique. 215
même que les quatre tours des coins , dont l'une est encore inconnaissable du côté du Forum, à g. La plate-forme de la tour, que couronne une statue de Rome, offre une *vue fort étendue. L'ascension en est un peu incommode ; on peut la faire , dans la semaine de 10 h. à 3 h., le dimanche de 10 h. à 1 h., avec une permission qu'on obtient aux bureaux de la ville, via del Campidoglio (première grille à g., au cinquième palier de l'escalier de la maison, corridor de g., 3e porte à dr.). Cette permission est en même temps valable pour les salles des Conservateurs. — Au même endroit, au rez-de-chaussée, l'entrée du Tabularium (p. 223).
Les deux palais latéraux ont été élevés au xvne s., par Oiacomo del Duca, et diffèrent un peu du plan primitif de Michel- Ange. Celui de droite est le palais des Conservateurs (pl. i), c'est-à-dire du conseil municipal, renfermant d'importantes collections (poste de pompiers dans le bas) ; celui de gauche est le musée du Capitole (pl. 12). — Les escaliers avec des portiques à trois arcades, qui montent à dr. et à g. à l'E. des deux palais, sont de Vignole; celui de g. , à côté du musée, va à l'église de Ste-Marie-in-Ara-Cœli et à l'ancien couvent de franciscains (v. p. 213 et 214); celui de dr. , au mont Caprino (v. p. 222).
La via del Campidoglio , à dr. , et la via delV Arco-di- Settimio-Sevevo, à g. du palais Sénatorial, descendent au Forum. Voir le plan, p. 223.
Collections du Capitole, dans les deux palais latéraux mentionnés ci-dessus. Elles sont visibles, excepté les jours de fête reconnus par l'Etat, tous les jours de la semaine de 10 h. à 3 h., moyennant 50 c; le dimanche de 10 h. à 1 h., gratuitement.
A. * Palais des Conservateurs.
(V. le plan, p 218).
Ce palais contient un certain nombre d'antiques , surtout les bronzes, les objets provenant des touilles faites dans ces dernières années sur l'Esquilin et un petit musée étrusque; en outre la galerie de peinture du Capitole, la Protomothèque et les salles des Conservateurs.
De la place du Capitole , on entre par la grande porte dans la cour, où se trouvent, à dr. de la porte, une statue de César, à g. une d'Auguste . Dans la cour même, à dr. , la main, le bras et les pieds d'une statue colossale en marbre; à g., une tête colossale en marbre, avec un piédestal dont le bas -relief représente une province. A côté, l'urne cinéraire d'Agrippine , femme de Germanicus , ayant servi de boisseau au moyen âge. Elle porte l'inscription : „Ossa Agrippinge, M. Agrippée f., divi Augusti neptis uxoris , Germanici Csesaris Matris , C. Csesaris Aug. Germanici principis." Sous le portique au fond de la cour, au milieu: une statue de Rome, ayant à ses côtes des statues de barbares, en marbre gris. Dans le coin à g;, une tête colossale en bronze; à dr., un *groupe antique, un Cheval déchiré par un lion.
216 IV0 Rome antique. ROME.
Le Capitole.
En revenant sous les arcades du côté de l'entrée et avant démonter l'escalier, on remarque encore à g., 29, la statue d'une bacchante, et 30,. une colonne rostrale moderne, avec un fragment authentique d'une inscription en l'honneur de C. Duilius , le vainqueur de Myles (260 av. J.-C), renouvelée sous Tibère. — Aux murs de l'escalier, que l'on monte ensuite, des inscriptions romaines trouvées la plupart sur l'Esquilin. Sur le palier, dans des niches, à g., 35, Cérès; à dr., 34, Uranie, mal restaurée. Au milieu, un buste d'Adrien; sur un support, une liste antique de rues de Rome, de l'an 136 av. J.-C. Aux murs, quatre *bas-reliefs d'un arc de triomphe de Marc-Aurèle , trouvés près de S.-Martina sur le Forum: à dr., 44, Sacrifice devant le temple du Capitole; 43, Entrée de Marc-Aurèle à Rome, près du temple de Jupiter Tonnant; 42, l'Empereur faisant grâce à des ennemis vaincus; 41, sa Réception par Rome devant l'arc de triomphe. Aux murs , des inscriptions antiques. En montant plus haut, à g., 43, un bas-relief représentant Marcus Curtius qui se précipite dans l'abîme avec son cheval. — En haut, dans le vestibule, deux bas-reliefs de l'arc de triomphe de Marc-Aurèle (au Corso, près du palais Fiano), démoli sous Alexandre VII en 1653; ils représentent l'apothéose de Faustine. Au fond de ce vestibule à g., l'entrée de la Protomothèque et des galeries d'antiques et de peinture (v. le plan, p. 218).
On traverse d'abord deux salles contenant des listes des magistrats romains dans les temps modernes, puis on entre dans un long corridor où se trouve depuis peu la Protomothèque fondée par Pie VII. C'est une collection de bustes d'Italiens célèbres , surtout dans les sciences et les arts: poètes (le Dante, Pétrarque, l'Arioste, etc.), savants, peintres, architectes, sculpteurs. Au bout du corridor , un monument en l'honneur de Canova. Quelques étrangers figurent aussi dans cette galerie: à g., Winckelmann ; à dr., Poussin, etc. La troisième porte de g. avant l'extrémité du corridor , donne entrée à la galerie de peinture (v. p. 218) ; par l'avant-dernière, on monte deux marches et l'on est dans la salle des terres cuites et des bronzes (p. 217). Par la porte du côté opposé, on entre dans la
-Nouvelle galerie du Capitole,
Ire salle. Aux murs, toute sorte d'ustensiles de bronze dans des armoires vitrées, puis des casques, des candélabres, des vases. Sous verre, à g., un char de bronze , avec des bas-reliefs ; à dr. , un *siége de bronze avec un escabeau, incrustés d'argent, objets trouvés sur l'emplacement de l'antique Amiterne et donnés par A. Castellani. Au milieu, également sous verre , une litière, en partie aussi incrustée d'argent. 4, statuettes d'un dieu lare romain ; 10, Hermaphrodite sur le dos duquel s'élève une branche en forme d'arabesque destinée à servir de support. — Tout droit, la
IIe salle. Le "pavé antique, trouvé sur l'Esquilin, se compose de petites plaques d'albâtre très-rares et très-variées. Au milieu, l'ancienne collection de médailles Albani - Campana , comprenant beaucoup de pièces d'or des empereurs. Aux murs, des monnaies de différentes époques. — Nous retournons sur nos pas et nous entrons à dr.
III. Salle à coupole éclairée du haut, construction en fer et en bois, dans le style pompéien, par Vespignani. — D'abord, le vestibule: 2, le cippe funéraire d'un enfant de 11 ans 1/21 Q- Sulpicius Maximus, qui, au dire de l'inscription latine, s'est fait mourir de travail après avoir, dans une solennité, remporté le prix sur 52 concurrents , en improvisant des vers grecs. Les vers se lisent des deux côtés de la statue du jeune poète. Ce cippe a été trouvé en 1870 à la porte Salara (p. 166). 8, une statue assise de la Terra Mater, dans un petit temple, avec une inscription trouvée en 1872 dans le cimetière de S.-Lorenzo. Au mur, différents bas-reliefs. — Puis , sous la coupole octogone : à dr. , 10, Vieille femme emportant à sa grande joie un petit agneau, œuvre pleine de réalisme (la tête est moderne). 11, Buste de Faustine l'aînée. 14 et !16, Tritons d'une bonne exécution. -15, Y Empereur Commode, demistatue parfaitement conservée, avec les attributs d'Hercule. Le marbre est encore poli. Comme base, deux Amazones (une seule y est encore) avec le bouclier entouré de cornes d'abondance, et au-dessous, une
Pal. des Conservateurs. ROME. IV0 Rome antique. 217
sphère céleste. 17, Buste de Plotine, femme de Trajan. 21, Grand sarcophage de Vicovaro , avec un groupe sur le couvercle , un homme tenant un rouleau et une femme avec un luth -, sur le devant, la Chasse deMéléagre-, une Chasse au lion sur le côté g., et le Retour de la chasse sur le côté dr. 24, Terpsichore. 25, tête de jeune homme bien conservée (Commode?). *26, Vénus complètement nue, sur le point de se dénouer les cheveux: les bras manquent. 28, Polymnie. 30, 31, statues colossales de femmes. 33, statue d'une certaine Claudia Justa, avec les attributs de la Fortune. 35, Hercule enfant avec la peau de lion, la massue, le carquois et la pomme des Hespérides à la main gauche: il a été trouvé en 1872 avec la Terra Mater (v. ci-dessus, 8). ::36, tête de Centaure. 38, 42, Athlètes qu'on doit se figurer placés en face l'un de l'autre, trouvés à Velletri. 40, Vache, d'une bonne exécution. Au-dessous, un sarcophage avec les Saisons. 44, le buste de Manlia Scantilla, femme de l'empereur Didius Julianus. 4% Tibère. 43, buste colossal de Mécène, trouvé à Otricoli. 47, tête caractéristique de Romain. 48, buste de Didia Clara, fille de l'empereur Didius Julianus. — Aux pilastres: 53, tête d'Esculape bien conservée-, 56, tête de garçon; *59, tête d'Amazone, trouvée sur l'Esquilin ; 62—65, caryatides de style archaïsant. Au-dessous d'un jet d'eau , 68, un grand cratère avec des scènes bachiques pleines de vie. 69, Fontaine en forme de rhyton ou de corne à boire posée sur des feuilles et se terminant par une Chimère ailée. Le haut de la corne est orné de trois Ménades finement sculptées. D'après l'inscription grecque au-dessous de la bouche d'eau, cette œuvre d'art est de l'Athénien Pontios. On l'a trouvée dans les jardins de Mécène.
IV. Galerie: pied colossal en marbre, dont la sandale tyrrhénienne est ornée d'une gracieuse composition représentant des tritons, des amours et des dauphins ; il a été trouvé en 1872 devant St-Césarée, sur la voie Appienne. '::75, Hercule combattant, reconstitué avec de nombreux fragments (tête portrait). 78, deux Trapézophores antiques, avec une plaque de marbre moderne, sur laquelle sont placés divers petits ouvrages de marbre et un fragment de calendrier romain trouvé à Corneto. En face, 130, Silène accroupi , figure de fontaine trouvée en 1874 dans la via di Porta- S.-Lorenzo. — Aux murs du corridor voisin, des copies de peintures murales trouvées dans un colombaire près du temple de Minerve Médica : elles ont trait à l'histoire primitive de Rome (v. p. 184). 124, une grande coupe de marbre richement ornée de feuilles d'acanthe. 123, un Garçon avec un petit chien. 83, Esculape. Sur un sarcophage à dr., différents candélabres de pierre. 90, Sacrifice de Mithras. A g. , sur un sarcophage avec des Tritons et des Néréides, plusieurs têtes d'hermès. 117, un bas-relief en 'travertin avec des représentations de sacrifices de Mithras. 115, une base de candélabre à trois faces , sur lesquelles se voient Jupiter, Hercule et l'Espérance. 105, 106, bas-reliefs avec des représentations relatives au culte de Mithras, le plus grand ^présentant des traces évidentes de dorure et de peinture. — Une porte vitrée, généralement fermée, donne sur une cour appelée „giardinou, dans laquelle on voit une partie des substructions du temple de Jupiter Capitolin (p. 212), et, dans le mur à g. , un fragment d'une colonne gigantesque de ce temple, en marbre.
On traverse ensuite le corridor de la Protomothèque (à dr., le monument en l'honneur de Canova; v. p. 216).
V. Salle terres cuites. Aux murs, toute sorte d'ustensiles de ménage ordinaires (pots, cruches, coupes, lampes, amphores), beaucoup de basreliefs en terre cuite faits pour servir à décorer des murs, et couverts encore de restes de peinture. Puis des vases d'Arretium (p. 38), des ex-voto, etc. Remarquer surtout, à g. de l'entrée, les restes des plus anciens tombeaux trouvés sur l'Esquilin. Au milieu, dans des vitrines, des lampes de terre, des vases de verre, différents débris, une balance de bronze et toute sorte d'objets antiques.
VI. Salle des bronzes. Au milieu, la ""'louve du Gapitole , avec Romulus et Rémus , du style étrusque , peut-être celle qui fut érigée en 296 av. J.-C. par les édiles Cneius et Quintus Ogulnius. Une lésion à
218 IV0 Rome antique. ROME.
Le Capitole.
la patte dr. de derrière passe pour une trace de la foudre qui la frappa, selon Cicéron, sous le consulat de Manlius et de Cotta, Tan 65 av. J.-C.; les jumeaux sont modernes. Un "'Jeune berger s'arrachant une épine du pied. Une ::tête de bronze pleine de caractère , donnée comme celle de L. Junius Brutus, qui chassa les rois et fut le premier consul : les yeux sont incrustés. 36, une petite triple Hécate. Une main et un pied de dimensions colossales (v. p. 253). Entre les deux, un trépied. Un ''cheval malheureusement fort endommagé, mais d'un travail excellent, trouvé en 1849, avec les restes d'un taureau, dans le vicolo délie Palme à Trastevere. 2, un vase trouvé près de Porto-d'Anzio , présent du roi Mithridate à un gymnase. Une statue dorée d'Hercule, trouvée au forum Boarium. Un "'Camille (jeune sacrificateur), une Diane d'Ephèse sur un autel à trois faces. Dans les vitrines aux murs, des débris d'armes, des ustensiles de bronze, etc.
VII. Salle des terres cuites étrusques ou musée italique : vases, terres cuites diverses , entre autres deux sarcophages avec des figures, sur les couvercles, et aussi des bronzes et d'autres antiquités de l'Etrurie «t du Latium , données en 1866 à la ville par A. Castellani : ces objets ne sont intéressants que pour les hommes spéciaux.
En prenant au sortir de la galerie la première porte à dr., dans le corridor, portant l'inscription „Pinacotecau, on monte à la
Galerie de peinture, créée par Benoît XIV. La première salle est en face. . — Les noms des artistes sont inscrits sur des étiquettes.
Ire salle. Au mur de droite : 2, le Guide, un Bienheureux, inachevé ; 6, Romanelli, Ste Cécile; 9, VAlbane , Ste Madeleine; 13, le Guerchin, St Jean-Baptiste ; 14, N. Poussin, Flore, copie d'après l'original du Louvre; 16, le Guide, Madeleine; 20, le Dominiquin, la Sibylle de Cumes. Au petit mur: 26, le Tintoret, Marie-Madeleine; 27, Fra Bartolommeo (?), la Présentation au temple; 30, le Garofalo, Ste-Famille; 42, Palma le Jeune, le Bon Samaritain; 44, Gaudenzio Ferrari, la Vierge; 34, le Guerchin , la Sibylle de Perse. Au mur de la fenêtre à g.-. 52, B. Botticelli (?), la Vierge avec des saints ; 54, le Garofalo , le Couronnement de Ste Catherine ; 70, Paul Véronèse , la Vierge avec des saints , copie. Mur de l'entrée : 76, Polid. Caravage, Méléagre ; 78, Fr. Francia, la Vierge avec des saints (1513); ::89, Rubens, Romulus et Rémus. — Aux deux murs des fenêtres, dans le haut : 10, des fresques attribuées à Lo Spagno, Apollon et les neuf Muses, autrefois au château de chasse de la Magliana (p. 339).
Un petit corridor où sont des paysages conduit ensuite au
Ier cabinet: 223, Paul Véronèse, la Vierge avec des anges; 157, Jules Romain, Judith; ::61, le Guide, portrait de l'artiste; *106, van Dyck , deux portraits d'hommes; :;134, portrait de Michel- Ange, peut-être par luimême; "100, van Dyck, deux autres portraits d'hommes; 80, Velasquez, un portrait.
IIe cabinet: -132, Jean Bellini, un portrait, peut-être le peintre luimême; 87, du même, St Augustin; 124, le Titien, Baptême de J.-C. ; 136, Jean Bellini (V), Pétrarque; 129, du même, un portrait; 49, le Dominiquin^ paysage avec Hercule; 8, le Carrache, paysage avec Ste Madeleine; 66, Bronzino, portrait de femme ; 137, le Dominiquin , paysage avec St Sébastien ; 98, école de Bellini, Ste-Famille.
IIe salle. A dr.: 104, Mazzolini , l'Adoration des bergers; 105, le Titien, un portrait d'homme; 116, le Guide, St Sébastien; 117, le Guerchin, Cléopatre et Octave; 119, Louis Carrache, St Sébastien; 128, le Caravage, une Bohémienne disant la bonne aventure; 139, d'un inconnu, St Bernard. Au petit mur : 142, VAlbane, la Nativité de la Vierge; *143, le Guerchin, Ste Pétronille sortie de la fosse et montrée à son fiancé ; 145, le GiorgionO), Ste-Famille. Au mur de gauche: 41, N. Poussin , Orphée; 164, le Garofalo, la Vierge; 180, le Titien, Jésus et la femme adultère; 186, Carpi, Ste-Famille; ®234, Paul Véronèse, l'Enlèvement d'Europe; 199, Cola délia Matrice, la Mort de la Vierge ; 196, du même, l'Assomption.
Les salles des Conservateurs (v. le plan ci-contre) ne sont visibles qu'avec une permission (v. p. 215). Le gardien fait d'abord voir la grande salle, où sont des fresques du cavalier cf Arpin , le Combat
Musée du Capitole.
ROME. 1V° Rome antique. 219
des Horaces et des Curiaces et d'autres faits du temps des rois, et où se voient aussi une statue de bronze d'Innocent X, par Algardi, une statue de marbre d'Urbain VIII, par le Bernin, et une de Léon X, par Giacomo del Duca. — IIe salle: peintures de Laureti, statues des généraux Marc- Ant. Colonna, Alex. Farnèse, Rospigliosi , Aldobrandini et Barberini. — IIIe salle-, peintures de la guerre des Cimbres et des bustes antiques. — IVe salle: fragments des "Fastes Consulaires, ou listes des consuls romains, trouvés au xvie s. (de plus petits fragments, en 1818 et 1872) près du temple des Dioscures; ils y étaient probablement encastrés dans les parois de l'escalier. Aux murs, des hermès: Socrate , Sapho (?) , Aleibiade (?) , Diogène (?) , avec des inscriptions modernes. — Ve salle : quelques antiques, un vase en forme de tête de femme-, deux canards. Puis une tête de Méduse par le Bernin. — VIe salle, l'ancienne salle du sénat : frise représentant des scènes de la vie de Scipion l'Africain, attribuée à Ann. Carrache ; aux murs, des tapisseries tissées à S. -Michèle. Un buste de Michel-Ange , attribué à lui-même. Enfin des bustes en marbre de Victor-Emmanuel, de Cavour, de Mazzini. — VIIe salle: peintures murales du Sodoma, sujets tirés de la deuxième guerre punique. — A côté se trouve l'ancienne chapelle, avec une *fresque à l'autel représentant la Vierge, probablement par le Pinturicchio .
B. **Muse'e du Capitole.
(Voir le plan.)
Ce musée a été fondé sous Innocent X, augmenté sous Clément XII, Benoît XIV, Clément XIII et Pie VI. La plupart «des objets emportés par les Français furent rendus à Pie VII. Cette collection est plus petite que celle du Vatican, mais riche en chefs-d'œuvre. Le nouveau catalogue n'a pas encore paru.
Rez-de-chaussée. — Au milieu de la cour (cortile) en face sur une fontaine s'élève le *Marforio (ainsi nommé du forum de Mars ?), divinité fluviale colossale, avec une conque à la main, probablement le Rhin ou le Danube. Cette statue placée au moyen âge dans la via di Marforio, vis-à-vis de la prison Mamertine, est celle sur laquelle on afti chait des répliques sarcastiques aux saillies de Pasquin (v. p. 203). Sur les côtés, deux Pans du forum de Trajan , quelques sarcophages et des bustes.
Sous le portique (pl. 4) , à g. de l'entrée: 3, Minerve colossale; 6, sarcophage avec des représentations bachiques mutilées à dessein. — Au bout à g., l'entrée des salles de gauche.
lre salle de g. (pl. 1). Un sarcophage avec une Chasse au lion. Au milieu, un vase dans le style égyptien, sur une base de marbre avec une inscription palmyrène. Aux murs, des inscriptions palmyrènes, une mosaïque antique dont le sujet est Hercule filant et des Amours enchaînant un lion. Enfin des bas-reliefs et des inscriptions.
2e salle de g. (pl. 2): inscriptions, sarcophages et urnes cinéraires.
3e salle de g. (pl. 3): inscriptions et deux sarcophages: 4, la Chasse de Calydon"; 8, une autre Chasse.
Nous revenons au portique (pl. 4), où nous voyons, à g., n° 9, un haut-relief représentant une province. Plus loin à g., quelques statues drapées médiocres. — A dr. de l'entrée principale: à dr., 20, Diane; 21, petit Hercule; 22, Phébée; 26, Mercure; à g., 25, le Cyclope Polyphème avec une de ses victimes, mal restauré; à g., 28, Adrien en prêtre; à dr., 29, sarcophage avec une Chasse de Calydon; à dr., 30, Jupiter; à dr., 31, Mars colossal (jambes modernes) ; 32, Hercule et l'Hydre; à côté, une jambe de cette statue. — A dr. se trouve l'entrée de trois salles avec des inscriptions et quelques sarcophages intéressants.
lre salle de dr. (pl. 5). 1, autel qui se trouvait jusqu'en 1743 sur le marché d'Albano , avec une représentation archaïsante des travaux d'Hercule. Quelques bustes peu remarquables.
220 IV0 Rome antique. ROME.
Le Capitole.
2e salle de dr. (pl. 6). A dr., 4, 'Sarcophage avec une Bataille des Romains et des Gaulois; le chef des Gaulois se donne la mort (c'est peuttêre Anéroste, vaincu près de Pise en 225 av. J.-C). A g., 14, cippe de T. Statilius Aper, avec un sanglier (aper) au pied de son portrait. Aux murs, diverses inscriptions.
3e salle de dr. (pl. 7). Un grand ^sarcophage autrefois considéré comme celui d'Alexandre-Sévère et de sa mère Mammée, orné de scènes de l'histoire d'Achille: en face, Achille au milieu des filles de Lycomède 5 à g., les Adieux de Déidamie; à dr., l'Equipement d'Achille; sur le revers, Priam demandant le corps d'Hector. On a trouvé ce sarcophage devant la porte Majeure, en même temps que le fameux vase de Portland, qui est à Londres. A g. de la porte, 14, statue assise de Pluton. Nous revenons au portique et montons l'escalier qui mène au
Premier étage. — Aux murs de l'escalier (pl. 8) se voient les fragments du plan de Rome trouvé au xvies. à St-Cosme-et-St-Damien (p, 232), exécuté en marbre sous Septime-Sévère. C'est un document topographique de la plus grande importance. Une partie des débris retrouvés ont été perdus et remplacés ici d'après des dessins (ces morceaux sont désignés par une étoile). Sur le palier, deux statues de femmes, appelées sans raison la Pudeur et Junon Lanuvine.
On entre tout droit dans la
I. Salle du Gladiateur mourant, où se trouvent réunies les plus belles statues du musée. Au milieu: 1, le """Gladiateur mourant, Gaulois blessé à mort, ouvrage grec de l'école de Pergame, trouvé dans les jardins de Salluste, de même que le groupe de Gaulois de la villa Ludovisi, dont cette statue dépendait évidemment (p. 165); 2 (à dr. de la porte), Apollon avec la lyre. Mur de dr. : 3, Faustine, avec des traces de dorure à la tête ; *4, tête de Bacchus regardée précédemment à tort comme une tête de femme (Ariane); 5, Amazone; 6, Alexandre le Grand; 7, Cérès. Mur visà-vis de l'entrée: 9, M. Junius Brutus , le meurtrier de César; 10, Prêtresse d'Isis ; 11, Flore de la villa d'Adrien. Mur de g.: ""13, Antinous de la villa d'Adrien; *15, Satyre de Praxitèle, la meilleure reproduction que nous ayons de cette statue; 16, Jeune fille protégeant une colombe: il y avait probablement dans le principe un petit chien ou un animal de ce genre à la place du serpent actuel. Mur de l'entrée: 17, Zénon, trouvé en 1701 dans une villa d'Antonin le Pieux à Cività-Lavinia.
II. Salle du Faune. Sur les murs, des empreintes de briques, des basreliefs et des inscriptions, entre autres la lex regia de Vespasien (plaque noire sur le mur à l'entrée), avec laquelle Cola di Rienzi prouva au peuple la puissance et la liberté de l'ancienne Rome. Au milieu, 1, Faune mangeant des raisins, en rouge antique, trouvé à la villa d'Adrien; il est placé, sur un autel bizarre consacré à Sérapis. Mur des fenêtres, 6, tête colossale de Bacchus, sur un autel rond avec des rostres et l'inscription : ,,Ara tranquillitatis<"!", trouvé avec les deux autres, 6, Ara ventorum, 5, Ara Neptuni, de Porto-d'Anzio : les marins y sacrifiaient à leur départ et à leur retour. Mur de la sortie: 10, tête de Mercure (?); 11, sarcophage avec des bas-reliefs représentant Diane et Endymion; "12, tête de Junon Sospita; 13, Enfant avec un masque de Silène. Mur de dr. : 15, petite Minerve; 17, Mars. Mur de l'entrée: 20, tête d'Hercule; 21, Enfant luttant avec une oie, trouvé en 1741 près du palais de Latran: c'est une imitation d'une œuvre de Boethus; 26, * sarcophage avec une Bataille d'Amazones; au coin à g., 23, tête d'Ariane couronnée de lierre.
III. Grande salle. Au milieu: 1, le Jupiter en noir antique (marbre), trouvé à Porto-d'Anzio, sur un autel orné des figures de Mercure, Apollon et Diane, de style archaïsant; 2 et 4, * deux centaures en marbre gris foncé, par Aristeas et Papias, trouvés en 1736 à la villa d'Adrien ; 3, statue colossale d'Hercule enfant , en pierre de touche, trouvée sur l'Aventin ; elle est placée sur un bel autel de Jupiter, avec des sculptures représentant sa naissance, son éducation, etc.; 5, Esculape en noir antique, sur un autel orné de scènes de sacrifice. — Au mur des fenêtres, à g. de l'entrée: 6, Hygie; 8, Apollon avec la lyre; 9, Marc-Aurèle; 10, Amazone;
Musée du Capitole. ROME. IY° Rome antique. 221
11, Mars et Vénus, trouvés près d'Ostie; 13, Minerve. — Mur delà sortie: 14, Satyre; 15, Apollon; 16, Minerve; 17, buste colossal de Trajan avec la 'couronne civique. — Mur de dr. : 21, Adrien sous les traits de Mars, trouvé près de Ceprano. Les deux colonnes près de la niche ont été trouvées près du tombeau de Ceecilia Metella. 25, Amazone; 26, Apollon;
27, Mercure; 28, Vieille femme, probablement d'un groupe d'e Niobé ; 30, Cérès (?). — Mur de l'entrée : 31, buste colossal d'Antonin le Pieux ; 33, Chasseur avec un lièvre; 34, Harpocrate, dieu du silence, de la villa ■d'Adrien.
IV. Salle des Philosophes. Sur les murs: des * bas -reliefs remarquables, cinq de la frise du temple de Neptune; au-dessus de la porte d'entrée, la Mort de Méléagre; des instruments de sacrifice; mur de la sortie, un bas-relief archaïsant à scènes bachiques, par Callimaque, etc. — Au milieu: la *statue assise de M. Claudius Marcellus (?), qui prit Syracuse en .212 av. J.-C, provenant de la collection Giustaniani, ci-devant au musée Chiaramonti. Puis, 93 " bustes d'hommes célèbres de l'antiquité, mais dont les noms sont souvent très - douteux: 1, Virgile (?) ; 4, *5, 6, Socrate; 9, Aristide le Rhéteur; 10, Sénèque (?) ; 13, Lysias (?) ; 16 Marcus Agrippa; 19, Théophraste; 20, Marc-Aurèle; 21, Diogène; 22, Sophocle (et non Archimède) ; 23, Thalès; 24, Asclépiade; 25, Théon; 27, Pythagore;
28, Alexandre le Grand (?) ; 30, Aristophane (?); 31, Démosthène; 33, 34, Sophocle; 35, Alcibiade (?, ce n'est certainement pas Persius); 37, Hippocrate; 38, Aratus (?); 39, 40, Démocrite d'Abdère; 41, 42, 43, Euripide;
44, 45, *46, Homère; 47, Epiménide; 48, Cn. Domitius Corbulon, général des armées de Claude et de Néron ; ::49, Scipion l'Africain, reconnaissable à la blessure qu'il reçut à la tête dans sa jeunesse, à la bataille du Tessin, pendant qu'il sauvait la vie à son pere; 52, Caton le Censeur; 54, Minerve; 55, Cléopâtre (?) ; *59, Arminius le Chérusque (?), faussement appelé Cécrops; 60, Thucydide (?); 61, Eschine; 62, Métrodore; 63, double hermès d'Epicure et de Métrodore; 64, Epicure; 68, 69, Masinissa; 70, Antibthène; 72, 73, Julien l'Apostat; 75, Cicéron; 76, Térence ou C. Asinius Pollion; *- 82 Eschyle (?). Les bustes du côté des fenêtres sont sans noms.
V. Salle des bustes des empereurs. Sur le mur de l'entrée, différents bas-reliefs: au-dessus de la porte, /, Mercure, Hercule, les Grâces, les Nymphes enlevant Hylas ; *H, Endymion endormi, avec son chien à côté de lui; *F, Persée délivrant Andromède: ils faisaient partie des huit basreliefs du palais Spada (p. 206). E (au-dessus de la porte de sortie), les Muses, bas-relief de sarcophage (copie, original maintenant au Louvre). En outre, au-dessus des fenêtres, plusieurs bas-reliefs de sarcophages: B, Triomphe de Bacchus enfant ; Jeux du cirque , bacchanales ; D.: Chasse de Calydon (moderne). — La collection de bustes des empereurs «st une des plus complètes ; les noms sont en majeure partie justifiés par des monnaies. Au milieu, une "statue de femme assise, probablement Agrippine, fille de M. Agrippa, femme de Germanicus et mère de Caligula. L'énumération des bustes commence à g. de la porte d'entrée, par la rangée supérieure: 1, Jules César; 2, Auguste; 3, Marcellus, son neveu (?) ; 4, 5, Tibère; 6, Drusus l'aîné, son frère; 7, Drusus, fils de Tibère; 8, Antonia, femme de Drusus l'aîné, mère de Germanicus et de Claude; 9, Germanicus; 10, Agrippine, sa femme; *11, Caligula, en basalte; 12, Claude; 13, Messaline, sa cinquième femme; 14, Agrippine la jeune, fille de Germanicus et mère de Néron; 15, Néron; 17, Poppée, seconde femme de Néron; 18, Galba; 19, Othon; 20, Vitellius (?); 21, Vespasien; 22, Titus; 23, Julie, sa fille; 24, Domitien ; 26, Nerva (moderne?); 27, Trajan; 28, Plotine, sa femme; 29, Martiana, sa sœur; 30, Matidie, fille de cette dernière; 31, 32, Adrien; 33, Sabine, sa femme; 34, iElius César, son fils adoptif; 35, Antonin le Pieux; 36, Faustine l'aînée, sa femme; 37, Marc-Aurèle enfant; 38, Marc-Aurèle dans l'âge mûr; 39, Faustine la jeune, fille d'Antonin, sa femme; 41, Lucius Vérus; 43, Commode;
45, Pertinax; 50, 51, Septime-Sévère; 53, Caracalla; 57, Héliogabale; 60, Alexandre-Sévère; *62, Maximin; 64, Gordien l'Africain; 65, Gordien; 76, Gallien ; 80, Dioclétien (?) ; 82, Julien l'Apostat. — Nous entrons ensuite dans le corridor.
222 IV0 Borne antique. ROME.
Le Capitole.
VI. Corridor. A g., au petit mur, n° 76, un beau vase de marbre sur un *putéal de style archaïsant. où sont représentés les 12 dieux : Jupiter, Junon, Minerve, etc. Puis, en tournant les dos à la fenêtre, à g., 72, Trajan; *71, Pallas, trouvée à Velletri, absolument conforme à la statue n° 114, au Braccio Nuovo du Vatican; 70, Marc-Aurèle enfant; à dr., *69, buste de Caligula; *73, tête de Silène; à g., 66, Auguste; 64, Jupiter sur un cippe orné d'un bas-relief, qui représente Claudia Quinta halant sur le Tibre le bateau avec l'image de la Magna Mater; à dr. , 61, Vénus; à dr. , 56, statue de femme drapée. (En face se trouve la porte de la salle de Vénus; v. pl. bas). A g,, 55, tête d'Apollon; à dr., 54, Antinous; à g., 53, Psyché; à dr., *48, sarcophage avec la Naissance et l'éducation de Bacchus, à dr., 44, Diane; à g., 43, tête d'Ariane. On remarque ensuite à dr. les inscriptions du colombaire de Livie, découvertes en 1726 près de l'église Domine-quo-vadis. A dr.,40, Niobide; à g. et àdr., 39, 38, Vénus; à g., 37, vase avec des scènes bachiques ; à dr., 36, pendant du Discobole de Myron (palais Massimi-alle-Colonne ; p. 202) faussement restauré comme guerrier; à g., 33, Satyre jouant de la flûte; à dr., 32, Muse; à g., 29, urne cinéraire octogone avec l'Enlèvement de Proserpine ; à dr., 26, Hercule enfant avec les serpents ; à g., 22, bas-relief archaïsant, un Musicien (?); à g., 20, Vieille femme ivre; à dr., 16, statue drapée assise. Vis-àvis, l'entrée de la salle des Colombes. A g., "13, Amour bandant son arc, d'après Lysippe; à dr., 12, Satyre jouant de la flûte; à g., 9, Lion couché; à dr., 5, Silène; à dr,, 3, Septime-Sévère ; à g., 2, Faustine; à dr.„ i, Marc-Aurèle.
VII. Salle des Colombes, ainsi nommée de la " mosaïque du mur de droite, représentant des colombes au bord oVuiie coupe, trouvée à la villa d'Adrien près de Tibur, imitation d'une célèbre mosaïque de Sosus de Pergame, mentionnée par Pline. Au-dessus, un sarcophage, 88, Prométhée formant l'homme, Minerve l'animant , d'un style indiquant la transition à l'art chrétien. Plus loin, au mur de dr., une mosaïque avec plusieurs masques. Au-dessus, *60, sarcophage, Diane et Endymion. Sur le mur latéral, on remarquera les bustes 45, 46, 47, 48, 49 et 51. Au mur de g., devant la 2e fenêtre, 35, la Table Ilienne , petit bas-relief en palombino, espèce de marbre friable, représentant la destruction de Troie : au milieu la Fuite d'Enée, tet toutes sortes d'autres scènes de l'histoire troyenne, expliquées par des inscriptions grecques. Cette table, trouvée à Bovillse, servait probablement à l'enseignement.
VIII. Dans la galerie se trouve l'entrée de la salle de Vénus, qui renferme la **Vénus du Capitole, œuvre fameuse de la statuaire grecque, probablement d'après l'aphrodite de Cnide par Praxitèle, presque entièrement intacte, trouvée murée dans une maison de la Suburra. A g., Léda avec le cygne, œuvre médiocre; à dr., 1' "Amour et Psyché, trouvés sur l'Aventin.
Sur le mamelon S.-E. du Capitole , le mont Caprino (escalier à l'E. du palais des Conservateurs; v. p. 215) , se trouvent la Casa Tarpeia, avec l'hôpital protestant, et V Institut archéologique allemand. On montre dans le jardin (gardien, Monte Caprino, 130), un endroit qui passe pour être la roche Tarpéienne. Néanmoins, la déclivité du terrain est tellement diminuée depuis l'antiquité, et la situation de la roche d'où l'on précipitait les condamnés à mort, tellement douteuse, que l'endroit mérite à peine une visite. On a découvert en 1866 dans le jardin du palais Caffarelli (p. 213) de vieilles fondations en pierre de taille qui proviennent du temple de Jupiter Capitolim
De tous les édifices qui couvraient autrefois le Capitole, il n'y a de conservés que les restes grandioses sur lesquels s'élève