‹ Italie centrale et RomeChapitre 85 sur 105 · Muxqjo etmsco [11^° piano) Jfuseo egvnaeo (J,rw piano · texte numérisé non relu

Muxqjo etmsco [11^° piano) Jfuseo egvnaeo (J,rw piano

■ Œdo piano) Sale délia mTiotecalTnopicaw)

GeograpV^jiLSTalt von. "Wagner * Debes, Leipzig" .

Le Vatican.

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nommée de la fontaine de St-Damase érigée par Innocent X 5 on la nomme aussi cour des Loges, à cause de ses loges construites par Bramante, Le même escalier était aussi auparavant celui par lequel le public montait aux Chambres (Stanze), etc.; il n'est plus actuellement que pour ceux qui vont travailler à la bibliothèque. A dr. est l'aile habitée par le pape. La porte à g. , avec Tinscription : Adito alla biblioteca ed al museo , est celle de l'escalier montant au premier étage aux loges de Jean d'Udine, fortement mais bien restaurées 5 au second à celles de Raphaël (v. p. 300). Dans les loges du premier, la première porte à g. est celle de la chapelle Sixtine*, la porte au bout de la galerie, celle de la galerie des antiques.

Pour la visite du Vatican, on aura soin de se munir de billets de 50 c. et de menue monnaie, car il y a environ 10 endroits où les visiteurs sont mis à contribution (50 c. dans les différentes divisions, 25 c. si l'on y retourne souvent). Les ciceroni qui vous importunent à l'entrée se distinguent par une ignorance rare.

A. Peintures.

Chapelle Sixtine. Chambres et Loges, de Raphaël. Galerie de tableaux.

(Permission, v. p. 119. On la montre dans chaque partie du palais dont le nom en est alors rayé.)

Du Portone di bronzo (p. 290), on passe devant le corps de garde des suisses et l'on se dirige tout droit vers V Escalier Royal (Scala Regia), magnifique escalier qui fut construit par le Bernin, sous Alexandre VII. Il est couvert d'une voûte en berceau reposant sur des colonnes romaines. On monte cet escalier et Ton passe par une porte pour prendre l'escalier de droite. Là, au premier étage, se trouve une porte latérale de la chapelle Sixtine (v. p. 292), désignée par un écriteau; c'est par là qu'on y entre maintenant. Au deuxième étage sont les chambres et les loges de Raphaël (p. 300). Au troisième étage, la galerie de tableaux (p. 301).

Nous désignons ci-après en les mettant entre crochets [ ] les salles qui aujourd'hui sont habituellement fermées.

[Salle Ducale. Salle Royale.] **Chapelle Sixtine. [Chapelle Pauline.]

[Si l'on vient de l'entrée principale, qui est toutefois fermée aujourd'hui, on entre d'abord dans la salle Royale (Regia) et de celle-ci dans la

Salle Ducale (pl. 1), construite par le Bernin. Les plafonds sont ornés de paysages à fresque par Brill. De. là, on retourne dans la'

Salle Royale (pl. 2), le vestibule de la chapelle Sixtine, salle destinée dans le principe à la réception des ambassadeurs. Elle a été construite par Ant. da Sangallo. Les ornements en

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stuc du plafond sont de Pe'rin del Vaga, ceux qui sont audessus des portes, de Daniel de Volt erre.

Les fresques médiocres deTasan, de Salviati et des Zuccari représentent, comme l'expliquent les inscriptions, les sujets suivants : sur le mur des fenêtres, à dr., des scènes de la St-Barthélemy (l'inscription : uStrages Hugenottorum, etc.", qui se trouvait autrefois au-dessous, a e'té effacée); vis-à-vis de l'entrée, où est la porte de la chapelle Sixtine, l'alliance des Espagnols et des Vénitiens avec Paul V, et la bataille de Lépante, en 1571 ; sur le petit mur, Grégoire VII donnant l'absolution à l'empereur Henri IV (porte de la chapelle Pauline); la prise de Tunis , par Charles-Quint ; sur le long mur de l'entrée, Grégoire XI revenant d'Avignon, Alexandre III donnant l'absolution à Frédéric Barberousse.]

La **chapelle Sixtine (Cappella Sistina, pl. 3), construite sous Sixte IV en 1473 par Baccio Pintelli, est longue de 40 m. 50 et large de 14 m.; elle a 6 fenêtres de chaque côté. Des balustrades en marbre d'un beau style séparent l'espace réservé à la célébration de l'office de celui qui est destiné au public. La partie inférieure des murs était autrefois couverte, lors des grandes solennités, des tapisseries de Raphaël; la partie supérieure, à l'exception du mur de l'autel, est ornée de fresques remarquables, exécutées par des maîtres florentins du xve s., et la voûte est de Michel-Ange. Meilleure lumière le matin.

Les fresques des murs représentent des sujets parallèles, l'un vis-à-vis de l'autre, de l'histoire du Christ (à dr.) et de celle de Moïse (à g.). Commençant à l'autel, elles se rejoignent sur le mur de l'entrée. — Primitivement, avant que Michel-Ange y peignit le Jugement dernier, il y avait au-dessus de l'autel trois tableaux du Pérugin: Moïse sauvé des eaux, le Couronnement de la Vierge et l'Adoration des Mages. — A gauche: 1, (à côté de l'autel), le Pérugin (attribué aussi à Luca Signorelli), Moïse voyageant en Egypte avec sa femme Zipora, Circoncision de son fils par Zipora; — 2 Sandro Botticelli , Moïse tuant l'Egyptien, chassant les bergers de la fontaine, adorant le buisson ardent ; — 3, Cosimo Rosselli, Pharaon englouti par la mer rouge ; — 4, du même, Moïse recevant les tables de la loi au mont Sinaï, l'Adoration du veau d'or; — 5, 8. Botticelli , Mort des fils de Coré et de ceux d'Aaron; — 6, L. Signorelli, Mort de Moïse. — Sur le mur de l'entrée : l'Archange St Michel et le corps de Moïse, par Salviati, entièrement repeint. — A droite: 1, le Pérugin, Baptême de J.-C. ; — 2, S. Botticelli, sa Tentation; — 3, Boni. Ohirlandajo, Vocation des apôtres St Pierre et St André; — 4, C. Rosselli, le Sermon sur la montagne, la Guérison du lépreux; — 5, le Pérugin (peint, selon Vasari, avec l'assistance de Bartolommeo délia Gatta), le Christ donnant les clefs à St Pierre; — 6, C. Rosselli, la Cène. — Sur le mur de l'entrée : la Résurrection, originairement peinte par B. Ghirlandajo , repeinte par Arrigo Fiammingo. Sur les piliers entre les fenêtres , 28 portraits de papes , par S. Botticelli , placés trop haut pour le regard.'

Le **plafond fut commencée par Michel- Ange le 10 mai 1508 et, à ce que disent ses deux biographes , qui exagèrent , achevé par lui en 22 mois, sans qu'il ait été aidé par personne , car il chassa immédiatement les Florentins qu'il avait fait venir pour cela. Ce plafond est-il la plus grande et la plus hardie des créations de l'art moderne, ou bien sont-ce les chambres de Raphaël? c'est là un point sur lequel on soutient depuis longtemps le pour et le contre. Le plafond a l'avantage d'être une œuvre dans laquelle il y a de l'unité, de former un tout, ce qui est d'autant plus étonnant que le sujet fut définitivement fixé après coup. Dans le principe, la décoration ne devait comprendre que les 12 apôtres, Michel-Ange , sentant que c'était trop peu , décida le pape a le changer. Alors, pour réunir ses différentes compositions, Michel-Ange imagina un ensemble architectonique de colonnes , de piliers , de corniches, imitant

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le bronze et le marbre, qui sort des murs, s'élève vers la voûte (voûte à miroir) et y forme neufs champs petits et grands. Des ligures reproduites avec les couleurs naturelles ou de couleur de bronze, étant partout placées en saillie sur ces diverses parties architectoniques , donnent au fond une grande légèreté, et forment un cadre idéal qui fait admirablement ressortir les compositions du milieu.!

Voici l'explication des peintures du milieu d'après Ascanio Condivi, élève de Michel-Ange, qui écrivit la vie de son maître en 1553, sous les yeux de ce dernier: — „Dans le 1er champ du plafond, l'un des petits à partir de l'autel se voit, planant dans les airs, Dieu le Tout-Puissant, qui d'un mouvement des bras sépare la lumière des ténèbres. — Dans le 2e champ , il crée les deux grands astres destinés à éclairer le monde, ses bras sont étendus et il touche le soleil de la main droite et la lune de la gauche. Autour de lui sont quelques anges, dont l'un, à gauche, se voile la face, en se pressant contre le Créateur, comme pour se garantir de l'influence pernicieuse (de l'éclat) de la lune. Dans le même champ, à gauche, Dieu s'occupe de créer sur la terre les plantes et les arbres. Il est peint avec tant d'art que, de quelque côté que vous vous tourniez, il semble vous suivre, en montrant tout le dos jusqu'à la plante des pieds: chose fort belle qui nous montre ce que peut la science du raccourci. — Dans le 3e champ apparaît dans les airs Dieu le Seigneur, également avec des anges: il considère les eaux, leur commandant de produire toutes les espèces d'animaux que nourrit cet élément. — Dans le 4e champ, c'est la création de l'homme, où l'on voit Dieu, le bras et la main étendus, donnant en quelque sorte des instructions à Adam sur ce qu'il doit faire et ne pas faire : de l'autre bras il rasssemble ses anges. — Dans le 5e champ, c'est le moment où Dieu tire la femme de la côte d'Adam-, venant à lui les mains jointes et étendues en avant, elle s'incline gracieusement comme pour le remercier, et il semble la bénir. — Dans le 6e champ, le démon, ayant une forme humaine dans la moitié supérieure du corps et pour le reste la forme d'un serpent, s'enlace autour d'un arbre et semble s'entretenir avec l'homme, l'induisant à agir contre son créateur et tendant à la femme le fruit défendu ; et dans l'autre partie du champ , on les voit tous deux chassés par des anges, fuir effrayés et tristes la présence de Dieu. — Dans le 7e champ est représenté le sacrifice d'Abel et de Caïn, l'un agréable à Dieu et l'autre rejeté par lui. — Dans le 8e champ, le déluge, où l'on peut voir de loin l'arche de Noé au milieu des eaux et des hommes qui s'y accrochent pour se sauver. Plus près est un navire plein de monde, qui, à cause de sa charge excessive et des chocs répétés et violents des ondes, perd sa voile et, privé de tout secours humain, se sent déjà envahi par les eaux et couler à fond : c'est une chose suprenante de voir l'espèce humaine périr ainsi misérablement dans les flots. Plus près du spectateur apparaît encore au-dessus de l'eau la cime d'une montagne, semblable à une île , où se sont réfugiés une multitude d'hommes et de femmes , qui trahissent divers sentiments , mais tous misérables et effrayés , se traînant sous une tente placée sur un arbre , pour s'abriter contre la pluie extraordinaire qui tombe ; et au-dessus est représentée avec beaucoup d'art la colère de Dieu , qui se dirige contre eux avec l'eau , le tonnerre et la foudre. Il y a encore un autre sommet de montagne assez rapproché, à droite, et une multitude de gens dans la même détresse, qu'il serait trop long de décrire en détail. — Dans le -9e champ, le dernier, c'est l'histoire de Noé ivre, couché par terre et montrant sa nudité, dont rit son iils Cham et que couvrent Sem et Japhetu.

Dans les pendentifs de la voûte, les ::"::'Pro ph êtes et les Sibylles, dans des positions contemplatives, entourés d'Anges et de Génies. A g. de l'autel: 1, Jérémie, plongé dans ses réflexions; 2,1a Sibylle de Perse, lisant; 3, Ezéchiel , avec une feuille à moitié déroulée-, 4, la Sibylle Erythrée, assise à côté d'un livre ouvert ; 5, Joël, lisant un rouleau ; 6, au-dessus de la porte, Zacharie , feuilletant un livre; 7, la Sibylle de Delphes, avec un rouleau déployé-, 8, haïe, le bras appuyé sur un livre, se livrant à l'inspiration divine; 9, la Sybille de Cumes, ouvrant un livre ; 10, Daniel, écri-

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vant; 11, la Sibylle Libyque , saisissant un livre ouvert ; 12, au-dessus du Jugement dernier, Jonas devant Ninive, assis sous la citrouille. „Tous, dit Condivi , sont vraiment admirables , tant par l'attitude que par les ornements et la variété des draperies. Mais le plus admirable de tous est le prophète Jonas, placé au commencement de la voûte; car, contrairement à la forme de cette voûte, par suite des effets de lumière et d'ombre, le torse, qui est raccourci en dedans, se trouve à l'endroit le plus rapproché de l'œil, et les jambes, qui s'avancent, sont à l'endroit le plus éloigné: chose étonnante et qui montre l'habileté de cet homme dans l'art de pratiquer le raccourci et la perspective".

Dans les ogives et les tympans de la voûte se trouvent les ancêtres du Sauveur, tous représentés dans l'attente. Dans les 4 arcs des angles : sur le mur de l'autel, à dr., les Juifs au désert avec le serpent d'airain; à g., le roi Artaxerxes, Esther et Aman. Sur le mur de l'entrée, à g., David et Goliath; à dr., Judith.

Ce ne fut que près de trente ans après que Michel -Ange peignit sur le mur de l'autel son fameux '"-Jugement dernier, large d'environ 20 mètres, achevé en 1541, sous Paul III. 11 faut une étude approfondie pour comprendre dans tous ses détails cette composition colossale noircie par plusieurs siècles, mal éclairée, et même en partie cachée; et il faut encore plus d'efforts pour approfondir la conception de l'ensemble au point de vue religieux, et pour apprécier les formes particulières au génie grandiose du maître. A dr. du Sauveur, assis sur un trône comme juge du monde, les bienheureux montant au ciel, retenus par des démons et soutenus par des anges; à g., les pécheurs s-* efforçant en vain d'atteindre le même but; en haut, deux groupes d'anges avec la croix, la colonne de la flagellation et les autres instruments de la Passion ; au milieu, le Christ et la Vierge entourés d'apôtres et de saints; au-dessous des morts ressuscités , l'enfer d'après le Dante, avec Charon dans sa barque et le juge Minos , représenté sous le traits de Biagio de Cesena, maître des cérémonies de Paul III, qui avait critiqué cette composition à cause de ses nudités. Paul IV, qui voulait la faire effacer pour le même motif, se décida enfin à faire habiller plusieurs figures par Daniel de Volterre , qui fut pour cela surnommé le Culottier. Clément XII fit achever ces vêtements par Stefano Pozzi, ce qui n'a pas précisément rehaussé la valeur du chef-d'œuvre.

La chapelle Sixtine est celle où ont lieu la plupart des solennités où le pape officie en personne; v. p. 115.

[La porte dans la salle Royale, au-dessus de laquelle on lit les mots ,,Paulus III P. M.'', donne sur la chapelle Pateline (Cappella Paolina: pl. 4), construite en 1540 par Ant. da Sangallo, et tirant son nom du pape sous lequel elle fut construite. Elle renferme également deux fresques de Michel-Ange, peintes par ce maître dans sa vieillesse: à g., la Conversion de St Paul; à dr., le Crucifiement de St Pierre; les autres peintures sont de Sabbatini et de F. Zuccaro, les statues dans les coins , de P. Bresciano. Cette chapelle sert le premier dimanche de l'Avent à l'exposition du St-Sacrement pendant 40 heures, et alors, ainsi que le jeudi saint, elle est brillamment éclairée.]

:i:*Chambres et **Loges de Raphaël. *Chapelle de Nicolas V ou chapelle S t -Laurent. — **Galerie de tableaux.

On monte l'escalier mentionné p. 291, passe devant l'entrée actuelle de la chapelle Sixtine, et monte encore 63 degrés à dr. jusqu'au second étage, où l'on frappe à une porte blanche, par

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où l'on entre maintenant dans les chambres (Stanze) et les Loges (Loggie) de Raphaël. Il faut déposer les parapluies et les cannes. On traverse à dr. deux salles renfermant des peintures modernes sans importance, puis la salle de VImmacolata, que Podesti a décorée il y a quelques années, sur les ordres du souverain pontife, de fresques représentant la décision et la déclaration du dogme de l'Immaculée Conception (v. p. lx). — La porte d'en face nous conduit tout droit à la chambre de l'Incendie (v. p. 299), à la suite de laquelle viennent celles de la Signature (v. ci-dessous), d'He'liodore (p. 298) et de Constantin (p. 299), puis les Loges (v. p. 300).

L'entrée principale , actuellement fermée , se trouve dans la cour St-Damase, par l'escalier mentionné p. 291, qui menait d'abord aux Loges, d'où l'on passait dans les chambres. Nous commençons par les

**Chambres de Raphaël {Stanze; pl. 5). Au premier rang parmi les créations de Raphaël et, avec le plafond de la chapelle Sixtine, au premier rang parmi celles de l'art moderne, figurent les fresques peintes par l'artiste, de 1508 à 1520, par ordre des papes Jules II et Léon X, dans les salles de réception du Vatican, les Stanze ou Camere. Toutefois cette décoration splendide n'a été décidée et confiée à Raphaël que successivement. Dans le principe, Jules II n'avait en vue qu'une décoration assez simple, dont il chargea des peintres d'Ombrie et de Sienne, comme le Pérugin, le Sodoma, etc. Parmi eux se trouvait probablement le jeune Raphaël, qui aura surpassé tellement ses collègues dans les premières fresques, que les travaux lui auront été pour cette raison confiés dès lors exclusivement. Ils l'occupèrent le reste de sa vie, et ils ne furent même achevés que par ses élèves. Il n'y a de sa main que les fresques des deux premières chambres. Chacune de ces peintures lui fut payée 1200 écus d'or ou environ 11,250 fr. Fortement endommagées en 1527 pendant le sac de Rome , ces fresques furent restaurées sous Clément XI par Charles Maratta. Nous les examinons d'après leur ordre chronologique (v. aussi p. lui et suivantes).

I. Chambre de la S ign a ture (Segnatura), ainsi nommée parce que c'est la pièce où se signaient les brefs de grâce. Raphaël, alors âgé de 25 ans, en commença la décoration en 1508 et l'acheva en 1511. La voûte de la salle avait déjà été divisée par le Sodoma ; Raphaël peignit des figures allégoriques dans les 4 compartiments ronds et carrés. Ces figures, tirées de la Bible et de la mythologie, symbolisent, avec les grandes peintures, les quatre principales directions suivies par l'homme adonné à la vie intellectuelle.

Peintures de la voûte. 1, la T h é o 1 o gie (divinarum rerum notifia), sur des nuages, un livre à la main gauche, montrant de la droite les apparitions célestes à la Dispute qui se trouve au-dessous ; à côté, le Péché originel. 2, la P o é s i e (namine afflatur), couronnée de lauriers, sur un siège «de marbre , avec un livre et une lyre-, à côté, le Supplice de Marsyas. 3, la Philosophie (causarum cognitio), avec un diadème, deux livres (la

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Morale et l'Histoire naturelle) et une robe faisant allusion aux quatre éléments; à côté, l'Etude de la sphère céleste. 4, la Justice (jus suum unicuique tribuit), avec la couronne, le glaive et les balances; à côté, le Jugement de Salomon.

Peintures murales. Au-dessous de la Théologie: 1, la Dispute. — Cette dénomination subsistera sans doute, bien que fondée sur une fausse explication. La fresque ne représente pas en effet une discussion sur la transsubstantiation : l'ostensoir avec l'hostie est seulement là pour préciser la nature de la scène représentée; il symbolise l'Eglise et donne à la réunion un caractère religieux. Le sujet est plutôt la Glorification de la foi. Les fidèles réunis autour de l'autel, tout pénétrés de sentiments religieux, voient le ciel ouvert avec J.-C. et les héros de la foi groupés autour de lui. La composition présente donc deux parties superposées, ce qui a permis à l'artiste, non-seulement d'exprimer clairement la contemplation religieuse, mais encore de distribuer habilement ses personnages. Dans la partie supérieure est J.-C. sur son trône, accompagné de la Vierge et de St Jean-Baptiste ; au-dessus de lui plane Dieu le Père, et au-dessous se voit le symbole du St-Esprit, de chaque côté duquel sont deux anges tenant les livres des Evangiles. Des anges qui dansent occupent l'arrière-plan , et d'autres portent des nuages sur lesquels sont assis, un peu plus bas à droite et à gauche de J.-C, alternativement des héros de l'Ancien et du Nouveau Testament. Les personnages de l'Ancien Testament représentent en même temps les âges du monde. A g. du spectateur, St Pierre, Adam, St Jean V Evangeliste, David, St Etienne et un personnage à demi-caché, peut être un prophète. A dr., St Paul, Abraham, St Jacques, Moïse, St Laurent et enfin un héros de l'Ancien Testament portant des armes. — Dans lapartieinférieure, les quatre Pères de l'Eglise assis près de l'autel déterminent le caractère historique de la composition : à g., St Grégoire et St Jérôme ; à dr., St Augustin et St Ambroise. On s'efforce depuis longtemps de donner aussi des noms historiques aux autres figures et d'y reconnaître les portraits de théologiens. Vasari même nommait déjà St Dominique, St François, St Thomas d'Aquin, St Bonaventure, don Seot et Nicolas de Lira. On veut voir Pierre Lombard dans le personage au costume imité de l'antique et qui lève la main droite vers le ciel à côté de St Ambroise , St Thomas d'Aquin dans le moine derrière St Augustin , St Bonaventure dans le cardinal , et les papes Anaclet et Innocent III. Cependant il n'y a rien de sûr dans ces dénominations, car Raphaël, comme l'indiquent ses eostumes idéalisés, a voulu généraliser ses caractères. Ce qui prouve en outre que l'artiste a fait une composition libre, c'est qu'il y a introduit des contemporains. Tout à fait à g., dans le fond, se voit Fra Angelico da Fiesole , à dr. le profil du Dante, et devant le Dante, séparée de lui par un vieillard couronné de lauriers, la tête de Savonarole.

Sur le socle, ajouté par Périn del Vaga, sous Paul III, on remarque, de g. à dr. : un Sacrifice païen; St Augustin trouvant un enfant qui veut épuiser la mer; la Sibylle de Cumes montrant la Vierge à l'empereur Auguste, figure allégorique de la connaissance des choses divines.

Au-dessous de la Poésie: 2, le Parnasse, à dr. de la Dispute. — Cette composition est la plus claire de toutes. On est agréablement impressionné par la vie poétique et l'enthousiasme qui l'animent; c'est un tableau plein de charme. Il faut admirer l'habileté avec laquelle Raphaël a tiré partie d'une place défavorable. Sous des lauriers est assis Apollon jouant du violon. Ce n'est point par ignorance que Raphaël aura choisi cet instrument, ni pour flatter un violoniste célèbre de l'époque, Giacomo Sansecondo, mais parce qu'il aura trouvé le mouvement de la main plus libre lorsqu'on joue du violon que lorsqu'on joue de la lyre. Autour d'Apollon sont groupées les 9 Muses, qui forment avec lui le groupe central. L'attention est ensuite attirée par la magnifique figure d' Homère. La musique du Dieu l'a inspiré et il se met à chanter. Tout près de lui sont Virgile et le Dante. Dans le groupe qui est sur le devant, Sapho et Pétrarque ; du côté opposé, Pindare et Horace. On ne saurait assurer que les personnages du fond soient des contemporains de Raphaël. L'imagi» nation peut s'y donner libre carrière.

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Au-dessous, en grisaille, à g., Alexandre faisant placer les chants d'Homère dans le tombeau d'Achille; à dr. , Auguste sauvant du feu l'Enéide de Virgile.

Au-dessous de la Philosophie: 3, TEcole d'Athènes, pendant de la Dispute, non-seulement par la place qu'elle occupe, mais aussi comme sujet. De même que nous voyons de l'autre côté une réunion de fidèles , nous avons ici une réunion de savants (son nom ordinaire lui a été donné après coup). La scène n'est plus partagée entre le ciel et la terre, elle se passe tout entière sur la terre, mais il y a cependant encore une gradation dans la science , ' depuis la demi-science empirique jusqu'à la science universelle accomplie. Des degrés conduisent à une galerie ouverte couronnée dans le fond d'une coupole, dont Bramante a, dit-on, donné le plan: c'est le plus beau temple de la Sagesse qui ait jamais été créé. Des statues d'Apollon, de Minerve et de beaucoup d'autres dieux en décorent les niches. Les hommes que la Renaissance honorait surtout pour leur intelligence et reconnaissait pour ses maîtres, Platon et Aristote , entourés d'une nombreuse suite, s'avancent jusqu'aux degrés qui descendent au premier plan , où se pressent les représentants des doctrines empiriques, de la géométrie, de l'arithmétique, de l'astronomie et de la musique, séparés par ces degrés des philosophes proprement dits. Ce sont là les deux grandes divisions du sujet, dans lequel règne du reste une gradation eomplète, depuis l'enseignement mécanique, la copie, la recherche, la discussion, etc., jusqu'à la révélation enthousiaste de la vérité dans le „divin Platon1'*. Raphaël donna encore plus de vie à sa composition, conformément à l'esprit de ses contemporains, instruits et pleins d'admiration pour l'antiquité, en y introduisant d'autres personnages antiques. Mais son intention n'a pas été de donner un tableau complet du développement de la philosophie grecque, comme on l'a pensé; il a seulement représenté divers personnages populaires de l'antiquité pour orienter l'imagination du spectateur, pour localiser en quelque sorte l'action, qui sans cela se fût perdue dans l'abstraction et la généralité. Outre Platon et Aristote , on reconnaît Socrate avec sa tête chauve et Diogène couché sur les degrés. Ptolémée l'astronome, auquel l'artiste a mis une couronne en le confondant avec quelqu'un des Ptolémées, et Zorastre , avec la sphère, dans le groupe de devant à dr., sont aussi aisément reconnaissables. Quant aux autres figures, on est réduit à deviner les personnes qu'elles représentent. Voici les noms qu'on leur donne généralement. Le vieillard à barbe dans le coin de gauche , vu de profil , serait Zènon , le stoïcien ; le personnage couronné de pampres et tenant un livre a côté de lui , Epicure ou Démocrite, L'Oriental qui se penche au-dessus de Pythagore occupé à écrire, passe pour Averroës , principal représentant de la science hérétique au moyen âge. A côté d'un socle de colonne, Empédocle, regardant aussi Pythagore; celui qui a le pied posé sur un bloc de marbre est Anaxagore ou Xénocrate. Enfin on désigne comme représentant Héraclite le personnage assis tout seul au premier plan et qui complète le groupe de gauche. Dans le groupe de Socrate, en haut, se voit un jeune guerrier, Alcïbicde ou Xénophon , et celui qui derrière ce guerrier fait signe d'approcher, passe pour être Chrysippe. Quant aux figures correspondantes à dr. dans le haut, elles sont restées inexpliquées. Raphaël a également placé dans cette composition divers contemporains. C'est ainsi que le jeune homme dans le groupe du premier plan à g. a les traits du duc d'Urbin, François -Marie de la Rover e ; le géomètre avec des compas et faisant une démonstration, ceux de Bramante^ et le jeune homme qui se penche le bras étendu^dans le même groupe, ceux du duc Frédéric 11 de Mantoue. Raphaël lui-même s'est représenté ici entrant du côté droit avec son maître, le Pérugin.

Au-dessous de ce tableau, en camaïeu (de g. à dr.): une figure allégorique de la philosophie; des Mages conversant sur la sphère céleste -r le Siège de Syracuse; la Mort d'Archimède, tous par Périn del Vaga.

Au-dessous de la Jurisprudence et au-dessus de la fenêtre: 4, les trois Vertus cardinales: la Sagesse, avec un double visage, voyant le passé et

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l'avenir 5 à dr., la Tempérance; à g., la Force. Au-dessous, des deux côtés de la fenêtre, la Justice temporelle et la Justice spirituelle; à dr., OrégoirelX, sous les traits de Jules II, remettant les Décrétales à un jurisconsulte: les personnages tout autour sont des portraits; en avant, à g., le cardinal de Médicis , qui fut plus tard Léon X. — Enfin, sur le socle, par Périn del Yaga: Moïse apportant aux Juifs les tables de la Loi: à g., l'empereur Justinien remettant les Pandectes à Tribonien, et au-dessous, Solon haranguant le peuple athénien (?).

La porte à côté de l'Ecole d'Athènes donne sur la

II0 Chamb r e d' H e Ho dore) dont les fresques ont été peintes de 1511 à 1514 et représentent le triomphe de l'Eglise, sous la protection divine, avec des allusions à l'époque guerrière de Jules II et à l'élection de Léon X.

Au plafond, malheureusement fort endommagés, 4 sujets de l'Ancien Testament: Jéhova apparaissant àNoé, le Songe de Jaeob, Moïse devant le buisson ardent, le Sacrifice dlsaac.

Peintures murales. Au-dessous de Moïse devant le buisson: 1, Héliodore chassé du temple de Jérusalem par des cavaliers célestes (Macchab. II, 3), allusion à la délivrance de Etats de l'Eglise des ennemis qui l'opprimaient. Héliodore est couché à terre à dr. , un de ses compagnons veut se défendre, le second pousse des cris, le troisième retient son butin; au fond, le grand-prêtre Onias en prière; à g., au premier pian , des femmes , des enfants , et le pape Jules II sur son fauteuil (celui des deux porteurs qui est le plus éloigné du spectateur, est le célèbre graveur Marc-Antoine Raimondi). Cette composition est d'une vigueur d'expression admirable.

Sous le Sacrifice d'Isaac: 2, la Messe deBolsène, un prêtre incrédule convaincu de la transsubstantiation par la vue d'une hostie saignante {v. p. 64) , allusion à ceux qui doutent de l'infaillibilité de l'Eglise. En bas , des femmes et des enfants ; vis - à - vis du prêtre , le pape Jules II agenouillé. Parmi les cardinaux, on remarque la figure courroucée de Riario (qui fit construire la Chancellerie). Sous le rapport de la peinture, cette composition est peut-être la plus parfaite de toutes les fresques de Raphaël.

Au-dessous de Noé: 3, Attila arrêté aux portes de Rome par

St Léon, allusion aux Français expulsés d'Italie après la bataille deNovare, en 1513. Le pape, sous les traits de LéonX, est sur une mule blanche; autour de lui, des cardinaux et une suite à cheval; au-dessus, St Pierre et St Paul resplendissants de lumière, visibles seulement pour Attila et les siens, et répandant la terreur et l'effroi parmi les Huns.

Au-dessous du Songe de Jacob : 4, la Délivrance de St Pierre, divisée en trois parties. Au-dessus de la fenêtre, St Pierre en prison, endormi entre les sentinelles et réveillé par un ange; à dr. , sa fuite; à g. , le réveil des gardiens.

Sur le socle au-dessous des tableaux , en grisaille, onze caryatides et quatre hermès. Bien que fortement restaurées , ces figures ont évidemment été composées par Raphaël : elles représentent les œuvres de la paix. Les compositions en camaïeu entre les caryatides , encore plus fortement retouchées, représentent des sujets analogues aux grandes figures.

Ces deux salles ont été peintes par Raphaël lui-même et l'on y reconnaît distinctement ses progrès, tant sous le rapport de l'indépendance, que sous celui de l'assurance dans la partie technique de l'exécution. Dans les pièces suivantes, il n'a peint que l'Incendie du Bourg, à l'exception de quelques figures dans la partie gauche de la composition; le reste à été exécuté d'après ses dessins, les fresques de la IIIe ayant été faites sous sa direction, celles de la IYe après sa mort.

Le Vatican.

ROME. V° Quart, de la rive dr. 299

III0 Chambre de l'Incendie, de l'autre côté de celle de la Signature: on passe à dr. de la Dispute. Les peintures du plafond sont du Pe'rugin; celles des murs, représentant des scènes des règnes de Léon III et de Léon IV, datent de 1517.

Au-dessus de la fenêtre: 1, le Serment de Léon III devant Charlemagne (le personnage à chaîne d'or, que Ton voit par derrière), pour se justifier des accusations portées contre lui, peint par Périn del Vaga, A dr., sur le mur de l'entrée:

2. Victoire de Léon IV sur les Sarrasins à Ostie, peinte par Jean d'Udine. Le pape est représenté sous les traits de Léon X, entouré des cardinaux Jules de Médicis (Clément VII), Bibiena, etc.

Sur le socle au-dessous : Ferdinand le Catholique et l'empereur Lothaire.

3. L'Incendie du Bourg , qui a donné son nom à cette chambre. Raphaël s'est si bien acquitté de la tâche en apparence ingrate de représenter un miracle , qu'il en a fait , pour nous servir d'une expression moderne, un tableau de genre dans le grand style. L'événement est un incendie qui a éclaté au Borgo (p. 277) et que le pape Léon IV (ixe s.) éteint par un signe de croix fait de la loge de St-Pierre ; l'artiste en a placé la scène à Tarrière-plan. Le premier plan nous montre les effets de la frayeur que cause un incendie, des gens qui s'efforcent de sauver ce qu'ils possèdent, d'autres que l'effroi paralyse à moitié ou rend comme fous, surtout des femmes. Mais le groupe du coin à g. sort du cadre de la vie ordinaire :; il nous montre le vieil Anchise porté par Enée, et il nous reporte ainsi dans les temps héroïques, en justifiant ainsi la présence de personnages aux formes athlétiques. L'Incendie du Bourg est incontestablement la page la plus populaire de toute la série, et il est bien propre à faire ressortir la supériorité de Raphaël sur les peintres qui l'ont suivi. Les archéologues y verront aussi avec plaisir la façade de l'ancienne, église St-Pierre, qui existait encore du temps de l'artiste.

Au-dessous : Godefroi de Bouillon et Astolphe.

4. Charlemagne couronné empereur à l'ancienne église St-Pierre. Le pape Léon II est représenté sous les traits de LéonX, l'empereur sous ceux de François Ier de France. Au-dessous, Charlemagne.

IV0 Salle de Constantin. Les peintures de cette salle ont été exécutées sous Clément Yil par Jules Romain; avec l'assistance de François Penni et de Raphaël dal Colle. On assure ordinairement que les deux figures allégoriques de la Mansuétude et de la Justice, à l'huile et non à fresque comme les autres, sont de la main de Raphaël. Mais des lettres écrites à Michel-Ange par Sébastien del Piombo, qui ambitionna de continuer les peintures après la mort de Raphaël, nous apprennent qu'une seule des figures avait été exécutée à l'huile, à titre d'épreuve, par les élèves de Raphaël, et qu'à sa mort, les sujets n'étaient pas encore déterminés ou du moins furent considérablement modifiés durant l'exécution. Cependant il y avait encore des dessins de Raphaël pour certains sujets, notamment pour la Bataille de Constantin.

Sur le mur longitudinal : 1, la Bataille de Constantin contre Maxence, près du pont Molle. L'empereur victorieux est suivi de drapeaux avec la croix, Maxence est englouti par la rivière, ses troupes sont battues sur tous les points. Cette composition a été peinte par Jules Romain. Le dessin et l'expression en sont d'une vigueur et d'une animation merveilleuses , le coloris est moins bon. — Des deux côtés: à g., St Sylvestre entre la Foi et la Religion ; à dr., St Urbain entre la *:: Justice et la Charité.

2. Baptême de Cmstantin par St Sylvestre (sous le traits de Clément VII), au baptistère de Latran, peint par François Penni. — A g.,

300 V° Quart, de la rive dr. ROME.

Le Vatican.

St Damase entre la Prudence et la Paix 5 à dr. , St Léon entre l'Innocence et la Vérité. Sur le mur des fenêtres :

3. Donation de Rome à St Sylvestre par Constantin, de Raffaello dal Colle. — A g. , St Sylvestre avec la Bravoure ; à dr. , Grégoire VII (?) avec la Puissance (?).

4. Harangue de Constantin à ses troupes après l'apparition de la croix qui leur promet la victoire, peinte d'après un dessin de Raphaël (?), par Jules Ro?nain, qui y ajouta le nain au premier plan (peut-être Gradasso Berettai de Nurcie, nain du card. Hipp. de Médicis) et quelques autres figures. A g., St Pierre entre l'Eglise et l'Eternité; à dr., St Clément entre la Modération et la Mansuétude. — Le socle représente des scènes de l'histoire de Constantin, d'après des dessins de Jules Romain.

Le plafond, achevé sous Sixte-Quint, est décoré d'une allégorie du triomphe du christianisme sur le paganisme; les pendentifs, de paysages italiens, avec des ligures allégoriques dans les tympans.

Un des gardiens de cette salle ouvre (50 c.) la *chapelle de Nicolas V (cappella Niccolina), construite par le pape de ce nom et décorée en 1447, par Fiésole, de fresques représentant St Laurent et St Etienne. Ces peintures , une des dernières et des plus riches œuvres du maître florentin, après avoir été longtemps oubliées, ont été restaurées sous Grégoire XIII et Pie VII.

La rangée supérieure contient des scènes de l'histoire de St Etienne : 1 (à dr. de la porte), il est sacré diacre par St Pierre ; 2, il distribue des aumônes aux pauvres ; 3, sa prédication ; 4, il paraît devant le conseil de Jérusalem ; 5, il est traîné^ au supplice ; 6, sa lapidation. — Au-dessous, dans le même ordre, des scènes de l'histoire de St Laurent : 1, il est sacré diacre par le pape Sixte II; 2, le même pape (sous les traits de Nicolas V ?) lui donne des trésors pour les distribuer aux pauvres ; 3, distribution de ces aumônes ; 4, condamnation du saint par l'empereur ; 5, son martyre. — En outre, sur le mur de g., en bas: à g., St Bonaventure; à dr., St Jean Chrysostôme. Dans la voûte: à g., St Augustin; à dr., St Grégoire. Sur le mur de dr., en bas: à g., St Athanase; à dr., St Thomas d'Aquin. Dans la voûte: à g., St Léon; à dr., St Ambroise. Au plafond, les quatre évangélistes.

** Loges de Kaphaël. — De la salle de Constantin, on passe au deuxième étage des loges ou galeries qui entourent la cour St-Damase et dont l'aile de l'O. ou de dr. a été décorée de stucs, d'ornements peints et de peintures au plafond, sur des dessins de Raphaël et sous sa direction, par ses élèves Jules Romain, Jean d'Vdine, etc. Cette galerie était primitivement ouverte et elle a pour cette raison beaucoup souffert des injures du temps î ce n'est que depuis 1813 qu'elle est vitrée. Les stucs et les ornements peints sont de Jean d'Udine; on y reconnaît aisément l'influence des décorations antiques du même genre retrouvées alors depuis peu dans les thermes de Titus (p. 237). Parmi les plafonds, exécutés d'après des compositions de Raphaël, le premier est de Jules Romain, les autres de Franç. Penni, Périn del Vaga, Polid. Caravage, etc. Chacune des 13 voûtes renferme 4 fresques de forme carrée, connues sous le nom de Bible de Raphaël. Le tout offre une richesse de composition et une grâce d'exécution telles qu'en présentent peu d'autres œuvres.

Plafonds. Les sujets des 12 premières voûtes sont des scènes de l'Ancien, ceux de la 13e, des scènes du Nouveau Testament. Nous com-

Le Vatican.

ROME. V° Quart, de la rive dr. 301

mençons à dr. de l'escalier qui forme rentrée principale, c.-à-d. à l'extrêmitéopposée à rentrée actuelle. — 1°: au-dessus de la porte, 1, Séparation de la lumière et des ténèbres ; 2, Séparation de la terre et de la mer ; 3, Création du soleil et de la lune; 4, Création des animaux. — 11°: 4, Création d'Eve; 1, Péché originel; 2, Expulsion du paradis; 3, Adam et Eve travaillant (méconnaissable). — III0 : 1, Construction de l'arche de Noé; 2, Déluge; 3, Sortie de l'arche (méconnaissable) ; 4, Sacrifice de Noé. — IV0: 1, Abraham et Melchisédech ; 3, Dieu prédisant une nombreuse postérité à Abraham (méconnaissable) ; 2, Abraham et les trois anges ; 4, Loth s'enfuyant de Sodome. — V° : 1, Dieu apparaissant à Isaac; 3, Abimélech épiant Isaac et Eébecca; 2, Isaac bénissant Jacob; 4, Esaii et Isaac. — VI0: 1, Songe de Jacob ;

2, Jacob et Rachel au puits ; 3, Jacob reprochant à Laban de lui avoir donné Léa pour épouse (méconnaissable) ; 4, Voyage de Jacob. — VII0: 1, Joseph racontant son rêve à ses frères; 2, Joseph vendu par ses frères;

3, Joseph et la femme de Putiphar; 4, Joseph expliquant le songe de Pharaon. — VIII0: 1, Moïse sauvé des eaux; 2, Moïse devant le buisson ardent; 3, Pharaon englouti par la mer Rouge; 4, Moïse faisant sortir de l'eau du rocher. — IX0 : 1, Moïse recevant les tables de la Loi ; 2, Adoration du veau d'or et Moïse brisant les Tables ; 3 , Moïse agenouillé devant la colonne de nuages (méconnaissable) ; 4, Moïse montrant au peuple les tables de la Loi. — X° : 1, les Juifs traversant le Jourdain ; 2, Prise de Jéricho ; 3, Josué arrêtant le cours du soleil pendant la bataille contre les Ammonites ; 4, Josué et Eléazar divisant la Palestine entre les douze tribus. — XI0: 1, Sacre de David par Samuel; 2, David et Goliath; 4, Victoire de David sur les Syriens; 3, David voyant Bethsabé. — XII0: 1, Sadoc sacrant Salomon; 2, Jugement de Salomon; 4, la Reine de Saba; 3, Construction du Temple (méconnaissable). — XIII0 : 1, Adoration des bergers (méconnaissable) ; 2, les Rois Mages; 3, Baptême du Christ; 4, la Cène.

Parmi les ornements de stuc, on remarquera par exemple les charmants petits bas -reliefs aux fenêtres de la première partie. On y voit d'abord, en haut à gauche, Raphaël assis et dessinant; audessous , un de ses aides préparant les couleurs. Plus bas , un certain nombre d'élèves occupés à exécuter les esquisses du maître, et au-dessous des élèves, la Renommée proclamant l'excellence du chef-d'œuvre. A dr., un vieux maçon travaillant; il y a un autre maçon à la 2e fenêtre; ce sont évidemment deux portraits. L'ensemble donne une image charmante de la vie des artistes occupés à la décoration des loges.

L'ornementation des deux autres galeries de cet étage est bien inférieure à celle des loges de Raphaël; les stucs sont de Marco da Faenza et de Paul Schor , les peintures d'artistes du xvie et du xvii6 s. — Dans l'aile du N., la lre, au commencement à g., se trouve l'escalier de la galerie de tableaux; arrivé en haut, on sonne à la porte de gauche.

La **galerie de tableaux du Vatican a été fondée par Pie VII, qui y réunit les toiles enlevées pour la plupart aux églises par les Français et rendues en 1815, et d'autres tableaux de provenances diverses. Cette galerie et la galerie Borghèse (p. 189) sont les plus importantes de Rome. Celle du Vatican est inférieure à sa rivale, ainsi qu'à d'autres collections particulières, par le nombre de toiles; mais elle ne se compose, à peu d'exceptions près, que de bons tableaux, et il y a parmi eux quelques chefsd'œuvre de premier rang. — Permission, v. p. 119. Pourboire, 50 c. Les tableaux ne portent point de numéros, mais l'indication des sujets et les noms des peintres.

Ire salle. Mur de gauche: Léonard de Vinci, St Jérôme, ébauche; ' Raphaël, Annonciation, Adoration des mages , Présentation au temple,

302 V° Quart, de la rive dr. ROME.

Le Vatican.

gradin du Couronnement de la Vierge (3e salle) ; le Guerchin , Jésus et St Thomas; Jean Bellini (attribué autrefois à A. Mantegna), le Christ mort et Madeleine oignant ses plaies; Fr. Francia, la Vierge et St Jérôme. — Mur des fenêtres : Ch. Crivelli, le Christ mort, 3Iarie, St Jean, Ste Madeleine. — Mur de rentrée: Fiésole, Scènes de la vie de St Nicolas de Bari; du même, "petite Vierge avec des anges , sur fond doré ; Benozzo Gozzoli (?), Miracle de St Hyacinthe; Murillo , Adoration des bergers; du même Fiançailles de l'enfant Jésus avec Ste Catherine (ces deux 3Iurillos ont été donnés à Pie IX par la reine Isabelle); le Péfligin , St Benoît, Ste Scholastique, St Placide ; * Bonifazio , la Vierge avec St Jean et Ste Catherine; à g., St Pierre et St Paul (coloris brillant). * Raphaël, la Foi, l'Espérance et la Charité , gradin de la Mise au tombeau du palais Borghèse, en camaïeu ; le Garofalo, la Vierge, St Joseph et Ste Catherine.

IIe s"alle. Mur de l'entrée: à dr. He Dominiquin , Communion de St Jérôme. Mur de la sortie: ** Raphaël , la Transfiguration de J.-C, dernier grand tableau du peintre, exécuté pour le cardinal Jules de Médicis (Clément VII), conservé jusqu'en 1797 à St- Pierre -in- Montorio. La partie supérieure est encore de la main de Raphaël : le Christ dans les nuages, entre Moïse et Elie; St Pierre, St Jacques et St Jean sont étendus à terre, éblouis par l'éclat divin de leur maître. La partie inférieure, aux teintes fortement rembrunies, et où se voient les autres disciples voulant guérir l'enfant possédé , a été exécutée en partie par les élèves de Raphaël. Les personnages en adoration dans le haut à g. sont St Laurent et St Etienne. — Mur latéral, '^Raphaël, la Madone de Foligno, peinte en 1512: à l'arrière-plan, on aperçoit la ville de Foligno et une bombe qui vient y tomber; sur le devant, St Jérôme recommandant à la Vierge le secrétaire de Jules II, Sigismond Conti, qui fit peindre ce tableau pour l'église de Ste-Marie-in-Ara-Cœli, d'où il fut transféré à Foligno (v. p. 74); à g., St François d'Assise et St Jean-Baptiste. Cette peinture, originairement sur bois, a été transportée sur toile à Paris, ce qui a nécessité quelques restaurations.

IIIe salle. Mur de l'entrée : le Titien, la Vierge et des saints ; le Guerchin, Ste Marguerite de Cortone. — Mur longitudinal de dr. : VFspagnolet, Martyre de St Laurent; le Guerchin, Ste Madeleine ; Bernardin Pinturicchio, Couronnement de la Vierge , peint pour l'église délia Fratta à Pérouse (en bas, les apôtres, St François , St Bonaventure et trois franciscains); le Pérugin, ou plutôt le jeune Raphaël d'après un dessin de son maître, Résurrection de J-C. : le jeune soldat qui dort à dr. au premier plan, est, dit-on, le portrait de Raphaël, le soldat qui fuit, celui du Pérugin. Jules Romain (la moitié supérieure) et François Penni , il Fattore (la moitié inférieure), Couronnement de la Vierge , dessiné par Raphaël , pour le couvent de S.-Maria-di-Monte-Luco près de Pérouse; lo Spagna Adoration de l'enfant Jésus ; ce tableau se trouvait autrefois à la Spineta près deTodi; -Raphaël, Couronnement de la Vierge, peint en 1502 à l'école du Pérugin pour S.-Francesco de Pérouse; He Pérugin, la Vierge sur un trône, avec les patrons de Pérouse : St Laurent, St Louis, St Herculane, St Constant; Sassoferrato , Madone; le Caravage, Mise au sépulcre. Mur des fenêtres: le Titien, un Doge de Venise; Niccolà Alunno, deux grands tableaux en plusieurs compartiments, le Crucifiement et le Couronnement de la Vierge. Entre les deux : ::" Melozzo da Forli, fresque de l'ancienne bibliothèque vaticane: Sixte IV, son fondateur, avec le cardinal Jules de la Rovère (Jules II) et Pierre Riario son neveu; devant lui, l'intendant de la bibliothèque, Platina, agenouillé.

IVe salle. Mur de l'entrée : Valentin, Martyre de St Procès et de St Martinien; le Guide, Crucifiement de St Pierre; N. Poussin, Martyre de St Erasme. — Mur de droite: F. Baroccio, Annonciation; A. Sacchi, la Messe de Grégoire le Grand: il y a à St-Pierre des copies en mosaïque de ces tableaux. Baroccio, Ste Michéline. — Mur des fenêtres : *Moretto da Brescia, la Vierge avec St Jérôme et St Barthélémy; Paul Véronèse , Songe de Ste Hélène. — Mur de gauche: le Guide, la Vierge avec St Thomas et St Jérôme ; le Corrège (? plutôt Carrache) , Jésus entouré d'une gloire ; A. Sacchi, St Romuald.

Le Vatican.

ROME. V 0 Quart, de la rive dr. 303

B. Antiques.

Galerie Lapidaire. Braccio - Nuovo Les Musées Chiaramonti, Pio- Cl e m en tin o , Grégorien, égyptien. Voir le plan du Vatican, p. 290.

(Permission, v. p. 119. Catalogue en français, par Massi, 41.)

La collection d'antiques du Vatican, la première du monde, fut commencée par les papes Jules II, Léon X, Clément VII et Paul III. Elle est établie dans le Belvédère, construit par Bramante sous Jules II, d'où Ton a une vue admirable sur Rome. C'est là qu'étaient conservés, entre autres, le torse d'Hercule, l'Apollon du Belvédère et le Laocoon. Clément XIV (Ganganelli, m. 1774) décida d'établir une collection plus étendue, et c'est ainsi que se forma, sous son pontificat et sous celui de son successeur Pie VI, le musée Pio-Clementino, qui fut dépouillé de ses objets les plus précieux par les Français en 1797 ; mais la plupart des sculptures furent rendues à Pie VII en 1816 par suite du traité de Paris. Pie VII agrandit le musée en y réunissant le musée Chiaramonti, et, en 1821, le Braccio Nuovo; Grégoire XVI y ajouta les musées égyptien et étrusque.

L'entrée actuelle de la collection d'antiques se trouve à l'O. du palais, non loin de l'angle N.-O. En venant du Borgo, on traverse la place St-Pierre, passe à g. du perron de l'église sous le portique et fait tout le tour de l'édifice, dont on a ainsi l'occasion d'admirer la grandeur. Ensuite on passe entre le jardin, aujourd'hui fermé au public, et le palais du Vatican, jusqu'à la porte sous la salle du Bige (pl. 17). Là on sonne à une grille, monte un escalier où il faut présenter sa permission et entre dans la salle à Croix grecque (p. 310). Encore un étage plus haut, on trouve la salle du Bige, la galerie des Candélabres et le musée Grégorien , dans l'ordre donné par ce livre, tandis qu'on visite les autres salles, où l'on entre immédiatement de la salle du Bige, en sens inverse ou dans l'ordre suivant: Salle Ronde, salles des Muses, salle des Animaux, galerie des Statues, salle des Bustes, cabinet des Masques, cour du Belvédère, etc., de sorte qu'il faut maintes fois aussi lire en sens inverse les énumérations suivantes.

[Galerie Lapidaire.] *Braccio-Nuovo. *Musée Chiaramonti.

[Du côté de l'entrée principale actuellement fermée (v. p. 291), le musée commence par un corridor large de 6 m. 70 et dont la longueur dépasse 290 m. La première moitié de ce corridor,

La Galerie Lapidaire, renferme une collection de 3,000 inscriptions païennes (à dr. et à g. de l'entrée) et chrétiennes (à g., à partir de la 7e fenêtre), commencée par Clément XIV et Pie VI et augmentée par Pie VIL Ces inscriptions de toute espèce sont rangées le long des murs d'après les indications du savant Gaetano Marini. La galerie contient en outre quelques cippes, sarcophages et statues antiques. La dernière petite porte à g. à l'extrémité est celle de la bibliothèque (p. 315). La seconde moitié du corridor, séparée de la première par une grille, renferme le musée Chiaramonti. A g. le]

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Vatican.

*Braccio Nuovo (bras neuf), construit en 1821, sous Pie VII, par Raphaël Stem. Cette salle, de 70 m. de long sur 8 de large, a une voûte en berceau , par laquelle elle est éclairée. On y admire 14 colonnes antiques de cipollin et de marbre jaune, d'albâtre et de granit d'Egypte. Il 's'y trouve 40 statues et environ 80 bustes.

A droite : n° 5 , caryatide compléte'e par Thorvaldsen ; c'est probablement une de celles que Diogene exécuta pour le Panthéon ; 8, Commode vêtu en chasseur, avec un épieu ; 9, tête de barbare; 11, Silène avec Bacchus -enfant dans ses bras; -14, Auguste, trouvé en 1863 près de Prima-Porta dans la villa de Livie, la meilleure statue de cet empereur, portant encore des traces visibles de peinture. En avant, par terre : une mosaïque de Tor-Marancio , Ulysse avec les sirènes et Scylla ; 17, statue d'un médecin avec les attributs d'Esculape, peut-être celle d'Antonius Musa, célèbre pour avoir guéri Auguste. 20, Nerva (tête moderne); ::'23, Pudicité (?), de la villa Mattei, tête et main droite modernes ; 24, statue dite de Pollux, en marbre colorié ; 26, Titus, avec la statue de sa fille Julie (vis-à-vis du n° 111) trouvés en 1828 près de Latran ; 27, Méduse (comme les numéros 40 et 93 ; le n° 110 est en plâtre) du temple de Vénus et Rome, construit par Adrien; 31, Prêtresse d'Isis ; 32, 33, Satyres assis; 38, Ganymède <?), trouvé à Ostie, sculpté par Phœdimos (?) ; 39 (au milieu), beau cratère en basalte noir, avec des masques, etc. ; 41, Satyre jouant de la flûte ; 44, Amazone blessée; 47, caryatide; 48, Trajan; 50, Diane apercevant Endymion endormi; 53, Euripide, le poëte tragique; 60, Sylla (?); :; 62, Démosthène, trouvé près de l'ancien Tusculum. Au milieu de la galerie: ::67, Apoxyomène, ou athlète se grattant la poussière du bras droit, d'après Lysippe^ trouvé en 1849 dans le vicolo délie Palme, au Trastevere. A g. de cette statue: "71, Amazone pleurant, reproduction d'une œuvre plus ancienne de la meilleure époque, le bras et les pieds complétés par Thorvaldsen; 81, Adrien; 83, Junon, faussement restaurée comme étant une Cérès (tête moderne) ; 86, Fortune avec la corne d'abondance et la rame, trouvée à Ostie; "89, Hésiode (?); 92, Vénus Anadyomène; "94, l'Espérance, faussement complétée comme étant une Proserpine; 96, Marc-Antoine, le triumvir; 97, 99, 101, 103, 105, Athlètes ; 106, buste du triumvir Lépide. Le sol de cet hémicycle (derrière le Nil) est couvert d'une mosaïque représentant Diane d'Ephèse, trouvée à Poggio-Mirteto. "109, Groupe colossal du Nil, entouré de 16 enfants, allusion aux 16 aunes qu'atteint le niveau le plus élevé des inondations de ce fleuve; sur le revers et les côtés de la plinthe, des scènes comiques représentant un combat de Pygmées contre des crocodiles et des hippopotames: ce groupe a été trouvé sous Léon X près de Ste-Mariede-la-Minerve. 111, Julie, fille de Titus (comp. avec le n° 26) ; *112, tête de Junon (appelée Junon Pentini); * 114, Minerve Médica, ou Pallas Giustiniani (elle appartenait autrefois à la famille de ce nom), en marbre de Paros; 117, Claude; "120, Satyre au repos, restauré d'après le célèbre original de Praxitèle (celui du musée Capitolin lui est supérieur) ; 123, Lucius Vérus; *126, Athlète, faussement restauré comme étant un Discobole, récemment reconnu pour une reproduction du Doryphore (porteur d'épieu) de Polyclète ; 129, Domitien; -132, Mercure, complété par Canova: la tête est antique, mais d'une autre statue.

Nous revenons au corridor, dont la seconde moitié renferme le *Musée Chiaramonti , divisé en 30 travées, où sont exposés plus de 700 ouvrages de marbre, dont beaucoup de petits ou en fragments. On y remarque surtout:

Travée I. A dr. , n0 2, Apollon assis; 6, l'Automne, provenant d'un sarcophage trouvé à Ostie; à g., 13, l'Hiver, du sarcophage de Pub. ^Elius Vérus. — II. A dr. , 14, 16, Muses. — III. A dr. , 28, tête d'une Amazone blessée; 29, tête de faune du sexe féminin; à g., 55, torse d'Hébé. — IV. A dr., 63, Minerve; à g.. 107, Jules César (?). — VI. A dr. , 120, Vestale (?) de la villa d'Adrien; 121, Clio; 122, Diane. — VII. A dr. , 130, bas-relief

Le Vatican.

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d'une exécution médiocre, représentant le Soleil et la Lune servant de guides aux âmes; 144, Bacchus barbu; à g., 166, Apollon antique. — VIII. A dr. , ";; 176, Fille de Niobé , trouvée à Tivoli , excellente œuvrer grecque; à g., 179, sarcophage de C. Julius Euhodus et de Métilia Acté, . avec le mythe d'Alceste; 181, Hécate; au-dessous, s:182, autel en marbre pentélique, avec une Vénus et des scènes bachiques. — IX. A dr., 186, bas-relief grec représentant des cavaliers ; 197, tête de Rome, avec des yeux modernes, trouvée à l'ancien Laurentum; :;229, deux têtes de Silène, hermès double; au-dessous, 230, grand cippe, la Nuit avec la Mort et le Sommeil (?). — X. A dr., 241, Nymphe allaitant Jupiter enfant. A g., 244, masque colossal de l'Océan, ayant servi d'ornement de fontaine; à g., 245, Polymnie. — XI. A dr., 254, Vénus; 255, Jupiter Sérapis; 259, 263, beaux portraits d'inconnus ; à g., 285, Apollon avec la biche sur la main , d'un style archaïque imité ; 287, Enfant endormi. — XII. A dr., 294, Hercule, trouvé en 1802, complété par Canova. — XIII. A dr. , 300, fragment d/un bouclier avec 4 Amazones ; imitation du bouclier d'Athènè Parthénos de Phidias; à g., 338, Enfant d'un groupe de joueurs aux osselets. — XIV. A dr., 352, Vénus Anadyomène; 353, Nymphe ; 354, Vénus. — XV. A dr. , 360 bas-relief très-ancien , trois Grâces vêtues , imitation d'une œuvre de Socrate dont on a trouvé des fragments à l'acropole d'Athènes; 369, portrait d'un inconnu; i: 372A, bas-relief grec avec un fragment de cavalier; à g., 392, Adrien. — XVI. A dr., 400, Tibère assis, trouvé à Véies en 1811; à dr., 401, Auguste, du même endroit. — XVII. A dr., ;; 416, buste d'Auguste enfant ; 418, Julia (?), fille d'Auguste, trouvée à Ostie; 420 A, tête de Vulcain, trouvée en 1861 sur la place d'Espagne lors de l'érection de la colonne de l'Immacolata ; 422, Démosthène; à g., 441, Alcibiade (?). — XX. A dr. , 493, statue d'enfant; -:;-494, Tibère colossal, assis, trouvé en 1796 à Piperno; '-495, Cupidon, dit le bandeur d'arc; à g., 497, représentation d'un moulin; ::498, Fileuse s'endormant. — XXI. A dr., 510A, Caton l'Ancien (?) 512, Marius (?) ; ::513A, tête de Vénus, en marbre grec, trouvée aux thermes de Dioclétien. — XXII. A dr., 544, Silène; à g., 547, Isis. — XXIII. A dr. , 550, dalle de marbre, avec une tête de Méduse au milieu; 563, buste d'un inconnu. — XXIV. A dr., 587, Faustine l'aînée, en Cérès; 588, Bacchus avec un satyre; 589, Mercure; à g., 591, Claude. — XXV. :;606A, tête de Neptune en marbre pentélique, d'Ostie. — XXVI. A dr., 636, Hercule et Télèphe. — XXVII. A dr., -"644, Femmes dansant, bas-relief, trouvé à l'Esquilin; 652A, tête de femme; 655, Narcisse (mal complété). — XXVIII. A dr., 682, statue colossale d'Antonin le Pieux, trouvée à la villa d'Adrien près de Tivoli. — XXIX. A dr. , 693, tête couronnée de Bacchus enfant; 698, Cicéron; 701 Ulysse offrant la coupe à Polyphème; à g., en bas, 729, "torse antique d'une Pénélope assise, plus belle, comme exécution, que celle de la galerie des statues, qui est toutefois mieux conservée. — XXX. 732 , Hercule couché (fortement restauré).

[La porte à g. à l'extrémité du corridor conduit au jardin de la Pigna, qui est aujourd'hui absolument fermé au public. Il y a un grand nombre de fragments de statues et de basreliefs. A dr., la pigna, la pomme de pin colossale du mausolée d'Adrien (château St-Ange). Au milieu, le piédestal de la colonne érigée à Antonin le Pieux non loin du mont Citorio , avec l'apothéose d'Antonin et de Faustine, et des cortèges de guerriers. A g., une tête de marbre colossale. — Le grand jardin du Vatican , appelé il Boscareccio , qu'autrefois l'on visitait également d'ici, est aussi fermé au public. Il s'étend du Belvédère aux murs de la cité Léonine, et il présente de belles parties dans le style italien. A g. de l'entrée, on remarque, au pied d'une éminence plantée d'arbres, le casino de Pie IV, construit en 1560

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par Pirro Ligorio et richement décoré de sculptures, de mosaïques et de peintures. Le pape y donne quelquefois audience aux dames.]

** Musée Pio-Clementino. — [Tapisseries de Raphaël.] A l'extrémité du musée Chiaramonti, un petit escalier, au bout duquel se trouve, à g., une entrée du musée égyptien actuellement fermée, conduit au ** musée Pio-Clementino, partie la plus précieuse des collections du Vatican, renfermant une série d'antiques de la plus grande célébrité. Pour sa fondation, v. p. 303. Ce musée est divisé en 11 sections.

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