LA PEINTURE EN LOMBARDIE
Fig. 328.
Giulio C. Procaccini.
La Madeleine.
(Milan, Musée de Bréra.)
(Cliché I. I. d'Arti Gvafiche.)
les archives devraient fournir des renseignements. A-t-on cherché Tannée de la naissance et celle de la mort d'Ercole Procaccini, l'aîné, et de ses fils Camillo, Giulio, Cesare et Carlo Antonio ? A-ton essayé de retrouver la date si importante de l'arrivée à Milan de cette famille de peintres bolonais ? Nous pouvons supposer que ce fut aux environs de 1 570, mais ce n'est qu'une hypothèse. A en croire le biographe Baldinucci, Giulio (1560-1626?) aurait travaillé d'abord comme sculpteur ; puis il aurait laissé la sculpture pour s'adonner à la peinture. Or, il est certain, au contraire, qu'il ne cessa jamais ou qu'il cessa très tard de cultiver la sculpture, quand il peignait déjà depuis plusieurs années; en 1617, il s'engagea a sculpter pour le Dôme de Milan (où il avait achevé diverses statues), une Dispute de Jésus, qui fut ensuite exécutée par un autre.
Quels ont été les maîtres de Camillo et de Giulio pour la peinture? Quels furent leurs modèles de prédilection ? Leur père fut leur premier professeur, mais ils avaient eu sous les yeux les artistes de la magnifique école de Parme, c'est-à-dire le Corrège et le Parmesan, et ils ne contemplèrent pas en vain les œuvres de Federico Barocci, que des commandes appelèrent souvent à Milan entre 1592 et 1508.
Comme nous le verrons, les peintres bolonais du dernier quart du XVI1 siècle dédaignèrent les formules de l'école romaine, admirèrent les splendeurs de celle de Venise, mais suivirent presque entièrement les préceptes de celle de Parme. Nous ne savons s'il est vrai, comme le raconte Ticozzi,
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Fig. 329. — Camillo Procaccini.
Adoration des Bergers.
(Milan, Musée de liréra.)
(Cliché Anderson.)
LE NORD DE L'ITALIE
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Fig. 33o. — D. Crespi.
La Cène.
(Milan, Musée de Brêra.)
(Cliché Brogi.)
que Giulio réussissait à imiter le Corrège au point de tromper les plus experts. Ce qui est certain, c'est qu'on rencontre dans les galeries de tableaux, publiques et privées, diverses toiles de lui sous le nom du Parmesan. Avec des formes un peu plus ramassées, sans cette mièvrerie et cette longueur démesurée qu'elles ont chez Parmesan, les figures de Giulio Procaccini, au coloris brillant, animé de rougeurs subites, ressemblent de type et de poses aux gracieuses créatures engendrées par le Maître de l'Emilie (fig. 328). Malvasia dit de Camillo qu'il est ' tout agrément et toute grâce ", tandis que Giulio est sévère et fort ". Ce sont là des qualificatifs jetés au hasard, sans beaucoup de réflexion, car on pourrait précisément tout dénier à Giulio, sauf un agrément " et une grâce ", qui ne se trouvent pas du tout chez Camillo, coloriste moins suave, dessinateur moins gracieux.
C'est ce que pensèrent sans doute les artistes contemporains, qui préférèrent suivre les leçons de Giulio. Il eut pendant de longues années comme disciple fidèle Enea Salmeggia, dit le Talpino (1550-1626; fig. 333), dont l'humeur joyeuse et vagabonde s'inspirait tantôt de Campi ou de Luini, tantôt de Lotto ou de Raphaël. C'est aussi de Giulio que se réclamèrent Daniele Crespi et les frères Nuvoloni (quelquefois appelés Panfilo du nom de leur père, peintre de Crémone).
Les biographes ne fournissent que de rares renseignements, incer-
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Fig. 33i. — Cerano.
La Vierge entre Saint Dominique
et Sainte Catherine.
(Milan, Musée de Bréra.)
(Cliché Anderson.)