‹ Italie centrale, RomeChapitre 172 sur 321 · III. Rome antique · texte numérisé non relu

III. Rome antique

*St-Jean~et-St-Paul (SS. Giovanni e Paolo; pl. III 22) a été fondé vers l’an 400 par le sénateur Pammachius, sur l’emplacement de la maison d’un St Jean et d’un St Paul qui, selon la légende, furent de hauts employés de la cour de Julien l’Apostat et furent martyrisés sous lui. L’édifice, fort endommagé par Robert Guiscard, lors du sac de Rome de 1084, a été restauré au XIIe s. C’est de ce temps que datent le portail, le pavé en mosaïque de l’intérieur et l’architecture extérieure de l’abside, avec ses jolies colonnes. Le cardinal Paolucci en a défiguré l’intérieur en 1718, en le transformant dans le style de l’époque. Le dôme qu’on voit de loin audessus de la chapelle St-Paul-de-la-Croix, au bas côté de dr., a été ajouté sous Pie IX.

L’église haute, qui a été modernisée, n’offre rien de particulier; par contre, on verra avec intérêt les restes d’anciennes constructions qui se trouvent au-dessous. Comme à St-Clément, on distingue plusieurs couches de bâtisses antérieures: deux maisons particulières, l’une ornée de peintures murales païennes, l’autre avec des fresques chrétiennes, la seule à Rome ; un vieil oratoire chrétien et une chapelle du moyen âge. Ces constructions ont disparu sous les décombres lors de la destruction de 1084 et dans les restaurations qui ont suivi, et sont restées ensevelies durant sept siècles. Elles ont été enfin déblayées depuis 1887 sous la direction du père passionniste Germano. La fête des patrons a lieu le 26 juin (v. p. 157) et le 1er vendr. de carême.

On descend un escalier à l’extrémité du bas côté dr. (luin. électr., 50 c. au sacristain) et on arrive d’abord dans une entrée où il y a plusieurs amphores, l’une d’elles avec le monogramme du Christ. La salle à côté, à g., le tablinum , est en partie marbrée et a à la voûte des peintures représentant des êtres marins, des fleurs et des masques, Moïse au mont Horeb, Moïse recevant les tables de la Loi, une femme en prière, ces peintures peut-être du iv« ou du v« s. La chambre à dr. de l’entrée a des fresques encore plus anciennes, des Génies, de grandeur presque naturelle, tenant des guirlandes de fruits, sur fond blanc, des ne-ine s. Ensuite Yoratoire, qu’on donne comme partie de l’édifice de Pammachius, avec des fresques, entre autres la Décollation de trois chrétiens, la plus ancienne représentation connue d’un martyre. Encore plus bas, une salle de bains, une des plus anciennes parties de l’édifice. Enfin, derrière le prétendu tablinum, du côté de la via di SS. Giovanni e Paolo, une chapelle ornée de fresques des xx« et xi« s.: Jésus, les archanges, St Jean et St Paul et un Crucifîment intéressant.

A côté de l’église, un joli campanile. — Le couvent voisin appartient aux passionnistes.

On continue à monter entre les murs jusqu’à Yarc des consuls Dolahella et Silanus (pl. III 25), en travertin, érigé l’an 10 de notre ère, sur lequel passait l’Abua Marcia.

Non loin de là, à dr., n° 8, le portail d’un hôpital qui dépendait de l’église St-Thomas in For mis, maintenant détruite (pl. III 22-25). La mosaïque au-dessus de la porte, exécutée par deux membres de la famille Cosmas (vers 1218), représente Jésus entre deux esclaves chrétiens dont l’un 'est un nègre, allusion à l’ordre

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