X. Climat de Rome. Hygiène
Climat. Rome, au milieu de la Campagne romaine, à égale distance (22 kil. env.) de la mer et des Apennins, est située par 41°53' 54" de lat. N. et 10°8'35" de long. E. du méridien de Paris, à une altitude qui varie de 12 à 15 ni. dans les parties basses et de 40 à 60 m. dans les parties élevées. Elle doit au voisinage de la mer la douceur de son hiver et la fraîcheur de la brise qui soufïïe chaque jour en é.té. En revanche, le caractère continental du climat se manifeste par une forte baisse thermométrique, qui a lieu dans les soirées sereines après le coucher du soleil. Les brusques sautes de vent constituent une autre particularité du climat romain. La tramontana , c’est-à-dire le vent du nord, dont le nom se donne aussi à celui du nord-est (greco), règne et souffle surtout de la fin d’octobre au mois de décembre, prédomine encore en janvier et en février et devient ensuite moins fréquente. Par un ciel serein, ce vent frais
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et même réellement froid et sec, est bien supporté, même par les malades, s’il ne souffle pas trop fort; mais il irrite les muqueuses, quand il est violent. Le vent contraire, le scirocco, nom par lequel on désigne aussi ordinairement ceux du sud-est, du sud et du sudouest, se fait surtout sentir en octobre, en mars et en avril ; il calme les irritations catarrhales, mais il ôte facilement l’appétit et il est énervant.
A. Rome, la saison des étrangers commence en octobre , après les premières pluies d’automne, au moment où la nature semble renaître pour un second printemps; la température moyenne est alors de 17° C. et le nombre des jours de pluie ne dépasse pas 10. Le mois de novembre est souvent aussi un mois agréable ; la moyenne de la température y est de 12° C. et celle des jours de pluie de 11 à 12. En décembre , au contraire, c’est une alternative de grands vents du N. et du S. et de fortes pluies, avec refroidissement considérable de la température (8°6 C.; jours de pluie, 10 à 11). Janvier et février sont les mois les plus froids et alors le ciel est souvent très serein: températures moyennes, 7°6 et 8°3; jours de pluie, 10, 2 et 8 à 9; la température descend parfois jusqu’à 2° et même à 4°, très exceptionnellement jusqu’à 6° au-dessous de zéro; par contre, il y a des hivers où elle reste constamment au-dessus. La neige n’y tombe guère et disparaît déjà au bout de 1 à 2 jours. Si donc, comme cela arrive souvent, on vient dans cette saison à Rome des stations hivernales de la Riviera, où la température moyenne est alors de 9° et 11°, il ne faut pas oublier cette différence et se vêtir en conséquence. En mars , il y a bien encore de temps à autre une recrudescence de froid, et ce mois est, comme partout dans le S., celui où il fait le plus de vent, mais il y a aussi déjà de véritables jours de printemps: température moyenne, 10°3; jours de pluie, 10. Le mois d 'avril (temp. moy., 14°) et la première moitié du mois de mai (plus de 16°) sont l’époque la plus agréable pout voyager; même dans la seconde moitié de mai et au commencemenr de juin, si l’on ne craint pas quelques jours de chaleur, on pourra prolonger encore non sans plaisir son séjour dans la capitale. Plus tard, la chaleur augmente rapidement et la moyenne de la température s’élève en juin à 22°, en juillet à 24° 6, en août à 24° 1, en septembre à 20° 7. Il est vrai que, grâce à la sécheresse de l’air, la chaleur y est moins intolérable que dans les régions situées plus au nord, mais à la longue, elle est peu favorable à la santé; sans compter que dans ces mois-là il est bon de se prémunir contre la malaria.
Hygiène. La malaria se propage en Italie par une espèce de moustique ( anopheles ) qui ne commence à piquer qu’à la fin de juin, c.-à-d. à l’approche des grandes chaleurs. Cependant la fièvre n’est pas à craindre dans l’intérieur de la ville, ni dans les rues, ni dans les appartements; les quartiers excentriques, peu populeux, où se
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Hygiène .
trouvent encore beaucoup de vignes et de jardins potagers, y sont par contre encore exposés. On évitera pour cette raison les quartiers au S. du Palatin et de l’Aventin, ainsi que les faubourgs de la Porta del Popolo, de la Porta S. Paolo, de la Porta Portuense et au N.-O. du Vatican. Plus loin, hors des portes, dans les vastes prairies de la Campagne, les fièvres font chaque année leur apparition et dégénèrent en une épidémie qui commence en juillet, atteint son maximum au mois d’août pour cesser dans les mois d’automne. Le moment critique de la journée est celui du coucher du soleil, puisque c’est alors que les moustiques prennent leur volée; on prendra par conséquent, pendant les mois d’été et même jusqu’en octobre et novembre, la précaution de rentrer en ville avant le coucher du soleil (v. p. xvi).
Sous le rapport de l’hygiène, l’administration communale a fait dans les dernières années de louables efforts, grâce auxquels le chiffre de la mortalité, qui, pendant la période de 1882 à 1891 était encore de 2 5 00/00, est descendu en 1904 à 19, 6°%0. L’eau de Rome est réputée pour sa saveur et sa pureté; on n’en boira cependant qu’avec modération en raison de la forte dose de calcaire qu’elle contient. L’eau de la fontaine de Trevi est la meilleure.
Les hôtels et pensions d’étrangers se trouvent dans les meilleurs quartiers de la ville; les appartements particuliers et meublés avec tout le confort possible y sont également en très grand nombre. L’exposition des chambres au sud est de rigueur pour les personnes souffrantes, et même presque indispensable pour celles qui se portent bien : dove non ci entra il sole , ci entra il medico (là où n’entre pas le soleil, entre le médecin), dit un proverbe romain. On habitera toujours de préférence les étages supérieurs des maisons, qui sont plus secs, et l’on n’oubliera pas de s’assurer si le logement qu’on aura choisi est pourvu de bons tapis et de poêles. Au besoin, les cheminées peuvent suffire pour chauffer les appartements; mais on ne devra jamais se servir de brasiers comme font les Romains.
Pour se vêtir, on tiendra compte des changements continuels de température et on ne perdra pas de vue qu’après le coucher du soleil, il se produit régulièrement un rafraîchissement subit et très sensible (v. p. xxiv). On fera bien, par conséquent, de se conformer à l’usage du pays et de porter en toute saison sur la peau des vêtements de flanelle ou de mi-laine. Il n’est pas inutile d’avoir de bons habits d’hiver. Vers midi, il fait ordinairement plus frais dans les maisons qu’au dehors. On prendra donc la précaution d’ôter son pardessus en plein air et de le remettre en rentrant, surtout si l’on veut visiter les musées, les églises, etc. Le moyen le plus rationnel est de s’y faire conduire en voiture et d’en revenir à pied, pour se réchauffer après avoir séjourné dans les endroits où l’air est plus frais. — La promenade la plus recommandable est
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celle du Pincio; les jardins de la Villa Borghèse sont humides et réclament des précautions, surtout vers le soir. On évitera de se promener en voiture découverte après le coucher du soleil, de même que de stationner de nuit dans des endroits malsains, tels que le Colisée; on se gardera aussi en tout temps de demeurer longtemps assis sur le gazon ou sur la terre nue, même si, dans les beaux jours de printemps et d’automne, on croyait pouvoir le faire impunément. Toutes ces imprudences peuvent entraîner à leur suite des refroidissements accompagnés de fièvre. Dans la belle saison, on ne s’exposera pas trop aux rayons du soleil. Selon un proverbe romain, il n’y a que les chiens et les étrangers (Inglesi) qui aillent au soleil, les chrétiens vont à l’ombre. On se servira d’ailleurs d’un parasol, et on obviera à l’éclat de la lumière en portant des conserves à verres fumés. Pendant les heures les plus chaudes de la journée, le repos est indispensable, et l’on se trouvera très bien d’uae petite si&ste.
Pour les personnes délicates ou faibles, pour celles qui ont besoin de repos, comme aussi pour les habitants du nord qui souffrent d’inflammations des voies respiratoires, un hiver passé à Rome peut amener de bons résultats. Il y . a moins de poussière à Rome que dans les stations de la Riviera, il y fait moins de vent que dans celles de la Sicile, mais en revanche la température y est aussi notablement plus froide.