Hors de la porte St-Paul
Tramway de la place de Venise (p. 219) à St-Paul-hors-les-Murs, par la place Benedetto Cairoli (p. 250): v. n° 5 de l’app. — A pied, on met 20 min. de la place Bocca délia Verità à ]& porte St-Paul, 30 min. de cette porte à la basilique de St-Paul-hors-les-Murs et encore 30 min. de là à Tre Fontane (tramway en construction). — On pourra fort bien, en se rendant à la porte St-Paul, visiter les trois églises qui sont sur l’Aventin (p. 309), ou le mont Testaccio (p. 311) et la pyramide de Cestius (p. 312).
— Hors de ville, on utilisera le tramway.
Porte St-Paul (pl. III 18), v. p. 312. — A 5 minutes de la porte, on passe sous le chemin de fer de Civitavecchia. 3 min. plus loin, une petite chapelle à g. désigne l’endroit où, d’après la tradition, St Pierre et St Paul se firent leurs adieux en marchant à la mort.
— Aux abords immédiats de St-Paul, à g., la via delle Sette Chiese décrit un angle aigu et se dirige à g. sur St-Sébastien, à 3/4 d’h. de là, sur la voie Appienne (v. p. 422).
*St-Paul-hors-les-Murs (S. Paolo fuori le Mura), basilique fondée en 386 par Valentinien II et Théodose à la place d’une petite église érigée par Constantin le Gr., et achevée sous Honorius, a été restaurée et embellie par un grand nombre de papes, surtout par St Léon III. Avant le grand incendie de 1823, qui a presque tout détruit, sauf le chœur, c’était la plus belle et la plus intéressante de toutes les églises de Rome; elle avait cinq nefs à charpente apparente et quatre-vingts colonnes en pavonazzetto et en marbre de Paros qui supportaient l’architrave décorée de portraits des papes; elle renfermait des mosaïques et de vieilles fresques et, dans la confession, le tombeau de St Paul, qui fut enterré, d’après la légende, par une pieuse dame appelée Lucine, dans une terre qui lui appartenait. La façade, du côté du Tibre, était précédée d’une cour entourée d’arcades, et un portique couvert la reliait à la ville au commencement du moyen âge.
Bientôt après l’incendie, Léon XII en entreprit la reconstruction, que dirigea d’abord Belli, puis Poletti. Grégoire XVI consacra
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ST-PAUL-H.-L.-M. Envir. de Rome. 425
le transept en 1840 et Pie IX l’église en 1854, lors du concile, mais l’explosion d’une poudrière en 1891, à la porte Portese, l’a encore considérablement endommagée. Le plan et les dimensions sont à peu près les mêmes que dans l’ancien édifice, mais sa brillante décoration lui a Ôté son caractère de basilique des premiers temps du christianisme. — La grande façade (longer le côté N. de l’église, puis prendre à g. en franchissant la clôture), dont le portique en construction est supporté par de magnifiques colonnes monolithes en granit du Simplon , est tournée vers le Tibre. Les mosaïques qui la décorent dans le haut, exécutées en 1885 dans les ateliers pontificaux d’après les dessins de Fil. Agricola et de Consoni, représentent, les unes J.-C., St Pierre et St Paul, d’autres des sujets symboliques et les quatre grands prophètes.
Intérieur. On entre par le portail N. ou directement de la route, par une porte latérale, à l’E. du campanile, puis par les vestibules mentionnés p. 426. C’est en se plaçant près de l’entrée principale, à l’extrémité O. de la nef majeure, un peu de côté, qu’on se fera la meilleure idée de cette vaste basilique dont les proportions grandioses, rehaussées par le luxe des décors, sont moins calculées pour la méditation religieuse que pour la pompe des cérémonies. L’immense espace, divisé en cinq nefs à transept, n’a pas moins de 120 m. de long, 60 m. de large et 23 m. de haut. Le riche plafond caissonné (qui a remplacé l’anc. toiture à charpente apparente) repose sur quatre-vingts colonnes de granit du Simplon, reliées entre elles par des arcs en plein ceintre. Les deux colonnes jaunâtres en albâtre d’Orient, à la porte, et les quatre du baldaquin qui surmonte le maître-autel sont un cadeau du Khédive, tandis que les bases en malachite ont été données par l’empereur Nicolas Ier de Russie. Au-dessus des colonnes des trois nefs du milieu et dans le transept se voit une longue série de médaillons de tous les papes, en mosaïque, hauts de 1 m. 50. Entre les fenêtres de la nef majeure, en haut, l’Histoire de St Paul, par Gagliardi , Podesti, Consoni , Balbi , etc. A côté de l’escalier du transept, les statues de St Pierre et de St Paul, par Jacometti et Revelli. La confession a un riche pavé en marbre rouge et vert, provenant de carrières du Péloponèse déjà exploitées dans l’antiquité.
L’arc triomphal est décoré de mosaïques fortement restaurées (440-461), exécutées par ordre de Galla Placidia, sœur d’Honorius et d’Arcadius: le Christ et les vingt-quatre anciens de l’Apocalypse. Du côté du transept, au milieu, le Christ; à g., St Paul; à dr., St Pierre. — Sous l’arc s’élève le maître-autel, avec un ^baldaquin par Arnolfo di Cambio (? ; v. p. 402) et son camarade Petrus (1285). Dans le bras dr. du transept, le * Cierge pascal orné de scènes de la vie de J.-C., d’animaux et de rinceaux faits au repoussé, par Nicolaus de Angelo et Petrus Vassallettus (v. p. 426; vers 1180). — Dans l’abside, * mosaïques du commencement du xme s. :
426 Envir. de Rome. ST-PAUL-H.-L.-M.
Petites
au milieu, le Christ; à ses pieds, une petite figure du pape Honorius III; à g-, St Luc et St Paul; à dr., St Pierre et St André: audessous, les douze apôtres et deux anges. En bas, le trône épiscopal
moderne. Dans le transept, à g., lre chap., chap. St-Etienne: la
statue de ce saint, par Rinaldi , et deux tableaux: Lapidation de St Etienne, par Podesti ; le Grand conseil, par Coghetti. 2e chap., chap. du Crucifix: une mosaïque devant laquelle St Ignace de Loyola et ses compagnons prononcèrent les vœux de l’ordre qu’ils venaient de fonder, le 22 avril 1541. — La lre chap. à dr. de l’abside, la chap. du Chœur, d’après Carlo Maderna , a échappé à l’incendie. 2e chap., chap. St-Benoît: statue de ce saint, par Tenerani. — A l’extrémité du bras g. du transept, un autel avec la Conversion de St Paul, par Camuccini, et les statues de St Bernard, par Stocchi et de St Grégoire , par Laboureur. A l’extrémité du bras dr., un autre autel avec une mosaïque, le Couronnement de la Vierge, d’après Jules Romain et Franc. Penni (p. 370) , et les statues de St Benoît et de Ste Scolastique, par Gnaccherini et Baini.
Du bras dr. du transept on va tout droit à l’entrée du cloître, ou bien en traversant à g. quelques chapelles qui ont de vieilles fresques fortement restaurées, dans un vestibule où se voient une statue de Grégoire XVI , quelques vieilles fresques et des mosaïques, entre autres des figures en buste de St Paul et St Pierre, peut-être du ve s. Là se trouvent l’entrée latérale mentionnée p. 425 et, à dr., la sacristie, qui renferme quelques bonnes toiles: au-dessus de la porte, la Flagellation de J.-C., par Signorelli (?); à dr., la Vierge sur un trône, avec St Benoît, St Paul, St Pierre et Ste Justine; puis quatre figures isolées des mêmes saints.
Le *cloître ( Chiostro) de l’anc. couvent de bénédictins, où l’on entre par le bras dr. du transept, est le plus beau de Rome après celui de St-Jean-de-Latran. Selon l’inscription en mosaïque qui en fait le tour, il a été commencé vers 1220 par l’abbé Pierre de Capoue, et achevé vers 1241 sous son successeur Jean V ; la décoration est peut-être de Petrus Vassallettus , un des maîtres de l’époque dans les ouvrages de ce genre (v. p. 329). Aux murs, inscriptions antiques et chrétiennes et fragments de sculptures, entre autres un grand sarcophage orné du mythe d’Apollon et de Marsyas. Le cloître, qui est actuellement en restauration, est monument national (pas de pourb.).
Une salle derrière la sacristie, ordinairement fermée au public, contient une statue assise de Boniface IX, du commenc. du xv« s., en marbre, et, dans une armoire fermée, la porte en bronze de l’anc. basilique, faite en 1070 à Constantinople, sur les ordres du consul Pantaléon, par Staurakios, et fort dégradée par l’incendie ; elle est ornée de scènes bibliques, ciselées dans le bronze, dont les contours étaient incrustés d’argent.
La route continue ensuite tout droit et se bifurque à 7 min. de St-Paul, à YOsteria del Ponticello: la partie à dr. est l’anc. via Ostiensis, allant à Ostie (p. 468); celle de g. est la via Laurentina,
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TRE FONTANE. Envir. de Rome. 427
qui conduit en 25 min. à Tre Fontane en passant devant VOsteria Montagnola, auberge très bien située.
L’abbaye delle Tre Fontane (ad aquas SalviasJ, longtemps abandonnée à cause de la malaria, a été cédée en 1868 aux trappistes français. Des travaux de dessèchement, une culture rationnelle du sol et l’introduction de l’eucalyptus, arbre à croissance rapide, ont beaucoup contribué à l’assainissement de la contrée. L’abbaye passe pour devoir son nom à trois sources sorties du sol lors du supplice de St Paul, qui aurait été décapité à cet endroit et dont la tête aurait rebondi trois fois. Il y a trois églises ; on entre dans la cour qui les entoure par une arcade portant des traces de peinture et qui est probablement un reste d’une église St-Jean- Baptiste (sonner; 25 c.).
La plus grande des trois églises, St-Vincent-et-St-Anastase, est une basilique à piliers d’un vieux style, construite par le pape Honorius I«r, restaurée en 1221 par Honorius III, et encore de nos iours. Elle a conservé bien des choses anciennes, en particulier les fenêtres de marbre au-dessus de la grande nef, et dans le portique, des restes de peintures, entre autres un portrait d’Honorius III.
La deuxième église, celle de dr., de forme ronde, s’appelle S. Maria Scala Cœli, parce que St Bernard , auquel Innocent II avait confié le couvent, eut un jour la vision d’une échelle céleste sur laquelle des anges conduisaient au ciel des âmes délivrées par ses prières. Cette église date, dans sa forme actuelle , de la fin du xvi* s. L’abside a de bonnes mosaïques de F. Zucca: la Vierge avec St Bernard, St Vincent, St Zénon (?), St Anastase (?), données par Clément VIII et le cardinal Aldobrandini, qui acheva le monument.
La troisième église, S. Paolo ail© Tr© Fontan©, de 1599, s’élève, dit-on, à la place où St Paul fut décapité; elle renferme les trois sources. Au milieu: mosaïque antique représentant les quatre saisons, trouvée à Ostie en 1869; près de la source de droite: la colonne de marbre blanc à laquelle le saint fut attaché lors de son supplice.
A la fin, les religieux montrent encore leur distillerie, et offrent, entre autres choses, un petit verre de liqueur d’eucalyptus (offrande de 20 c.).
Dans les collines an-dessus de l’abbaye, il y a des carrières de pouzzolane, qu’on mêle à de la chaux pour former le célèbre ciment romain. Au S.-E., au fond de la vallée, on aperçoit la tour de Cecchignola (p. 424); on peut y arriver en 1 h. env. en suivant au S. le chemin qui descend jusqu’au ruisseau (8 min.) et en longeant ce dernier à l’E.