I. CoUines de V est
**Ste-Marie-Majeure (S. Maria Maggiore; pl. II 27), la basilique Libérienne , dite aussi N.-D.-des-Neiges et S. M. ad Præsepe , parce qu’elle renferme la crèche de J.-C., est la plus grande (de là son nom ordinaire) des 80 églises de Rome sous le vocable de la Vierge. C’est une des cinq églises patriarcales (v. p. xxxv) et elle a une porte jubilaire. D’après une légende, qui ne remonte toutefois qu’au xme s., la Vierge apparut la même nuit, en 352, au patricien Jean et an pape Libère, en leur ordonnant de lui élever une église à l’endroit où ils trouveraient de la neige fraîche le lendemain matin, 5 août. Celle qu’ils bâtirent, la basilique Libérienne, fut remplacée sous Sixte III (432-440) par une construction dont il existe encore la nef majeure, avec ses colonnes de marbre antiques et ses mosaïques. Au xne s. commença une transformation de l’église dans le style du moyen âge: Eugène III construisit un nouveau portique; Nicolas IV, une nouvelle abside, ornée de mosaïques; Grégoire XI donna au clocher sa forme actuelle, en y ajoutant la flèche. Ensuite vint une troisième période, à la fin du xve s. ; on corrigea les irrégularités des nouvelles parties et on entoura d’un manteau renaissance tout l’édifice du moyen âge. Les deux grandes chapelles latérales à coupole furent bâties en 1586 par Sixte-Quint, et en 1611 par Paul V. Clément X donna sa forme actuelle à l’extérieur de l’abside et Benoît XIV entreprit, sous la direction de Fuga, une dernière restauration de tout le monument.
La façade est sur les plans de Fuga (1743). Elle présente un portique surmonté d’une loggia à trois arcades; aux cinq portails que renferme ce portique, correspondent trois portes donnant entrée dans l’église, plus une porte murée à g., la «porte sainte», et une fausse porte à dr. Du même côté, une statue de Philippe IV d’Espagne. La loggia (entrée par l’escalier sous le portique, à g. ; se faire ouvrir en haut par un bedeau) contient les mosaïques de l’ancienne façade, exécutées vers 1300 par Gaddo Gaddi (f) et Philippus Rusuti, et restaurées en 1825: dans le haut, au milieu, le Christ sur un trône; à g., la Vierge, St Paul, St Jean et St Jacques; à dr., St Pierre, St André, St Philippe et St Jean-Baptiste; en bas, à g., le Songe du pape Libère et du patricien Jean; à dr., leur Rencontre et la Fondation de l’église sur la neige.
L’intérieur, bien qu’élargi par des constructions postérieures, a conservé jusqu’à nos jours l’aspect de la vieille basilique à trois nefs du temps de Sixte III et mesure 85 m. de longueur sur 18 de largeur. L’ensemble présente un coup d’œil brillant et majestueux. Le pavé de la nef principale date du milieu du xne s. (v. l’introduction, p. lxii) ; le magnifique *plafond (1493-1498), donation d’Alexandre VI, richement doré avec le premier or venu d’Amérique, a été jusqu’ici attribué à Giuliano da Sangallo. 40 colonnes ioniques, dont 36 en marbre de l’Hymette et 4 en granit, supportent l’architrave ornée de mosaïque. Au-dessus de l’architrave
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Ste- Marie- Majeure.
et sur l’arc triomphal se trouve une série de * mosaïques du temps de Sixte III (p. lxii), encore dans le genre antique et intéressantes par leurs sujets; c’est le matin qu’elles sont le mieux éclairées; celles de l’arc paraissent avoir rapport à la maternité divine de Marie: Annonciation, Enfance de Jésus, Massacre des Innocents; celles des parois latérales représentent, à g. l’histoire d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, à dr. celle de Moïse et de Josué; quelquesunes seulement ont été restaurées en 1825. — Le maître-autel devant l’arc triomphal est une cuve de porphyre antique et passe pour le tombeau du patricien Jean; il renferme le corps de l’apôtre St Mathias et d’autres reliques; le baldaquin est supporté par quatre colonnes de porphyre. Sous le maître-autel est la confession de St-Mathias , richement décorée, où l’on conserve cinq planches de la crèche de J.-C. Entre les escaliers qui y descendent, une statue à genoux de Pie IX, par Jacometti. L’abside a des Mosaïques de Jacobus Torriti (1295): le Couronnement de la Vierge et des saints; à côté, le pape Nicolas IV et le cardinal Jacques Colonna (v. p. lxii); en outre, quatre bas-reliefs par Mino da Fiesole: la Nativité de J.-C., l’Adoration des Mages, l’Assomption et la Fondation de Ste-Marie-Majeure (p. 197), bas-reliefs exécutés de 1463 à 1464 aux frais du cardinal d’Estouteville (son portrait à dr. de l’Assomption), pour le baldaquin du maître-autel.
A l’entrée de la nef principale, à g., le tombeau de Nicolas IV (m. 1292), à dr., celui de Clément IX (m. 1669), érigés par Sixte- Quint et Clément X.
Bas côté de dr., lre chapelle: baptistère , orné d’un beau bassin de porphyre antique, servant de fonts.
Dans la sacristie , à dr., à côté du baptistère, un autel de l’école d’Andrea Bregno et quelques autres parties du baldaquin de Mino da Fiesole mentionné ci-dessus. — Dans la cour voisine, une colonne en mémoire de la conversion de Henri IV de France au catholicisme.
Plus loin, la chap. du Crucifix, qui a dix colonnes de porphyre. — Dans le bras dr. du transept, la magnifique chapelle Sixtine, construite sous Sixte-Quint par Dom. Fontana et aujourd’hui brillamment restaurée. Dans une niche à g., un tableau d’autel, St Jérôme, de VEspagnolet(Ribera). A dr., occupant tout le mur, le tombeau de Sixte-Quint, surmonté de la statue du pontife par Valsoldo. A g., celui de Pie V, par Leonardo da Sarzana. Sur l’autel, un tabernacle en bronze doré, figurant la basilique portée par des anges. Dans la confession, sous l’escalier, une statue de St G-aétan, par le Bernin. A l’autel, un groupe représentant la Ste Famille, par Cecchino da Pietrasanta (1480). — Au bout du bas côté de dr., le tombeau gothique d’un cardinal Consalvo (Gunsalvus, m. 1299), par Jean Cosmas.
Dans le bas côté de g., double tombeau de De Levis par un élève d’Andrea Bregno. 1™ chap. (Cesi): Girol. da Sermoneta, tableau d’autel, le Martyre de Ste Catherine; à dr. et à g., deux statues en
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