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V. Hôtels. Pensions. Logements particuliers

Hôtels. On trouve de bons hôtels de premier ordre à Rome, Sienne, Pérouse et autres endroits fréquentés ; quelques-unes des meilleures maisons de Rome sont tenues par des Suisses. Le prix des chambres varie de 3 à 10 fr. et plus, selon leur exposition, y compris généralement l’éclairage et le service, tandis que le concierge et souvent aussi l’homme de peine (facchino) se payent à part. Omnibus, 1 à 2 fr. par pers. Déjeuner à la fourchette (colazione) à midi, 3 à 5 fr.; dîner (pranzo) vers le soir, 5 à 7 fr., presque toujours sans le vin, qui est relativement cher et capiteux. Le prix de la chambre est plus élevé, si le voyageur ne prend pas au moins le dîner à l’hôtel ; quelques maisons ont même récemment introduit l’usage des repas obligatoires. On fera bien de s’entendre à l’avance sur ce point. A l’exception de quelques grands hôtels, on compte partout le prix de pension en cas de séjour prolongé. Au fort de la saison, il n’est pas rare qu’on ne trouve pas de place dans les premiers hôtels de Rome, même en retenant sa chambre d’avance; on prendra donc la précaution de se renseigner par carte postale avec réponse payée et de demander un engagement positif ou l’assurance d’être logé ailleurs en cas de manque de place. Du reste, si l’on n’a pas retenu sa chambre d’avance, il y aura tout avantage à prendre à l’arrivée un fiacre au lieu d’un omnibus d’hôtel, afin de n’être pas obligé d’accepter n’importe quelle chambre et de pouvoir se faire conduire ailleurs, après s’être entendu préalablement avec le cocher.

Les maisons de second ordre (ordinairement albergo, dans les petites villes loca?ida), installées tout à fait à l’italienne, la plupart avec lits de fer très convenables, sont moins chères, mais aussi moins propres et moins confortables. On ne pourra guère y aller avec des dames que si l’on est déjà familiarisé avec les usages du pays, mais on aura par contre l’avantage de pouvoir à son gré prendre ses repas au restaurant de l’hôtel (p. xvi) ou ailleurs. Le petit déjeuner se prend ordinairement au café (p. xviii); à l’hôtel, il est porté en compte au prix de 1 fr. 25 à 1 fr. 50. Chambre, 1 à 5 fr., y compris le service et l’éclairage (compreso servizio e luce); omnibus, 50 c. à 1 fr. ; s’entendre sur les prix dès l’abord et sans se gêner. — Les prix des hôtels garnis sont les mêmes.

Il est rare qu’il y ait des allumettes dans les chambres; on s’en

Ïirocurera dans les rues auprès des marchands ambulants qui vendent a boîte d’allumettes-bougies (cerini) au prix de 5 ou 10 c.

On gardera sur soi son argent et ses valeurs (v. p. x), à, moins qu’on ne préfère les confier à l’hôtelier contre reçu.

Les pensions mentionnées dans ce livre sont toutes recommandées; elles sont généralement tenues par des dames et reçoivent aussi des voyageurs de passage, quand elles ont de la place. Elles présentent cependant l’inconvénient d’obliger le client à y prendre

INTRODUCTION

Appartements.

son second déjeuner, ce qui fait perdre un temps précieux au milieu de la journée. S’entendre à l’avance sur le prix de l’éclairage et du chauffage.

On ne louera pas d’appartement dans les maisons particulières sans s’être entendu à l’avance sur le prix de location et avoir fixé les conventions, par contrat timbré, avec l’assistance d’une personne du pays (un banquier p. ex.), afin d’obvier aux malentendus qui surviennent fréquemment. Il est d’usage de payer un acompte en prenant possession des lieux, mais auparavant on aura bien soin de vérifier que tout est en ordre, le propriétaire négligeant presque toujours de tenir ses promesses après avoir reçu son argent. Pour une personne seule, il suffira de régler de vive voix ce qui concerne le service, le linge, le nettoyage des chaussures et, en hiver, les tapis, les poêles, l’emplacement pour le chauffage, etc. (v. p. xxvi).

Le mot propreté a en Italie un sens tout autre que dans le nord; cependant, elle ne laisse en général rien à désirer, même dans les hôtels de 2° ordre, abstraction faite des W.-C. qui sont trop souvent mal entretenus. Au printemps surtout, la vermine, les puces (pulci) en particulier, sont une plaie pour le voyageur; les punaises (cimici) sont rares. On aura soin de se faire donner un lit. de fer et de saupoudrer ses draps, ses chaussettes et ses effets avec de la poudre insecticide (polvere insetticida ou contro gli insetti). De juin à octobre, on évitera de passer la nuit dans les contrées infectées par la malaria (Maremmes, Campagne romaine, Marais Pontins, Fano; v. p. xxv/xxvi) et on cherchera à prévenir la contagion en prenant de petites doses de quinine (0,3 à 0,5 gr.).

En été et en automne, les moustiques (zanzdre) sont insupportables pendant la nuit, surtout dans le voisinage des plantations d’arbres, des canaux et des étangs. Comme règle générale, on aura soin de fermer ses fenêtres à la tombée de la nuit et à la lumière et de faire entourer son lit d’une moustiquaire (zanzariere). Les pastilles à fumiger (fldibus contro le zanzare, zampironi, à Venise chiodi) qu’on se procure dans les pharmacies ont une odeur narcotique désagréable à bien des personnes. En cas de piqûre, on frottera l’ampoule avec du baume Bengué (s’en préserver les yeux).

Pour le linge (la biancheria), il est utile de connaître les noms suivants: camicia, chemise (di telaf di cotone , di lana, de toile, de coton, de flanelle); camicia da uomo , chemise d’homme; camicia da notte, chemise de nuit; collo ou colletto , col; polsino , poignet, manchette; bottoni , boutons; ?nutande, caleçon; flanella ou giubba di flanella, maglia, gilet de flanelle; copribusto , cache-corset; sottana , jupon; accappatoio, peignoir; colza , bas; calzetta , chaussette; fazzoletto, mouchoir. Donner à blanchir se dit dare a bucato; blanchi, di bucato; note, nota ; blanchisseuse, lavandaia ou plus souvent stiratrice (repasseuse).

"VT. Restaurants. Débits de vin. Cafés. Brasseries.

Cigares.

Restaurants (ristoranti, trattorie). Les restaurants de premier ordre ont à Rome comme ailleurs un cachet international et des prix élevés. Les restaurants à l’italienne sont surtout fréquentés de 11 h. à 2 h. pour le déjeuner ( colazione ) et de 6 h. à 8 h. */2 pour le dîner (pranzo), après quoi ils sont fermés. Pour celui qui mange

Restaurants.

INTRODUCTION

à la carte ( alla carta) et s’en tient aux mets du pays et aux plats du jour (piatti del giorno), le dîner ne coûtera ordinairement pas plus de 2 à 3 fr., vin compris; les dîners à prix fixe (< aprezzo fisso ; 2 fr. 50 à 5 fr., d’ordinaire sans vin) ne sont pas d’usage. Refuser les offres importunes par le mot basta. Pour payer, demander il conto et bien examiner la note. Donner au garçon (cameriere) 15 à 25 c. de pourboire par personne (v. p. xxii).

Voici les noms des mets les plus ordinaires:

Antipasti, principii , hors-d’œuvre (sardines, olives, radis, etc.)

Minestra ou zuppa , potage (minestra asciutta , nouilles, riz, etc. ; minestra in brodo ou consumé , consommé).

Zuppa alla santé , potage à la julienne.

Minestra di riso con pi.selli, potage au riz avec des petits pois ; con verdura , aux herbettes.

Risotto (alla milanese), riz gras.

Pasta al sugo e al burro , nouilles à la sauce et au beurre ; ai pomi d'oro , aux tomates.

Carne lessa ou bollita , viande bouillie; in umido , alla genovese , en sauce, à l’étuvée.

Ben cotto , bien cuit.

Al sangue , all'inglese , saignant, à l’anglaise.

Ai ferri , sur le gril.

Fritto, frit.

Fritto misto, friture de foie, de cervelle, d’artichauts, etc.

Arrosto , rôti.

Manzo, bœuf bouilli.

Filetto al burro, bifteck (la bistecca ai ferri est souvent médiocre).

Maiale , porc (seulement en hiver).

Agnello, agneau.

Oapretto, chevreau.

Montone , mouton.

Arrosto di vitéllo, rôti de veau.

Testa, fégato di vitéllo, tête, foie de veau.

Braciola di vitéllo, côtelette de veau.

Costoletta alla milanese, côtelette panée.

Sgaloppe , escalope.

Anitra, canard.

Polio , poule, poulet.

Polio d'india, ou tacchino, ou gallinaccio, dinde.

Ostriche, huîtres (bonnes seulement en hiver).

Pesce, poisson.

Soglia, sole.

Aragosta, langyMe, homard, langouste.

Frutta di mare , moules, etc.

Presciutto, jambon.

Salante, saucisson (à l’ail, aglio).

Salato misto, viandes froides.

Uova, œufs; ben cotte, dure, al piatto ou al tegame, à la coque, durs, sur le plat, au miroir.

Crocchette, croquettes de riz ou de pommes de terre.

Polpettine, boulettes, croquettes de viande.

Gnocchi, boulettes.

Pasticcio, pâté.

Stufatino, cibreo, ragoût (souvent médiocre).

Contorno, garnizionc, plat garni, légumes.

Patate, pommes de terre.

Polenta, bouillie de farine de maïs.

Insalata, salade.

Carciofl, artichauts.

Asparagi, asperges, en général vertes (di campagna; di giardino, asp. blanches).

Spinaci, épinards (médiocres).

Pi8elli, petits pois.

Lenticchic, lentilles.

Broccoli, cavoli flori, choux-fleurs.

Gobbi, cardi, cardons.

Fave, fèves.

Zucchini, petites citrouilles.

Fagioli, flageolets.

Fagiolini, cornetti, haricots verts.

Funghi, champignons.

Sale, sel.

Pepe, poivre.

Mostarda francese, moutarde douce ; mostarda inglese, sennpa , moût, piquante.

Frutta, giardinetto di frutta, fruits de table; frutta secche, les quatre mendiants (figues, raisins, amandes, noix, etc.).

Fragole , fraises.

Pera , poire.

Mêla, pomme.

Persiche, pesche, pêches.

Bædckcr. Italie centrale. 14e édition.

INTRODUCTION

Cafés.

Uve, raisins.

Fichi, figues.

Noci , noix.

Limone, citron.

Arancio, orange.

Fhiocchio, racine de fenouil.

Dolce , plat doux (surtout zuppa

inglese).

| Crostata, tarte aux fruits.

Pane francesc , pain levé (le pain italien est presque sans levain).

Burro, beurre.

Forinaggio ou cacio , fromage (les plus estimés sont le gorgonzola verde ou bianco et le stracchino).

Frittata, omelette.

Vin. Le vin ordinaire ( vino da pasto: nero , rosso rouge, bianco blanc, secco , asciulto sec, dolce, pastoso doux, vino del paese vin du pays) est le plus souvent servi dans des bouteilles non bouchées (v. p. xv). Les vins fins se servent, comme en France, dans des bouteilles bouchées et étiquetées.

Débits de vin ( osterie ). — Sauf quelques débits de vin toscan, qui font aussi une bonne cuisine, les osterie sont, surtout à Rome, le théâtre de la vraie vie populaire. Le prix des vins est souvent affiché hors du local: 4, 5, 6, 8, c.-à-d. 5 décis coûtent 4, 5, 6, 8 sous. A part le pain et le fromage, chacun peut consommer les vivres qu’il aura achetés chez le charcutier (pizzicarolo , pizzicagnolo). La réputation des osterie variant constamment, on entrera de préférence dans les locaux où l’on voit le plus de consommateurs.

En Toscane, les meilleurs vins, tous rouges, sont le chianti , surtout le broglio ; le ruflna , surtout le pomino ; le nipozzano , Valtomena, le carmignano et Valeâtico, ce dernier un vin liquoreux. A ceux-là s’ajoutent Vorvieto et le montepulciano, qui sont blancs. — Le vin ordinaire se sert dans de grandes bouteilles clissées, un fiasco , contenant env. 2 1. Va» et l’on paye en proportion de ce qu’on a bu; on sert aussi une Va bout., un mezzo fiasco ; l/4, un quarto; l/H, un ottavino , flaschetto.

A Rome, on trouve, outre les vins de Toscane, ceux des environs, dits vini dei Castelli romani , dont les plus estimés sont ceux de Frascati, de Marino et de Genzano. Les meilleures marques se vendent comme ailleurs en bouteilles bouchées et étiquetées. L’ordinaire, le vino da pasto , se sert dans des bouteilles non bouchées, de diverses contenances: un mezzo litro (l/a L), un quarto (l/4 1.), un bicchiere (Ve b)-

Cafés. — Les cafés sont surtout fréquentés le soir; la fumée de tabac y est souvent fort désagréable en hiver.

Le café noir (cafté ou cafté nero) coûte de 15 à 25 c. la tasse; le mischio, mélange de café et de chocolat, 20 à 30 c.; le café au lait du matin (cafté latte), 25 à 50 c. la grande tasse (la petite tasse, cappuccino, moins cher) ; le chocolat (doccolata), 30 à 50 c. ; un petit pain (pane), 5 c. ; pâtisserie (paste), 5 à 15 c.; tartine beurrée (pane e burro), 20 c. — Grand choix de glaces (gelato): la portion coûte 30 à 50 c., et jusqu’à 90 c. dans les grands cafés; demi-glace (mezza), la moitié. On consomme aussi beaucoup de sorbets (sorbetto), de sirop à la limonade (spremuto), d’eau frappée (granita, limonata , au citron; aranciata, à l’orange; di cafté , au café) et de limonade gazeuse (gassosa ). 5 à 10 c. de pourb. au garçon.

Brasseries (birrerie). — Dans les grandes villes, on trouve aussi, outre les cafés, des brasseries qui débitent de la bière de

Eglises.

INTRODUCTION

Munich ( birra di Monaco), de Pilsen, etc. Le bock ( piccola tazza) coûte 30 à 40 c., la chope {tazza grande, 1/2 1.) 50 à 60 c.; la bière brune s’appelle birra scura, la blonde birra chiara. — La plupart de ces établissements ont aussi une bonne cuisine, surtout à l’heure du second déjeuner.

Cigares (slgari). — Les cigares sont sous la régie de l’Etat. Les Italiens préfèrent les qualités fortes, telles que les toscani, les napoletani, les cavour, à 10 c. (longs) et 7 c. 1/2 (courts) , et les Virginia (longs, avec un brin de paille), 7 c. 1/2, 12 c. et 15 c. Qualités plus légères (qu’on ne trouve bonnes que dans les grands magasins): les branca (5 c.), les sella (7 c.), les grimaldi (10 c.), les medianitos et minghetti (15 c.), les trabucos (20 c.), les londrès (25 c.) et les regalia londrès (30 c.). De plus, on trouve (surtout au «Spaccio Normale», p. 149) des cigares importés, presque toujours très bons, mais forts: manilles (20 et 30 c.), havanes (40 c. à 1 fr. 20) et des cigarettes étrangères. Les cigarettes de la régie se vendent 1 c. et plus la pièce; les macedonia (3 c.) sont très estimées. Les petits cigares, en forme de cigarette, s’appellent spagnolette avana (5 c.). Le voyageur qui importe des cigares aura soin de conserver la quittance de la douane pour le cas où les employés de l’octroi la lui réclameraient. — On peut allumer son cigare dans tous les débits de tabac sans y rien acheter.

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