‹ Italie du nordChapitre 103 sur 200 · PELLEGRINO PELLEGRINI · texte numérisé non relu

PELLEGRINO PELLEGRINI

Fig. 299. — Faubourg de Milan.

' La Simonetta ".

(Cliché Montabone.)

qu'on doit le baptistère, les autels des nefs décote, le chœur, le ' presbiterium " (place réservée aux prêtres), avec le grand autel et le ciborium, le plan de la partie inférieure de la façade exécutée plus tard par Ricchini. Cette rupture violente avec le passé témoigne de la sincérité de Pellegrini ; mais on ne peut l'approuver dans un édifice où tout devait s'accorder avec la conception architecturale qui y dominait depuis près de deux siècles. Aussi, tout en admirant sincèrement quelques parties des travaux exécutés par lui au Dôme, si on les détache du reste, préférons-nous étudier ses qualités d'architecte dans les monuments dont il a conçu le plan lui-même, comme la cour de l'Archevêché (fig. 302) et la grandiose église de San Fedele, que Charles Borromée destinait aux Jésuites.

En architecture, il ne subit pas seulement l'influence de Michel- Ange, mais aussi celle de Jacopo Sansovino, dont il imita surtout les pompeuses combinaisons de lignes architecturales et de décorations. Digne des artistes de la Renaissance par sa prodigieuse activité et ses aptitudes si diverses, il ne reculait devant aucune besogne, et il s'occupa aussi de travaux hydrauliques et de fortifications.

Ses succès à Milan et dans d'autres villes, notamment à Varallo, où il éleva l'église du Sacro Monte, à Novare où l'église de San Gaudenzio et le palais Bellini sont de lui, lui valurent d'être appelé en Espagne par Philippe II, en 1587. Il contribua par ses peintures à la décoration

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Fig. 3oo. — Milan. -- Cour \n~ Palais

du Si mat.

(Cliché I. l. d'Arti Grafiche.)

Fig. 3oi. — Milan. — Palais

des Jurisconsultes.

LE NORD DE L'ITALIE

de l'Escurial, où l'art italien a laissé des traces si nombreuses, grâce aux œuvres de Luca Giordano, de Federico Zuccari, des Leoni,deGiacomo Trezzo.

Pellegrini y demeura huit ou neuf ans, puis revint à Milan, où il s'éteignit presque subitement, en 1 596 ; son rival, Martino Bassi, était mort depuis cinq ans (1591), à peine âgé de cinquante ans.

Martino Bassi avait été le critique le plus judicieux et le plus compétent des œuvres de Pellegrini ; très versé dans la science de Vitruve et dans la statique, toujours parfaitement maître de lui, il s'était montré inférieur, dans la pratique, comme il arrive souvent, et n'avait pas su égaler son émule par ses travaux. Néanmoins, on lui fait honneur de la Porta Romana (fig. 297), ainsi que de la coupole et de la transformation intérieure de San Lorenzo (fig. 230). Nous parlerons plus longuement d'Alessi, quand il sera question de l'art à Gènes, où se déploya surtout son activité. Rappelons en attendant qu'à Milan il bâtit probablement l'église de San Paolo (1553), et en tous cas celle de San Vittore (1560). Mais l'œuvre d'architecture qui lui fait le plus d'honneur est le palais qu'il éleva

en 1 558 pour le commerçant génois Tommaso Manno ; l'édifice a conservé jusqu'à nos jours le nom de Palazzo Marino, quoique la ruine économique du riche marchand l'eût fait passer presque tout de suite entre les mains du gouvernement, et de là dans celles de la ville, en 1 859. Elégant et grandiose à l'extérieur, il a une cour (fig. 298) où

Fig.

3o2. — Milan. — Pellegrini. —

du Palais de l'Archevêché.

(Cliché Brogi.)

Cour

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