Forum Romain
un beau «puteal», ou margelle circulaire en marbre blanc qui, comme dit l’inscription, fut restaurée par l’édile curule M. Barbatius Pollio sous le règne d’Auguste.
Le petit édicule est adossé à une salle rectangulaire en bonne maçonnerie de briques dont l’entrée se trouve à l’O. et qui fut transformée à l’époque chrétienne en un Oratoire des quarante martyrs; les parois sont revêtues de fragments de fresques du vme et du ixe s.
Droit devant soi, on a la basilique *Ste-Marie-l* Antique, érigée au vie s. dans une antique construction monumentale qui était probablement la bibliothèque attenante au temple d’Auguste (bibliotheca templi Divi Augusti). Le grand espace découvert de forme carrée fut transformé en vestibule de l’église; la grande salle centrale de la bibliothèque, qui formait un atrium entouré de piliers et de colonnes, devint une nef centrale et deux latérales et les trois pièces qui se trouvent derrière servirent désormais de chœur (presbyterium) et de chapelles latérales.
Dans le vestibule on remarque un grand bassin très profond (impluvium) qui a appartenu à un édifice de construction plus ancienne, peutêtre le palais de Caligula, qui fut détruit lors de la rénovation ae la bibliothèque sous le règne de Domitien. La décoration murale des bas côtés, du chœur et des chapelles de la basilique est particulièrement remarquable; il n’y a pas une surface qui ne soit ornée de *fresque8 exécutées par des artistes byzantins du vue et du vmes.; ils habitaient vraisemblablement le couvent dépendant de la basilique qui servait de refuge à des moines grecs poursuivis par les iconoclastes qui désolaient alors l’empire d’Orient. Sur la paroi longitudinale du bas côté de g., le Christ assis sur un trône ayant à sa dr. onze saints de l’église latine et à sa g. neuf saints de l’église grecque; au-dessus, des scènes de l’Ancien Testament, l’histoire de Joseph, etc. Les peintures les mieux conservées se trouvent dans la chap. à l’extrémité du bas côté de g.: le Christ en croix; au-dessous, la Vierge trônant avec St Pierre et St Paul, St Cyr et sa mère Julitte; à g., le pape Zacharie (741-752), sous le pontificat duquel un haut fonctionnaire du nom de Théodote fit décorer la chapelle; l’image de celui-ci se trouve à dr. avec le modèle de l’église. Sur les parois latérales, Martyre de St Cyr et de Ste Julitte, etc. — Les fresques du chœur sont beaucoup plus endommagées; on reconnaît à dr. de l’abside trois couches de peinture superposées: la plus ancienne, la Vierge sur le trône, peut-être du commencement du vnes.; puis une autre du temps de Martin I«r (649-654), pères de l’Eglise avec de longues bandes à inscriptions grecques; enfin, au-dessus de la Vierge, une troisième datant probablement du temps de Jean VII (v. ci-dessous): figures de pères de l’Eglise semblables aux précédents. Dans l’abside, le Christ sur le trône entouré d’anges, de saints et de pères de l’Eglise (du temps du pape Paul 1er [757-767]); dans la lunette au-dessus de l’abside, le Christ en croix adoré par des anges et des bienheureux en vêtements blancs; audessous, dans un champ rouge, de longues inscriptions grecques, prophéties messianiques de l’Ancien Testament. Aux clôtures du presbyterium, David et Goliath, le roi Ezéchias sur son lit de souffrance et le prophète Isaïe. Une plaque de marbre octogone portant l’inscription «Johannes servus s(an)c(t)æ Mariæ» (le pape Jean VII, 705-707) est la seule partie de l’ambon qui ait été conservée. — Sous le pavement on a trouvé des sépultures chrétiennes, entre autres de beaux sarcophages dont l’un est orné de scènes de l’histoire de Jonas.
Du vestibule, une porte conduit à l’E. à un corridor qui monte
et Colisée.
en quatre contours jusqu’au palais de Tibère (p. 298) du haut duquel on jouit d’une belle vue sur le Forum; une autre, peu élevée, à l’O. dans l’immense cella rectangulaire du temple d'Auguste (Templum Divi Augusti) érigé par Tibère et magnifiquement renouvelé par Domitien après l’incendie de Néron. La façade principale était tournée du côté du vicus Tuscus , une des rues les plus fréquentées; dans les niches se trouvaient les statues colossales des empereurs que l’on vénérait dans le temple.
Revenant au lac de Juturne, on trouve plus loin, à dr., le soubassement circulaire du temple de Vesta (ædes Yestæ), où les vestales gardaient le feu sacré. Il est entouré de fragments de son entablement de marbre, de ses colonnes et des caissons de son plafond. Le temple a été restauré au commencement du me s. apr. J.-C. à la suite d’incendie. — Les restes de parois de marbre qu’on remarque en face du temple de Vesta, au N.-E., appartiennent à
la Regia. D’après la légende, elle aurait été d’abord la résidence du roi Numa Pompilius, fondateur des cultes de l’Etat, et plus tard le siège du grand pontife. Comme tel, elle renfermait les salles sacrées (sacrarict) de Mars et de l’antique déesse Ops, où l’on conservait les lances du dieu et les vases sacrés des prêtres, ainsi que les archives des pontifes, entre autres les tables du caj lendrier et les listes officielles (fasti) des magistrats en charge. Après l’incendie de l’an 36 av. J.-C., un nouvel et fastueux édifice en marbre fut élevé par le pontife Cn. Domitius Calvinus, qui fit graver sur les parois S. et O. l’indication complète des magistrats, connue sous le nom de Fasti Consulares (p. 268). — Les beaux fragments de corniches et de chapiteaux, entassés entre le temple de Castor et celui de Vesta, faisaient partie de l’édifice en marbre, tandis que les restes grossiers d’une corniche à consoles, qui se trouvent du côté S. du bâtiment, là où était le mur portant les fastes, proviennent d’une restauration faite sous Septime-Sévèrc. A la Regia de la République, construction en tuf qui s’étendait plus à l’E., appartiennent le fondement circulaire de 2 m. de diamètre (l’assise supérieure est moderne) et la cour à citerne très ancienne, qu’on a nommés sans raison Tune Sacrarium Opis, l’autre Sacrarium Martis.
Au S.-E., derrière le temple de Vesta, à g., un petit édicule destiné à une statue de divinité et érigé, selon une inscription, par le sénat et le peuple. Il a été restauré en 1898, mais il a dû y avoir une colonne à dr. à la place du grossier pilier en briques.
On monte quelques degrés à côté de l’édicule pour arriver dans l’*atrium de Vesta ou palais des Vestales, dont les ruines présentent une excellente maçonnerie en briques presque entièrement dépouillée de son revêtement de marbre. La construction date du Ier et du ne s. de notre ère; elle se divise en trois parties: une
284 III- Rome antique .
ROME