III. Rome antique
1730. La plupart des œuvres d’art furent emportées hors de Rome, à Parme et à Naples. Ce n’est qu’en 1861, après l’achat des jardins par Napoléon III, acquis ensuite en 1870 par le gouvernement italien, que commença, sous la direction de l’architecte Pietro Rosa, le déblaiement méthodique des ruines.
Les fouilles se visitent tous les jours (v. p. 163). Dans la description qui suit, on a relevé les parties les mieux conservées, dont la visite demande env. 2 à 3 h. dans l’ordre indiqué; quant aux autres curiosités éparpillées sur la. route, on s’arrangera suivant son temps et ses loisirs. Cependant la majesté de ces ruines, jointe aux vues splendides et toujours variées dont on jouit du haut du Palatin, méritent plusieurs visites. — - Pour prendre des mesures, dessiner, photographier, etc., il faut une autorisation, v. p. xx/xxi.
L’entrée est actuellement via 8. Teodoro, à côté de l’église de ce nom (pi. II 19; p. 305). On suit à g. le clivus Victoriæ , voie antique qui monte derrière la bibliothèque du temple d’Auguste (p. 283) dont on a là une bonne vue d’ensemble. Sous les Antonins ou Septime -Sévère , la voie était voûtée et courait sous d’énormes arcades en brique.
Sous l’une des arcades à dr. (pl. y), fermée d’une grille, se trouve un graffito, prétendu crucifîment qu’ii ne faut pas confondre avec le crucifixcaricature du musée Kircher (p. 223). C’est un griffonnage grossier sur le stuc blanc, représentant probablement des danseurs de corde, avec des vers latins érotiques au-dessus.
En passant sous les arcades, on arrive au casino des anciens jardins Farnèse. Le palais de Tibère, dont les restes sont recouverts par un jardin, était là, dans le haut de l’escalier de droite. On a une très belle vue du Forum et de la basilique de Constantin d’une sorte de balcon au N. C’est de l’angle du N., où il y a maintenant un bosquet de chênes verts, que Caligula, dans sa folie, fit jeter un pont par-dessus le Forum, afin de pouvoir aller plus facilement au Capitole converser avec Jupiter, dont il se proclamait le représentant sur la terre. — Plus loin, sur la lisière N. de la colline, belle vue sur le Capitole, la vallée du Velabrum et le viens Tuscus (p. 305). Tout au bout, on descend un petit escalier.
Là se trouve la maison de Livie (domus Liviæ), reconnaissable à sa toiture moderne en zinc. Il est du moins probable que cette maison isolée, respectée par les constructions impériales, fut celle qu’habita Tib. Claudius Néron, père de Tibère, et où sa mère Livie, qui avait fait rompre son premier mariage pour épouser Auguste, se retira après la mort de l’empereur. L’entrée est à l’angle du côté E.
On descend six marches à dr. pour arriver au vestibule, voûté et pavé en mosaïque, et on entre dans une cour carrée, autrefois en partie couverte, sur laquelle donnent trois pièces, en face de l’entrée. Les peintures murales n’ont guère leurs pareilles. Dans la pièce du milieu, ces peintures sont comme de grandes fenêtres qui permettent de voir dans le lointain des scènes mythologiques: à dr., Io gardée par Argus, tandis que Mercure vient pour la délivrer; vis-à-vis de l’entrée, Galatée et Polyphème (à peine reconnaissables). Les deux petites peintures du coin, en haut, représentant des scènes de sacrifice, donnent une idée exacte des
300 III» Rome antique .
ROME