Vatican
grandes divisions du sujet, dans lequel règne du reste une gradation complète, depuis l’enseignement mécanique, la copie, la recherche, la discussion, etc., jusqu’à la révélation enthousiaste de la vérité dans le «divin Platon». Conformément à l’esprit de ses contemporains, instruits et pleins d’admiration pour l’antiquité, Raphaël donna encore plus de vie à sa composition en y introduisant d’autres personnages antiques. Mais son intention n’a pas été de donner un tableau complet du développement de la philosophie grecque, comme on l’a pensé; il a seulement représenté divers personnages populaires de l’antiquité , pour orienter l’imagination du spectateur, pour localiser en quelque sorte l’action, qui sans cela se fût perdue dans l’abstraction et la généralité. Outre Platon et Aristote, on reconnaît Socrate , avec sa tête chauve (à g. dans le haut), et Diogène , couché sur les degrés; Ptolémée l’astronome, auquel l’artiste a mis une couronne en le confondant avec l’un ou l’autre des Ptolémées, et Zoroastre , une sphère à la main, dans le groupe sur le devant à dr., sont aussi aisément reconnaissables.
Quant aux autres figures, on en est réduit à des suppositions. Voici les noms qu’on leur donne généralement. Le vieillard barbu dans le coin de gauche, vu de profil, serait Zénon, le stoïcien ; le personnage couronné de pampres et tenant un livre, à côté de lui, Epicure ou Démocrite. A côté de lui, à dr., on reconnaît le jeune Federigo Gonzaga, le favori de Jules II, que Raphaël dut peindre ici à la demande spéciale du pape. L’Oriental qui se penche au-dessus de Pythagore occupé à écrire, passe pour Averroës (peut-être Hermès Trismégiste). A côté d’un socle de colonne serait Empédocle , regardant aussi la table de Pythagore, et celui qui a le pied posé sur un bloc de marbre serait Anaxagore ou Xénocrate. Enfin on désigne comme représentant Heraclite le personnage assis tout seul au premier plan et qui complète le groupe de gauche. Dans le groupe de Socrate, en haut, se voit un jeune guerrier, Alcibiade ou Xénophon, et celui qui fait signe d’approcher, derrière ce guerrier, passe pour être Chrysippe. Raphaël a également placé dans cette composition divers contemporains. Ainsi le beau jeune homme dans le groupe du premier plan à g. a les traits du duc d’Urbin, François-Marie de la Rovère; le géomètre tenant un compas et faisant une démonstration, à dr., ceux de Bramante; Raphaël lui-même s’est représenté à côté du Sodoma, dans le coin à dr.
Au-dessous de ce tableau, en camaïeu, de g. à dr. : la Philosophie, des Mages conversant sur la sphère céleste, le Siège de Syracuse et la Mort d’Archimède, tous par Perin del Vaga.
4. Au-dessous de la Justice et au-dessus de la fenêtre, trois Vertus cardinales: an milieu, la Sagesse, à double visage, regardant le passé et l’avenir; à dr., la Tempérance; à g., la Force. Au-dessous, des deux côtés de la fenêtre, la Justice spirituelle et la Justice temporelle; à dr., Grégoire IX, sous les traits de Jules II, remettant les Décrétales à un jurisconsulte; tout autour, des personnages historiques ; en avant à g., le cardinal de Médicis, qui fut plus tard Léon X. — Au-dessous, sur le socle, par Perin del Vaga: Moïse apportant aux Juifs les tables de la Loi. — A g., Tribonien remettant le Digeste à l’empereur Justinien, et au-dessous, Solon haranguant le peuple athénien (?).
Chambres de Raph.