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CHAPITRE XIII

ARCHITECTURE ET SCULPTURE A MILAN DU XVIe AU XIXe SIÈCLE

DÉCADENCE DES ARTS SOUS LA DOMINATION ESPAGNOLE. — LES ARCHITEC- TES : P. PELLEGRINI, M. BASS1, ALESSI ; LES PALAIS. — MILAN SOUS LA DOMI- NATION AUTRICHIENNE : G. PIERMARINI. — LA PÉRIODE FRANÇAISE ; LE STYLE NÉO-CLASSIQUE. — LES SCULPTEURS : LA DÉCORATION DU DOME; LEONE LEONI; CANOVA. — LA RÉACTION ROMANTIQUE.

L'ÉCOLE de Léonard ne fut remplacée en Lombardie par aucune école d'un caractère bien défini. Dans la suite, sous l'influence romaine des successeurs de Raphaël et de Michel-Ange, les formes d'art des diverses régions italiennes, à l'exception toutefois de la peinture vénitienne, tendent à se fondre et à s'unifier pour constituer un style national. D'ailleurs, les circonstances politiques modifiaient peu à peu l'ancienne physionomie de Milan. Le jour où Ludovic le More tomba aux mains des Français, à Novare, marqua le déclin de la maison des Sforza, avec ses goûts de splendeur et son désir d'égaler les autres cours italiennes. L'art ne retrouva plus sa vigueur pendant les brèves périodes entrecoupées de guerres, de massacres et de conjurations, où les fils du More reprirent le pouvoir, grâce aux armes de protecteurs qui s'érigèrent plutôt en maîtres. L'odieuse et néfaste domination espagnole s'établit à Milan à partir de 1 535, y dura près de deux siècles et ne fit rien pour réveiller les goûts artistiques.

Mais, en dépit de l'oppression espagnole, l'admirable énergie de la

Fig. 297. — Milan. — Martino Bassi.

Porte Romaine.

(Cliché I. I. d'Arti Grafiche.)

LE NORD DE L'ITALIE

race lombarde et la vigueur que Milan avait puisée dans une activité séculaire, avant l'inévitable déclin, n'en produisirent pas moins des œuvres remarquables et s'affirmèrent dans des industries florissantes. Ni la vie intense ni la soif des jouissances n'éteignirent l'ardeur religieuse, ranimée au XVIe siècle par Saint-Charles Borromée (1538-1584), fondateur d'églises, de couvents et d'institutions variées.

Les architectes, les sculpteurs et, les peintres qui travaillèrent à Milan pendant la période espagnole sont légion, sans même parler des orfèvres, des sculpteurs sur bois, des céramistes, des fondeurs de cloches et surtout des fabricants d'armes. Les arts n'étaient plus, comme autrefois sous les Sforza, protégés par une seule maison, mais soutenus par dix, par vingt familles de Mécènes enrichis dans les grandes industries, ce qui, joint à d'autres causes, favorisa l'éclectisme en matière d'art.

Dans la seconde moitié du XVIe siècle, l'artiste le plus remarquable fut Pellegrino Pellegrini (1596), dit Tibaldi, du nom de son père et de son aïeul. Né à Valsolda, en 1 527, il fut emmené tout jeune à Bologne par son père, que retenaient dans cette ville diverses constructions. Bologne était alors un centre artistique très

vivant ; aussi les aptitudes heureuses et variées de Pellegrino purent-elles s'y déployer librement, nous verrons plus loin avec quel éclat. Sous les ordres du cardinal Borromée, à Milan, il devint successivement architecte de l'Etat et du Dôme (1567). Rejetant bientôt toutes les entraves de la tradition, il suivit seulement ses goûts et ceux de son temps : c'est à lui

Fig. 298. — Milan. — Galeazzo Alessi.

Cour du Palais Marino.

(Cliché Brogi.)

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