Hors de la porte St-Sébastien
La visite de la voie Appienne demande, en voiture, 3 h. à 3 h. 1/.i, arrêt compris; il ne faut que V2 h. de plus pour revenir par les tombeaux de la voie Latine (p. 418). Les voitures se paient à l’heure hors de la ville; faire prix d’avance (v. l’app.. p. 6). Les piétons qui arrivent en fiacre à la jporte St-Sébastien (1 fr. 50), ou encore mieux aux catacombes de St Calixte (pas à moins de 3 fr.), mettent 1 h. 1/2 à 2 h. jusqu’au Oasale Rotondo et 1 h. de plus en y comprenant l’arrêt aux catacombes; ils mettent 1 b. du Casale Rotondo au tombeau de Cæcilia Metella, 20 min., de là aux tombeaux de la voie Latine en suivant la route militaire, 10 min. à la halte du tram Vicolo delle Cave, ou 40 min. jusqu’à la porte St-Jean (v. p. 418), en tout 5 h. à 5 h. 1/2 environ. — On peut aussi prendre à l’aller ou au retour, le chemin de fer de Rome à Albano (p. 440), jusqu’à Capannelle , sur la Nouvelle voie Appienne, d’où l’on arrive en 20 min. à l’ancienne voie Appienne.
Pour la porte St Sébastien (pl. III 30), les ruines et les constructions qui l’avoisinent, v. p. 313 et suivantes.
La *voie Appienne, la «reine des routes», construite l’an 312 av. J.-C. par le censeur Appius Claudius Cæcus, passait par l’anc. jporte Capène (p. 313) et par Terracine (p. 479), et menait à Capoue, d’où elle fut prolongée plus tard jusqu’à Bénévent et Brindes. Elle a été déblayée, de 1850 à 1853, jusqu’à la 11e borne milliaire, où elle est auj. coupée par le chemin de fer de Terracine et Nettuno. Jusqu’à l’église St-Sébastien, la vue est interceptée à dr. et à g. par des murs de vignes, mais plus loin, elle s’étend sur la plaine en offrant des coups d’œil charmants et variés, surtout au coucher du soleil, sur les aqueducs en ruine et les montagnes lointaines. Des innombrables tombeaux antiques qui bordaient ia voie des deux côtés, il n’en reste que peu d’intacts; les débris des autres ont été recueillis et murés dans les parois.
De la porte St-Sébastien, la route descend l’anc. clivus Martis, passe au bout de 4 min. sous le chemin de fer de Civitavecchia et Pise et traverse 3 min. plus loin VAlmo (p. 421), ruisseau près duquel on voit déjà, à dr. et à g., des ruines de tombeaux. A 12 min. de la porte, la voie Ardéatine (p. 424) se détache à dr. ; à g. s’élève la petite église Domine quo vadis, à la place où, selon la légende, St Pierre, fuyant le supplice, rencontra le Seigneur et lui demanda: «Domine, quo vadis?» (Seigneur, où allez-vous?); sur la réponse: «Venio iterum crucifigi» (je viens me faire crucifier de nouveau), il serait retourné sur ses pas. On y montre une reproduction sur marbre des empreintes que les pieds du Sauveur laissèrent, dit-on, sur le pavé (v. p. 422). — A quelques centaines de pas de là est une petite chapelle ronde, à g. de laquelle se détache un chemin de traverse dit «vicolo délia Caffarella».
excursions.
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Ce chemin de traverse, très sale en temps de pluie, passe pendant 10 min. entre des haies et descend ensuite à g. à un moulin. Tout près de là, en bordure d’une route transversale entre la voie Appienne et la voie Latine (p. 418), on voit un tombeau de famille romain, en forme de temple, qu’on a pris sans motif pour le temple érigé après la retraite d’Annibal et auquel on a donné le nom de temple du dieu Rédicule (du dieu qui procure le retour). La façade était tournée au N. et précédée d’un escalier; l’entrée de la chambre sépulcrale est à gauche; sur les côtés, des demi-colonnes hexagones, dans des niches. Les surfaces de l’édifice sont en briques jaunes , les parties ornementales en briques rouges, le tout d’une technique achevée. L’intérieur (25 c.) est à deux étages, avec voûtes d’arête; l’étage supérieur était réservé aux cérémonies funèbres.
On peut continuer l’excursion dans la vallée de l'Almo ou Val Caffarella, à l’extrémité de laquelle on voit de loin la colline et le bois d’Egérie (v. ci-dessous); puis monter à la grotte d'Egérie et à St-Urbain (v. ci-dessous); mais le chemin est quelquefois barré; il faut alors escalader la barrière, ou faire un détour.
La voie Appienne monte en offrant un joli coup d’œil en arrière sur le mur d’Aurélien et la porte St-Sébastien. Elle passe pendant env. 10 min. entre des murs. A g., dans la vigne Vagnoliniy se trouvent des restes considérables d’un colombaire antique (p. 316), le plus grand que l’on connaisse, mais quelquefois inaccessible. Jolie vue sur le Val Caffarella et la voie Latine.
A 25 min. de la porte, on arrive à dr., n° 33, à l’entrée des catacombes de St-Calixte (p. 432), reconnaissable à quelques cyprès et à une inscription.
Un peu plus loin, la route se bifurque encore une fois: tout droit, le prolongement de la voie Appienne antique (p. 422) ; à g., la route moderne dite «via Appia Pignatelli», qui débouche à 4 kil. de là, à la station de Capannelle (p. 440), dans la Nouvelle voie Appienne (p.418).
De la via Appia Pignatelli se détache à g., au bout de 9 min., un chemin de traverse qui mène à St-Urbain (S. Urbano), église reconnaissable de loin à ses murs en briques rouges. C’est un ancien tombeau romain, longtemps pris pour un temple de Bacchus; transformé, semble-t-il, en église au xi® s., il avait un portique à quatre colonnes corinthiennes en marbre, qu’on a muré vers 1634 lors d’une restauration, de laquelle proviennent aussi des arcs-boutants. L’intérieur présente, entre des pilastres corinthiens, des peintures murales, restaurées à la vérité, mais très intéressantes à cause de leur ancienneté; selon l’inscription du Crucifîment au-dessus de la porte, elles ont été exécutées par un certain Bonizzo, en 1011: au mur du fond, le Christ bénissant sur un trône; puis des scènes de l’histoire du Sauveur et de celles de St Urbain et de Ste Cécile.
Le bosquet de chênes sur la colline à l’E., jadis plus grand, porte le nom de Bois Sacré (Bosco Sacro ), parce que c’est là que Numa Pompilius est censé avoir eu ses entrevues avec la nymphe Egérie. On y a une très belle vue de la Campagne et des monts Albains. — Le chemin de voit, à g. dans la vallée (il y a aussi un sentier direct depuis St-Urbain) mène en quelques min. à la prétendue grotte d’Egérie, ainsi nommée par suite d’une fausse interprétation d’un passage de Juvénal, et d’une confusion entre l’enceinte d’Aurélien et celle de Servius. C’est un nymphée, d’une époque relativement récente, originairement revêtu de marbre, le sanctuaire de l’Almo, ruisseau aujourd’hui canalisé qui coule près de là. Dans la niche du fond, sur des consoles
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Petites
d’où s’écoule de l’eau, une statue très mutilée provenant du couvercle d’un sarcophage. Les niches des deux côtés renfermaient aussi des statues. La vraie grotte d’Egérie doit s’être trouvée sur le versant méridional du Cælius.
En suivant le bras de dr., la «via Appia Antica», on atteint les catacombes juives (n° 37, à g., vigne Randanini; v. p. 434) et, en descendant un peu, l’église St-Sébastien, à 1/2 h. de la porte.
St-Sébastien, dès les temps les plus anciens une des sept églises visitées par les pèlerins (p. xxxv), parce qu’elle s’élevait sur les catacombes où reposaient tant de martyrs, est mentionnée pour la première fois sous St Grégoire le Grand. Construite autrefois en forme de basilique, elle a été transformée en 1G12, sur l’ordre du cardinal Scipion Borghèse, par Flaminio Ponzio et Jean van Santen (p. 208) qui lui ont donné sa forme actuelle. Son portique a six colonnes antiques de granit.
Dans la lre chapelle à dr., la pierre originale qui porte l’empreinte des pieds du Sauveur (v. p. 420). Dans la dernière chapelle à dr., aménagée par Carlo Maratta, le tombeau du cardinal Albani (p. 412). — Sur le maître-autel, un tableau d 'Innocenzo Tacconi, élève a’Annibal Carrache. Dans la 2‘ chapelle à g., une belle statue de St Sébastien, modelée par le Bernin et exécutée par Giorgini. — L’escalier à g. de la sortie descend aux catacombes (p. 433).
Immédiatement en deçà de l’église, à dr., la via delle Sette Chiese traverse la voie Ardéatine au bout de 10 min. et conduit, 4 min. plus loin, aux catacombes de Domitille (p. 432). De là, on va à St-Paul-hors-les-Murs en 1/2 h. (v. p. 424). La dépression du terrain a porté à la fin de l’antiquité le nom encore inexpliqué de Catacumba ou ad Catacumbas qui a désigné dans la suite les lieux de sépulture des chrétiens (p. 428).
Plus loin sur la voie Appienne, on voit à g., près d’une grande porte, le cirque de Maxence ou circus in Catacumba (v. cidessus), qui était destiné aux courses de chars. On a appris le nom de son constructeur par une inscription trouvée en 1825 et maintenant scellée sous l’arcade de l’entrée à l’E., d’après laquelle il fut dédié au Divus Romulus , fils de Maxence, mort jeune l’an 309 de notre ère. Ce cirque, qui a 482 m. de long sur 79 de large, pouvait contenir 18000 spectateurs, assis sur 10 rangées de gradins. En avant, sur la voie Appienne, était un grand portique, orné du monument de Romulus, en forme de temple rond, au milieu, et derrière l’entrée principale, des deux côtés de laquelle s’étendaient les carceres, c.-à-d. les barrières d’où partaient les concurrents. L’arène était divisée en deux dans sa longueur par un mur peu élevé appelé spina , surmonté de statues et d’obélisques (v. p. 239), et qui avait à chaque extrémité un but, dit meta. Le mur est légèrement oblique, afin de compenser autant que possible le désavantage résultant pour les chars de la différence de leur position au départ. Pour la même raison, les barrières sont construites en biais. Les chars devaient faire sept fois le tour du cirque.
excursions.
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La rôute remonte ensuite et arrive bientôt au grand *tombean de Cæcilia Metella, à 2 kil. de la porte St-Sébastien. Ce monument, qu’on retrouve si souvent sur les vues de la Campagne romaine, date du temps d’Auguste; c’est une vaste rotonde de 20 m. de diamètre, sur un soubassement carré, revêtue de travertin. Sous la corniche principale, s’étend une frise de guirlandes de fleurs et de bucrânes, qui ont fait donner au monument le nom de Capo di Bove. Une plaque de marbre tournée du côté de la route porte l’inscription laconique: Cæciliæ Q. Cretici F(iliæ) Metellæ Crassi; elle était fille de Metellus Creticus et femme de Crassus le Jeune, fils du triumvir, lieutenant de César dans la guerre des Gaules : de là la panoplie d’armes gauloises au-dessus de l’inscription. Au xme s., les Caetani en firent une forteresse qu’ils couronnèrent de créneaux et qui, après avoir changé plusieurs fois de mains, fut détruite sous Sixte-Quint ; les ruines pittoresques qui l’entourent et l’église en face en font partie. — 4 min. plus loin, à g., la route militaire (p. 419), souvent interdite aux voitures.
Un torrent de lave, descendu des monts Albains (v. p. 434), et qui a fourni le pavé de l’anc. route, vient s’étendre jusqu’ici. Au delà commence la partie la plus intéressante de la voie Appienne : l’anc. pavé est en partie découvert; le nombre des tombeaux augmente à perte de vue; l’horizon se découvre de plus en plus; à g., l’une à côté de l’autre , les arcades grandioses de l’Aqua Marcia et de l’Aqua Claudia , celle-ci formant en partie l’Acqua Felice moderne (p. 419). On atteint à 45 min. de la ville la partie de la voie Appienne déblayée depuis 1851 (plaque à la maison à dr.) et entièrement bordée de tombeaux, dont plusieurs méritent une attention spéciale.
A dr., la Fortezza Appia Antica, ouvrage extérieur des nouvelles fortifications de Rome. — A4 min. à dr., dans la vigne Lugari, le grand tombeau de St Urbain (?). Derrière, les restes intéressants d’une villa romaine , consistant en magasin avec grands vases en terre cuite, salle de bains, etc. (25 c. de pourboire).
25 min. plus loin, on remarque à g. le Casale di S. Maria Nuova et derrière, des ruines étendues nommées Roma Vecchia, restes probables d’une grande villa de la famille Quintilia. — Ensuite, à dr., deux tombeaux en forme de cône et entourés d’arbres, d’où l’on a une vue étendue sur les plaines désertes de la Campagne. A côté, les restes d’un ustrinum, endroit où l’on brûlait les corps, au milieu d’une enceinte de blocs de péperin.
A 15 min. de S. Maria Nuova, à g., se trouve une grande sépulture sur laquelle est établie une petite ferme appelée Casale Rotondo (souvent fermée, sinon monter pour jouir de la vue, pourb., 25 c.). La T or di Selce (tour de basalte), haute construction à g., 7 min. plus loin, est également un anc. tombeau, sur lequel s’élève une tour du moyen âge.
Bædeker. Italie centrale. 14e édition.
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La dernière partie de la voie Appienne, de Tor di Selee à Albane (2 h. V 2) , est moins intéressante. Parmi les tombeaux, il faut encoro mentionner, à 3 kil. de la tour, à g., le Torraccio di Palomba.ro, de forme ronde. Le ch. de fer de Terracine et Nettuno traverse la route (v. la carte p. 406/407). Un peu plus loin, VOsteria delle Fratiocchie (station, v. p. 474), où se réunissent les deux voies Appiennes. Clodius avait sa villa plus loin à g. Dans la vallée à dr. était située Bovillæ, colonie d’Albe-la-Longue, avec un sanctuaire de la famille Julia et où l’on reconnaît encore les restes d’un cirque et d’un théâtre. On voit des deux côtés de la route des restes de murs et des tombeaux. Une grande construction carrée, haute d’env. 10m., avec trois niches, a longtemps
f iassé à tort pour le tombeau de Clodius. La route monte. Un peu avant a porte d’Albano, à g., un tombeau dit de Pompée (p. 443).
Entre la voie Appienne et la voie Laurentine (p. 426) se trouve, dans un site pittoresque, le château de Cecchignola, construit par Paul IV et Léon XII; il a une vieille tour et un jardin. On y va en 1 h. Va de la porte St-Sébastien, par la voie Ardéatine (p. 420; v. aussi p. 427).