I. Collines de l'est
tinguer la partie nouvelle de l’ancienne. Elle a été soumise sous Nicolas Y et Innocent X, et, en dernier lieu, sous Pie IX, de 1864 à 1870, à une restauration complète, qui a fait disparaître de la moitié plus ancienne une partie des altérations qu’elle avait subies. St-Laurent est une église patriarcale et l’une des «sept églises de Rome» que visitent les pèlerins (p. xxxv).
La façade a été décorée en 1864 de peintures-mosaïques sur fond d’or, représentant les fondateurs et les conservateurs de l’église : Pélage II, l’empereur Constantin, Honorius III, Pie IX, Sixte III, Adrien Ier. Le portique a six colonnes antiques sur lesquelles repose une architrave à mosaïque (St Laurent et Honorius III), des fresques repeintes de la fin du xme s., deux tombeaux en forme de temples, deux vieux sarcophages chrétiens d’un travail grossier et des lions supportant les piliers de la porte.
L’intérieur est divisé en deux parties. La première, la moins ancienne, remontant principalement à Honorius III, est à trois nefs, avec 22 colonnes antiques inégales, en granit et en cipolin, sur lesquelles repose directement l’entablement. On croit, mais à tort, que ces colonnes proviennent du portique d’Octavie, où deux artistes grecs, Batrachos (grenouille) et Sauros (lézard), auraient, pour rappeler leurs noms à la postérité, sculpté une grenouille et un lézard, animaux qui se retrouvent sur le chapiteau de la 8e colonne à dr. Le mur au-dessus est orné de fresques par Ces. Fracassini (m. 1868), représentant, celles de dr., des scènes de l’histoire de St Laurent, celles de g., des scènes de l’histoire de St Etienne. La charpente du toit est apparente et aussi décorée de peintures nouvelles. Le pavé, en riche appareil alexandrin, remonte au xne s. (v. p. lxii). A dr. de l’entrée, sous un baldaquin du moyen âge, un sarcophage antique à bas-reliefs représentant un mariage, renferme le corps du card. Fieschi, neveu d’innocent IV (1256). A g., de vieilles fresques, l’Histoire de St Laurent. Dans la nef du milieu, deux anciens ambons (p. lx), celui de dr. pour l’évangile (à côté, un candélabre en spirale pour le cierge pascal), celui de g. pour l’épître (xne s.). Sur l’arc triomphal, la Vierge et des saints, peintures modernes imitant la mosaïque. Au bout du bas côté de g., un escalier de 13 degrés descend à g. à une chapelle et aux catacombes.
A cette construction d’Honorius se rattache à l’E. la vieille église de Pelage, dont le pavé est d’environ 3 m. plus bas. L’espace qui est plus élevé au milieu, et auquel on monte de chaque côté de la confession par sept degrés, date du temps d’Honorius, qui fit établir un pavé dans la nef principale à mi-hauteur des colonnes, en créant ainsi une crypte sous le chœur, et qui fit combler les bas côtés jusqu’à la même hauteur. On a remis ces bas côtés à leur ancien niveau en 1870. L’église de Pélage, basilique à trois nefs, dans le style de Ste-Agnès-hors-les-Murs (p. 415), avait d’abord son entrée du côté opposé, à l’E. On y voit douze superbes colonnes
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ROME
St-Laurent-h.-l.-M .
cannelées en pavonazzetto, à chapiteaux corinthiens, ceux des deux premières composés de trophées (en avant, des lions du moyen âge). Ces colonnes supportent une architrave composée de fragments antiques et des tribunes avec d’élégantes colonnes plus petites, surmontées d’arcades. St-Laurent et Ste-Agnès-hors-les-Murs sont les seuls édifices de Rome où l’on trouve cette disposition. L’arc triomphal est décoré de mosaïques du temps de Pélage II (578-590), les premières qui trahissent l’influence byzantine: au milieu, le Christ; à dr. , St Pierre, St Laurent et Pélage II; à g., St Paul, St Etienne, St ïïippolyte. Lé baldaquin, de 1148, a un dôme moderne. Au fond du chœur, un beau trône épiscopal (1251). — En descendant un des escaliers au bout des bas côtés de l’églis.e d’Eonorius, on arrive dans les bas côtés de l’église de Pélage. La nef principale est en partie occupée par la crypte, dont l’entrée est dans le haut, et en partie par les colonnes modernes, en marbre, qui supportent le pavé du chœur déjà mentionné. Derrière, dans le vestibule de l’église primitive, le tombeau de Pie IX (p. xliii). Le vestibule est richement décoré de mosaïques, d’après des dessins de L. Seitz, mais le tombeau est simple, conformément à la volonté expresse du défunt; il se compose d’un sarcophage de marbre dans une niche peinte dans le genre des Catacombes, et est entouré d’une grille de fer.
Le beau cloître roman ( ChiostrOj fermé aux femmes), contient de nombreux fragments de sculptures et d’inscriptions encastrés dans les parois. Dans l’angle à dr. de l’entrée principale, un couvercle de sarcophage décoré d’un Cortège des jeux du cirque.
A côté de l’église est le Campo Verano, vaste cimetière établi en 1837 et souvent agrandi depuis. A l’entrée, quatre statues colossales assises: le Silence, la Charité, l’Espérance et la Méditation. Au nombre des beaux monuments, on remarque celui qu’on a érigé sur la hauteur à g. du côté de la voie Tiburtine, en souvenir de la bataille deMentana (p. 104). De la partie supérieure, où l’on monte par des escaliers, la *vue s’étend sur les montagnes et la Campagne romaine.
Le viale Principessa Margherita (pl. 1130-32) conduit en 10 min. au N.- O. de Ste-Bibiane (p. 200) à la gare (p. 181), en passant par la place Guglielmo Pepe , où il y a des restes de l’Aqua Julia (p. 200), et en 5 min. au S.-E..au prétendu temple de Minerve Medica (pl. 1132). C’est un nymphée antique, de forme décagone (50 m. de tour), à niches profondes jadis revêtues de marbre dans le bas et de stuc dans le haut. Au moyen âge, il s'appelait le Galluzze, nom d’après lequel on a voulu à tort en faire des thermes de Caius et de Lucius César qui n’ont jamais existé. Il date du temps des empereurs et est intéressant comme construction. La voûte ne s’est écroulée qu’en 1828.
Porte Majeure.
ROJVIE.