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L'ARCHITECTURE NÉO-CLASSIQUE

(1752-1817), à qui Ion doit la Porta Nuova ; Lodovico Pollak (1752-1806), auteur de la Villa Royale; Luigi Cagnola (1762- 1833), qui construisit l'Arco délia Pace (fig. 307) ; Luigi Canonica (1764-1844), qui édifia l'Arena, et Giuseppe Perego (1 776-181 7), à qui Ton est redevable du palais Rocca-Saporiti (fig. 309).

Quel que soit le jugement que Ton porte sur l'architecture néo-classique, personne ne pourra lui contester une certaine unité de vues, un certain accord dans les ressources, qui caractérisent cette période artistique. Plus tard, il n'y eut plus de direction unique, et les artistes rivalisèrent (comme ils rivalisent actuellement) à qui aurait le plus de commandes, sans nul souci de choisir un style plutôt qu'un autre. Si quelque édifice remarquable a pu surgir au milieu de tant d'anarchie, nous devons le considérer comme le résultat d'efforts et de goûts personnels ; telle est, par exemple, l'église San Carlo, de Carlo Amati, achevée en 1 847 (fig. 310), le palais de la Caisse d'Epargne (fig. 306), de Giuseppe Balzaretti (1801-1874). Giuseppe Mengoni (1827-1877) fit preuve de plus de talent, sinon de meilleur goût, en construisant la galerie vitrée Victor- Emmanuel, en forme de croix latine. L'ensemble rappelle trop un décor de théâtre, mais il est impossible d'en méconnaître la grandeur et la nouveauté (fig. 312).

Pendant la longue période où domina le style baroque, la décoration exagérée des monuments fit surgir un nombre de sculpteurs encore plus considérable que celui

Fig. 3i3

F. Zarabatta.

La Justic] (Milan. Dôme.) (Cliché Lissoni.)

LE NORD DE L'ITALIE

Fig. 314. — Milan. — Leone Leoni.

Palais des " Omenoni ".

(Cliché BrogiJ

des architectes. A l'extérieur, comme à l'intérieur des églises, se répandit toute une floraison d'ornements hardis et enchevêtrés, mêlés à des symboles, à des figures de saints, d'enfants, d'animaux, etc. Les statuaires et les ornemanistes pullulèrent dans tous les coins de l'Italie ; il est juste de reconnaître chez eux une valeur d'imagination et une vaillance d'exécution inconnues jusqu'alors dans les centres secondaires, et qu'on n'a plus revues. L'art ne fut pas seulement l'apanage de certaines provinces ; on travailla partout avec facilité et rapidité. Il est superflu d'énumérer tous ces virtuoses ; ils sont légion ; il n'est cité si modeste qui ne se glorifie d'un maître du ciseau, de l'ébauchoir ou de la gouge. Après Rome, ce fut peut-être à Milan que les sculpteurs abondèrent alors le plus. Ce fait est dû à la richesse des habitants et aussi aux longs travaux du Dôme : d'innombrables sculpteurs y collaborèrent, deux cents au XVIe siècle, une centaine au XVIIe, soixante

au XVIIIe, cent trente environ au XIXe, et une vingtaine déjà dans le siècle actuel. Bien plus nombreux encore étaient ceux qui, sans travailler au Dôme, étaient occupés à d'autres églises, ou à construire et à restaurer des palais.

Découvrir et suivre toutes les influences diverses et les écoles nombreuses de la statuaire lombarde au XVIe siècle est une tâche ardue, pour ne pas dire impossible. L'empreinte amollissante du Bambaia est reconnaissable dans les travaux de Gian Giacomo délia Porta, de Cristoforo Lombardo, de Giulio da Oggiono et d'autres ; on ne peut nier non plus

Fig. 3i5. — Angelo de Marinis

Pie IV.

(Milan, Dôme.) (Cliché Brogi.)

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