Passaggio al dvùostro 19 Statua d'Enrico IV- dv Fronda
20 Entrafa al Muses)
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St-Jean-de-Latran. ROME. IV0 Rome antique. 271
soient encore visibles. En bas, devant la confession (pl. 4), le " tombeau de Martin V (m. 1431), en bronze, par Simone, frère de Donatello. — Au milieu du transept, plus élevé de 4 marches, le ''baldaquin (pl. 5), bel ouvrage de 1367, récemment restauré, orné de peintures (vers 1390) par Barna de Sienne, fortement retouchées; il renferme une foule de reliques, surtout les crânes des apôtres St Pierre et St Paul. Au-dessous s'élève le maître autel (altare papale) , où le pape seul dit la messe. Il renferme une table en bois provenant des catacombes, et qui servit jadis d'autel à St Pierre. Le transept a été restauré sous Clément VIII par Giacomo délia Porta (1603), et décoré de fresques. On y remarque, à g., le grand autel du St-Sacrement (pl. 6), avec quatre colonnes antiques en bronze doré, qui se trouvaient déjà dans l'ancienne basilique. La chapelle du chœur (pl. 7), à g. de l'abside, ordinairement fermée, contient un portrait de Martin V par Scipion Gaëtano ; le tableau d'autel est du cavalier d'Arpin.
L'abside et toute la partie O. de l'église sont maintenant en voie de transformation.
Dans 1' " abside (pl. 8), il y a des mosaïques de Jacobus Torriti (1290; peut-être n'a-t-il fait que restaurer une œuvre ancienne): le Sauveur dans les nuages; en bas, à côté d'une croix, à g., la Vierge devant laquelle est agenouillé Nicolas IV; St François, St Pierre et St Paul; à dr., St Jean- Baptiste, St Jean l'Evangéliste, St André et St Antoine. Dans le transept de dr., deux belles colonnes en jaune antique. A côté de l'orgue, le monument du philologue Laurent Valla (m. 1465), chanoine de la basilique. La nef semi-circulaire derrière l'abside s'appelle le portique Léonin, parce qu'elle fut construite par Léon Ier. On y voit des deux côtés des mosaïques ayant rapport à la construction de l'église; plus loin, à dr., un Pape agenouillé (xe s.); au milieu, à g., un autel avec un vieux crucifix; des deux côtés, les statues de St Pierre et de St Paul (xe s.)
Plus loin, à dr., l'entrée de la sacristie (pl. 11), dont les portes intérieures, en bronze, sont de 1196. On y voit le tombeau de Fulvius Ursinus , savant et chanoine de cette église ; une * Annonciation d'après un dessin de Michel-Ange, par Marcello Venusti; une statue en bois de St Jean- Baptiste, par Donatello; un carton de la Madone de la Casa d'Alba par Raphaël (original à St-Pétersbourg). — A l'extrémité de ce portique, à g., un beau sanctuaire en marbre (pl. 12; construit vers 1500); à côté, la Tabula magna lateranensis, l'inventaire des reliques.
Dans les bas -côtés, on remarque, sur le revers du premier pilier de la nef centrale (pl. 13), à dr., de ""' Giotto, Boniface VIII entre deux cardinaux, proclamant le premier jubilé (1300). A droite. La 2e chap. (pl. 14), appartenant à la famille Torlonia, est décorée d'une profusion de marbres et de dorures; au-dessus de l'autel, la *Descente de croix, par Tenerani (50 c. au gardien pour ouvrir cette chapelle et les autres qui sont fermées). La 3e chap. (pl. 15), celle des Massimi, construite par Giacomo délia Porta, a un tableau de Sermoneta, le Crucifiement. Plus loin, dans le bas-côté de dr. (pl. 16) , le tombeau du cardinal Guissano (m. 1287). — A gauche. "::"lre chap. (pl. 17), d'André Corsini , construite en 1734 par Galilei, des colonnes antiques, et, devant la statue de bronze de Clément XII (Corsini, m. 1740), un grand sarcophage de porphyre provenant du portique du Panthéon. Les murs de cette chapelle sont incrustés de pierres rares. Au-dessous se trouve le caveau des Corsini, avec une *Pietà du Bernin (?). En creusant ce souterrain, on a trouvé les antiquités qui sont actuellement conservées au palais Corsini.
A g. de la dernière chapelle (pl. 18), une porte par laquelle on entre, sous la conduite du sacristain, dans un * cloître remarquable du xnies., avec une foule de colonnettes torses et incrustées de mosaïques. Les arcades renferment toutes sortes de fragments de l'ancienne basilique. Les bénédictins du Mont- Cassin fondèrent ici un couvent à la fin du vie s.
La façade du transept de dr. , du côté de la place St-Jeande-Latran (p. 269) est du temps de Sixte-Quint, qui construisit
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aussi le palais. On remarque dans le portique de cette façade, à dr. (pl. 19), une statue d'Henri IV de France, par Nie. Cordieri. Les deux petits campaniles fort éloignés l'un de l'autre furent élevés par Pie IV.
Dans l'angle S-O. de la place St-Jean-de-Latran, le ^Baptistère de Latran ( S.-Giovanni-in- Fonte ; plan de la ville, II, 30), chapelle octogone, où, selon la tradition, Constantin le Grand fut baptisé en 324 par le pape St Sylvestre (en réalité, il ne le fut qu'en 337, peu de temps avant sa mort). Sixte III (m. 440) passe pour le véritable fondateur de la chapelle. Ce fut pendant longtemps le seul baptistère de Rome et le type des constructions de ce genre. Le pape St Hilaire y ajouta en 461, à l'E. et à l'O., les oratoires de St-Jean-V Evangéliste et de St-Jean- Baptiste ; Jean IV, vers 640, celui de St-Venance. C'est Léon X qui a fait couvrir le baptistère en plomb , et ses successeurs l'ont orné et modernisé.
Il y a deux entrées, une du côté de la place et l'autre du côté de la cour, où l'on arrive en prenant à g. au sortir du transept de St-Jean-de-Latran. La seconde entrée a été ornée par Sixte III de deux colonnes de porphyre avec leur architrave antique.
De la plaee, on entre immédiatement dans le baptistère même, que huit grandes colonnes de porphyre avec architrave antique de marbre, regardés comme un présent de Constantin, divisent en deux parties, un espace central et un pourtour. Au milieu, les fonts baptismaux, en basalte vert. Les fresques sont d'A. Sacchi, de Maratta, etc. — A dr., l'oratoire de St-Jean-Baptiste, avec la statue en bronze du saint, par L. Valadier, (1772 -, d'après Donatello), entre deux colonnes de serpentin. Les portes de bronze, données par St Hilaire , proviennent, dit-on, des thermes de Caracalla. — A g. , en face, l'oratoire de St-Jean-1' Evangéliste, avec des portes de bronze de 1196 et de belles mosaïques, des fleurs et des oiseaux, sur fond d'or. La statue du saint, entre deux colonnes d'albâtre, est de Landini , (m. 1594). — La porte du milieu donne sur l'ancien portique de St-Venance. Autrefois, l'entrée principale était du côté de la cour; mais le portique a été transformé en deux chapelles en 1154. Dans i'abside de g., une belle décoration en mosaïque, des pampres d'or sur fond bleu, du ve s. Au-dessus de la porte du côté du baptistère, un bas-relief eu marbre de 1194, le Crucifîment. — Une quatrième porte dans le baptistère est l'entrée de l'oratoire de St-Venance, qui a des mosaïques du milieu du viie s.
A côté de l'église de St-Jean-de-Latran, au N., s'élève le Palais de Latran (pl. II, 30), auquel la loi de garantie du 13 mai 1871 a accordé, de même qu'au Vatican et au château de Castel- Gandolfo, le privilège de l'exterritorialité. Les papes ont résidé ici depuis Constantin jusqu'à la translation du Saint-Siège à Avignon. L'ancien palais était considérablement plus étendu que celui d'aujourd'hui et comprenait encore la chapelle Sancta- Sanctorum (p. 269). Incendié en 1308, il resta en ruine jusqu'à ce qu'il fut enfin rasé sous Sixte-Quint et rebâti par Dominique Fontana, en 1586. Comme il était inhabité, Innocent II y établit un orphelinat en 1693, et Grégoire XVI en fit, en 1843, un musée pour les antiquités païennes et chrétiennes qui n'avaient pas de place au Vatican ni au Capitole, sous le nom de
Musées de Latran.
ROME. IY° Rome antique. 273
*musée Grégorien de Lairan. Ce musée a pris avec le temps des proportions de plus en plus considérables. Il est visible tous les jours non fériés, de 9 h. à 3 h. On y entre par le portail en face de l'obélisque (p. 269), et on sonne à dr. Voir aussi le plan (p. 270). Les objets ne sont pas numérotés, et il n'y a pas de catalogue; mais le gardien est bien renseigné (75 c. à 1 1.).
Au rez-de-chaussée se trouve le *musée profane, qui comprend des sculptures antiques, parmi lesquelles il y a des choses fort remarquables. — Nous commençons sous les arcades de l'aile à dr. de l'entrée.
Iresalle. Mur de l'entrée: bas-relief, l'Enlèvement d'Hélène; basrelief sépulcral, les Adieux d'un guerrier; un Prêtre de Jupiter de Dodone, bas-relief de fontaine. Mur de g. : deux Pugiles , appelés Darès et Entelle, bas-relief; buste de Marc-Aurèle; Trajan accompagné de sénateurs, bas-relief du forum de Trajan (la tête a été restaurée par Thorvaldsen) ; en avant, statuette de Némésis; une Nymphe allaitant un enfant (Pan ?) , bas-relief. Mur de dr. : bas-reliefs de sarcophages: Mars et Rhéa Silvia (avec les traits de la défunte), Diane et Endymion ; Adonis ; Diane et Endymion. Au milieu, une mosaïque représentant des pugiles, provenant [des thermes de Caracalla (une autre au 1er étage, v. p. 275). — IIe salle. Fragments intéressants d'architecture, surtout du forum de Trajan. On remarquera particulièrement les -morceaux de frise sur trois des murs de cette salle. — IIIe salle. Mur de l'entrée, statue d'Esculape. Mur de dr., - Antinous (tête moderne) trouvé à Ostie. Mur de la sortie: sarcophage d'enfant avec des scènes de pugilat; plusieurs beaux pieds de tables dans l'embrasure de la fenêtre. — IVe s aile. Mur de l'entrée: *Médée et les filles de Pélée, bas-relief grec; belle petite tête de satyre du sexe féminin sur la tablette du haut (n° 762) -7 statue de Germanicus. Mur de dr., une '-statue de Mars. Mur de la sortie: copie du Satyre au repos de Praxitèle; sur un cippe, un -buste de Tibère enfant. Dans la lre embrasure, une base d'une colonne de la basilique Julia. Au milieu, un beau bassin en lumacchella (espèce de marbre).
Nous traversons le corridor pour entrer dans la
Ve salle. Mur de dr. : buste romain; hermès de Pan; Muse; hermès d'une Panisque ; * caisse cinéraire avec un Combat de coqs. Au milieu : Sacrifice de Mithras, trouvé près de la Scala-Santa; Cerf en basalte; une Vache. — VIe salle. Sculptures trouvées à Cervetri, l'ancienne Cœre, probablement au milieu des débris d'un théâtre. Mur de l'entrée: à g., un autel circulaire avec Pan et 2 Heures dansant ; une tête colossale (Auguste ? ) ; à dr., la statue d'un empereur, avec une tête moderne. Mur de dr. : statue drapée; statues colossales assises de Tibère et de Claude ; entre les deux, Agrippine la jeune; statue drapée (Drusus l'aîné?). Mur de la sortie : statue d'empereur (Drusus le jeune?); buste de Caligula. En avant, un bas-relief représentant les divinités de trois villes étrusques Vetulonies , Vulci et Tarquinies. Entre deux fenêtres, une statue de femme (Drusilla?). Au milieu, deux Silène endormi (provenant d'une fontaine); autel avec la représentation d'un sacrifice. — VIIe s aile. Mur de dr. : -Satyre dansant, trouvé près de S.-Lucia-in-Selce , peut-être une partie d'un groupe de Myron: Marsyas voulant ramasser la flûte jetée par Minerve et reculant plein d'effroi à l'apparition de la déesse (v. p. xxxi). A dr. de la porte, une tête de Paris (?); à g., un Roi barbare. Mur de g., Apollon. Vis-à-vis de l'entrée, '-"-'Sophocle, une des plus belles statues portraits qui existent, trouvée à Terracine en 1838. Le désir de donner une place convenable à ce chef-d'œuvre a pour beaucoup contribué à la fondation du musée de Latran. — VIIIe salle. Mur de l'entrée: à g., un *bas-relief représentant un poète avec des masques et une Muse; à dr., un sarcophage avec la chasse de Calydon ; au-dessus, une tête de Nymphe endormie. Mur de g., Méléagre tué par Apollon. Au milieu, une *statue de Neptune trouvée à Porto. — IXe salle: un grand nombre de fragments
Bsedeker. Italie, II. 5e édition. 18
274 IV0 Rome antique. ROME.
Les musées
d'architecture provenant des fouilles du Forum et de la voie Appienne. Mur de l'entrée, bas-relief sépulcral , avec des Amours portant des guirlandes, et des masques. Mur de la sortie, à g. de la porte, une petite tête de Victoire. Au milieu, un * autel triangulaire avec des danses bachiques. — Xe salle. La plupart des sculptures proviennent des tombeaux des Haterii, découverts en 1848 sur la voie Labicane, près de Centocelle. Mur de l'entrée: 2 bustes d'homme et de femme 5 entre les deux, un bas-relief représentant la construction d'un grand tombeau, avec une grande grue à côté. Mur de dr. bas-relief: Exposition d'une morte entourée de pleureuses. Mur de la sortie, bas-relief représentant des édifices de Rome, parmi lesquels on reconnaît le Colisée. Au-dessus, basrelief où figurent Mercure (brisé), Cérès, Pluton, Proserpine. Au milieu, l'Amour sur un dauphin.
Nous traversons un deuxième corridor pour entrer dans la XIe salle. Les sculptures qu'on voit ici ont été pour la plupart trouvées dans les tombes de la voie Latine (p. 346). Mur de l'entrée: à g., une Nymphe endormie, provenant d'une fontaine; à dr., un sarcophage bachique; au-dessus, des hermès de Bacchus et de Libéra. Mur de dr. : plusieurs hermès de Bacchus barbu; sarcophage avec les Saisons; Diane d'Ephèse; sarcophage avec Adonis. Mur de la sortie: bas-relief sépulcral grec. Au milieu, grand sarcophage avec le Triomphe de Bacchus. — XIIe salle. Mur de l'entrée, à g., un jeune Hercule; à dr., un '-sarcophage avec l'histoire d'Oreste (mort d'Egisthe, etc.). Mur de dr., un grand sarcophage avec des Amours portant des guirlandes. Au-dessus, une tête d'Auguste. * Enfant avec une grappe de raisin. Dans le coin, un hermès de satyre. Mur de la sortie, un *sarcophage avec la Mort des Niobides , trouvé en même temps que ceux qui sont mentionnés ci-dessus, en 1839, dans la vigne Lozzano Argoli. — XIIIe salle. Mur de l'entrée: bas-relief, Géant combattant; plusieurs tuiles frontales en marbre avec le Palladium; "-"statue de C. Lselius Saturninus, en marbre de Paros. Mur de la sortie, bas-relief, Pylade soutenant Oreste épuisé de fatigue. Au milieu, un sarcophage oval de P. Csecilius Vallianus, avec un festin funèbre ; enfin une '-'base triangulaire de candélabre, avec Pluton, Neptune et Proserpine. — XIVe salle. Mur de l'entrée, à dr., un petit groupe en bas-relief, peut-être Orphée et Eurydice. Mur de g., statue inachevée en porphyre. Vis-à-vis de l'entrée, une autre d'un prisonnier barbare, intéressante à cause des traces de la mise aux points qu'elle porte. Au-dessous, le sarcophage de L. Annius Octavius, représentant une boulangerie, avec l'inscription: "Evasi, effugi^ spes et fortuna valete, niî mihi vobiscum est, ludificate alios". Près de la porte de sortie, des plâtres des statues de Sophocle (7e salle) et de l'Eschine de Naples , intéressants pour la comparaison. — XVe salle. Elle contient, avec la suivante , les produits de fouilles faites à Ostie. Les vitrines sous les fenêtres renferment des lampes, des objets en terre cuite, des fragments de verre, des ustensiles en ivoire, etc. Sur le pilier, une mosaïque et des fragments de carreaux en terre cuite. Au mur de la sortie, à dr., un sarcophage avec des tritons et des néréides. Au-dessus, à g., une petite '-tête de femme, peut-être d'une Nymphe; une tête d'Alexandre. En haut, à dr. de la porte, une tête d'Atthis. — XVIe s a 1 1 e. A dr. : des tuyaux de plomb d'un aqueduc antique; des peintures tirées d'un tombeau près d'Ostie, représentant des scènes des enfers. Au milieu, une statue d'Atthis couché, trouvée à Ostie en 1869, et intéressante par les traces de dorure que présentent la chevelure et le croissant.
Le musée chrétien et la galerie de peinture sont au premier étage du palais. L'escalier principal est au fond de la cour à dr. ; s'il est fermé, sonner comme il a été dit p. 273 à la porte d'entrée, et tourner alors dans les arcades de droite, pour monter à g. un escalier dans les murs duquel sont encastrées de vieilles inscriptions chrétiennes: on frappe à la porte du haut (50 c). Yoir aussi le plan (p. 270).
de Latran.
ROME, IV° Rome antique. 275
Le *musée chrétien a été fondé par Pie IX et organisé par le P. Marchi et le Comm. de Rossi. Nous commençons du côté de l'entrée principale.
Dans le vestibule, une statue du Christ, par SosnowsTcy ; au mur, trois mosaïques, dont celle du milieu, représentant le Christ, St-Pierre et St Paul, provient de l'église souterraine de St-Piere; les deux autres sont tirées des Catacombes.
Dans le grand corridor: une -collection de sarcophages chrétiens très-anciens, la plupart du ive et du ve s., avec des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament; à dr., sur le mur latéral, 2 statues du Bon pasteur; un grand sarcophage à bas-reliefs : Création de l'homme, Multiplication des pains, Résurrection de Lazare, Adoration des mages, Daniel dans la fosse aux lions, Moïse faisant sortir l'eau du rocher, etc. (v. aussi p. 332, 333). Sur l'escalier : à g., 1er sarcophage, le Miracle de Jonas ; 2e, le Christ entrant à Jérusalem. En haut, à g., 4e sarcophage, le Bon pasteur sous une vigne, avec des Génies cueillant des raisins, allusion aux paraboles du Nouveau Testament. Sur d'autres: Pierre reniant J.-C, la Guérison du paralytique, le Sacrifice d'Abraham, les Trois jeunes hommes dans la fournaise ardente. Plus loin, un baldaquin du moyen âge; au-dessous, un sarcophage très-ancien orné de scènes de la passion. Au mur de l'escalier, en haut, la Crèche et l'Adoration des mages. Au-dessus, Elie montant au ciel. En haut, au mur latéral, une -statue assise de St Hippolyte , la partie supérieure moderne, provenant des catacombes de St-Laurent-horsles-Murs ; on lit sur le fauteuil une inscription grecque énumérant les œuvres du saint, et une table pascale. La porte à g. conduit aux portiques supérieurs, la porte vis-à-vis, à la galerie de peinture.
Les trois portiques ouverts contiennent une collection à.""- inscriptions chrétiennes d'une valeur inappréciable pour l'étude de l'antiquité chrétienne. Elles ont été classées systématiquement par M. de Rossi: I à III, éloges en l'honneur de différents martyrs, etc., de l'époque de St Damase (366 — 384) ; IV à VII, inscriptions datées (71) de 238 à 557; VIII et IX, inscriptions importantes pour la doctrine; X, papes, prêtres, diacres ; XI et XII, autres personnages de distinction; XIII, parents, amis, etc.; XIV à XVI, symboles, etc; XVII et suiv., simples épitaphes tirées de différentes catacombes.
La galerie de peinture se compose surtout de quelques mosaïques antiques, de quelques bons tableaux et de copies de peintures des catacombes.
On traverse d'abord deux salles des copies de peintures des catacombes de St-Calixte, St-Nerée-et-St-Achillée, St-Prétextat, etc. — Dans la 3e salle, ► des fresques du xne siècle, très-endommagées, provenant de Ste-Agnès-hors-les-Murs. De là, on entre dans la
Galerie proprement dite. Salle a. Mur de l'entrée: •"mosaïque antique, représentant le pavé d'une salle à manger après un dîner, où l'on voit épars différents restes: des feuilles de salade, des arêtes de poisson, des écrevisses, etc. Le nom de l'artiste est Héraclite; elle fut trouvée sur l'Aventin en 1833. Au-dessus, Jules Romain, Lapidation de St Etienne, carton. Mur de g., Camuccini, le Christ et St Thomas, carton. Entre les fenêtres, Daniel de Volterre, Descente de croix, ébauche (exécutée à fresque à la Trinitédu-Mont; p. 145). — La porte du mur à dr. conduit à la salle h. Mur de l'entrée, le cavalier tfArpin, Annonciation. Mur de dr., Lawrence, George IV d'Angleterre. Dans l'angle à dr. se trouve une porte donnant sur un escalier qui conduit à la galerie de la salle suivante, sur le plancher de laquelle est étendue une grande -mosaïque trouvée en 1824 dans les thermes de Caracalla, et représentant 28 scènes de pugilat. Elle porte déjà des traces visibles de la décadence de l'art. Nous revenons sur nos pas. — La porte du mur gauche de la salle a est celle de la
Salle c. Mur de l'entrée : *Marco Palmezzano, de Forli, élève de Melozzo, la Vierge avec les saints Laurent, Jean-Baptiste, Pierre, François, Antoine l'Abbé et Dominique (1537). Dans l'angle, Carlo Crivelli, la Vierge et des saints, de 1481. Mur de g., Benozzo Gozzoli (attribué à tort à Fiésole), St Thomas
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Villa Massimo.
recevant la ceinture de la Vierge, avec un gradin. Mur de la sortie: *Palmezzano, la Vierge avec St Jean-Baptiste et St Jérôme, 1510. — Salle d. Mur de l'entrée: Van Dyclc (?) , portrait d'homme; "0. Crivelli, Madone (1482); au-dessous, une Madone, d'un maître inconnu ; Sassoferrato, Sixte- Quint, Mur de g., deux tapisseries modernes, d'après les tableaux de Fra Bartolommeo, au Quirinal. Mur de la sortie, le Christ au denier. — Salle e. Mur de dr., école vénitienne, le Christ au tombeau. Vis-à-vis de l'entrée,, André del Sarto, Ste-Famille. Mur de g., Cola délia Matrice, Assomption (1515). — Salle /. Mur de l'entrée, César da Sesto (?), Baptême du Christ. Mur de g., Luca Signorelli (V), Ste Agnès; Fr. Francia, Annonciation; Luca Signorelli, St Laurent et St Benoît. Mur de la sortie, Fra Filippo Lippi, Couronnement de la Vierge. Mur des fenêtres *Giovanni Santi (père de Raphaël), St Jérôme, peint en détrempe. — Salle g. A g., tableau d'autel à? Antoine de Murano (1464). — Salle h: grande copie à l'huile d'une fresque du Dominiquin, le Martyre de St André, dont l'original est à St-Grregoire (p. 262). — Salle i: plâtres de sculptures de Pettrich, de Munich, représentant des scènes de la vie des Indiens de l'Amérique du Nord.
Le 3e étage du palais renferme une *copie moulée de la colonne Trajane , que montre le gardien du musée profane. Il faudra, à cet effet, arriver de bonne heure, avant 9 h., car plus tard il est trop occupé.
Villa Massimo (pl. II, 30). L'entrée est sur la place de Latran, y. aussi p. 118 — Les jardins n'ont rien d'extraordinaire, de même que les antiques qui y sont disséminées ; mais il faudrait voir le casino, que le prince Camille Massimo a fait décorer (1821-28), au rez-de-chausée, de fresques dont les sujets ont été tirés des trois plus grands poètes italiens , et exécutées par des artistes allemands.
Dans l'antichambre, quelques statues antiques médiocres, et de beaux bahuts sculptés de la Renaissance. On entre de là dans la pièce centrale, ornée de scènes tirées del'Arioste, achevées en 1827 par Schnorr. Au plafond, le Mariage de Roger et de Bradamante, et le Triomphe. Mur de l'entrée, Charlemagne partant pour protéger Paris contre Agramante. Au-dessus, dans le tympan, l'Archange St-Michel; à g., le Combat victorieux de Renaud; à dr., le Combat de Roland et d' Agramante. Mur de g., la Magicienne Mélisse fait voir sa postérité à Bradamante; à dr., le Baptême de Roger. Dans le tympan au-dessus, Triomphe de Mélisse; à côté d'elle, le magicien Atlas, père nourricier de Roger, et Alcine; à g., Marfise; à dr., Bradamante. Mur de dr., "Angélique et Médor. Au premier plan, à g., Roland dans la tristesse; à dr., sa fureur. Dans le tympan au-dessus, St Jean l'Evangéliste et Astolfe rapportant de la lune l'esprit perdu par Roland; à g., Brandimarte; à dr., Zerbin. Entre les fenêtres , les Héros sarrasins. Au-dessus à g., Dudon battant les Sarrasins sur mer ; à dr., la Conquête de Biserte. — Lasallededroite renferme des scènes tirées du Dante. Les peintures des murs sont de Koch. Mur de l'entrée, le Dante, menacé par le lion, le léopard et la louve, trouve Virgile, son guide; à dr., l'Enfer avec Minos et les juges infernaux entourés de damnés. Vis-à-vis de l'entrée, la Porte du purgatoire gardée par un ange. Au premier plan , une Barque remplie d'âmes pénitentes, conduite par un ange. Sur le mur des fenêtres , le Purgatoire avec les pénitents des sept péchés capitaux. Sur le plafond, Ph. Veit, Scène du paradis. — La salle de gauche est ornée de scènes du T a s s e , par Overbeck et Fiihrich. Au plafond, la " Jérusalem délivrée. Mur des fenêtres, Godefroi de Bouillon appelé à la croisade par l'archange Gabriel. Au-dessus, Sophronie et Olinde sur le bûcher, délivrés par Clorinde. Vis-à-vis de l'entrée, Godefroi choisi pour chef; Construction de machines pour le siège de Jérusalem; Pierre d'Amiens animant les croisés. Tout à fait à
Villa Wolkonsky.
ROME
IV0 Rome antique. 277
dr., les portraits du prince Massimo et d'Overbeck. Au-dessus , : Herminie chez les bergers. Toutes ces peintures sont (TOverbeck. Mur de gauche : à dr., la Rencontre de Renaud et d'Armide ; au milieu , Tancrède dans la forêt enchante'e (ces deux sujets sont de Fiihrich) • à g., Mort de Gildippe et d'Odoard ; au-dessus, Renaud et Armide dans l'île enchantée, tous deux d'Overbeck. Mur de l'entrée: Fiihrich, Godefroi de Bouillon et les siens au St-Sépulcre; au-dessus, Overbeck , Mort et baptême de Clorinde par Tancrède. Les "bandes en grisaille représentent également des scènes de la Jérusalem délivrée. La salle du milieu donne sur un jardin d'où l'on découvre une belle vue.
*Villa Wolkonsky (pl. II, 33 ; pour les permissions, v. p. 119). — On s'y rend en passant à g. de l'édifice qui touche à la Scala-Santa, derrière les 3 arcades de l'aqueduc; on arrive en face de la grille d'entrée (on donne 50 c. en sortant). L'Aqua-Claudia passe au milieu du joli jardin de la villa , et il y a différents fragments antiques. Quelques tombeaux romains de l'époque des premiers empereurs y ont été découverts. Belle *vue sur la Campagne et les montagnes, surtout au coucher du soleil, du toit du petit casino (50 c).
V° Quartiers de la rive droite du Tibre.
Il y a deux quartiers distincts sur la rive droite du Tibre: au N., celui du Vatican, nommé le Borgo, au S., le Trastevere. Ils communiquent entre eux par la via délia Longara. La description suivante commence par le nord.
Le Borgo.
La colline du Vatican (63 m.), avec la rive qui la précède et qui est peu habitée à cause du mauvais air qui y règne, n'a jamais fait partie de la ville dans l'antiquité et n'a pas même été comprise dans l'enceinte d'Aurélien. Il y avait ici des jardins impériaux, dans lesquels Caligula construisit un cirque qu'il orna d'un grand, obélisque. Ce cirque fut le théâtre des courses de Néron et de sa terrible persécution contre les chrétiens, l'an 65 : „pereuntibus addita ludibria, ut ferarum tergis contecti laniatu canum interirent, aut crucibus adfixi, aut flammandi, atque ubi defecisset dies, in usum nocturni luminis urerentur". (Tacite, 15, 44). C'est dans ce lieu consacré par le premier grand martyre à Rome, que s'éleva V église St-Pierre. Le paganisme se maintint à côté avec une tenaeité qu'il ne montra nulle part ailleurs dans la ville. Non loin de l'église était un sanctuaire très-vénéré de Mithras, le Dieu du soleil, dont les monuments connus par des inscriptions subsistèrent jusqu'en 390. Outre la consécration religieuse, une seconde chose concourut à créer là un nouveau quartier, l'énorme mausolée qu'Adrien se construisit sur le bord du fleuve. On ne sait pas d'une manière certaine quand ce monument devint une forteresse $ mais la puissance des Goths vint se briser en 537 contre ses murs, et depuis ce temps, il est resté la citadelle dont la possession rendait maître de la ville. Autour de St-Pierre s'élevèrent une foule de chapelles, d'églises, de couvents, d'hôpitaux, et dès le temps de St S y mmaque (498-514), les papes y eurent aussi une habitation. Des pèlerins étrangers y fondèrent des établissements (schola, borgo), et l'on nomme déjà au vme s. ceux des Anglo-Saxons, des Frisons, des Lombards et des Francs, qui, dans les cas de guerre, formaient leurs propres compagnies. Pour protéger ce quartier contre les incursions des Sarrasins, Léon IV l'entoura, de 848 à 852, d'un mur d'enceinte de 40 pieds de haut et fut ainsi le véritable fondateur de ce qu'on appela dès lors la cité Léonine. Le Borgo fut
278 V° Quart, de la rive dr. ROME.
Pont St-Ange.
plusieurs fois ravagé dans les luttes du moyen âge, lorsque Hobert Guiseard força Henri IV à la retraite, en 1084; lors du siège et de la destruction du château St-Ange par les Romains, en 1379. Avec le retour des papes d'Avignon commence une nouvelle période dans son histoire: on y construit peu à peu de nouvelles rues et son enceinte est considérablement agrandie. Eugène IV et Sixte IV s'en occupent tout particulièrement. L'époque de sa plus grande prospérité est le commencement du xVie s., sous Jules II et Léon X; mais la cour papale ne pouvait pas concentrer pour toujours autour de soi la vie de la eité. Une population clair-semée, adonnée à de petites industries, demeure autour de la plus grande église et du plus grand palais de la chrétienté. Jusqu'au règne de Sixte -Quint, le Borgo appartint aux papes et eut son administration particulière; mais il fut alors incorporé à la ville, dont il devint le septième quartier (rione), et il a déclaré dans le plébiscite du 2 octobre 1870 qu'il voulait aussi en partager le sort.
Le fleuve est traversé par le pont St-Ange (S. Angelo ; pl. P, 10), composé actuellement de cinq arches, autrefois de sept (celles attenant aux deux rives sont bouchées). Ce pont a été construit par Adrien en 136 apr. J.-C, pour relier son tombeau à la ville, et il reçut de lui le nom de pons JElius. Clément YII érigea à l'entrée de ce pont, à la place de deux chapelles, les statues de St Pierre et de StPaul, la première par Lorenzetto, la seconde par Paolo Romano. Les six statues colossales d'anges, jadis grandement admirées, ont été exécutées en 1688, d'après des dessins du Bernin, et font preuve du mauvais goût de cette époque. L'un des anges est faussement attribué au Bernin lui-même (celui avec la croix, le 4e à dr.) ; deux autres anges qu'il exécuta pour ce pont se trouvent à St-André-delle-Fratte (p. 147). — Belle vue de là sur le Pincio , avec la villa Médicis.
Il y a 8 min. de chemin du fleuve jusqu'à St-Pierre. Le pont aboutit devant le château-St-Ange {castello S. Angelo ; pl. I, 10), mausolée colossal qu'Adrien fit ériger pour lui et ses successeurs (moles Hadriani) , à l'imitation des mausolées d'Auguste, de Csecilia Metella, et d'autres. Il fut achevé en 140 par Antonin le Pieux. Une substruction quadrangulaire de 104 m. de côté, aujourd'hui comblée, supportait une construction cylindrique en travertin, de 73 m. de diamètre, revêtue de marbres qui ont disparu, et dont la corniche supérieure était ornée l'un grand nombre de statues. Cette construction en supportait probablement une autre du même genre plus petite, qui a également disparu, et au faîte de laquelle s'élevait la statue colossale d'Adrien, dont la tête qui se trouve à la Salle Ronde du Vatican, serait un reste. D'autres prétendent que l'édifice était surmonté de la pomme de pin du jardin de la Pigna (p. 305). La hauteur totale du mausolée était d'environ 50 m. Ce fut la sépulture des empereurs et de leurs familles depuis Adrien jusqu'à Septime- Sévère et peut-être encore plus tard. Quand les Goths assiégèrent Rome, sous Vitigès, en 537, les Romains se servirent de l'édifice comme d'une forteresse , et précipitèrent sur les assiégeants les statues qui le couronnaient. Lors d'une procession pour implorer la cessation de la peste, Grégoire le Grand y vit apparaître l'archange
Château St-Ange.
ROME. V° Quart, de la rivedr. 279
St-Michel remettant l'épée au fourreau, et Boniface IY construisit au sommet du mausolée, en souvenir de cet événement, la chapelle S.-Angelo-inter-Nubes, que remplaça plus tard une statue en marbre de l'ange, par Montelupo, et en 1740, la statue de bronze, par Verschaffelt, qui s'y trouve actuellement. Dès 923, le château servit de citadelle à des tyrans qui en profitèrent pendant longtemps pour opprimer la ville. Il fut en grande partie détruit par les Romains en 1379. A partir de Boniface IX, il resta au pouvoir des papes, et Clément VII y subit en 1527 l'effroyable siège pendant lequel Benvenuto Cellini tua, comme il le prétend, le connétable de Bourbon. Les ouvrages extérieurs furent construits par Urbain V et on y ajouta en 1500 le passage couvert qui y conduit du Vatican. L'intérieur fut déblayé en 1822. Cette citadelle a été pourvue de défenses nouvelles, par Pie IX. Permission pour la visiter, v. p. 118. On est conduit par un sousofficier (50 c. à 11.; une société, en proportion). L'entrée est à côté du corps de garde, immédiatement à dr. du pont.
Dans la eour en face du pont se voit la porte antique du mausolée. De là partait une rampe douce, s'élevant en spirale tout à tour de l'édifiée et conduisant ensuite tout droit au centre, dans la chambre sépulcrale, où Ton arrive maintenant par d'autres passages. C'est là que reposait Adrien avec sa famille. Elle est aujourd'hui vide , mais on y voit encore quatre niches pour les urnes, et il s'y trouvait, paraîtil, un sarcophage de porphyre, dont le couvercle sert aujourd'hui de fonts baptismaux à St-Pierre. On y voit en outre différents cachots, qui servirent, dit-on, de prison à Béatrice Cenci, Cellini et Cagliostro; d'anciens appartements des papes ; une salle avec des fresques de Périn del Vaga, élève de Raphaël. — En haut, on a une belle vue, particulièrement sur St-Pierre. C'est là que se tire le feu d'artifice appelé Girandola (p. 116).
A côté du château St-Ange est l'ancienne place Pia. aujourd'hui place du Plébiscite, d'où partent 4 rues à l'O. : au milieu, à dr. et à g. de la fontaine , érigée par Pie IX, ainsi que les deux façades à côté, les rues dites le Borgo Nuovo et le Borgo Vecchio ; à g., près du fleuve, le Borgo S.-Spirito; à dr., le Borgo S.-Angelo. Au N., entre cette dernière rue et le mur de la ville se trouve un petit quartier malpropre.
Le Borgo Nuovo est le chemin ordinaire pour aller au Vatican. On voit dans cette rue, à dr., l'église S.-Maria-Traspontina (pl. I, 7, 5), de 1566. Plus loin, à dr. , sur la place Scossa- Cavalli, le beau *palais Giraud (pl. 4), aujourd'hui palais Torlonia, construit en 1506 par Bramante pour le cardinal Adrien de Corneto. La porte de mauvais goût est du xvine s. Dans une dépendance se trouvent quelques antiques précieuses, entre autres la Testa Giustiniani; le public n'y est pas admis. — Sur la place est aussi l'église insignifiante de S.-Giacomo (pl. 7).
Plus loin dans le Borgo Nuovo, h dr., le palais Ricciardi, bâti pour le médicin de Léon X, Jacques de Brescia, sur un plan de Balthazar Peruzzi (?). En allant tout droit, on atteint la place Rusticucci (pl. I, 7), longue de 80 m., qui forme, pour ainsi dire , l'entrée de la place St-Pierre. La maison de
230 V° Quart, delarivedr. ROME.
Place St-Pierre.
Raphaël, construite par Bramante, a été démolie pour agrandir la place; elle était à dr. , près du palais Accoramboni (pl. 2).
Le borgo Sl-Spirito (pl. I, 7), partant également de la place du Plébiscite, débouche sous les colonnades de St-Pierre. On y voit à g., au bord de l'eau, le grand hôpital du St-Esprit (ospedale di S.-Spirito 5 pl. I, 7), établissement fondé par Innocent III, et comprenant, outre l'hôpital proprement dit, une maison d'aliénés, un hospice pour les enfants trouvés (ouvert au public, de 2 h. à 4 h. , sur une permission qu'on obtient de l'administration, au 1er étage, ou à la bibliothèque), un hospice pour les jeunes filles, un asile pour les vieillards et une importante bibliothèque médicale (ouverte de 8 h. à midi). L'établissement peut recevoir 1,000 malades, 500 aliénés et 3,000 enfants trouvés. De l'autre côté de la rue, Vhôpital militaire.
Plus loin, à g., l'église S.-Spirito-in-Sassia , c.-à-d. dans l'ancien quartier des Anglo-Saxons (pl. 22). Elle fut construite par Antonio da Sangallo sous Paul III , la façade sous Sixte- Quint par Mascherino. Elle dépend de l'hôpital attenant, et elle renferme, au maître autel, un baldaquin en bronze attribué à Palladio.
Vient ensuite à g., à l'extrémité de la rue, la porte du St-Esprit (porta S.-Spirito) , où passe la via délia Longara, conduisant au Trastevere (v. p. 318).
Avant d'arriver à la colonnade, on voit à dr. St-Laurentin-Piscibus (pl. 10), église ancienne restaurée en 1659; à g., celle de St-Michel-in-Sassia, restaurée au siècle dernier.
La ** place St-Pierre {St-Pietro; pl. I, 4, 7) se compose d'un carré devant lequel s'étend un espace oval entouré des colonnades grandioses du Bernin. Elle est longue de 340 m., jusqu'au portique de l'église, et sa plus grande largeur est de 240 m. Les colonnades, construites en 1667, se composent d'une quadruple rangée de colonnes doriques. 284 colonnes et 88 piliers forment trois galeries , dont celle du milieu est assez large pour laisser passer deux voitures de front. La balustrade est ornée de 162 statues de saints, dans le genre du Bernin. Cette construction coûta 850,000 écus , et le pavé de la place , datant de Benoît XIII, 88,000 écus. L'ensemble, d'un effet des plus imposants, forme une entrée digne de la plus vaste église du monde.
Le grand obélisque sans hiéroglyphes, au milieu, avait été apporté d'Héliopolis à Rome par Caligula, et placé dans le cirque du Vatican; c'est le seul qui n'ait jamais été renversé.
Ce colosse de pierre, pesant, d'après les calculs de Fontana, 963,537 livres rom. (326,784 kilogr.), fut enlevé en 1586, sous Sixte-Quint, de son ancien emplacement, transporté sur des rouleaux, et érigé le 10 sept, au milieu de cette place sous la direction de Dominique Fontana, entreprise des plus difficiles que Ton voit souvent représentée sur des tableaux. On raconte que Fontana n'ayant pas bien calculé de combien les cordages s'allon-
Eglise St- Pierre. ROME. V° Quart, de la rwedr. "Î281
géraient, l'opération était sur le point d'échouer, 'lorsque le matelot Bresca de St-Eemo s'écria, quoiqu'on eût défendu .à la foule, sous peine de mort de prononcer une parole: uAcqua aile funi" (de l'eau sur les cordes), et que ce conseil mit l'architecte en état de conduire sa tâche à bonne fin. La famille de ce matelot (à Bordighera, près de S.-Remo) a reçu du pape, en témoignage de reconnaissance perpétuelle pour le service rendu par Bresca, le privilège de livrer à l'église de St-Pierre toutes les branches de palmier pour le dimanche des Rameaux.
Une rose des vents est dessinée sur le sol autour de l'obélisque. Des deux côtés s'élèvent de belles * fontaines , hautes de 14 m. , celle du côté du Vatican par Maderna , l'autre érigée sous Innocent XI. Entre l'obélisque et les fontaines , on remarque des deux côtés des dalles rondes qui désignent le centre des rayons sur lesquels les colonnades ont a été construites ; lorsqu'on s'y place, on n'aperçoit qu'une seule rangée de colonnes. Au pied du perron conduisant au portique de St-Pierre étaient autrefois placées des statues de St-Pierre et de St-Paul, exécutées sous Pie II par Mino del Regno ; elles se trouvent maintenant à l'entrée de la sacristie (p. 288), et elles ont été remplacées sous PielX par des ouvrages de Fabris et Tadolini.
Au bout de la colonnade de dr. se trouve l'entrée du Vatican, le Portone di bronzo , où l'on s'adresse à la garde suisse pour les permissions. Yoir p. 119.
•** St-Pierre , S.-Pietro-in-Vaticano. 1
La première église St-Pierre a été, dit-on, de même que St-Jean-de-Latran, St-Paul, Ste-Croix, Ste-Agnès et St-Laurent, construite par l'empereur Constantin sur la demande du pape Sylvestre Ier. C'était une basilique à cinq nefs et à transept, s' élevant sur l'emplacement du cirque de Néron, où St Pierre souffrit, dit-on, le martyre. Le cercueil en bronze de cet apôtre y était conservé. Elle était précédée d'un parvis , entourée d'églises plus petites, de chapelles et de couvents, et richement ornée de dorures, de mosaïques et de marbre. Charlemagne y reçut en l'an 800 la couronne impériale des mains de Léon III, et un grand nombre d'empereurs et de papes y ont été couronnés après lui.
Comme cet édifice avait beaucoup souffert des injures du temps, Nicolas V résolut de le reconstruire et commença l'abside en 1450, sur les plans du Florentin Bernardin Rossellini. L'église devait avoir la forme d'une croix latine, avec chœur arrondi à l'intérieur et à trois pans à l'extérieur. Les proportions étaient calculées de façon que le chœur et le transept couvriraient ceux de l'ancienne église. On avait déjà élevé les murs à cinq pieds du sol lorsque la mort du pape arrêta les travaux.
Ils ne furent repris que 50 ans plus tard, quand il s'agit de bâtir une chapelle pour le monument funèbre que Jules II avait résolu de s'ériger de son vivant (v. p. li) et pour lequel il
282 V° Quart, de la rive dr. ROME. St- Pierre.
n'y avait pas de place dans l'ancienne église. Du projet d'y ajouter une chapelle, on en vint à l'idée de modifier une partie de l'édifice en utilisant les murs commencés par Rossellini; puis trouvant que c'était encore trop peu, on résolut de rebâtir toute l'église. On raconte que Jules II chargea des plans à
faire un grand nombre d'architectes, entre autres Julien da
Sangallo, et que ceux qu'on trouva les meilleurs furent ceux de Bramante , architecte venu de la Lombardie. La quantité d'ébauches et d'esquisses de ce monument, qui se trouvent dans la collection de dessins de la galerie des Offices à Florence, sont une preuve de l'enthousiasme et du soin avec lesquels les artistes se mirent à l'œuvre, et ils montrent que Bramante ne se fa-
St- Pierre.
HOME. V° Quart, de la rive dr. 283
tigua pas de faire et refaire ses esquisses jusqu'à ce qu'il eut atteint la plus grande perfection. Son idéal était de placer le Panthéon sur le temple de la Paix (p. 232). Il voulait donner à la nouvelle église la forme d'une croix grecque, avec une coupole gigantesque au centre, le chœur et les extrémités du transept en hémicyle, un bas côté avec de petites coupoles aux angles, autour des piliers de la grande coupole, et dans son axe les entrées, sous de grandes voûtes en berceau (voir le petit plan, p. 282). La première pierre fut posée, en présence de- 35 cardinaux, le 18 avril 1506, là où est le pilier Ste- Véronique (4 sur le grand plan).
On sait que le plan de Bramante, d'une majestueuse simplicité, ne fut pas suivi. Quelques années avant la mort de cet architecte (1514), Julien da Sangallo fut appelé à diriger les travaux, assisté de Raphaël et de Fra Giocondo da Verona* L'œuvre avança peu par suite du grand âge du premier et du troisième et de la mort prématurée de Raphaël. Elle fut même mal continuée parce qu'il y eut beaucoup de changements faits au plan primitif. Il s'agissait surtout de savoir si l'on adopterait la, forme de la croix grecque ou celle de la croix latine- La direction fut ensuite confiée à Ant. da Sangallo, en 1518; à Balth. Peruzzi de Sienne, en 1520; enfin à Michel-Ang e, en 1546. Ce dernier rejeta les innovations, surtout celles d'Ant. da Sangallo, et sauva le plan de Bramante. Il renforça les piliers de la coupole, simplifia la forme des bas côtés et ajouta un vestibule précédé de dix colonnes supportant un fronton. Comme on le sait, le plan définitif fut néanmoins la croix latine ;. mais la coupole, du moins, fut exécutée conformément aux idées du grand maître; il en acheva lui-même le tambour et laissa des dessins et des modèles suffisants pour le reste, que firent exécuter Jacques de la Porte et Charles Fontana. Vu ses dimensions énormes, la forme de cette coupole paraît doublement admirable par sa légèreté et la pureté des lignes.
Après la mort de Michel- Ange (1564), la construction fut continuée par Vignole, Pirro Ligorio et Jacques de la Porte, dont il a déjà été question. En 1606, il ne restait plus qu'à élever la façade. Paul V fit alors une malheureuse innovation en faisant prolonger la nef, contrairement aux plans de Bramante et de Michel-Ange, et en faisant construire par Ch. Maderna la façade actuelle, qui est dénuée de caractère. Le Bernin, à partir de 1626, mit par malheur la dernière main à l'œuvre, et projeta d'y ajouter deux campaniles, dont l'un dut être démoli, parce que les fondements en étaient trop faibles,, et dont l'autre ne fut pas construit. Toutefois c'est aussi au Bernin que sont dues les colonnades grandioses qui précèdent le monument (p. 280).
Le 18 nov. 1626, 1300 ans après que St Sylvestre eut con-
1284 V° Quart, de la rive dr. ROME.
St- Pierre.
sacré, en 326, l'ancienne église de St- Pierre, Urbain VIII consacra la nouvelle. A la fin du xvne s., les frais de construction avaient dépassé la somme de 235 millions de francs; ceux d'entretien sont évalués à 180,000 francs par an. La nouvelle sacristie, construite par Pie VI, a coûté 4 millions i/2 de francs.
Après toutes ces vicissitudes, St-Pierre est devenu, sinon la plus belle, du moins la plus grande église du monde. Il a une superficie de 21,192 m. carrés, tandis que la cathédrale de Milan n'en mesure que 11,746, St-Paul de Londres 10,878, Ste-Sophie de Constantinople 9,632, la cathédrale de Cologne 7,356, et Notre-Dame de Paris 5,955.
Il y a sur les dimensions de l'édifice différentes données qui varient sensiblement. D'après les indications marquées sur le pavé de la nef -centrale, St-Pierre mesure 837 palmes (187 m.) de longueur dans œuvre ou 8682/3 (194 m.) hors œuvre; St-Paul de Londres, 710 (158m. 60); la cathédrale de Florence, 669 (149 m. 50); celle de Milan, 606 (135 m. 40) ; St-Paul-hors-les-Murs, 572 (127 m. 80) ; Ste-Sophie de Constantinople, 492 (108 m.). D'après les mesures de Ch. Fontana, la longueur totale, y compris le portique, est de 947 palmes (211 m. 50); la hauteur de la nef centrale, de 207 (46 m. 20); sa largeur, de 123 (27 m. 50) du côté de l'entrée et 107 (24m.) du côté de l'abside; la longueur du transept, de 615 (137 m. 50) dans œuvre. La coupole atteint 552 palmes V2 (123 m. 40) d'élévation jusqu'à l'œil de la lanterne et 593 (132 m. 50) jusqu'au sommet de la croix. On lui donne 42 m. de diamètre, c'est-à-dire 1 m. 50 de moins qu'à la coupole du Panthéon. — Cette basilique compte 30 autels et 148 colonnes.
La façade, avec 8 colonnes, 4 pilastres et 6 demi-pilastres corinthiens , est large de 112 m. 60 et haute de 44 m. 30. Elle est surmontée d'une balustrade et décorée des statues du Sauveur et des apôtres, de 5 m. 70. L'inscription rappelle qu'elle fut construite sous Paul V (Borghèse), en 1612. Au-dessus de l'entrée du milieu s'élève la loge où le pape recevait la tiare, et d'où il donnait la bénédiction apostolique au peuple réuni sur la place St-Pierre, le jour de Pâques (v. p. 114).
Le portique, dont le plafond est magnifiquement orné de stuc, est large de 7 m., profond de 13 m. 50 et haut de 20. A ses «deux extrémités sont placées des statues équestres : à dr., Constantin le Grand, par le Bernin; à g., Charlemagne, par Cornacchini. Les cinq entrées sont flanquées de colonnes antiques en pavonazzetto et en marbre d'Afrique.
Au-dessus de l'entrée du milieu, à l'intérieur, *St-Pierre sur la mer, mosaïque d'après Giotto, autrefois dans le parvis qui précédait l'ancienne église; on l'appelle la Navicella , la Nacelle. Malheureusement elle a été fortement modifiée par Marcello Provenzale et Fr. Berretta. Une copie de l'original est à S.-Maria-della-Concezione, sur la place Barberini (p. 164). Parmi les 5 portes de l'église, la dernière à dr. est la porte sainte, désignée par une croix, et seulement ouverte pendant les années de jubilé (tous les 25 ans, la dernière fois en 1825; elle ne l'a pas été en 1850 ni en 1875). La grande *porte du milieu a des battants en bronze, qu'Eugène IV fit exécuter en 1447 par Ant. Filarete et Sim. Donaiello , d'après le modèle des portes de St-Jean à Florence. Chose singulière, ils présentent à côté des sujets chrétiens dans les grand panneaux, des sujets tout païens dans les encadrements en arabesque, tels que:
Spiegazioite (Le mimeri .
Statucv di S. Métro
S. Langino
di S. Flenw
. di S. Yeronuxv
. di S Andréa
di Ko YI.
. Sepolcro cbi Urbano TUT.
Faolo M.
. Micsuico (S. Fietro )
. Lcl Fieta deL MuihjeLccngelo
. Monzanenbo cti Zeojte J2Z.
. di Maria. Cristîrta di Svezûi
.Mccrtirio cbi S, Sebastiano (Domeniclvino ) , Sepobcro çb ^ Innocenzo XIL.
. délia contessa Matilda
. Cappella deL Sagramento . Sepolcro di Sisto W.
. di Gregorio MIL.
. di Gregorio HT.
. CoTnunione di S. Gérobamo (Domenichino)-
■ Cappella Qregoricaui
. Sepobcro di Gregorio JCKL.
. MadcmjUL deL Soccorso
. Sepolcro cbi Fenedetto JtLV-
. Mes s a cbi S. BasiLio (Subleyras)
. Qwadro cbi Carosebbv
. cbi YaLentin
. . —di Foussirv
. Mcmamento di Clémente JW.
.Altare délia Wccvicellct
. CappeTLcv cbi S. Michèle, Arcangelo
. Sep obtura di S. FetroniLla (Guercino)
. Sepolcro cbi Clémente X .
. cbv Ale^sandro Vlll.
. S. Rétro gvearisce CL paralitico
(McmcùvL ) .Altare di S. Leone Magrw . CappeRcv delLcv Cblonna . Sarcpiago cbi Leone I, Me J7 .
. Momanentp di, Alessccndro VU.
. (hdzçt^ dt Simone, Mago (Vanni) 8, tymmaso ( ÇxunzœcûziJ . Sepolcro dp Fcdestrina . S. Franeesco (Donvenichino) . Porta alla sagrestia . Cappella Clementina . Txmibcv di S. Gregorio Mctgno .Sepolcro cU Fia -SVLT.
.Morte dis Ananixv e Zcdfcrcv (RoncalLi ) . .!Lrasfigjxrazione di RatfaeJZo (nvusccicpj . Sepobcro di Leone IL.
. , d 'Innocenzo XL .
. Cappella ciel Coro
. Sepolcro d 'Innocenzo Vlll.
. ùxppeJÎçv délia Fresentamone
.Monumento di Maria Clementincv
SobieskL . Tomba délia Ccunig lia Stuxcrdcv . Cappella cbeL Conte hatiesimale . Scap es'tia comzcne
■ clei ccvnxmiri
. Stccnzct capitobare
. Sccgrestia de ' beneticùcbi
. lesoro dëCbcv chiesa
DarmstsLctt, Ed Wagner.
St- Pierre.
ROME. V 0 Quart, de la rive dr. 285
Phryxus et Hellé sur le bélier, Europe sur le taureau, Ganymède enlevé par l'aigle, Léda avee le cygne, etc. — Le portique gâte malheureusement l'eflet de l'ensemble; lorsqu'on en est encore assez éloigné, il cache déjà une grande partie du tambour de la coupole, qui ne produit ainsi que de loin l'effet que Michel-Ange en attendait.
L'extérieur de St-Pierre donne lieu à des critiques fondées, mais r**iNTÉRiEUR est d'un effet imposant , qui est moins le résultat des dimensions colossales de chaque partie que de leurs proportions harmonieuses. Et ce qu'il y a de mieux est l'œuvre de Bramante: la largeur de la nef et du transept, les quatre gros piliers de la coupole, les arcades sous cette coupole et sa dimension. La voûte en berceau et à caissons doit aussi lui être attribuée en principe. L'ornementation fastueuse et de mauvais goût qui jure avec la majestueuse simplicité du monument est due au Bernin, qui le remplit de sculptures de ses contemporains, revêtit les piliers de marbre de couleur et y pratiqua des niches.
Dans la nef principale, derrière la porte du milieu, on remarque sur le sol une dalle de porphyre circulaire, sur laquelle les empereurs étaient autrefois couronnés; plus loin, dans le pavé, les chiffres relatifs aux dimensions de diverses églises (en partie usés ; v. p. 284). Jusqu'à la coupole , on compte 4 piliers avec des pilastres corinthiens supportant de riches architraves , sur lesquelles reposent les arcs qui séparent les piliers, et la magnifique "-'voûte en berceau, avec ses caissons richement dorés. Les niches des piliers , là comme dans le reste de l'église, renferment des statues baroques des fondateurs des différents ordres religieux; aux deux premiers piliers de la nef centrale, deux bénitiers de dimensions colossales. La marqueterie du pavé, ainsi que les murs, sont entièrement en marbre, d'après des dessins de J. de la Porte et du Bernin. — Devant le 4e pilier à dr., la '-'statue en bronze de St Pierre (1 sur notre plan) assis sur un fauteuil de marbre blanc, ouvrage du ve siècle, sous un baldaquin. Paul V la transféra ici du couvent de St-Martin. Le pied dr. est presque usé par les baisers des fidèles. Deux grands candélabres s'élèvent en avant. Au dessus, le portrait de Pie IX en mosaïque, placé là à l'occasion du jubilé de sa 25e année de pontificat (16 juin 1871).
La coupole repose sur quatre énormes piliers, de 71 m. de tour, dont les niches renferment des statues hautes de 5 m. : à dr., St Longin (2) par le Bernin et Ste Hélène (3) par Bolgi^ à g., Ste Véronique (4) par Mocchi et St André (5) par Duquesnoy, au-dessus, quatre loges du Bernin, d'où l'on montre les grandes reliques aux fêtes principales : les chanoines de St- Pierre sont alors seuls admis dans ces loges. Au-dessus des loges, 4 mosaïques des évangélistes, d'après le cavalier d'Arpiîi. Sur la frise on lit, en lettres de 2 m. de haut, l'inscription suivante: Tu es Petrus et super Jianc peiram œdificabo ecclesiam meam, et tibi dabo claves regni cœlorum. La voûte de la coupole a 16 côtes en stuc doré, et 4 rangées de mosaïques: dans la rangée inférieure, le Sauveur, la Vierge et les Apôtres. Dans le haut de la lanterne, Dieu le Père, par Marcello Provenzale, d'après le cavalier d^Arpin.
Sous la coupole s'élève un baldaquin précieux mais sans goût, en bronze, supporté par quatre colonnes torses richement dorées; il a été fait en 1633, sous Urbain VIII, d'après un dessin du Bernin, avec du métal enlevé au Panthéon (p. 197). Sa hauteur, avec la croix, est de 29 m., et il pèse 63,054 kilogr. Sous ce baldaquin se trouve placé le maître autel, où le pape seul dit la messe les jours de grande fête. Cet autel s'élève immédiatement au-dessus du tombeau de St Pierre. La Confession, construite sous Paul V par Ch. Maderna, est entourée de 89 lampes toujours allumées. Un double escalier de marbre conduit au fond du caveau. Des portes en bronze doré, provenant de l'ancienne
286 V 0 Quart, de la rive dr. ROME.
St- Pierre.
église , ferment la niche qui contient le sarcophage du saint. Entre les deux escaliers (6), la - statue de Pie VI en prière, par Canova, exécutée en 1822.
La continuation delà nef, au delà de la coupole, aboutit à l'abside, avec la chaire de St-Pierre, stalle en bronze de mauvais goût, par le Bernin, renfermant le siège épiscopal de St Pierre; on y a employé 74,260 kilogr. de bronze. A dr. (7), le tombeau d'Urbain VIII (m. 1644), par le même; à g. (8) , *celui de Paul III (m. 1549), par Guillaume de la Porte , probablement exécuté sous l'influence immédiate de Michel-Ange. En haut, le Pape bénissant; en bas, la Prudence (à dr.) et la Justice (à g.), celle-ci actuellement revêtue d'une draperie de fer-blanc. Deux statues qui faisaient autrefois partie de ce monument sont actuellement au palais Farnèse. Au-dessous des deux Moines qui sont placés ici, et au-dessous des deux suivants dans la nef principale, Pie IX a fait graver les noms des évêques et prélats qui reconnurent, le 8 décembre 1854, le dogme de l'immaculée conception de la Vierge.
Après avoir ainsi parcouru toute la nef principale, et avoir vu l'ensemble de l'édifice, nous allons examiner les bas-côtés et les transepts. L'église renferme très-peu de peintures ; celles qui y étaient autrefois, sont ou seront remplacées par des copies en mosaïque, dont les originaux se trouvent en partie dans la galerie de peinture du Vatican.
Bas-côté de droite. Au-dessus de la porte du jubilé (9), St Pierre, mosaïque exécutée sur les ordres de Clément X, lors du jubilé de 1675. lre chapelle (délia Pietà; 10), une excellente œuvre de Michel - Ange dans sa jeunesse, '"""'la Vierge avec le corps du Christ sur ses genoux. Sous l'arc de dr. (11), le monument de Léon XII, par de Fabris, érigé sous Grégoire XVI; à g. (12), le cénotaphe et le portrait en bronze (bas-relief) de la reine Christine de Suède, fille de Gustave-Adolphe, convertie au catholicisme à Rome. Au 2e autel (13) , le Martyre de St Sébastien par le Dominiquin. Au-dessus de l'arc Suivant, à dr. (14), les tombeaux d'Innocent XII, par Filippo Valle ; à g. (15), celui de la comtesse Mathilde de Tuscie (m. 1115), par le Bernin, exécuté par ordre d'Urbain VIII , lorsque ce pontife apporta de Mantoue les ossements de la comtesse. A dr. (16), dans la 3e ch. a p. {du St-Sacrament) , avec une grille en fer: un tableau de Pierre de Corlone-, à dr. (17), le beau "monument en bronze de Sixte IV (m. 1484), par Antonio Pollajuolo (1493), où fut aussi enseveli Jules II, issu de la famille des la Rovère comme Sixte IV, et qui reprit les travaux de l'église interrompus depuis Nicolas V. Sous l'arcade suivante à dr. (18), le tombeau de Grégoire XIII, qui rectifia le calendrier (m. 1585), par Camille Busconi; à g. (19), le sarcophage fort simple de Grégoire XIV. En face, dans la partie qui fut isolée pour le dernier concile, audessus de l'autel, sur le pilier principal (20), la Communion de St- Jérôme, d'après le Dominiquin (l'original est à la galerie du Vatican). A dr. (21), la chapelle Grégorienne, construite sous Grégoire XIII, d'après le plan de Michel- Ange. Elle coûta plus de 400,000 francs. On y remarque: à dr. (22), le "tombeau de Grégoire XVI (m. 1846), par Amici (1854); au-dessous, un bas-relief, la Propagation du christianisme. Audessus de l'autel (23), la " Madone del Soccorso, de l'ancienne église de St-Pierre (vers 1118) ; au-dessous se trouve le tombeau de St Grégoire de Nazianze (m. 390). Au-dessous de l'arcade suivante à dr. (24), le tombeau de Benoît XIV; à l'autel de g. (25), la Messe de St Basile, d'après Subleyras.
Le transept de droite a servi de salle des séances durant le concile de 1870 et n'a pas été changé depuis. A côté de l'abside, 3 autels avec des tableaux de Caroselli (26), Valentin (27) et Poussin (28), le Martyre de St Erasme.
On entre ensuite dans le prolongement du bas-côté de droite. Sous l'arcade: à dr. (29), le "'monument de Clément XIII (Rezzonico, de Venise^ m. en 1769), par Canova; on remarquera la figure du pape et les deux lions; a g. (30), l'autel de la Nacelle, avec le Christ et St Pierre sur les flots, d'après Lanfranc. Ensuite, à dr. (31), dans la chapelle de l'archange St-Miehel; l'-'Archange , d'après le Guide; en face (32), les Funérailles de Ste Pétronille, par le Guerchin. Sous l'arcade suivante de
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g. •. à dr. (33), le tombeau de Cle'ment X 5 Re'surrection de Tabite par St Pierre, d'après Costanzi. Nous passons devant l'abside principale pour nous rendre dans la
Partie occidentale du bas-côté de gauche. Immédiatement à dr. (34), le tombeau d'Alexandre VIII (Ottoboni, de Venise, m. en 1691), par Arrigo di S.-Martino; à g. (35), la Guérison du paralytique par St Pierre et St Jean, de Mancini; plus loin, à dr. (36), l'autel de Léon Ier, avec un bas-relief en marbre par VAlgarde, la Retraite d'Attila, de 1650. En face (37), la chapelle de la Colonne, avec une image miraculeuse de la '-'Vierge, provenant d'un pilier de l'ancienne église. Au-dessous de l'autel (38), un ancien sarcophage chrétien (sur la face antérieure, le Christ et les apôtres), renfermant les restes de Léon II (m. 683), de Léon III (m. 816) et de Léon IV (m. 855). Nous tournons ensuite à g., et nous voyons d'abord sur la droite, au-dessus de la petite porte de sortie (39), le monument disgracieux d'Alexandre VII (1667), par le Bernin. Vis-à-vis (40), un autel avec un tableau à l'huile de Fr. Vanni, peint sur ardoise, le Châtiment de Simon le Magicien.
Transept de gauche, avec une abside et 3 autels. On y voit des confessionaux pour 11 langues diverses, indiqués par des inscriptions. Au pilier de Ste Véronique, au-dessous de la statue de S*e Julienne, le trône sur lequel le grand-pénitencier donne l'absolution les jours de grande fête. Sur le 1er autel à dr. (41), St Thomas, par Camuccini; devant l'autel du milieu (42), le tombeau du grand compositeur Pier Luigi da Palestrina (1520—1594), dont les œuvres sont encore exécutées à St-Pierre. La mosaïque, représentant le crucifiement de St Pierre, est copiée d'après le Guide. A g. (43), St-Françoi-s, d'après le Dominiquin. Sous l'arcade suivante, à dr. (44), un portail en marbre gris, l'éntrée de la sacristie. Au-dessus , le tombeau de Pie VIII , par Tenerani. A g. (48) , la Mort d'Ananie et de Saphire d'après Roncalli. Nous arrivons ensuite à la chapelle Clémentine (45), construite par Clément VIII (1592—1605): sous l'autel de dr. (46), le tombeau de Grégoire Ier le Grand (590 — 604) ; mosaïque d'après André SaccM; en face (47), le -tombeau de Pie VII (m. 1823), par Thorvaldsen, érigé par le cardinal Consalvi. — Nous tournons à g. ; sous l'arcade de g. (49), une copie en mosaïque de la Transfiguration de Raphaël (grandeur quadruple de l'original). — Vis-à-vis, à dr., commence le
Bas-côté de gauche. Sous la première arcade à dr. (50), le tombeau de Léon XI (m. 1605), par VAlgarde, avec un bas-relief, la Conversion de Henri IV de France; à g. (51), tombeau d'Innocent XI (m. 1689), par Ch. Maratta, avec un bas-relief, la Délivrance de Vienne par le roi Jean Sobieski. La grande chapelledu chœur (52), de /. de la Porte, est richement décorée de stuc et d'or, et renferme la pierre tumulaire de Clément XI (m. 1721) et deux orgues. Le dimanche, il y a souvent ici un service accompagné d'excellente musique, où les dames ne sont admises qu'en robe noire et en voile, les hommes en habit noir. — C'est sous l'arcade à dr., au-dessus delà porte, qu'on place le cercueil de chaque pape à sa mort, jusqu'à ce que son monument soit achevé. A g. (53), le -tombeau d'Innocent VIII (m. 1492) , par Antoine et Pierre Pollajuolo. Puis , à dr. (54), un autel avec la Présentation, d'après Eomanelli. A g., on a un coup d'œil sur toute la profondeur de l'église, jusqu'à la chapelle St-Michel, coup d'œil malheureusement gâté par les constructions faites pour le concile. Dans l'arcade à dr. (55), au-dessus de la porte conduisant à la coupole, le monument de la femme du prétendant Charles-Edouard Stuart d'Angleterre, Marie Clémentine Sobieski, morte à Rome en 1735; à g. (56), le tombeau des derniers Stuarts, par Canova (1819), avec les bustes de Jacques III et de ses fils Charles-Edouard et Henri, cardinal d'York. Dans la dernière chapelle à dr. (57) , les fonts , couvercle d'un sarcophage de porphyre, provenant du mausolée d'Adrien. Au-dessus de l'autel, le baptême du Christ, d'après Maratta.
La sacristie (sagrestia ; entrée par le portail de marbre gris, marquée du n° 44 sur notre plan ; la visiter de préférence le matin de 9 h. à 11 h.), construite en 1775 par Pie YI, d'après le plan
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de Charles Marchionne, se compose de trois chapelles et d'un corridor avec des colonnes et des inscriptions antiques.
A l'entrée, les statues de St Pierre (à dr.) et de St Paul (à g.) , du xve s., autrefois sur la place St-Pierre (p. 281). Dans la chapelle du milieu (58) ou sacristie commune, de forme octogone, avec 8 colonnes de marbre gris provenant de la villa d'Adrien près de Tivoli, on trouve un enfant qui vous fait voir les curiosités de la sacristie (50 c). A g. (59), la sacristie des chanoines, (canonici), avec leur chapelle; tableau de François Penni (Madone avec St Anne, St Pierre et St Paul) ; vis-à-vis, * Jules Romain, Madone et l'Enfant: à côté (60), la salle du chapitre (stanza capitolare), avec des tableaux de l'ancienne Confession, par *Giotto (le Christ avec un cardinal, Crucifiement de St Pierre et Décollation de St Paul), et des *fragments de fresques de Melozzo da Forli, provenant de l'ancienne coupole des SS-Apôtres : un Concert d'anges et quelques têtes d'apôtres. A dr. (61), la sacristie des beneficiers (benefiziati), avec un tableau de Muziano , représentant St Pierre recevant les clefs. A côté (62), le trésor de l'église, renfermant des objets précieux, des candélabres de Benvenuto Cellini et de Michel-Ange, la *dalmatique que Charlemagne porta à son couronnement, etc. — Au-dessus de la sacristie, les archives de St-Pierre, avec des manuscrits, tels que l'histoire de St Georges ornée des miniatures de Giotto , et quelques auteurs classiques. Le trésor et les archives ne sont pas visibles.
La visite des Sagre Grotte Vaticane est maintenant beaucoup moins intéressante qu'autrefois. Pour les voir, il faut une autorisation au sujet de laquelle on s'informera à la sacristie. On y est accompagné par le sacristain (50 c). Les dames ont besoin d'une permission spéciale du pape. Ce sont des galeries souterraines avec des chapelles et des autels, pratiquées sous le sol de l'église de St-Pierre. L'entrée (marquée a sur le plan) est au pilier de Ste Véronique, sous la coupole. Les Grotte Vecchie, qui forment la plus grande partie de ces galeries, sont fermées aux étrangers depuis 1867.
Les Grotte Nuove sont situées au-dessous de la coupole et se composent d'une galerie en forme de fer à cheval , qui fait le tour de la Confession. Des escaliers dans les 4 piliers qui supportent la coupole descendent à autant de chapelles: a, Je Ste-Véronique; fc, de Ste-Hélène ; i. de St-Longin; d, de St-André. — Dans la chap. Ste-Marie-de- Porticu (6), à dr. de l'entrée, St Mathieu; à g., St Jean, tous deux autrefois au tombeau de Nicolas V (m. 1455); sur l'autel, une Vierge de Simon Memmi , provenant du portique de l'ancienne église et fortement endommagée. Devant la chapelle, à dr., une mosaïque représentant Jésus entre St Pierre et St Paul; elle provient du tombeau de l'empereur Othon IL Dans la chap. S.-M.-Pr egnantium (c), à l'entrée, StJacques le Majeur et St Jacques le Mineur, aussi du tombeau de Nicolas; Boniface VIII; un Ange, copie en mosaïque d'après Giotto. Il y a ici, comme dans toute la galerie, de nombreux bas -reliefs du xve s. provenant de tombeaux de papes, entre autres (h, à dr.) une Vierge avec St Pierre et St Paul, par Mino de Fiesole-, des bas -reliefs du tombeau de Paul II, l'Espérance, la Foi et la Charité, et un Jugement dernier. A g., des deux côtés de l'entrée de la Confession (m), des *bas- reliefs représentant les martyres de St Pierre et de St Paul , provenant du tombeau de Sixte IV. Vis-à-vis de l'entrée de la Confession, le grand *sarcophage du préfet Junius Bassus (m. 359), avec de magnifiques sculptures de l'Ancien et du Nouveau Testament, trouvé ici en 1595. La Confession (chapelle St Pierre et St Paul), située au milieu de la galerie circulaire, est richement décorée de stuc, d'or et de pierres précieuses. Au-dessus, de l'autel, consacré en 1122, on remarque deux vieilles peintures, St Pierre et St Paul. Le sarcophage de St Pierre, jadis conservé aux catacombes de la voieAppienne et ensuite à St-Jean-de-Latran, se trouve ici depuis lexve s.
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A côté de la chapelle St-André (d) est l'entrée des trois nefs des Grotte Vecchie , qui ont environ 45 m. de long et 18 de large. Leur pavé, à 3 m. 50 au-dessous de celui d'aujourd'hui, est celui de l'église primitive. Ces grottes contiennent beaucoup de tombeaux de papes et de princes inhumés dans cette église, entre autres : (e) ceux de Nicolas Ier (m. 867), de Grégoire V (m. 999), de l'empereur Othon II (m. 983); (/, à l'extrémité), celui d'Alexandre VI (m. 1503)-, (d) ceux d'Adrien IV (le seul pape d'origine anglaise, m. 1159), un vieux sarcophage en granit; de Pie II (iEneas Silvius Piceolomini, m. 1464) , un vieux sarcophage chrétien; de Pie III (m. 1503), Boniface VIII (m. 1303), Nicolas V (Thomas de Sarzana, fondateur de la basilique actuelle et de la bibliothèque du Vatican, m. 1455) et Paul II (m. 1471), par Mino deFiesole; d'Urbain VI (m. 1398), de Marcellus II (m. 1555), un vieux sarcophage chrétien; du cardinal Fonseca (m. 1422). — De ces grottes, on passe dans l'autre partie de la galerie des Grotte Nuove (h).
L'ascension du dôme de St-Pierre se fait le jeudi matin, de 8 h. à 10 h.; frapper à la porte dans le bas-côté de g. (pl. 55). Huit escaliers commodes, de 142 larges degrés, conduisent jusqu'au toit; les murs en sont ornés d'inscriptions en mémoire de personnages princiers qui ont fait l'ascension du monument. Arrivé au haut du toit, on découvre une foule de coupoles et de petits édifices en partie habités par des ouvriers et des gardiens. Une des huit chambres octogones dans les piliers qui portent la coupole, renferme les *modèles de l'église, par Michel- Ange et son prédécesseur, Antoine da Sangallo\ pour les voir, il faut une autorisation spéciale; il y a aussi une imitation de la chaire de St-Pierre. La coupole s'élève encore à 94 m. au-dessus du toit; elle a 192 m. de circonférence. On voit les énormes cercles de fer qui servent depuis le xviie s. à arrêter le progrès de crevasses qui s'y étaient ouvertes. En dedans de la coupole, on a une vue surprenante de l'intérieur de l'église. D'autres escaliers commodes conduisent entre la double calotte de cette coupole jusqu'à la ^lanterne , d'où, par un temps clair, on découvre la Campagne depuis les montagnes jusqu'à la mer dans le lointain , mais particulièrement toute l'église et ses environs. Un escalier étroit, en fer, où ne peut passer qu'une seule personne à la fois, conduit jusqu'à la boule de cuivre qui surmonte le faîte de l'édifice, et qui peut contenir 16 personnes : on n'y voit rien.
En montant derrière les colonnades à g. de St-Pierre, on arrive, à g. de la sacristie, au cimeterio dei Tedeschi, le plus ancien cimetière chrétien de Rome, établi par Constantin, rempli de terre du mont Calvaire, et réservé par Pie VI, en 1779, à la sépulture des Allemands. A côté , l'église de S.-Maria-della- Pietà-in-Campo- Santo (pl. I, 4, 4).
Par la seconde rue qui monte derrière les colonnades à g., on arrive au palais du St-Office (à g.), ancienne résidence de l'Inquisition, aujourd'hui transformé en caserne. Le St-Office a été transféré au Vatican. La congrégation de l'Inquisition a
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été fondée par Paul III à l'instigation du cardinal Caraffa, qui fut plus tard Paul IV; Paul V lui donna le palais en question.
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Ce palais, le plus grand du monde, était primitivement une petite habitation des papes, construite par Symmaque à côté du parvis de l'ancienne l'église St- Pierre. Il fut ensuite peu à peu agrandi. Charlemagne paraît également l'avoir habité. Pendant les troubles des siècles suivants , l'édifice tomba en ruine, et Eugène III construisit près de St-Pierre un palais qui fut encore agrandi par Nicolas III. Mais ce ne fut qu'au retour des papes d'Avignon que le Vatican devint la résidence papale à la place du palais de Latran. Après la mort de Grégoire XI, en 1378, le premier conclave fut tenu au Vatican, et le schisme en fut la suite. Jean XXIII établit en 1410 la galerie qui le relie au château St-Ange. En 1450, Nicolas V résolut de faire du Vatican le plus grand palais du monde , et d'y établir toutes les autorités et les demeures des cardinaux. La petite partie qui en était achevée, et qu'on appela plus tard Tor di Borgia, d'après Alexandre VI qui l'habita, fut agrandie par ses successeurs. Sixte IV construisit en 1472 la chapelle Sixtine; Innocent VIII bâtit vers 1490 le pavillon du Belvédère, que Bramante relia au palais, sous Jules II, par une grande cour. Bramante construisit aussi les loges de la Cour St-Damase 5 Paul III (1534), la chapelle Pauline. C'est à Sixte-Quint qu'on doit la bibliothèque, qui divisait la grande cour de Bramante en deux parties, la cour antérieure ou du Belvédère et le jardin de la Pigna, ainsi que les appartements actuels du pape, qui furent terminés par Clément VIII (1592—1605). Urbain VIII fonda la Scala Regia, d'après les plans du Bernin ; Pie VII établit pour les sculptures le Braccio Nuovo, Grégoire XVI le musée étrusque. Pie IX ferma le quatrième côté de la Cour St-Damase en couvrant et en changeant le grand escalier qui y conduit. Aujourd'hui, le palais comprend 20 cours et 11,000 chambres, salles , chapelles , etc. Une petite partie seulement en est réservée au pape, le reste se compose de salles d'apparat ou renferme les collections. En vertu de la loi de garantie du 13 mai 1871, ce palais jouit, avec celui de Latran et le château de Castel- Gandolfo, du privilège de l'exterritorialité. Pie IX n'a pas quitté le Vatican depuis le 20 septembre 1870.
L'entrée principale du palais est le Portone di bronzo , à l'extrémité de la colonnade de droite de la place St-Pierre, où il y a un corps de garde des suisses. On s'adresse à la sentinelle pour être conduit au bureau du majordome, qui délivre les permissions. L'escalier par où l'on y monte était autrefois découvert, c'est Pie IX qui y a fait mettre un toit. Il conduit à une cour, la cour St-Damase (cortile di S.-Damaso), ainsi
ïamato l.Atrio délia Ycutt
daZMuseo ft.Jtrio dei Mdeagno
ior. da Udaie fj™ piano} ed aile Statue dtRaTaele Œ^piano) 9. Cortile di Behodene
"pianote Stanxe diJta/Yàeh (Hdo -piano )
10. Sala deqU Jnimah IL GatteHa dette Statue 12 Sala dei Susti ft.Gattnetto délie Jlaschere 1*. Sala dette Mue ÏS. Sala roionda 16 Sala a Croee greew