III. Rome antique
l’*arc de triomphe de Titus, construit en mémoire de la défaite des Juifs par Titus (70 apr. J. -C.) et inauguré l’an 81, sous Domitien, comme l’indique l’inscription gravée sur la façade tournée vers le Colisée «Senatus populusque Rom anus divo Tito divi Yespasiani filio Yespasiano Augusto». Il a une seule arcade et il est décoré de beaux bas-reliefs (p. liv): à l’extérieur, sous l’inscription, une frise représentant le cortège d’un sacrifice; à l’intérieur, Titus couronné par la Victoire sur un quadrige que conduit Rome; vis-à-vis, le Cortège triomphal, avec des Juifs prisonniers, la table des pains de proposition et le chandelier à sept branches; au milieu de la voûte, l’empereur porté au ciel par un aigle.
Au moyen âge, cet arc servit de forteresse aux Frangipani. Les murs qu’on y avait adossés ayant été démolis en 1822, il fut ébranlé sur sa base et dut être consolidé, comine le dit l’inscription de l’autre côté. La partie antique, au milieu, est en marbre; les parties ajoutées dans la restauration sont en travertin.
Au S. de l’arc de Titus monte le vicolo di S. Bonaventura (pl. II 19), où se trouve l’église S. Sebastiano alla Polveriera , sur l’emplacement du temple d’Apollon fondé par Auguste, et le couvent de St-Bonaventure qu’on va démolir prochainement. Dans le jardin, beau palmier et belle vue.
A partir de l’arc de Titus, la voie Sacrée descend vers le Colisée, en passant non loin d’un grand fondement en blocs de tuf déblayé en 1908 et appartenant probablement au vieux temple de Jupiter Stator, puis devant des ruines de constructions particulières données sans motif pour des «thermes de Maxence» qui n’ont jamais existé. A g., encore avant le Colisée, la double abside du temple de Vénus et Rome (pl. II 22), un des plus magnifiques de Rome construit Tan 135 par ordre et sur les plans d’Adrien, et reconstruit en 307 par Maxence, après un incendie.
Comme on le voit, il y avait à proprement parler deux temples sous un même toit, à entrées du côté du Colisée et du Capitole et à absides adossées l’une à l’autre, de sorte que le mur de séparation avait de chaque côté une niche pour la statue d’une divinité. L’abside tournée vers le Colisée est ouverte. Le temple, périptère à dix colonnes sur les deux faces et à vingt sur les côtés, mesurait env. 110 m. de longueur sur 53 de largeur, et était entouré d’un portique d’env. 150 colonnes, mesurant 160 m. 60 de long sur 100 de large et s’avançant jusqu’à la rue, du côté de laquelle il y avait d’énormes soubassements. Les fûts de granit qui gisent sur le sol proviennent du dernier portique. Les cellæ mêmes étaient revêtues de marbres des plus précieux ; celle de l’O., jadis consacrée à la déesse Roina, va être incorporée au musée du Forum (p. 286).
Avant d’arriver au Colisée, on rencontre la Meta sudans , fontaine jaillissante dont il ne reste plus que le noyau central en briques. Etablie par Domitien, elle doit son nom à la boule de bronze percée de petits trous, qui en couronnait le sommet et d’où l’eau retombait en pluie dans un bassin de forme circulaire. A dr., on aperçoit l’arc de triomphe de Constantin (p. 291) ; à g. ou au N., les restes d’une grande base carrée, qui supportait depuis le règne d’Adrien la statue colossale deNéron, en dieu du soleil, parZénodore.
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Cette statue, d’env. 36 m. de haut, en bronze doré, la tête entourée de rayons, fut érigée par l’empereur lui -même après l’incendie de Rome (64 apr. J.-C.) dans le vestibule de la «Maison Dorée», vaste palais construit par Néron avec une profusion excessive mais qui fut démoli en grande partie bientôt après sa mort (68; v. p. xxxii)
Le **Colisée (pl. II 22), nommé d’abord amphithéâtre Flavierij fut fondé par Vespasien, à la place d’un lac artificiel qui se trouvait au milieu des jardins de Néron, et achevé par Titus, l’an 80. C’est le plus grand de tous les théâtres et un des édifices les plus remarquables du monde entier. Il fut inauguré par des jeux qui durèrent cent jours et coûtèrent la vie à 5000 bêtes féroces; à cette occasion, il y eut aussi des représentations de batailles navales. Sous Macrin (217), la foudre tomba sur la galerie du haut qui ne fut restaurée que sous Alexandre -Sévère. L’empereur Philippe y célébra en 248, par de grandes fêtes, le 1000e anniversaire de la fondation de Rome. ïïonorius abolit les combats de gladiateurs en 405, comme incompatibles avec l’esprit du christianisme, dominant depuis Constantin; mais les combats de bêtes continuèrent jusqu’après la mort de Théodoric le Grand. Le Colisée fut endommagé par un tremblement de terre en 442 et probablement restaurée en 445 par Théodose II et Valentinien III.
C’est depuis le vme s., après la disparition de la statue colossale de Néron, que le Colisée reçut ce nom qui doit dériver de la statue. Par suite de tremblements de terre successifs (1231, 1255), l’édifice semble avoir été réduit à ses dimensions actuelles déjà au xive s. La partie N. -O. servit de forteresse aux Frangipani et autres barons romains jusqu’à ce que l’empereur Henri VII le donna au sénat et au peuple romain en 1312. Après avoir fourni du XVe au xviie s. de nombreux matériaux à la construction d’églises et de palais divers (p. 219, 245, 248), il fut consacré par Benoît.XIV (1740- 1758) à la Passion de J.-C., en mémoire du sang des martyrs qui y avait coulé. Pour en prévenir l’écroulement complet, on le consolida au xixe s. au moyen d’arcs-boutants et d’additions différentes.
Le Colisée est construit en blocs de travertin, originairement reliés par des crampons de fer; ce n’est qu’à l’intérieur qu’on s’est aussi servi de tuf et de briques. Les trous qu’on remarque aux murs datent du moyen âge, où Ton arracha ces pièces d’un métal très recherché à cette époque. D’après les données les plus dignes de foi, la circonférence elliptique de l’édifice mesure 524 m., son grand axe 188 m., le petit 156 m. ; sa hauteur est de 48 m. 50. La partie au N.-E., du côté de l’Esquilin, a quatre étages; les trois premiers à arcades, dont les piliers sont ornés de demi-colonnes doriques, ioniques ou corinthiennes, tandis que le mur du quatrième est percé de fenêtres et divisé par des pilastres du style corinthien. Des statues étaient placées dans les arcades du 2e et du 3e étage, comme le prouvent les représentations du Colisée sur des monnaies
Colisée.
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ROME