‹ Italie centrale, RomeChapitre 154 sur 321 · Palatin · texte numérisé non relu

Palatin

tableaux des anciens, qui se fermaient comme les triptyques des autels du moyen âge. Au mur à g., des conduits d’eau en plomb, trouvés sous l’aire du plancher, portent des inscriptions d’après lesquelles on a reconnu la destination de cette maison. — Survies murs de la pièce de droite se trouvent de magnifiques guirlandes de fleurs et de fruits, d’où pendent, entre les colonnes, des masques et autres objets bachiques; sur ceux de la pièce de gauche, au-dessus de panneaux bruns, encadrés de rouge et de vert, de légères arabesques entre des figures ailées, sur fond blanc. A dr, de la cour, la salle à manger, portant l’inscription moderne triclinium, a des murailles peintes en rouge vif avec deux grands paysages et de petits sanctuaires (Diane, Hercule) au milieu. Des deux côtés du mur d’entrée, dans le haut, un vase de verre avec des fruits. — Les autres pièces, reliées à la cour par un escalier étroit, ont perdu leur décoration murale et n’ont pas été entièrement dégagées. Entrée du côté extérieur, à dr. dans le haut.

La haute substruction carrée couverte de chênes rouvres à l’angle occid. de la colline a fait partie du temple de la Magna Mater (Cybèle), fondé en 191 av. J.-C., quand on eut apporté à Rome, à la suite d’un oracle sibyllin, la pierre sacrée de la Cybèle de Phrygie. Bien que plusieurs fois endommagé par le feu, ce temple conserva durant tout l’Empire son ancienne physionomie; on voit encore aux alentours des restes de fûts de colonnes, de chapiteaux et de bases, en péperin recouvert de stuc blanc. A dr. du temple, une statue de Cybèle, bon ouvrage romain.

Il doit y avoir eu, entre le temple de Cybèle et la maison de Livie, plusieurs sanctuaires très anciens, entre autres la maison de Romulus (Casa Romuli), cabane ronde en treillis reposant sur un soubassement de pierre; elle existait encore au ive s. apr. J.-C. et passait pour la demeure du fondateur de la ville ou de son père nourricier Faustulus. Les fouilles, qu’on a commencées sur ce point en 1907 et qui durent encore, ont mis au jour de grands murs en pierre de taille portant des marques de tailleurs de pierre et semblables à ceux de l’enceinte de Servius (p. xxix). Sous l’un d’eux se trouvait un tombeau renfermant des vases d’argile du ve s. av. J.-C. Ces murs sont par conséquent plus récents et datent peut-être de l’époque qui suivit immédiatement l’invasion des Gaulois (p. xxx), au moment où l’on renouvela les fortifications du Palatin. Ils ont coupé et détruit en partie deux grandes citernes rondes, fermées, comme la prison Mamertine, (p. 293) par des pierres en saillie les unes sur les autres, et datant naturellement d’une époque antérieure.

En dehors de la zone fortifiée, un chemin en escalier, les Scalæ Cad, descendait la colline à l’O. jusqu’au Velahrum (p. 305) où il aboutissait près du Lupercal. Dans le voisinage immédiat, du côté du Cirque Maxime (p. 304), on voit des restes de quelques maisons particulières à plusieurs étages avec bains et pavements en mosaïque.

Le temple en ruine qu’on remarque entre la maison de Livie et le palais d’Auguste (p. 301) semble être celui que Fabius Maximus dédia a Jupiter Victor après la bataille de Sentinum (p. 137) ; il n’en reste que les soubassements et un escalier. Yingt-six marches entrecoupées de cinq paliers montent jusqu’aux fondations presque rectangulaires de ce temple. Sur le quatrième palier se trouve une base ronde revêtue d’une inscription, ex-voto de Domitius Calvinus après ses victoires remportées en Espagne l’an 36 av. J.-C.; la moitié supérieure manque.

Dans une galerie couverte (cryptoportique), à dr. en venant de la maison de Livie, il y a des restes de décoration antique, en stuc, avec des incrustations produites par l’eau d’un réservoir à poisson (piscina) qui était au-dessus dans l’antiquité. La version qui pré-

Palais d'Auguste.

ROME

Page 1