Borgo
de ce qu’on appela dès lors la cité Léonine. Cette enceinte, plusieurs fois détruite dans les luttes du moyen âge, lorsque Robert Ouiscard força l’empereur Henri IV à la retraite, en 1084, et lors du siège et de la destruction du château St-Ange par les Romains, en 1379, subsiste encore en partie à l’O. de l’église de St-Pierre. Avec le retour des papes d’Avignon commence une nouvelle période dans l’histoire du Bourg: on y construit peu à peu de nouvelles rues et son enceinte est considérablement agrandie. Eugène IV et Sixte IV s’en occupent particulièrement. L’époque de sa plus grande prospérité est le commencement du xvie s., sous Jules II et Léon X. Paul III et Pie IV relevèrent les fortifications par crainte des Maures ; Ant. da Sangallo les commença au S. (porte du St-Esprit, 1545); Michel-Ange construisit lui-même le bastion imposant du Belvédère (1547) et donna le plan du reste, d’où il résulta un agrandissement considérable du Bourg au N. (porte Angélique, bourg Angélique ; 1560-1570). Le Bourg resta propriété pontificale jusqu’à l’époque de Sixte-Quint et demeura complètement indépendant de l’administration municipale; c’est lui qui l’incorpora à la ville et en fit le quatorzième quartier (rione). Mais la cour papale ne pouvait pas concentrer autour d’elle la vie de la cité et jusqu’en 1870 le quartier ne fut habité que par une population peu nombreuse, adonnée à de petites industries, autour de la plus grande église et du plus grand palais de la chrétienté. Les constructions élevées depuis 1880 dans les Prati di Castello amenèrent à leur suite des changements considérables: tout un nouveau quartier (p. 341) prit naissance au N. du Bourg, les fortifications du moyen âge furent rasées et la pittoresque Porta Angelica disparut à son tour.
Le pont St-Ange ( Ponte S. Angelo; pl. 1 12) est la principale voie de communication entre la rive g. et le quartier du Vatican. Construit par Adrien, l’an 136 de notre ère, pour relier son tombeau à la ville, il reçut de lui le nom d e pons Ælius. Clément VII érigea, en 1530, à l’entrée de ce pont les statues de St Pierre et de St Paul, la première par Lorenzetto, la seconde (de 1464) par Paul Romain. Les dix statues colossales d’anges, exécutées en 1688 d’après le Bernin , sont des sculptures décoratives d’atelier et n’ont pas toutes la même valeur (v. p. lxxv). Le pont a été complètement restauré lors de la régularisation du Tibre, de 1892 à 1894; les trois arches du milieu sont seules antiques; celles des extrémités, au nombre de deux de chaque côté, ont été ajoutées à la même époque. Le pont en fer , construit alors pour les travaux, subsiste encore et sert surtout au tramway; il doit disparaître en 1911, lors de l’achèvement du pont Victor-Emmanuel qu’on vient de commencer, après la démolition de la partie E. de l’hôpital du St Esprit (p. 342), dans l’axe du cours du même nom.
Le *château St-Ange ( Castel S. Angelo; pl. 1 12), devant lequel aboutit le vieux pont, est le mausolée colossal qu’Adrien fit
Château St- Auge.
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