‹ Italie centrale, RomeChapitre 111 sur 321 · I. Collines de l'est · texte numérisé non relu

I. Collines de l'est

Cette composition est empruntée à Lucien (Nigrinus, chap. 36) qui compare les paroles des philosophes à des traits décochés par plusieurs archers sur le coeur de l’homme. «Les uns tendent trop leur arc, la flèche ne reste pas fixée au but, mais ne fait que le fendre et le blesser; d’autres n’ont pas la force’ nécessaire et ne font quejjl’effieurer ; le vrai archer ne choisit sa flèche ni trop efliléc, ni trop émoussée, il regarde droit au but et l’atteint de manière à ce qu’elle y reste fixée».

10e salle, à dr. du passage entre la 6e et la 7e salle. Côté de l’entrée: 133, Marcello Venusti , copie de la Flagellation du Christ de Seb. del Piombo (p. 403). — Côté g.: 101, école de P. Véronèse, St Antoine prêchant aux poissons ; 106, Palma le V ., Lucrèce; 157, école vénitienne, Vierge, saints et donateurs; 115, Bern. Licinio, le frère du maître et sa famille; 119, Pâris Bordone, Satyre et Vénus. — Entre les fen.: 129, 131, Bellini , Adam et Eve (tableaux d’atelier). — Côté de la sortie: *125, le Corrège , Danaé, une de ses meilleures peintures à l’huile (vers 1532 ; v. p. 211).

11e salle (Vénitiens). Au milieu: *réplique de l’Hercule Farnèse, d’apr. Lysippe. Côté g.: **147, le Titien , l’Amour sacré et l’Amour profane, une des œuvres capitales de ce maître (v. p. 211), peinte vers 1512, sous l’influence du Giorgione.

La toile ne porte ce nom que depuis la fin du xvm® s. ; néanmoins, sa vraie signification n’est pas encore éclaircie. On a reconnu que les armoiries qui décorent la fontaine sont celles de la noble famille des Aurelio à Venise et l’on suppose que c’est elle qui en fit la commande. Suivant les uns , on se trouve en présence d’une représentation symbolique (Persuasion à l’amour ou Beauté céleste et Beauté terrestre); d’après d’autres, il s’agirait simplement d’une scène mythologique sous des formes de la Renaissance, c.-à-cf. Vénus persuadant à Médée de fuir avec Jason, ou à Hélène de suivre Pâris.

Entre les fen.: 110, le Caravage, Ste Famille avec le serpent.

— Côté dr. : 163, Palma leV ., Vierge, saints et une donatrice ; 164, Cariani , Vierge; *170, le Titien , Education de l’Amour (vers 1565).

— Côté de l’entrée: 176, P. F. Bissolo (non pas Giov. Bellini), Vierge; *185, Lor. Lotto , portr. d’homme; *186, Bonifazio, l’Enfant prodigue; *188, le Titien, St Dominique (vers 1565); 192, Rïbera, Délivrance de St Pierre; *193, Lor. Lotto , Vierge (1508) ; 194, le Titien , le Christ à la colonne (gâté).

Un nouveau chemin carrossable traverse la partie N. du parc et va rejoindre à sa sortie le viale dei Parioli (p. 411); un autre conduira directement à la villa du Pape Jules, en deçà de laquelle on va construire un nouveau palais pour la Galleria d’Arte Moderna (p. 190).

De la route au pont Molle (p. 410; tramw. n° 15 de l’app.) se détache, à dr. à 10 min. de la porte du Peuple, le «vicolo dell’Arco Oscuro», à l’angle duquel est le casino de Jules III r attribué à Jac. Sansovino et à Peruzzi (maintenant très négligé). En suivant le vicolo, on atteint en quelques min. une petite place et

la villa du Pape Jules (V. di Papa Giulio ) , bâtie de 1550 à 1555 pour le pape Jules III par Vignole avec l’aide de Vasari et de Michel- Ange ; elle sert depuis 1888 de musée pour les antiquités de la province romaine. Visite, v. p. 163.

214 I- Collines de V est.

ROME

Villa du Pape Jules.

Rez-de-chaussée. — Salle de dr. : beau plafond en stuc avec représentation des vertus chrétiennes et peintures par Taddeo Zuccaro (Histoire de la nymphe Callisto). Au milieu, un sarcophage de Cerveteri; dans les vitrines, vases de Corchiano, près de Faléries. Aux murs, copies de peintures de tombeaux étrusques et d’un sarcophage de Florence. — Salle de g.: beau plafond; revêtements en terre cuite des temples étrusques de Faléries (p. 103), fortement restaurés. A côté de la porte, un plan des fouilles de cette ville. Au milieu, très vieux sarcophage en bois , fait d’un tronc d’arbre et trouvé en 1889 à Gabies , avec le squelette et les vases qu’il renfermait (poteries italiques). — La cour à arcades où se trouve, à g., l’escalier du 1er étage, est décorée de grotesques remarquables.

PiiiyniER étage. — Ire salle, temps primitifs de Faléries (jusqu’au vie s. av. J.- C.), où les importations de la Grèce et de l’Orient étaient encore fort rares. Côté de l’entrée, en bas: sarcophages faits d’un tronc d’arbre. Vitrine du milieu: urne cinéraire de bronze, en forme de maison; deux trépieds en bronze avec chaudrons, fibules en bronze, etc. Poteries, armes en bronze, parures, exposées autant que possible comme elles ont été trouvées dans les tombeaux. A partir de la vitr. VI, vases d’origine grecque.

II« salle, époque de commerce actif avec la Grèce, vers 550-350 av. J.-C.: vases à figures noires et rouges, dans l’ordre chronologique, les premiers, les plus anciens, dans la vitr. XI; les autres (rouges) d’abord dans un style sévère, puis libre, et enfin, à partir de la vitr. XVIII, de mauvaises imitations italiques, à côté d’importations grecques. Les plus belles pièces sont dans la vitrine du milieu: *vase en forme d'astragale , avec un lion, l’Amour et une Victoire, signé Syriskos; grand cratère avec danses de jeunes filles; autres vases avec la Destruction de Troie et *Hereule admis dans l’Olympe. En outre, beaux vases en bronze et, dans la vitr. XXII, un crâne (CIX) avec un faux râtelier. — Cette salle a aussi une frise remarquable du xvi« s., présentant des vues de Rome.

IIIe salle: imitation de l’art grec, du ive s. à la destruction de Faléries

Sar les Romains, en 241 av. J.-C. Les plus beaux vases sont aussi ans la vitr. du milieu: sur le devant, deux semblables, celui de dr. revêtu d’inscriptions latines: «Ganumedc, Diespater, Cupico, Menerva». Deux coupes avec inscription falisque: «foied vino pipafo, cra carefo» (lat. «hodie vinum bibain, cras careoo [?]», je boirai du vin aujourd’hui, demain je m’en passerai). Vitr. A et B, grands vases à vernis argenté. — Ier cabinet: objets provenant du tombeau d'uns prêtresse , à Todi (p. 75), *parure en or, pierres gravées, restes d’ornements en or d’un vêtement, placés sur une étoffe moderne; vase en bronze avec un Hercule comme anse, etc. — IIe cabinet: terres cuites des temples de Faléries, à peintures en partie très bien conservées et d’une grande beauté de formes, entre autres une *statue d’Apollon ; antéfixes avec têtes de Méduse.

Corridor arqué du 1er ét., de l’autre côté de la 2e salle: objets trouvés dans les tombeaux des environs de Faléries (Narce et Monte S. Angelo): terres cuites, armes en bronze, parures, ceux de l’aile dr. les plus anciens, ceux de l’aile g. les plus récents; importations grecques: lxii, vases en bronze bien conserves; lxvi, vases corinthiens; lxxvi, vase du plus beau style, avec Apollon Citharède et les Muses.

Cour principale. — Dans le fond , belle fontaine à petit bassin très profond; elle passe pour avoir été faite sur un modèle de Vasari, par Vigntfle et Ammanati. — Dans une autre cour à dr., le modèle d’un temple étrusque, reproduit dans les mêmes dimensions que celui dont les restes ont été trouvés en 1882 à Alatri, dans le pays des Herniqucs.

Au N. de la place qui précède la villa se trouve une longue porte voûtée, VArco Oscuro , et au delà à g., un peu à l’écart, VOsteria ddVArco Oscuro. Plus loin , les monts Parioli (p. 409) et l’Acqua Acetosa (p. 411).

ROME

IL Quartiers près du Tibre sur la rive gauche.

La partie de Rome qui s’étend à l’O. des collines jusqu’au Tibre, le Champ -de -Mar s des anciens, fut inhabitée dans les premiers temps, mais après que la ville eut établi sa suprématie incontestée sur les peuples du monde ancien, elle se peupla rapidement et du temps de la République, comme surtout sous Auguste, elle se couvrit de constructions magnifiques. Durant le moyen âge et les siècles suivants, elle fut presque la seule habitée; c’est encore aujourd’hui le quartier le plus populeux de la ville. Si l’on excepte les grandes rues neuves par lesquelles le gouvernement italien a tâché de lui donner de l’air et de la lumière, ce quartier a conservé sous bien des rapports le caractère du moyen âge et de la Renaissance; il a quantité de petites rues et de ruelles étroites et animées de leur vie propre, et un grand nombre d’églises et de palais intéressants. La rue principale, le Corso , est caractérisée par de belles façades des xvne et xvme s.

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