LA FAMILLE DES GAGGINI
Fig. 440. — Gênes. — Porte
du Palais Danovaro.
(Cliché Alînàri.)
des fontaines placées devant le Palais Doria di Fassolo, à Gênes, et de la porte du Palais De Ferrari (fig. 439).
Mais la famille des Gaggini dépassa toutes les autres tant par le nombre de ses membres que par leur habileté; plusieurs d'entre eux passèrent de Gênes en Sicile, où ils ont exécuté des travaux remarquables.
Ils ont laissé des œuvres d'architecture et de sculpture estimables de tous les styles qui se sont succédé depuis cette époque, en commençant par celui de la Renaissance, si gracieux, jusqu'au classicisme du XVIe siècle finissant ; puis ce fut le style baroque, cultivé surtout par Giacomo et Giuseppe, et enfin le néo-classicisme de Canova (Giuseppe, 1791-1867).
Le chef de cette illustre famille est Domenico di Pietro (1492), originaire de Bissone, dans le territoire de Lugano, et qu'on trouve à Gênes dès 1 448. Il y ouvrit un atelier et appela ses parents ; on
lui doit des travaux pleins de finesse, de grâce et de richesse. Puis d'autres commandes l'appelèrent successivement à Naples, et de là en Sicile. Mais c'est à Gênes qu'il laissa son œuvre la plus considérable, la chapelle de Saint-Jean- Baptiste au Dôme (fig. 436), exécutée avec le concours de son neveu Elia ; celui-ci venait de collaborer à la magnifique Loggia comunale d'Udine, avec Lorenzo di Martino de Lugano. Elia s occupa encore d'autres constructions à Gênes ; puis il fut appelé a Citta di Castello et a Perouse.
Cependant Giovanni d'Andréa,
Fig. 441. — GÊNES. — Palais
Doria- Tirsi.
(Extérieur.) (Cliché Minari.)
FlG. 442. — GÊNES.
Statue de Francesco
lomellini.
(Palais San Giorgio.)
LE NORD DE L'ITALIE
dont l'activité s'étendit de 1460 à 1491, éleva le Palais de la République, qui fut offert ensuite à Andréa Doria ; Giovanni di Beltrame, dit le Bissone (mort après 1506), introduisit à Gênes l'usage des portes richement ornées de sculptures et de statues, parmi lesquelles figure surtout Saint Georges tuant le dragon, comme au palais Danovaro, autrefois Doria, sur la montée de San Matteo (fig, 440) ; son frère Pace (1450 ?-1522 ? fig. 438 et 442) travailla à la Chartreuse de Pavie et exécuta, de concert avec Antonio délia Porta, dit Tamagnino", des commandes pour la France et l'Espagne, notamment pour Séville, où Bernardino Gaggini (1513- 1 544) a aussi laissé des sculptures.
A côté des artistes de la Haute- Italie qui descendaient en foule à Gênes, il y en eut aussi quelques-uns qui vinrent du Sud, notamment de Toscane. Matteo Civitali et Andréa Sansovmo exécutèrent plusieurs belles statues pour la chapelle Saint- Jean- Baptiste au Dôme ; Giovan Angiolo Montorsoli, le moine errant qui sema ses œuvres à travers toute la péninsule, est l'auteur à Gênes du magnifique Palais Doria à Fassolo (fig. 443), ainsi que de la décoration intérieure de l'église San Matteo (fig. 445), où il eut pour collaborateur le Bergamasque Gian Battista Castello (1 509 ?-l 579 ?),
architecte du Palais Imperiali (fig. 444), et appelé plus tard en Espagne par Philippe II. Après le fameux sac de Rome, on vit à Gênes Perin del Vaga, le brillant décorateur florentin, dont le chefd'œuvre se trouve au Palais Doria, à Fassolo ; c'est un des plus splendides spéci- ; Doria, a Fassolo. mens de décorations dans
(Cliché AiinaH.) le style de Raphaël, un