‹ Italie centrale, RomeChapitre 145 sur 321 · Forum Romain · texte numérisé non relu

Forum Romain

antiques. Des quatre entrées principales, à trois baies, celles de l’axe le plus court, du côté de l’Esquilin et du Célius, étaient réservées à l’empereur, les deux autres, aux cortèges solennels qui précédaient les jeux, comme aussi au transport des bêtes et des machines. Sous les arcades de l’entrée tournée vers l’Esquilin se voient encore des vestiges de revêtements en stuc qui ont servi de modèles à Jean d’Udine, élève de Raphaël. Les spectateurs entraient par les arcades du rez-de-chaussée, désignées par les chiffres i à i.xxvi, pour indiquer les différents escaliers ; les numéros xxiii à liv existent encore.

L’intérieur pouvait contenir 40000 à 50000 spectateurs et non 87000, comme on l’a dit par exagération. A l’extérieur, les gradins sont soutenus par deux rangées d’arcades; à l’intérieur, au contraire, ils reposent sur un soubassement en partie massif; de quatre en quatre arcades, un escalier conduit dans les parties supérieures; de plus il y a des galeries entre les gradins. Le premier rang, le podium , était réservé à l’empereur, aux sénateurs et aux vestales; l’empereur avait une place exhaussée (pulvinar), les autres, des sièges d’honneur. Au-dessus du podium existaient deux autres séries de sièges en marbre, jusqu’au mur d’enceinte, qui était percé de portes et de fenêtres. Ce mur supportait de son côté une colonnade, sous laquelle étaient des gradins en bois; sur le toit même il y avait encore place pour la basse classe, les «pullati» ou ceux qui ne portaient pas de toge. Enfin, tout au haut du mur intérieur, on voit des consoles qui supportaient une petite terrasse où se tenaient des matelots de la flotte impériale, chargés de déployer des voiles au-dessus des spectateurs, pour les mettre à l’abri des rayons brûlants du soleil ; les cordages nécessaires à cette opération étaient fixés à des mâts assujettis à leur tour dans les trous qu’on voit encore dans la corniche extérieure et aux pierres en saillie au-dessous.

L’arène mesurait 86 m. sur 54 m. Au-dessous se trouvaient, près des fondements du mur intérieur, des chambres et des cages pour les bêtes féroces; plus vers le centre, quantité de murs, de piliers et de cintres destinés à soutenir l’arène elle-même ou servant à hisser les différentes machines nécessaires dans les combats d’animaux et les autres représentations. Les nombreux fragments, recouverts de lettres de grandes dimensions, qui entourent l’arène, faisaient partie des inscriptions dédicatoires qu’y firent placer vers l’an 445 les empereurs Théodose II et Valentinien III (p. 288).

Les deux tiers de cette construction gigantesque n’existent plus, mais ce qui en reste forme encore une masse énorme. Un architecte du xvme s. a calculé la valeur du matériel restant et l’a estimée, d’après les prix d’alors, à la somme d’env. 1 million x/s d’écus (env. 8 millions de francs). Aussi le Colisée a-t-il été de tous temps le symbole de la grandeur de Rome. «Tant que le Colisée est de-

et Colisée.

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bout», disaient les pèlerins du viii* s., «Rome n’a rien à craindre; vient-il un jour à disparaître, Rome disparaîtra et avec elle le monde entier!»

Pour s’orienter, on fera bien de monter aux étages supérieurs, par l’escalier de la 2® arcade à g. de l’entrée, en face du temple de Vénus et Rome (visite, comme au Forum, v. p. 162; 50 c., libre le dira.). Arrivé au lw étage, où il y a 3 couloirs voûtés, on passera dans celui de l’intérieur pour jouir de la vue d’ensemble de l’édifice. Trois arcades, à l’extrémité N. du petit axe, servent maintenant de magasin pour les inscriptions du bord du podium, qui portait les noms de nombreux propriétaires de places, Romains de distinction des v® et vi® s. de notre ère. Au-dessus de Pentrée, du côté du Palatin, un escalier moderne de 48 marches monte au 2®, puis, à g., au 3® étage, à une espèce de saillie. 55 marches conduisent au 4e étage à une galerie à deux étages établie en 1852 par Canina sur des traces antiques. C’est de la plate-forme de cette galerie qu’on a le meilleur coup d’œil d’ensemble sur tout l’édifice et que la vue dont on jouit sur les quartiers S. de la ville est la plus belle. Le regard embrasse le Célius, avec St-Etienne-le-Rond et St-Jeanet-St-Paul; plus loin, l’Aventin avec Ste-Balbine; dans le lointain, St- Paul-hors-les-Murs ; plus près à dr., la pyramide de Cestius; à dr., le Palatin et les arcades de l’Aqua Claudia. Le Colisée produit une impression indescriptible par un beau clair de lune, ou à la lueur d’un feu de Bengale (p. 159); alors on peut juger de l’ensemble sans que l’œil s’aperçoive des détails qui manquent. L’arène est ouverte toute la nuit, mais on ne peut monter sur les gradins qu’avec une permission spéciale du ministère.

Si en quittant le Colisée du côté du N. on traverse la via degli Annibaldi, on arrive à l’église de St-Pierre-aux-Liens (p. 206). Au S. -O. du Colisée, entre le Célius et le Palatin, on remarque sur la voie Triomphale, qui y débouchait dans la voie Sacrée,

l’*arc de triomphe de Constantin (pl. II 22), le mieux conservé des arcs de Rome, érigé en 312, après la défaite de Maxence aux Roches Rouges (p. 411), où Constantin se décida à embrasser le christianisme. Il est à trois baies et porte l’inscription: «Imperatori Cæs. Flavio Constantino Maximo pio felici Augusto Senatus Populusque Romanus, quod instinctu divinitatis mentis magnitudine cum exercitu suo tam de tyranno quam de omni.eius factione uno tempore justis rem publicam ultus est armis arcum triumphis insignem dicavit.» Cet arc de triomphe a été transformé en ouvrage fortifié dès le xe s. et a appartenu plus tard aux Frangipani. Il n’a été dégagé qu’en 1804. La plus grande partie de sa décoration architectonique et sculpturale a été enlevée à des constructions plus anciennes, mais non, comme on le croit généralement, à un arc de triomphe de Trajan; les additions grossières du temps de Constantin y font le pins misérable contraste.

Du temps de Trajan datent: Nles statues des prisonniers daces (en pavonazzetto), dans le haut, devant l’attique, dont sept anciennes et une refaite, ainsi que les têtes et les mains des autres (fragment, v. p.259); ensuite les grands *bas-reliefs placés maintenant à dr. et à g. au passage principal et aux extrémités de l’attique; ils formaient primitivement une frise d’au moins 15 m. de long, et ont été grossièrement détachés les uns des autres du temps de Constantin. L’ordre des sujets est le suivant: 1, baie du milieu, à g., Trajan à son entrée à Rome, couronné par la Victoire et Prétoriens combattant des Daces; 2, attiquc,

292 IH> Rome antique.

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