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VIII. Rapports avec le peuple. Pourboires. Guides

Sûreté publique. Mendicité.

Le touriste quelque peu familiarisé avec la langue et les usages du pays n’aura pas grand’peine à se tirer d’affaire avec les hôteliers, marchands, cochers, gondoliers ou guides, pour peu qu’il ait pris la précaution de s’entendre préalablement avec eux sur les prix. Il aura soin de ne pas se départir de son sang-froid, de ne pas brusquer les gens et se rappellera qu’une plaisanterie bien placée est souvent plus efficace que de longues discussions. L’Italien est toujours d’une grande politesse envers les étrangers, particulièrement envers les dames.

Pourboires. L’usage du pourboire (manda, buona mano, da bere, sigaro) est plus répandu en Italie que chez nous; par contre, on se contente de moins; il n’est pas en pratique sur les tramways. Cochers, portefaix, etc., tous attendent, en sus du prix convenu, une gratification de 10 ou 15 c., ou même davantage en proportion des services rendus. Au surplus, notre manuel donne en lieu et place toutes les indications nécessaires. Les voyageurs sans prétentions s’en tireront généralement à bon compte, car, ici comme ailleurs, on attend beaucoup de celui qui exige beaucoup et moins d’une personne modeste. A toute éventualité, on fera toujours ample provision de petite monnaie (p. x) en sortant et on aura soin de séparer le pourboire du salaire.

Dans les hôtels et les restaurants, le pourboire sera de 5 à 10% de la note. Dans les musées publics à entrée payante, on se fera une règle de ne pas offrir de pourboire aux gardiens (custodi). Dans les collections particulières, on donnera 50 c. à 1 fr. pour 1 ou 2 pers., 1 fr. à 1 fr. 50 pour 3 ou 4, et moins, si l’on répète sa visite. Pour se faire ouvrir une porte dans les maisons ou les églises, 10 à 20 c.; pour se faire accompagner, découvrir des tableaux ou autres objets ou se faire éclairer, 25 c. à 1 fr., suivant la nature du service et la durée du séjour. On se dispensera de rémunérer des services qu’on n’a pas réclamés ou de donner un pourboire à qui n’en demande pas.

Guides. Il y a à Rome des guides patentes (guide jpatentate ; 15 fr. par jour) par la commission italienne d’archéologie, dont on peut se passer dans la plupart des cas. Se renseigner dans les hôtels et se faire montrer la patente. Dans d’autres villes, on les paye de G à 10 fr. par jour. On se gardera de faire des achats en leur présence, les marchands leur faisant ordinairement une remise qu’ils prélèvent sur l’acheteur.

Sûreté publique. Dans les villes, la police est faite par les gardiens de la paix (guardie), dans la campagne par les gendarmes ( carabinieri , p. 160). Il est clair que dans les grandes villes, telles que Rome, on s’abstiendra d’errer la nuit dans les quartiers déserts

Sûreté publique.

INTRODUCTION

et que, pour les excursions dans la Campagne, on s’arrangera de manière à rentrer de bonne heure en ville, au plus tard un peu après le coucher du soleil; les dames éviteront en tout cas de s’aventurer seules dans les contrées désertes, conseil qu’elles négligent trop souvent à Rome. Au reste, les attaques à main armée ne sont pas plus fréquentes dans la Campagne romaine qu’elles ne le sont, dans les mêmes conditions, aux environs de nos grands centres et de nos villes fréquentées par les étrangers. Néanmoins, on fera toujours bien de se renseigner avant une excursion dans une contrée à l’écart soit auprès des hôteliers, soit auprès de compagnons de voyage. — On prendra également ses précautions contre les voleurs et coupeurs de bourses, les vols de montres et de portefeuilles étant particulièrement fréquents sur les lignes de tramways et on évitera, surtout en montant en voiture et en en descendant, de porter à découvert réticules, chaînes d’or et autres bijoux. — Le port d’armes sans permis spécial ^20 fr. env.) est puni d’emprisonnement; toutes espèces d’armes secrètes (armi insidiose), y compris les couteauxpoignards, sont rigoureusement interdites.

Mendicité. — La mendicité (accattonaggio) a de tous temps été considérée par le peuple comme une source de revenus. La plupart des mendiants se postent à l’entrée des églises. Ce qu’il y a de mieux à faire, c’est de ne rien donner et de se débarrasser des importuns d’un geste ou en leur disant simplement «niente». Si cependant on veut leur faire l’aumône, on s’en tiendra à une bagatelle et on ne donnera qu’aux nécessiteux ; en tout cas, on s’abstiendra de donner de l’argent aux enfants.

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