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Rome antique

profondeur et a servi aussi bien aux incinérations qu’aux enterrements. Les vases qu’on y a trouvés, entre autres une urne cinéraire en forme de cabane semblable aux urnes albaines (p. 386), remontent en partie au vme s. av. J.-C.; les plus récentes sont du vie s., les ensevelissements ayant dû naturellement prendre lin après la transformation du Forum en place de marché. Les objets trouvés sont installés provisoirement dans un magasin en face du temple de Romulus (v. ci-dessous) et ne sont visibles qu’avec une permission spéciale.

Le Palatin et l’Esquilin sont réunis par une croupe peu élevée, désignée dans l’antiquité sous le nom de Velia, dont le point culminant (29 m.) est marqué par l’arc de Titus (p. 287). La voie Sacrée monte lentement sur cette croupe au S.-E.

L’église St-Côme-et-St-Damien (SS. Cosma e Damiano; pl. II 19), qu’on rencontre d’abord et dont l’entrée est via in Miranda, a été construite par Félix IV (526-530) qui utilisa un anc. temple rond (Templum Divi Romuli) érigé par Maxence à son fils Romulus mort en l’an 309. Le pape Urbain VIII exhaussa le sol en 1633, à cause de l’humidité, de telle sorte qu’il y eut deux églises superposées dont celle d’en bas servit de crypte à la nouvelle.

L’église basse a encore ses vieilles portes de bronze à fermeture antique. — L’église haute a, sur l’arc triomphal et dans l’abside, des *mo8aïque8 du temps du fondateur (vies.; p. lxi), qui furent fortement restaurées vers 1660: on les voit le mieux l’après-midi. Sur l’arcade, qui a été diminuée lors d’une restauration, l’Agneau avec le livre et les sept sceaux (Apoc., v) ; à côté, sept chandeliers, quatre anges et deux symboles des évangélistes, l’ange et l’aigle. Les bras avec des couronnes qui se trouvent au-dessous sont ceux de deux prophètes. Dans l’abside: le Christ avec St Côme et St Damien, deux médecins arabes qui se convertirent au christianisme et souffrirent le martyre sous Dioclétien, présentés par St Pierre et St Paul; des deux* côtés, St Félix avec son église (à g. ; tout moderne), et St Théodore (à dr.). Au-dessous, le Christ sous la forme d’un agneau, avec douze agneaux qui le suivent, les apôtres.

C’est derrière cette église que l’on a trouvé les restes du plan antique de la ville, mentionné p. 265. Le mur dans lequel était le plan faisait partie d’une construction secondaire du forum de la Paix, qu’on suppose avoir été élevée par Vespasien et réédifiée par Septime-Sévère pour les archives de la censure, et qu’on nomme temple de la Ville Sacrée ; peutêtre était-ce l’un des bâtiments de la bibliothèque qu’on considère comme .une des parties du temple de la Paix.

La *basilique de Constantin (pl. II 19-22), dont les trois arcades colossales frappent de loin le regard, fut construite par Maxence, mais rebâtie par son vainqueur Constantin, dont elle porte le nom. Elle forme un rectangle de près de 100 m. de long et 76 m. de large, et elle est à trois nefs. L’entrée était primitivement du côté du Colisée; en face est l’abside principale, qui n’existe plus en entier. On a ouvert plus tard une seconde entrée, du côté de la voie Sacrée, et construit une seconde abside. Les énormes voûtes en berceau ont servi de modèles à quantité d’architectes modernes

Bædeker. Italie centrale. 14e édition. 19

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(v. p. 345) ; celles de la nef de dr. existent encore et mesurent 20 m. 50 de largeur sur 17 m. 50 de profondeur, et 24 m. 50 de hautenr; les trois voûtes en arête de la nef du milieu avaient 25 m. d’ouverture sur 20 de rayon, et atteignaient 35 m. de hauteur. Devant les piliers du centre se trouvaient huit colonnes gigantesques d’ordre corinthien, en marbre blanc; la seule qui subsiste est placée devant l’église Ste- Marie -Majeure (p. 197). Il est possible que l’abside primitive de l’O. ait abrité une statue colossale de Constantin dont l’énorme tête est aujourd’hui exposée dans la cour du palais des Conservateurs (p. 263). Le pape Honorius Ier fit enlever vers 626 apr. J.-C. les plaques de bronze doré de la toiture pour en recouvrir î’anc. église de St-Pierre.

Entre la basilique de Constantin et le Palatin, on a mis au jour les restes de maisons particulières qui bordaient la voie Sacrée, une des plus belles rues de l’ancienne Rome, riche en magasins d’articles d’orfèvrerie, de bronzes, etc. Les murs datent de l’époque qui a précédé et suivi le règne d’Adrien ; il est encore difficile d’en distinguer tous les détails.

A côté de la basilique de Constantin, en partie sur les fondements du temple de Vénus et Rome (p. 287), est située

Ste-Françoise-Romaine (S. Francesca Romana ; pl. II 19- 22), nommée primitivement Ste-Marie-la-Neuve. Elle a été souvent remaniée, surtout après un incendie sous Honorius III, vers 1216. On y a inhumé en 1440 Françoise de’ Ponziani , canonisée en 1608, qui lui a donné son nom actuel. La façade a été construite par un contemporain de Maderna, en 1615.

Intérieur. Dans le vestibule qui a une entrée latérale entre la lre et la 2® chap. se trouvent: à dr. le tombeau du cardinal Vulcani (m. 1394), à g. celui du général pontifical et commandant de la forteresse Antonio itido (m. 1457). — Dans la 2* chapelle: tableau d’autel de Subleyras , Miracle de St Benoît. — Abside: mosaïque du xn® s., restaurée; au milieu, la Vierge; à g., St Jean et St Jacques; à dr., St Pierre et St André. Au maître-autel: une Vierge attribuée à St Luc, qui, dit-on, fut seule épargnée par l’incendie. A dr. de l’abside: le tombeau de Grégoire XI, qui transféra le siège pontifical d’Avignon à Rome (m. 1378), avec un bas-relief d 'Olivieri (1585). Enchâssées dans le mur de dr., deux pierres sur lesquelles, dit-on, St Pierre et St Paul s’agenouillèrent pour demander la punition de Simon le Magicien. Dans la confession: un groupe représentant Ste Françoise avec un ange, de Meli. Sous l’abside: une crypte fermée, avec le tombeau de la sainte et un autel décoré d’un -bas-relief en marbre du Bernin.

Le couvent attenant à l’église a un joli cloître du temps d’Alexandre VI; il sert de bureau à la direction des fouilles qui a commencé à y installer un musée (Museo del Foro) pour les antiquités trouvées sur le Forum. Les sculptures, fragments d’architecture et objets provenant de tombeaux seront exposés au rez-dechaussée, les autres objets à l’étage supérieur.

Sur la croupe de la Velia (p. 285), au pied du Palatin, s’élève

et Colisée.

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